- il y a 6 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Le baromètre politique, on va l'évoquer maintenant parce que la température est montée d'un cran aussi depuis que
00:05Marine Le Pen s'est officiellement lancée en campagne
00:07après l'arrêt de la cour d'appel concernant l'affaire des assistants parlementaires.
00:13Elle a été condamnée en appel pour détournement de fonds publics.
00:16Ça ne l'a pas empêché Marine Le Pen de partir au combat du côté de la Flèche, dans la
00:20Sarthe, et surtout d'être maintenant en tête des sondages.
00:23Si l'on se fie à la dernière étude IFOP qui a été tout à l'heure analysée par son
00:27auteur Frédéric Dhabi,
00:29Marine Le Pen largement devant les intentions de vote au premier tour,
00:33donnée gagnante face à trois candidats potentiels au deuxième tour, Gabriel Attal, Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon.
00:39Et elle fait même mieux que Jordan Bardella. Frédéric Dhabi.
00:44La dernière enquête qu'on a faite il y a 15 jours, on avait 4-5 points d'avance pour
00:48Bardella sur Marine Le Pen
00:50parce qu'il y avait cette intériorisation qu'elle n'irait pas.
00:53Et là, avec cet effet de déclaration, même si on a sondé à chaud, il faut être extrêmement prudent,
00:58il y a un temps de digestion de l'opinion publique.
01:01Dans toute une série de catégories bardellistes, si je puis dire, où Jordan Bardella avait percé,
01:05Marine Le Pen a refait presque automatiquement son retard.
01:08Je fais référence aux jeunes, aux cadres supérieurs, aux dirigeants d'entreprises,
01:13et surtout à cet électorat de droite, l'électorat de Pécresse, d'Éric Zemmour,
01:19qui sont tentés par l'Union des droites.
01:22– Voilà, on va en discuter, en débattre maintenant avec Raquel Garrido.
01:25Bonsoir, Raquel Garrido, députée, qui est ancienne députée de la France Insoumise,
01:30aujourd'hui avec le mouvement L'après.
01:32Et puis Victor Gros de Valeurs Actuelles.
01:34– Bonsoir Victor.
01:34Alors, voie royale ou chemin de croix qui s'annonce pour Marine Le Pen, Victor ?
01:39– Alors, c'est les deux.
01:40C'est les deux.
01:41Chemin de croix parce qu'évidemment, ça va être une campagne, comment dire, compliquée à mener,
01:46du fait tout simplement qu'il va falloir répondre sur le plan judiciaire
01:48à chaque fois qu'un adversaire lui sortira,
01:50ou chaque fois qu'un passant sortira des casseroles par exemple.
01:53C'est des images qu'on a l'habitude de voir dans le genre de campagne qu'on s'apprête
01:56à vivre.
01:58Voie royale, je le crois aussi, parce que Marine Le Pen pour l'instant,
02:01et on le voit d'ailleurs dans les enquêtes d'opinion que vous avez citées,
02:04comment dire, elle n'a pas été désavouée,
02:06mieux, elle fait des scores plus hauts que ce qu'on imaginait,
02:08plus haut que ce qu'on voyait dans les enquêtes d'opinion jusqu'ici.
02:11Il y a un côté, c'est d'ailleurs à mon avis le sens de son slogan, la renaissance,
02:15il y a un côté phénix, c'est-à-dire il y a un côté femme qu'on n'arrive
02:18pas à tuer,
02:19qui ne se laisse pas abattre comme ça.
02:20– Un effet résurrection.
02:21– Exactement, c'est je ne me laisse pas abattre,
02:23j'y vais un petit peu au culot si vous voulez.
02:26Ça à mon avis, il y a une part de Français qui aime bien ce tempérament-là.
02:30Bon maintenant, le grand défi pour le Rassemblement National,
02:32ce n'est pas d'arriver au second tour,
02:34c'est de rallier 50% plus une voix au second,
02:37donc c'est ça qui sera peut-être le temps.
