00:00On atteint des sommets quand même dans l'indécence et dans le cynisme.
00:03Dire que ça a été bâclé, je rappellerai quand même à cet avocat
00:05et à ceux qui n'ont pas vraiment suivi l'affaire depuis le début,
00:08que le Cédric Jubilard en question a participé aux battues, aux fouilles,
00:13que personne n'avait mis un couteau sous la gorge pour faire ça,
00:15pour avoir cette attitude-là, qu'à aucun moment il n'a montré la moindre compassion
00:19et d'entendre dire qu'on l'a cachetonnée avant l'audience, mais de qui on se moque.
00:23C'est un mensonge éhonté.
00:24Puis alors on pourrait lui opposer les images même de Cédric Jubilard
00:27lors de la première audience où on le voit tout sourire, s'entretenir avec M. Martin, son avocat.
00:32On voit qu'il est très à l'aise, il est très décontracté.
00:34Non, c'est assez abject ce qu'on vient d'entendre.
00:37Abject ?
00:38Oui, je pèse mes mots.
00:39C'est abject parce que je pense effectivement d'abord à sa victime,
00:43parce que bientôt si on lui laissait...
00:44À Delphine Jubilard.
00:45À Delphine Jubilard, parce que si on lui laissait 5 minutes de plus à cet avocat,
00:47elle irait bientôt vous dire que c'est peut-être de sa faute,
00:50qu'elle en est peut-être un peu cherchée.
00:52Déjà en disant que c'est un crime passionnel,
00:54et d'ailleurs, on l'a dit tout à l'heure,
00:57on a l'impression que ça lui a échappé un peu de dire ça.
00:59Oui, vous savez, la vieillesse est un naufrage.
01:01On voit que cet avocat a longtemps plaidé
01:02et qu'effectivement il se raccroche au droit du 19e siècle
01:05où l'assassinat de l'amant...
01:07Je parlais de son fils depuis un moment.
01:08Mais moi je parle de deux, de toute façon il y a un héritage là.
01:10Où tuer l'amant de sa femme, ou tuer sa femme
01:12qui était en situation d'adultère était excusé
01:14en termes de droit pénal.
01:15Donc on voit qu'on en est à peu près là.
01:17C'est un crime passionnel, ça n'existe que dans sa tête.
01:19Il essaye en fait, vous savez quoi ?
01:21De masquer la nouvelle stratégie judiciaire
01:24qui est mise en place.
01:25Parce que jusqu'à maintenant, il y avait le pari
01:27qui était fait en première audience
01:30d'aller vers l'acquittement.
01:32C'est ça l'idée.
01:33Trois heures et demie de plaidoirie en termes de défense.
01:35Le dossier n'est pas spécifiquement solide
01:37en termes d'éléments matériels.
01:39Il y a quand même un gros faisceau de présomption
01:42parce qu'il y a des mensonges, des incohérences.
01:43Mais il y avait l'idée que, vous savez,
01:45aux assises c'est un théâtre et avec l'émotion
01:47on peut faire basculer un jury, je peux vous en parler
01:49en connaissance de cause.
01:50Mais il n'y a pas eu ça.
01:52Paris perdu, 30 ans.
01:53Et là on se dit, allez, dans deux mois
01:55c'est le jugement en appel.
01:57Il y a une carte à jouer.
01:58On va la jouer rédemption.
02:00On va la jouer compassion.
02:01Mais de qui on se moque ?
02:02Il a été au contact de ses enfants
02:04par lettres interposées.
02:06Il y a eu tout un procès en première audience
02:08de quatre semaines.
02:09Et il va nous faire croire.
02:10Là on veut nous faire croire.
02:11C'est du théâtre ce à quoi vous assistez.
02:15C'est deux personnages qui sont pour moi
02:17d'une tristesse affligeante
02:18parce qu'ils mettent en cause
02:19l'institution judiciaire au niveau des enquêteurs
02:21et des magistrats pour défendre un sale type.
02:24On ne va pas les...
02:25Vous voyez, je ne prends aucune précaution oratoire
02:27parce qu'à un moment donné ça suffit.
02:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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