- il y a 15 heures
Gabriel Attal poursuit son Tour de France politique. Ce jeudi, il fait étape sur le marché de Châteaurenard, en Provence, pour aller au contact des habitants. Sa tournée estivale mêle terrain, fêtes populaires, travailleurs saisonniers et un message central : le pouvoir d'achat.
Il est l'invité de Vincent Derosier dans RTL Matin.
Regardez L'invité de RTL Matin avec Vincent Derosier du 06 août 2026.
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00:01Vincent Derosier, RTL Matin.
00:03Et l'invité de RTL est le patron de Renaissance, candidat à la présidentielle et ancien Premier ministre.
00:08Bonjour Gabriel Attal.
00:09Bonjour Vincent Derosier.
00:10On va parler de votre tour de France politique, mais d'abord vous êtes le troisième prétendant à l'Elysée,
00:16à avoir été visé par une ingérence en provenance de la Russie.
00:20On est à huit mois de l'élection présidentielle.
00:22C'est ça la campagne qui nous attend ? Les candidats sont condamnés à réagir et à faire retirer des
00:26vidéos ?
00:27D'abord, il faut dire concrètement aux Français ce que veut dire le mot « ingérence ».
00:31C'est une intervention directe d'une puissance étrangère pour manipuler l'élection.
00:36Et donc ça veut dire que si on ne fait rien pour s'en protéger,
00:39c'est une élection qui peut être faussée, qui peut être en réalité volée aux Français.
00:44Alors moi je vais vous le dire, pour moi ce n'est pas une surprise.
00:47Évidemment que je m'attendais à ces manœuvres de déstabilisation.
00:50Elles ne sont pas nouvelles.
00:52On s'y est préparé avec mon équipe, évidemment.
00:55On a renforcé nos dispositifs de sécurité, on a changé nos messageries internes,
00:59on fait preuve de la plus grande vigilance.
01:03Mais il faut être clair, vous l'avez dit, je pense que c'est des opérations de déstabilisation
01:07qui vont se multiplier tout au long de la campagne.
01:10On parle beaucoup par ailleurs de l'ingérence contre les candidats,
01:13et j'en suis victime aujourd'hui.
01:16Mais je pense qu'il y aura aussi de l'ingérence pour les candidats.
01:19Je l'ai vu à l'époque où j'étais Premier ministre, pendant la campagne des Européennes.
01:23Il y avait eu une ingérence déjà du Kremlin contre certains candidats,
01:26mais aussi en faveur de certains candidats, notamment le Rassemblement national.
01:30Il faut probablement s'attendre à la fois à ce qu'il y ait une ingérence du Kremlin
01:34contre certains candidats comme moi, mais aussi pour certains candidats comme Marine Le Pen,
01:40parce qu'elle a toujours défendu les intérêts du Kremlin et de la Russie.
01:43Ces publications disent bien que vous avez la maladie de Parkinson
01:46et que vous êtes favorable à des squatteurs ou squatteurs pour les logements vides.
01:50C'est ça que dit cette publication.
01:51Oui, entre autres, vous avez d'autres publications aussi totalement mensongères,
01:55diffamatoires, calonneuses, qui reprennent en réalité tous les codes
01:59et les logos de médias français pour véhiculer des fausses informations.
02:03Et il faut s'attendre à ce que ça se multiplie,
02:05il faut s'attendre à ce qu'il y ait potentiellement des cyberattaques également.
02:09Et encore une fois, tout ça, ce n'est pas des choses qui sont totalement artificielles,
02:12c'est très concret, puisque ça veut dire concrètement
02:15que vous avez en l'occurrence une puissance étrangère,
02:17en l'occurrence ici la Russie, qui veut voler l'élection aux Français
02:21en les empêchant de faire un choix démocratique et éclairé.
02:25Hier, à votre place, l'eurodéputé Raphaël Glucksmann a dit
02:27qu'il fallait s'en prendre aux grandes plateformes, notamment X et TikTok.
02:32Oui, il faut que les plateformes puissent retirer de manière quasi instantanée
02:37les contenus qui sont des contenus de fausses informations
02:40et qui sont relayés par des puissances étrangères pour fausser la campagne
02:43et fausser l'élection, évidemment.
02:46Alors, Gabriel Attal, la campagne vous l'a menée cet été sur le terrain.