02:38– Vous avez vu, pour l'instant, elle bat tout le monde, même Édouard Philippe.
02:41– Exactement, la compagnie est encore longue.
02:43– D'accord, mais qui semble être son candidat le plus redoutable.
02:45– Ça, je ne m'y attendais pas.
02:46J'avoue, quand je vois Marine Le Pen battre, hypothétiquement,
02:49aujourd'hui à 54% Édouard Philippe à un second tour,
02:51je me dis, tiens, il y a quand même un effet de soutien massif à Marine Le Pen
02:54que je pensais plutôt battu.
02:55– Alors, voix royale ou chemin de croix ? Je repose la même question.
02:58– Moi, je ne veux donner aucun crédit aux sondeurs,
03:00mais il me semble que, déjà d'une part,
03:02on sait que l'extrême droite est forte dans ce pays.
03:04Aux élections législatives, dans les urnes,
03:06cette fois, pas dans les sondages,
03:07ils ont fait 10 millions de voix, ce parti-là,
03:10et c'est un stock de voix qui est politiquement homogène,
03:13finalement, quel que soit le ou la candidate.
03:16Deuxièmement, en revanche, je pense qu'il y a en France
03:19une vague de dégagisme,
03:20et je ne suis pas du tout certaine que les Français soient contents
03:23de la culture d'impunité politique et des abus de pouvoir.
03:26Et là, on est face quand même à une femme
03:28qui recherche, avant tout, de partir en cavale à l'Élysée.
03:35Parce qu'effectivement, la Constitution confère
03:38à la fonction présidentielle l'immunité présidentielle,
03:41et on sait toutes et tous que si elle est condamnée définitivement
03:46pour détournement de fonds et qu'elle met un pied à l'Élysée,
03:49personne ne lui mettra de bracelet,
03:51personne ne fera exécuter une décision de prison ferme.
03:56C'est ce qui est prévu par la Constitution,
03:58et c'est la raison pour laquelle je considère
03:59qu'on est actuellement dans un état de crise profonde
04:02de la démocratie française, de la justice française,
04:06de notre éthique globale.
04:07Et j'en veux énormément au parquet.
04:09J'en veux énormément au parquet.
04:11Le parquet, qui est censé poursuivre les délinquants dans ce pays,
04:14a obtenu du tribunal correctionnel une condamnation
04:19de Marine Le Pen et de ses acolytes pour détournement de fonds,
04:22a obtenu l'exécution provisoire d'une décision
04:27d'inéligibilité.
04:28Et maintenant que Marine Le Pen n'accepte pas
04:32la décision de l'arrêt de la Cour d'appel
04:34et a formé un pourvoi contre cette décision,
04:37maintenant le parquet nous dit
04:38« Ah non, l'exécution provisoire de la décision de première instance
04:44n'a pas lieu », ce qui est quand même lunaire.
04:47La preuve que ça a lieu, c'est qu'elle n'est pas conseillère départementale.
04:52Marine Le Pen a reçu une lettre de la part de la préfecture du Nord
04:56pour démissionner de son siège de conseillère départementale.
05:00Là, elle ne va pas être réinstituée.
05:01D'accord ?
05:02Donc en fait, l'exécution provisoire de cette peine d'inéligibilité,
05:06elle court.
05:07Et c'est d'ailleurs ce qu'a dit la Cour de cassation en 1993,
05:11en septembre 1993.
05:12C'est ce qu'a dit le Conseil d'État en 2009.
05:14Et c'est la logique...
05:15Non, ce n'est pas ce qu'a dit ce matin Rémi Etz, le procureur.
05:17Eh bien Rémi Etz, pardon, son travail dans la vie...
05:19C'est le plus haut magistrat de France.
05:21Non, non, non, non, non, c'est le parquet.
05:23Alors là, peut-être que c'est un peu technique pour les gens
05:26qui nous écoutent à la maison.
05:27Mais il y a une très grande différence.
05:29Il vous a contredit officiellement ce matin.
05:30Oui, oui, et c'est grave, et c'est grave.
