00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Jean-Michel Salvatore et avec Gilles-William-Goldnadel,
00:08on est bien sûr dans l'attente de ce que va pouvoir dire Marine Le Pen,
00:13qu'est-ce qu'elle va bien pouvoir dire.
00:15Détail important, elle est arrivée, Jean-Michel, avec Jordan Bardella,
00:19ils étaient dans la même voiture d'ailleurs pendant le trajet,
00:21qu'est-ce qu'ils se sont dit et qu'est-ce qu'ils se sont dit cet après-midi
00:24et quelle est la stratégie ?
00:25Personne n'a de boule de cristal, mais souvenez-vous sur LCI, il y a quelques jours,
00:32Marine Le Pen avait affirmé qu'elle ne pourrait pas faire campagne sous bracelet électronique.
00:36Si je peux être candidate, je serai candidate.
00:40Pour peu que je puisse faire campagne.
00:42Je pense que quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements
00:46et ça n'est pas le cas si vous êtes porteur d'un bracelet électronique.
00:49Donc je pense que les magistrats sont bien conscients, si vous voulez,
00:52qu'on ne peut pas faire une campagne présidentielle avec un bracelet.
00:54Voilà, alors c'était presque un appel en réalité.
00:58Peut-être que là où beaucoup de médias aujourd'hui disent
01:01« Ah mais vous savez, elle avait dit que sous bracelet électronique, elle n'irait pas ».
01:04Là, c'était quelques jours avant la décision.
01:07Elle espérait bien sûr que les magistrats puissent peut-être ne pas lui mettre même le bracelet électronique.
01:16Oui, bien sûr.
01:17De toute façon, je ne suis pas sûr que ça ait beaucoup de valeur
01:19parce que là, on est vraiment face à la situation.
01:23La décision de la Cour d'appel a été rendue.
01:25C'est à partir de là qu'elle va se décider.
01:28C'est vraiment une décision intime que l'on prend.
01:32Là, elle joue d'une certaine façon presque toute sa vie sur cette décision-là.
01:37Donc c'est vrai qu'elle a pu évoluer éventuellement dans le passé.
01:39C'est sûr que quand on attend une décision aussi importante pour sa vie
01:43et qu'on l'attend six mois comme elle l'a attendue,
01:47c'est vrai qu'on doit passer par toutes les phases.
01:49Des phases d'optimisme, des phases de pessimisme.
01:51Et je pense que ces déclarations sont le reflet de tout ça.
01:56Donc là, maintenant, aujourd'hui, ce qui compte, c'est qu'est-ce qu'elle va décider.
01:59Et c'est vrai qu'il y a un élément qui peut peut-être peser,
02:01c'est les remises de peine.
02:02Parce que c'est vrai que si elle peut éventuellement être débarrassée
02:06de ce bracelet électronique, comme le disait Gilles William à un instant,
02:10en janvier...
02:11Il n'y a pas que les remises de peine, Jean-Michel.
02:13Il y a aussi les aménagements.
02:15C'est-à-dire que non seulement ils peuvent lui faire qu'un autre six mois,
02:19mais en plus, à l'intérieur des six mois,
02:22elle pourra demander la permission au juge d'application des peines
02:27d'aller là et d'aller là, etc.
02:29Donc ça peut être un port de bracelets hachés.
02:33Exactement.
02:33Et je pense qu'elle peut s'en servir même politiquement.
02:36Elle peut s'en servir auprès de ses électeurs en disant...
02:38Ça, on l'a beaucoup dit, mais...
02:40Ah bah si, quand même !
02:41Le plus important, Jean-Michel, pardon, encore une fois,
02:45c'est que la Cour a dit qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel.
02:51C'est-à-dire que c'est les adversaires, là je les entends beaucoup,
02:55la gauche, etc.
02:56qui disent qu'il y a un enregistrement quand même.
02:58Mais pas d'enrichissement...
03:00Non mais c'est très important sur le plan moral.
03:02Bien sûr, j'entends bien, j'entends bien.
03:02Pardon, il y a des députés socialistes européens
03:05qui, eux, n'ont pas encore été condamnés,
03:07mais qui sont poursuivis, par exemple,
03:09pour avoir été corrompus par le Qatar.
03:11Ça n'a quand même pas la même gueule, si je peux me permettre.
03:13C'est pas pareil.
03:14Et justement, quand on regarde bien les motivations de la Cour d'appel,
03:20elle dit qu'elle a voulu prendre en compte
03:23la liberté de choix de l'électeur,
03:24condition d'expression du suffrage démocratique.
