00:00Notre invité ce matin c'est Cyril Champenois. Bonjour, vous êtes le cofondateur et directeur des ventes d'Elixir Aircraft.
00:05Vous fabriquez des petits avions bi-place destinés à la formation des pilotes.
00:09Hier on a Airbus qui nous a dit qu'il y aurait deux fois plus d'avions dans les airs
00:13d'ici quelques années.
00:15Alors il va falloir des pilotes pour piloter tous ces avions en question.
00:19C'est ce que vous faites vous. Vous avez annoncé une levée de fonds de 45 millions d'euros notamment
00:25auprès de la BPI.
00:27Objectif, monter en cadence. Est-ce que votre carnet de commande est plein aujourd'hui ?
00:30Aujourd'hui le carnet de commande est plein parce que clairement on a plus d'un an de production en
00:35avance.
00:35Notamment pour l'état français avec l'ENAC, l'école de l'aviation civile qui nous a pris 30 avions.
00:40Et le but c'est de continuer le développement parce que partout dans le monde on cherche à former plus
00:44de pilotes notamment aux Etats-Unis.
00:45Donc de belles perspectives mais par contre il y a un enjeu et un défi industriel pour produire tous ces
00:50avions.
00:51Parce que le constat que vous faites c'est que finalement la formation des avions dans ces fameuses écoles à
00:54l'ENAC notamment
00:55elle se fait aujourd'hui sur des vieux coucous, sur des avions qui ont 50 ans.
01:00Vous dites c'est comme si on apprenait à conduire dans une 4L mais c'est un peu ça avec
01:04les enjeux de sécurité pour le coup qui sont peut-être encore plus importants.
01:07Clairement, rien contre la 4L parce qu'elle est là, elle fait le job.
01:11Malheureusement aujourd'hui elle ne répond pas à des enjeux écologiques, économiques et de sécurité.
01:15Et donc il y a un vrai enjeu pour transformer tout cela.
01:18Et donc avec Elixir Aircraft, on apporte un avion qui va diminuer de 70% les émissions de CO2 et
01:23apporter de la sécurité en plus pour les pilotes.
01:26On parle de résistance à la vrille pour lutter contre la perte de contrôle.
01:29On parle de réservoirs anti-explosion comme en Formule 1 pour éviter les drames après un feu, etc.
01:35Il y a plein d'opportunités aujourd'hui en 2026 pour améliorer les choses pour la formation.
01:39Et c'est moulé en nulle seule pièce, ces avions, c'est qu'il y a un défi technologique aussi,
01:45c'est une seule pièce de carbone, les ailes incluses ?
01:48Les ailes incluses, alors en fait le défi c'est la simplicité.
01:52Mais c'est dur de faire des choses simples, je ne sais plus qui disait ça.
01:55Tout le monde.
01:56Tout le monde.
01:57C'est très difficile de faire simple.
01:58Et donc on passe d'avions qui sont faits de dizaines de milliers de pièces qu'il faut entretenir,
02:03qui sont aussi source de potentiel défaillance,
02:05à un avion qui va faire seulement 9 pièces pour toute son aérostructure.
02:09Donc c'est la structure de ses ailes, de son fuselage.
02:12Ça c'est un défi, et c'était un défi majeur à relever parce qu'on a été les premiers
02:15à le faire.
02:16Les gros dans l'industrie s'y engouffrent également aujourd'hui.
02:20Mais par contre ça vient du bateau de course, et le bateau de course c'est plutôt des prototypes.
02:24Et quand il s'agit d'aller produire des centaines d'unités par an,
02:26et bien là on se lance dans un défi industriel parce qu'on défriche la totalité de ce que peut
02:32être le one shot carbone aujourd'hui.
02:34Donc là votre avion c'est 9 pièces c'est ça ?
02:369 pièces d'aérostructure, après il y a un moteur, des milliers, des petits systèmes.
02:40C'est un kit.
02:41C'est un kit, c'est ça, c'est un avion Ikea.
02:43Exactement.
02:44Non mais c'est incroyable parce que vos concurrents c'est qui ?
02:46C'est les Cessna aujourd'hui c'est ça ?
02:48Exactement, ce sont les gros américains historiques, Cessna Piper.
02:51Ils ne font pas ça aujourd'hui, eux ils ont encore des avions avec des centaines de pièces.
02:54C'est sans doute historique, c'est probablement des avions qui sont fabriqués,
02:59ou les produits qui sont fabriqués depuis plus de 50 ans.
