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- #60minutesinfo
L'actualité du jour décryptée en plateau par Elodie Huchard avec les journalistes et les invités, tous les dimanches de 15h à 16h, dans #60MinutesInfo
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00:00Bonjour à tous, bienvenue dans 60 minutes info. Merci beaucoup d'être avec nous.
00:05Dans un instant, on ira du côté de Paris, à l'Adidas Arena, où se tient le premier grand meeting
00:10du candidat à la présidentielle, Edouard Philippe.
00:12Mais juste avant, c'est le journal d'Audrey Berthaud. Bonjour Audrey.
00:15Bonjour Michael, bonjour à tous. Plusieurs incendies sont en cours dans le sud de la France.
00:19Près de Treviac, un important incendie poursuit sa progression.
00:23L'incendie s'est déclaré hier soir vers 19h30 et a connu une progression très rapide.
00:29Cette nuit, plus de 1500 hectares sont déjà partis en fumée.
00:33Et d'ailleurs, le préfet des Pyrénées-Orientales donnera sa décision d'ici la fin de journée sur le maintien
00:38ou non de la troisième étape du Tour de France,
00:40qui doit s'achever justement demain dans les Pyrénées-Orientales.
00:45Dans le reste de l'actualité, je t'ai promis que ton prénom traversera la France entière.
00:51Ce sont les mots de la mère de Louis, mort des suites d'un violent passage à tabac.
00:574500 personnes, vous le voyez, ont marché ce dimanche pour lui rendre hommage.
01:02Je crois que je vous rends l'antenne, Michael, puisqu'on va partir tout de suite.
01:06Alors, pour être tout à fait transparent, on a un petit problème d'oreillette.
01:08Mais visiblement, Edouard Philippe est bien arrivé sur la scène de l'Adidas Arena à Paris.
01:11On file tout droit pour écouter Edouard Philippe.
02:10Mes amis !
02:24Mes amis !
02:50Mes amis !
02:51Mes amis !
03:18Mes amis !
03:21Voilà, mes amis !
03:23Voilà le moment où nous allons engager cette campagne pour la France !
03:36Dire qui on est, ce qu'on veut faire, comment on veut le faire et avec qui.
03:44Dire où l'on veut emmener la France.
03:47Voilà ce que c'est qu'une campagne présidentielle, le reste c'est de l'accessoire.
03:51Ici, avec vous tous, aujourd'hui, nous lançons cette campagne présidentielle.
04:24Et elle ne commence pas.
04:27Et elle ne commence pas à n'importe quel moment de notre histoire, cette campagne présidentielle.
04:31Elle commence dans un pays inquiet, en colère, fatigué de voir les problèmes s'accumuler sans que les solutions ne
04:40suivent.
04:41Un pays qui doute de lui, bien souvent, qui doute de son école, de son état, de ses élites, de
04:50ses choix passés et parfois même de sa capacité à faire des choix pour demain.
04:56Mais cette campagne, elle commence aussi dans un pays qui n'a pas renoncé.
05:01Un pays, le nôtre, qui a tout pour réussir.
05:05Un pays qui construit des avions exceptionnels, des trains à grande vitesse, des vins merveilleux, des objets de luxe recherchés
05:11partout dans le monde.
05:12Un pays qui dispose encore d'une industrie cinématographique exceptionnelle.
05:16Un pays qui regorge partout de pépites humaines, culturelles, patrimoniales, productives, industrielles.
05:25Un pays qui sait très bien, je le crois, que tout n'est pas perdu pour peu qu'on lui
05:29dise la vérité, qu'on lui montre la route et qu'on tienne enfin ce qu'on promet.
05:35Ici, maintenant, nous lançons l'effort collectif qui va nous permettre de reprendre en main le destin de notre pays.
05:43Nous allons, mes amis, prendre le pouvoir.
06:05Nous allons prendre le pouvoir démocratiquement, ça va s'en dire mais ça va mieux en le disant,
06:12pacifiquement, ça va s'en dire mais ça va encore mieux en le disant,
06:17résolument, pour trancher, pour faire, pour réparer quand il faut, pour avancer quand c'est nécessaire,
06:24pour que la France cesse de subir et recommence à choisir.
06:28Nous allons le faire ensemble, avec vous tous, qui êtes ici aujourd'hui,
06:34avec tous les visages amis sur lesquels, depuis si longtemps, je sais pouvoir compter quand les enjeux se corsent,
06:40avec tous ceux qui nous ont rejoints et que je salue amicalement et à qui je dis, vous avez fait
06:45le bon choix.
06:47Et avec tous ceux qui nous rejoindront, le moment venu.
06:57Avec nos amis d'outre-mer, que je vous demande d'applaudir.
07:05Avec une mention particulière pour les Polynésiens qui sont venus jusqu'ici aujourd'hui.
07:16Avec les très nombreux maires qui sont présents ici, que je veux féliciter, que je salue en tant que collègues
07:23pour leur réélection.
07:24Mes amis, vous pouvez applaudir les maires de France.
07:34Avec vous tous, qui venez des quatre coins de France, d'où que vous veniez, c'est un bonheur de
07:41vous voir ici.
07:42Et avec un petit mot particulier, vous le comprendrez bien, pour les Normands qui doivent être quelques-uns dans cette
07:47salle.
08:09Ce qui va se jouer dans cette campagne,
08:16Ce n'est pas seulement le choix d'un président.
08:20C'est le choix d'un cap.
08:23C'est le choix d'une foi dans la France.
08:25D'une confiance avec les Français.
08:28Au-delà de vous, je voudrais m'adresser à tous les Français.
08:32Mais leur dire que les méthodes d'évitement,
08:35qui ont tant de fois contourné les problèmes, plutôt que de s'y attaquer,
08:39ne marcheront pas plus demain qu'elles n'ont fonctionné hier.
08:43La colère ne suffit pas pour gouverner un pays.
08:47Je crois, pour ma part, à une autre voie.
08:52La vérité, la lucidité, le travail, l'effort, la liberté, la confiance.
09:00Une voie exigeante, une voie française,
09:04une voie qui ne promet pas tout, mais qui s'engage à faire ce qui compte.
09:08Cette campagne, elle se lance.
09:11Alors, je vais commencer par ce qu'il y a de moins intéressant.
09:15Je vais vous parler de moi.
09:17Je ne vais pas exhiber ma vie privée ou ma vie familiale.
09:19Ce n'est pas le genre de la maison.
09:22Et je pense qu'un responsable politique est beaucoup plus ce qu'il est
09:26que ce qu'il prétend être sur les réseaux sociaux.
09:36Mais je sollicite la confiance des Français
09:41et ils ont le droit de savoir qui je suis et ce qu'ils me constituent.
