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  • il y a 1 heure
Ce mercredi 8 juillet, dans sa chronique, Annalisa Cappellini est revenue sur la situation compliquée à Cuba, avec le petit-fils de Raúl Castro qui veut négocier avec les États-Unis pour sauver l'économie de son pays. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Alors à Cuba, la situation est toujours aussi compliquée, l'île qui se bat contre un blocus américain qui étouffe
00:05son économie.
00:06Certains se disent désormais prêts à négocier avec les Etats-Unis et c'est le cas du petit-fils de
00:11Raoul Castro.
00:12Est-ce qu'il peut s'imposer comme un interlocuteur crédible avec Washington ?
00:16Disons en tout cas que c'est un peu le profil parfait pour l'administration américaine parce que c'est
00:20un homme du régime,
00:21c'est le petit-fils, le petit-fils favori de Raoul Castro, il fait partie de ses gardes du corps.
00:25Son père a dirigé le Gaessa, vous savez cet énorme conglomérat militaire qui contrôle une bonne partie de l'économie
00:32cubaine.
00:33On l'appelle le crabe, pourquoi ? Parce que quand il est né, il avait une malformation, il avait six
00:38doigts à sa main droite,
00:39ce qui le faisait ressembler selon son grand-père Raoul Castro, à un crabe, un cangrejo.
00:44Donc ce surnom, il s'est fait opérer, donc il n'est plus aujourd'hui malformé, mais ce surnom cruel
00:50est resté.
00:51Donc il s'appelle le crabe, son vrai nom est Raoul Guillermo Rodriguez Castro.
00:55Et il s'exprime pour la première fois dans les médias américains, il a donné une interview à USA Today.
01:01Donc c'est déjà un message très clair qu'il s'adresse finalement au monde occidental, aux Américains.
01:05Et il dit qu'il est prêt à négocier et que tout, ou presque, est sur la table.
01:10Déjà, il se dit prêt à négocier avec n'importe quelle personne désignée par les Etats-Unis, y compris Donald
01:14Trump, si besoin.
01:16Il dit d'ailleurs très clairement qu'il ne s'est jamais intéressé à la politique,
01:19mais que s'il y a besoin de lui pour faire la révolution, il répondra présent.
01:23Il faut voir évidemment quelle signification on met derrière ce mot de révolution.
01:27D'ailleurs, c'est aussi parce qu'il n'est pas un homme de conviction qu'il intéresse potentiellement les
01:32Américains.
01:33Son grand-père, Raoul Castro, n'est plus en état de mener les négociations.
01:36Le fils de Raoul Castro, qui avait discuté un temps avec les Américains, a été écarté et sanctionné.
01:41Le président, Miguel Diaz-Canel, il a un rôle tout simplement symbolique.
01:45Donc pourquoi pas lui, pourquoi pas le crabe, vu qu'en plus, il n'est sur aucune sanction américaine.
01:50Ce petit-fils favori, son objectif, c'est quand même d'anticiper ce qui s'est passé aux Vénézuéliens.
01:56Exactement. Et d'ailleurs, les premiers contacts avec l'administration américaine, et avec Marco Rubio notamment,
02:00ont eu lieu juste après l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro.
02:04L'idée, c'est celle d'avoir un rôle actif, donc de ne pas subir, comme les Vénézuéliens, ce qui
02:08s'est passé,
02:09mais de décider du destin de Cuba.
02:12Encore une fois, le crabe peut se le permettre dans son cas,
02:15parce qu'il n'a pas de rôle officiel au sein du gouvernement.
02:17Il a toujours agi avec de l'influence, il a toujours travaillé en coulisses.
02:22Et il y a peut-être un vrai intérêt de la part des Américains.
02:25On peut le lire dans les mots de Marco Rubio, le secrétaire d'État,
02:27qui a dit le mois dernier que, selon lui, la seule chance pour que le système cubain
02:31arrive à se réformer tout seul,
02:33donc ce qu'il faut comprendre sans intervention directe américaine,
02:36c'est qu'une nouvelle idéologie ne s'impose,
02:37ou que de nouvelles personnes n'accèdent au pouvoir,
02:40puisqu'il n'est pas au pouvoir, et bien c'est peut-être lui.
02:42Ça a été reçu comment, ça, à un cubain ?
02:44Très, très mal, parce que dans l'interview, on lit aussi de sa vie quotidienne,
02:49de la vie quotidienne de cet homme.
02:50Eh bien, il a une vie très éloignée de celle des Cubains,
02:54et il a beaucoup de voyages de luxe,
02:56il se déplace en jet privé, il se déplace en yacht,
02:59donc il a un train de vie très, très fastueux.
03:01Et puis, il ne semble pas du tout réaliser cette distance qu'il a avec son peuple.
03:05Il dit que ça le chagrine que les Cubains ne puissent pas vivre comme lui,
03:09qu'il veut tout faire pour changer ça.
03:10On lit même qu'il imaginait à un moment un Cuba
03:13où on pouvait acheter du foie gras au supermarché.
03:16Bon, évidemment, des déclarations qui ont beaucoup choqué
03:18dans un pays qui essaye de se remettre des coupures de courant
03:21qui durent parfois des jours.
03:22Le secteur public est presque à l'arrêt.
03:24Évidemment, ça a beaucoup choqué les Cubains.
03:26Bon, pour mener les négociations avec les États-Unis,
03:29il n'aura peut-être pas besoin d'une approbation du peuple cubain.
03:32En revanche, il en aurait peut-être besoin après pour gouverner le pays.
03:36Merci beaucoup, Anastasia Capelina.
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