02:49Pas de vacances pour vous, tournée estivale.
02:51Les gens que vous rencontrez, ils ont vraiment envie de parler de l'élection dans huit mois ?
02:55Oui. Moi, effectivement, j'ai décidé de passer mon été auprès des Français.
03:00J'étais hier en Vendée, avant ça dans les Yvelines,
03:03encore avant en Haute-Savoie, dans le Morbihan, en Finistère.
03:07Et je suis aujourd'hui à Château-Renard, dans le Sud,
03:10sur l'un des plus gros marchés de gros en matière de fruits et légumes,
03:14parce que je considère que quand on sollicite le suffrage des Français,
03:18quand on est candidat à l'élection présidentielle,
03:20il ne peut pas y avoir de vacances.
03:22On doit être en permanence au contact des Français,
03:24pour les écouter, évidemment, mais aussi pour leur dire ce qu'on veut pour le pays.
03:28Et donc, je suis depuis 6 heures ce matin sur le marché, ici, de Château-Renard,
03:33à échanger avec des agriculteurs, à échanger aussi avec des commerçants,
03:36avec des acheteurs, sur tous les sujets,
03:39et notamment, évidemment, sur la question des salaires et des rémunérations,
03:43qui est l'une de mes grandes priorités dans mon projet.
03:46J'ai fixé 4 chantiers capitaux, l'école, les salaires, les frontières,
03:51et l'IA, c'est-à-dire l'intelligence artificielle.
03:54Si on réussit sur ces 4 chantiers et ces 4 défis,
03:57la France peut redevenir la première puissance d'Europe en 10 ans.
04:00On va parler des salaires et de votre réforme des institutions dans un instant,
04:03mais d'abord, si vous partez aussitôt en campagne,
04:05c'est parce que vous êtes, dites-vous, frustré par 2022,
04:08lorsqu'Emmanuel Macron avait attendu le dernier moment et avait empêché toute campagne.
04:12Encore une pique au chef de l'État, ça, non ?
04:15Moi, ce que je constate, c'est qu'en 2022, il n'y a pas eu de campagne.
04:18Le président s'est représenté très tard, ce qui a empêché d'avoir de vrais débats.
04:22Il y a eu, par ailleurs, la guerre en Ukraine,
04:23qui mobilisait beaucoup l'actualité et l'information.
04:26Or, cette élection présidentielle de 2027, elle est totalement décisive pour le pays.
04:31Regardez ce qui se passe dans le monde.
04:33La réaffirmation des puissances avec les États-Unis et la Chine,
04:36le défi de l'intelligence artificielle, le dérèglement climatique,
04:40tout ça a un impact très concret sur la vie des Français
04:42et aura un impact sur la capacité de la France à rester un pays libre à l'avenir.
04:47Et donc, les choix qu'on fera en 2027 seront des choix totalement décisifs pour l'avenir.
04:51Moi, ce que je veux, c'est que les Français aujourd'hui puissent à nouveau avoir confiance dans leur pays
04:56pour que leurs enfants et leurs petits-enfants aient une meilleure vie que la leur.
05:00Malheureusement, aujourd'hui, cette confiance, elle est très largement entamée,
05:03voire elle est perdue chez beaucoup de Français.
05:05Et donc, c'est ça l'enjeu de cette élection de 2027.
05:07C'est pour ça, effectivement, que je veux que la France ait la campagne présidentielle qu'elle mérite
05:11et un vrai débat en vue de 2027.
05:14Et ce n'est pas en partant en vacances qu'on permettra qu'il y ait un vrai débat pour
05:17ces élections.
05:17Alors, vous parlez sûrement d'Edouard Philippe qui, lui, a pris trois semaines de vacances.
05:20Si vous êtes sur le terrain, c'est parce qu'il n'y a qu'un fauteuil pour deux.
05:24Ce sera vous, Edouard Philippe, et vous êtes en retard dans les sondages pour l'instant.
05:28Moi, je suis sur le terrain pour, encore une fois, entendre les Français, les écouter,
05:32leur dire ce que je veux faire pour le pays et construire les solutions avec eux.
05:35Ensuite, quand vous regardez les sondages, je suis le seul candidat en dehors des extrêmes
05:39à avoir aujourd'hui une dynamique dans les sondages.
