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  • il y a 16 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Mais tout d'abord, on revient sur l'entrée en campagne de Marine Le Pen.
00:03Après son pourvoi en cassation, un pari judiciaire assez risqué,
00:07le procureur général près de la Cour de cassation, Rémi Hedt, s'est exprimé ce matin sur ce pourvoi
00:12et selon lui, tout sera fait pour statuer avant le premier tour de la présidentielle.
00:17Il était l'invité de France Inter ce matin.
00:19Devant la Cour de cassation, on ne rejuge pas complètement l'affaire.
00:23Elle va se prononcer sur l'application de la loi.
00:26Alors, sur la question du délai qui est dans le débat aujourd'hui,
00:30moi je dis les choses très clairement, nous avons collectivement pris un certain nombre d'engagements.
00:35La Cour d'appel, et je tiens d'ailleurs à saluer le travail qui a été fait
00:39et la façon dont le procès a été conduit, sans me prononcer sur le fond,
00:42la Cour d'appel a rendu la décision dans le délai attendu.
00:46Nous, nous avons toujours dit, le premier président de la Cour de cassation et moi-même,
00:50que la décision serait rendue avant le scrutin présidentiel.
00:53Nous sommes toujours sur cet objectif.
00:56Alors évidemment, c'est une épée de démoclès pour la candidate du Rassemblement National.
01:00Jonas Haddad, que pensez-vous de ce pari fait par Marine Le Pen ?
01:07Pari risqué et curieux.
01:09Risqué et curieux parce que c'est quand même curieux de se lancer juste après une condamnation.
01:14D'habitude en France, lorsque vous avez une condamnation,
01:17c'est un peu handicapant pour une candidature à l'élection présidentielle.
01:20Là, c'est exactement l'inverse.
01:22Donc je dirais que la fusée a décollé, mais elle a décollé un peu de travers.
01:25Mais elle, elle se dit innocente. D'où son pourvoi d'ailleurs ?
01:28Alors, vous venez de passer à un extrait assez juste dans lequel l'un des plus hauts magistrats français dit
01:34bien que la Cour de cassation ne va pas rejeter complètement l'affaire.
01:38L'effet, c'est terminé.
01:40On s'est prononcé sur l'effet.
01:41Et l'effet, c'est quoi ?
01:43C'est qu'il y a eu un système organisé par le Rassemblement National.
01:46Je rappelle qu'il n'y a pas que Marine Le Pen qui a été condamnée.
01:49Il y a eu une liste de tous les dirigeants quasiment du Rassemblement National qui ont été condamnés.
01:53Donc c'est toute la direction du Rassemblement National qui a été condamnée.
01:57Maintenant, là où moi, en revanche, je suis assez rassuré, c'est que ce ne sont pas les magistrats qui
02:03ont décidé de qui sera sur la ligne de départ pour l'élection présidentielle.
02:07Et donc il faudra, notamment avec les Républicains, avec Bruno Retailleau, qu'on puisse affronter le Rassemblement National, mais d
02:13'un point de vue programmatique.
02:14Voilà. Et pas d'un point de vue judiciaire.
02:16Le chemin judiciaire, c'est son chemin à elle.
02:19Nous, on ne va pas être là à la sortie de chaque audience auprès du juge d'application des peines.
02:24Ce n'est pas notre sujet.
02:25C'est son sujet.
02:26Je dirais même en quelque sorte que c'est sa galère.
02:29Mais nous, on ne va pas se lancer là-dedans.
02:30Je dis juste quand même que sur les faits, elle a été maintenant condamnée.
02:34Mais ça vous aurait paru un peu suspect, peut-être, je ne sais pas si c'est le bon terme,
02:40que les juges l'empêchent de se présenter.
02:43– Oui. Clairement. Parce que je pense que...
02:46Et d'ailleurs, non seulement ça m'aurait semblé curieux, mais je vais vous dire quelque chose.
02:51Les magistrats récemment, et ça a été évoqué dans certains attendus de la Cour de cassation,
02:56ont dit qu'il fallait maintenant, et c'est une bonne chose, de la Cour d'appel,
03:00ont dit qu'il fallait une proportionnalité.
03:02C'est-à-dire qu'il ne fallait pas non plus mettre un bazooka pour tuer une mouche.
