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  • il y a 11 heures
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:05Et on commence donc avec cette dernière information, cette garde à vue de Jean-Himbert aujourd'hui à Paris, le
00:10célèbre cuisinier, je vous le disais, est entendu depuis ce matin par la police.
00:14Chloé Giraud vous retrouve, vous êtes devant le commissariat du 16e arrondissement. Jean-Himbert donc entendu à la suite d
00:20'accusations de violences conjugales.
00:24Oui, suite à trois plaintes déposées à son encontre, d'abord par Alexandra Rosenfeld, ancienne Miss France, l'une de
00:32ses anciennes compagnes qui l'accuse de violences psychologiques mais aussi physiques.
00:36Elle avait notamment posté sur les réseaux sociaux une photo d'une radio illustrant une fracture de son nez.
00:43Il y a ensuite une autre de ses anciennes compagnes, Lila Salé, qui l'accuse aussi de violences conjugales mais
00:49aussi de séquestration.
00:51Et puis on sait qu'une troisième personne a porté des accusations à l'encontre de Jean-Himbert mais son
00:57identité n'a pas été dévoilée.
01:00C'est sur tous ces faits, toutes ces accusations que Jean-Himbert est actuellement entendue par les enquêteurs depuis ce
01:06matin ici dans ses locaux du commissariat du 16e arrondissement.
01:10Il n'a pas été interpellé, il a été convoqué pour se rendre ici à cette garde à vue et
01:15on sait qu'il est venu ici avec un certain nombre de documents, de pièces permettant d'étayer sa version
01:22des faits.
01:22C'est ce qu'ont confié ces deux avocates à BFMTV ajoutant que Jean-Himbert répondait à toutes les questions
01:29des enquêteurs.
01:31Cette garde à vue d'une durée de 24 heures pourrait être renouvelée une fois et donc durée au total
01:37jusqu'à 48 heures.
01:39Chloé Giraud avec Nils Olsen devant le commissariat du 16e arrondissement de Paris.
01:44Avec nous en plateau, Paul Conge du service police-justice de BFMTV.
01:47Bonsoir Paul.
01:48On a entendu Chloé à l'instant sur cette garde à vue aujourd'hui.
01:51Quelle est la ligne de défense au fond de Jean-Himbert ce soir ?
01:54Jean-Himbert conteste les faits.
01:56Ses avocates, Maître Laffont et Benedetti, nous ont déjà indiqué un peu plus tôt dans la journée
01:59qu'il s'était rendu à cette audition avec de nombreuses pièces, de nombreux documents qui étayent selon elle sa
02:05version des faits.
02:07C'est vrai que dès l'époque de la parution du magazine Elle, qui révélait ses allégations de ses ex
02:12-compagnes,
02:12ses avocates dénonçaient des récits biaisés et tronqués de la part de ses ex-compagnes,
02:17contredits, disait-elle, par de nombreux éléments objectifs et témoignages.
02:21Alors parmi ces éléments objectifs dont elle parle, ce sont concernant les accusations d'Alexandra Rosenfeld, l'ex-Miss France.
02:28Eh bien, elle parle de messages échangés entre elle et Jean-Himbert qui démontrerait
02:32qu'elle-même exerçait des violences psychologiques contre lui, violences verbales, insultes répétées, dénigrement.
02:38Ensuite, concernant les faits, les accusations de Lisa Saleh, l'ancienne actrice,
02:41eh bien, ses avocates expliquent que sur les faits qu'elle dénonçait,
02:45qui seraient survenus lors d'un week-end dans l'Italie en 2013,
02:48eh bien, elles arguent que Lisa Saleh, à l'époque, avait publié beaucoup de photographies sur Instagram
02:52de manière très régulière et que ça ne collerait pas avec la chronologie de la séquestration et des violences qu
02:57'elle dénonce.
02:58Voilà pour la ligne de défense.
03:00La garde à vue peut durer, vous le savez, jusqu'à mercredi matin, 48 heures donc.
03:04Maître Fanny Vial, bonsoir. Merci d'être sur ce plateau.
