- il y a 13 heures
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00:00Sabrina Medjeber est avec nous, Georges Fenech, Arnaud Benenetti et Pierre-Marie Sèvres.
00:04Bonjour à tous les quatre et ravi de vous retrouver en ce vendredi matin.
00:09Plaisir également de retrouver Christian Pinaudot.
00:11Vous êtes expert des incendies et des feux de forêt.
00:13Vous êtes un élément majeur ce matin parce qu'on a besoin de comprendre cette situation chaotique en Gironde
00:20où 8700 hectares ont été ravagés par les flammes.
00:23Ce matin, la préfecture a ordonné l'évacuation de l'ensemble de la presqu'île du bassin d'Arcachon.
00:30Village après village, de Claouet jusqu'à la pointe du Cap-Ferret.
00:35On a une évacuation par bateau en cours à la jetée d'Arcachon depuis la presqu'île du Cap-Ferret.
00:43On verra cela en image, mais on imagine que c'est plusieurs dizaines de milliers de personnes
00:48qui vont être évacuées le plus rapidement possible.
00:558700 hectares réduits en cendres, c'est une fois, quasiment deux fois la superficie de Bordeaux.
01:02C'est plus d'une fois la superficie de Nice.
01:04C'est comme si 83% de la superficie de la capitale Paris était réduite en cendres
01:12ou encore 36% de Marseille.
01:15C'est dire la puissance de cet incendie.
01:18Le lieutenant David Marcy est également avec nous.
01:20Vous êtes membre de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
01:24Je vais me tourner vers vous, bien évidemment.
01:26Lieutenant, merci d'être en direct pour l'heure des pros sur CNews et sur Europe 1.
01:31Qu'est-ce que vous pouvez nous dire à 9h02 ce matin ?
01:34Quelle est la situation sur place ?
01:38La situation, elle est celle que vous décrivez depuis hier.
01:43C'est-à-dire que c'est compliqué.
01:45Aujourd'hui, elle atteint des points qui sont sensibles pour nous
01:48puisque ça atteint le milieu urbain.
01:51Et donc effectivement, c'est pour ça qu'on ordonne des évacuations.
01:55En tout cas, le préfet ordonne des évacuations.
01:57Cependant, il faut décoréler les images dramatiques du feu.
02:00Et les évacuations, puisqu'on a l'impression que c'est vraiment fait dans l'urgence
02:05et de manière désordonnée alors qu'il n'est pas du tout le cas
02:08puisqu'il y a des consignes qui sont données,
02:12des procédures qui sont respectées pour évacuer en ordre, calmement,
02:18avant éventuellement que potentiellement, il se peut, probablement, que le feu arrive.
02:23Mais ce n'est pas une certitude.
02:24Donc, il vaut mieux prévenir que guérir.
02:26Donc, on évacue.
02:29C'est-à-dire que vous dites que c'est de la prévention
02:31et que c'est une opération qui est pensée, anticipée par les autorités.
02:37Et la question que je me posais, c'est est-ce que, dans cette région,
02:41s'était déjà arrivée une telle évacuation ?
02:43Parce que je regardais dans cette presqu'île du Cap Ferret,
02:46habituellement, vous avez 8 à 9 000 habitants qui vivent à l'année.
02:50Sauf que l'été, on est en plein été, vous avez parfois 70 à 80 000 personnes
02:56qui séjournent là-bas.
02:59Vous savez, depuis ce qui s'est passé en 2022,
03:04les autorités locales ont pris les mesures nécessaires.
03:08C'est-à-dire qu'effectivement, ils se sont dit,
03:10si ça devrait arriver, comment on s'organise ?
03:12Tout le sujet de l'anticipation, de la prévention, de la prévision
03:16au cas où on devrait faire face à cette situation,
03:19qui aujourd'hui, du coup, ils font face.
03:21Et c'est là où on met en place tous les dispositifs
03:24qui ont été réfléchis en amont
03:25pour éviter cette fameuse prise de panique
03:28qui peut malheureusement, du coup, apporter un drame.
03:32D'où la nécessité de le faire dans le calme
03:35et de rassurer la population sur ces évacuations.