03:02Premier vol du Cessna 172 1954 et toujours produit neuf aujourd'hui.
03:06Je ne suis pas sûr qu'il y ait un équivalent.
03:08Des bons avions robustes et en fait nous ce que l'on cherche c'est exactement la même chose,
03:11c'est de la robustesse dans le temps.
03:13La raison pour laquelle ils sont encore là, ce n'est pas parce qu'ils sont forcément robustes par nature,
03:17c'est juste qu'en plus ils ont une valeur financière, c'est-à-dire qu'ils résistent
03:21et donc on est capable de les acheter, de les revendre et c'est ce qui permet à une économie
03:25de vivre.
03:25Et nous on doit faire exactement la même chose avec quelque chose de plus moderne
03:28et ce carbone one shot va permettre de tenir pendant, je l'espère, je n'ai pas la preuve encore,
03:33mais les prochaines cinquantaines années.
03:35Mais ce qui veut dire que pour répondre au marché américain, qui est une de vos grosses perspectives,
03:38vous dites je produis en France, je le renvoie en kit, on monte là-bas ?
03:41Ou vous dites on produit aux Etats-Unis ?
03:43Non, le but c'est de produire ici, en France, et de réassembler là-bas.
03:48Donc on fait la quasi-totalité des opérations, y compris les mises en vol,
03:51et ensuite on met ça dans un conteneur et on réassemble sur place.
03:55Et c'est ce qui s'est passé d'ailleurs il y a un mois, parce qu'on a le
03:58premier élixir
03:58qui est arrivé à Sarasota en Floride, a fait son premier vol pour son premier client américain.
04:03Alors là, l'autre révolution que vous promettez, encore une fois il faut délivrer derrière,
04:07mais c'est sur les coûts d'exploitation, ce que vous donnez, ce chiffre,
04:10c'est 50 dollars de l'heure de vol, donc en comptant le carburant et la maintenance.
04:15Donc par rapport à, je ne sais pas combien c'est aujourd'hui, mais c'est des multiples fois plus,
04:19c'est quoi, c'est 3 ou 4 fois plus normalement ?
04:21On est sur ces ordres de grandeur, 3 ou 4 fois plus.
04:23Ce n'est pas compliqué, la moyenne de la consommation de ces vieux avions, c'est 38 litres heure.
04:28Parce que c'est des blocs moteurs qui datent des années 30 et qui consomment énormément.
04:32Et si vous passez le temps à compter par un mécanicien pour vérifier derrière chaque rivet
04:37qu'il n'y ait pas de corrosion, monter, démonter des systèmes pour vérifier qu'il n'y ait pas
04:39de jeu,
04:40de fatigue métallique, ça ce sont des choses qu'on ne fait pas.
04:42Et l'élixir, c'est en moyenne une douzaine de litres à l'heure en vol de formation standard.
04:49Par, quelques dizaines d'euros pour une maintenance, ce qu'il faut savoir c'est qu'un avion s'entretient
04:55régulièrement
04:55et le temps qu'il passe le mécanicien est extrêmement important.
04:58Donc là, on est sur de l'ordre de moins de la journée pour entretenir l'avion.
05:02Donc ça, à la fin, ça fait des coûts d'opération extrêmement bas.
05:04Là, on a parlé du bi-place, mais vous avez un autre projet d'avion dans lequel on pourra embarquer
05:09des passagers ?
05:10Alors, pas du passager en transport commercial.
05:13Le but, c'est dans la continuité de notre monomoteur bi-place,
05:17de continuer à apporter des outils pour nos clients actuels qui sont les écoles de pilotage en plus gros avions.
05:21C'est pour mener plusieurs étudiants ?
05:23C'est pour plutôt une formation sur l'évolution sur des plus gros appareils.
05:29Donc on apprend les bases sur les petits monomoteurs
05:32et inévitablement, on doit aller vers des plus gros avions.
05:36On ne dévoile pas encore exactement ce dont il s'agit parce qu'on est encore en train de défricher.
05:40La certitude, c'est qu'un avionneur, s'il veut devenir leader, doit grossir
05:44parce que la valeur de l'appareil, plus il est gros, plus il rapporte.
05:48Et c'est comme ça qu'on s'installe dans le paysage.
05:50Ceux qui restent petits pour l'éternité, malheureusement, ne grossissent pas beaucoup.
05:54Merci beaucoup Cyril Champenois d'être venu ce matin dans la Massinale de l'économie.
Commentaires