00:08Toute la discographie d'Egna, bonjour.
00:11Vous pouvez très simplement m'appeler Egna, ça ira très bien.
00:14Ah oui, mais alors moi je reçois des tubes, madame.
00:16C'est le concept de l'émission, rencontre avec un tube, même si personne ne l'a compris ce concept,
00:20j'y tiens.
00:20Vous savez, les gens ne connaissent pas vraiment mes titres.
00:23On arrive à la fin d'un cours de yoga, la prof dit « allez, position du cadavre, on se
00:27met un petit Egna ».
00:29Alors moi, je vais vous surprendre, mais je connais tous vos titres et mon préféré, je crois que c'est
00:33« C'est Noël ».
00:34C'est Noël, c'est Noël, c'est Noël, c'est Noël, c'est Noël.
00:37Non, alors ça c'est « S-A-I-L-W-A-Y », ça veut dire « prendre le
00:42large » en anglais.
00:43Mais c'est pas vrai ! Et vous étiez contre quoi quand vous chantiez « Aménon » ?
00:49Aménon, Aménon, non, non, Aménon.
00:52Non, alors ça c'est Aménon, et c'est pas moi, c'est ERA.
00:57Aménon.
00:58Ah ben si ! Et le logo Carrefour, c'est pas une flèche, c'est un « C » en
01:03surimpression.
01:04Mais ta gueule ! Mais pardon, je n'en reviens pas, mais je reprends l'interview.
01:08Vous êtes la bande-son officielle de la rêverie mélancolique depuis plus de 35 ans.
01:12Ça fait quoi d'accompagner autant de gens dans un état de semi-comma ? Est-ce que c'est
01:14pas déprimant à un moment ?
01:16Oh, mais détrompez-vous ! Moi j'ai des fans très très dynamiques.
01:19Par exemple ?
01:20Vladimir Poutine.
01:21J'ai rien entendu. Non mais sérieusement, les gens vous écoutent plutôt coucher.
01:24Moi, par exemple, hier après-midi, je me suis fait épiler le maillot intégral.
01:27Bah, vous êtes passés en boucle.
01:28Et j'imagine que je vous ai vraiment aidé à vous détendre, non ?
01:31Non, pas du tout. J'ai pété les plombs.
01:32À la quatrième bande, j'ai supplié les céticiennes de mettre Vianney, j'en pouvais plus.
01:35Et bah c'est impossible, donc j'ai dû vous écouter jusqu'au bout du sillon interfécier.
01:38« Jusqu'au bout, au bout du siffre, jusqu'au bout, au bout du siffre, jusqu'au bout, au bout
01:44du siffre. »
01:46Je suis sous licence exclusive, mondiale, avec Epil 2000.
01:51C'est marrant, Enia, parce que sous vos abords New Age, féminité évanescente, je sens une redoutable femme d'affaires.
01:57À l'instant où je vous parle, je suis dans un diaporama de départ à la retraite à Budapest,
02:03au Marineland d'Antibes, pendant la Corée des Dauphins, et dans huit camps d'entraînement en Corée du Nord.
02:09Je peux vous dire un truc ?
02:10Oui, je vous en prie.
02:11Vous me dégoûtez un peu.
02:13Pas de problème.
02:14Non mais parce que pour les gens, je ne sais pas, vous êtes synonyme d'évasion poétique, de liberté de
02:17rêver, d'enfant intérieur,
02:18et en fait, vous êtes juste intéressé par le fric.
02:20Bon, il va se calmer Olivier Besancenot !
02:25Écoutez, moi je fais du bien aux gens, je suis juste là pour ça, pour apaiser, pour détendre, pour leur
02:30faire du bien.
02:30Ouais, moi je suis tendue, pardon.
02:32Quand je vous vois la votre coupe de cheveux, je suis tendue comme un string sorti d'usine.
02:35Vous savez à qui vous ressemblez ? Vous ressemblez à Sophie d'avant, mais d'après.
02:38Voilà, la période émo.