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Le Grand entretien sur l'adaptation climatique avec Christophe Béchu, maire d’Angers, ancien ministre de la Transition écologique, et Yamina Saheb, docteure en ingénierie énergétique, co-autrice du rapport du GIEC AR6 en mars 2023. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-lundi-06-juillet-2026-6527433
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00:00C'est une question que nous nous posons tous, qui devient même obsédante à chaque épisode de Canicule.
00:06Comment allons-nous pouvoir vivre dans un monde où les fortes chaleurs s'installent ?
00:10Comment adapter nos villes, nos modes de vie, tout simplement nos quotidiens ?
00:14Journée spéciale sur France Inter, comment s'adapter ou plutôt, d'abord, peut-on s'adapter ?
00:20Dialogue donc dans ce grand entretien, alors qu'un nouveau dôme de chaleur, nous disent les météorologues,
00:26qui arrivent sur la France, dialogue et débat aussi sans doute, entre une scientifique, docteur en ingénierie énergétique,
00:32co-autrice du sixième rapport du GIEC, le groupe d'experts de référence sur le climat, en mars 2022, Yamina
00:39Saeb, bonjour,
00:41et un ancien ministre de la Transition écologique de 2022 à 2024, qui a lancé justement un plan d'adaptation
00:47de la France au changement climatique,
00:49Christophe Beffu, bonjour, maire d'Angers, dans le Maine-et-Loire, également secrétaire générale du parti Horizon,
00:55et co-directeur de la campagne présidentielle d'Edouard Philippe, qui était en meeting hier.
01:00Dialogue aussi, bien sûr, comme tous les matins avec nos auditeurs, au 01 45 24 7000 pour nous appeler,
01:06et sur l'application de Radio France pour nous écrire.
01:09Revenons d'abord sur le bilan du précédent épisode de Canicule, c'était il y a quelques jours seulement,
01:14à la fin du mois de juin, au moins 2025 décès supplémentaires en France,
01:19dus à ces fortes chaleurs, selon les chiffres de santé publique France.
01:23Aurait-il pu, aurait-il dû être évité ? Je pose d'abord la question aux politiques, Christophe Beffu.
01:30D'abord, on a vécu un épisode caniculaire d'une exceptionnelle intensité.
01:36Je parle de la durée, mais je parle aussi des températures qu'on a atteintes,
01:40avec pas de comparaison à l'exception de ce qu'on avait connu en 2003.
01:44Et en 2003, c'est 15 000 décès qu'on avait eus.
01:46Ça montre qu'on a appris d'une partie de tout ça, avec en particulier beaucoup, beaucoup moins de décès
01:51dans les EHPAD.
01:52En revanche, bien plus à domicile.
01:54Et un deuxième élément qui est marquant, c'est que les vagues de chaleur du début des années 2000,
02:00en particulier celles de 2003, elles ont vraiment concerné des personnes très âgées.
02:04Mais on s'aperçoit, quand on a des épisodes de canicule aussi intenses que celui qu'on a connu,
02:08que même des gens qui sont en bonne santé ou qui sont plus jeunes sont susceptibles d'être affectés et
02:14d'être touchés.
02:16Ce qui montre qu'on a, à certains égards, appris, en particulier pour les aînés dans les structures collectives,
02:23mais que le chemin qui reste à faire pour mesurer l'ampleur des défis liés à la multiplication certaine des
02:30vagues de chaleur,
02:3123 ans après 2003, on n'y est pas encore. C'est ce que vous dites sur la préparation.
02:35Yamina Saeb, vous nous disiez en préparant cette interview, et les mots sont très forts,
02:42que ces morts supplémentaires sont des crimes climatiques. Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
02:48Alors, en fait, on peut considérer qu'à partir de 1992, quand on a signé la Convention cadre des Nations
02:55Unies sur le changement climatique,
02:56les gouvernements savaient. Et cette convention-là, elle est arrivée après la publication du premier rapport du GIEC.
03:02Elle a été alimentée par ce rapport-là de 1990. Donc depuis 1990, on savait vers où on allait.
03:08La science n'a fait qu'affiner son analyse, produire plus d'outils, etc.
03:12Et depuis 1992, en vérité, rien n'a été fait, ou pas suffisamment fait,
03:19par rapport à ce qu'on savait qui allait se produire.