03:38Vous avez parlé justement de l'incendie de 2022 en Gironde.
03:44Je rappelle que, par exemple, à la teste de Bûche et Landiras,
03:48c'était plus de 20 000 hectares qui avaient brûlé.
03:51On est quasiment quatre ans jour pour jour
03:54puisque le début des incendies datait du 12 juillet 2022.
03:58On avait eu l'évacuation sur l'ensemble de l'été 2022
04:01de près de 50 000 personnes.
04:031 300 pompiers étaient mobilisés au plus fort des incendies
04:08avec des moyens aériens très importants.
04:11Est-ce que cet incendie en 2026, quatre ans plus tard,
04:15est plus ou moins virulent qu'il ne l'était en 2022 ?
04:21Vous savez, ce qui fait qu'un incendie soit virulent,
04:24c'est comme on le dit depuis toujours,
04:26ça va être la force du vent.
04:28Cependant, avec un peu de chance, on a des orages qui arrivent.
04:32Avec encore un peu de chance, ils vont tomber au bon endroit.
04:35Et après, avec moins de chance, on aura des orages secs, très venteux,
04:38qui peuvent encore faire évoluer le feu de façon défavorable.
04:43C'est la question du vent aussi,
04:45qui est aujourd'hui le premier ennemi des pompiers mobilisés.
04:50On a appris également ce matin que la sécurité civile,
04:54que les autorités publiques appelaient à la mobilisation aussi de l'Union européenne.
04:59Qu'est-ce que ça veut dire, lieutenant ?
05:01Et merci encore une fois de nous apporter toutes ces précisions.
05:03Je rappelle que vous êtes membre de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
05:09Alors, l'aide de l'Union européenne est toujours la bienvenue,
05:11puisque quand d'autres pays de l'Union européenne a besoin de la France,
05:16la France sait répondre.
05:18Cependant, j'ai envie de dire que la réciprocité est juste tout à fait normale.
05:22Et puis, voilà, c'est un mécanisme qui est à notre disposition,
05:25qui est à la disposition.
05:26Et donc, du coup, il faut s'en servir, bien évidemment.
05:29En termes de moyens techniques, aujourd'hui,
05:32qu'est-ce que vous avez de plus que vous n'aviez pas en 2022, lieutenant ?
05:39Alors, ce qu'on a de plus aujourd'hui, vous savez,
05:41les moyens techniques, la nouvelle technologie va très vite.
05:44Aujourd'hui, on a, pour vérifier des points chauds, on a des drones,
05:47puisque la nuit, nous n'avons plus de moyens aériens.
05:49Donc, du coup, c'est les drones qui se mettent en action.
05:53Ça nous permet d'avoir une vision de haut de ce qui se passe en bas.
05:57Donc ça, c'est vraiment un plus.
05:59Les détections d'incendies, puisqu'il faut rappeler aussi que, voilà,
06:03heureusement, nous n'avons que quelques pourcents,
06:06à peine 3% d'incendies qui prennent ces ampleurs sur le territoire,
06:10puisque 95 à 97% des incendies sont arrêtés à moins de 5 hectares.
06:15Et ça, c'est grâce à notre doctrine,
06:17donc l'attaque massive sur feu naissant.
06:20Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, potentiellement,
06:23on parlait de la flotte aérienne de l'Union européenne,
06:25et bien, elle va pouvoir s'inscrire dans le dispositif national,
06:28qui, potentiellement, aujourd'hui, va peut-être devoir nous amener
06:31à aller quitter le chantier de Gironde ou dans les Landes
06:35pour aller attaquer un feu naissant,
06:37pour éviter de se retrouver avec un 4e, 5e chantier d'importance.
06:41D'expérience, David Macri, est-ce que vous pouvez nous dire
06:45quand est-ce que les pompiers,
06:47qui font un travail admirable sur le terrain,
06:50arriveront à maîtriser cet incendie qui frappe la région du Cap-Ferret ?
06:57Vous savez, on dit qu'un incendie,
06:58quand on parle d'un incendie,
07:00c'est un événement qui est incontrôlable dans le temps et dans l'espace.
07:04Donc, qui serait bien malin de vous dire aujourd'hui,
07:06demain ou après-demain, ce sera terminé ?