09:45Je crois que c'est Saint-Exupéry qui disait qu'on est de son enfance
09:48comme on est d'un pays.
09:50Moi, je suis normand, né à Rouen.
09:54Né à Rouen en 1970.
09:56Mes parents étaient professeurs de français.
09:59Je suis un fils de la classe moyenne.
10:01Mon arrière-grand-père, Louis-Philippe, je vous jure que c'est vrai.
10:06Mon arrière-grand-père, Louis-Philippe, était docker.
10:09À vrai.
10:10C'est CGT, communiste et fier de l'être.
10:22Et mon grand-père, son fils, Charles-Philippe,
10:25a commencé sa vie professionnelle en travaillant sur les docks
10:28jusque ce que la tuberculose lui interdise d'exercer une activité incroyablement physique.
10:34Comme il ne pouvait plus être docker,
10:35mon arrière-grand-père, il a été commis, chauffeur, coursier, puis classeur de coton.
10:43Mon père, Patrick, a été le premier Philippe à décrocher son bac.
10:49Dans ma famille paternelle, on a connu la grandeur du Havre,
10:54sa destruction complète, sa reconstruction lente,
10:57le travail sur le port, la promotion sociale.
11:02Ma mère, elle est dans la salle, je l'embrasse tendrement.
11:20Ma mère, donc, vient d'une famille du Nord,
11:24des Flandres françaises,
11:28de Lille,
11:30de ce Nord que j'aime tant,
11:31où on aime le travail bien fait et la bière bien fraîche,
11:34de ce Nord
11:36où on fait les choses sérieusement
11:38sans se prendre au sérieux.
11:41Mes deux parents étaient professeurs de français.
11:43On n'était pas riches,
11:44mais on n'était pas pauvres non plus.
11:46J'ai grandi dans un HLM des Hauts-de-Royant,
11:48j'ai appris à l'école publique et au conservatoire,
11:51j'ai joué au club de foot de la Grand-Marc,
11:53où a été prise la première photo de moi
11:55qui est parue dans la presse locale à 9 ans.
11:57Cette photo n'a aucun intérêt,
11:59personne ne la trouvera jamais.
12:01Je n'ai manqué, enfant, de rien.
12:04C'est une chance immense.
12:06Mieux encore,
12:07j'ai grandi dans une famille
12:09dans laquelle je savais que j'étais aimé.
12:13Absolument,
12:14et quoi qu'il arrive.
12:15Ça n'était pas toujours exubérant,
12:17peut-être assez pudique chez les Philippes,
12:19mais c'était la plus belle chose
12:21que des parents puissent transmettre à leurs enfants.
12:23L'assurance d'être aimé et accompagné.
12:27Comme pour des milliers et des millions...
12:33Applaudissements
12:38Comme pour des millions d'enfants de la classe moyenne,
12:42la seule manière,
12:43ou en tout cas la manière la plus évidente de progresser,
12:46c'était de travailler à l'école.
12:47Je voulais progresser,
12:49donc j'ai travaillé et j'ai travaillé dur.
12:51Mais j'ai eu de la chance.
12:53D'abord parce qu'on aimait les livres à la maison
12:55et que les livres ont été ma première patrie.
12:58Les romans, les livres d'histoire,
12:59les bandes dessinées, tous les livres.
13:01Tous les livres étaient bons à lire.
13:02Et il ne fallait pas choisir,
13:03il fallait les lire le plus possible
13:05et grandir avec les livres.
13:08Ensuite, j'ai eu de la chance
13:09parce que j'ai eu d'excellents professeurs.
13:11Mes parents d'abord,
13:12puis des professeurs qui ont cru en moi,
13:15qui m'ont poussé,
13:16qui m'ont parfois bousculé,
13:18qui ne m'ont jamais lâché.
13:20Si je me trouve aujourd'hui devant vous,
13:22c'est grâce à eux.
13:24C'est grâce à M. Pinguet, en CM2,
13:28qui portait, quoi qu'il arrive,
13:29à la fin des années 70,
13:31un costume trois pièces
13:33qui était sévère, exigeant
13:34et en même temps incroyablement humain.
13:37C'est grâce à M. Prier au collège,
13:39professeur d'histoire extraordinaire,
13:40qui lui aussi m'a appris
13:41qu'on pouvait être sérieux
13:42sans se prendre au sérieux.
13:43C'est grâce à M. Cabanel et Lardic,
13:46deux professeurs d'histoire
13:47et de philosophie exceptionnels
13:49que j'ai eus en terminale.
13:50Les premiers de cordée, mes amis,
13:52les premiers de cordée, c'était eux.
13:54Les premiers de cordée, c'était eux.
13:58Ces professeurs de lettres,
14:00de musique,
14:02de sport,
14:04de maths,
14:05de science,
14:05d'histoire,
14:06grâce à qui le fils de deux profs
14:08de la banlieue rouennaise
14:09a réussi ses examens et ses concours,
14:11pas toujours de la première fois,
14:13parfois tout juste,
14:14mais grâce à qui je suis devenu fonctionnaire,
14:17magistrat au Conseil d'État,
14:18puis avocat,
14:19puis maire,
14:20puis Premier ministre,
14:21Premier ministre de droite,
14:22en plus, enfin ça,
14:23ils n'y sont pour rien.
14:36En trois générations,
14:37ma famille est passée des docks du Havre
14:38au Perron de Matignon.
14:39C'est pour moi un immense honneur,
14:41c'est pour mes parents un immense honneur,
14:43et c'est pour mes professeurs un immense honneur.
14:46Et ce que je vous dis ici,
14:47ce n'est pas une réussite personnelle,
14:49c'est une réussite collective,
14:52celle de l'école publique,
14:53à qui je dois tout.
15:02À qui je dois tout.
15:06Et dans la France des années 80,
15:07elle marchait encore.
15:09Tout n'était pas rose à l'époque,
15:11si j'ose dire.
15:12La crise était là,
15:14l'inflation était forte,
15:16la désindustrialisation commençait à se faire sentir,
15:18mais mes parents avaient une conviction,
15:20pour autant qu'ils travaillent dur à l'école
15:22et qu'ils marchent droit,
15:23leurs enfants auraient un meilleur avenir.
15:25Cette conviction,
15:27cette confiance,
15:30cet attachement des Français à leur école,
15:33elle a été au cœur de la République
15:35pendant un siècle,
15:36de 1880 à 1980.
15:39Un siècle de destin républicain,
15:41de savants,
15:42d'ingénieurs issus du monde paysan,
15:45d'écrivains et d'entrepreneurs,
15:46fils de femmes de ménage
15:48ou de veuves de guerre.
15:49De présidents,
15:50de généraux,
15:51d'académiciens,
15:52d'industriels,
15:53venus des quatre coins du pays
15:54et parfois des quatre coins du monde.
