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  • il y a 13 heures
Du lundi au jeudi, à 8h13, un invité au centre de l'actualité répond aux questions de Pierre de Vilno.

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00:09Et notre invité ce matin dans la grande interview Europe 1C News, c'est le député LR des Hauts-de
00:15-Seine et rapporteur général de la Commission des Finances.
00:17Bonjour Philippe Juvin, rapporteur du budget.
00:20La justice met un terme à l'OMERTA sur ce qu'on appelle communément le racisme anti-blanc.
00:24En trois ans après le meurtre du jeune Thomas Acrépole, la juge d'instruction a intégré la circonstance aggravante que
00:31les victimes ont été agressées en novembre 2023
00:34en raison de leur race blanche et de la rapporteur annonce à la nation française.
00:40Est-ce que ce n'est pas tout bonnement un francocide ?
00:43En tout cas, le racisme anti-blanc existe, contrairement à ce qu'un certain nombre de gens veulent nous faire
00:48croire depuis des années.
00:49Et il n'y a pas de racisme qui soit excusable et que quand vous attentez à la vie, à
00:56la santé ou à l'honneur de quelqu'un au motif de sa couleur de peau,
01:00qu'il soit blanc ou noir, c'est du racisme et c'est évidemment condamnable.
01:03Donc cette décision de justice, au moins, elle met les choses au clair.
01:05Oui, le racisme anti-blanc existe et c'était une plaie pour notre société.
01:09Marie-Hélène Thoreval, la maire de Romand-sur-Isère, depuis le début évoquait le racisme anti-blanc.
01:13Elle avait ensuite été menacée de décapitation.
01:17Quel commentaire faire à quelque chose d'aussi épouvantable ?
01:21La France se fractionne, se divise en...
01:26Il y avait un article de presse il y a quelques années, c'était Finkielkraut qui avait écrit ça.
01:30La nation se fragmente au bénéfice des tribus.
01:33C'est-à-dire que vous avez la tribu des gens qui pensent ci, des gens qui pensent ça.
01:39La France est une nation qui s'est construite justement par l'effacement des différences.
01:45Et c'est ça que nous devons retrouver.
01:46Nous devons le retrouver.
01:48Et en attendant, qu'est-ce que vous dites à toutes ces personnes qui disaient, qui mettaient en cause, d
01:51'ailleurs, notre chaîne, CNews ?
01:54Qu'ils se sont trompés.
01:55Non seulement qu'ils se sont trompés, mais qu'ils ont trompé la population.
01:58Et je ne sais pas si vous avez remarqué...
01:59Ils ont trompé la population.
02:00Ils ont trompé la population.
02:02Vous savez, ce terme racisé, on parle de population racisée, est tellement passé dans le langage commun qu'il pose
02:09un vrai problème.
02:09Ça signifie qu'il y a une forme d'acceptation, en réalité, d'une différence basée sur les couleurs de
02:16peau,
02:17à travers ceux qui prétendent, d'ailleurs, combattre le racisme.
02:20C'est là où est la difficulté.
02:21Il y a une inversion des choses.
02:22Donc, oui, la France doit retrouver sa vocation initiale, qui est celle de l'universalisme.
02:29Comment ?
02:30On est français.
02:30Par quels moyens ?
02:32D'abord, par l'éducation.
02:34Mais ça, ça va prendre des années.
02:35Oui, bien sûr.
02:35On va sacrifier des générations.
02:37Ça va prendre des années.
02:37Ça va sacrifier une génération.
02:39Mais vous savez, nous sommes déjà sacrifiés.
02:41Renan disait, la France n'est pas une couleur de peau, ce n'est pas une religion.
02:46La France est un principe spirituel.
02:48C'est le mot de Renan, grand républicain.
02:50La France est un principe spirituel.
02:52Et les Français, par-delà leurs différences, en fait, font tous partie d'un creuset.
02:57Eh bien, c'est ce creuset qu'il nous faut désormais rétablir.
02:59Le racisme, Philippe Juvin.
