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  • il y a 3 heures
Retrouvez notre émission spéciale "Violences conjugales : Jean Imbert en garde à vue", présentée par Olivier Ravanello sur BFMTV ce lundi 3 août 2026.

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Transcription
00:00Le chef Jean-Himbert est en garde à vue depuis ce matin.
00:04Le chef cuisinier qui était aux manettes de grands palaces,
00:10comme le Martinez à Cannes ou comme le Plaza Athénée,
00:13est en garde à vue depuis ce matin pour des faits de violences conjugales.
00:18Mathias, est-ce que vous pouvez faire le point sur cette garde à vue
00:21et nous rappeler les raisons pour lesquelles Jean-Himbert est impliqué ?
00:25Jean-Himbert a été convoqué ce matin dans un service de police parisien
00:30et à son arrivée dans ce service de police, il a été placé en garde à vue.
00:34Pourquoi ? Parce que l'ancien chef cuisinier est accusé par plusieurs ex-compagnes
00:40de faits de violences conjugales, en l'espèce à la fois des violences psychologiques
00:46mais également des violences physiques.
00:49On ne sait pas à ce stade de la garde à vue pour combien de plaintes
00:54Jean-Himbert est entendu en ce moment pendant cette garde à vue
00:59parce qu'il y a au moins dans cette affaire trois plaignantes, trois ex-compagnes.
01:04On peut citer par exemple chronologiquement l'histoire d'une ex-compagne,
01:09Lila Salet qui dépose plainte contre lui pour des faits de violences conjugales
01:14et de séquestration des faits datant de 2012 et de 2013.
01:19Mais dans cette affaire, il va y avoir un détonateur.
01:22C'est la plainte d'Alexandra Rosenfeld, l'ancienne Miss France
01:27qui, sur les réseaux sociaux, elle aussi, il y a plusieurs mois,
01:32a indiqué avoir été victime de Jean-Himbert.
01:34À l'époque, elle avait publié la copie d'une radiographie décrivant une fracture du nez.
01:39Elle avait également dénoncé des comportements pouvant s'apparenter à des violences psychologiques
01:44comme des brimades, du rabaissement, du mépris, mais aussi de la violence physique.
01:50Dans cette affaire, il y a une troisième plaignante dont on ne connaît pas, l'identité.
01:54C'est pour cela que Jean-Himbert a été placé en garde à vue ce matin.
01:58Une garde à vue qui peut durer de 24 à 48 heures.
02:01On verra quelles sont les orientations judiciaires qui sont prises à l'issue de cette garde à vue
02:05parce qu'il y a peut-être, dans l'ensemble de ces trois plaintes, des faits qui sont prescrits.
02:11Alors, il n'est pas dit à cette heure-ci que Jean-Himbert soit déféré,
02:15c'est-à-dire présenté à la justice à l'issue de la garde à vue.
02:18Il y a aussi une hypothèse qui consiste à penser qu'il puisse être relâché sans poursuite.
02:23Mais cela, on ne le saura pas avant la fin de sa garde à vue
02:25et une éventuelle communication du parquet de Paris.
02:27On a entendu son avocat qui a simplement expliqué que son client répondait aux questions des policiers.
02:33Est-ce qu'on sait déjà quelle est sa ligne de défense ?
02:36Oui, absolument. Dans ce petit texte que nous a transmis son avocate, maître Jacqueline Laffont,
02:41on apprend effectivement qu'il répond aux questions,
02:45mais qu'il a également en sa possession un certain nombre de documents,
02:49un certain nombre d'éléments matériels.
02:52Jean-Himbert s'est rendu à son audition avec de nombreux documents, pièces,
02:56autant d'éléments matériels solides qui étayent sa version des faits.
02:59Qu'est-ce que ça veut dire ? Quel est le sous-texte de ce message ?
03:02Ça veut dire qu'il contredit ses accusations, qu'il les nie
03:07et qu'il a des preuves, manifestement, pour étayer sa version des faits à lui.