03:07Et donc, parfois, il y a des condamnations qui sont données.
03:10Mais est-ce que ça mérite de priver les personnes de pouvoir se présenter ?
03:13Là, ça a été tranché, en tout cas, que non pas pour l'instant.
03:17Ça n'empêche que moi, je trouve quand même ça très compliqué de faire une campagne dans ces conditions pour
03:22elle.
03:22Mais encore une fois, ce n'est pas mon problème, c'est le sien.
03:24– Mais est-ce que ça veut dire que toute la campagne va tourner autour de cela ?
03:26C'est-à-dire qu'hier, lors de son premier déplacement de campagne, à la Flèche, dans la Sarthe,
03:32le bain de foule a été un peu écourté.
03:34Elle a dû se réfugier à un moment.
03:36Il y a eu ce concert de casseroles, des opposants aussi qui sont venus crier.
03:40Est-ce que ça veut dire aussi que tous ces opposants vont, à longueur de débats ou d'interviews,
03:45lui rappeler sans cesse cette condamnation ?
03:46Est-ce que tout va tourner autour de cela ?
03:48– Alors, tout ne doit pas tourner autour de cela.
03:50Et ça, c'est les méthodes ridicules des petits agitateurs de LFI,
03:54qui, lorsqu'elle a été rendue éligible, finalement, puisqu'elle peut se présenter,
04:00vont lui faire des casseroles.
04:01Et si elle avait été condamnée, lui aurait interdit de se présenter.
04:04Donc, en fait, de toute façon, ils ne sont jamais d'accord,
04:06tant que ça concerne quelqu'un de la droite ou de la dite extrême droite.
04:09Donc ça, ce n'est pas le sujet.
04:10Le vrai sujet, c'est que je ne veux pas encore qu'on ait une campagne présidentielle qui soit escamotée.
04:14La dernière fois, on avait eu l'Ukraine.
04:16On n'avait pas pu parler des sujets de fond, de l'intelligence artificielle,
04:19de l'emploi, des faillites d'entreprises qui explosent, de l'éducation.
04:22Et là, on ne peut pas avoir encore une fois une élection présidentielle
04:25dans laquelle on ne se penche pas sur les vraies questions.
04:28Les vraies questions, pardon de le dire, ce n'est pas le bracelet de Marine Le Pen.
04:32Objectivement, je pense que les gens qui nous écoutent n'ont pas grand-chose à faire.
04:35Gabrielle Cluzel ?
04:36Oui, je suis un peu étonnée de votre réaction,
04:38parce que vous parlez de la précédente, le coup d'avant,
04:41mais il y a le coup d'avant-avant, et là, il y avait François Fillon.
04:44Et pardon, vous étiez quand même un petit peu dans cette configuration.
04:47Donc, est-ce qu'au contraire,
04:51Marine Le Pen ne peut pas utiliser fort du reste de l'expérience, François Fillon ?
04:55C'est-à-dire qu'il y a marqué les électeurs, les électeurs de droite au sens large.
04:59Eh bien, ne peut pas retourner cette défiance à l'endroit de l'institution judiciaire comme un atout.
05:05D'ailleurs, on voit que les sondages, alors vous avez raison, il faut attendre la durée de la campagne.
05:10Est-ce qu'on voit, en tout cas, dans un premier temps,
05:14que ça semble plutôt lui réussir que lui nuire ?
05:18Et en tout cas, LR n'avait pas jugé, s'agissant de François Fillon, que c'était un problème de
05:23continuer ?
05:23Il y a une différence fondamentale, c'est que François Fillon n'avait pas été condamné.
05:27Il était à l'époque simplement mis en examen, et c'était ça qui était scandaleux.
05:30Mais non plus, finalement, puisque c'est en cour de cassation.
05:34Oui, mais la cour d'appel a tranché les faits.
05:35Je ne sais pas, en droit de la presse, je ne sais pas comment ça se passe pour vous,
05:38mais en droit de la presse, nous sommes obligés de parler de présomption d'innocence.
05:41Sinon, on se fait condamner.
05:42Moi, je ne parle pas de présomption d'innocence.
05:44Je vous dis qu'en cour d'appel, les faits ont été jugés.
05:47Et la cour de cassation ne rouvrira pas le dossier sur cette question-là.