03:01L'antisémitisme aussi, après l'interruption du concert par 150 militants et les filles pro-palestiniens
03:06de la DJ Barbara Butch, parce que juive et parce que soutien de la loi Yadan.
03:10Voilà maintenant le concert d'Amir franco-israélien annulé, tout simplement par mesure de sécurité.
03:17Qui eut cru, il y a quelques années, qu'un artiste ne puisse pas chanter en France du fait de
03:24ses opinions ?
03:25Et je ne parle même pas d'antisémitisme.
03:27Et évidemment, encore plus, qui aurait pu penser qu'il y a quelques années, que l'antisémitisme puisse devenir acceptable
03:34?
03:34Il y a 20 ans, l'antisémitisme était condamnable de façon automatique, évidente.
03:38Il n'y avait même pas de discussion à avoir.
03:40Mais aujourd'hui, on s'aperçoit qu'en réalité, on peut avoir la haine des Juifs
03:43et que ça peut être intellectuellement, dans certains milieux, acceptable.
03:47Ça fait partie de ces dérives absolument folles d'un pays, encore une fois, qui se fractionne.
03:52Un des grands enjeux de l'élection présidentielle et des années à venir va être la reprise du contrôle.
03:57La reprise du contrôle pour rétablir ce pays dans lequel l'universalisme était une valeur cardinale.
04:03Est-ce que la reprise du contrôle, c'est aussi par l'intermédiaire de la loi Berger qui sera examinée
04:08en octobre prochain ?
04:09Je ne sais pas si c'est une question de loi.
04:11Moi, je pense que c'est plutôt une question d'éducation.
04:14C'est une question d'acceptation de valeurs qui nous sont supérieures.
04:20La loi n'est qu'un des outils.
04:24Je crois vraiment que le vrai sujet, c'est l'éducation et c'est l'école.
04:27Les incendies font rage, Philippe Juvin, dans le Var, en Gironde, en Nouvelle-Aquitaine.
04:3243 000 personnes ont été évacuées.
04:34Vous qui êtes chef des urgences de Pompidou, l'hôpital Pompidou à Paris, dans le 15e,
04:38qui avait fait des missions militaires sur des théâtres d'opérations.
04:41Ces feux, cette lutte au quotidien avec les pompiers,
04:44c'est ces urgentistes qui font partie justement de ces pompiers.
04:48C'est inédit.
04:49Est-ce que vous diriez qu'il y a eu de l'impréparation
04:51ou est-ce que c'est juste les facteurs actuels, sécheresse, vitesse du vent, qui font que...
04:56D'abord, bravo aux pompiers, bravo à tous les services de secours,
05:00bravo aux agriculteurs qui apportent leurs pierres très précieuses à la lutte contre les incendies.
05:06C'est une façon de faire nation.
05:08Oui, absolument. Vous avez raison.
05:10C'est parfois d'ailleurs intéressant.
05:11C'est ainsi que la nation parfois se solidifie et se cimente devant les grands périls.
05:17Est-ce un grand péril ?
05:18Oui, assurément, c'en est évidemment un.
05:20En fait, c'est l'expression qu'aujourd'hui, le pays est à faire face à des grands enjeux.
05:25Alors, on ne va pas probablement parler des enjeux budgétaires,
05:27mais il y a des enjeux de tous les jours, dont celui-ci
05:29et dont aussi celui de la vitalité de nos services publics.
05:32La France restera puissante si elle a des services publics qui fonctionnent.
05:36On parle des services publics de secours, mais pas simplement.
05:39Mais pour que les services publics fonctionnent,
05:41il faut que nous ayons une situation budgétaire saine,
05:43ce qui n'est évidemment pas la...
05:44On va y venir au budget.
05:46Un mot, parce que c'est aussi lié aux incendies.
05:48Les températures font aussi que ces incendies font rage.
05:51La canicule, la France vient de subir plusieurs épisodes.
05:54Un autre est attendu début août.
05:56Ces fortes chaleurs ont provoqué une surmortalité importante.
06:00Est-ce que la France était suffisamment préparée, là encore ?