03:27Ça, c'est important.
03:29C'est bien pour ça que lorsque je critiquais sans grande aménité
03:34le premier jugement, dont t'appelles,
03:38je n'avais pas totalement tort.
03:40Alors justement, vous parliez de, comment dirais-je,
03:44de socialistes qui y a parlé.
03:46Raphaël Glucksmann s'est exprimé tout à l'heure,
03:48justement, sur Marine Le Pen.
03:51Et il a, comment dirais-je, dénoncé un système.
03:56Ce qui a été d'ailleurs dit à l'audience par la présidente Michèle Agis.
04:01Le Rassemblement National, qui nous explique toute la journée,
04:04sans discontinuer, qu'il est du côté du peuple,
04:07le Rassemblement National est en fait un rassemblement
04:10de coquins et de copains.
04:13C'est un Rassemblement National qui a un rapport à l'argent public
04:17qui pose problème.
04:19Et donc, aujourd'hui, on se retrouve dans une situation
04:21où une personne condamnée doit prendre la décision,
04:24ou pas, d'être candidate à la présidence de la République.
04:28Ce choix lui appartient.
04:29Mais nous, de toutes les manières,
04:31nous combattrons la personne qui représentera
04:34le Rassemblement National jusqu'au bout
04:36et nous ne laisserons pas la République française
04:39dans les mains de gens qui sont profondément corrompus.
04:43Voilà, une des réactions à gauche.
04:46Pardon de le dire, je ne me permettrais pas de dire
04:49que c'est une réflexion sotte,
04:50mais je n'en pense pas moins.
04:52On s'est dit alors ?
04:53Parce qu'il n'y a pas de corruption.
04:54Il n'y a pas de délit de corruption.
04:56Et au risque de me répéter,
04:58la Cour a expressément indiqué
05:02qu'il n'y avait pas d'enrichissement personnel.
05:05Donc là, le mot corruption est totalement...
05:08Il n'y a pas de corruption, mais qu'est-ce que vous dites
05:10à Patrick Maisonneuve, votre confrère
05:12qui défend le Parlement européen,
05:13qui tout à l'heure, lors du micro tendu
05:15à la sortie de l'audience,
05:16dit que Marine Le Pen et le RN,
05:19et le FN devenu RN,
05:20a volé l'argent des contribuables français.
05:23Je dis aussi qu'elle n'a pas été...
05:27Contrairement à Mme Chikirou,
05:30qui pour des raisons personnelles
05:32a été condamnée pour vol,
05:34elle n'a pas été condamnée pour vol.
05:38Ils ont, au détriment du Parlement européen,
05:43payé leurs employés
05:45pour qu'ils travaillent pour eux.
05:46Mais il n'y a pas d'enrichissement personnel,
05:48il n'y a pas de vol, il n'y a pas de corruption.
05:49Voilà.
05:49Jean-Michel Sénateur.
05:50Là, il y a des tournements,
05:51mais il faut quand même observer
05:53qu'ils ne sont pas les seuls.
05:54Et que je sache,
05:55le Modem a lui aussi eu un procès
05:57pour les mêmes raisons.
05:58Alors, ce qui portait sur des sommes moins importantes,
06:01mais c'est une question de principe,
06:02et donc ils ont été condamnés.
06:04Alors, François Bayrou a réussi à sauver sa tête,
06:07notamment parce que finalement,
06:08ce n'était pas lui qui signait,
06:09qui donnait les ordres,
06:10c'était plutôt son trésorier,
06:12Michel Mercier.
06:13Donc, c'est Michel Mercier qui était condamné.
06:15Et puis, même Jean-Luc Mélenchon.
06:17Jean-Luc Mélenchon a été aussi impliqué
06:18dans une même affaire.
06:19Mais, curieusement,
06:20les poursuites ont été abandonnées.
06:24Mais, donc, quand on dit,
06:26quand on entend Gluckspann dire
06:27« la probité de Mme Le Pen est en cause »,
06:30moi, je trouve qu'il fait semblant
06:32de ne pas voir que,
06:33comme le dit Gilles William,
06:35il n'y a pas d'enrichissement personnel.
06:37Et donc, quand on a eu les affaires
06:40de financement du RPR, par exemple,
06:42on n'a jamais dit que Jacques Chirac
06:43avait volé les Français.
06:45Bon, il avait créé un système,
06:47parce qu'il n'y avait pas de financement
06:50de partis politiques suffisamment efficaces.
06:52Bon, il avait mis en place un système.
06:54Juppé l'a payé.