15:55C'est la France de Péguy,
15:56la France de Camus,
15:58la France de Zola,
15:59la France de Félix Éboué,
16:00c'est la France de Marie Curie.
16:10C'est la France de Suzanne Lacor,
16:12fille d'un charpentier corésien,
16:14institutrice et une des trois premières femmes
16:16à être ministre dans le gouvernement de Léon Blum.
16:25C'est la France de Lucie Samuel,
16:27future Lucie Aubrac,
16:28fille d'un jardinier gérant de bistrot,
16:30agrégée d'histoire,
16:31résistante,
16:32femme de lettres
16:32et grande officière de la Légion d'honneur.
16:41C'est la France de Claudie Énuré plus récemment
16:44qui a commencé sa scolarité au Creusot,
16:46à l'université de Dijon,
16:47avant de devenir une scientifique brillante
16:49et la première femme française dans l'espace.
16:58Cette confiance
17:00qu'a fait la force de la République,
17:02elle est aujourd'hui érodée,
17:06corrodée,
17:07affadie
17:08et remise en cause.
17:11Et c'est à nous
17:11qu'il appartient de la reconstruire
17:13avec détermination
17:14et sans trembler.
17:16C'est la condition
17:17pour la République
17:18de sa survie
17:19et de son développement.
17:29La deuxième chose
17:31qui me constitue
17:32c'est que je suis père
17:33de trois enfants.
17:35Anatole,
17:35Léonard et Sarah,
17:3623,
17:3721
17:37et presque 16 ans.
17:39Je les aime
17:39et je ne prétends
17:41absolument pas être objectif
17:42quand je parle d'eux.
17:44Ils doivent sourire
17:45en m'entendant.
17:46Je suis un père
17:47trop peu présent
17:48et assez loin
17:49d'être parfait.
17:51Je dis qu'ils doivent sourire
17:52en m'entendant
17:52mais ils ne sont pas là.
17:55Ils me souhaitent
17:56de réussir,
17:56je crois.
17:57Et je crois que j'aurais eu du mal
17:58à faire ce que j'ai pu faire
17:59sans leur soutien
18:01et sans celui
18:02de leur mère,
18:02Edith,
18:03qui elle aussi est quelque part
18:04dans cette salle.
18:05Mais nous avons...
18:16Mais nous avons décidé
18:18de ne jamais les exposer
18:20et ils se tiennent éloignés
18:22de l'arène politique.
18:23Vous ne me verrez pas
18:24poser dans Paris Match
18:25avec eux.
18:25Ce sont de jeunes adultes.
18:27Ils ont leur vie
18:28et je respecte
18:30leurs soucis de discrétion
18:32comme j'espère que tout le monde
18:33dans cette campagne
18:35le respectera.
18:37Trois enfants, donc.
18:40Charles Péguy disait
18:41que les pères de famille
18:43étaient les derniers aventuriers
18:44du monde moderne.
18:46Parce que les pères,
18:47dès qu'ils sont pères,
18:49cessent de se faire
18:50de la bile pour eux
18:50et commencent à s'en faire
18:52pour leurs enfants.
18:53Il aurait dû dire,
18:54le bon Charles Péguy,
18:55que les plus grands héros
18:56de l'histoire du monde
18:57étaient les mères de famille.
19:06Parce que
19:08quand je vois
19:09celles qui autour de moi,
19:10ma mère,
19:12ma femme,
19:13ma soeur,
19:14mes amis,
19:15conjuguent
19:15activité professionnelle,
19:17vie personnelle,
19:18obligations familiales,
19:19je suis admiratif.
19:21Et pas seulement admiratif,
19:22reconnaissant.
19:23Et pas seulement reconnaissant,
19:26convaincu
19:27que notre société
19:28se portera mieux
19:29lorsque les femmes
19:30auront toujours plus
19:31les moyens de leur liberté,
19:32toujours plus d'autorité
19:35dans les décisions collectives.
19:46Applaudissements
19:48Applaudissements
19:48Applaudissements
20:01Applaudissements
20:03Toujours plus
20:04Toujours plus d'autorité
20:05dans les décisions collectives,
20:07toujours plus d'opportunités
20:08de briller dans le monde
20:10scientifique,
20:11industriel,
20:12entrepreneurial,
20:13politique.
20:14Je suis plané
20:15avec cette conviction.
20:16Elle m'est plutôt venue
20:17sur le tard.
20:18Mais j'ai la voix du convertier.
20:20Sur ce sujet,
20:21je ne lâcherai rien
20:22dans ce combat
20:23que je vous propose
20:24de mener tous ensemble.
20:26Applaudissements
20:29Applaudissements
20:49Père ou mère,
20:52Père ou mère,
20:53l'inquiétude,
20:55l'intranquillité,
20:56c'est la marque des parents.
20:58Études,
21:00vie sentimentale,
21:02risques liés aux mauvaises rencontres,
21:03aux addictions,
21:05difficultés d'orientation,
21:06difficultés d'insertion professionnelle.
21:09Être parent,
21:10c'est être inquiet.
21:12Je ne suis pas un inquiet de nature
21:14et j'ai confiance en mes enfants.
21:16Mais je sais ce que nous pensons tous
21:18quand nous nous projetons
21:19et que nous essayons de deviner
21:21quel sera le devenir
21:23de nos enfants
21:24à 5 ans,
21:25à 10 ans,
21:26au-delà.
21:28Quel métier vont-ils exercer
21:30avec l'intelligence artificielle
21:31qui arrive,
21:32qui est là
21:33et qui s'immisce ?
21:34C'est un fait
21:35dans tous les domaines
21:36de la production,
21:37de la réflexion,
21:38des échanges.
21:40C'est merveilleux,
21:40la technologie.
21:41Mais qu'est-ce que cette révolution
21:43va impliquer pour nos enfants ?
21:45Dans quel état
21:46vont-ils trouver la planète
21:47sur laquelle ils vivent ?
21:48Comment vivront-ils
21:49s'il était 2026
21:51est effectivement
21:52le plus frais
21:53des 50 prochaines années ?
21:55Dans quel environnement
21:56vont-ils élever
21:57leurs propres enfants ?
21:59Quel premier logement
22:00vont-ils acheter ou louer ?
22:02Auront-ils les moyens
22:02d'en acheter un ?
22:03C'est pas bien parti.
22:06Auront-ils l'envie,
22:08les moyens d'accueillir
22:09eux-mêmes des enfants ?
22:11Vont-ils vivre en paix
22:12et en sécurité ?
22:14Et comme des millions de parents,
22:15je m'interroge
22:16sur la manière
22:17dont notre société
22:18traite ses enfants,
22:20dont elle les protège,
22:22dont elle les prépare,
22:24dont elle leur accorde
22:25ou non la priorité.
