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00:02Générique
00:13Bonsoir à tous, ravie de vous retrouver dans ce nouveau carrefour d'informations
00:18et on commence avec les titres de cette édition.
00:22Les côtes algériennes représentent aujourd'hui le principal point de départ de la migration irrégulière vers l'Europe.
00:29Les données de Frontex sont sans équivoque alors que des allégations présentent le Maroc
00:34comme une principale plateforme de départ de migration irrégulière.
00:41L'Iran et Oman s'accordent sur une route maritime dans le détroit d'Hormuz.
00:47La confirmation est de Téhéran ce mercredi qui affirme avoir trouvé un accord avec le sultanat
00:52sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit.
00:58Le président de la FIFA, Gianni Infantino, assaillit de critiques après un projet finalement avorté
01:04d'ouverture de l'instance mondiale aux investisseurs privés,
01:08tient ce mercredi à Rabat une réunion de crise avec de hauts responsables de l'organisation.
01:20Bonsoir à tous, je le disais en titre, les côtes algériennes représentent aujourd'hui
01:26le principal point de départ de la migration irrégulière vers l'Europe.
01:31Les données de l'agence européenne de garde frontière et de garde-côte sont sans équivoque
01:38alors que des allégations veulent présenter le Maroc comme une principale plateforme de départ
01:43de cette migration irrégulière vers l'Europe.
01:47Selon Frontex, la route de la Méditerranée occidentale est la seule à avoir enregistré une hausse
01:53durant les cinq premiers mois de 2026 avec un bond de 46% des franchissements détectés
02:01principalement en raison des départs depuis l'Algérie.
02:05Les autorités européennes ont recensé plus de 7000 tentatives de franchissement
02:10au cours du premier semestre 2026 avec l'Algérie comme principal pays de départ
02:17vers les îles Baleares espagnoles qui demeurent la destination la plus ciblée.
02:26Les autorités espagnoles qui par ailleurs ont secouru hier des migrants en situation irrégulière
02:33qui tentaient de rejoindre l'île de Mayork à bord d'une embarcation partie des côtes algériennes.
02:40Après 15 jours de dérive en mer, seules deux personnes ont survécu sur les 19 occupants du bateau
02:49dans une opération distincte à bord d'une autre embarcation de fortune
02:54qui transportait une trentaine de personnes près de l'île de Cabrera.
02:59Cette fois, entre les côtes algériennes et espagnoles,
03:02la Guardia Civil a sauvé 17 migrants et repêché deux corps.
03:07Ces nouveaux drames qui s'ajoutent aux nombreux naufrages enregistrés
03:11sur la route migratoire qui relie les côtes algériennes aux îles Baleares.
03:21L'Iran et Oman s'accordent sur une route maritime dans le détroit d'Hormuz.
03:27La confirmation est de Téhéran qui affirme ce mercredi avoir trouvé un accord avec le sultanat d'Oman
03:33sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Hormuz
03:38dont ils sont tous les deux riverains et qui est au cœur des tensions avec les Etats-Unis.
03:43Les coordonnées géographiques du tracé envisagées par les deux parties ont été approuvées,
03:49a affirmé Ismail Bakhaï, porte-parole de la diplomatie iranienne.
03:53Il précise toutefois que les deux pays travaillent à une déclaration conjointe sous réserve
03:59que, je cite, des parties tierces ne viennent pas entraver le processus.
04:08Et un peu plus tôt avant cette annonce, le président américain Donald Trump avait affiché son optimisme
04:14annonçant que le détroit d'Hormuz rouvrirait très bientôt, faute de quoi l'Iran serait frappé très fort.
04:21Il a assuré d'ailleurs qu'un accord pourrait intervenir d'ici demain jeudi.
04:27Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que Téhéran souhaitait conclure un accord
04:32pour ouvrir cette route à la navigation, même si l'Iran de son côté dément
04:37et affirme qu'il s'entendra plutôt avec son voisin de l'autre côté du détroit, à savoir Oman.
04:47Et face à un conflit qui s'enlise, les pays producteurs de pétrole misent sur des voies alternatives.
04:54Des projets d'extension d'oléoduc notamment sont en cours de conception.
04:59Les détails avec Nassadin Ounaïn.
05:03Le conflit entre Washington et Téhéran a pris en otage le marché énergétique mondial.
05:07Cinq mois après la fermeture du détroit d'Hormuz, les prix ont explosé.
05:10Face à la paralysie de ce passage et une situation qui ne s'arrange pas,
05:14les producteurs travaillent sur des alternatives.
05:16Plusieurs pays du Golfe disposent déjà d'oléoduc permettant d'exporter une partie de leur production sans utiliser le détroit.
05:22Parmi eux, l'oléoduc est-ouest d'Arabie Saoudite,
05:24qui transporte le pétrole de l'est du pays jusqu'au port de Yenbu sur la mer Rouge.
05:29On peut aussi citer l'oléoduc Habchen Foujaira des Émirats Arabes Unis.
05:32Celui-ci achemine le pétrole vers le port de Foujaira situé en dehors du détroit d'Hormuz
05:36pour sécuriser les exportations des Émirats.
05:38On peut également mentionner l'oléoduc Kirkouk Seyhan entre Irak et Turquie.
05:42La structure relie les champs pétroliers de Kirkouk au port Turkouk Seyhan sur la Méditerranée,
05:47donnant la possibilité d'exporter le pétrole irakien par une voie indépendante du détroit.
05:51Et pour agrandir les capacités d'exportation, des projets d'extension sont déjà lancés.
05:56Les Émirats Arabes Unis devraient étendre leur réseau en 2027.
05:59Avec une mise en œuvre commencée en 2025,
06:01ce projet permettra de doubler la capacité d'exportation de bruts via le port de Foujaira.
06:06Selon Reuters, Riyad envisage également d'augmenter la capacité de l'oléoduc Est-Ouest
06:11de près de 2 millions de barils par jour,
06:13afin de pouvoir transporter à l'avenir une partie du pétrole du Koweït et éventuellement de Bahreïn.
06:17Cela dit, aucun accord définitif ni calendrier officiel n'ont encore été annoncés.
06:21D'autres projets sont aussi en discussion,
06:23notamment le projet d'oléoduc Basra Banias entre Irak et Syrie,
06:27qui permettrait d'acheminer le pétrole irakien vers la Méditerranée.
06:30Le Conseil des ministres irakiens a approuvé la signature d'un accord entre la Basra Oil Company
06:34et un consortium composé de deux entreprises américaines et d'une société qatarie,
06:38afin de réaliser des études sur plusieurs projets stratégiques d'oléoduc destinés à l'exportation de pétrole.
06:43Tant de projets pour un seul et même objectif,
06:45tenter d'être moins dépendant du détroit d'Hormuz.
06:50De leur côté, la Syrie et l'Irak sont en négociation pour remettre en état un Hollywood-Druck stratégique
06:57qui relie les deux pays.
06:59Les travaux devraient s'étaler sur environ trois ans.
07:02Et aux commandes, un consortium international mené par l'américain Chevron pour Damas et Bardad.
07:10Les enjeux financiers et énergétiques sont colossaux.
07:14Les détails avec Papa Al-Yonsar.
07:19L'Irak et la Syrie s'allient pour contourner la crise énergétique liée au blocage du détroit d'Hormuz.
07:25Les deux pays veulent remettre en service l'oléoduc Al-Dita Banias,
07:29un ouvrage construit en 1952, mis hors service depuis l'invasion américaine de 2003.
07:37Les négociations ont commencé en vue de finaliser le contrat dans un délai de trois mois.
07:42Les travaux devraient durer trois ans au maximum.
07:45C'est un projet essentiel qui permettra d'acheminer entre 1,5 et 2 millions de barils par jour.
07:52Depuis l'escalade militaire entre Washington et Téhéran,
07:56les exportations irakiennes, qui représentent habituellement 90% des recettes du pays, se sont effondrées.
08:02Elles sont passées de 105 millions de barils mensuels à peine, 30 millions le mois dernier.
08:08Pour écouler son brut, l'Irak a dû recourir en urgence aux transports par camion-citerne vers la Turquie à
08:13travers le territoire syrien.
08:15Ce chantier colossal sera piloté par un consortium de trois entreprises.