06:55Mais on n'a jamais dit que Jacques Chirac
06:59avait volé l'argent des Français.
07:00De même, François Mitterrand.
07:01Parce qu'à l'époque aussi,
07:02les socialistes ont eu aussi à répondre
07:04d'affaires de financement du PS.
07:06Les Français, Jean-Michel, ne s'y trompent pas.
07:09Ça n'est pas un hasard
07:12s'ils sont beaucoup plus sévères
07:14envers, par exemple, un Cahuzac
07:16qui expliquait qu'il ferait rendre gorge
07:19aux fraudeurs fiscaux,
07:22qui jurait qu'il n'avait pas de compte
07:24à l'étranger,
07:25et qu'il a été pris la main dans le sac.
07:27Là, les Français,
07:29et à mon avis, à juste titre,
07:30sont plus sévères
07:31que lorsque, effectivement,
07:33on transgresse la loi,
07:36mais pas des fins personnelles.
07:37Alors, écoutons ce que disait
07:39Maître Rodolphe Bousselu,
07:41l'avocat de Marine Le Pen.
07:43Notons une inflexion considérable
07:46sur les peines,
07:47notamment sur la peine d'inégibilité,
07:49qui pour nous est un point
07:51extrêmement important,
07:53d'autant qu'il a été accompagné
07:55de mentions par la Présidente
07:57sur la liberté
08:00pour les électeurs
08:01d'avoir un candidat.
08:03Maintenant, nous réfléchissons
08:05à l'ensemble de la décision.
08:07Nous allons y réfléchir
08:08cet après-midi
08:09et nous ferons une communication
08:12ultérieure sur les suites
08:13éventuelles à donner
08:14à cette décision.
08:15Vous êtes satisfait ?
08:16Partiellement, oui.
08:18C'est un bon début.
08:19Rodolphe Bousselu qui dit
08:20c'est un bon début.
08:21Alors, quand il dit
08:22c'est un bon début,
08:22ça veut dire qu'il y a un pourroi ?
08:23Ou pas forcément ?
08:24Ça veut dire qu'il envisage
08:26qu'il envisage un pourroi.
08:28Oui.
08:28Mais est-ce que le pourroi
08:29est compatible avec le calendrier ?
08:31Alors, c'est un peu...
08:34Je trouve que c'est un peu problématique,
08:36mais je signale également
08:38que le parquet,
08:39dans les dix jours,
08:41en théorie,
08:42pourrait aussi former un pourroi.
08:44Alors, on ne reviendrait pas
08:47à la première affaire.
08:50ça, on le sait à peu près
08:52au contenu de la jurisprudence.
08:54Mais quand même,
08:55ça me pose question.
08:56Oui.
08:56Et le pourroi,
08:58comment dirais-je,
08:58infirme ou confirme
08:59l'arrêt de la cour d'appel.
09:01Donc, c'est-à-dire
09:01qu'il se base
09:02sur ce qui a été décidé
09:03et il ne peut pas dire
09:04tiens, on va faire plus.
09:06Il peut, en théorie,
09:07l'annuler.
09:08C'est ça.
09:08C'est ça.
09:09Mais quel délai ?
09:10Ça peut aller ?
09:11Ils ont dit qu'ils allaient vite.
09:13Il paraît qu'ils iraient
09:14rapidement.
09:15J'ai peur d'être...
09:16Janvier 27.
09:18Janvier 2027.
09:19Il me semble janvier 27,
09:20paraît-il.
09:21Mais je me pose quand même
09:22une question sur le système
09:23de défense de Marine Le Pen.
09:25Est-ce qu'elle n'a pas pris
09:27un gros risque
09:28en plaidant,
09:29dès la première instance,
09:31enfin,
09:31elle a plaidé non coupable ?
09:32Non, mais elle a changé.
09:33Oui, elle a changé.
09:34Elle a changé.
09:35C'est-à-dire qu'en première instance,
09:36elle plaidait non coupable
09:37et en appel,
09:39elle a dit
09:40qu'il y avait peut-être
09:41eu des choses,
09:42il y a eu peut-être
09:43des transgressions,
09:44mais comme c'était
09:44des transgressions
09:45qui n'avaient pas
09:47une intention dolosive,
09:50le délit n'était pas commis.
09:52Il y a eu quand même
09:54une modification
09:55de la manière
09:56de présenter le bébé.
09:57Oui, quand même.
09:58Oui, une manière
09:59de présenter le bébé
10:00qui effectivement
10:00peut être différente.
10:02Je vous propose
10:03qu'on marque une pause.