22:28Et ce que je vois
22:30me consterne souvent
22:32et me révolte encore plus.
22:34Parce que chaque fois
22:35qu'il faut choisir,
22:36nous sacrifions l'avenir.
22:38A chaque fois.
22:39La dette est abyssale.
22:44La dette est abyssale.
22:47Abyssale.
22:48Pas si grave,
22:49nous disent Marine Le Pen,
22:50Olivier Faure ou Jean-Luc Mélenchon.
22:51On la financera très bien.
22:53Elle ne coûte pas si cher.
22:54Nos enfants la rembourseront,
22:55d'ailleurs.
22:55Faut-il vraiment la rembourser ?
22:57On ne veut pas réformer
22:58pour réduire la dépense publique ?
22:59Alors on coupe
23:00dans les dépenses d'avenir.
23:02Apprentissage,
23:03insertion des jeunes,
23:04recherche,
23:04innovation,
23:05environnement.
23:07Notre école décline.
23:12Notre école décline.
23:13Plus personne ne le nie.
23:15Mais personne n'avance,
23:17si ce n'est pour proposer
23:18des gadgets.
23:19Et personne ne voit
23:20que d'autres pays
23:20confrontés à des défis
23:21au moins aussi considérables
23:23dans leur propre système éducatif.
23:25L'Allemagne,
23:25la Finlande,
23:26la Corée du Sud,
23:27Singapour,
23:28ont su, eux,
23:29inverser la tendance.
23:30La vérité,
23:31c'est que nous ne prenons pas
23:33des décisions difficiles
23:35et que nous feignons de croire
23:36que nos enfants
23:37n'en paieront pas le prix.
23:40Et que dire,
23:41mes amis,
23:41que dire du pire ?
23:44Des crimes sexuels,
23:45des violences au sein des familles,
23:47du périscolaire parisien,
23:49de l'aide sociale à l'enfance
23:50qui ne parvient pas
23:51à faire face,
23:52de l'exploitation sexuelle
23:53des mineurs
23:54qui se développent
23:55à toute vitesse.
23:56nos défaillances collectives
23:59sont terribles.
24:03Lorsque l'école dysfonctionne,
24:05lorsque la justice
24:06n'est pas à la hauteur,
24:07lorsque les dispositifs
24:09qui accompagnent la jeunesse
24:10sont les premiers
24:10à faire l'objet
24:11des coupes budgétaires,
24:13lorsque nous renonçons
24:14à adapter nos villes
24:15et nos équipements
24:17à la transformation climatique
24:18qui vient,
24:20lorsque nous préférons
24:21conserver pour nous
24:22plutôt que construire,
24:23pour eux,
24:25nous ne sommes pas
24:26à la hauteur
24:26de nos responsabilités.
24:28Aucun.
24:37Aucun parent ne dirait
24:38pour ses enfants
24:40ne faisons rien,
24:42ça va être pire,
24:44mais tant pis pour eux.
24:46Personne,
24:47aucun parent ne se dit ça.
24:48Et pourtant,
24:50collectivement,
24:51c'est ce que nous acceptons
24:52trop souvent.
24:53La vérité,
24:54c'est que nous ne faisons
24:55pas assez pour nos enfants,
24:56nous ne faisons pas assez
24:57pour la France de demain.
24:58On ne fait pas assez
24:59pour les former
25:00et les préparer
25:01au monde qui vient.
25:02On ne fait pas assez
25:02pour leur indépendance financière
25:04et leur capacité à investir.
25:05On ne fait pas assez
25:06pour leur protection sociale
25:07à eux,
25:08qui avec une démographie
25:09en berne
25:10sera forcément différente
25:11de la nôtre.
25:12On ne fait pas assez
25:13pour les préparer
25:14au changement climatique,
25:15au développement
25:15de l'intelligence artificielle.
25:17On ne fait certainement
25:18pas assez pour leur défense
25:19dans un monde
25:20de plus en plus dangereux.
25:22alors ne comptez pas
25:23sur moi
25:23pour désigner
25:24les coupables.
25:25C'est la solution
25:26de ceux
25:27qui n'ont pas de solution.
25:28Je préfère
25:29chercher des solutions
25:29plutôt que chercher
25:30des coupables.
25:42Par ailleurs,
25:43mes amis,
25:43je ne suis pas le candidat
25:44de la lutte des classes.
25:46Ça n'a échappé à personne.
25:47Mais je ne serai pas non plus
25:48celui de la lutte
25:49des classes d'âge.
25:50Parce qu'une nation divisée
25:52entre ces classes d'âge,
25:53c'est une nation
25:54en danger.
25:55Je veux surtout
25:56que l'élection de 2027
25:58soit l'occasion
25:59de trancher
26:00la question la plus importante.
26:01La question
26:01que nous aurions dû
26:02nous poser en 2022,
26:04notre projet
26:05est-il
26:06de préserver
26:07la situation actuelle
26:08en la faisant financer
26:09par nos enfants
26:10ou sommes-nous prêts
26:13déterminés
26:13à les aider
26:14à construire leur avenir ?
26:15Un avenir dans lequel
26:16ils pourront vivre
26:17mieux que nous.
26:18C'est ça la question.
26:21C'est la seule question
26:22qui vaille.
26:38Et c'est la seule question
26:41qui m'intéresse.
26:43Ce qui m'intéresse,
26:44ce n'est pas la France d'hier.
26:46Je l'ai aimée,
26:47la France d'hier.
26:48Elle est merveilleuse.
26:48Elle n'était pas que glorieuse.
26:50Mais je l'ai aimée
26:51dans son entier.
26:53Et je n'ai pas envie
26:54de l'avoir remplacée
26:55par la prétendue
26:56Nouvelle-France
26:57de ceux qui banalisent
26:59les délires
26:59ethnico-communautaires,
27:00qui attisent les colères,
27:02qui dressent les Français
27:03les uns contre les autres.
27:10Mon obsession,
27:12c'est la France
27:13de nos enfants,
27:14leurs études,
27:15leurs réussites,
27:16les conséquences de l'IA
27:17sur leurs emplois,
27:17les conséquences du changement
27:18climatique sur leur ville.
27:19Je l'ai dit,
27:20je vais le redire,
27:20parce que c'est ça
27:21l'enjeu de l'élection.
27:24Leur liberté d'avoir des enfants,
27:27leur épanouissement,
27:28et oui,
27:28mes amis,
27:29leur bonheur.
27:30Le bonheur de nos enfants
27:31doit rester notre ambition.
27:33Leur bonheur passe
27:34bien avant notre confort.
27:37Mettons-nous ça dans la tête.
27:44C'est pourquoi l'intérêt de nos enfants
28:00devra être la boussole du nouveau quinquennat.