08:19Le géant américain Chevron et Omanet, au-delà de la remise en état de l'oléoduc,
08:24la Syrie veut porter sa propre production de pétrole à 1 million de barils d'ici 2030,
08:30compte quelques cent mille actuellement.
08:33Nous sommes très enthousiastes d'être enfin en Syrie et très motivés par cette opportunité qui s'offre à nous.
08:39C'est l'un des gisements pétroliers les plus importants de la Syrie.
08:42Notre objectif est de bâtir une grande entreprise énergétique
08:46et de créer de très très nombreux emplois de qualité pour le peuple syrien.
08:51Entre le 4 juillet et le 4 août, l'Irak n'a exporté que 30 millions de barils de brut
08:57environ via Hormuz,
08:58selon des données de la Société de Suivi Maritime.
09:01Avant la guerre, le pays expédie en moyenne 105 millions de barils par mois,
09:06majoritairement à travers le Détroit.
09:08En redonnant vie à l'axe Adita-Bagnas, l'Irak et la Syrie redessinent la carte énergétique régionale,
09:15offrant une voie de secours directe vers la Méditerranée
09:18et les marchés mondiaux face aux turbulences en cours dans le Golfe.
09:24Benyamin Netanyahou annonce ne pas accepter le plan de paix pour Gaza, soutenu par Washington.
09:31Le Premier ministre israélien estime que le retrait d'Israël du territoire palestinien
09:37ne pourrait intervenir qu'après le désarmement complet du Hamas.
09:42Benyamin Netanyahou, qui est sous la pression des membres les plus radicaux de sa coalition,
09:48ces derniers dénoncent cet accord et réclament un vote du gouvernement pour le rejeter.
09:54Une nouvelle échéance attend d'ailleurs le Premier ministre israélien,
09:58candidat pour un nouveau mandat lors des prochaines élections législatives en octobre prochain.
10:07L'Union européenne monte au créneau après une nouvelle attaque meurtrière contre Kiev.
10:13Paris dénonce une politique jugée inacceptable et hausse le ton face à Moscou sur le terrain.
10:20Les frappes se poursuivent alors que le président russe, Vladimir Poutine, réorganise le commandement de son armée.
10:27Les détails avec Papa Alonso.
10:31La Russie sous le feu des critiques de l'Union européenne.
10:35En première ligne, la France, qui a qualifié d'inacceptable la politique de terreur menée par la Russie
10:40après une attaque meurtrière à Kiev et dans sa région, Paris, serre les rangs aux côtés de Kiev.
10:47Chaque nouvelle attaque renforce une évidence.
10:50La Russie doit payer le prix de son agression et répondre de ses crimes.
10:54Les agressions continuent sur le sol ukrainien.
10:58Plusieurs personnes ont été tuées dans une nouvelle attaque russe.
11:01Malgré l'interception de nombreux drones, l'armée ukrainienne n'a pas réussi à stopper les missiles balistiques tirés par
11:07Moscou.
11:08Pendant ce temps, le président russe a procédé au remaniement de plusieurs postes de direction au sein des forces armées
11:14de son pays.
11:15Sa cible, le système des drones.
11:19Nous avons décidé d'établir une nouvelle branche des forces armées.
11:22Les forces de système non commandées et l'objectif était de trouver quelqu'un qui a fait ses preuves comme
11:27étant le meilleur dans son domaine.
11:29Ainsi, nous considérons Denis Igerovitch-Léamine comme l'un des spécialistes les plus qualifiés dans ce domaine.
11:37La chef de la Commission européenne annonce débloquer plus de 2 milliards d'euros provenant des avoirs russes jolis.
11:43Le président ukrainien, quant à lui, regrette que les livraisons de systèmes de défense anti-balistique aient considérablement diminué.
11:53Je le disais en titre, le président de la FIFA est au Maroc.
11:57Il tient ce mercredi une réunion de crise avec de hauts responsables de l'organisation.
12:04Une réunion convoquée après que Gianni Infantino ait annoncé samedi dernier le retrait du projet d'ouverture de l'association
12:11aux investisseurs privés
12:13face à la menace de boycott de l'UEFA et l'opposition des confédérations asiatiques et américaines.
12:20La Fédération royale marocaine de football a, pour sa part, salué la décision du patron de la FIFA de retirer
12:27cette proposition du projet FIFA Forward, entreprise de son nom.
12:32Face aux divergences suscitées par une réforme, malgré son importance, l'unité de la grande famille du football prime, ajoute
12:41la Fédération marocaine.
12:42FIFA a été transformée au cours des dernières décennies.
12:48Au se prononcer des prix de la figue de Barbary au Maroc, ce fruit emblématique de l'été, se vend
12:55désormais jusqu'à 6 dirhams l'unité.
12:58Un prix qui interroge, qui surprend et qui provoque le mécontentement de nombreux consommateurs.
13:04C'est un récit de Dina Mérini sur des images tournées par Mahajamal Idris Bayoud.
13:11La figue de Barbary est l'un des fruits emblématiques de l'été au Maroc.
13:15Mais cette année, elle est devenue un produit de luxe pour de nombreux consommateurs.
13:20Vendue entre 6 et 7 dirhams l'unité, selon sa taille et sa qualité,
13:25elle est bien loin de son image de fruit populaire, qui était accessible à tous.
13:30Une hausse des prix qui suscite l'incompréhension des consommateurs.
13:34Cette année, le prix de la figue de Barbary a fortement augmenté.
13:38Elle se vend entre 6 et 7 dirhams l'unité.
13:41C'est beaucoup trop cher.
13:44Le prix de la figue de Barbary ne cesse d'augmenter d'année en année.
13:47Elle est devenue inaccessible pour les ménages les plus modestes.
13:51Avant, on pouvait en acheter une quarantaine, voire une cinquantaine.
13:54Aujourd'hui, on se contente de 4 ou 5 unités seulement.
13:57Pour les professionnels, cette flambée des prix s'explique principalement par les ravages causés par la cochenille,
14:06qui a fortement réduit les récoltes de figues de Barbary.
14:09A cela s'ajoute une production de plus en plus orientée vers l'industrie cosmétique,
14:14ce qui réduit les quantités disponibles sur les marchés.
14:20Beaucoup de personnes ne comprennent pas pourquoi le prix de la figue de Barbary a autant augmenté.
14:25Cette hausse s'explique avant tout par la baisse de la production,
14:28provoquée par la cochenille, un insecte qui a détruit une grande partie des récoltes.
14:33La situation s'est aggravée depuis son apparition en 2016,
14:37faute d'interventions suffisantes des autorités pour protéger cette culture.
14:43Face à cette situation, les associations de défense des consommateurs
14:47réclament des mesures urgentes pour préserver le patrimoine génétique de la figue de Barbary
14:52et relancer sa production.
14:55Objectif, éviter qu'elle ne disparaisse progressivement de certaines régions.
15:04Nous craignons que la propagation de cet insecte ne touche d'autres cultures,
15:08notamment les fruits et les légumes.
15:10Cela pourrait mettre en péril une partie de notre patrimoine agricole
15:13et provoquer d'importantes pertes de récoltes.
15:21Les professionnels des marchés de gros se veulent tout de même optimistes.
15:25Ils annoncent l'arrivée de nouvelles récoltes de figues de Barbary
15:29dans les prochaines semaines, issues d'exploitations agricoles
15:32qui se sont lancées dans cette culture au cours des dernières années.
15:37Voilà pour l'essentiel de l'actualité.
15:40Tout de suite, place à l'invité de Soirinfo.
15:52Après cette année de sécheresse, le Maroc retrouve enfin une campagne céréalière exceptionnelle.
15:59La récolte devrait atteindre les 90 millions de quintaux,
16:03soit près du double de celle de l'année précédente.
16:07Une performance qui a conduit les autorités à prolonger des droits de douane
16:11à 170% sur le blé tendre jusqu'à fin août.
16:16Objectif, privilégier la production nationale en laissant le temps aux minotiers,
16:21davantage de temps pour atteindre leurs objectifs d'achat.
16:25Les professionnels alertent toutefois sur une réalité plus complexe et plus nuancée.
16:31Le matériel de moissons manque.
16:33Une bonne partie du parc est vieillissante.
16:36Les récoltes prennent du retard.
16:38Et certaines parcelles risquent même de perdre une partie de leur production.