05:31Mais on voit bien qu'il y a un débat de juristes.
05:32Vous êtes avocate, lui, il est magistrat, vous ne dites pas la même chose.
05:35Lui, son rôle, c'est le parquet.
05:36C'est-à-dire que lui, au nom de nous, les citoyens,
05:39il doit poursuivre les délinquants.
05:41Il a une délinquante sous les yeux.
05:43Il a obtenu sa condamnation.
05:44Il a obtenu l'exécution provisoire d'une décision de justice.
05:47Et maintenant, alors que c'est lui qui doit obtenir
05:49l'application de cette exécution provisoire,
05:51il dit, ah non, mais finalement, c'est pas comme si, c'est pas comme ça.
05:54Alors, qui nous défend, nous, alors ?
05:55Les citoyens, face au politique véreux.
05:58Peut-être qu'il ne défend pas votre point de vue,
06:00mais qu'il défend ce qu'il estime être le mieux du point de vue du droit.
06:02Alors, la jurisprudence de 93, c'est le grand débat depuis deux jours,
06:05la jurisprudence de 93, je vais très vite là-dessus,
06:07parce que c'est un peu technique,
06:08elle est extrêmement contestée.
06:09Je veux dire, il n'y a pas de point d'accord, de consensus.
06:12Il est contesté par Marine Le Pen ?
06:12Non, non, non, il y a des professeurs de droit qui disent...
06:14J'ai passé la journée au téléphone ces deux derniers jours
06:16avec des avocats, des magistrats, des conseils,
06:18qui me disent tous, ça dépend, on ne sait pas.
06:20Eh bien, ça signale qu'il y a dans les élites de ce pays
06:23l'acceptation d'une corruption politique
06:26pour quiconque se prétend futur président.
06:29Mais, écoutez, il faut lui poser la question,
06:31il faut lui poser la question.
06:32Il faut lui poser la question.
06:32Je suis surpris.
06:33Écoutez, je constate que son travail à Rémillette,
06:36c'est de poursuivre les délinquants.
06:38Il a une délinquante sous les yeux.
06:40Si Marine Le Pen voulait que l'arrêt de la Cour d'appel s'applique,
06:43il fallait à ce moment-là qu'elle ne forme pas de pourvoir
06:46contre cet arrêt.
06:47On verra que l'interprétation sera retenue.
06:50La jurisprudence est en train d'écrire sous nos yeux, là.
06:52On est dans l'inconnu total,
06:53et les juristes, notamment la Cour de cassation et le Conseil constitutionnel,
06:56encore faut-il que le parquet pose la question...
06:59Excusez-moi, mais je suis sa passionnée française, ça, pardon.
07:02De savoir si elle peut se prétendre ou pas.
07:03Raquel Garrido aimerait que Marine Le Pen soit inéligible.
07:06Qu'on revienne à la peine.
07:08C'est qu'il y a un tribunal qui l'a dit.
07:09C'est pas que j'aime.
07:10Un tribunal qui l'a déclaré inéligible pour 5 ans
07:12avec exécutif de l'histoire.
07:14Vous voudriez qu'on revienne à la peine de première instance,
07:17si je comprends bien.
07:18Je n'ai pas de volonté.
07:19Je suis aboulique en la matière.
07:21J'ai lu un jugement.
07:23Et dans l'état de droit, la France, normalement...
07:25Je n'ai pas pour qu'elle soit inéligible.
07:26Mais parce que je trouve que les élites, là, sont en dessous de tout.
07:28Mais pourquoi ne pas faire confiance au peuple ?
07:29C'est au peuple.
07:30Et Marine Le Pen dit, d'ailleurs...
07:31Attendez, Marine Le Pen dit, c'est au peuple de me juger.
07:34Voilà, donc elle, elle dit impunité.
07:36Elle, elle dit, je veux être présidente.
07:37Non, elle dit souveraineté populaire.
07:38Non, non, non, non.
07:38Elle dit, je m'assois sur une décision de justice.