28:02Chaque grande décision,
28:05chaque choix que fera mon gouvernement
28:06sera passée à ce tamis.
28:08Est-ce que nous préparons
28:10l'avenir de cette jeunesse
28:11ou est-ce que nous l'habimmons ?
28:12Est-ce que nous les protégeons
28:13ou est-ce que nous détournons
28:15une nouvelle fois
28:16le regard,
28:17comme lorsque nous avons retardé
28:19la réforme des retraites
28:20pour finir en paix
28:21le quinquennat actuel ?
28:22Est-ce que nous leur oeuvrons
28:23une liberté
28:25ou est-ce que nous leur transmettons
28:27une dette,
28:28une peur,
28:30une dépendance ?
28:32Je voudrais que cette fois-ci
28:34on ne laisse personne
28:35prendre cette présidentielle
28:37en otage.
28:37Personne la réduire
28:39à une guerre d'identité
28:39ou à une guerre de génération.
28:41Personne la réduire
28:42à une comparaison de postes
28:43sur Instagram
28:44ou sur TikTok.
28:45Je voudrais,
28:46pour une fois,
28:47on parle de la France
28:48de nos enfants.
28:59Alors oui,
29:00j'ai trois enfants
29:01et je refuse
29:02qu'au second tour
29:02de l'élection présidentielle
29:03qui vient,
29:04ils aient seulement le choix
29:04entre deux colères,
29:06entre deux mensonges,
29:07entre deux impasses.
29:08Le Rassemblement National
29:09va nous dire,
29:10comme il le fait à chaque fois
29:12pendant les campagnes,
29:13que tout est de la faute
29:14des étrangers,
29:14de l'Europe,
29:15des riches,
29:15des fainéants,
29:16des villes
29:16qui méprisent la campagne.
29:17Non, non, non, non, non,
29:20mais, enfin,
29:21qu'est-ce qui vous prend ?
29:23On ne siffle pas les autres ici.
29:26On se bat pour nos idées.
29:27On n'a aucun besoin
29:28de siffler les autres.
29:29Aucun.
29:30Ils sont dans le débat démocratique.
29:32Je ne suis pas d'accord avec eux.
29:33Vous non plus d'ailleurs.
29:35Et c'est très bien.
29:36Continuez.
29:38Mais on croit
29:39en débat démocratique respectueux.
29:41La démocratie, elle est forte.
29:42La République, elle est puissante.
29:43Et si on n'y croit pas
29:44en jetant l'anathème sur les autres,
29:46alors on ne s'en sortira pas.
29:47Donc on ne siffle pas.
29:48Mais on combat.
29:49Et on combat pied à pied.
29:59Je vous le disais,
30:01le Rassemblement National
30:02va nous dire que
30:03tout est de la faute des étrangers,
30:04de l'Europe,
30:06des riches,
30:06des fénéants,
30:07des villes qui méprisent la campagne,
30:09des élites qui ne comprennent plus le peuple.
30:11Le Rassemblement National
30:12de M. Bardella
30:13est, paraît-il,
30:14converti au libéralisme,
30:15à l'Europe,
30:16au capitalisme,
30:17et peut-être même,
30:18on ne sait pas encore très bien,
30:19à la réforme des retraites.
30:22Le Rassemblement National
30:23de Mme Le Pen,
30:24c'est l'inverse.
30:25Le Rassemblement National,
30:26c'est un en même temps
30:27qui ne s'assume pas.
30:28Social dans le Nord,
30:29libéral dans le Sud.
30:30porte-voix revendiqués
30:32des classes populaires
30:33dans les campagnes,
30:34mais gourmandes
30:34petits fours à Monte-Carlo.
30:36Pour la dépense publique,
30:38mais contre l'impôt.
30:40Pour l'euro,
30:42mais contre l'Europe.
30:44Pour la souveraineté,
30:46mais tellement bienveillant
30:47avec M. Poutine.
30:57Pour l'Ukraine quand il faut,
30:59mais jamais présent là-bas,
31:01et jamais présent
31:02quand il faut aider Kiev
31:03dans son combat
31:04contre l'agression brutale
31:05de la Russie.
31:13La France insoumise,
31:14de son côté,
31:15veut conquérir le pouvoir
31:16en jetant du sel sur nos plaies,
31:18en faisant le choix
31:19de la division communautaire,
31:21en flirtant souvent
31:22avec l'antisémitisme
31:23le plus rance,
31:24en nourrissant à dessein
31:25la haine du flic,
31:26la haine du riche.
31:28Et je sais bien
31:29que Jean-Luc Mélenchon,
31:30après avoir asséché
31:31les sociodémocrates
31:32qui n'auraient jamais dû
31:33s'allier avec lui,
31:34va maintenant se poser
31:35en rassembleur.
31:36Vous verrez
31:36qu'il se présentera bientôt
31:38comme l'héritier
31:39de François Mitterrand.
31:40Il a déjà commencé.
31:41J'espère, mes amis,
31:43que le pays n'oubliera pas,
31:45n'oubliera jamais
31:46qui il est vraiment.
31:47Celui qui veut,
31:48partout,
31:49la conflictualisation
31:51pour attiser la colère.
31:52Celui qui hurle
31:53« La République, c'est moi ! »
31:55La République,
31:56on la sert,
31:57on ne se l'approprie pas.
31:59Comment, mes amis ?
32:17Comment oser,
32:21comment oser prétendre
32:23que les pays européens
32:25qui ont fait, eux,
32:27tant d'efforts
32:27pour mettre leur compte
32:28en ordre
32:29vont accepter
32:30d'annuler notre dette
32:32à nous ?
32:33LFI,
32:34je vous le dis,
32:34mes amis,
32:35c'est péril sur la démocratie
32:36et dans deux ans,
32:38le FMI.
32:39C'est écrit.
32:43Je ne ferai pas campagne
32:45en célébrant
32:46une France d'hier
32:47fantasmée
32:48ou une nouvelle France
32:50endoctrinaire.
32:51Je parlerai aux Français
32:52d'aujourd'hui
32:53qui veulent construire
32:54une France fidèle
32:56à elle-même.
32:57La vérité,
32:58c'est que nous connaissons
32:59les problèmes
33:00et la vérité,
33:01c'est que nous connaissons
33:01souvent les solutions.
33:02nous avons le choix,
33:04nous avons la possibilité
33:05d'agir.
33:06Aujourd'hui,
33:08grâce à vous,
33:09j'ai cette possibilité.
33:10Votre présence,
33:12votre confiance,
33:13votre engagement,
33:14vos encouragements
33:15me donnent
33:16une force immense.
33:17Merci d'être là.
33:18au revoir.
33:49Merci d'être là. Merci de refuser la facilité. Merci de combattre la haine et le cynisme. Merci de chercher
33:58à rassembler et non à diviser.