16:43Autant de fragilité structurelle qui impacte la filière céréalière au Maroc.
16:49Alors pour en parler, j'ai le plaisir d'avoir avec moi en direct de Casablanca,
16:53Moulay Abkhadra Alaoui, président de la Fédération nationale de la minoterie
16:57et vice-président de la Fénagrie.
17:00Bonsoir, merci d'avoir accepté notre invitation.
17:04Bonsoir madame.
17:06Alors tout d'abord, est-ce qu'on peut déjà parler d'une campagne historique,
17:11enfin une campagne exceptionnelle,
17:13ou faut-il rester prudent et attendre la récolte ?
17:18Bon, parler d'une campagne exceptionnelle, c'est le cas après cette année de sécheresse.
17:24Il faut dire qu'après des pluies hivernales très abondantes,
17:29nous avons rompu de manière spectaculaire avec cette année de sécheresse,
17:33comme vous l'avez précisé tout à l'heure dans votre intervention.
17:38Ceci étant, donc, le ministère de l'Agriculture,
17:42à travers ses services extérieurs et les estimations de la récolte,
17:47ont annoncé donc une production de 90 millions de quintoux,
17:51toutes céréales confondues.
17:52Et il faut noter que 44 millions de quintoux sont exclusivement à partir de la récolte de blé tendre.
18:01Vous l'avez bien dit aussi,
18:03donc nous avons suspendu les importations à compter du 1er juin jusqu'au 31 août 2026,
18:13et ce pour permettre durant trois mois aux agriculteurs
18:17découler leur production à travers les circuits organisés.
18:22Et malheureusement, on n'a pas eu la chance, enfin, de collecter les chiffres avancés,
18:31soit 15 millions de quintoux.
18:32Nous sommes à peu près sur 6 millions de quintoux.
18:35mais ceci est à cause d'une forte rétention au niveau des exploitations agricoles.
18:43Et les agriculteurs, donc, après cette année de sécheresse,
18:46ont préféré quand même stocker chez eux une bonne partie de leur production
18:50pour l'année prochaine ou les deux années à venir.
18:54Nous avons constaté également une forte autoconsommation
18:58et ceci explique, donc, la baisse de production au niveau de nos unités industrielles,
19:03au niveau de la minoterie.
19:04Alors, Moulay Abkhadraloué, on n'y va pas par pas.
19:08Tout d'abord, vous avez parlé, donc, d'une estimation des autorités
19:12de 15 millions de quintoux récoltés.
19:15Là, vous nous dites qu'on en est à 6 aujourd'hui.
19:19Non, collecter, collecter, pas récolté.
19:21Oui, collecter, pas récolté, en effet.
19:24Et vous parlez de 6 aujourd'hui, donc, loin de l'objectif.
19:27Et vous parlez de tension agricole.
19:28Qu'est-ce qui explique, justement, ce retard, aujourd'hui ?
19:31Bon, c'est ce que je disais.
19:33Donc, les agriculteurs, après cette année de sécheresse,
19:36vous savez que Kikangoulou, Blarbiet,
19:38ils ont la production, leur production.
19:43Donc, ils retiennent une bonne partie pour les semences,
19:46une autre partie pour leur propre consommation,
19:49une autre partie va être écoulée sur les soucs et les marchés locaux.
19:53Et ce qui explique, comme je l'avais dit tout à l'heure,
19:56que le secteur de la minoterie avise son activité baissée
20:00de 25 à 30 %, dirons, les mois de juin, juillet.
20:03Et ça continue, dirons, le mois d'août.
20:06Et ceci démontre que le phénomène d'autoconsommation est accentué.
20:11Et ce qui explique, en partie, cette rétention de la récolte
20:15au niveau des agriculteurs.
20:17Alors, il y aurait un autre problème.
20:20Le Maroc, il dispose d'environ 3 000 à 4 500 moissonneuses batteuses,
20:26dont la majorité, selon les professionnels,
20:28et vous pouvez nous le confirmer, date des années 1980 ou 1990.
20:34Quel est l'impact aujourd'hui d'un parc aussi veillissant
20:37sur, justement, cette récolte et collecte céréalière ?
20:43Écoutez, donc, le parc, effectivement, des moissonneuses batteuses
20:47est trop vétuste.
20:49Donc, c'est le marché de l'occasion qui marche le plus.
20:53Donc, les moissonneuses batteuses neuves
20:56se font de plus en plus rares, d'abord par leur coût.
20:59Vous savez qu'aujourd'hui, les petites moissonneuses
21:03de 80 à 100 chevaux,
21:06elles coûtent à peu près 1 million à 1 million 250 000 dirhams et plus.
21:13Les moissonneuses batteuses de plus de 200 chevaux,
21:16donc elles coûtent à peu près plus de 2 millions de dirhams.
21:19Et c'est très difficile, donc, pour des petits agriculteurs
21:24qui ont des exploitations de moins de 5 hectares,
21:27d'acheter des machines neuves, puisque le retour sur investissement
21:31serait très difficile.
21:33Et de là, moi, j'appelle à ce qu'il y ait quand même
21:36des subventions importantes pour encourager les agriculteurs.
21:40Il y a un facteur aussi qu'il ne faut pas oublier,
21:43c'est l'émiettement et l'atomisation de nos exploitations agricoles.
21:47Vous savez, au Maroc, la taille moyenne d'une exploitation agricole
21:51est de 76 hectares, alors qu'au Canada,
22:02il est pratiquement de plus de 330 hectares.
22:06C'est vous dire aussi que les tailles des exploitations
22:09sont un frein aussi à la mécanisation agricole,
22:12notamment tout ce qui est moissonneuse batteuse.
22:14Donc, la vitucité de ce matériel a fait qu'il y a eu beaucoup de retard,
22:18il y avait une pression sur machines et puis les prix aussi de la moisson
22:23étaient pratiquement, ils ont atteint 1 200 dirhams à l'hectare
22:26et avec des machines qui sont mal réglées la plupart du temps
22:30et nous avons malheureusement des pertes uniquement sur les exploitations
22:35qui varient entre 15 à 20% et ça, c'est dommage pour un pays
22:40qui importe des céréales à des prix à du coup très élevés.
22:45Ajoutant à cela qu'après cette année de sécheresse,
22:48vous l'avez dit, beaucoup de machines étaient quasiment à l'arrêt
22:51donc les remettre en service peut être problématique aussi parfois.
22:54Tout à fait.
22:55Moulay Abkhadra, la question est de savoir aujourd'hui ce retard,
23:00quel impact il a sur vous, sur les Minotiers ?
23:05Écoutez, le retard, nous les Minotiers,
23:09donc on attend quand même à utiliser notre production nationale,
23:14nous avons tout préparé pour accueillir une bonne partie de cette récolte
23:18au niveau de nos Minoteries et au niveau des organismes stockers,
23:22malheureusement ce n'est pas le cas.
23:24Bon, mais ceci étant, la production,
23:28donc elle reste dans le pays et le problème ne se pose pas là,
23:32mais il va falloir nous organiser aussi pour assurer l'approvisionnement du pays
23:37car nous avons aussi cette responsabilité
23:40et du coup nous nous serons contraints de reprendre les apportations
23:44à partir du 15 au 16 septembre
23:47pour pouvoir répondre aux impératifs d'approvisionnement.
23:51Alors Moulay Abkhadra, vous avez parlé tout à l'heure,
23:54vous avez évoqué le terme mécanisation
23:56pour faire face justement à ces problèmes structurels.
24:00Où en est aujourd'hui la mécanisation du secteur agricole au Maroc ?
24:05Vous avez parlé de petites exploitations
24:07comparaison avec un autre pays, notamment la France.
24:10Est-ce que vous pouvez nous décrire un peu
24:12où en est la situation aujourd'hui ?
24:15Non, le problème, comme je l'ai dit,
24:17c'est que 70% de nos exploitations ont moins de 5 hectares.
24:23Et croyez-moi, aujourd'hui, un agriculteur tout seul
24:26ne peut pas investir dans un tracteur,
24:28ne peut pas investir dans une moissonneuse batteuse.
24:31Donc il va falloir que nos agriculteurs s'organisent en coopérative
24:35pour qu'ils puissent faire face à des investissements très importants
24:39et pour qu'ils puissent moderniser leur production
24:42et pour qu'ils puissent absolument réduire les pertes,
24:47que ce soit au niveau des semences, au niveau des moissons,
24:49au niveau des structures de stockage.