03:22Donc quand vous parlez de crimes, c'est qu'on n'a pas assez fait, non pas pour s'adapter
03:26aujourd'hui, mais pour réduire les émissions.
03:28Parce qu'en fait, ces 30 dernières années, depuis la Convention cadre de 1992.
03:34Parce qu'en fait, quand on parle d'adaptation, ce qu'il faut comprendre, c'est que l'adaptation ne
03:38sera possible
03:39que si, et seulement si, on réduit drastiquement nos émissions.
03:43Pour vous donner un ordre de grandeur, notre objectif à nous, Français et Européens,
03:47c'est d'être neutre en carbone en 2050.
03:49Être neutre, ça veut dire en vérité la continuation des énergies fossiles.
03:52On prévoit des technologies qui vont aspirer le CO2 et le mettre sous terre, qui ne fonctionnent pas encore.
03:59Et alors qu'en considérant ce que la Cour de justice internationale, son avis, a publié l'année dernière,
04:06en considérant nos émissions passées, etc., on aurait dû être zéro carbone en 1996.
04:11Soit 4 ans après avoir ratifié, signé la Convention internationale sur le changement climatique.
04:17Donc ça veut dire qu'on a un gouvernement aujourd'hui qui est très critiqué,
04:20beaucoup disent pour son impréparation.
04:22En fait, il pâtit aussi de l'inaction des gouvernements précédents.
04:26C'est pas juste ce gouvernement-là.
04:29C'est tous les gouvernements, c'est tous ceux qui ont été en responsabilité en vérité depuis 1992.
04:33Que ce soit l'exécutif ou alors les parlementaires.
04:35Christophe Véchut.
04:36Si on remet les choses à leur place, y compris si on parle de 92, de 96 et de tout
04:39ça,
04:41la responsabilité de l'attention, elle est mondiale.
04:43Elle est plus forte dans les pays, évidemment, qui sont les plus grands émetteurs.
04:46Mais pour qu'on réussisse véritablement à aller vers une neutralité carbone,
04:50il ne suffira pas d'avoir un pays ou un continent qui fasse des efforts.
04:54Ce qui est intéressant avec l'adaptation, si j'ose dire,
04:56c'est qu'on ne peut pas s'abriter derrière le fait que les autres n'agissent pas pour agir.
05:02Si on ne fait que de l'adaptation et qu'on arrête de considérer le besoin de baisse des émissions,
05:07on aura un problème parce qu'on courra après des températures qui ne cesseront de monter et qu'on ne
05:10pourra pas atteindre.
05:11Mais à l'inverse...
05:11L'adaptation ne doit pas être le renoncement à la lutte contre les causes du réchauffement.
05:17Il ne l'est pas.
05:18L'adaptation, c'est le fait de regarder en face que nous ne sommes pas dans les clous de l
05:21'accord de Paris.
05:22Quand, en tant que ministre, il y a trois ans, je dis,
05:25il faut qu'on se prépare à un scénario d'une France à plus de 4 degrés,
05:27il y a d'abord des réactions de gens qui disent, regardez, ils renoncent à lutter contre le réchauffement climatique.
05:33Pas du tout.
05:34On a, et c'est exactement ce que dit Amin Assa,
05:36on a déjà un dérèglement climatique qui est là et nous sommes d'ores et déjà au-dessus de l
05:42'accord de Paris en termes de trajectoire.
05:44Donc, il faut qu'on s'adapte parce que le dérèglement climatique a commencé,
05:48mais en parallèle, il faut aussi qu'on intensifie nos efforts d'atténuation
05:51parce que la complexité de l'adaptation sera d'autant plus forte qu'on n'aura pas suffisamment atténuée.
05:58Vous dites effectivement, Yamin Assaeb, que l'adaptation, encore une fois, ne doit pas être une excuse
06:05pour abandonner des politiques de véritablement de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
06:10Mais j'en viens à la question centrale.
06:11Christophe Béchut disait, l'hypothèse de base du plan d'adaptation que vous avez porté au moins à ses débuts
06:20en 2023,
06:22Christophe Béchut, c'est plus 4 degrés en 2100.
06:24Peut-on s'adapter, selon vous, Yamin Assaeb, qui est experte de ces sujets, à un monde à plus 4
06:30degrés ?