34:00Merci d'aimer la France comme elle le mérite, avec ambition, avec respect et avec exigence. Merci de voir loin
34:07et merci de vous engager.
34:09Et comme vous, exactement comme vous, je suis là pour me battre. Me battre pour ce qu'une nation a
34:16de plus riche et de plus précieux, ses propres enfants.
34:19Me battre avec leurs parents pour leur offrir un pays sûr, maître de son destin, respecté et fidèle à ses
34:25valeurs. Une nation libre et rassemblée, servie par un État fort, un pays envié et fier à nouveau.
34:32Un pays fidèle à son engagement européen, aux libertés en Europe, aux côtés de l'Ukraine, sans compromission, sans ambiguïté.
34:45Une France d'ingénieurs et d'industriels, aux masculins comme aux féminins. Et oui, je le redis, aux féminins. Car
34:53dans cette France, je veux que ma fille ait les mêmes salaires, la même carrière, les mêmes responsabilités, les mêmes
35:01opportunités que ses frères.
35:03Et ce qui vaut pour ma fille, il vaut pour toutes les petites filles de France, quelles que soient leurs
35:06origines. Je crois, mesdames et messieurs, à l'égalité du mérite.
35:10Et nous devons nous battre pour revenir à ce mérite.
35:39Alors, je vais me battre.
35:43Je vais me battre. Je vais me battre encore et encore, avec ma raison, avec mon cœur, avec mes tripes.
35:48Je sais très bien l'État du pays.
35:51Je sais que rien de grand dans notre pays ne se construit sur le déni. Que nous ne relèverons pas
35:57la France en prétendant que tout va bien.
35:59Mais enfin, nous ne la relèverons pas non plus en répétant tous les matins qu'elle est condamnée.
36:02Nous vaincrons en faisant une campagne heureuse, joyeuse, optimiste.
36:08Une campagne qui ne parle ni de la peur, ni à la colère, lesquelles sont toujours mauvaises conseillères.
36:15Une campagne qui conjuguera l'enthousiasme des soldats de Valmy avec le calme des vieilles troupes.
36:21Une campagne qui parle à ceux que les Français ont de meilleurs.
36:25leur capacité à s'unir, à rebondir, à surprendre, à étonner le monde, même, alors qu'on pense que tout
36:32est perdu.
36:33Ce combat dépasse les intérêts d'un camp ou d'un parti.
36:37Il dépasse l'échéance d'une élection, il dépasse l'ambition d'un homme.
36:40C'est le combat d'une génération pour les suivantes.
36:43Le combat de la France d'aujourd'hui pour la France de demain.
36:47Le combat d'un père, le combat d'un citoyen, le combat d'une vie.
36:50C'est notre combat.
37:16Alors oui, je suis père et mère.
37:20C'est la troisième chose qui me constitue.
37:22Je suis maire du Havre et j'ai été Premier ministre.
37:31Presque tout ce que j'ai appris en politique, je l'ai appris au Havre.
37:38Dans une mairie, il n'y a pas beaucoup de punchlines.
37:40On écoute, on réfléchit, on se retrousse les manches.
37:45Pendant 9 ans avant de devenir maire, puis depuis 16 ans que je suis maire, j'ai écouté, j'ai
37:50bâti, j'ai dessiné l'avenir, j'ai fixé des priorités, j'ai investi, j'ai conduit des travaux, j
37:55'ai servi les Havreys et les Havrets du mieux que j'ai pu.
37:58Pendant 16 ans, je me suis attaqué, comme tous les maires, à des problèmes incroyablement concrets.
38:04La sécurité, la lutte contre les incivilités, la fermeture ou la construction de nouvelles écoles, la rénovation urbaine, la construction
38:12de trois lignes de tramway, l'adaptation de la ville au changement climatique et au vieillissement démographique, la promotion du
38:21livre et de la lecture, mille choses encore.
38:24Et j'ai, comme tous les maires, mouillé la chemise pour convaincre des usines de s'installer, c'est au
38:30Havre que fonctionne la plus grande usine française d'éoliennes offshore, pour développer le port du Havre, qui est une
38:34chance pour la France, pour universitariser l'hôpital du Havre.
38:43Et mesdames et messieurs, derrière ce mot compliqué sur lequel j'ai buté, mais que je vais reprendre, l'universitarisation,
38:50vous avez vu, là j'ai été très bon,
38:51derrière ce mot compliqué, il y a un enjeu absolument essentiel de modernisation des hôpitaux qui ne sont pas des
39:00CHU.
39:01Un enjeu absolument considérable d'attractivité pour les internes, pour les médecins, pour les territoires.
39:07Et ce combat, nous l'avons mené au Havre, et nous sommes en passe de le gagner.
39:14Pour investir massivement dans l'enseignement supérieur et dans la solidarité avec les plus âgés.
39:20Et ma ville, elle s'est transformée, elle s'est embellie, elle attire chaque année de plus en plus de
39:24touristes.
39:25Je sais très bien que tout n'y est pas parfait, je le sais, qu'il y a encore beaucoup
39:29à faire, je le sais,
39:30mais je sais qu'il y fait bon vivre et que les Havraises et les Havrais sont fiers de leur
39:34ville et confiants dans son avenir.
39:42Il n'est pas totalement impossible que par là-bas, il y ait des Havrais.
40:03Comme tous les maires de France, comme tous les maires de France, j'ai passé des milliers d'heures au
40:08milieu de mes électeurs,
40:09je les connais et ils me connaissent.
40:12Ils ne m'épargnent pas, mais ils me font confiance, je leur dis ce que je crois et ils ne
40:18m'ont jamais manqué.
40:20Seuls ceux qui ont été élus et réélus connaissent la force de ce lien entre un maire et ses administrés.
40:27Et je ne connais pas meilleure école politique qu'un hôtel de ville, voire peut-être de meilleure école tout
40:32court.
40:34Ça n'est pas l'école des plateaux télévision, ça n'est pas l'école des états-majors et ça
40:39n'est certainement pas celle des réseaux sociaux.
40:41C'est l'école de la vie quotidienne.
40:43Et puis j'ai été Premier ministre aussi, pendant trois ans.
40:49Comme tous les premiers ministres, j'ai connu des crises, j'ai pris des décisions difficiles, j'ai engagé des
40:57réformes et j'ai affronté des oppositions.
40:59Comme tous les premiers ministres, je n'ai pas tout bien fait.
41:01Mais j'ai réussi des choses dont je suis fier.
41:04Et j'ai appris.
41:05Appris l'Etat, ses forces et ses limites.
41:09Sa capacité exceptionnelle à tenir pendant les crises.
41:13Et sa lourdeur conservatrice compliquée à gérer.