05:50Alors que François Fillon avait été simplement mis en examen,
05:54c'est-à-dire qu'il y avait des indices,
05:55et dès la mise en examen, tout le monde l'avait ennuyé.
05:58Ce qui était assez scandaleux d'un point de vue démocratique.
06:00Et encore une fois, je le répète, moi, je n'empêche pas Marine Le Pen,
06:03et je serai le dernier à aller utiliser des casseroles pour pouvoir l'ennuyer.
06:07Je n'ennuie pas de parler.
06:08Je dis simplement que la différence fondamentale pour répondre à votre question,
06:11c'est qu'il y en a une qui a été condamnée deux fois,
06:13deux fois, en première instance et en cours d'appel,
06:15et l'autre qui était simplement mise en examen.
06:18Mais justement, est-ce que ce n'est pas un paradoxe ?
06:20Et comment est-ce que vous l'expliquez ?
06:21Finalement, François Fillon, sa simple, avec tous les guillemets de rigueur,
06:26mise en examen, lui a coûté la présidentielle.
06:29Alors que là, on le voit.
06:30Je me réfère au sondage que vous évoquiez, Gabrielle Cluzel.
06:34Deux sondages même, où elle augmente même ses scores plus quatre points.
06:38Je pense que fondamentalement, il y a d'abord l'effet de souffle d'une candidature à la présidentielle,
06:43parce qu'elle a déclaré sa candidature à la présidentielle.
06:45Donc là, il y a un effet de souffle qui s'opère.
06:47Et puis deuxièmement, il y a un ras-le-bol dans le pays.
06:50Ça, on ne peut pas l'enlever.
06:52Et Marine Le Pen est certainement, en plus de l'adhésion qu'elle peut susciter,
06:55je ne dis pas qu'il n'y a que du ras-le-bol,
06:57le réceptacle de ce ras-le-bol.
06:58Mais le ras-le-bol, il vient du fait que les gens trouvent que l'insécurité augmente,
07:03qu'ils sont mal payés.
07:04Et donc, ils se disent, j'ai envie de voter pour celle qui va renverser la table.
07:07Et moi, je ne pense pas que Marine Le Pen soit la mieux placée pour renverser la table.
07:12Parce que si on rentre dans le fond du sujet,
07:14elle a une logique très collectiviste et assez proche d'un logiciel socialiste en matière d'économie.
07:20D'ailleurs, je le disais sur un autre plateau,
07:22il y avait deux lignes au ARN.
07:23Il y a la ligne du ARN, je dirais plutôt Hénin-Beaumont,
07:26et la ligne du ARN Monaco.
07:29D'accord ?
07:29Et bien en fait, hier, on voyait la tête du ARN Monaco, de Jordan Bardella,
07:32il n'avait pas l'air très heureux.
07:33Et je pense d'ailleurs aux alliés, entre guillemets, de Marine Le Pen,
07:36qui se disent libéraux.
07:38Vous savez, tous ceux qui avaient essayé avec l'UDR
07:39de lancer des grands sommets des libertés dans lesquels ils ont libéré l'économie.
07:43Ils se retrouvent aujourd'hui avec une candidature
07:45qui a voté les budgets avec LFI,
07:49avec des augmentations d'impôts,
07:50et le retour de la retraite à 62 ans,
07:52voire 60 ans.
07:54Alors, moi, je ne suis pas très compliqué, en fait, politiquement.
07:57Je suis un homme de droite.
07:59Et donc, voilà, un homme de droite ne peut pas se retrouver aujourd'hui
08:03dans la candidature de Marine Le Pen.
08:04En revanche, c'est vrai qu'il y a plein de gens qui sont mécontents,
08:08en colère dans ce pays,
08:09de droite comme de gauche,
08:10et qui peuvent se retrouver dans cette candidature,
08:12je dirais, un petit peu...
08:16Voilà, attrape-tout.
08:18Georges Fenech.
08:19Alors, moi, ce qui m'a interpellé ce matin,
08:21c'est ce que vous venez d'annoncer,
08:22c'est-à-dire la déclaration de Remy Yates.
08:24C'est pour ça que j'ai commencé avec, d'ailleurs.
08:26En général, c'est la Cour de cassation,
08:28qui dit que la Cour de cassation se fait fort
08:31de rendre une décision au mois d'avril,
08:34c'est-à-dire avant le premier tour de l'élection présidentielle,
08:37ou peut-être même entre les deux tours.