07:09Ce ne sera pas mon cas, en tout cas.
07:12C'est pour ça qu'il faut être vraiment très prudent,
07:14et il faut être humble,
07:15puisque, comme on le sait chez les pompiers,
07:18on le sait très bien,
07:19un feu peut très bien être contenu,
07:21regardez ce qui se passe dans le Var,
07:23pour autant, il n'est toujours pas fixé.
07:24Pourquoi ?
07:25Puisqu'encore une fois, le vent attise,
07:27et c'est pour ça qu'on en appelle à toute la vigilance des concitoyens,
07:31puisque, au-delà de ces interventions,
07:34j'aime aussi rappeler que nous assurons aussi le quotidien,
07:37et ça veut dire que, voilà,
07:38les interventions s'enchaînent.
07:42Très rapidement,
07:43et ce sera ma dernière question,
07:45mais c'est aussi pour nous,
07:46le commun des mortels,
07:48on a du mal à comprendre,
07:50on est sidéré par cette virulence,
07:52et la rapidité avec laquelle cet incendie se propage,
07:56puisque, hier soir, encore très tard,
07:59dans la nuit, on parlait de 4800 hectares,
08:01qui étaient réduits en cendres,
08:02et on est passé de 4800 hectares à 8700 hectares.
08:07Donc, on a quasiment doublé ces feux en l'espace de quelques heures.
08:14Est-ce que vous pouvez nous expliquer
08:16comment ça a pu aller aussi vite cette nuit, le lieutenant ?
08:20Alors, il y a probablement beaucoup de paramètres.
08:24Là, on voit, par exemple,
08:26que ça va toucher un milieu urbain.
08:28Donc, la priorité des pompiers,
08:30ça va être de sauvegarder les personnes et les biens.
08:34Et dans un deuxième temps,
08:36ou pardon, dans un troisième temps,
08:37ça va être l'environnement.
08:39Donc, potentiellement, que l'environnement,
08:41dans un premier temps,
08:42on ne va pas dire qu'il n'est pas mis de côté,
08:44mais ce n'est pas une priorité absolue.
08:45Donc, c'est pour ça que ça peut aller vite.
08:47Ensuite, il y a le vent.
08:48Le vent qui vient pousser ces feux, les attisés.
08:54Et enfin, la nuit, c'est aussi plus compliqué.
09:00On manque de visibilité.
09:01Les opérations, elles peuvent être dangereuses.
09:02Donc, il y a aussi la sécurité des intervenants à assurer.
09:05Il ne faut pas faire n'importe quoi.
09:07Et si vous voulez,
09:08tous ces paramètres sont mis dans un chapeau.
09:12Et ce n'est pas du tirage au sort.
09:14C'est-à-dire que c'est réfléchi.
09:15Et on va dire que c'est posé par les commandants
09:18des opérations de secours
09:19qui va prioriser les actions.
09:21Et donc, oui, ça peut aller très vite.
09:23Ça peut aller très fort.
09:23Il y a aussi le fait que la végétation a très souffert
09:26par les canicules à répétition.
09:29Et puis, il y a le combustible.
09:32Un pain, c'est facteur d'essence.
09:35Et donc, automatiquement,
09:36de l'inflammation et de l'auto-inflammation
09:38qui est importante.
09:39Et vous avez raison de préciser
09:41que les autorités,
09:42les pompiers qui sont sur le terrain
09:44font de la protection des personnes
09:46la priorité absolue.
09:47Et quand on parlait des incendies en juillet 2022,
09:50c'était des incendies inédites
09:52par leur virulence
09:53et le nombre d'hectares qui ont été brûlés.
09:56Il faut noter qu'il y a eu
09:58zéro blessé
10:00chez les civils.
10:03En revanche, d'ailleurs,
10:05c'est au péril de la sécurité des pompiers
10:09qui, au péril de leur vie,
10:11sont allés nous sauver
10:12puisque 25 blessés
10:13étaient recensés du côté des pompiers
10:16en 2022
10:17et que déjà, depuis le début de l'été,
10:19on recense cette année
10:20trois pompiers qui sont décédés.
10:23Vous avez appelé à l'humilité,
10:24David Macri.