06:31Alors, pour arriver à 4 degrés, un monde à 4 degrés, pour passer du 1,5 d'aujourd'hui à
06:354 degrés,
06:36ça voudra dire que, sur le parcours, on aura tué l'ensemble de l'écosystème qui nous permet de vivre
06:42sur Terre.
06:43Et d'ailleurs, on le voit, par exemple, dans le plan d'adaptation français, le plan 3,
06:49en fait, le plan s'intéresse plutôt à la partie économique et la partie humaine, mais pas du tout le
06:54vivant.
06:55Sur le vivant, en fait, ce que le plan dit, c'est que ça va être des co-bénéfices.
06:58Or, sans le vivant, sans le reste du vivant, on ne pourra pas vivre, nous.
07:02Et c'est ça qu'il faut comprendre.
07:03Vous dites, on ne peut pas vivre dans un monde à 4 degrés.
07:05Mais parler d'adaptation sur cette base-là, ça n'a pas de sens.
07:08Ça n'a pas de sens, pour moi, de parler d'adaptation sur cette base-là,
07:11parce que sur cette base-là, en fait, il n'y aura pas tous les systèmes.
07:14Il y a des choses, par exemple, dans le plan français,
07:17par exemple, sur la question hydrique et la réduction de 10%.
07:20Mais ça ne s'attaque pas au vrai problème de l'utilisation de l'eau,
07:24du cycle de l'eau qu'on a perturbé en raison de notre modèle économique.
07:28Et du coup, on ne pourra pas s'adapter à une France où il n'y aura pas d'eau.
07:31Ce n'est pas possible.
07:32Qu'est-ce que vous répondez à cela, Christophe Béchut ?
07:34Je dis qu'on ne s'est pas amusé à faire un scénario pour faire peur.
07:37La vérité, c'est qu'il y a même des hypothèses où on va à plus de 4 degrés
07:40si on n'est pas suffisamment engagé dans la baisse.
07:45Mais il faut comprendre que plus 4 degrés en France,
07:47ça correspondrait au fait que sur l'ensemble de la planète,
07:50on soit sur une trajectoire à plus 3 degrés,
07:52à comparer au plus 1 et au plus 2.
07:54La France, l'Europe voient les températures augmenter plus vite que la moyenne du reste du monde.
07:59Et donc, encore une fois, ça n'est pas pour faire peur.
08:02C'est pour regarder en face quelque chose qui est malheureusement crédible.
08:05Et les conséquences dans d'autres pays, elles sont multiples.
08:09Ensuite, il n'y a pas de scénario dans lequel l'adaptation suffit.
08:13Et on voit bien que ça induira de changer nos usages dans plein de domaines.
08:17C'est vrai sur l'eau.
08:17On ne pourra pas continuer à regarder les choses de la même manière.
08:20Aujourd'hui, dans notre pays,
08:21à la différence de pays qui sont confrontés à des stress hydriques,
08:24on ne réutilise pas l'eau.
08:25On est très loin de ce qu'on pourrait faire en termes de sobriété.
08:29Il n'y a que 15% par exemple des surfaces agricoles qui sont irriguées en goutte à goutte.
08:32On se retrouve encore parfois arrosé en plein milieu de l'après-midi.
08:35Il va falloir s'attaquer au modèle agricole.
08:37Au modèle de production agricole.
08:38Il va falloir qu'on s'occupe du modèle agricole.
08:40C'est un peu ce que dit Yamin Assaeb depuis le début.
08:42C'est-à-dire qu'on s'adapte sans s'attaquer aux causes profondes.
08:47Est-ce qu'il y a un problème de volonté politique là-dessus ?
08:50Moi, je pense que sur ces sujets,
08:52il faut beaucoup de détermination, mais aussi beaucoup d'humilité.
08:55Parce qu'il y a quelques années,
08:57le débat même sur le thème de l'adaptation n'existait pas.
09:01Personne n'en parlait.
09:02Le mot de sobriété, à l'exception de quelques pionniers qui en parlent depuis longtemps...
09:05C'est Yamin Assaeb justement qui l'a introduite,
09:07la première, dans le rapport du GIEC dont je parlais il y a 4 ans.