06:03Pas manifestement, non.
06:05C'est vrai que nous avons désormais face à nous
06:08des épisodes caniculaires qui vont être de plus en plus importants.
06:11Et nous avons sous-estimé l'importance de ceci.
06:13On estime, Santé publique France, que les épisodes du mois de juin et début juillet
06:17ont causé 5000 morts supplémentaires par rapport à une situation normale.
06:22Et ce qui est très intéressant, malheureusement,
06:24c'est de noter que ça touche toutes les classes d'âge,
06:26alors principalement les patients âgés, mais aussi les jeunes.
06:28Aussi les jeunes.
06:30Et que beaucoup de ces décès sont survenus à domicile.
06:34En fait, on a beaucoup appris depuis la canicule 2003,
06:37c'est-à-dire que dans les EHPAD, aujourd'hui, manifestement,
06:39les prises en charge sont plutôt bonnes.
06:41On prend soin des gens, on leur apporte de l'eau.
06:43En revanche, on voit un surcroît de mortalité à domicile.
06:47Et ce surcroît de mortalité à domicile,
06:49outre le fait qu'il est évidemment absolument désolant,
06:52est une expression, je crois, d'une évolution particulière de la société
06:56dans laquelle on ne se préoccupe pas des autres.
06:59D'une certaine manière, notre obligation de fraternité,
07:01qui est une obligation personnelle...
07:02Vous voulez dire qu'on laisse mourir les anciens ?
07:04Non, qu'on a confié notre obligation personnelle de fraternité
07:08à l'État, à la collectivité, sous forme de solidarité.
07:11En gros, je paye des impôts, donc il y a des services
07:13pour remplir cette situation.
07:16Or, les gens qui sont à domicile sont souvent des gens seuls,
07:19vous savez, la moitié...
07:20On considère que, globalement, une personne adulte sur deux
07:24vit seule dans les grandes villes,
07:26et seule, sans un deuxième adulte.
07:28Donc les gens sont seuls.
07:29Eh bien, la fraternité, ça consisterait à quoi ?
07:31Pour baisser la mortalité, ça consisterait simplement
07:34à ce que chacun de ceux qui nous écoutent aujourd'hui,
07:37quand il fait très chaud, décide de se lever ses fesses
07:40de son canapé, sorte de chez lui,
07:42aille taper à la porte de son voisin âgé seul,
07:44en lui demandant si ça va, et lui en l'apportant de l'eau.
07:46Si déjà, nous faisions tous ces gestes de fraternité,
07:49pas de solidarité, de fraternité,
07:51qui nous engagent personnellement,
07:52nous aurions moins de mortalité.
07:54En fait, il faut que les gens comprennent
07:57que cette surmortalité liée à la canicule,
08:00vous, nous engage tous individuellement,
08:02nous avons tous une responsabilité,
08:04et chacun, nous pouvons agir.
08:06Et ça, encore une fois, la fraternité...
08:08Non, pas compter uniquement sur les services publics ?
08:09Absolument.
08:10Pas compter sur la solidarité,
08:11compter sur la fraternité.
08:12C'était bien d'applaudir les soignants à 20h,
08:15quand il y avait le Covid,
08:16il faut aussi participer.
08:18Moi, je suis pour une société
08:19où l'on cède les uns les autres.
08:22Vous êtes le rapporteur général du budget,
08:25Philippe Juvin.
08:26Va-t-il y avoir un budget en 2027 ?
08:28Alors, j'ai pas de boule de cristal, j'espère,
08:29parce que s'il n'y a pas de budget,
08:30je ne sais pas comment on fait pour payer les fonctionnaires.
08:32On fait une année blanche.
08:33Les services publics, on fait une année blanche,
08:34pour des raisons dans lesquelles on peut peut-être entrer,
08:37mais ça va prendre du temps.
08:38Une année blanche qui consisterait simplement à dire
08:40on n'a pas de budget
08:42et on laisse faire la réévaluation automatique
08:44conduirait à une explosion des déficits,
08:47parce que pour des raisons réglementaires...