03:13C'est souvent le cas dans ce genre de dossier.
03:15C'est version contre version.
03:18On verra si les preuves qu'il dit avoir apportées ont été de nature
03:22à convaincre à la fois les enquêteurs,
03:25mais aussi le parquet qui a, rappelons-le, l'opportunité des poursuites.
03:28– Nous sommes en direct avec Iseline Fortique-Ducarne.
03:32Pardon, vous êtes avocat au barreau de Paris
03:34et coprésidente d'Ensemble contre le sexisme.
03:38Bonjour madame.
03:40– Bonjour.
03:41– Il y a eu une grande médiatisation autour de cette affaire Jean-Himbert,
03:46de nombreux articles et témoignages qui ont aussi témoigné
03:49de sa personnalité en cuisine.
03:52Est-ce que vous voyez dans cette nouvelle affaire
03:54une nouvelle illustration d'une forme de complaisance
04:00qui a pu accompagner, protéger, entourer une personnalité médiatique ?
04:04– Oui, je pense qu'il y a une forme de complaisance.
04:09En tout cas, il y a une protection qui est attachée à la notoriété,
04:13à la célébrité, à la sympathie dont dispose Jean-Himbert dans l'œil du public
04:18et que cette protection finalement qui est tirée du fait
04:23qu'il est extrêmement connu, extrêmement présent sur les réseaux sociaux,
04:26qu'il a toujours essayé de construire un personnage particulièrement sympathique
04:31et avenant, a pu naturellement, en tout cas non pas empêcher
04:37les personnes qui allèguent avoir été victimes de violences,
04:40de portées plaintes, mais en tout cas se poser beaucoup de questions
04:42quant au traitement médiatique et au traitement finalement social
04:47qui pourrait avoir lieu à la suite de ces dénonciations.
04:50C'est quelque chose qu'on observe régulièrement
04:51quand on voit être mis en cause des personnes particulièrement connues.
04:56– Est-ce que, selon vous, la personnalité de Jean-Himbert,
05:01le milieu dans lequel il évolue et les voix qui finissent par se faire entendre
05:07sont suffisamment organisées ?
05:10J'entends par là, est-ce que la nécessité de rentrer
05:13dans un processus judiciaire, de déposer une plainte
05:16est suffisamment entendue par les femmes
05:19qui sont victimes de personnalités comme lui ?
05:22– Écoutez, nous, c'est le travail, en tout cas,
05:26c'est le militantisme, en tout cas, qu'on développe
05:28au sein des associations féministes.
05:30On essaie toujours de dire aux victimes qu'elles ne sont pas seules,
05:33qu'elles seront accompagnées tant par les associations
05:36que par les pouvoirs publics que nous appelons, d'ailleurs,
05:40nous les appelons en permanence à faire preuve de davantage d'exemplarité
05:43sur la prise en compte des violences sexuelles et sexistes.
05:47Donc, moi, je pense que c'est un signal très fort qui est envoyé.
05:50Dire qu'il n'y a plus d'intimité, dire qu'y compris les célébrités
05:54peuvent être mises en cause pour des faits de violences extrêmement graves,
05:58c'est aussi rendre service à l'ensemble des victimes de violences conjugales
06:02dans notre pays qui voient un processus judiciaire être mis en œuvre
06:07face à quelqu'un dont on aurait pu penser qu'il était très protégé
06:10par sa notoriété.
06:10Donc, c'est un très bon signal, en tout cas, qui est envoyé aujourd'hui.
06:13Il y a aussi quelque chose qui revient assez régulièrement
06:16dans les affaires qui concernent des personnes très médiatisées.
06:20C'est le fait que beaucoup de victimes disent
06:22« Au final, je vais m'exposer, je vais, moi, sortir de l'anonymat
06:26et peut-être en payer un prix très lourd
06:29sans forcément que la justice soit au rendez-vous,
06:32sans forcément que la justice passe. »
06:35Il y a énormément, on le sait, de non-lieu dans des affaires
06:37de violences sexistes et sexuelles.