41:17Le formidable engagement de l'immense majorité de celles et ceux qui le servent et qui servent leurs concitoyens.
41:25De ces policiers que j'ai vus déterminés à rétablir l'ordre.
41:28De ces soldats, de ces soldats prêts à donner leur vie pour la mission.
41:35De ces pompiers courageux sur les tours de Notre-Dame, comme dans toutes les rues et dans toutes les forêts
41:41de France.
41:54J'ai vu comme nous tous, nous l'avons vu, le personnel médical du médecin à l'aide-soignant.
42:02Concentré, méticuleux, acharné et humain à sauver des enfants et des personnes âgées de la maladie.
42:08J'ai vu des professeurs à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, préparer leurs élèves, dont certains n'ont connus
42:14que la forêt et le fleuve,
42:15à des études parisiennes, avec une foi et une envie qui permettent de franchir tous les océans.
42:21J'ai vu, mesdames et messieurs, le meilleur et le pire.
42:26Et j'ai été confronté à des choix impossibles.
42:29Des choix où toutes les options sont mauvaises et il faut choisir la moins mauvaise.
42:34Pendant le Covid, j'ai pris des décisions vertigineuses, en sachant qu'elles auraient des conséquences que je savais terribles.
42:40Fermer les EHPAD pour protéger les résidents, mais en les coupant de leurs liens familiales.
42:46Limiter le nombre de personnes qui pouvaient assister à des obsèques.
42:51Fermer les écoles pour confiner des enfants chez eux.
42:54Pendant toute cette crise, j'ai dit ce que je savais et j'ai dit ce que je ne savais
42:58pas.
42:59Dire je ne sais pas.
43:01Ce n'est pas pendant mes études que j'ai appris ça.
43:04C'est au Havre, avec mes concitoyens et avec ma femme.
43:10Parce qu'elle déteste ceux qui font semblant de savoir.
43:13Et oui, en effet, du coup, il lui arrive d'être assez critique sur le monde politique.
43:25Les crises, c'est dur.
43:28Mais ça fait partie du mandat.
43:31Ça forme.
43:32Ça forge.
43:34Je me suis parfois trompé.
43:35Je n'ai aucun mal à le reconnaître.
43:37Je laisse d'ailleurs l'arrogance à ceux qui pensent avoir déjà remporté l'élection présidentielle et qui prétendent tout
43:42régler à coup de solution simpliste.
43:44Mais à l'issue de ces trois ans, je crois que j'ai fait en sorte que l'État soit
43:51conduit à bon port.
43:52Avec un déficit en baisse et nettement en baisse.
43:58Avec une dette stabilisée et légèrement en baisse.
44:02Avec un chômage en baisse et nettement en baisse.
44:06Avec un nombre d'apprentis en hausse et nettement en hausse.
44:11Avec des créations d'entreprises en hausse et nettement.
44:15Avec un déficit en baisse et nettement en baisse.
44:43Mes amis, tout cela ne me donne aucun droit.
44:47Aucun privilège.
44:48Sauf peut-être celui de l'expérience.
44:51Et pendant toutes ces années à faire, à proposer, à gérer.
44:55J'ai appris.
44:56Appris à tenir un cap dans la durée.
44:58A faire confiance à mes équipes.
44:59J'ai appris à déléguer et à respecter les compétences de chacun.
45:02On ne gouverne pas seul.
45:04On ne dirige pas seul.
45:06On ne réussit pas seul.
45:07J'ai appris que les pouvoirs publics doivent se concentrer sur ce qu'ils peuvent faire.
45:12Et laisser les Français libres d'inventer la vie qui va avec.
45:22On va bien sûr revenir sur ce premier grand meeting d'Edouard Philippe.
45:27On va débriefer rapidement, bien sûr, tout ce qui s'est dit du côté de l'Adidas Arena de Paris.
45:32Avec Bernard Cohen, à date, président du SAC de réflexion.
45:35Etienne Marcel.
45:36Bonjour.
45:36Bonjour mon cher Bernard.
45:37Et puis Mehdi Raich, analyste politique.
45:39Bonjour Mehdi.
45:40Rapidement, que retenez-vous de ce premier grand meeting, de ce qui a été dit ?
45:45C'est vrai que ce qui surprend dans un premier temps, c'est qu'il y a, pour le moment,
45:50ce n'est pas encore fini,
45:51mais peu de propositions de la part d'Edouard Philippe.
45:54Oui, moi ce que je retiens de cette première partie du discours, c'est déjà la volonté d'Edouard Philippe
46:00de parler de lui.
46:01Il y a eu un long passage, des longs passages pour parler de son histoire, de sa famille, de sa
46:05formation, de ses aspirations.
46:08Et puis aussi, un discours qui n'est pas riche en propositions.
46:14Il y a des grands thèmes.
46:15On évoque, bien entendu, la parité femmes-hommes, l'égalité.
46:18Ça, c'est extrêmement fort.
46:20L'universitarisation des hôpitaux des hôpitaux.
46:23Il y a aussi un rôle sur l'avenir des enfants, la place des enfants dans le pacte intergénérationnel.
46:31Et puis, de manière incidente, parce que je pense que c'est peut-être un peu tôt, mais on verra
46:35dans la suite de discours,
46:36quelque chose sur les retraites, donc pour lui, comment financer l'avenir.
46:40Et ça, c'est extrêmement important.
46:42Il l'a évoqué, il n'a pas tout dit.
46:44Mais pour l'instant, il n'y a pas de mesure emblématique annoncée, si ce n'est ces trois grands
46:49points.
46:49Ne plus subir, c'est-à-dire faire en sorte d'être dans le mouvement, rétablir une égalité femmes-hommes
46:57en matière de démocratie et de salaire.
47:00Et puis, faire en sorte d'ouvrir un peu plus notre société aux étudiants, aux jeunes, travailleurs, lycéens et plus
47:12de sécurité.
47:13Si j'employais un terme qui a été, à un moment, utilisé par une candidate à la présidence de la
47:19République,
47:19je dirais que c'est un discours qui est pétri pour l'instant de bravitude.
47:23De bravitude, voilà.
47:24Après l'universitarisation, la bravitude.
47:28On retiendra tout de même, parce que, et vous le disiez d'ailleurs très justement Bernard,
47:31il a beaucoup, beaucoup parlé des enfants.
47:34Et d'ailleurs, il le dit, je n'ai pas envie de m'intéresser à l'ancienne France,
47:38ni à la Nouvelle-France, je veux que les enfants soient la boussole de mon quinquennat.
47:42Oui, il rejette ce qu'on pourrait appeler les deux extrêmes.
47:46Il rejette la polarisation du débat.
47:48On sent qu'il crée un storytelling personnel, donc avec son parcours personnel.
47:52Je suis petit-fils de Docker, fils d'institutaire.