08:49Et mécaniques.
08:50Et mécaniques.
08:51Un certain nombre de nos dépenses sont indexées sur l'inflation.
08:53Donc, en fait, on verrait le truc s'emballer.
08:56Non, nous devons évidemment avoir un budget,
08:58mais je voudrais que les Français comprennent
09:00que la question du budget,
09:01avec une dette qui nous étouffe aujourd'hui,
09:04n'est pas qu'une question budgétaire.
09:07C'est une question de souveraineté.
09:09De souveraineté.
09:11C'est-à-dire que si nous ne prenons pas les décisions nous-mêmes
09:13pour rétablir les comptes publics,
09:15d'autres les prendront.
09:16Le FMI.
09:17Le Fonds monétaire international.
09:19Qui s'était déjà manifesté il y a deux jours.
09:21La Banque Centrale Européenne, nos partenaires.
09:23Dans un pays qui, comme c'est le cas aujourd'hui,
09:27a besoin de s'endetter, d'emprunter tous les jours,
09:30tous les jours, pour payer les fonctionnaires,
09:32pour payer les retraites, pour payer les services publics.
09:34Pour 130 milliards cette année.
09:35Eh bien, c'est un pays qui n'est pas souverain.
09:38Donc la question budgétaire n'est pas qu'une question budgétaire,
09:41c'est une question de souveraineté.
09:43Voulons-nous que la France décide de son destin ?
09:45C'est ça le vrai sujet qui est sur la table politique
09:47et que les candidats très nombreux à la présidentielle doivent...
09:51C'est pour ça que vous leur avez écrit,
09:53ou vous allez leur écrire un courrier en leur disant
09:55« Montrez-moi votre copie », c'est ça ?
09:57Exactement.
09:58Je vais écrire en tant que rapporteur général du budget
10:01dès les premiers jours de juillet,
10:03alors que nous commencerons à avoir des éléments un peu durs de chiffres.
10:07Je vais leur écrire à chacun en disant
10:08« Voilà la situation, ne vous planquez pas.
10:12Ne faites pas comme si vous n'aviez pas vu.
10:14Voilà ce que les voisins ont fait pour s'en sortir.
10:17L'Espagne s'en est sortie, au prix de grandes difficultés,
10:19mais ils y sont arrivés.
10:20Le Portugal y est arrivé, il faut regarder tout ça.
10:24Et que comptez-vous faire et qu'allez-vous faire ?
10:26Parce que je suis désormais persuadé d'une chose,
10:28et il faut que les choses soient dites.
10:30Une fois que l'élection présidentielle aura lieu,
10:33le FMI et tous les gens qui nous prêtent de l'argent tous les jours
10:37vont demander au nouveau président ou à la nouvelle présidente
10:40« Qu'allez-vous faire pour établir les comptes publics ? »
10:43Et comment allez-vous le faire ?
10:45Vous savez, Thatcher disait « Ne me dites pas ce qu'il faut faire,
10:47dites-moi comment le faire. »
10:49Et si la réponse n'est pas satisfaisante,
10:51si en fait c'est une mauvaise réponse,
10:52c'est une réponse qui se plante...
10:53Qu'est-ce que c'est une mauvaise réponse ?
10:55C'est de ne pas comprendre la gravité de la situation.
10:57Qu'est-ce que c'est une mauvaise réponse concrètement ?
10:59On va laisser les choses telles qu'elles sont ?
11:01Oui, on va attendre que la croissance revienne naturellement, etc.
11:05Que faut-il faire en fait ?
11:06C'est assez simple.
11:07Quand vous avez un déficit,
11:09soit vous dépensez moins,
11:10donc il faut dépenser moins,
11:11et je vais vous dire où est la dépense.
11:13On va ouvrir le capot ensemble, Philippe.
11:15Oui, exactement.
11:15Soit vous augmentez vos recettes,
11:17et pour augmenter les recettes,
11:18il y a deux manières.