03:06Vous êtes avocate pénaliste au Barreau de Paris.
03:09Une des plaintes a été posée il y a plus d'un an.
03:11La garde à vue a été déclenchée, en tout cas, est en cours depuis ce matin.
03:15Est-ce que c'est un délai normal, habituel dans ce genre de procédure ou pas ?
03:20Alors, tristement habituel, oui.
03:22Est-ce qu'il faut s'en satisfaire ? Non.
03:24Je pense qu'effectivement, on est en droit d'attendre une réponse judiciaire beaucoup plus rapide,
03:28surtout lorsque l'on voit que les médias peuvent reprendre des dénonciations
03:34qui sont faites par certaines femmes publiquement, comme l'a fait Alexandra Roselfeld.
03:39Il y a aussi eu un complément d'enquête qui a été réalisé.
03:42Donc, à partir du moment où publiquement, on a accès à ces informations,
03:46qui sont des informations graves, ça concerne des infractions très graves,
03:49lourdement punies, eh bien, on devrait pouvoir avoir une réponse judiciaire plus rapide,
03:55un placement garde à vue avec un mis en cause qui puisse répondre beaucoup plus vite
03:59aux allégations et aux condamnations publiques, finalement,
04:03et aussi des victimes qui, du coup, seraient entendues beaucoup plus rapidement
04:08puisque les auteurs qu'elles dénonceraient devraient rendre des comptes beaucoup plus vite.
04:14Oui, parce que ces délais, ça marche dans les deux sens,
04:15à la fois pour les plaignantes, mais aussi pour la personne mise en cause,
04:18en l'occurrence, Jean-Hubert.
04:20Bien sûr, quand vous regardez quelqu'un qui, normalement, est présumé innocent
04:24tant qu'il n'a pas été condamné définitivement,
04:27lorsque vous regardez, là, les derniers mois,
04:29et je pense qu'on peut aller même sur une année,
04:31c'est quand même une descente aux enfers pour quelqu'un qui est mis en cause
04:34et qui est censé être protégé par des grands principes à valeur constitutionnelle
04:39tels que la présomption d'innocence.
04:41Et dans un autre côté, pardon de me recouver,
04:44mais c'est vrai que vous avez des victimes qui poussent la porte d'un commissariat
04:48extrêmement courageusement.
04:50Alexandra Roselfeld, elle explique qu'elle, elle n'avait strictement rien à gagner
04:53à pousser la porte d'un commissariat
04:55et que si elle accepte de le faire avec la reviviscence de ses traumas
05:00et de cette ancienne relation toxique et potentielles infractions commises,
05:05eh bien c'est parce qu'elle veut protéger les autres femmes
05:07et que celles qui voulaient déposer plainte soient crues,
05:11parce que malheureusement aujourd'hui, il y a une chance pour qu'elle ne le soit pas
05:15si elle est toute seule face à un personnage médiatique.
05:18Vous restez avec nous, Maître.
05:19On est en ligne avec Emmanuel Lancour, président de l'association MeToo Media.
05:24Une première réaction de votre part à cette garde à vue qui se poursuit actuellement ?
05:30Eh bien, ma première réaction, ma première pensée, en fait, elle va évidemment aux victimes.
05:36Ça, c'est une chose qui, comme le disait effectivement Maître Vial,
05:39ont le courage de porter plainte, de pousser la porte d'un commissariat.
05:45Ce n'est pas facile devant une sommité comme Jean-Habert,
05:48qui est quand même le cuisinier des stars.
05:50C'est quelqu'un qui cumule à la fois le côté star des fourneaux et star médiatique.
05:53On se souvient qu'il avait été révélé par l'émission Top Chef,
05:56qu'il a eu lui-même ses propres émissions de télé,
05:59qu'il cuisine, comme je disais, Beyoncé sont des coins, il cuisine pour eux.
06:03Et c'est quelqu'un qui était quand même chef au Plaza,
06:05qui a une notoriété, qui a un réseau.
06:07Et ma deuxième pensée, elle va pour les journalistes de Elle,
06:10qui ont sorti l'affaire Alice Augustin et Cécile Olivier,
06:13parce que c'est ce qu'on appelle une enquête d'initiative.