07:41Ça va que Victor Hérault vous réponde, quand même.
07:41Parce que ça ne s'applique pas à moi.
07:45Victor Hérault.
07:46C'est un recours légitime dans un état de droit.
07:49Ce n'est pas mon argument, c'est ce que Marine Le Pen a dit, c'est au peuple de
07:52me juger.
07:53C'est aussi l'argument de la Cour d'appel.
07:54Pour moi, le pourvoi, il est simple.
07:55Le pourvoi, il suspend les effets de la décision de l'arrêt de la Cour d'appel.
07:59À partir de ce moment-là, l'exécution provisoire de la décision de première instance devrait s'appliquer.
08:05Mais Raquel Garrido, c'est votre interprétation juridique.
08:07Il y en a d'autres, donc on ne va pas faire un débat de juridique pendant un quart d
08:10'heure.
08:10C'est un débat démocratique.
08:12Parce que quand il y a les tribunaux dans ce pays qui décident des choses,
08:15on ne peut pas le soir après que ce ne soit pas appliqué.
08:17Je suis surpris, honnêtement, de vous voir aujourd'hui défendre ce point de vue.
08:20Parce que les archives ne mentent pas.
08:22Je suis remonté dans votre Twitter, sur votre tweet, jusqu'à 2018.
08:262018, Lula, au Brésil, est menacé d'incarcération pour l'histoire de corruption, etc.
08:31On connaît l'affaire.
08:32Et à ce moment-là, vous écrivez et vous défendez la position que je défends aujourd'hui,
08:36c'est-à-dire le contraire de ce que vous défendez aujourd'hui.
08:37Je lis attentivement le tweet.
08:38C'est une question de principes.
08:40Attendez, vous êtes en train de comparer la justice française avec la justice brésilienne.
08:44Le juge qui a envoyé Lula en prison est aujourd'hui en prison.
08:48Ça va ?
08:49Laissez-moi le lire, c'est très rapide.
08:50Ça vous arrange bien.
08:52Quand les juges modifient le panorama politique
08:56avant l'intervention d'un jugement définitif,
08:59c'est limite sur le plan démocratique.
09:01Ça vaut au Brésil, comme en France d'ailleurs.
09:04Vous écrivez ça en 2018.
09:06Vous voudriez que Marine Le Pen soit inéligible aujourd'hui.
09:08En tous les cas, vous défendez la peine de première instance
09:10qui a été infirmée par l'appel puisqu'il dit que la peine a été purgée d'inélégibilité.
09:15Et Marine Le Pen s'est pourvue en cassation.
09:16Et donc, la peine n'est pas définitive.
09:18Je lis vos mots.
09:20Changer le panorama politique avant l'intervention d'un jugement définitif,
09:23la cassation, c'est limite sur le plan démocratique.
09:25Donc, votre position aujourd'hui est l'exact inverse de la position que vous défendez vis-à-vis de Lula.
09:29Non, ça n'est pas...
09:30Écoutez, d'abord, je vous fais confiance sur mes anciens tweets.
09:33Je vous en donne crédit.
09:35D'abord, le Brésil n'a rien à voir avec la France.
09:37Vu que le juge...
09:38Pour le Brésil comme pour la France, d'ailleurs.
09:39Victor, le juge qui a incarcéré Lula contre la loi est aujourd'hui en prison, d'accord ?
09:44Bon, ce n'est pas la situation en France.
09:46En France, nous avons des lois sur la probité.
09:48Vous avez des hommes et des femmes politiques qui se font élire,
09:51qui ont des positions de pouvoir,
09:52qui abusent de ce pouvoir pour détourner de l'argent, d'accord ?
09:55Donc, la peine, qui est une peine, on va dire, de prison, une peine d'amende,
09:59on l'a sortie en plus d'une peine d'inélégibilité,
10:02qui est une peine spécifique de protection de la démocratie.
10:05Parce que nous, les citoyens, si on envoie des gens en pouvoir
10:08qui ensuite contournent et détournent l'argent...