11:19Soit vous augmentez les impôts,
11:20mais ils sont déjà au maximum,
11:21donc nous n'avons plus de marge de manœuvre,
11:22il faudrait même les baisser.
11:24Soit vous produisez plus de richesses à distribuer,
11:26c'est la compétitivité des entreprises.
11:28Baisser la dépense, et dépenser mieux.
11:31Baisser la dépense, encore faut-il voir
11:32où sont les grandes dépenses.
11:34Alors, 1 700 milliards de dépenses publiques,
11:361 000 milliards de dépenses sociales,
11:38500 milliards de retraites,
11:40et 500 milliards pour le reste.
11:41L'année prochaine, si on ne faisait rien,
11:43si on ne faisait rien l'année prochaine,
11:46que les gens aient les chiffres en tête,
11:48eh bien la dépense sociale
11:51augmenterait naturellement de 17 milliards.
11:52Qu'est-ce que c'est 17 milliards ?
11:53Eh bien le budget de la justice, par exemple,
11:55c'est 10 milliards à peu près.
11:56Donc ça signifie que l'année prochaine,
11:58l'augmentation des dépenses sociales
11:59a elle seule l'augmentation,
12:02pas le delta, c'est 17 milliards,
12:05alors que la dépense,
12:06tous les ans de la justice,
12:07ce n'est que 10 milliards.
12:09Donc la première dépense sociale,
12:10la première dépense, c'est la dépense sociale,
12:12et parmi les dépenses sociales,
12:13c'est 1, les retraites,
12:14et 2, la santé.
12:16Sur les retraites, qu'est-ce qu'il faut faire ?
12:17Est-ce qu'il faut les baisser ?
12:18Non, les retraites,
12:19pas extraordinairement élevées en France,
12:21il faut travailler plus.
12:22Il faut travailler jusqu'à 67 ou 68 ans.
12:26Autrement dit,
12:27si vous avez ici, à ma place,
12:28demain, un invité candidat
12:30à la présidence de la République,
12:31qui vous dit qu'il va baisser
12:32la dépense publique
12:33ou qu'il va rétablir les comptes publics
12:34sans toucher à la question des retraites,
12:37eh bien en fait,
12:38il se trompe ou il ment,
12:39l'un ou l'autre.
12:40Ce n'est pas possible,
12:41encore une fois,
12:41de rétablir les comptes publics,
12:43et donc, vous avez bien compris,
12:45de rétablir la France
12:46dans sa souveraineté
12:47et lui garantir sa souveraineté.
12:48Pour pouvoir ensuite
12:50prendre des taux d'intérêt
12:51qui sont moindres
12:52à ce qu'on...
12:52Absolument.
12:54Si on n'est pas capable
12:55de toucher à la retraite
12:56et en particulier
12:56travailler plus longtemps,
12:57donc il faut travailler
12:58jusqu'à 67 ou 67.
12:59Mais en attendant,
13:00la réforme des retraites
13:01a été suspendue.
13:02Donc ça veut dire quoi ?
13:02Ça veut dire,
13:03le prochain candidat
13:04ou celui auquel
13:05vous allez vous adresser,
13:07il doit vous dire quoi ?
13:08Il va vous dire,
13:08la première chose
13:09que je vais faire,
13:10c'est que je vais remettre
13:11la réforme des retraites
13:12ou alors, pardonnez-moi,
13:13ou alors,
13:14il faut une autre réforme des retraites,
13:16c'est plus 64,
13:16c'est 67 ans.
13:17Qu'est-ce que vous allez lui dire ?
13:18Il faut...
13:19On ne s'en sort pas
13:20sans travailler plus longtemps.
13:22Alors, vous le faites
13:23comme vous voulez,
13:24mais l'objectif doit être
13:25déjà la réforme actuelle
13:27qui est suspendue
13:28et non pas abrogée.
13:29Je vais vous faire une annonce.
13:30C'est un début.
13:31Dans le cadre du budget
13:33qu'on va discuter
13:34dans quelques semaines,
13:35je vais,
13:35en tant que rapporteur général
13:36du budget,
13:37faire un amendement
13:39pour suspendre la suspension,
13:40c'est-à-dire,
13:41en fait,
13:41remettre en route
13:44la réforme des retraites.