05:41Dans tous les sondages qui sont réalisés par rapport à ceux qui étaient faits
05:44avant ma déclaration de candidature, je suis en progression et même en nette progression.
05:49Je vais reciter l'exemple d'Edouard Philippe, qui est évidemment un compétiteur
05:53pour ce qu'on appelle le centre, le bloc central.
05:55Il y a un sondage récent qui montre que l'écart entre nous,
05:59avant ma déclaration de candidature, était de 10 points.
06:01Il n'y a plus que de 3 points aujourd'hui, c'est-à-dire la marge d'erreur.
06:05Et donc, moi, je continue, tout au long de l'été, au contact des Français,
06:08à aller les convaincre, leur dire ce que je veux faire pour le pays,
06:11les écouter, évidemment, en vue de cette élection présidentielle.
06:14Il n'y a pas une minute à perdre pour réveiller cette campagne
06:17et pour convaincre les Français.
06:18Donc, il faut vous distinguer, le dépasser, mais sans trop le critiquer,
06:21parce qu'il y aura un rassemblement inévitable après.
06:24Mais vous savez, moi, plutôt que de passer mon temps à critiquer les autres,
06:27à parler des autres, je veux parler de ce que je veux faire pour le pays
06:29et parler des problèmes des Français.
06:31J'étais hier en Vendée sur un problème majeur,
06:33qui est celui des occupations illicites de terrain par des gens du voyage.
06:38J'ai été au contact des agriculteurs, de gestionnaires de camping,
06:41d'élus locaux qui sont victimes de ces occupations illicites
06:44pour construire avec eux des solutions,
06:46pour leur dire ce que je veux faire avec des solutions très radicales
06:49pour lutter contre ces occupations illicites par des gens du voyage.
06:52Ça me semble plus intéressant et correspond davantage aux attentes des Français
06:56que d'aller critiquer les uns et les autres
06:57et parler en permanence des autres candidats.
07:00Moi, ce n'est pas ma manière de faire.
07:01Parlons-en quand même, parce que Jean-Luc Mélenchon a dit à ce propos
07:03que vous découvriez le problème et que vous mettiez de l'huile sur le feu.
07:06En fait, pour Jean-Luc Mélenchon, il n'y a pas de problème.
07:10Effectivement, on a échangé sur les réseaux sociaux et sur Twitter ces derniers jours.
07:13Pour lui, ce n'est pas un problème qu'il y ait des agriculteurs
07:16qui voient leur terrain envahi par des personnes issues des gens du voyage
07:20de manière totalement illégale.
07:21Ce n'est pas un problème que vous ayez un gestionnaire de camping
07:23qui voit son camping totalement envahi avec tout ce que ça implique.
07:27Pour lui, c'est circulé, il n'y a rien à voir.
07:29Vous vous rendez compte ?
07:30Moi, je lui ai dit qu'il aille, qu'il ait le courage
07:32d'aller devant les agriculteurs, d'aller devant les élus locaux,
07:36d'aller devant les chefs d'entreprise qui sont victimes de ces occupations illicites,
07:40leur expliquer qu'il n'y a pas de problème.
07:42Alors, vous parliez dans votre programme du salaire,
07:45rapprocher le net du brut.
07:47Vous promettez aussi la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958.
07:52Alors, référendum, réduction du nombre de parlementaires,
07:54faire du maire l'élu le plus puissant.
07:56Vous avez voulu faire plaisir à tout le monde ?
08:00Non, ce que je constate aujourd'hui, malheureusement,
08:02c'est que la France glisse d'une démocratie vers une vétocratie.
08:07Je m'explique.
08:08Aujourd'hui, quand vous êtes un porteur de projet,
08:10que vous êtes un artisan, un chef d'entreprise,
08:13un élu local, un agriculteur,
08:15que vous avez un projet,
08:17malheureusement, il y a toujours des procédures administratives à n'en plus finir,
08:20toujours des recours qui vous bloquent.
08:21Et je vais vous le dire de manière très claire,
08:23un des grands échecs des dernières années,
08:26des deux quinquennats qui viennent de s'écouler,
08:28c'est de ne pas avoir réussi à sortir la France
08:30de son état de démence normative,
08:33dans lequel elle est malheureusement plongée.
08:35Et ce matin, à Château-Renard,
08:36depuis 6h du matin, j'échange avec des agriculteurs,
08:39avec des situations totalement ubuesques.