09:10Mais je crois que le premier usage de la sobriété d'un point de vue politique,
09:13c'est il y a 5-6 ans,
09:14par rapport au début des années 2000,
09:16où certains scientifiques commençaient à en parler ?
09:17La France est une exception.
09:19La France est un pays où on parle de sobriété.
09:20Vous savez, le premier scénario sobre en énergie
09:23qui existe dans le monde, qu'on a pu retrouver,
09:25c'est un scénario français qui date de 78-79,
09:28qui a été fait par le Trésor.
09:29Mais qui est l'oeuvre de quelques pionniers.
09:31Ce que je veux dire, c'est que dans le débat public,
09:33y compris ces sujets-là,
09:34ils n'ont que quelques années.
09:35Donc, regarder avec les yeux d'aujourd'hui
09:38ce qui s'est passé par le passé en disant qu'on n'a pas été assez vite,
09:40c'est oublier qu'on ne s'est pas focalisé forcément sur les bons objets,
09:45qu'on a beaucoup plus parlé de baisse, par exemple, que d'adaptation.
09:48Et restons sur l'agriculture.
09:50Parce que, de mon point de vue, c'est un très bon sujet.
09:53Il y a deux choses qu'il faut qu'on évite.
09:55Si on continue comme aujourd'hui,
09:56si on continue à avoir une agriculture qui est trop dépendante d'eau,
09:59on aura un sujet.
10:00Évidemment.
10:01Parce qu'on se retrouvera devant des impasses et devant des impossibilités.
10:03Mais à l'inverse,
10:04si on considère que c'est par la diminution de la production
10:07qu'on va s'en sortir alors qu'on est déjà importateur
10:09et que ça suppose d'importer massivement de d'autres pays
10:12qui ont souvent des modèles qui sont moins vertueux que les nôtres,
10:14on aura une autre impasse.
10:16Justement, vous dites,
10:17arrêtons de regarder avec les yeux d'aujourd'hui le passé.
10:20Parlons du présent et de ce plan d'adaptation
10:22qui a fini par être adopté.
10:23Vous n'avez pas pu le porter jusqu'au bout
10:25puisque vous avez dû démissionner en raison de la dissolution
10:27de l'Assemblée nationale.
10:28Mais le gouvernement dit aujourd'hui
10:3080% des mesures de ce plan d'adaptation sont lancées.
10:34Est-ce que vous pouvez nous citer par exemple
10:36trois mesures dont vous dites
10:38elles vont permettre réellement de vivre mieux
10:40dans les années, les décennies à venir ?
10:4280% sont lancées.
10:43Le problème, c'est le temps qu'il faut
10:44entre le moment où elles sont lancées
10:45et le moment où elles aboutissent.
10:47Quand, pour prendre un exemple extrêmement concret
10:51lié à l'actualité d'aujourd'hui,
10:52vous précisez les obligations de débroussaillage
10:55parce qu'on sait qu'on a une augmentation considérable
10:57des risques de feux de forêt
10:58et on le voit aujourd'hui avec ce qui se passe
10:59dans les Pyrénées.
11:01Et que vous affinez les cartes,
11:02que vous améliorez les sanctions, etc.
11:04Très bien.
11:05Ça, ça va être de nature à diminuer
11:07les surfaces qui vont être brûlées.
11:08Mais entre le moment où vous le décidez
11:09et le moment où dans toutes les mairies de France
11:11puis à l'intérieur de chacune des propriétés
11:13les gens prennent conscience de ce qu'il faut faire,
11:16il y a un délai qui suppose des moyens
11:18pour être capable d'informer,
11:19pour aller préciser les choses auprès des gens.
11:20Donc vous ne pouvez pas nous dire
11:21ce matin, il y a trois mesures efficaces,
11:24concrètes, réelles ?
11:24Elle est concrète, elle a été prise.
11:26Mais il y a le problème de la mise en œuvre aussi.
11:27Allons sur le deuxième sujet,
11:30là aussi très concret,
11:31la révision des règles en termes de confort d'été.
11:33On sait que, et on le voit, j'allais dire,
11:35aujourd'hui, il faut qu'on soit capable
11:37d'adapter le bâti d'une manière
11:38qui soit beaucoup plus forte.