13:45Donc avant l'élection présidentielle.
13:46Bien sûr,
13:47il faudra le faire.
13:47Je ne me fais aucune illusion,
13:48il n'y aura pas de majorité
13:50et je serai assez peu suivi.
13:53Mais mon rôle,
13:54je suis payé
13:55pour vous dire la vérité.
13:56C'est trop facile
13:57de ne pas dire les choses.
13:58Vous êtes 577
13:59à être payé
14:00pour dire la vérité.
14:01Je vais la dire.
14:02Il se trouve que je vais la dire, moi.
14:03Et vous ne pouvez pas
14:05rétablir les comptes publics
14:06si vous ne baissez pas
14:07les dépenses
14:07et vous ne pouvez pas
14:08baisser les dépenses
14:09si vous ne travaillez pas
14:11plus longtemps.
14:11La retraite,
14:12la retraite,
14:13c'est la première dépense
14:15de l'État,
14:16enfin de l'État,
14:16c'est la première dépense publique.
14:18Après,
14:18vous avez une deuxième dépense
14:19qui est la santé
14:20et il faut évidemment
14:21poser la question
14:21des dépenses de santé.
14:22Ça veut dire
14:23qu'on est trop remboursé ?
14:25Oui.
14:26Moi, je sais
14:27où me faire opérer.
14:28Vous ne savez pas.
14:29Mais surtout,
14:29moi, je sais
14:30où ne pas me faire opérer.
14:31Et vous,
14:32vous ne savez pas.
14:32Il y a aujourd'hui
14:33des endroits en France
14:34où on n'est pas bien soigné.
14:35Donc oui,
14:36je vous le dis,
14:37il y a des endroits
14:37qu'il faut probablement
14:38fermer,
14:39regrouper les moyens.
14:40Attendez,
14:41Philippe Juin,
14:41il faut fermer quoi ?
14:42Des hôpitaux ?
14:43Il faut probablement
14:43fermer des services
14:44ou des hôpitaux
14:45où on est mal soigné.
14:46Il y a des endroits...
14:47Et vous allez faire,
14:48vous,
14:48une cartographie
14:49des hôpitaux
14:49Écoutez-moi bien.
14:50Moi,
14:51je serais capable,
14:52probablement,
14:53pour un certain nombre
14:53de pathologies,
14:54mais d'ailleurs,
14:54votre médecin traitant aussi,
14:55si vous avez la chance
14:56d'en avoir un,
14:57serait capable de vous dire
14:58n'allez pas dans cet endroit.
14:59On le sait.
15:00Il y a une...
15:01On le sait sans le savoir.
15:02Il y a une inégalité.
15:03Ça serait mieux
15:03d'avoir une carte
15:04en disant,
15:05là,
15:05il ne faut pas y aller.
15:06Eh bien,
15:06regardez,
15:07un rapport de la Cour des comptes
15:08sur le cancer de l'ovaire.
15:09La Cour des comptes
15:10a publié une carte de France
15:12qui indique
15:13tous les hôpitaux
15:14qui font moins de 20 actes
15:16de chirurgie de cancer de l'ovaire
15:18par an,
15:18considérant que 20 actes par an,
15:20c'est le minimum
15:21pour savoir correctement
15:22faire les choses.
15:23Eh bien,
15:23ces données sont publiques.
15:24Il faut tirer les leçons
15:27de ce que nous savons
15:28sur l'inefficacité
15:29de la dépense publique
15:30et en particulier des soins.
15:31Vous savez,
15:33De Gaulle disait
15:34dans son discours
15:34d'investiture
15:35en juin 1958
15:38que la plus grande cause
15:39de nos épreuves,
15:40c'était l'impuissance
15:42des pouvoirs.
15:43Je crois que c'était
15:43exactement la même chose
15:44aujourd'hui.
15:45C'est l'impuissance
15:46des pouvoirs publics
15:47à décider
15:47ce qui est bon
15:48pour la France.