08:42Quand vous êtes un agriculteur,
08:44c'est un exemple qui m'a été donné ce matin,
08:46et que vous avez un salarié sur un marché
08:48qui vend des fruits et légumes,
08:50il fait 40 degrés,
08:51il y a l'inspection du travail
08:52qui vient verbaliser parce qu'il ne porte pas
08:54des chaussures de sécurité.
08:56Évidemment, quand il fait une chaleur comme celle-là,
08:58vous avez plutôt envie d'être en tongs.
08:59Ça prend deux heures ensuite pour l'agriculteur
09:01pour répondre à des formalités administratives.
09:03C'est insupportable.
09:04Et il faut avoir la lucidité
09:06et la transparence de dire
09:08que sur ces sujets-là,
09:09c'est un échec des dernières années.
09:11Et si on veut changer ça,
09:13il faut changer nos institutions.
09:14Pourquoi ça n'a pas été transformé ces dernières années ?
09:17Parce que malheureusement, en 2018,
09:19il a été décidé de renoncer
09:20à ce qui est pour moi la mère des réformes,
09:22c'est la réforme de nos institutions.
09:25Si le gouvernement, l'État,
09:26se concentrent sur ces sujets régaliens,
09:29c'est-à-dire la sécurité,
09:30les frontières, les programmes scolaires,
09:32et que le reste...
09:33Vous n'êtes pas le premier à vouloir réduire
09:34le nombre de parlementaires, Gabriel Attal.
09:35Mais ce n'est pas seulement réduire
09:37le nombre de parlementaires,
09:38c'est aussi donner davantage de responsabilités
09:40et de pouvoir aux collectivités locales,
09:42aux maires, comme vous l'avez dit,
09:43pour gérer les sujets de la vie quotidienne,
09:45donner les autorisations,
09:46plutôt qu'avoir Paris, l'État,
09:49qui décide de s'occuper de tout.
09:50Il faut que l'État se reconcentre
09:52sur son cœur de métier,
09:53qui a encore une fois assuré
09:54la sécurité des Français,
09:56la sécurité de nos frontières,
09:57et que sur le reste,
09:58on assume de partager le pouvoir.
09:59Et ça veut dire changer profondément
10:01nos institutions.
10:02Et c'est comme ça que les chefs d'entreprise,
10:04les agriculteurs, les élus locaux,
10:06verront la différence.
10:07C'est ma conviction.
10:08Dernière question, Gabriel Attal,
10:09une réponse courte,
10:10mais puisque vous êtes sur un marché,
10:11elle s'impose après la sécheresse en Bretagne.
10:13Le groupe agroalimentaire Breton-Eureden
10:16réclame une hausse des prix des légumes.
10:18Son président sera avec nous tout à l'heure.
10:20Il demande à la grande distribution
10:21d'augmenter les prix.
10:22Vous les soutenez ?
10:23Pour moi, il y a un principe simple et clair.
10:26Il faut que le prix soit construit
10:29sur la base du coût de production
10:31des agriculteurs.
10:32C'est très clair.
10:33On regarde les agriculteurs,
10:34quel est leur coût de production.
10:36Et ça, ça doit être la base
10:37de la construction du prix.
10:38La base de la construction du prix
10:40ne peut pas venir d'autre chose.
10:41Si on a ce principe dont je rappelle
10:43qu'il est maintenant dans la loi
10:44depuis plusieurs années,
10:45c'est la loi EGalim.
10:46Et si ce principe est respecté
10:48dans toutes les filières,
10:49évidemment qu'il y aura derrière
10:51et qu'il y a derrière
10:51une juste rémunération
10:52pour nos agriculteurs.
10:54Dans certaines filières,
10:55ça fonctionne.
10:56Malheureusement, pas dans toutes.
10:57Mais évidemment que sur la question
10:58de la rémunération de nos agriculteurs,
11:00je vous l'ai dit,
11:00je suis depuis 6h du matin
11:01à Château-Renard
11:02avec nos agriculteurs.
11:03Ça reste un sujet majeur.
11:04Et ils sont cet été, c'est vrai,
11:06victimes de la sécheresse
11:07et de la canicule.
11:08Et on en parlera à 8h15.
11:09Merci beaucoup, Gabriel Attal.
11:11Merci.
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