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  • il y a 4 heures
Avec ses invités, Thierry Cabannes débattent des thèmes forts de la journée.

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00:00Et d'abord, priorité donc au terrain, on va aller à Samé d'Aranjal où il y a un hommage
00:04organisé ce soir, un hommage national,
00:07pour les deux sapeurs-pompiers qui ont trouvé la mort près de l'aéroport de Bordeaux-Mériniens, que c'était
00:12ce mardi.
00:13Je vous propose d'écouter le maire.
00:14Chagrin de voir évidemment deux jeunes hommes perdre la vie en allant secourir, en allant faire leur métier,
00:23en allant aider les autres, empêcher des catastrophes plus grandes encore.
00:30Et c'est deux hommes qui ne sont pas revenus.
00:33Et j'ai une pensée particulière évidemment pour les familles.
00:38Je sais malheureusement ce que représente la perte d'un enfant.
00:44Et il n'y a pas de douleur plus grande que celle-ci.
00:48Il n'y a pas de choc plus brutal, plus violent que celui-ci.
00:53Et je vous assure qu'au-delà de notre soutien et de mon soutien, c'est vraiment de toute mon
01:01âme que je comprends ce que vous vivez depuis 48 heures.
01:08Alors nous vous devons le respect, la reconnaissance pour le travail accompli.
01:15Vous êtes encore pendant ce deuil mobilisé sur des grands incendies, pas loin d'ici, hélas.
01:25Et malgré la peine, vous êtes encore au rendez-vous.
01:30Et bien sûr, j'ai élargi cet hommage au-delà de Saint-Médard-Angeal, à Toulouse 10-33 et plus
01:37largement à toute la France.
01:39Donc nous garderons pour toujours le souvenir de Wilfrid et Anthony, que nous connaissons aussi comme responsables associatifs.
01:50Je pense par exemple au Téléthon, qui ont tant donné pour les autres, pour notre ville, pour nos villes, avec
02:00M. le maire de Saint-Jean-d'Iac,
02:03qui avaient la passion de leur métier, un incroyable dévouement, une grande énergie qui était portée par cette envie d
02:14'aider les autres, de porter secours, de secourir.
02:18Et ils l'ont fait tant de fois qu'ils ont marqué les esprits, bien sûr, dans la caserne, mais
02:28au-delà, dans toute la ville.
02:30Et toute la ville aujourd'hui est dans le chagrin. Je crois que c'est le mot aujourd'hui, c
02:36'est le chagrin que nous traversons dans ce moment si difficile pour vous.
02:45Mais je voulais simplement vous faire part avec cette cérémonie de tout le soutien des habitants, des associations, des entreprises,
02:57des commerces.
02:57Tout le monde s'est manifesté. Et ce soutien ne doit pas être le temps d'une manifestation.
03:03Ce soutien, il se mesure aussi dans la durée, dans le temps, de ce que nous pourrons faire pour vous
03:11accompagner, évidemment, avec nos moyens, qui sont ce qu'ils sont.
03:15Mais sachez que nous sommes là. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, toute la ville est là
03:23pour essayer de vous aider et de vous accompagner dans ce moment si difficile.
03:29Puis au-delà du chagrin, il y a le respect pour votre engagement, la reconnaissance de ce métier si difficile
03:38que vous avez choisi d'exercer et que d'autres exercent à votre côté, s'agissant des volontaires.
03:46C'est un métier évidemment extraordinaire puisqu'il s'agit de sauver les autres quand c'est possible, en tout
03:56cas d'être là, de répondre présent jour et nuit, quels que soient les moments qu'on traverse,
04:02quelle que soit la difficulté, d'y aller là où le réflexe qui est celui, et c'est normal de
04:09la plupart des gens, est plutôt de partir, vous y allez pour essayer de sauver ce qui peut l'être.
04:16Et parfois au péril de votre santé et au péril, hélas, parfois de vos vies.
04:23Donc je voulais vous témoigner, au nom de tous les collègues présents et surtout au nom de toute la population,
04:29notre immense chagrin, notre immense reconnaissance, notre immense respect.
04:34Et nous allons, après que vous ayez dit quelques mots, observer une minute de silence ensemble parce que je crois
04:43que nous avons besoin d'être ensemble dans ce moment-là.
04:46C'est quelque chose d'important aujourd'hui, mais surtout pour la suite.