47:55Donc, on voit bien qu'il est vraiment dans une période de storytelling.
47:58Ça, c'est intéressant.
47:59En revanche, en termes de communication, sur le fond des propositions, il n'y en a pas.
48:03C'est effectivement des grandes thématiques.
48:04Il axe tout sur l'avenir, sur la jeunesse.
48:07On sent bien qu'il va tout axer aussi autour de la question des retraites.
48:11Alors, il n'est pas dans la conflictualité.
48:13On sent qu'il va y avoir réforme des retraites.
48:15Il montre bien que là, ça va être un point de tension.
48:17Mais il est toujours dans le rejet de...
48:20La conflictualité, ça ne va pas vraiment être ça.
48:23Donc, sur le sujet d'Edouard Philippe,
48:26la manière dont il s'engage en politique,
48:28je trouve que c'est mieux que Bruno Retailleau, si je dois faire un comparatif,
48:30où c'était moins bien préparé, je trouve.
48:33Là, Edouard Philippe, on sent qu'il y a quand même quelque chose qui est beaucoup plus construit.
48:35Il y a un personnage qui est peut-être plus ancré, plus ancré dans le réel.
48:39Il parle bien de son parcours de maire, ancien Premier ministre.
48:41D'ailleurs, il le dit souvent, j'ai été ancien Premier ministre, j'ai été ancien Premier ministre.
48:44Mais je ne vois pas encore de propositions concrètes.
48:46On sent que les thématiques vont être là.
48:48C'est uniquement axé sur la jeunesse, axé sur les retraites.
48:51Et pour le moment, il n'y a rien d'autre.
48:52Donc, ces deux thèmes intéressants, ça va être des thèmes qui vont forger l'élection présidentielle.
48:56Mais est-ce que ça sera suffisant pour le moment ?
48:58Est-ce que c'est entraînant ?
48:59On sent une petite dynamique, mais pour le moment,
49:01rien de plus à dire sur le sujet des thèmes.
49:04Mais en tout cas, il se pose comme cet homme,
49:06je ne sais pas si c'est un homme providentiel,
49:08mais homme rassembleur qui va rassembler face aux extrêmes.
49:12Il est l'alternative.
49:12Puisque c'est en tout cas l'ERN, le Rassemblement National et la France Insoumise
49:17qui jusqu'à maintenant, le discours est encore en cours,
49:20mais qui ont été visés, si je puis dire, par Édouard Philippe,
49:24qui ont été la cible d'Édouard Philippe.
49:25Il y a eu plusieurs petites phrases.
49:27Alors parfois, c'était subtil, notamment sur les réseaux sociaux,
49:31cette phrase, voilà, on n'est pas ce qu'on est sur les réseaux sociaux,
49:34où on sent qui ils visent exactement.
49:36Et puis parfois, c'est direct, comme le RN fait du en même temps,
49:41qui ne s'assumerait pas.
49:44LFI, c'est le choix de la division, le péril de la démocratie,
49:47qui flirte avec l'antisémitisme.
49:48Donc là, il y a des tacles très précis.
49:50Il est l'alternative.
49:52Il se présente comme l'alternative.
49:54Mais est-ce qu'il peut être cet homme qui rassemble du centre jusqu'à la droite,
49:59en passant peut-être même par la gauche ?
50:01On en parlait un petit peu.
50:01Il y a un côté discours Macron 2017, un peu en même temps.
50:06Est-ce que ça sera rassembleur ? Je ne sais pas.
50:08Là, on est vraiment dans le début d'une élection présidentielle.
50:10On sent qu'il a quand même une petite dynamique depuis quelques temps.
50:13Mais ça serait insuffisant s'il a que uniquement sa campagne sur ces thématiques-là
50:17ou sur ce sujet.
50:18Ça ne marchera pas.
50:19On rappelle que c'est un premier meeting bien sûr.
50:21C'est un premier meeting de lancement de campagne.
50:24Il l'a dit, je lance ma campagne.
50:26Et le but de ce premier grand meeting, c'est aussi d'être identifié comme l'un des trois.
50:32Il est l'un des trois.
50:33Il est l'un des trois et d'affirmer son leadership par rapport à Bruno Rotaillot et Gabriel Attal.
50:39Vous parlez des deux, de Gabriel Attal et de Bruno Rotaillot.
50:43Mais est-ce qu'aujourd'hui, de ce qu'on a vu jusqu'à maintenant,
50:45est-ce qu'il a marqué des points pour se distinguer, pour écarter ses deux adversaires ?
50:51D'accord aux autres meetings et grands rassemblements.
50:55C'est un rassemblement qui montre un peu plus de dynamique que ce que l'on a vu.
50:59Il y a beaucoup plus de ministres que ce qu'on en a vu auparavant.
51:03C'était difficile du côté de Bruno Rotaillot, un peu moins du côté de Gabriel Attal.
51:07Mais il y a quand même des membres de Renaissance qui sont dans l'assistance.
51:09Moi, si j'avais une analyse en écoutant un peu le discours,
51:13j'avais l'impression qu'on était quand même sur le changement dans la continuité.
51:17C'est très, pour les plus anciens qui ont vu la vie politique,
51:21on est vraiment dans un gaullisme qui n'est pas un gaullisme, qui est plutôt un giscardisme.
51:26On a l'impression d'avoir un retour de Valéry Giscardista.
51:29Très giscardian.
51:30On est bien d'accord, je me suis fait cette réflexion en l'écoutant.
51:34Ce n'est pas du Macron, on est un petit peu...
51:37N'oublions pas qu'il y a quelque temps, il avait demandé la démission du président de la République.
51:41Donc, il y a quand même aussi une fracture de ce point de vue-là.
51:44Mais c'est très giscardien, une volonté de montrer une dynamique nouvelle,
51:48d'affirmer une modernité, tout en restant dans un conservatisme.
51:54Il ne veut pas tirer sur l'ancien monde.
51:56Il l'a dit à un moment, la France d'hier, je l'ai aimée,
52:00mais ce n'est pas la France que je veux pour mes enfants demain.
52:03Donc, c'est très giscardien dans la démarche.
52:05Merci beaucoup Bernard Cohen, Haddad, Mehdi Raïch, bien sûr, d'avoir débriefé ce meeting d'Edouard Philippe.
52:13Premier grand meeting du côté de l'Adidas Arena à Paris.
52:17Meeting qui est toujours en cours et puis on retiendra bien sûr cette phrase.
52:21La boussole de son quinquennat, ce sont donc les enfants, la France de nos enfants, a dit Edouard Philippe.
52:26La France de demain, exactement.
52:28Merci à vous en tout cas de nous avoir suivis tout de suite.
52:30C'est l'heure inter avec Olivier Decaire-en-Fleck.
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