11:40Mais quand vous voyez que globalement,
11:42on a en gros lancé la rénovation
11:44de 10% des écoles,
11:46c'est lancé.
11:47Il y a 90% des écoles de ce pays
11:50pour lesquelles on n'a pas entamé
11:52à un travail de rénovation
11:53et avec maintenant des canicules
11:55qui arrivent en période scolaire.
11:56Donc on voit que,
11:57même si la prise de conscience a eu lieu,
11:59même si les décisions ont été prises,
12:01on a plusieurs trains de retard.
12:02On est toujours en retard, en fait,
12:03sur ces sujets.
12:05Il y a un gros souci dans le plan.
12:07Moi, j'ai analysé les mesures.
12:09Alors quand vous lisez la partie introductive,
12:11c'est très attractif.
12:13Vous dites, ah, ils ont fait des choses
12:14très intéressantes.
12:15C'est lorsque vous regardez les mesures
12:16et que vous vous rendez compte
12:18que ce n'est pas très vrai.
12:19Je vais revenir sur la question bâtiment
12:21puisque je suis ingénieur
12:22en bâtiment à la base.
12:23Et donc, sur la question bâtiment
12:24et en particulier le confort d'été,
12:27moi, je voudrais...
12:27Qu'est-ce qu'on appelle
12:28le confort d'été ?
12:28Le confort d'été, c'est
12:29rendre l'espace...
12:30Pouvoir travailler ou vivre
12:32dans un espace,
12:34rendre les espaces habitables l'été.
12:35Quand il fait très chaud dehors.
12:36Quand il fait très chaud dehors.
12:38Et donc, nous protéger de la chaleur.
12:39C'est ça ce que ça veut dire.
12:40Et nous, historiquement,
12:42on a toujours eu
12:42des réglementations thermiques
12:44pour nous protéger du froid
12:45pour des raisons
12:46de localisation de la France.
12:48Et le confort d'été
12:50a été introduit
12:50dans la réglementation thermique
12:51au début des années 2000,
12:52mais ça n'a jamais été
12:53très poussé, etc.
12:54Et lorsqu'on regarde...
12:56Moi, je regrette
12:57que dans ce plan-là,
12:58ce dont il aurait dû accoucher
12:59sur la question
13:00de l'habitabilité des espaces,
13:02c'est une loi
13:02d'habitabilité des espaces
13:04qui prendrait à la fois
13:05la protection,
13:06nous protéger l'hiver
13:08et l'été.
13:08On n'a pas ça en France.
13:10Et ce qu'on a, par contre,
13:11on a...
13:12Dans la loi climat,
13:13on a un article
13:15sur le logement décent.
13:16Et le logement décent,
13:17il est défini
13:17par rapport à quoi ?
13:18Par rapport à sa consommation
13:19d'énergie.
13:20Et pas du tout
13:20par rapport à votre confort.
13:21Et une consommation
13:22très élevée, par ailleurs.
13:23Et si je comparais, par exemple,
13:25à l'Angleterre, par exemple.
13:26Après, on a la loi SRU
13:27qui définit le nombre
13:28de mètres carrés.
13:29C'est 9 mètres carrés.
13:30Aujourd'hui,
13:30on ne peut plus louer
13:31des placards de 6 mètres carrés
13:32à des étudiants.
13:33Si je comparais, par exemple,
13:34à la Grande-Bretagne,
13:34au moment où nous,
13:35on a eu la loi SRU,
13:37eux, ils ont eu une loi
13:38sur le logement décent.
13:39Une loi entière
13:40sur le logement décent.
13:41Et sur le logement décent,
13:42eux, par exemple,
13:43ils prévoyaient déjà
13:4437 mètres carrés par personne.
13:45Pourquoi ?
13:46Quelle est la différence ?
13:46C'est que dans 9 mètres carrés,
13:48au mieux,
13:48vous avez un petit hublot
13:49qui va vous servir
13:51de fenêtre.
13:52Et donc, impossible à ventiler.
13:53Si vous avez 37 mètres carrés,
13:54on peut imaginer
13:55que vous en avez au moins 2.
13:56Donc, ça peut se gérer.
13:58Alors, on a fait le calcul
13:59là pour la région parisienne,
14:01la petite agglomération parisienne.
14:02Il y a à peu près
14:03500 000 logements
14:05sous les toits.
