00:00Utilisation massive des drones par les Ukrainiens mais aussi par les Russes.
00:03Et on va vous montrer une carte qui montre cette ampleur de cette utilisation des drones par les Russes
00:08avec cette carte, regardez, de l'Institut international d'études stratégiques
00:13qui a mené une grande enquête sur, je cite, la campagne de drones russes sur l'Europe.
00:18Et on voit sur cette carte, Mauthauser, 144 incidents suspects
00:22qui ont visé entre août 2024 et février 2026
00:26des sites militaires, des installations sensibles sur le territoire européen.
00:31Tout à fait. Alors peut-être le chiffre à rappeler effectivement
00:33sur cette plus de centaines de survols identifiés,
00:37c'est qu'il y a une accélération déjà à partir de mi-2025.
00:39Ça veut dire que la plupart de ces survols en réalité ont lieu depuis fin 2025-2026.
00:43Ça veut dire quelque chose qui est quand même très récent,
00:45un phénomène en tout cas qui s'amplifie avec un multiple fois 22 entre 2025 et 2024.
00:50L'autre point qui est important à rappeler en termes de nuances aussi,
00:52c'est que ces survols sont pour l'instant la plus grande hypothèse
00:55et qu'ils sont attribués à la Russie, qui est on va dire le coupable idéal
00:58et qui a le plus de mobiles.
00:59Et beaucoup d'indices quand même le prouvent,
01:00notamment le survol du Charles de Gaulle à côté de Malmö en Suède,
01:03où le porte-avion Charles de Gaulle a été survolé par un drone
01:08dont on a vu qu'il avait pris départ depuis un navire de renseignement russe.
01:13Mais dans beaucoup de cas, pour autant,
01:15les preuves ne sont pas en tout cas formelles, définitives,
01:18pour attribuer ces survols à la Russie.
01:20Un point extrêmement important que les téléspectateurs observeront sur la carte,
01:23c'est les petits carrés verts qui représentent donc les cibles militaires
01:26et qui sont, je crois, plus de la moitié du total de ces survols,
01:29qui donnent quand même une information intéressante,
01:30c'est que si ces survols sont bien attribués et attribuables à la Russie,
01:33ce qui intéresse les Russes, en tout cas le renseignement russe,
01:36c'est de cartographier, identifier les temps de réponse,
01:38identifier peut-être la manière dont répondent les Européens,
01:41notamment sur leur base militaire,
01:43avec ça ce qui n'apparaît pas sur la carte,
01:44mais des survols qui concernent en grande partie
01:46la dissuasion militaire ou française, par exemple,
01:48à l'île Longue en Bretagne.
01:49– À l'île Longue ici, on voit ici, au Finistère.
01:51– Exactement, sur la partie bretonne,
01:53mais également des sites de la dissuasion nucléaire de l'OTAN,
01:57donc en tant qu'institution, et donc de la dissuasion nucléaire américaine.
02:00– Mais que cherche à faire la Russie ?
02:01C'est une forme de déstabilisation dans une zone un peu grise, d'ambiguïté ?
02:05– Je pense qu'il y a probablement trois réponses,
02:07d'ailleurs c'est ce qu'évoque le rapport de l'ISS,
02:10dont je vais me référer à leur postulat et aussi à notre analyse à nous.
02:14Première possibilité, c'est effectivement d'essayer de comprendre
02:17comment réagissent les Européens,
02:18notamment les forces armées allemandes et françaises
02:20qui sont particulièrement visées,
02:21c'est-à-dire voir exactement, par exemple,
02:23le type de brouillure qui va être employée,
02:24la manière dont la chaîne de décision décide ou non
02:26d'envoyer de l'aviation de chasse pour abattre des drones, etc.
02:29Ce qui est une information qui est extrêmement intéressante
02:31pour le renseignement russe sur la manière dont fonctionnent
02:33les Européens et leur défense.
02:34La deuxième possibilité, c'est effectivement de cartographier
02:36très concrètement les installations militaires, civiles,
02:39maritimes, industrielles,
02:40pour comprendre concrètement qu'est-ce qu'il y a au sol.
02:42Le renseignement satellite donne beaucoup d'informations,
02:44mais typiquement, pour savoir exactement ce qu'il y a
02:46très proche du sol à l'île longue,
02:48un drone est évidemment plus efficace.
02:49Et le troisième point, qui est peut-être le plus important
02:51et d'ailleurs auquel on participe un peu indirectement,
02:54c'est créer un débat, une psychose potentielle aussi
02:57chez les Européens, c'est-à-dire une arme de guerre psychologique
02:59pour générer des réactions parfois disproportionnées
03:02des États qui vont se dire
03:04« Ok, on est survolé par des drones potentiellement hostiles »
03:06et donc avoir une réponse derrière qui peut être disproportionnée,
03:08en tout cas qui génère des dissensions de la polarisation
03:10dans les sociétés européennes.
03:11On va s'arrêter encore sur cette carte,
03:13je me rapproche un petit peu, c'est vrai qu'on voit
03:14beaucoup de carrés verts ici au niveau de l'Allemagne,
03:17du Luxembourg, des Pays-Bas.
03:19La France est, semble-t-il, moins touchée,
03:21est-ce à dire que ces pays-là sont plus vulnérables,
03:23moins bien protégés ?
03:25Alors, je pense que le fait que les survols
03:27se concentrent déjà beaucoup sur l'arc,
03:29on le voit de la mer du Nord, mer Baltique, de la Manche,
03:32est assez expliquable, parce que vous savez
03:33qu'une partie des survols sont attribués à des drones
03:35qui pourraient avoir décollé des navires
03:37de la flotte fantôme russe,
03:39qui du coup gravite dans cet axe maritime,
03:42et ce qui justifie du coup que beaucoup des survols
03:43sont quand même entourés, on va dire,
03:46et concentrés autour de cet axe maritime.
03:48Pour autant, et je vais peut-être nuancer sur la France,
03:50effectivement, il y a eu moins de survols
03:51qu'en Allemagne ou qu'en Belgique,
03:52ou même qu'au Danemark,
03:54mais des survols qui sont quand même fondamentaux
03:56et relativement graves,
03:57du point de vue de l'autorité française,
03:58puisque l'un de ces survols concerne
04:00la base de Creil,
04:02donc qui est, je pense,
04:03sur le carré vert qui est autour de Paris,
04:05qui est une base de renseignements militaires français,
04:07importante, l'une est plus importante,
04:08et l'autre, donc, la base de l'île Longue,
04:09qui est le cœur de la dissuasion nucléaire
04:12de la marine française.
04:13Donc, quand même, des survols qui posent question,
04:15et j'insiste aussi sur un point,
04:16c'est que cette carte, donc,
04:18n'a attesté, n'a illustré,
04:20n'a cartographié que les survols, on va dire,
04:22les plus évidents,
04:23et ceux où il y a une très forte suspicion
04:24qu'ils sont d'origine russe
04:25parce qu'un pattern se dessine.
04:28Pour autant, il y a énormément d'autres survols
04:29qui ne sont pas listés,
04:30qui sont pourtant évoqués dans l'étude,
04:32et qui, du coup, posent question,
04:33notamment sur énormément de bases françaises,
04:35de plus petites envergueurs,
04:36qui ont aussi été survolées,
04:37et ça, dans beaucoup d'autres pays européens,
04:39y compris au Portugal, en Espagne,
04:41en Irlande, etc.
Commentaires