10:26Est-ce que...
10:27J'ai manqué une question.
10:29Est-ce que vous souhaitez préciser quelque chose
10:31dont nous n'avons pas parlé ce matin
10:33avec vous, lieutenant ?
10:35Oui, tout à fait.
10:36En termes d'humilité,
10:37cependant, voilà,
10:38il y a ce qui se voit,
10:39on le dit toujours,
10:40il y a ce qui se voit,
10:41ce qui brûle,
10:42le nombre d'hectares,
10:42le nombre de maisons potentiellement touchées.
10:44Mais vous le rappelez,
10:45aujourd'hui,
10:46j'ai envie de dire
10:46que les opérations,
10:47elles se passent bien.
10:48Pourquoi ?
10:48Parce qu'il y a zéro personne
10:50et on croise les doigts
10:51pour que ça n'arrive pas.
10:52Pour l'instant,
10:52il n'y a pas de blessés,
10:53il n'y a pas de morts
10:54sur cet incendie
10:55au niveau de la population.
10:57Malheureusement,
10:58on paye un lourd tribut
10:59au niveau de nos troupes
10:59et qui est dramatique.
11:02Il faut rappeler
11:03cette valeur
11:04qu'on a dû sauver,
11:05c'est-à-dire qu'effectivement,
11:06on a peut-être
11:0730, 40, 50 maisons
11:08qui ont brûlé,
11:09mais combien n'ont pas brûlé ?
11:10On a des hectares
11:11qui ont brûlé,
11:11mais combien n'ont pas brûlé
11:12grâce à l'action
11:13qui sont menée
11:14sur les terrains
11:15tous les jours
11:16et que ce soit
11:16du 1er janvier
11:17au 31 décembre.
11:18Ce n'est pas uniquement
11:19pendant cette saison
11:21de feux de forêt
11:21ou quand les feux de forêt
11:22prennent une ampleur importante
11:23puisque, je rappelle,
11:2597, 95, 97% des feux
11:27sont éteints très rapidement.
11:29Pourquoi ?
11:30Parce que nous sommes mobilisés
11:31sur l'ensemble du territoire
11:32grâce à notre modèle
11:33de sécurité civile
11:34puisque ça aussi,
11:35c'est important.
11:36Si on peut déployer
11:37autant d'hommes sur le terrain,
11:38c'est grâce à notre modèle
11:39puisque 80% des sapeurs-pompiers
11:40sont des sapeurs-pompiers volontaires
11:42et quand on pose la question
11:43« Y a-t-il des volontaires
11:44sur les incendies ? »
11:46Mais il y a des volontaires
11:47de partout sur le territoire
11:48qui interviennent tous les jours
11:50et donc c'est important
11:51de mettre en avant
11:52et c'est important aussi
11:53de remercier les entreprises
11:54qui permettent de libérer
11:56leurs collaborateurs
11:57pour pouvoir servir la nation
11:59puisque ça aussi,
12:01c'est un geste
12:01qu'il faut souligner
12:03puisque souvent,
12:04on ne parle que
12:04de ce que l'on voit
12:05mais on a beaucoup
12:06de ce que l'on ne voit pas
12:07comme nos personnels mécaniciens,
12:09nos personnels administratifs
12:10et techniques
12:11qui permettent aux gens
12:12d'aller sur le terrain.
12:14Eh bien écoutez,
12:15merci beaucoup
12:15le lieutenant David Macri,
12:17membre de la Fédération nationale
12:18des sapeurs-pompiers de France
12:19pour votre témoignage ce matin.
12:21On a eu une pensée
12:21évidemment pour les pompiers
12:22qui sont mobilisés.
12:23Je le dis aux auditeurs d'Europe 1
12:25et aux téléspectateurs
12:26de CNews,
12:27il y a une réunion de crise
12:28du côté du ministère
12:29de l'Intérieur
12:30avec une prise de parole
12:31annoncée aux alentours
12:33de 9h20,
12:349h30
12:34du ministre de l'Intérieur
12:36Laurent Nunez.