14:05Sur les 500 000 logements
14:07sur les toits,
14:07on a réussi à identifier
14:09environ 200 000 logements
14:10qui sont dans des situations
14:12critiques,
14:12mais vraiment critiques.
14:13Pourquoi critiques ?
14:14Parce qu'ils sont très petits,
14:15donc il n'y a pas
14:16de système de ventilation.
14:18Ils sont occupés
14:19par des personnes
14:20en situation de précarité.
14:21Ils sont situés
14:22dans des endroits
14:23où il y a des îlots de chaleur.
14:24Que fait-on pour ces gens-là ?
14:26Et ça, c'est légal.
14:27C'est légal, vous voyez ?
14:28Ça, ça ne devrait pas être légal.
14:29Mais Madame Saeb...
14:30Christophe Béchut.
14:31En fait, je veux bien,
14:32mais qu'est-ce qu'on fait ?
14:34On interdit tous ces logements ?
14:35Dans un contexte
14:36où on a déjà
14:36une crise du logement ?
14:37On n'est pas du tout
14:37dans la situation de l'Angleterre.
14:39Ça renvoie même
14:39à d'autres questions.
14:40On ferme les frontières,
14:41on accueille d'accueillir des gens
14:42dans un contexte
14:43où on sait qu'une partie
14:44de ces logements
14:44sert à accueillir
14:44La crise du logement
14:45n'est pas une crise de mètres carrés
14:47à construire.
14:48C'est une crise différente.
14:50On n'a pas de crise,
14:50on a beaucoup de mètres carrés
14:52vacants,
14:52que ce soit dans le logement
14:53ou dans le tertiaire.
14:55Mais des mètres carrés vacants
14:56dans le tertiaire
14:57ne deviennent pas des logements
14:58en acclaquement de bois.
14:58On a à la fois des difficultés
15:00L'adaptation, c'est ça ?
15:02C'est préparer tout ça ?
15:03On comprend en vous écoutant
15:04le côté vertigineux
15:06des problèmes très concrets
15:07C'est vertigineux !
15:09De l'adaptation ?
15:10Ce que je veux dire,
15:11c'est que oui,
15:12le chantier,
15:12il est colossal.
15:13Vous savez,
15:14hier,
15:14Edouard Philippe était en meeting
15:16et je me réjouis
15:17Et vous êtes son directeur de campagne.
15:18Et je suis son directeur de campagne
15:19et je me réjouis,
15:20je cite,
15:21qu'il ait parlé
15:21de la nécessité
15:22d'un effort considérable.
15:23Pour un candidat qui explique
15:25qu'il va falloir faire attention
15:26à nos comptes,
15:26il dit qu'on va devoir augmenter
15:28de manière considérable et moyenne.
15:29Il explique qu'il faudra
15:30au moins doubler le fond vert
15:31qu'il faudra passer là-dessus.
15:31On a le fond vert aujourd'hui.
15:32Vous dites,
15:33Edouard Philippe dit
15:34qu'il faut le doubler
15:34donc le porter à 1,7 milliard par an
15:38sauf qu'il était à 2,4 milliards.
15:40Je n'oublie pas
15:41puisque je suis celui
15:42qui l'a lancé
15:42mais j'observe que
15:43dans toute une partie du débat
15:44Et déjà à 2,4 milliards
15:46les experts disaient
15:47c'est loin d'être suffisant.
15:48Il y a une tribune
15:49dans le monde ce matin
15:50dans laquelle des dizaines
15:51de scientifiques disent
15:52qu'il faudrait que ce soit
15:5320 milliards.
15:54Mais j'entends tout ça.
15:56Je dis juste que
15:57toute une partie
15:57de ceux qui expliquent
15:58qu'il faudrait le faire
15:58ne l'ont pas fait
15:59quand ils étaient en responsabilité
16:00voire même expliquaient
16:03que le truc n'était pas efficace.
16:04Maintenant qu'on l'a baissé
16:05tout le monde se rend compte
16:06que c'est nécessaire.
16:08Je me réjouis.
16:09Tout simplement je fais une parenthèse
16:09le fond vert
16:09c'est ce qui permet
16:10aux collectivités territoriales
16:12de mettre en place
16:13des projets de transition écologique.