24:52Ça, c'est le plus important dès le départ.
24:53Et moi, j'invite à ce qu'on organise des assises nationales
25:00pour examiner effectivement la problématique de la céréaliculture
25:05et de la souveraineté alimentaire,
25:07comme l'avait annoncé Sa Majesté le Roi Mohamed VI,
25:09que le Dieu l'assiste, lourde l'ouverture du Parlement en 2021.
25:17Moi, je crois qu'il y a la souveraineté alimentaire
25:20qui passe impérativement par la souveraineté hydrique.
25:22Et aujourd'hui, pour être souverain,
25:26il faut d'abord assurer le facteur limitant qui est l'eau.
25:30Vous savez qu'un hectare de céréales,
25:32si on veut avoir des rendements importants
25:34de 60 à 70 hectares, 70 quintaux par hectare,
25:39il faut assurer une irrigation d'appoint,
25:41une irrigation complémentaire quand les pluies arrivent tardivement,
25:44on n'arrive pas à temps.
25:46Et tout ça, donc nous devons nous organiser
25:49et tenir des assises avec tous les experts
25:51et avec tous les ministères concernés
25:53pour voir comment fidéliser une production,
25:58sécuriser une production de céréales,
26:00bon gré, mal gré, de 60 à 70 millions de quintaux,
26:04en recourant donc à une irrigation d'appoint,
26:07une irrigation complémentaire dans les bassins céréaliers
26:10qui sont favorables.
26:11Et bien entendu, il y a l'éco-économique de cette production,
26:14mais il y a également la souveraineté alimentaire
26:17et la souveraineté du pays aussi qui est en jeu.
26:19Et ça, ça nécessite quand même une réflexion globale
26:23au niveau national pour qu'on puisse aller de l'avant
26:26et assurer effectivement cette souveraineté céréalière.
26:29Alors justement, en parlant de réflexion tout à l'heure,
26:34vous avez évoqué la structuration des coopératives
26:38qui selon vous, afin de mutualiser les équipements agricoles coûteux,
26:43on a parlé de moissonneuses tout à l'heure,
26:45donc qui doivent se structurer davantage.
26:48Est-ce qu'aujourd'hui c'est un projet qui est en cours au Maroc
26:52et où est-ce qu'il en est justement ?
26:55Écoutez, ce n'est pas une nouveauté.
26:56Vous savez qu'il y avait les coopératives agricoles marocaines
26:59qui jouaient pleinement ce rôle depuis les années 40.
27:04Malheureusement, toutes ces coopératives ont disparu avec la libéralisation
27:09et aujourd'hui le système coopératif marocain est en peine.
27:14Et ces coopératives effectivement jouaient ce rôle de régulateurs,
27:19d'agrégateurs, donc ils fournissaient les intrants à leurs adhérents,
27:23donc ils participaient dans la collecte de leur production
27:26et c'est ce qui se passe aujourd'hui en France.
27:28Vous savez que la céréaliculture, la collecte,
27:32ces 80% sont réalisées avec des coopératives.
27:35Donc avec l'émiettement et l'atomisation de nos spectacles,
27:39nous sommes acculés à nous organiser en coopératives
27:42au niveau des exploitations pour qu'on puisse négocier,
27:47pour qu'on puisse mutualiser
27:50et pour qu'on puisse répondre à des impératifs économiques,
27:54que ce soit de rendement, que ce soit de productivité.
27:57Alors une autre idée se pose aussi,
28:00pourquoi les minotiers n'investissent pas eux-mêmes justement
28:03dans du matériel et dans la moisson ?
28:08Écoutez, nous avons essayé, nous avons essayé,
28:11mais malheureusement cette expérience a échoué.
28:16Pourquoi ? Parce qu'il faudrait quand même changer les règles de jeu
28:20et les engagements des uns et des autres.
28:24Moi je suis minotier aujourd'hui, je peux bien entendu travailler
28:27avec une centaine d'agriculteurs sur une superficie de 2 000 ou 3 000 hectares,
28:34mais le problème c'est que quand la récolte arrive,
28:38il y a toujours des...
28:40Enfin, il y en a qui ne veulent pas livrer
28:44ou qui disent que le prix sur lequel on s'est tendu,
28:47donc il n'y a plus sur le marché,
28:48ça a créé quand même des distorsions,
28:50il y a eu des expériences, mais c'est un modèle.
28:52Ceci étant, on doit le revoir,
28:55on doit donc ficeler les engagements des uns et des autres
28:59pour qu'on puisse effectivement assurer cette crédibilité
29:03entre les deux parties.
29:05Aujourd'hui, cette crédibilité n'existe pas,
29:09elle a été donc soumise à de mauvaises épreuves.
29:14Vous voulez dire que les agriculteurs, les exploitations et les minotiers
29:21ne peuvent pas travailler ensemble aujourd'hui ?
29:24Moi je préfère passer à travers des coopératives
29:27et avoir un seul interlocuteur qui est la coopérative
29:30au lieu d'avoir comme interlocuteur une multitude d'opérateurs.
29:35Donc c'est ça l'objectif.
29:36Aujourd'hui, on doit traiter avec des coopératives,
29:39avec des groupements qui seront solidaires,
29:42avec des unités de stockage de proximité à côté de ces exploitations
29:46pour qu'ils puissent homogénéiser leurs productions,
29:50la stocker de bonnes conditions.
29:52On verra qu'ils la livrer directement.
29:54Voilà le modèle qu'on voudrait mettre en place
29:57et qu'on voudrait réussir ensemble.
29:59Et c'est pour ça que j'appelle effectivement
30:01à ces assises nationales qui seraient consacrées
30:04uniquement donc à la céréaliculture et au développement
30:06de cette filière qui est la plus importante.
30:10N'oublions pas que 55% de notre SAU est occupée par les céréales.
30:15Donc c'est la culture la plus importante.
30:20Donc autant réserver absolument des journées consacrées
30:25à l'examen de cette filière
30:28et quelles sont les pistes qu'on pourrait suivre
30:31pour effectivement assurer une production pérenne,
30:34une production qui peut assurer en quelque sorte
30:36notre souveraineté alimentaire.
30:39N'oublions pas que c'est le plat de résistance,
30:41ce sont les céréales et le pain,
30:43c'est le produit le plus important sur la table.
30:47C'est le signe de sécurité pour le Marocain
30:50que de voir le pain sur sa table.
30:52On peut s'en passer de beaucoup de choses,
30:54mais on ne peut pas nous passer du pain.
30:55Alors justement, en parlant de consommateurs final,
30:59on a parlé tout à l'heure du retard accusé aujourd'hui
31:04dans la collecte, du fait que l'importation
31:08n'est pas permise jusqu'à fin août.
31:11Mais quel est l'état du marché aujourd'hui ?
31:13Est-ce que le marché national,
31:16il est alimenté suffisamment en blé aujourd'hui ?
31:19Non, non.
31:20En ce qui concerne l'alimentation
31:22et l'approvisionnement du marché aujourd'hui,
31:24il est alimenté d'une manière normale.
31:26C'est ce que je disais,
31:27qu'une bonne partie de cette production
31:29est aujourd'hui au niveau des marchés,
31:31au niveau des ménages,
31:32notamment dans le milieu rural.
31:34Bon, les marchés habitués, traditionnels,
31:37des milieux urbains,
31:38qui sont régulièrement approvisionnés
31:41à partir de la farine industrielle,
31:43le sont.
31:43Donc les minotiers détiennent leurs stocks.
31:45qu'ils ont conçu des stocks avant la fermeture,
31:48heureusement,
31:49avant la fermeture des ports.
31:53Et malgré toutes les difficultés
31:55que nous avons rencontrées
31:56durant pratiquement le premier semestre de 2025
32:01à cause des retards,
32:02des déchargements des navires,
32:05dus aux conditions météorologiques
32:07qui étaient très difficiles.
32:08Et nous avons payé quand même,
32:11les opérateurs ont payé un prix très fort
32:13en termes de sur-historie
32:14puisque nous avons pratiquement
32:17atteint un milliard de dirhams
32:19rien qu'en sur-historie.
32:20Et ça, il ne faut pas l'oublier.