12:37Je rappelle que l'information
12:40de ce matin,
12:40c'est la volonté
12:42d'évacuer progressivement
12:44la presqu'île
12:45du bassin d'Arcachon
12:47de la commune
12:49ou du village
12:50de Claouet
12:51jusqu'au Cap Ferret,
12:53la pointe du Cap Ferret.
12:55Ça concerne donc
12:56une dizaine
12:57de villages
12:59sur cette presqu'île.
13:01Il faudra demander
13:02le nombre exact
13:03de personnes
13:03qui vont devoir
13:04être évacuées
13:05mais potentiellement
13:06en plein été.
13:07C'est plusieurs dizaines
13:09de milliers de vacanciers
13:10qui sont présents.
13:11Et quand on voit
13:12cette image,
13:12je le dis aux auditeurs
13:14d'Europe 1,
13:14sur la puissance
13:16de cet incendie,
13:178700 hectares
13:18qui ont été réduits
13:19en cendres
13:19en l'espace
13:20de quelques heures,
13:21revoyons la précédente
13:22infographie s'il vous plaît.
13:24Pourquoi je vous dis ça ?
13:25Parce que sur la droite,
13:26on voit également,
13:27c'est un graphique satellite,
13:29on voit Bordeaux
13:31et la superficie de Bordeaux.
13:33Et on voit
13:34cette tâche orange,
13:36cette tâche de feu
13:37qui est bien plus imposante
13:40que la ville de Bordeaux.
13:43Christian Pinodot,
13:44expert des incendies
13:45et des feux de forêt.
13:46Qu'est-ce qu'on doit dire
13:47aux téléspectateurs,
13:48aux auditeurs ce matin ?
13:50En fait,
13:51il y a plusieurs sujets.
13:53C'est un petit peu compliqué
13:55compte tenu du temps
13:56dont je dispose,
13:57il me faudrait pas mal de temps.
13:59Et vous avez tout le temps ce matin,
14:01justement,
14:01on a besoin de comprendre
14:02ce qui est en train de se passer.
14:03Ce feu-là,
14:04il est exceptionnel
14:05par sa virulence.
14:07Comme le disait
14:08l'officier de pompier
14:09tout à l'heure,
14:1295-98% des feux
14:14sont arrêtés
14:15avant d'avoir fait
14:16deux ou trois hectares.
14:19celui-là,
14:20il y a un cocktail explosif
14:24absolument extraordinaire
14:27puisque cet hiver,
14:29il n'a plus beaucoup.
14:30Moyen-en-Koi,
14:30il y avait une végétation,
14:32un sous-bois très abondant
14:33et très vert.
14:34Je ne suis pas sûr d'ailleurs
14:35il y a au mois de fin mai,
14:37début juin,
14:38et tout était vert,
14:39si vous voulez.
14:39Donc,
14:39c'était relativement rassurant
14:41puisque ça donne un sous-bois
14:43en général humide.
14:44C'est le propre de la forêt.
14:46Mais ça a basculé
14:47très rapidement
14:48à cause de la chaleur.
14:49Donc,
14:51ce sous-bois
14:52a séché très rapidement
14:53et est devenu
14:54un combustible terrible
14:57pour ça.
14:58En plus,
14:59c'est une zone,
15:00il y a eu une tempête
15:01en 99 aussi.
15:03Et donc,
15:04vous avez probablement
15:05des jeunes robots
15:06de boisement
15:08qui doivent avoir
15:0915 ans,
15:1020 ans.
15:11Ce qui fait que
15:11quand un feu
15:12rentre dans ce genre
15:13de boisement,
15:14il attrape la cime
15:15rapidement.
15:16Et un feu de cime,
15:18c'est déjà
15:19très compliqué
15:20à arrêter.
15:22Et si en plus
15:23il y a un vent,
15:24comme c'est le cas,
15:25tournoyant,
15:26c'est encore plus difficile
15:27à arrêter.
15:28Donc,
15:29on a un système
15:30de lutte
15:31qui est parmi
15:32les plus performants
15:34de l'Union européenne.
15:38Même dans le monde,
15:39on peut dire,
15:39très modestement.
15:41Donc,
15:41mais bon,
15:42voilà,
15:42il y a des feux
15:43qui vous échappent,
15:43qui nous échappent
15:44et qui sont
15:46particulièrement dangereux.