15:49Pourquoi ?
15:50Parce que nous sommes englués
15:51dans des lobbies
15:52qui poussent chacun
15:53leurs intérêts,
15:54une administration
15:55qui, parfois,
15:57ne publie pas les décrets
15:58donc n'applique pas la loi,
15:59un pouvoir législatif
16:01qui se prend
16:01pour le pouvoir exécutif
16:02et le contraire.
16:04Cette impuissance
16:05de la puissance publique
16:06à agir,
16:07elle est la cause
16:09de tous nos mots.
16:09Si on lit le budget
16:11à ce que vous venez de dire,
16:12ça veut dire qu'en gros,
16:13les Français
16:14payent des impôts,
16:15j'allais dire,
16:16pour rien.
16:16Pas pour rien,
16:17mais pour quelque chose
16:17qui est très mal aiguillé
16:19et très mal utilisé.
16:20Oui, je peux le dire différemment.
16:24Nous payons beaucoup d'impôts
16:25pour une efficacité
16:26assez faible
16:27mais regardez l'école,
16:29nous payons beaucoup
16:29d'argent pour l'école.
16:30Le classement PISA,
16:33classement de la qualité
16:34de l'éducation,
16:35s'écroule
16:35chaque année
16:36un peu plus en France.
16:37Avec les scandales
16:37qu'on a vus.
16:38Peut-on s'en sortir ?
16:39La question,
16:40c'est est-ce qu'il y a un espoir ?
16:41Oui, il y a un espoir.
16:42Regardez le Portugal.
16:43Le Portugal a mis en place
16:44des réformes,
16:45ils ont dépensé moins
16:46et mieux
16:47et ils ont fait en sorte
16:49de réanimer la croissance
16:51et la vie immédiable.
16:52Et c'est ça que je veux dire
16:53aux Français.
16:53En fait, d'autres l'ont fait.
16:54Nous pouvons le faire.
16:56La vraie question,
16:57je me répète,
16:58c'est est-ce que nous décidons
16:59nous-mêmes
16:59des mesures d'assainissement
17:01qui sont nécessaires
17:02pour le pays
17:03ou est-ce que c'est l'étranger,
17:04la Banque Centrale Européenne
17:05ou l'FMI
17:06qui va le décider pour nous ?
17:07La seule question,
17:08elle est là.
17:09Qui décide ?
17:09Nous ou les autres ?
17:10sur Europe 1 et sur CNews
17:11que le FMI est à nos portes.
17:13Donc, ce que disait Roland Lescure
17:14avant de se rétracter
17:15en réalisant la bourde
17:18qu'il avait faite
17:19ou qu'il avait parlé
17:20un peu trop vite.
17:21Oui, le FMI est à nos portes
17:22et il va faire les choses
17:23à notre place.
17:23Si le FMI débarque,
17:25attendez,
17:25c'est simple pour les Français,
17:26c'est quoi ?
17:26C'est moins 30% sur la retraite ?
17:28Je ne sais pas.
17:29En tout cas,
17:29c'est des mesures drastiques.
17:30C'est un plan d'austérité
17:31sans le vouloir.
17:31Ce seront des mesures d'austérité.
17:34Vous avez une formule
17:36très, pardon,
17:38journalistique
17:38et le FMI est à nos portes.
17:41Ce qui est certain,
17:42c'est que, moi je le dis
17:43avec ma formule,
17:44d'ici la fin 2027,
17:46si nous ne sommes pas capables
17:47de dire
17:47voilà ce que nous allons faire
17:48de façon crédible,
17:50oui, là pour le coup,
17:51le FMI viendra.
17:54Pourquoi ?
17:54Ainsi que la Banque Centrale,
17:55pour une raison simple,
17:56ils n'auront pas besoin d'ailleurs
17:57de dire nous arrivons,
17:59nous serons obligés
18:00de les voir arriver.
18:00Pourquoi ?