04:52Et puis une minute minimum, mais elle a déjà bien commencé, d'applaudissements, en témoignage du respect immense que toute
05:01la ville vous porte.
05:06Voilà, c'est le discours.
05:09Je vais essayer de vous dire quelques mots, de vous dire quelques mots en hommage à Antoé et Oï.
05:20Je voulais surtout vous remercier pour les témoignages innombrables qu'on reçoit à la caserne, les quantités immenses de fleurs
05:27en leur hommage.
05:29C'était des professionnels et des volontaires, mais c'était avant tout des hommes en or.
05:35J'ai eu la chance immense de les rencontrer quand ils sont venus faire leur formation d'intégration à Bassens.
05:43Et j'ai eu une autre chance immense, c'est de devenir leur chef de centre quand je suis arrivé
05:47ici.
05:49C'était des gars exemplaires, adorables, sympas, moteurs, puisque la folie des grandeurs ne leur faisait pas peur.
06:01Ils ont commencé par courir le télétourne sur 4 heures, ils ont fini l'année dernière par le courir sur
06:06une nuit.
06:06Et là, le projet était lancé de rejoindre Paris en courant et en vélo.
06:11On va le faire pour eux.
06:13On va le faire pour eux, parce qu'on est 170 à la caserne à Sameda.
06:19On est 340 avec les femmes, on est beaucoup plus avec les enfants et on est encore beaucoup plus avec
06:23votre soutien à vous.
06:26Et voilà, les mots sont peu de choses.
06:29On est finalement peu de choses ici, mais sachez en tout cas que votre soutien et vos mots nous font
06:35du bien.
06:37Malheureusement, ça ne les ramènera pas, mais je sais que depuis là-haut, ils continueront à veiller sur Sameda, à
06:42veiller sur les communes qu'on défend.
06:45Surtout, ils veilleront sur leur famille, pour lesquelles on sera présent tout le temps et à jamais, comme on se
06:50le dit tout le temps.
06:52Mais voilà, je ne vais pas être beaucoup plus long.
06:54Merci à tous pour votre soutien et on ne vous oubliera pas, les gars.
07:08Beaucoup d'émotions, évidemment, à Sameda Ranjal, en hommage à ces deux sapeurs-pompiers qui ont trouvé la mort mardi
07:15en exerçant leur métier,
07:18en luttant contre l'incendie qui touchait l'aéroport de Bordeaux-Mérignac.
07:23Nous sommes toujours avec Patrick Chavada, membre de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
07:28Des mots très forts, évidemment, du maire de la commune de Sameda Ranjal et puis du...
07:33Je suppose que c'était le patron de la caserne des pompiers de Sameda Ranjal, Patrick Chavada, qui s'est
07:39exprimé.
07:41Oui, tout à fait. Ce sont deux vies qui se sont stoppées nettes.
07:45Anthony et Wilfried, ils avaient 34 ans. Ils avaient toute la vie devant eux.
07:49Et effectivement, c'est un métier qui est dangereux.
07:52On le sait. Quand on part sur intervention, on essaye de mesurer les enjeux et de se protéger.
07:58Mais malheureusement, de temps en temps, quelquefois, les éléments sont plus forts que nous.
08:03Et on a des collègues qui perdent la vie.
08:06Alors, il faut savoir qu'une caserne de pompiers, c'est une famille.
08:09On a la partie, je dirais, professionnelle où on travaille.
08:12Mais on a ce qu'on appelle l'amicale.
08:14Dans toutes les casernes de pompiers, il y a une amicale des sapeurs-pompiers.
08:17Et c'est cette amicale qui va faire des fêtes de famille, qui va faire le Noël avec les enfants.
08:22On va faire des lotos, on fait des repas.
08:24Et donc, c'est vraiment, pour cette caserne, c'est deux membres de la famille qui sont partis.
08:29– Et le maire de la commune l'a dit, il faut que ce soutien se mesure dans la durée.
08:38Évidemment, ce sont des mots très forts et qui résonnent pour le quotidien qui est le vôtre et ceux de
08:43vos collègues.
08:45– Bien évidemment, les familles vont être épaulées,
08:48que ce soit déjà par le SDIS de la Gironde, par l'Union départementale des pompiers de la Gironde.