32:22Et nous ne voudrions pas donc
32:24revivre une autre expérience pareille.
32:26Et c'est pour ça qu'aujourd'hui,
32:28à partir du 16 septembre,
32:30on va commencer les importations
32:32de manière progressive,
32:34intelligente et régulière.
32:36Et pour conclure,
32:38on peut dire,
32:39aujourd'hui,
32:40vous l'avez évoqué tout à l'heure,
32:42la souveraineté alimentaire
32:43ne dépend pas uniquement
32:44d'une bonne campagne agricole,
32:48mais aussi de toute une chaîne logistique
32:51et industrielle.
32:52Tout à fait.
32:53Et c'est pour ça, effectivement,
32:54il y a plusieurs intervenants.
32:56Donc, si on veut aujourd'hui
32:59équiper un million d'hectares,
33:01comme l'avait annoncé
33:02que ce soit l'ancien ministre de l'Agriculture
33:04ou c'est Ahmed Bouraouil Bouhari,
33:06le nouveau ministre de l'Agriculture,
33:08il va falloir donc qu'on travaille
33:10avec les ministères de l'Équipement,
33:12donc avec l'exploitation des eaux de barrage,
33:14le dessalant de mer.
33:16Vous savez que ces opérations
33:17sont très coûteuses
33:19et je dirais
33:22le prix de la production
33:25serait très élevé.
33:26Donc, si on recourt
33:27à l'utilisation des eaux dessalées
33:30qui sont très chères,
33:31c'est-à-dire pratiquement le mètre cube.
33:33Et quand un nectar consomme
33:354 000 mètres cubes,
33:37si nous avons 200 millimètres
33:38ou 250,
33:39il va falloir assurer un apport
33:41de 150 à 100 millimètres de plus
33:44à travers cette irrigation.
33:46Vu le coût,
33:47le prix de production
33:50d'un quintal de blé
33:51atteindrait facilement
33:52les 300 dirhams de quintal
33:54qui est légèrement supérieur
33:56ou même très supérieur
33:58au prix actuel
33:59sur le marché international.
34:00Mais c'est des choix à faire
34:02et c'est des choix
34:02donc à étudier,
34:03à examiner
34:04et ce n'est pas toujours
34:06le coût qui est le facteur limitant
34:08mais le plus important
34:09c'est de disposer
34:10de sa production
34:11et de sa souveraineté alimentaire
34:13quelque soit les fois
34:15de prix.
34:16Justement, juste pour conclure
34:18et pour être clair,
34:19qu'est-ce qui bloque
34:20aujourd'hui
34:21dans cette structuration
34:22que vous évoquez justement
34:24en parlant de coopératives
34:25et de structuration
34:26de ces coopératives ?
34:29Écoutez,
34:30les coopératives
34:32ont fonctionné
34:34pratiquement
34:35depuis 1937
34:36jusqu'en 1996
34:39date de la libéralisation.
34:41Donc suite
34:41à la libéralisation,
34:44les coopératives
34:45ont fait face
34:46à une concurrence
34:47très farouche
34:50de la part
34:50des opérateurs privés.
34:52Ces coopératives
34:53se sont retrouvées
34:54avec des charges
34:55d'exploitation
34:56notamment tout ce qui est
34:57salaire
34:58et tout ce qui est
34:59masse salarière
35:00qui était très élevée
35:01et ces coopératives
35:03n'ont pas pu être compétitives
35:05que ce soit sur le prix
35:06ou sur
35:10l'agressif
35:11aussi sur le marché
35:12parce que ces coopératives
35:13payent les agriculteurs
35:15au prix arrêtés
35:16par le gouvernement
35:16tandis qu'au niveau
35:17des privés
35:18donc il y avait
35:19d'autres choix
35:20et les charges
35:21n'étaient pas les mêmes
35:21et effectivement
35:23ce secteur
35:24a sombré
35:25dans des difficultés
35:27au point que
35:28toutes ces coopératives
35:29aujourd'hui
35:30sont alourdies
35:31de charges financières
35:33et ils ont beaucoup
35:35de créances
35:35vis-à-vis des banques
35:36et il va falloir
35:37donc reprendre
35:39toute une histoire.
35:41C'est effectivement
35:41toute une réflexion
35:42qui doit être menée
35:43toute une restructuration
35:45de cette filière
35:46Moulaïa Pradra.
35:47Je rappelle que vous êtes
35:48président
35:49de la Fédération Nationale
35:50de la Minoterie
35:51et vice-président
35:52de la Fénagrie
35:53merci d'avoir répondu
35:55à nos questions
35:55aujourd'hui.
35:56Je vous remercie infiniment
35:57et bonne soirée.
36:00Voilà et tout de suite
36:01on retrouve le journal
36:02de l'économie
36:03avec Jonas Benzine.
36:14A la une de l'actualité économique
36:16de ce mercredi
36:17l'industrie marocaine
36:18retrouve des couleurs.
36:19Selon la dernière enquête
36:20de Banque al-Marrib
36:21la production
36:21comme les ventes
36:22ont progressé
36:23au mois de juin.
36:24Une dynamique
36:24apportée principalement
36:25par les secteurs
36:26de la chimie
36:27de la parachimie
36:28de la mécanique
36:28et de la métallurgie.
36:29Les ventes sont en hausse
36:31aussi bien sur le marché national
36:33qu'à l'export.
36:34Autre indicateur
36:34encourageant
36:35les capacités de production
36:36ont été utilisées
36:37à hauteur de 78%
36:39signe que les usines
36:40tournent un rythme soutenu.
36:42Les industriels
36:43restent confiants
36:44pour les prochains mois.
36:45La majorité d'entre eux
36:46s'attend à une poursuite
36:47de la croissance
36:48de l'activité.
36:49Un optimisme
36:50qui reste toutefois mesuré
36:52puisque près d'une entreprise
36:54sur quatre
36:54évoque encore
36:55des incertitudes.
36:58Et puis
36:59Renault Group Maroc
37:00confirme la solidité
37:02de son appareil industriel.
37:03Au premier semestre
37:04de cette année
37:05près de 200 000 véhicules
37:07sont sortis
37:07des usines
37:08de Tangier
37:09et de Casablanca
37:10un niveau quasiment
37:11identique à celui
37:12de l'année précédente.
37:13L'essentiel
37:14de cette production
37:15prend le chemin
37:16de l'export.
37:17Plus de huit véhicules
37:18sur dix
37:19fabriqués au Maroc
37:20sont destinés
37:21aux marchés internationaux
37:22confirmant le rôle
37:23stratégique du royaume
37:24dans le dispositif
37:25industriel du groupe.
37:26Le semestre
37:27a été également marqué
37:28par le démarrage
37:29de la production
37:30des nouvelles gammes
37:31d'Asia.
37:31Une première
37:32pour les équipes
37:33marocaines
37:33qui ont participé
37:34au développement
37:34des prototypes
37:35avant leur industrialisation.
37:37Renault Maroc
37:38poursuit aussi
37:39le renforcement
37:39de son écosystème local.
37:41L'objectif
37:42est d'atteindre
37:42d'ici 2030
37:433 milliards
37:44d'euros
37:45de sourcing local
37:46et un taux d'intégration
37:47de 75%.
37:49Sur le marché marocain
37:50le constructeur
37:51conserve sa place
37:52de leader
37:52avec près de 50 000
37:54véhicules vendus
37:55et près de 38%
37:57de part de marché.
38:01Direction à présent
38:02la France
38:02où l'activité
38:03du secteur privé
38:04continue de ralentir
38:05mais le rythme
38:06de la contraction
38:07s'atténue.
38:08L'indice
38:09CPMI au mois
38:10de juillet
38:10se rapproche
38:11du seuil
38:12qui marque
38:12un retour
38:13à la croissance.
38:14Cette amélioration
38:14s'explique notamment
38:15par un regain
38:16d'activité
38:17dans les services,
38:18une demande intérieure
38:19plus dynamique
38:20et un ralentissement
38:20de l'inflation.
38:22Les économistes
38:22estiment que
38:23l'économie française
38:24démarre le troisième
38:25trimestre
38:26sur une note
38:27un peu plus favorable
38:28mais les incertitudes
38:29restent nombreuses.