15:47Mais ce n'est pas
15:48une nouveauté.
15:51Le département
15:52de la Gironde
15:52étant lui-même
15:53le département
15:54qui compte
15:56le nombre
15:57de départs
15:57de feu
15:58le plus important.
15:59Dans le seul département
16:00de la Gironde,
16:01en moyenne,
16:01c'est 1500 départs
16:03de feu par an.
16:04La région PACA,
16:05c'est 600 par an.
16:07C'est juste pour vous donner
16:08un ordre de grandeur.
16:09Donc,
16:10on sait que ce département-là
16:11est particulièrement dangereux
16:13puisque vous avez,
16:15si j'ose dire,
16:15une navigation
16:16de la population
16:17entre Bordeaux et la côte.
16:19Arcachon,
16:20le Porges,
16:21Vendais,
16:22Montalivé,
16:22Lacanot,
16:23jusqu'à Soulac.
16:24vous avez une constante,
16:27un brassage,
16:28si j'ose dire,
16:28de population
16:29qui va en Huit-Chien.
16:31C'est constant.
16:32Et on sait,
16:32on sait que c'est...
16:34J'ai travaillé
16:35dans cette région
16:35pendant 40 ans
16:36et on sait
16:37que le Médoc
16:39est particulièrement dangereux
16:40du fait
16:41de cette fréquentation.
16:43Le feu suit l'homme.
16:45Alors ça,
16:46c'est là où je voulais
16:46en venir aussi.
16:47Si personne ne met le feu,
16:49il n'y a pas de feu.
16:50Et ce n'est pas dû
16:51à la chaleur
16:52et ce n'est pas dû
16:53au réchauffement climatique.
16:55Cette liaison
16:56de cause à effet
16:57n'est pas réelle.
16:59C'est l'action humaine
17:01qui provoque
17:01ces désastres.
17:03Directement
17:04ou indirectement ?
17:04Voilà.
17:06Réchauffement climatique,
17:06sécheresse,
17:07ce sont des facteurs
17:08aggravants.
17:08Mais si vous ne mettez
17:09pas le feu...
17:10Il n'y a pas de feu.
17:10Moi, je n'ai jamais vu
17:12les arbres se mettre
17:13le feu entre...
17:13Le soleil n'a jamais brûlé...
17:15Sinon,
17:16dans les pays tropicaux
17:17où il fait plus chaud
17:18que chez nous,
17:18il faut le rappeler au passage,
17:20il n'y aurait plus de forêt
17:21depuis longtemps.
17:22Donc non.
17:22Bon, c'est le 81...
17:25Alors, la moyenne nationale,
17:27on dit 90% des feux
17:31sont d'origine humaine.
17:33Sauf que,
17:34quand on arrive à
17:35juin, juillet,
17:36août, septembre,
17:37c'est plutôt 98%.
17:38Parce qu'évidemment,
17:40les incendiaires,
17:41là, il semblerait,
17:42dans les deux incendies...
17:44un incendie accidentel.
17:46Voilà.
17:46Là, il semblerait
17:47que ce soit accidentel
17:49dans les environs de Somos,
17:51même si je note
17:52que Somos compte
17:54des départs de feu,
17:55je dirais,
17:57anormaux,
17:57en nombre.
18:00Et celui des Landes aussi
18:01est parti d'un fourgon
18:02qui a pris feu sur la route.
18:04Donc, il y a,
18:06entre les incendiaires
18:08et les incendiaires volontaires,
18:11pyromanes,
18:11et puis les accidents,
18:13il y a une proportion,
18:15une probabilité
18:16compte tenu
18:16du nombre de populations
18:17qui est forte.
18:18Je rappelle
18:20un petit détail,
18:21quand même,
18:21qui explique beaucoup de choses.
18:23On est passé,
18:24en 20 ans,
18:24de 66 millions
18:25à 69 millions d'habitants.
18:27Et l'été,
18:28c'est plus 100 millions.
18:30Donc, on est...
18:31Donc, cette surpopulation
18:33peut provoquer,
18:34justement,
18:34des actions...
18:36C'est archi démontré.
