- il y a 14 heures
Avec Christine Goguet
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-07-02##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Les grands hommes vous ont permis de vous faire une place dans le petit monde du livre.
00:10En racontant aujourd'hui le côté obscur de certains d'entre eux,
00:13vous apportez un éclairage nouveau à notre histoire.
00:16Bonjour Christine Gauguet.
00:17Bonjour Jacques Pessis.
00:18Alors on va évoquer tout à l'heure Les grands hommes et le diable,
00:20votre nouveau livre aux éditions du Rocher, un livre pour l'été.
00:23Mais le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:27Et vous avez un parcours assez étonnant.
00:30Et j'ai trouvé une date importante dans votre parcours, le 4 avril 1991.
00:34Écoutez cette voix.
00:36L'interview explosive de l'Aix-Valessa.
00:41Incroyable, vous l'avez retrouvé, c'est beaucoup d'émotion.
00:44Surtout pour une très jeune journaliste.
00:46Exactement.
00:46Il se trouve que le président polonais est invité au Parlement européen
00:49pour défendre l'idée que la Pologne rentre chez les Européens.
00:55Et puis vous obtenez une interview exclusive.
00:58Oui, tout à fait.
00:58Alors c'est assez amusant parce que je l'ai obtenue alors que j'étais une très jeune journaliste.
01:03Et j'étais à l'époque dans une rencontre dans le terroir du Beaujolais
01:08dont je suis issue par ma maman, pour tout dire.
01:11Et là je rencontre le biographe de Valéza qui me dit je vais sortir une biographie.
01:15Je lui dis mais c'est extraordinaire, Valéza, Solidarnosc, ce grand résistant.
01:21Je trouve que ce serait formidable de le faire pour le Figaro.
01:24Et c'est parti comme ça.
01:25Et je suis partie avec mon petit stylo à l'époque, c'était de la presse écrite.
01:29Et je suis allée interviewer ce monstre, cette légende qu'était l'Aix-Valessa en Pologne
01:36à un moment clé de sa vie effectivement et de la vie de la Pologne.
01:41Il se trouve qu'on vous voit dans un fauteuil somptueux face à lui, face à ce géant.
01:45Et il y a un tout petit enregistreur à côté.
01:48Oui, c'est fou.
01:48Vous avez retrouvé ça.
01:49Je suis très touchée.
01:50Vraiment, c'est beaucoup d'émotion.
01:52Et c'est vrai que grâce à cette interview, vous avez eu pour la première fois la Une du Figaro.
01:57C'est vrai.
01:58Et alors donc j'ai eu la Une du Figaro, mais aussi la DER du Progrès,
02:02qui était le journal de Lyon.
02:04Et ça a permis de lancer un peu les choses.
02:06C'est vrai que quand on est jeune journaliste, même quand on est plus vieux journaliste d'ailleurs,
02:10le journalisme c'est un métier de coût.
02:12Il faut savoir en faire, il faut savoir en donner, il faut savoir en prendre aussi malheureusement.
02:17Mais voilà, c'est très intéressant.
02:19Et aujourd'hui, la maison de Valessa où il a vécu quand il était ouvrier,
02:23elle fait partie du circuit touristique à Xanx.
02:26C'est fou.
02:27C'est fou.
02:27En tous les cas, vous avez exhumé quelque chose d'assez ancien.
02:32Et en tous les cas, ça me touche beaucoup parce que ça a été des choses importantes de mon parcours
02:35de journalisme.
02:37Entre autres, bien sûr, il y a eu quelques autres interviews importantes.
02:40Oui, on va en parler.
02:41Mais vous avez aussi grandi à Lyon, enfin à côté de Lyon, à Saint-Laurent-de-Mur.
02:44À Saint-Laurent-de-Mur, oui.
02:46Vous savez tout, c'est incroyable.
02:48Je crois que la maison familiale était là, c'est près de Lyon, c'est dans la rue de Lyon.
02:52Oui, tout à fait.
02:52Alors, j'ai eu mes très belles années d'enfance à Saint-Laurent-de-Mur, mais je suis née à
02:56Lyon.
02:56Je suis une vraie lyonnaise du sixième arrondissement.
03:00Après, j'ai habité aussi dans le quatrième, à la Croix-Rousse, la colline qui travaille.
03:06Je suis une vraie lyonnaise.
03:08Et de cœur et d'âme.
03:10Et ça reste ma ville de cœur, effectivement.
03:12Même si je suis malheureusement à Paris depuis trop longtemps.
03:15Sud Radio est en toute la France, donc vous êtes avec nous.
03:17Par le cœur.
03:18Alors, il se trouve qu'à Saint-Laurent-de-Mur, il y a quelqu'un de très célèbre qui est
03:21né.
03:21C'est Mickaël Jones, le compice de Jean-Laurent-Goldman.
03:24Incroyable !
03:24C'est fou, hein ?