08:54Mais il faut savoir que la Fédération nationale des pompiers de France
08:57a une vocation sociale et donc on va être en appui derrière pour accompagner ces familles.
09:03S'il y a des enfants qui sont malheureusement orphelins suite à ces deux décès,
09:09ils vont être pris en charge pendant toute leur scolarité et jusqu'à la fin de leur scolarité
09:13par ce qu'on appelle l'œuvre des pupilles, qui est là justement pour accompagner nos enfants
09:17qui perdent eux de leurs parents sur un incendie ou sur une intervention particulière.
09:21– Et je le dis pour les auditeurs d'Europe 1, on a vu sur l'image cette minute de
09:28silence
09:28et des applaudissements nourris pour Wilfried et Anthony et le maire de la commune.
09:35C'était deux hommes qui étaient en plus engagés dans cette commune de Samé d'Aranjale
09:40qui avaient un véritable rôle social également, Patrick, Patrick Chabada.
09:47– Oui, tout à fait, en règle générale, les sapeurs-pompiers sont investis dans la vie locale,
09:52que ce soit dans le milieu associatif, dans la cité, et donc on est là, on est présent,
09:57on participe aux activités, donc on est connus.
10:00Donc Anthony et Wilfried, c'était des sapeurs-pompiers, je dirais professionnels,
10:04mais c'était des passionnés, c'était des gens expérimentés,
10:07et donc effectivement, on a perdu deux des nôtres, je dirais trois,
10:12en rajoutant Baptiste Gervaux-Valentengue du SDIS de Samoa
10:16qui malheureusement est décédé à 22 ans par la chute d'un rocher.
10:19Et cette année, notamment pour les feux de forêt, on est en train de payer un lourd tribut.
10:25– Restez avec nous, on va faire un petit tour de table avec mes invités qui m'accompagnent ce soir.
10:29François de Durugy, on l'a vu, des mots très forts, très simples et très forts
10:32du maire de cette petite commune de Gironde,
10:35et l'émotion est immense.
10:39– Oui, parce qu'on sait que les sapeurs-pompiers, on les surnomme parfois les soldats du feu,
10:44ils montent au front, au front des incendies pour nous protéger.
10:47Et ça, il ne faut quand même jamais l'oublier.
10:49C'est particulièrement vrai avec ces incendies de forêt
10:53qui sont très impressionnants par leur ampleur,
10:55qui peuvent mettre en péril des campings, des habitations,
10:59mais c'est vrai tout au long de l'année, il ne faut pas l'oublier.
11:01C'est vrai pour un feu dans un immeuble, en ville.
11:05Et parfois, on a peut-être tendance à l'oublier,
11:07parce qu'on parle des violences qu'il peut y avoir sur les policiers, les armes, etc.
11:13– Les pompiers n'échappent pas à la règle dans certaines communes.
11:15– On pense aux militaires aussi,
11:16qui peuvent aussi aller agir au péril de leur vie,
11:19parfois loin de France.
11:20Les pompiers, c'est au quotidien, sur tous les territoires de France,
11:23ils sont près de nous, ils nous protègent,
11:25souvent sans faire de bruit, sans drame, heureusement.
11:30Mais il y a quand même, malheureusement, tous les ans,
11:33je regardais les chiffres, il y a une dizaine de morts chaque année,
11:36de pompiers en service.
11:38Heureusement, maigre lot de consolation, c'est à la baisse.
11:42Il y en avait une trentaine dans les années 80,
11:44ensuite une vingtaine dans les années 90,
11:46et grâce à des meilleurs équipements,
11:48grâce à une meilleure protection quand ils sont en service,
11:52mais malgré tout, c'est toujours trop.
11:54Et en effet, ce sont des hommes jeunes,
11:56qui avaient peut-être des enfants, en tout cas une famille.
11:58Et donc, c'est évidemment très, très émouvant,
12:00on imagine, pour cette commune.
12:02Mais moi, je trouve partout en France,
12:04de se dire, et il faut y penser,
12:07y compris aussi peut-être le redire,
12:09parfois l'imprudence, l'imprévoyance,
12:12l'irresponsabilité, je ne parle même pas des gestes criminels,
12:14pour cet incendie qui a fait de morts les sapeurs-pompiers,
12:19on ne sait pas encore l'origine.
12:20Elle est peut-être criminelle.
12:22Et encore une fois, rappelons-le,
12:25neuf départs de feu sur dix sont d'origine humaine.
