00:00Pierre est en direct avec nous et il nous appelle de Paris. Bonjour Pierre.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être en direct avec nous.
00:07C'est vrai que vous êtes nombreux à vouloir réagir après cette information judiciaire qui est très importante
00:12puisque la juge d'instruction, je le rappelle, dans l'affaire du drame et du meurtre de Crépaule
00:17a décidé de retenir les circonstances aggravantes de racisme anti-blanc, de racisme anti-français
00:23en bande organisée.
00:26C'est, je le disais tout à l'heure, un tournant. Est-ce que je me trompe ?
00:30Et là, je parle à un ancien commissaire de police que vous êtes.
00:35Non, vous ne vous trompez pas. Effectivement, c'est un élément assez important du dossier.
00:40Ce qui est quand même inquiétant, c'est qu'il faille trois ans de procédure pour s'en rendre compte.
00:46Et moi, je suis assez inquiet pour la suite, en fait.
00:48Je suis à la fois satisfait qu'on ait un magistrat qui ait correctement fait son travail avec les éléments
00:53du dossier.
00:53Mais si les éléments étaient là dès le départ, je suis un peu inquiet que le parquet ne les ait
00:58pas relevés.
00:59Et ça me paraît pour la suite assez inquiétant, je le disais, parce que c'est le parquet qui va
01:06défendre le dossier au tribunal.
01:08En l'occurrence à la cour d'advile.
01:10Mais c'est pour ça que c'est exact. Est-ce que vous pouvez dessaisir un parquetier ?
01:15Est-ce que le parquetier peut changer, Georges Fenech ?
01:17Il va changer. Pourquoi ? Parce que lorsque la juge d'instruction va rendre son ordonnance de mise en accusation,
01:26elle va clôturer son dossier.
01:27À ce moment-là, les partis et le parquet ont la possibilité de faire appel.
01:33N'oubliez pas.
01:34Et donc le dossier in fine sera examiné, la décision sera prise par la chambre d'instruction.
01:39Et évidemment, la chambre d'instruction, ça n'est plus d'ailleurs le même procureur,
01:42c'est le procureur général de la cour d'appel, en l'espèce, c'est Grenoble,
01:47qui va prendre des réquisitions et qui va dire oui ou non, circonstances aggravantes de racisme.
01:53Et au final, c'est la chambre d'instruction, collégialité, trois conseillers à la cour d'appel
01:58qui décideront de la qualification.
02:01Et ça ne veut pas dire pour autant, et vous l'avez rappelé, Elliot, que c'est terminé,
02:04puisqu'il y aura ensuite un procès.
02:06Et au procès devant la cour d'assises des mineurs,
02:08la cour d'assises dira aussi ce qu'elle considérera être,
02:12c'est-à-dire oui ou non, y a-t-il eu un meurtre,
02:14avec cet élément aggravant de racisme, voyez-vous.
02:18Donc on est loin du compte, là on a une décision qui est courageuse,
02:22qui est lucide, qui est factuelle, d'une juge d'instruction,
02:26qui s'oppose à son parquet.
02:28Il faut bien voir, enfin elle s'oppose, elle ne prend pas la même décision qu'a requis le parquet.
02:33Il faut voir que quand même, là, il y a une décision...
02:35Elle ne le sort pas comme ça...
02:37Elle s'appuie sur 14 témoignages...
02:40Sa décision est motivée, on l'a eu tout à l'heure avec William,
02:43sa décision est parfaitement motivée, puisqu'il y a des témoins,
02:46ce n'est pas un témoin, ce n'est pas deux témoins,
02:49ce n'est pas trois témoins, c'est 14 témoins, vous vous rendez compte,
02:53qui tous disent de manière concordante,
02:55j'ai entendu ces propos racistes, anti-blancs, etc.
02:59Donc on ne voit pas comment le parquet, moi je m'interroge,
03:02et le commissaire a raison d'ailleurs de s'en inquiéter,
03:04parce que si le parquet ne l'a pas vu jusqu'à maintenant,
03:07il risque de ne pas le voir pour la suite.
03:10C'est même pire que ça, parce que c'est William Moulinier qui nous le rappelait,
03:14c'est que dans le réquisitoire, il est fait état,
03:17dans le réquisitoire du parquet, il est fait état
03:22des phrases anti-françaises et anti-blanches,
03:25donc ça veut dire que l'instruction les a sous les yeux,
03:28et qu'elle n'en tire pas les conclusions qui s'imposent.
03:30– Pierre, je voudrais revenir voir Pierre,
03:32parce que vous êtes ancien commissaire,
03:35vous avez claqué la porte de la police ?
03:38– J'ai fait un choix personnel.
03:40– Vous avez fait ?
03:40Mais ah, je vous avais déjà eu au téléphone, cher Pierre.
03:43– Oui, tout à fait.
03:43– Mais en revanche, vous, l'ancien commissaire d'expérience,
03:47vous avez vu monter, au gré des procès-verbaux,
03:50des victimes que vous avez pu rencontrer,
03:54ce racisme anti-blanc ou pas ?
03:57– Au gré des procès-verbaux, je ne vais pas pouvoir dire ça,
04:00parce qu'en fait, ce sont des faits qui passent,
04:02comme on dit chez nous, sous les radars.
04:03Il n'y a pas forcément de plainte pour ça.
04:05Par contre, ce que je peux vous dire,
04:06parce que j'ai fait beaucoup de terrain dans ma carrière,
04:08c'est que vous avez un vrai racisme,
04:11de tous les côtés d'ailleurs,
04:12et le racisme anti-blanc, il est évidemment présent
04:15dans les quartiers, notamment dans les quartiers,
04:18nous on appelle ça des LSP ou des zones sensibles,
04:21d'autres appellent ça des quartiers populaires,
04:22mais en tout cas, les quartiers qu'on connaît,
04:24sur lesquels nous, on a le plus de difficultés,
04:26oui, vous avez des gens qui font du communautarisme,
04:29vous avez des gens qui rejettent totalement l'État
04:30et qui rejettent totalement une partie de la population,
04:34et surtout, qui font du racisme anti-blanc,
04:36oui, c'est une réalité, et ça ne fait que ça.
04:38Et ce que je voulais rajouter,
04:39c'est qu'avec cette décision du parquet ou pas,
04:42je ne sais pas s'il avait les éléments au moment
04:43de son réquisitoire, cela dit,
04:45pour le réquisitoire définitif,
04:46il devait avoir les éléments,
04:48je ne suis pas sûr que ça arrange les choses,
04:50en fait, de fermer les yeux sur cette réalité-là,
04:52que tous les gens connaissent, en fait, dans la rue,
04:56et pour moi, le parquetier,
04:58ou en tout cas, le procureur qui a pris cette décision,
05:00il est complètement dehors de la réalité,
05:02voilà, et c'est dommage.
Commentaires