16:14Exactement.
16:15Avec une idée simple
16:16c'est que
16:16en partant du terrain
16:17dans certains endroits
16:18le besoin
16:19c'est davantage d'arbres
16:20pour aller mettre de l'ombre
16:21dans d'autres
16:21c'est de la rénovation
16:22pour faire en sorte
16:23d'améliorer les choses
16:24dans un troisième
16:24c'est la préservation
16:25de la biodiversité
16:26parce qu'effectivement
16:27il faut à la fois
16:28qu'on protège la faune
16:29et la flore
16:30y compris pour nous-mêmes
16:31et pour être en capacité de vivre
16:33et qu'il y a deux sujets
16:35comment on donne
16:36à des acteurs de terrain
16:37qui sont au plus près
16:38des situations
16:38les moyens d'être
16:39les plus efficaces
16:40parce qu'une mesure nationale
16:41n'est pas forcément adaptée
16:42et comment on met plus
16:43de moyens sur la table
16:44parce que sinon
16:45nous n'y arriverons pas.
16:46Mais ça suppose
16:46de faire des choix
16:47et de faire des priorités
16:48et donc que dans d'autres domaines
16:49où on travaille davantage
16:51où on assume le fait
16:52qu'il y a des domaines
16:52dans lesquels on fait moins.
16:53Une question au standard
16:55de Cécile pour vous deux
16:57Christophe Béchut et Yamina Saeb.
16:58Bonjour Cécile on vous écoute.
17:00Oui bonjour
17:00bonjour à tous
17:01voilà donc
17:02je suis habitante
17:03à Montreuil
17:04en Seine-Saint-Lis
17:06excusez-moi
17:06je suis un peu
17:07bon
17:07je suis très choquée
17:08par les propos du ministre
17:10concernant son adaptation
17:12aussi parce que
17:13monsieur vous avez un bilan
17:14sur les bras
17:16ça fait 10 ans
17:17que le camp gouvernemental
17:19était au gouvernement
17:19il n'a strictement rien fait
17:21notamment concernant
17:22l'adaptation dans les écoles
17:23et dans les établissements scolaires
17:24on a vécu
17:26avec nos enfants
17:27depuis le mois de mai
17:28des conditions catastrophiques
17:30d'accueil
17:30dans certaines classes
17:31ils étaient plus de 35 degrés
17:33les enfants ne pouvaient même pas
17:34aller jouer dans les cours
17:36on est d'accord
17:37que tout ça
17:38madame le disait
17:39on le savait
17:40on aurait pu anticiper
17:41rien n'a été fait
17:42ne serait-ce que par rapport
17:43à l'année dernière
17:44où il y avait déjà eu
17:45un épisode caniculaire
17:46on a dû garder nos enfants
17:48pendant la période scolaire
17:49là on était
17:50des parents d'élèves
17:51à venir mettre
17:52des couvertures de survie
17:52sur les fenêtres
17:53à venir équiper
17:54les salles de classe
17:55avec des ventilateurs
17:56alors même que nous
17:57dans nos bureaux
17:58surclimatisés
17:59on pouvait totalement
18:01passer la journée
18:02au frais
18:02on est d'accord
18:03qu'on a laissé de côté
18:04tous les établissements
18:07il y a eu des brevets
18:08il y a eu des
18:09le bas
18:10qui s'est déroulé
18:11dans des conditions terribles
18:12quelle a été l'adaptation
18:14ça fait 10 ans
18:15que le gouvernement
18:15était aux responsabilités
18:17n'a littéralement
18:18rien fait
18:18à ignorer
18:19tous les cris d'alarme
18:21des scientifiques
18:21on entend la critique
18:22Cécile
18:23est-ce que vous avez
18:24une question
18:24ou c'était simplement
18:26ce témoignage
18:28on va écouter la réponse
18:30de Christophe Béchut
18:31il nous reste très peu de temps
18:32et merci beaucoup Cécile
18:33pour ce témoignage
18:34et pour cette émotion
18:34que vous nous faites entendre aussi
18:35Christophe Béchut
18:36on revient à l'impréparation
18:38notamment sur les écoles
18:39il y a les hôpitaux
18:39il y a les EHPAD
18:40on peut effectivement
18:41le prendre sous plein d'angles