06:16Elles y sont allées, avec un travail extrêmement fouillé.
06:20Et je trouve ça très très fort, cette affaire qui existe depuis un an à peu près,
06:24et effectivement, je la trouve très forte.
06:26Et je me dis, on voit qu'on arrive bientôt l'année prochaine aux 10 ans de MeToo,
06:31parce que les victimes sont de plus en plus nombreuses à parler.
06:35On les croit de plus en plus, on les considère en tout cas,
06:38tout en respectant la présomption d'innocence, bien sûr.
06:41Et le changement aussi.
06:42Moi, cette affaire, elle me fait penser à l'affaire Bruel,
06:45parce qu'il y a des parallèles quand même.
06:46On a deux stars, Alexandra Rosenfeld d'un côté, Flavie Flamand de l'autre,
06:49qui témoignent d'abord anonymement, l'une dans elle et l'autre dans Mediapart pour l'affaire Bruel.
06:54Alors, pour des faits qui ne sont pas exactement les mêmes, juste pour préciser les choses.
06:58Oui, nous allons le préciser.
07:00Mais d'un seul coup, on a des femmes connues,
07:03qu'on ne peut pas accuser, comme on nous accuse souvent, nous les victimes,
07:06de vouloir faire ça pour la gloire, pour l'argent.
07:08Elles l'ont déjà, la gloire et l'argent.
07:09Et qui mettent tout en jeu, qui mettent leur carrière en jeu,
07:12leur notoriété en jeu,
07:14pour que cette affaire avance.
07:15Et je trouve ça très fort.
07:18Maître Vial, présomption d'innocence, évidemment.
07:21Mais le fait qu'il y ait plusieurs plaintes d'anciennes compagnes
07:23qui semblent aller dans le même sens,
07:24est-ce que c'est un élément, au fond, aggravant pour Jean-Himbert ?
07:27Bien sûr. En tout cas, on en tient compte.
07:31Lorsque vous avez une femme ou lorsque vous en avez trois,
07:35c'est évidemment pas pareil.
07:36Même s'il faut, toute proportion gardée,
07:39étudier chaque dossier, la matérialité
07:42de ce que l'on a ou pas, qui caractérise ou non une infraction.
07:45Il faut être extrêmement prudent.
07:47Mais bien évidemment,
07:49que lorsque vous avez une femme qui pousse la porte d'un commissariat
07:52pour des violences congégales,
07:53elle sera beaucoup plus crue.
07:55Et il y aura beaucoup plus de chances pour qu'il y ait une suite judiciaire
07:58si elle est accompagnée d'autres femmes
08:00qui décrivent exactement les mêmes procédés
08:04ou en tout cas les mêmes colères et violences d'un individu.
08:09Emmanuel Dancourt, vous êtes toujours en ligne avec nous.
08:12On voit, vous évoquiez l'affaire Bruel,
08:14qui est évidemment totalement différente.
08:17Mais malgré tout, il y a une succession, on va dire,
08:19de témoignages qui sont plus ou moins concordants.
08:23Ça, c'est des éléments que vous voyez souvent
08:25dans ces affaires, on va dire, de libération de la parole des femmes.
08:30Vous savez, MeToo Media est une association
08:31qui est née de l'affaire PPDA.
08:33Les fondatrices de MeToo Media, dont je fais partie,
08:35on est toutes plaignantes dans l'affaire PPDA.
08:37Et l'association est née il y a cinq ans.
08:39L'affaire PPDA date de 2021.
08:41On est encore à peu près dans les débuts de MeToo.
08:43On voit la différence.
08:44Nous, on est une cinquantaine à être allés voir la police.
08:47Il n'y a pas eu de contrôle judiciaire.
08:49Là, on voit Patrick Bruel, ça va très vite.
08:51Il a été mis en garde à vue.
08:52Il y a un contrôle judiciaire.
08:53Jean-Habert, on va voir ce qu'il en ressort.
08:55C'est très intéressant.
08:56C'est 24 heures qui arrivent et peut-être 48.