08:40Alors, je rappelle les gars, c'est 18 avril, 2 mai.
08:43Moi, j'aimerais connaître les motivations profondes
08:45de cette accélération du calendrier judiciaire,
08:49parce qu'on sait très bien que devant la Cour de cassation,
08:52le délai d'audiencement et pour statuer est entre 18 mois,
08:57je parle sous le contrôle de l'avocat que vous êtes, Jonas,
08:59entre 18 mois et 2 ans, à peu près, la Cour de cassation.
09:02Pourquoi cette accélération du calendrier ?
09:04J'aurais aimé entendre.
09:06Est-ce que la raison profonde n'est pas de se dire
09:08qu'il faut que l'électeur sache
09:11si Marine Le Pen est une condamnée définitive, cette fois,
09:15ou encore présumée innocente ?
09:17Et là, j'y vois, si c'est ça la véritable motivation,
09:20j'y vois une interférence extrêmement grave
09:23dans un processus électoral.
09:25Et là, il n'y a même plus de règles en écrite,
09:28de trèfle judiciaire pendant ces moments
09:30extrêmement sensibles de la vie démocratique dans un pays.
09:34Imaginez, une seconde, l'effet cataclysmique
09:36si la Cour de cassation dit,
09:38la veille du 18 avril, le 17 avril,
09:43Marine Le Pen est condamnée définitive.
09:45Vous vous rendez compte de la déflagration ?
09:47Mais donc, qu'est-ce qu'il faut faire ?
09:48Quel était le choix ?
09:49Qu'elle laisse courir après ?
09:51Je pense qu'il aurait fallu laisser le débat électoral,
09:53et d'ailleurs, certains l'ont dit,
09:55je préfère battre Marine Le Pen dans l'urne,
09:57je pense qu'il aurait fallu laisser se dérouler
10:00le plus sereinement possible,
10:02parce que c'est déjà compliqué actuellement,
10:03au moins l'élection,
10:05et ensuite décider éventuellement, voilà.
10:08Alors, Rémi Hedt a précisé également
10:10que la procédure était aussi à la main des partis,
10:13pas que lui qui décide en gros,
10:14parce que c'est éminemment complexe sur les pourvois.
10:18Qui va se pourvoir ?
10:19Je rappelle que Marine Le Pen n'est pas le seul,
10:20et vous l'avez dit, Jonas Haddad,
10:22il y a d'autres membres du Rassemblement National
10:24qui sont dans l'arrêt de la Cour d'appel,
10:26qui sont concernés par ces condamnations.
10:28Donc, il y a encore beaucoup de scies,
10:32beaucoup de points d'interrogation,
10:33sur le temps que ça prendrait.
10:34Alors, certains disent, oui,
10:36alors, moi, encore une fois,
10:37c'est un néophyte qui parle,
10:39c'est un juge et un avocat,
10:40mais certains disent que Marine Le Pen pourrait,
10:43même si elle s'en défend, jouer la montre,
10:45c'est-à-dire changer d'avocat,
10:48il y a un certain nombre de demandes
10:50des informations complémentaires.
10:51Est-ce que ça, ça peut jouer ?
10:53Parce que c'est vrai que vous avez raison.
10:54Est-ce que la justice est un jeu ?
10:56Mais on a l'impression que c'est un jeu
10:58de chat et souris, là, actuellement.
10:59Non, mais j'entends ce que vous dites,
11:00mais c'est gravissime d'en arriver là, quoi.
11:03À vouloir jouer avec la démocratie,
11:04avec le scrutin présidentiel, avec la justice,
11:07on est sur une corde très raide,
11:09une forme d'équilibrisme,
11:10mais on peut tomber d'un côté ou de l'autre.
11:13Et le pays ne peut ne pas s'en relever.
11:14Ça fait déjà plusieurs élections présidentielles,
11:16on a été privé de débats.
11:17Donc tout cela, moi, m'inquiète beaucoup
11:19pour la démocratie.
11:20Je ne parle pas de tel ou tel candidat.
11:22Georges Fenech, Gabriel Cuisel
11:23et notre premier invité,
11:24Jonas Haddad dans Europe 1 Info.
11:26Merci.
11:26– Sous-titrage FR 2021
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