06:41Comment arriver et comment faites-vous
06:43pour convaincre celles qui viennent vers vous
06:47qu'il n'est pas inutile, il n'est pas vain de porter plainte ?
06:51Il y a deux éléments dans votre question.
06:54Je vais répondre en deux points.
06:56Le premier, c'est la question des moyens
06:58qui sont employés au service public de la justice
07:01pour accompagner les femmes qui sont victimes
07:04de violences sexuelles et sexistes.
07:05Et c'est tout l'objet, finalement, de la mobilisation
07:07que nous menons avec la coalition féministe et enfantiste
07:11pour une loi intégrale contre les violences faites aux femmes
07:13et aux enfants.
07:14C'est tout l'objet du travail de sensibilisation
07:16qu'on mène au quotidien, aux côtés des victimes,
07:19pour les victimes.
07:21Leur dire qu'effectivement, la notoriété
07:24de leur agresseur peut, en quelque part,
07:27les décourager et qu'effectivement,
07:29elle risque d'être davantage l'objet de cyberharcèlement
07:33parce que c'est quelque chose qu'on observe extrêmement souvent
07:35quand il y a des dénonciations de violences,
07:37en particulier quand les auteurs,
07:39enfin, quand les personnes mises en cause
07:41sont des personnes connues.
07:42Et attendez, juste une toute petite seconde,
07:44excusez-moi.
07:46Oui, bien sûr.
07:47Excusez-moi, je suis au cabinet,
07:49l'interview s'est fait un petit peu...
07:50Mais je vous en prie, merci de prendre du temps pour nous.
07:53Non, non, je vous en prie,
07:54mais je ne voulais pas interrompre le travail des équipes à côté.
07:57Donc ça, c'était la première chose.
07:58Et la deuxième chose,
08:00c'est la question de la place, finalement,
08:03des victimes dans la procédure.
08:04Parce que nous, ce qu'on ne cesse de répéter aux victimes
08:06qui dénoncent les violences sexuelles et sexistes
08:08qu'elles ont subies,
08:11c'est qu'elles doivent être maîtresses
08:14de leur processus judiciaire.
08:16Parce que, finalement, le fait de signaler ces faits à la justice,
08:20le fait de signaler ces faits à la police,
08:22le fait de refuser que l'impunité continue d'avoir droit de citer,
08:25eh bien, c'est un processus de reprise du pouvoir sur leur vie.
08:29Pouvoir que les hommes auteurs de violences,
08:32dont les hommes auteurs de violences,
08:33ont cherché à les priver lorsqu'ils se sont attaqués à elles.
08:36Excusez-moi.
08:37Merci beaucoup, Maître, d'avoir répondu à nos questions
08:39et d'avoir pris un peu de temps pour nous éclairer dans votre journée.
08:43Une dernière question, Mathias.
08:45Jean-Himbert est en garde à vue depuis ce matin.
08:49Ça peut durer combien de temps ?
08:50Et quelle serait la suite potentielle de la procédure ?
08:54Alors, une garde à vue, c'est 24 heures,
08:55renouvelable une fois, donc jusqu'à 48 heures.
08:58On pourrait savoir ce soir si, effectivement,
09:00la garde à vue est prolongée de 24 heures supplémentaires,
09:02auquel cas elle pourrait se terminer demain soir.
09:05Et à l'issue de cela,
09:06eh bien, on saura quelle est l'orientation judiciaire qui est prise.
09:10Est-ce qu'il est présenté à la justice en vue, par exemple,
09:14d'une mise en examen dans le cadre d'une éventuelle ouverture d'informations judiciaires ?
09:17Ou est-ce qu'au contraire, il est remis en liberté sans poursuite,
09:22par exemple, pour raison de prescription ?
09:25Ce sont les deux hypothèses les plus probables dans cette affaire.
09:29Merci beaucoup.
09:30On suit évidemment cette affaire et cette information
09:33tout au long du reste de la soirée sur BFM TV.
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