18:37Non, non, mais j'entends.
18:38Je ne suis pas prudent.
18:39Il y a une corrélation totale
18:40entre la présence humaine
18:41et les incendies.
18:42Bon.
18:43Encore une fois,
18:44je le répète,
18:44si personne ne met le feu...
18:45Il n'y a pas de feu.
18:47Donc, c'est aussi simple que ça.
18:48Donc, tout ça fait que,
18:50même si le système
18:53est ultra performant,
18:54puisque c'est une forêt cultivée,
18:55très organisée
18:57contre les risques,
18:58évidemment,
18:58puisque,
18:59il faut savoir que,
19:00sur le plan économique,
19:02c'est le même chiffre d'affaires
19:03que les vins de Bordeaux,
19:04la forêt des Landes de Gascogne.
19:06C'est un des tout premiers employeurs.
19:08Donc, c'est une...
19:09Au-delà de créer,
19:12en plus,
19:13un environnement touristique,
19:15agréable,
19:15paysager, etc.,
19:16c'est, derrière tout ça,
19:17une économie extrêmement forte.
19:20Et, de fait,
19:21cette forêt
19:22est un modèle
19:25mondialement connu
19:26en termes d'organisation
19:28de DFCI,
19:29c'est-à-dire
19:29de Défense des forêts
19:30contre l'incendie.
19:32Alors ça,
19:32les expressions sont importantes
19:34parce que DFCI,
19:36c'est la mise en défense
19:37de la forêt,
19:38c'est-à-dire qu'on organise
19:39la forêt
19:40pour réduire
19:42au minimum
19:43la capacité
19:44de départ de feu.
19:46Deuxième aspect
19:47de la prévention,
19:48ce qu'on appelle
19:49la prévention
19:50limitation,
19:50c'est le débroussaillement.
19:52Autre sujet
19:52sur lequel
19:53je reviendrai
19:55au cours de l'émission
19:56si vous le permettez.
19:58Donc ça,
19:58réduire les feux,
19:59c'est quoi ?
20:00C'est quadriller la forêt
20:01comme en ville,
20:02des pistes partout
20:03avec des carrés de...
20:04C'est le cas actuellement
20:05dans cette forêt-là ?
20:06Complètement.
20:07Sur un million d'hectares,
20:08pas sur un jardin.
20:10J'ai bien compris.
20:11Sur un million d'hectares,
20:12vous avez 42 000 kilomètres
20:14de pistes
20:14avec des points d'eau
20:17tous les 300-500 mètres.
20:19qui permet aux pompiers
20:20d'être très efficaces
20:22en temps normal.
20:23Christian Pinodot
20:24est avec nous,
20:25expert des incendies
20:26et des feux de forêt.
20:27Ce que vous dites
20:28est là aussi très important
20:30parce que ça nous permet
20:31de mieux comprendre
20:32la situation.
20:33Et évidemment,
20:34on va vous poser
20:35toutes les questions
20:36autour de cet incendie ravageur
20:37qui a détruit déjà
20:398 700 hectares
20:41dans la région
20:42et qui impose
20:43aux autorités
20:44en prévention
20:45une évacuation
20:46de la presqu'île
20:49allant donc
20:50de Klaoué
20:51jusqu'à la pointe
20:53du Cap-Ferret.
20:55On va prendre la direction
20:56justement
20:57et donner la parole
20:58à ces personnes
20:59qui ont été évacuées
21:01et notamment
21:01Françoise Laborde
21:03qui est avec nous,
21:03qui est une consoeur,
21:05une amie,
21:05une habituée
21:06de ces plateaux
21:06et qui m'a appelé
21:08ce matin
21:09et je l'en remercie
21:10parce que
21:10Françoise a été évacuée.
21:13Courte pause,
21:14courte pause,
21:15Françoise,
21:15on vous retrouve
21:16dans juste quelques secondes
21:18et vous allez nous raconter
21:19ce que vous avez vécu
21:20cette nuit
21:20puisque vous avez été
21:22évacuée
21:22de la pointe
21:23du Cap-Ferret.
21:23A tout de suite.
21:24de la pointe
21:24de la pointe
21:25– Sous-titrage FR 2021
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