10:10Non, c'est pour ça qu'on a fait des lois sur l'inéligibilité,
10:13pour nous protéger la démocratie.
10:16Ça protège la démocratie de ne pas envoyer au pouvoir
10:19ou de rendre inéligibles des personnes qui ne sont pas dignes de leur fonction politique.
10:23On n'est pas dans le cadre...
10:25Pour être très clair, vous avez dit nos téléspectateurs, vous serez d'accord avec moi.
10:27On n'est pas dans le cadre d'un politique qui détourne de l'argent
10:29à des fins privées, personnelles, etc.
10:31On est dans le cadre d'un politique européen
10:33qui détourne de l'argent d'enveloppe européenne vers de la politique nationale,
10:37c'est-à-dire toujours vers de la politique.
10:38Ce n'est pas exactement la même chose.
10:39Je vais vous dire pourquoi c'est exactement pareil, Victor Hérault.
10:43Parce que l'argent, les centaines de milliers d'euros qu'a obtenu...
10:49Désolé, mais en tout cas, beaucoup de gens doivent se poser des questions.
10:53Nous parlons d'un secteur...
10:54Si on prenait les choses simplement par leur niveau économique,
10:58il s'agit de 700 000 personnes qui ont un emploi,
11:02qui en vivent, qui ont une vie de famille
11:04et qui apportent quelque chose à la société dont personne ne conteste l'importance.
11:09Et même mieux, on va dire, comme c'est Avignon et que c'est le théâtre,
11:14le phénomène depuis deux ans, c'est que les théâtres se re-remplissent beaucoup.
11:19Ce qui envoie un signal de la part de la population
11:23comme une demande de diversité, d'interpellation,
11:26qui est le rôle de la culture, si on veut faire bref.
11:30Et tout ça est en train de mourir.
11:34J'allais dire à petit feu, mais ce n'est plus le cas des petits feux.
11:37Maintenant, on est carrément dans les grands feux.
11:39C'est-à-dire que c'est des coups terribles dans le financement public.
11:42Et puis entouré d'un discours infâme,
11:45qui consiste à considérer la culture comme une espèce de supplément d'âme,
11:49dont on peut se passer.
11:50Il y a plusieurs gens.
11:54Voilà, on a un problème avec Jean-Luc Mélenchon,
11:56on dirait qu'il est au Festival d'Avignon,
11:57il doit parler culture.
11:58Et bien évidemment, il y aura une question sur le cas de Marine Le Pen.
12:01Donc revenons à cette campagne qui vient de se lancer.
12:04Alors attendez, pardonnez-moi, je répondais juste à Victor.
12:06D'ailleurs, il disait qu'il n'y avait pas d'enrichissement personnel.
12:08Alors, regardez bien.
12:10Le Parlement européen a donné de l'argent
12:13à des collaborateurs parlementaires
12:15qui en réalité servaient le parti.
12:17Ça a fait des économies substantielles pour ce parti
12:19qui du coup a pu avoir de l'argent
12:21pour payer des salaires considérables à Marine Le Pen et à ses proches.
12:24On parle de salaire de 10 000 euros par mois,
12:26par exemple, pour elle et pour ses proches.
12:27Donc ce parti-là, indirectement,
12:30bien sûr qu'il a utilisé l'argent du Parlement européen
12:32pour aller directement payer les salaires de Marine Le Pen.
12:35C'est bien de l'enrichissement personnel, ça.
12:37Et c'est donc la question, là on est en train d'avoir le débat
12:39que les magistrats doivent avoir, ont eu
12:41et vont avoir encore en cassation
12:42puisque la question, pas sur le fond,
12:44mais sur le droit qu'il va poser Marine Le Pen
12:46à la Cour de cassation, le litige,
12:48il est sur le fait, l'application du code,
12:50cet article du code pénal dont j'ai oublié le numéro,
12:52mais qui pose cette question-là
12:53de est-ce que l'interprétation que vous avez faite
12:55en première et en deuxième instance de cet article,
12:58est-ce qu'il y a réellement un délit dans ce que nous avons fait ?