38:30Les tensions au Moyen-Orient,
38:32la hausse récente
38:33des prix de l'énergie,
38:34les difficultés
38:34d'approvisionnement
38:35et le niveau
38:36des taux d'intérêt
38:36continuent de peser
38:37sur les perspectives
38:38des entreprises.
38:42Sur les marchés
38:43internationaux,
38:44les cours du pétrole
38:45repartent légèrement
38:46à la hausse
38:46après plusieurs séances
38:47de baisse.
38:48Les investisseurs
38:49attendent désormais
38:50un accord
38:51entre les Etats-Unis
38:52et l'Iran
38:52sur la réouverture
38:53du détroit d'Hormuz,
38:54un passage stratégique
38:56pour le transport mondial
38:57de pétrole.
38:58Le Brent dépasse
38:58les 80 dollars
38:59le baril
39:00tandis que
39:00le pétrole américain
39:01évolue
39:02autour de 76 dollars.
39:04Les marchés
39:04restent toutefois
39:05prudents.
39:06Même en cas d'accord,
39:07les analystes
39:08estiment que
39:09les tensions géopolitiques
39:10continueront
39:10de peser
39:11sur les prix
39:12avec un risque
39:13toujours présent
39:13de nouvelles perturbations
39:15dans cette zone
39:15clé du commerce mondial
39:17de l'énergie.
39:19On termine notre journal
39:20aux Etats-Unis
39:21où les réserves
39:22commerciales
39:22de pétrole brut
39:23ont connu
39:24une augmentation
39:24surprise la semaine passée
39:26en partie soutenue
39:27par un rythme
39:28plus élevé
39:29d'importation
39:29selon le rapport
39:30hebdomadaire
39:30de l'agence américaine
39:31d'information
39:32sur l'énergie.
39:33Les stocks commerciaux
39:34ont gonflé
39:35d'environ 2,5 millions
39:36de barils
39:37sur la période.
39:38Au total,
39:38ils s'établissent
39:39à 407 millions
39:41de barils
39:41environ 6%
39:42au-dessus
39:42de la moyenne
39:43sur 5 ans
39:44pour cette période
39:45de l'année.
39:45Cette évolution
39:46à la hausse
39:46s'explique partiellement
39:48par une augmentation
39:49des importations
39:49de l'ordre de 9%
39:51qui s'affiche
39:52au plus haut
39:52depuis fin mai.
39:53Les exportations
39:54ont, elles,
39:55augmenté de 6%.
39:56L'évolution
39:57des stocks commerciaux
39:58a aussi été influencée
39:59par un ajustement
40:00statistique
40:01de l'agence
40:02qui a ajouté
40:02cette fois
40:03environ 560 000
40:05barils quotidiens
40:06au volume
40:07arrivé
40:07sur le marché
40:08américain.
40:10Et à présent,
40:12l'instant culture
40:12de ce carrefour
40:13avec Mrim Pramilichi
40:15qui reçoit
40:15Ismaël Assi,
40:17auteur et correspondant
40:18de Financial Afrique.
40:30Mesdames et messieurs,
40:31bonsoir
40:32et bienvenue
40:32dans l'Invité Culture.
40:33Nous parlons ce soir
40:35du livre
40:36Morale stérile,
40:37un ouvrage
40:37marquant
40:38du journaliste
40:39et écrivain ivoirien
40:40Ismaël Assi
40:41qui explore
40:42les racines
40:43profondes
40:44et souvent ignorées
40:45des crises migratoires
40:46actuelles.
40:47Loin de se contenter
40:49d'analyser
40:49le phénomène migratoire
40:51uniquement sous le prisme
40:52des drames humains
40:53en Méditerranée,
40:55Ismaël Assi
40:56choisit
40:57de plonger
40:58dans la matrice sociale
41:00et les causes
41:00structurelles
41:01qui poussent
41:01la jeunesse
41:02au départ.
41:04Le récit
41:04suit le destin
41:05tragique
41:06de trois jeunes
41:06Congolais
41:07confrontés
41:08et une effroyable
41:08précarité sociale.
41:10Journaliste économique
41:11et écrivain
41:12Ismaël Assi
41:13livre
41:13un plaidoyer
41:15pour que les consciences
41:16se réveillent
41:17et pour dépasser
41:19les simples récits
41:21médiatiques.
41:22Ismaël Assi,
41:23bonsoir à vous,
41:23c'est un plaisir
41:24de vous avoir
41:24comme invité ce soir.
41:26Merci d'avoir accepté
41:26cette invitation.
41:27Bonsoir Miriam,
41:28merci beaucoup
41:29pour l'invitation.
41:30Alors,
41:30on va parler
41:31de votre dernier livre,
41:33je le disais à l'instant,
41:34moral stérile,
41:36une histoire
41:36qui se concentre
41:37un petit peu
41:38sur les causes
41:39structurelles,
41:39on va dire,
41:40de l'immigration,
41:42de cette traversée,
41:43de ce choix
41:44qui se fait
41:45par les jeunes.
41:47Pourquoi d'abord
41:48avoir choisi
41:49de vous intéresser
41:50à ce sujet
41:50en particulier
41:51et pourquoi également
41:52le choix
41:53de la narration
41:54par le roman
41:55et pas
41:57une autre forme
41:58d'écrit ?
41:59Donc déjà,
42:00merci beaucoup
42:00Miriam
42:01pour l'invitation
42:02et merci
42:03de nous donner
42:03cette tribune
42:04pour pouvoir
42:05traiter ce sujet
42:06qui est quand même
42:07assez important.
42:08Donc pour répondre
42:08à la question,
42:09moral stérile
42:10est parti
42:10d'une réflexion simple,
42:11c'est-à-dire
42:12depuis des années,
42:13des décennies,
42:14l'Afrique a été
42:15toujours racontée
42:16de l'extérieur,
42:17c'est-à-dire
42:18les Occidentaux
42:18ont toujours saisi
42:19les problématiques
42:20de l'Afrique
42:21et je me suis dit
42:22aujourd'hui
42:22en tant que jeune,
42:23il est important
42:23que la jeunesse
42:25et surtout un Africain,
42:26même si je ne suis pas
42:28congolais,
42:28en tant qu'Ivoirien,
42:29je peux en tout cas
42:30me saisir
42:31de ce sujet africain.
42:33Donc c'est cette raison
42:34qui nous a poussés
42:35à amener cette réflexion.
42:37Maintenant,
42:37après derrière,
42:38pour répondre
42:38à la question
42:39du pourquoi le roman,
42:41je dirais que déjà,
42:42lorsqu'on voit
42:43les migrants
42:44ici et là,
42:45il faut dire
42:45que ces migrants,
42:46derrière chaque visage,
42:47il y a une histoire
42:48et souvent,
42:49c'est une histoire tragique.
42:51Donc,
42:51et le roman,
42:53au travers de la fiction,
42:54est quand même
42:55un style littéraire
42:56qui permet
42:56de raconter une histoire
42:58et nous ici,
42:59on voulait raconter
43:00une histoire
43:00et en même temps aussi
43:01toucher une forme
43:03de vérité.
43:04Parlez-nous justement
43:05du destin
43:06de ces trois jeunes
43:07congolais
43:07que vous suivez
43:08dans cette histoire.
43:11Justement,
43:12au fait,
43:12dans le livre
43:13Mora Styril,
43:14il y a trois personnages,
43:15mais avant tout,
43:17il y a le père,
43:18c'est-à-dire
43:19qui était mineur,
43:20qui a eu une vie
43:21pas facile
43:22et ce dernier
43:24n'a pas pu assurer
43:25une certaine forme
43:27d'existence,
43:28de qualité de vie
43:30à ses enfants.
43:30Donc,
43:31ces trois enfants
43:32se sont vus obligés
43:33de suivre
43:34le chemin
43:35de la paix,
43:36c'est-à-dire
43:37de savoir
43:37descendre dans la mine.
43:38Et ces jeunes
43:41se sont confrontés
43:42à la réalité
43:43précaire
43:44de leurs parents
43:45et à un moment donné,
43:47l'aîné,
43:48Kinda,
43:49s'est vu obligé
43:50de faire un choix.
43:52Voilà.