18:01Parce que les taux
18:02auxquels la France
18:03emprunte tous les jours
18:043,7, 3,8
18:06bondiront
18:07et nous ne pourrons plus
18:09faire autre chose
18:10que cette dette
18:12qui nous étouche.
18:13Le choix qu'ont les Français,
18:14Philippe Juin,
18:14il est dans les urnes.
18:15Qu'est-ce qu'on fait ?
18:16Qui désigne-t-on
18:16votre famille politique ?
18:17Moi j'ai un candidat
18:18qui est Bruno Retailleau.
18:19Parce que ?
18:20Parce que c'est un homme sérieux,
18:21parce qu'il a une colonne vertébrale,
18:22parce qu'il sait où aller.
18:24Donc c'est pour ça
18:25que je défends Bruno Retailleau.
18:27Nous avons quelques mois devant nous
18:29pour persuader les Français
18:30que la situation
18:30est de l'ordre.
18:30En attendant,
18:31les sondages
18:32donnent Marine Le Pen
18:33gagnante
18:33au premier
18:34et au second tour.
18:35C'est vrai.
18:36La campagne électorale
18:37sert à cela.
18:38S'il y a un second tour
18:39RN,
18:40LFI,
18:41qu'est-ce que vous faites ?
18:42Nous verrons.
18:43Vous refusez de me répondre ?
18:45Oui,
18:45pour une raison très simple.
18:46Est-ce que vous voyez
18:47une France LFI
18:47et une France RN ?
18:49Pour vous,
18:49c'est la même chose ?
18:49Ce qui est certain,
18:50c'est que le LFI
18:52et le RN
18:53ont cette capacité
18:54que nous devons
18:55nous regarder
18:56avec attention
18:58à proposer
18:59une vision de la France.
19:00Ils ont tous les deux
19:01clairement une vision de la France.
19:02Ce n'est pas la mienne,
19:03mais on ne peut pas
19:04tirer à M. Mélenchon,
19:05on ne peut pas tirer
19:05à Mme Le Pen
19:06le fait qu'ils ont une vision.
19:07Et je dis aux candidats
19:09du Bloc central,
19:10je leur dis à tous,
19:11n'ayez pas
19:12que des solutions techniques.
19:14Ayez une vision de la France.
19:15Quelle est la France
19:15que nous devons,
19:16entre guillemets,
19:17Et ça, ça va pouvoir
19:18diminuer le vote des extrêmes ?
19:20Je pense que si demain
19:21nous sommes capables
19:22d'emmener la France
19:23et les Français
19:24vers une ambition collective,
19:25une vision,
19:26et pas des mesures techniques,
19:28oui,
19:28c'est la manière
19:30d'aborder le chemin
19:31de la prospérité.
19:32Il nous reste 30 secondes,
19:33Philippe Juvin,
19:34la loi sur la fin de vie
19:35est passée,
19:36c'est définitif,
19:36ou est-ce que ça reviendra
19:38à un moment donné
19:38dans le débat public ?
19:39Alors, il y a encore
19:40d'abord le Conseil constitutionnel,
19:42moi je suis très favorable
19:43à la chose suivante,
19:44c'est une loi
19:44qui n'est pas une loi de gauche
19:46et c'est pas une loi de droite,
19:47c'est une loi
19:49qui nous concerne
19:50tous individuellement.
19:51si j'étais candidat
19:52à la présidence de la République,
19:53je ne le suis pas,
19:54je proposerais
19:56à ce que cette loi
19:57puisse être remise
19:59sur le tapis
20:01avec une proposition
20:02de référendum,
20:03que chaque Français
20:03nous dise au fond,
20:04voilà,
20:05j'en veux ou je n'en veux pas,
20:06mais je vous le rappelle
20:07et je conclue là-dessus,
20:09le vrai sujet aujourd'hui
20:11c'est la qualité des soins,
20:12je ne voudrais pas
20:12qu'un certain nombre de Français
20:13demandent l'euthanasie
20:15par défaut d'accès aux soins
20:16et en particulier aux soins palliatifs.
20:17Merci beaucoup Philippe,
20:18je vous fais une bonne journée.
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