13:00Est-ce que tout ça est justifié ?
13:01La Cour de cassation tranchera sur ce...
13:03Ça, c'est pas à nous d'avoir ce débat, c'est à la Cour de cassation.
13:05Je propose qu'on ne va pas refaire le procès
13:09des hommes et des femmes politiques qui ne détournent pas l'argent public.
13:12Et on a le droit que ces gens-là
13:14n'aient pas le droit de se présenter.
13:16Ben voilà.
13:18Donc ça devrait quand même être consensuel.
13:20Je pense qu'il y a quand même
13:23un esprit de laxisme
13:24dans les élites françaises
13:26et que dès lors qu'on touche à la fonction présidentielle
13:28et à la photo présidentielle...
13:30J'ai entendu ici plus de férocité
13:32contre Hamza du canal Saint-Martin
13:34que contre les détourneurs
13:36de fonds publics.
13:38C'est quand même le monde, c'est la tête à l'envers.
13:40Si on peut en placer une,
13:41on est dans un pays qui a condamné
13:42un ancien président de la République
13:43qui s'appelle Jacques Chirac.
13:44Il y a actuellement un ancien président de la République
13:46qui est en procès,
13:48Nicolas Sarkozy,
13:49qui attend son jugement.
13:50Qui a fait trois semaines de prison.
13:51Et on vient de condamner
13:52Marie Le Pen.
13:53Bon exemple !
13:54Pour un pays que vous présentez
13:55comme laxisme avec le monde politique,
13:57les faits vous donnent tort.
13:57Oui, non, parce que Nicolas Sarkozy...
13:59Nicolas Sarkozy...
14:00Il a changé d'époque, on voit bien.
14:01Nicolas Sarkozy,
14:02peut-être qu'il n'aurait pas dû
14:03être candidat et être président.
14:05Peut-être que lui aussi,
14:05il est parti en cavale à l'Élysée.
14:07Peut-être que nous, en France,
14:08il faut qu'on s'arrête.
14:09C'est toujours ce qu'il finit condamné.
14:10Vous êtes contre l'immunité présidentielle.
14:13C'est trop tard.
14:14Donc, 10, 15, 20 ans plus tard,
14:15on va obtenir justice,
14:17alors que c'est la démocratie
14:19qui est en jeu là.
14:20Mais la justice est trop lente, sans doute.
14:21Vous avez raison.
14:23Et surtout, personne ne veut l'appliquer.
14:24On a un ministère public
14:26qui est dans la carence totale
14:27par rapport à sa fonction.
14:28Est-ce que les électeurs
14:29qui attendent de voir Marine Le Pen condamnée,
14:31j'entends votre argument,
14:33prévalent ou valent à égalité
14:35avec ceux qui aimeraient pouvoir voter
14:36pour Marine Le Pen ?
14:37Mais ce n'est pas une opinion.
14:37La question de fond, c'est ça.
14:38Les électeurs vont être protégés
14:40des politiciens véreux,
14:42protégés,
14:42c'est assez d'un inéligibilité.
14:43Elle est présumée innocente.
14:44Elle est présumée innocente.
14:45L'inéligibilité sert à ça.
14:46Dans tous les cas,
14:47on voit bien qu'aujourd'hui,
14:48le débat...
14:48Parce qu'ils sont toujours portés
14:49à abuser de leur pouvoir.
14:50Le débat aujourd'hui,
14:53tel qu'il est,
14:53et tel qu'on regarde aussi
14:54les intentions de vote,
14:55il est vraiment entre Marine
14:57deux formations
14:57qui ont annoncé la couleur,
14:59si je puis dire,
14:59c'est-à-dire la France insoumise
15:00et le Rassemblement national.
15:02Ce matin,
15:03il y a une personnalité publique,
15:04c'est Elie Semoun,
15:05qui s'est prononcée, justement,
15:08c'était chez nos confrères d'Hertel.