18:453576
18:45c'est très exactement
18:47le nombre d'écoles
18:48dont nous avons initié
18:49la rénovation
18:50il y a de cela
18:51trois ans
18:51sur combien d'écoles
18:52remontées
18:5310% du parc
18:54mais ce que je veux dire
18:55c'est que
18:55et ça permet de mesurer
18:57l'ampleur de ce qu'il y a à faire
18:58mais
18:59vous avez vous-même expliqué
19:00qu'il y a des réalités
19:00qu'on connaissait depuis 30 ans
19:02combien d'écoles
19:03il y a 10 ans
19:04il y a 15 ans
19:05il y a 20 ans
19:05il y a 25 ans
19:06zéro
19:06ce que je veux dire
19:07c'est qu'on est aujourd'hui
19:09dans un contexte
19:10où enfin
19:11on a mis en oeuvre
19:12et commencé à mettre des moyens
19:13la seule chose
19:14dont on a absolument besoin
19:15c'est de la constance
19:16ce qui
19:17ce qui est mortifère
19:18d'un point de vue
19:19climatique
19:20ce sont les stop and go
19:21dans lesquels
19:21vous avancez dans une direction
19:22vous vous arrêtez
19:23vous divisez les budgets
19:24vous changez les règles
19:26si on ne met pas de la constance
19:27on aura toutes les difficultés
19:28et on comprend
19:29l'énormité du chantier
19:31un tout dernier mot
19:31j'aurais voulu qu'on en parle plus longuement
19:33mais ça a été le débat
19:34des derniers jours
19:35la climatisation
19:36je voudrais entendre
19:36la scientifique
19:37en quelques secondes
19:38pardon Yamina Saeb
19:39là-dessus
19:39que dites-vous à ce sujet ?
19:41alors il y a plein de mesures
19:42à mettre en avant
19:43mettre en place
19:45avant d'arriver
19:46à un système de climatisation
19:47et dans les systèmes de climatisation
19:48il y a différents types
19:49de climatisation
19:50la seule dont on parle
19:51c'est la climatisation
19:52RO
19:53qui n'est pas bien
19:54point de vue santé
19:55point de vue environnemental
19:55etc
19:56donc par exemple
19:57à Paris
19:57on a le réseau
19:58de chauffage urbain parisien
20:00comme on a déjà un réseau
20:01donc il faut profiter
20:02de ce réseau-là
20:03qui fait aujourd'hui du chauffage
20:04pour faire des changements
20:05en amont de ce réseau
20:06pour qu'il fasse du chaud
20:07et du froid
20:08c'est de ça qu'on aura besoin
20:09on aura tout le temps besoin
20:10de chaud et de froid
20:11et donc profiter
20:12de ce qu'on a déjà
20:13comme infrastructure
20:13pour faire du chaud
20:15et du froid
20:15et sortir de la logique
20:17de la climatisation individuelle
20:19il va falloir aller
20:20vers une climatisation
20:21collective
20:21comme on l'avait fait
20:22par le passé
20:23pour le chauffage
20:23sinon ça ne marchera pas
20:25Merci Yamina Saeb
20:26docteur en ingénierie énergétique
20:28Edouard Philippe
20:29dont vous êtes le directeur
20:29de campagne
20:30on l'a dit
20:30Christophe Béchut
20:31parle aussi de la climatisation
20:33et dit qu'il faut faire
20:34une campagne de climatisation
20:35d'installation ciblée
20:37dans certains établissements
20:38prioritaires
20:39je résume
20:39puisqu'on n'a plus le temps
20:40merci beaucoup
20:41Mais je rejoins Yamina Saeb
20:42l'enjeu ce sera
20:43les boucles d'eau tempérées
20:44et la capacité
20:45à avoir des réseaux de froid
20:46comme on a des réseaux de chaud
20:47pour éviter que ça repose
20:48uniquement sur des équipements individuels
20:49Christophe Béchut
20:50Merci à vous
20:50Maire d'Angers
20:51et ancien ministre
20:52de la transition écologique
20:53merci beaucoup
20:54et cette journée spéciale
20:56consacrée à l'adaptation
20:57au changement climatique
20:57continue sur France Inter
20:58La revue de presse à suivre
20:59Merci à vous
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