12:30Et la moitié sont d'origine criminelle.
12:32Et on voit les conséquences.
12:33Mais Mona Itterman, c'est vrai que je trouve
12:35que cette phrase est importante du maire de Saint-Médard-Angeal,
12:40et donne corps aux propos tenus par François de Rugy.
12:43Parfois, dans certaines cités,
12:46les pompiers sont agressés,
12:48tout comme les policiers, les infirmiers, etc.
12:51Et ça nous renvoie à la réalité de leur mission.
12:55Quelle injustice, en effet, de les savoir en péril,
12:58alors qu'ils portent secours.
13:00Alors, dans une grande ville comme Paris,
13:01on n'a pas trop de contacts avec les pompiers,
13:03sauf quand vous tombez par thèse,
13:04qui était mon cas,
13:04et que vous emmène à l'hôpital,
13:05vous les voyez de près.
13:06Je vis une partie de mon temps dans une petite ville,
13:08de province.
13:08Là, il y a plus de contacts avec les pompiers.
13:12Je peux témoigner du fait que ce sont des gens
13:14qui ont du cœur.
13:15Ce sont des idéalistes.
13:16Et puis, d'autre part,
13:17je les ai vus un jour à Tétovo, en Macédoine,
13:19lorsqu'ils portaient secours aux Albanais,
13:22puisqu'ils fuyaient la guerre.
13:24Et là, pareil, comme en France,
13:26ils aidaient.
13:27Ce sont vraiment des gens...
13:28Ce n'est pas par hasard
13:29qu'ils s'engagent dans cette profession-là.
13:31Ce n'est pas pour gagner de l'argent.
13:32Ce n'est pas pour avoir un revenu faramineux.
13:35Ce n'est même pas pour avoir des médailles.
13:37Mais c'est juste parce qu'ils veulent aider.
13:39Aider.
13:39Au fond, ce sont un peu des anges gardiens civils,
13:44laïcs, de notre vie au quotidien.
13:46Et c'est pour ça que c'est absolument inadmissible
13:48qu'ils soient sous attaque.
13:50Ces deux gars de 34 ans, franchement,
13:52ça fait mal au cœur.
13:53Un dernier mot sur le sujet, peut-être,
13:56Mehdi Arèche.
13:57Et puis, je saluerai Patrick Chavada,
13:59qui nous écoute.
14:02Beaucoup de choses ont été dites.
14:03C'est plus un mot personnel.
14:05Moi, j'ai 33 ans.
14:06J'imagine que perdre la vie à 34 ans.
14:08C'est terrible.
14:09Voilà.
14:10Donc, pour une personne comme moi,
14:12je suis dans la même catégorie d'âge qu'eux.
14:16J'imagine ce que c'est pour leurs parents.
14:17J'imagine ce que c'est pour leurs enfants,
14:19s'ils en ont, pour leur famille.
14:20Donc, merci à eux d'avoir fait ce sacrifice.
14:23Patrick Chavada, un dernier message,
14:25peut-être adressé sur CNews et sur Europe 1.
14:31Le dernier message, c'est...
14:34Il faut vraiment que la population et le citoyen,
14:38nous soyons acteurs de notre propre sécurité
14:40et vraiment appliquer les consignes de sécurité,
14:43les consignes de prévention pour éviter ces drames.
14:45On ne sait pas quelle est l'origine de ce départ de feu,
14:48mais 9 feux sur 10 sont d'origine criminelle,
14:50ce qui veut dire que quand on intervient,
14:52des collègues peuvent décéder sur des feux
14:54qui sont mis imprudemment.
14:55Donc, il faut vraiment que la population
14:57prenne en compte que leurs actes
15:00peuvent avoir des répercussions importantes
15:03jusqu'à la perte de vie humaine.
15:05Merci d'avoir accepté de témoigner.
15:06Patrick Chavada, je rappelle que vous êtes membre
15:08de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
15:10Un tout dernier mot, Arnaud Clasferne.
15:12Ils sont courageux, les pompiers,
15:15athlétiques et rendent des services au quotidien
15:17et les Français ne s'y trompent pas
15:19parce que c'est sans doute le corps républicain
15:21qui doit être le plus populaire.
15:23Et d'ailleurs, de nombreux Français
15:25font des legs aux œuvres sociales des pompiers.
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