15:09Écoutez-le.
15:11Ça traduit une grande colère
15:13dans le pays.
15:15En tout cas, oui, c'est vrai.
15:16Et vous, vous êtes toujours un opposant
15:17au Rassemblement national,
15:18héritier du Front national ?
15:20Écoutez,
15:21je vais vous répondre
15:22comme un homme politique.
15:24Je suis surtout un imposant
15:25à LFI.
15:27Je ne peux pas supporter
15:28cet antisémitisme
15:31affiché.
15:32Donc, j'ai vraiment
15:33beaucoup, beaucoup de mal
15:35avec ce parti.
15:36J'ai vraiment peur
15:39du bordel organisé
15:40par LFI.
15:42Pour moi,
15:42ce n'est pas une démocratie.
15:44Ça ne ressemble pas
15:45à une démocratie.
15:46Victor ?
15:47Il y a une inversion
15:49depuis ces dernières années.
15:51C'est comme si
15:51la France insoumise
15:52était devenue
15:52un paratonnerre.
15:53Jusqu'ici,
15:54il y avait eu
15:54en bloc
15:56une opposition
15:57ferme
15:58au Front national
15:58comme au Rassemblement national
16:00par la suite.
16:01Un barrage.
16:02Le barrage est en train
16:03de changer de bord.
16:04Et désormais,
16:04le barrage,
16:05ça se voit dans le monde
16:05des articles.
16:06Moi, je n'accorde pas,
16:06pardonnez-moi,
16:07et ce n'est pas contre
16:08Elisemoune,
16:08je n'accorde pas
16:08énormément d'importance
16:10à la parole des artistes
16:11qui se prononcent sur la politique.
16:12Je ne dis pas
16:12qu'ils n'ont pas le droit
16:12de le faire.
16:13Chacun a le droit de le faire.
16:14C'est un artiste de gauche
16:15qui n'a jamais caché
16:16son engagement
16:17et qui dit
16:18aujourd'hui
16:18j'ai plus peur
16:19de Mélenchon
16:19que de Le Pen.
16:20Je n'accorde pas
16:20beaucoup de crédit
16:21aux analyses politiques
16:22d'Elisemoune
16:22comme à aucun politique.
16:25C'est ce que je dis.
16:25C'est un ressenti.
16:26Ce qui est intéressant,
16:27c'est de voir
16:27cette bascule
16:28d'un homme historiquement
16:29de gauche,
16:30engagé,
16:30qui finit par basculer
16:32dans les années 2025-2026
16:34en disant
16:34le plus grand danger
16:35finalement,
16:36c'est la France insoumise
16:37et ce n'est plus
16:38le Rassemblement national.
16:38Ça, c'est un bouleversement
16:39dans le choix politique français.
16:41Écoutez,
16:42moi je n'ai pas écouté
16:42toute l'intervention
16:43d'Elisemoune
16:44et je ne sais pas
16:44s'il déduit
16:47que le RN
16:48n'est plus dangereux.
16:49Non, il ne dit pas
16:49qu'il votera Marine Le Pen
16:50mais il dit
16:51qu'il a plus peur
16:51de Jean-Luc Mélenchon
16:52aujourd'hui
16:52avec l'antisémitisme.
16:54Je pense qu'en revanche
16:55effectivement,
16:57sa réprobation
17:00de ce qu'on va appeler
17:01les fautes,
17:02les erreurs,
17:03les provocations,
17:05les errements
17:05de Jean-Luc Mélenchon,
17:07elle surprend qui ?
17:08Je veux dire,
17:08moi ça ne me surprend
17:09pas.
17:09C'est précisément...
17:10Il y a beaucoup
17:10d'électeurs de gauche
17:11qui vous disent ça ?
17:13Évidemment.
17:14Et puis,
17:15pas seulement les juifs,
17:16pas seulement les juifs
17:16parce que quand on fait
17:18des blagues
17:19sur les patronymes,
17:20on a panthéonisé
17:22Manoukian,
17:23les poèmes de la gauche
17:24et précisément
17:25c'est non imprononçable.