08:58Il arrive avec ses éléments.
09:00Il arrive avec des preuves qu'il veut amener.
09:03Les victimes ont aussi des preuves.
09:05Là, je passe à Alexandra Rosenfeld,
09:06qui a une radio de son nez cassé.
09:08Des témoignages.
09:09Ce qui est arrivé à Alexandra Rosenfeld,
09:11c'est quand même sur un plateau télé.
09:12C'est impossible qu'il n'y ait pas eu de témoins.
09:14Donc, c'est intéressant de voir comment ces affaires,
09:17comme le disait Maître Provial, ne vont jamais assez vite.
09:19Mais là, malgré tout, ça s'accélère quand même.
09:22À une époque où on se souvient que l'affaire de Pardieu,
09:24elle date de 2018.
09:26Et dans l'affaire de Charlotte Arnoux,
09:28il n'y a toujours pas de date de procès.
09:31Il y a quand même une prise en compte, je trouve,
09:34un tout petit peu plus de la justice.
09:36Et sans doute aussi parce que l'affaire Liana
09:39a brisé absolument tout le monde.
09:41Et quand il y a quelque chose qui se passe,
09:43et puis, une des preuves de ça,
09:45c'est que les associations, depuis deux ans,
09:46les associations féministes,
09:47et beaucoup, beaucoup d'avocates et d'avocats
09:49portent une loi intégrale en 140 points
09:52qui réformerait complètement notre manière
09:54d'envillager les victimes et de faire justice en France.
09:57Et elle est au calendrier parlementaire au mois d'octobre.
10:00Donc, on le dit, bon, ça avance lentement
10:03et j'espère sûrement.
10:05Merci, Emmanuel Dancourt, d'avoir été en direct ce soir
10:07sur BFM TV.
10:08Maître Vial, une dernière question.
10:10Alors, évidemment, ça dépend de la gravité des faits
10:11qui peuvent être imputés à Jean-Himbert.
10:13Mais quelles sont les peines encourues aujourd'hui en France
10:15en cas de violence conjugale ?
10:17Les peines encourues, elles sont très fortes.
10:20Après, elles sont malheureusement rarement prononcées.
10:24En tout cas, sur des profils de personnes médiatiques
10:27qui ont un casier judiciaire vierge de toute condamnation,
10:30par exemple, il y a peu de chances
10:32pour qu'une peine ferme d'emprisonnement soit prononcée.
10:36Souvent, c'est des peines mixtes qui obligent la personne
10:41à se prendre en charge, à faire des soins
10:43et à entamer une véritable réflexion
10:46sur les faits qui ont amené une condamnation.
10:48Merci, Maître Vial, d'être venu sur ce plateau.
10:50Un dernier mot avec vous, Paul.
10:52Donc, garde à vue toujours en cours.
10:54Quelles sont les suites ?
10:54Combien de temps ça peut durer pour Jean-Himbert ?
10:56Ça peut durer jusqu'à 48 heures, donc jusqu'à mercredi matin.
10:59Alors, il y a beaucoup d'incertitude sur les suites
11:01de cette garde à vue parce que ces avocats nous disent
11:03que les faits sont prescrits.
11:05Reste à voir l'analyse qu'en fera le parquet de Paris
11:07à la fin de cette garde à vue.
11:09Mais il y a trois scénarios pour lui, Jean-Himbert.
11:10Soit il est relâché sans poursuite,
11:12soit le parquet estime qu'il a suffisamment d'éléments
11:14pour le convoquer devant un tribunal,
11:16auquel cas il sera jugé à ce moment-là.
11:17Dernière option, c'est que les faits sont trop complexes
11:20et donc le parquet ouvre une information judiciaire,
11:22la confie à un juge d'instruction.
11:23Ce n'est pas le scénario le plus probable,
11:24mais en tout cas, dans ce cas de figure,
11:26il sera déféré et probablement mis en examen.
11:29Merci. Voilà ce qu'on pouvait dire ce soir
11:31sur la garde à vue de Jean-Himbert,
11:33le célèbre cuisinier.
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