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  • il y a 14 minutes
Alors que la France traverse un nouvel épisode caniculaire cette année, Laura, une auditrice de l'émission "Eliot Deval et vous", se confie sur le décès de son père, intervenu alors qu'il était hospitalisé en mai dernier lors de la première grande vague de chaleur. Sur Europe 1, elle pointe du doigt un sous-équipement de l'établissement.

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Transcription
00:00Moi, ce qui me fâche vraiment, j'ai perdu mon papa pendant la caluscule du mois de mai.
00:06Il était hospitalisé dans un très grand hôpital parisien,
00:12qui est très bien classé dans le classement, puisqu'il y a des classements maintenant des services,
00:19donc dans les meilleurs services de neurologie intensive, de neurologie vasculaire intensive d'Europe.
00:29Donc, tous les ans, il y a des vagues de chaleur à Paris.
00:32Tous les ans, il y a plusieurs canicules, et ça depuis 2003, on va dire, quand même.
00:37Et même si ce n'est pas des canicules, en été, il fait très chaud, et dans les chambres des
00:44patients.
00:44Mais c'est insupportable, la chaleur dans les chambres des patients.
00:46Même si les patients ne peuvent pas se lever parce qu'ils n'en ont plus la capacité,
00:51on ne peut pas ouvrir les fenêtres.
00:53Donc, même quand la nuit, ça se rafraîchit, on ne peut pas rafraîchir les chambres.
00:59Mon frère est décédé, il faisait 32 degrés dans sa chambre.
01:02La veille de son décès, mon frère a apporté à 23 heures, dans l'hôpital, un ventilateur.
01:10On sait que les médecins ont fait des demandes, et c'est tous les ans la même chose.
01:16Tous les ans, en été, quand le soleil donne sur les chambres, ça chauffe, et on ne peut pas les
01:21rafraîchir.
01:21Ils font des demandes, ne serait-ce que de ventilateurs.
01:25Et ça ne suffit pas un ventilateur, ça ne fait pas descendre la température.
01:28Même des ventilateurs, il n'y en avait pas un par chambre.
01:32Ça fait 20 ans, plus de 20 ans, qu'on vit des situations dans les hôpitaux où on n'a
01:37même pas un ventilateur par chambre.
01:40Donc la clim, on en est loin, c'est honteux.
01:43Les équipes, alors là, je parle des patients, où les patients, ils sont 24 heures sur 24 dans des chambres
01:48surchauffées.
01:49Ça, c'était au mois de mai.
01:51Aujourd'hui, tous les jours, je pense à ceux qui sont hospitalisés, et aux équipes qui sont en blouse,
01:59et à qui on rajoute les soins habituels.
02:02On sait que les équipes, elles n'en peuvent plus, déjà en temps normal.
02:05Et là, on leur rajoute de courir.
02:08C'est du délire pour ceux qui ne savent pas.
02:10C'est insoutenable.
02:11On leur rajoute de courir avec des glaçons pour refroidir les patients.
02:15On leur met des glaçons au niveau de laine et des aisselles, c'est-à-dire au niveau des gros
02:20vaisseaux, pour les refroidir.
02:22On est où, en fait ? On est en France, dans le meilleur service de Neuro d'Europe ?
02:28Laura, vous êtes toujours avec nous.
02:30Vous travaillez dans les systèmes hospitaliers,
02:33mais vous nous racontiez surtout qu'en mai dernier, lors de la première vague caniculaire,
02:38vous avez perdu votre papa dans un grand hôpital parisien.
02:42Oui.
02:43C'est un hôpital public ?
02:44Oui, bien sûr.
02:46Et vous expliquez que dans la chambre de votre papa, il faisait 32 degrés,
02:52et qu'à la hâte, votre frère a apporté un ventilateur la veille,
02:58mais sauf que les ventilateurs, on ne peut pas les utiliser.
03:00Enfin, ça ne refroidit pas la pièce, forcément.
03:03Non, c'est déjà bien, c'est déjà bien.
03:05Oui, c'est...
03:06Est-ce que, pardonnez-moi...
03:07Mais il n'y en a pas.
03:08Laura, pardonnez-moi de vous poser cette question,
03:10mais est-ce que vous associez la disparition de votre papa
03:16aux conditions d'hospitalisation, et notamment à cette chaleur excessive ?
03:21Non, absolument pas.
03:23Absolument pas.
03:24C'était juste des conditions indignes.
03:26Et indignes pour mon père, qui est son logement, il avait de la chance,
03:31il avait un logement assez bien isolé, qui était frais,
03:34et là, il est mort dans une chambre à 32 degrés.
03:38Il suffoquait, mais non, il serait...
03:41Il a eu un accident vasculaire cérébral qu'il a condamné.
03:46Ce n'est pas lié à la vague de chaleur, et ce n'est pas lié aux conditions.
03:49Mais ce n'est pas digne.
03:51Et sur d'autres patients, peut-être que ça...
03:54Sûrement, ça accélère leur dégradation.
03:57Parce que quand le patient a déjà du mal à réguler sa température,
04:03le malade, mais attention, un malade, avant d'être malade,
04:06il était en bonne santé.
04:07Et bien, quand on a un problème de santé,
04:09qu'on a du mal à réguler notre température,
04:11si la température extérieure est de 32 degrés,
04:14ça ne va pas le faire.
04:15Et aujourd'hui, on monte, on monte, on monte encore.
04:17Et voilà, vous avez dit, voilà les équipes.
04:21Oui, nous, on a eu des équipes absolument formidables.
04:24Et on avait de la chance, parce qu'on les a, je pense,
04:28remerciés 50 fois par jour d'être aussi formidables.
04:31Mais on était dans un service de soins intensifs.
04:33Donc il y avait un infirmier, c'est le luxe,
04:37pour 4 patients.
04:40Dans les EHPAD, des fois, c'est 1 pour 50.
04:44Oui, ça, je l'aurai.
04:46Voilà, et nous, déjà, c'était l'horreur.
04:48Ils couraient, donc, avec des glaçons.
04:51S'ils sont 1 pour 4, c'est parce que c'est des patients
04:53qui méritent énormément de soins.
04:55Donc, ils ont fait, ils ne se sont jamais pleins.
04:59Ils avaient chaud, eux aussi, évidemment.
05:01Ils ne se sont jamais pleins.
05:02Ils ont été exemplaires.
05:05Exemplaires.
05:06Voilà, et sauf que cette vague, elle avait duré 8, 6, 8 jours.
05:12Et là, on en est à combien ?
05:14Ils vont continuer comme ça pendant combien de temps ?
05:17On va avoir combien de temps, des patients, des soignants,
05:20des équipes paramédicales, médicales ?
05:24Ils vont tenir combien de temps pour s'occuper de nous ?
05:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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