17:27On ne fait pas de blagues
17:28sur les patronymes étrangers,
17:29c'est dans l'ADN de la gauche.
17:31C'est dans l'ADN.
17:31Donc Jean-Luc Mélenchon,
17:32il a fait des fautes,
17:33des erreurs plus graves
17:34que lui
17:35qui du coup
17:36par capillarité
17:37entachent toute la gauche
17:38et même toute la France insoumise.
17:40Donc voilà,
17:41c'est un débat
17:42on va dire
17:43qui ne va pas s'arrêter
17:45puisqu'il ne va pas
17:46se réformer,
17:47il ne va pas s'améliorer.
17:48Il est peut-être bon comme...
17:49C'est le chemin
17:49parce que Jean-Luc Mélenchon
17:50jusqu'ici n'a jamais dit
17:52je m'excuse,
17:53je me suis trompé,
17:54c'est une faute,
17:54c'est une erreur,
17:55c'est un moment d'égarement.
17:57C'est la stratégie politique
17:58qui leur faut...
17:59C'est pas le genre de...
17:59C'est pas le genre de...
18:00C'est pas le genre de la maison.
18:01Ils sont dans le néni,
18:02non mais pas du tout,
18:04etc.
18:08et les électeurs de la France insoumise
18:09ne sont pas antisémites
18:10et même la stratégie
18:11qui consiste à penser
18:12qu'il va y avoir
18:13un électorat antisémite
18:14suivi mon regard
18:15vers l'électorat musulman,
18:17c'est faux,
18:17c'est pas vrai.
18:18L'électorat musulman
18:18n'est pas antisémite,
18:20ne vote pas pour des partis antisémites.
18:21Cependant,
18:22Jean-Luc Mélenchon a fait des erreurs
18:23qui payent cash
18:23et on le voit
18:25avec l'opinion
18:26effectivement d'un humoriste
18:27qui n'est pas non plus
18:28un grand intellectuel,
18:29un grand sachant de la politique
18:30mais qui est un citoyen
18:32finalement comme les autres
18:33et qui dit
18:34je ne fais pas confiance
18:35à la sincérité politique
18:37de Jean-Luc Mélenchon
18:38pour porter mes idées de gauche.
18:39C'est la raison pour laquelle
18:40moi je me bats depuis le début
18:41pour une primaire
18:41de la gauche et des écologistes
18:43et les socialistes votent ce soir
18:44et sont en train de voter
18:45au moment où nous parlons.
18:47J'espère qu'ils voteront
18:48pour cette primaire
18:49de la gauche et des écologistes
18:50telle que le promeut
18:51et le défend Olivier Faure
18:52depuis des mois.
18:53Il y a un paradoxe intéressant
18:53Raquel Garedoux
18:54et je parle à la femme de gauche
18:55pour faire un dernier mot.
18:56C'est que la personnalité
18:58qui a aujourd'hui
18:59le plus de chances
18:59d'arriver au second tour
19:00en tous les cas
19:01le grand clash qu'on attend
19:01face au Rassemblement National
19:03le plus grand moteur à gauche
19:05c'est Jean-Luc Mélenchon
19:06et c'est paradoxalement
19:07on le voit dans les sondages
19:08mais on le voit même
19:08d'un point de vue
19:09de stratégie électorale
19:10celui qui aura le moins de chances
19:11de l'emporter
19:12face à ce qu'il appelle
19:13l'extrême droite.
19:13Donc là la gauche
19:14est prise dans un paradoxe
19:15lunaire qui est celui
19:16Il y a beaucoup de choses
19:16qui vont se jouer ce soir
19:18dans les sections socialistes.
19:20Tout se joue ce soir
19:21dans les sections socialistes.
19:21J'espère qu'ils iront tous
19:22voter pour 1
19:24la question 1
19:25portée par Olivier Faure.
19:26Mais rappelons qu'on n'en est
19:26qu'au début
19:31Victor Hérault
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