43:52Je reviens
43:53au titre
43:53Mora Styril,
43:54c'est-à-dire aujourd'hui,
43:55face à la précarité
43:57de son père
43:58et à la précarité
43:59que lui-même
43:59il a subie
44:01et la dureté
44:02du travail
44:03dans les mines,
44:04c'est des profondes
44:05sous terre,
44:06c'est un travail difficile
44:07et ce dernier
44:08a fait le choix
44:10de rentrer
44:11dans une milice
44:12et le destin
44:14du moins
44:15la mise sur le chemin
44:16d'un chef
44:17d'un seigneur de guerre
44:18dont le roman
44:20on parle
44:20de l'Okasi
44:21qui,
44:22comment on dit ça,
44:23a installé
44:25du moins
44:26une stratégie
44:27de terreur
44:27et pour sortir
44:28un peu du roman,
44:29il faut expliquer
44:29que la région
44:31du Kivu
44:31depuis des décennies
44:33est entraînée
44:34dans une guéguerre
44:37interminable
44:37et vu que
44:38cette région
44:39est,
44:40comment je peux dire,
44:41rigole
44:42de milliards
44:44de ressources
44:44donc voilà,
44:47des milices
44:48se sont organisées
44:49pour pouvoir avoir
44:50accès à ces ressources
44:51donc ces milices-là
44:53notamment
44:54puisent
44:55dans,
44:55du moins
44:56dans le socle
44:58le bassin social
44:59donc voilà comment
45:00ce jeune personnage
45:01dans le livre
45:02rencontre
45:03un seigneur de guerre
45:03et celui-ci
45:04joue sur sa précarité
45:06joue sur son misérabilisme
45:08et essaie
45:08de l'enrouler
45:09dans la milice
45:10donc
45:11une aventure
45:12commence
45:13et voilà
45:15on s'en suit
45:16tragédie
45:17après tragédie
45:18jusqu'à ce qu'ils
45:18prennent le chemin
45:19de l'immigration
45:20clandestine.
45:22Qui finalement
45:24on a l'impression
45:25que c'est un choix
45:26mais ce n'en est pas
45:28forcément un
45:29finalement
45:30c'est peut-être
45:31le seul chemin
45:31de survivre
45:32parce que
45:33quand on vit
45:33dans un quotidien
45:34où on ne peut plus
45:37justement
45:37où le quotidien
45:38est plus tragique
45:40que cette menace
45:41de la mort
45:42au niveau
45:42de la traversée
45:43on se retrouve
45:45face
45:46à une nécessité
45:48finalement
45:48pas un choix
45:49c'est ça
45:49que vous avez essayé
45:50de véhiculer
45:51un petit peu ?
45:52Au fait
45:52dans ce roman
45:53j'essaye
45:54à partir d'une histoire
45:55de raconter
45:56une vérité
45:58parce qu'aujourd'hui
45:59lorsque vous
46:00par exemple
46:00vous sortez
46:01dans les rues
46:02vous croisez
46:02les migrants
46:03on a tendance
46:03à avoir un regard
46:04un peu
46:05de jugement
46:06on s'est dit
46:06aujourd'hui
46:07déjà c'est un regard
46:08d'optique
46:08qu'est-ce que
46:09ces gens font ici
46:09mais après
46:10il faut comprendre
46:11que ces gens
46:12n'ont pas choisi
46:13le chemin
46:14de l'immigration
46:16par volonté
46:17c'est-à-dire
46:17ils ont été obligés
46:18parce que
46:19dans leur pays
46:20c'est des gens
46:21à qui on refuse
46:23le minimum vital
46:25et ces gens
46:25sont
46:26à un moment donné
46:28c'est une mort sociale
46:29qui s'ensuit
46:29et quand il y a
46:30mort sociale
46:30c'est clair
46:31qu'on est obligé
46:34de s'engager
46:35dans une survie
46:36ou du moins
46:37dans une forme
46:37de névose
46:39obsessionnelle
46:39de réalisation
46:40de soi
46:40et aujourd'hui
46:41avec surtout
46:42la magie
46:42de la télé
46:43donc ces jeunes
46:44c'est clair
46:44que du Congo
46:46de la Côte d'Ivoire
46:46du Mali
46:47on voit aujourd'hui
46:48la vie ailleurs
46:49et la vie ailleurs
46:51c'est ça
46:51ces jeunes sont séduits
46:52ils se disent
46:52qu'en allant en Europe
46:53je peux me réaliser
46:55en dehors
46:56d'un corps social
46:57qui m'a éjecté
46:58parce que
47:00ces jeunes
47:00dans ces pays
47:01ils sont en marge
47:02de la société
47:03ils sont éjectés
47:03du corps social
47:04donc pour eux
47:05le chemin
47:06de l'immigration
47:07c'est une forme
47:07de renaissance sociale
47:09et pourquoi
47:10vous avez décidé
47:11de situer ça
47:12au Congo
47:12justement
47:13l'histoire
47:15oui au fait
47:16pour moi
47:16le Congo
47:17c'est juste un exemple
47:19mais
47:19quand vous prenez
47:20par exemple
47:20les différents pays
47:23l'idée ici
47:24c'est de dire
47:24que
47:25l'immigration
47:26qu'on est une
47:27oui
47:27c'est une problématique
47:28mais
47:29derrière cette
47:30grande problématique
47:31il y a plusieurs
47:32sous-problématiques
47:33qui alimentent
47:34ce départ
47:34en fait
47:35c'est pas un départ
47:36joyeux
47:37c'est un départ
47:38forcé
47:39et ici
47:40en prenant
47:41l'exemple
47:41du Congo
47:42forcé
47:43et on met sa vie
47:44en péril
47:45qui était
47:47risqué également
47:48oui risqué
47:49si on avait le choix
47:50on le ferait pas
47:51effectivement
47:52on jouerait pas
47:52avec sa propre vie
47:53en effet
47:54en effet
47:55parce que
47:55moi je pense que
47:56des jeunes
47:58de 20 ans
48:00de 30 ans
48:01qui prennent
48:03des barques
48:03et qui
48:04vont affronter
48:05des vagues
48:06de 7 mètres
48:06pour moi
48:08c'est quand même
48:10c'est fou
48:10oui
48:11mais
48:12moi je pense
48:13qu'il faut porter
48:13la réflexion
48:14sur le pourquoi
48:15qu'est-ce qui fait
48:16que ces jeunes
48:17décident
48:18de risquer
48:19autant
48:19pour un avenir
48:21meilleur
48:21et je pense que
48:22le livre ici
48:22c'est d'interpeller
48:23un peu
48:23nos élites
48:24pour qu'on puisse
48:26regarder frontalement
48:27les véritables problèmes
48:29ce sont les problèmes
48:30de gouvernance
48:30ce sont les problèmes
48:31de partage équitable
48:33de la richesse
48:33ce sont les problèmes
48:34ici
48:36du minimum vital
48:37c'est une réalité invisible
48:39que vous voulez un petit peu
48:40visibiliser d'une certaine manière
48:42c'est ça
48:42les causes
48:43comme je le disais tout à l'heure
48:44en introduction
48:45structurelle
48:46comprendre
48:47ce qu'il y a
48:48derrière le visage
48:49de ces migrants
48:50comprendre un petit peu
48:51leurs histoires
48:52et cette détresse
48:54finalement
48:54cette détresse
48:55effectivement
48:56pour moi
48:57c'est une forme
48:59de
48:59comme je disais
49:00de mort sociale
49:01ces jeunes
49:02étant dans
49:04comprenez par exemple
49:04dans le roman
49:06l'aîné Kindah
49:07il est l'aîné
49:08d'une famille
49:09et quand vous essayez
49:10de comprendre un peu
49:11la sociologie africaine
49:14voilà
49:14le père y fait
49:15après derrière
49:16l'aîné
49:17du moins les enfants
49:18font pour les parents
49:18en tout cas
49:19voilà comment se construit
49:21quand vous essayez
49:22de comprendre un peu
49:23comment fonctionne
49:24la société africaine
49:25c'est comme ça
49:25c'est à dire
49:26aujourd'hui
49:26il y a une forme
49:27de redevabilité
49:28entre les enfants
49:29et les parents
49:30et ces enfants
49:31à un moment donné
49:32dans une société
49:33
49:35je parle ici par exemple
49:36de la Côte d'Ivoire
49:36une société que je maîtrise le plus
49:38une société de concurrence
49:40où on essaye
49:40de mettre
49:42les uns et les autres
49:43en concurrence
49:44donc ces gens
49:45ces jeunes
49:46sont
49:47un peu
49:48à la limite
49:49il y a un sussaut d'orgueil
49:50c'est à dire
49:50moi
49:51quand je vois par exemple
49:52un tel fils
49:53d'une autre famille
49:54qui fait des choses
49:55pour la famille
49:57pour ses parents
49:59et moi
50:00je n'arrive pas
50:01à aider mes parents
50:02et que je suis
50:03dans une précarité
50:04à un moment donné
50:05je suis dans une dynamique
50:07du
50:08comment dire ça
50:08de faire tout
50:09pour pouvoir réussir
50:10et venir aider mes parents
50:11c'est dans cette logique là
50:12que ces jeunes
50:13sortent
50:13c'est pas pour
50:14les beaux yeux de l'Europe
50:15parce que quand vous voyez
50:16un peu
50:17déjà
50:17les récits médiatiques
50:20un petit peu
50:21c'est ça
50:21je vois par exemple
50:22d'une
50:23comment je vais appeler
50:24d'un peuple
50:25les soniqués par exemple
50:26qui sont très représentés
50:27en France
50:27mais figurez-vous
50:29ces gens
50:31du Mali
50:31c'est cette ethnie du Mali
50:32ils sont les plus nombreux
50:34en France
50:35à rapatrier des fonds
50:37c'est à dire que
50:37quand ils vont
50:38à l'aventure
50:39du moins
50:39quand ils vont chercher
50:41les lorados
50:41c'est pas pour eux
50:43en vérité
50:44c'est pour leur famille
50:45en fait
50:45et aujourd'hui
50:46moi je pense que
50:47ce livre
50:48est au-delà même
50:50de la question
50:50de l'immigration clandestine
50:52c'est pour dire aussi
50:53c'est de mettre le doigt
50:54aussi sur la problématique
50:56du Kivu
50:56comme j'ai rappelé
50:57en prélude
50:58c'est près de 30 ans
50:59de guerre
51:00de chaos
51:01et c'est l'omerta totale
51:03je salue ici
51:06voilà
51:06le plaidoyer
51:07du président
51:08Tissé Kedi
51:08du Congo
51:09de la ADC
51:10qui a
51:10maintes fois
51:11à la tribune de l'ONU
51:12essayé de porter
51:13cette problématique
51:14sur la scène internationale
51:16donc vous l'avez
51:18très bien dit
51:18quand on parle
51:19de ce choix
51:20de cette décision
51:21c'est un sacrifice
51:22finalement légitime
51:25qui se fait
51:25des enfants
51:26pour les parents
51:27j'ai pas compris
51:28qui se fait
51:29un sacrifice
51:29des enfants
51:30pour les parents
51:31donc un sacrifice
51:32légitime
51:32en effet
51:33que l'on considère
51:34comme étant
51:34légitime
51:36quand vous avez
51:37mentionné tout à l'heure
51:39le titre
51:39donc morale stérile
51:41est-ce que c'est
51:42une espèce
51:42de condamnation
51:44tout de même
51:44que vous faites
51:45vis-à-vis de la communauté
51:47internationale
51:47qui ne réagit peut-être
51:49pas à la situation
51:50ou est-ce que c'est
51:51un miroir aussi
51:52qui est tendu
51:55aux gouverneurs locaux
51:56finalement
51:59pour pouvoir
52:00finalement réagir
52:02quand on dit stérile
52:03puisque morale stérile
52:04donc pas de réaction
52:05je sais pas
52:06est-ce qu'il y a
52:06un jeu de mots
52:08expliquez-nous
52:08un petit peu
52:09en fait le titre
52:10morale stérile
52:10au-delà de la forme
52:11littéraire et philosophique
52:13il y a une vérité
52:14cachée
52:15dans ce titre
52:16c'est simple
52:17c'est-à-dire
52:17aujourd'hui
52:19comprenez encore une fois
52:20l'histoire du personnage
52:23Kinda
52:24qui était l'aînée
52:25de la fatrie
52:26l'aîné dans la famille
52:27qui a vu son père
52:30dans la précarité
52:32qui lui-même
52:32a été dans cette précarité
52:35ambiante
52:35à un moment donné
52:37il a reçu aussi
52:38une éducation
52:39parce que l'Afrique
52:40c'est aussi l'Afrique
52:41des valeurs
52:41l'Afrique de l'éducation
52:43et ce dernier
52:44à un moment donné
52:46lorsqu'il rencontre
52:47le seigneur de guerre
52:48qu'il enroule
52:49dans la milice
52:50au fond de lui
52:51il sait que c'est pas bien
52:52tuer des gens
52:55du moins
52:56pratiqués
52:56du moins
52:58participent à des opérations
52:59atroces
53:00il sait en conscience
53:01que c'est pas bien
53:02mais la survie
53:03l'emporte
53:04sur la morale
53:05en vérité
53:06c'est ça un peu
53:07l'idée que je vais véhiculer
53:09c'est-à-dire que
53:09ces jeunes
53:10qui viennent à l'immigration
53:12ils savent
53:13que l'immigration
53:14est un chemin périlleux
53:16ils savent
53:16que la mort
53:17peut-être les attend
53:18mais ils se disent
53:19que c'est un choix
53:21de survie
53:22c'est un choix
53:23comme vous l'avez dit
53:24c'est un choix
53:25c'est un sacrifice
53:27légitime
53:29et justement
53:30si on devait
53:31retenir
53:32un message principal
53:33que vous avez envie
53:34de véhiculer
53:34ou que vous avez eu
53:35envie en tout cas
53:36de porter
53:37à cette jeunesse
53:39aujourd'hui
53:39pour conclure
53:40cet entretien
53:41quel serait-il ?
53:42le message
53:43je pense qu'il est simple
53:45c'est-à-dire aujourd'hui
53:46moi au travail
53:47de ce récit
53:48je voulais ici
53:50à ma petite échelle
53:51essayer de faire comprendre
53:53aux uns et aux autres
53:54que l'immigration
53:56n'est pas un chemin
53:58qui se décide
53:59en fait
54:00on ne se lève pas
54:01un matin
54:01et puis on dit
54:02bon je vais à l'aventure
54:03je viens affronter
54:06les affres du désert
54:07ou du loin de la mer
54:08c'est un chemin forcé
54:11les gens ils sortent
54:12parce qu'ils s'étouffent
54:15dans ce contexte social
54:17de prétarité
54:18de misérabilisme
54:19et ça c'est la première réflexion
54:21la deuxième réflexion
54:22sur la question du kivu
54:23c'est de dire aujourd'hui
54:24et il est important
54:25qu'on ne soit pas
54:26dans l'omerta
54:27parce qu'aujourd'hui
54:28on a l'impression
54:30qu'il y a une forme
54:30de compétition
54:33ou du moins
54:36le mot ne me vient pas
54:37c'est-à-dire
54:37on essaie de donner
54:38de l'importance
54:39aux douleurs de certains
54:41et des façons
54:43on essaie aussi
54:44de rendre invisible
54:45les douleurs
54:46d'autres personnes
54:47voilà
54:48et ici
54:48nous on veut faire comprendre
54:50que la problématique
54:52du kivu
54:52c'est des milliers de morts
54:53c'est des femmes
54:54qui ont subi des viols
54:55c'est la pauvreté
54:57c'est un cycle
54:58de pauvreté ambiant
54:59donc aujourd'hui
55:00il est important
55:01que nos élites internationales
55:02du moins l'ONU
55:03et tout ça
55:03qu'on sort
55:04se penchent sur la question
55:05pour apporter une réponse
55:06internationale
55:07à la catastrophe humaine
55:08qui perdure
55:09merci à vous Ismaïla
55:11si c'était un plaisir
55:12de vous avoir comme invité
55:13ce soir
55:13de parler de ce dernier
55:14roman moral
55:15stérile
55:16les oubliés
55:16Dieu qui vous
55:17merci à vous
55:18merci pour cette tribune
55:19merci
55:20c'est la fin de l'Invité Culture
55:21pour ce soir
55:22je vous souhaite une très bonne soirée
55:27et c'est aussi la fin
55:28de ce carrefour d'informations
55:30je vous retrouve dans quelques minutes
55:31pour un nouveau point
55:32sur l'actualité
55:33et c'est une très bonne soirée
55:38et c'est une très bonne soirée
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