03:25J'ai été amenée à le rencontrer, d'ailleurs.
03:26Je l'ai croisé, mais je ne savais pas.
03:27Je ne savais pas.
03:28Vous m'apprenez des choses, plein de choses.
03:30Alors, votre univers familial, au départ, ce n'est pas du tout le journalisme.
03:33Je crois que votre mère travaille chez Mobilier de France.
03:35Ça n'a rien à voir avec cette passion que vous avez.
03:38Oui, ma maman était dans le meuble, effectivement, dans ses débuts.
03:42Après, elle était dans les assurances-vie.
03:47Le premier magasin de Conforama, et le patron de Conforama,
03:53qui a lancé Conforama après, dans toute la France et à l'international,
03:56lui a demandé de venir son associé.
03:58Et maman a refusé.
04:00Elle a dit, non, moi, je reste avec mon mari.
04:03Mon père partait à Paris.
04:04Et c'est comme ça que la première aventure parisienne a commencé.
04:08Alors, il se trouve que votre passion, c'est la littérature.
04:10Et je crois que le premier livre qui vous a vraiment marqué,
04:13Christine Goguet, c'est Anna Karenine.
04:14Oui, c'est vrai.
04:15Alors, bon, la littérature, on peut en parler des heures,
04:18parce que moi, je suis une vraie lectrice, je crois, en tous les cas.
04:21Et la lecture m'a sauvée.
04:23Bon, j'ai eu quelques petits soucis enfant.
04:24Voilà, je n'ai pas eu une enfance très facile et heureuse.
04:27Et je me suis toujours réfugiée dans les livres,
04:30qui étaient, pour moi, l'évasion.
04:32Il y a des personnes qui vont au cinéma,
04:34il y a des personnes qui s'évadent d'une autre manière.
04:36Et moi, le livre m'a tout permis.
04:39À la fois l'évasion, à la fois la culture, l'apprentissage de la vie.
04:43Parce que c'est vrai que dans les romans,
04:44et comme les romans de Balzac, de Zweig,
04:47il y a évidemment beaucoup de psychologie.
04:49Je pense que le livre, ça permet tout.
04:51Alors, mon livre préféré, c'est Anna Karenine, oui,
04:53parce que pour moi, Tolstoy, c'est vraiment le plus grand.
04:55Et Anna Karenine, c'est le roman et l'âme slave qui transporte,
04:59et qui élève l'âme humaine.
05:01Et puis, c'est un roman d'amour absolu,
05:03on peut le dire comme ça.
05:05C'est le photographe de la littérature, Tolstoy.
05:08Alors, au départ, ce roman s'intitulait
05:10Deux mariages, deux couples.
05:12Il est paru en feuilleton dans un journal
05:14qui s'appelait Le Messager russe.
05:16Mais le directeur n'était pas du tout d'accord avec la fin.
05:18Et donc, la fin n'est jamais parue en feuilleton.
05:20Et il a fallu attendre le livre pour que les lecteurs la découvrent.
05:23C'est incroyable.
05:23Vous en prenez plein de choses, là.
05:25Alors, il y a aussi un film qui a marqué vos jeunes années.
05:29Mes amis, allons-nous laisser encore longtemps
05:31nos frères noirs et potrifices
05:33comme des bêtes.
05:33Autant on en porte le vent.
05:34Le film préféré de votre mère, je crois.
05:36Oui, le film préféré de maman.
05:38Maman était une personnalité au caractère bien trempée.
05:41Et donc, elle aimait beaucoup ce personnage de femme
05:44qui a résisté à tout, qui était une passionnée.
05:47Je pense qu'elle se reconnaissait quelque part
05:50dans cette personnalité.
05:51Il y a eu la guerre aussi.
05:53N'oublions pas que nous sommes aussi issus
05:55de cette génération d'enfants de la guerre.
05:57Et je pense que ça, ça l'a beaucoup marqué.
05:59Et puis, ce film est extraordinaire.
06:00L'actrice est merveilleuse.
06:02Ils sont tous formidables.
06:05Et puis, c'est issu aussi de ce roman épique, en réalité.
06:09Donc, c'est aussi issu de la littérature.
06:11Exactement.
06:11Il se trouve que dans ce film,
06:12on voit 1600 qu'on fait des réaps à terre.
06:15En fait, il y en a 800.
06:16Les autres étaient des mannequins
06:17uniquement pour des questions de budget.
06:19Ça ne se voit pas trop.
06:20C'est très bien.
06:21Je crois que finalement,
06:22vous avez un point commun avec votre mère.
06:24Elle regardait toujours vers demain.
06:25Et vous, Christine Gauguet,
06:26vous avez toujours regardé vers demain
06:28avec vos passions.
06:29C'est vrai.
06:30Je pense que grâce à ma mère,
06:33j'ai eu aussi cette espèce de force
06:35de continuer malgré tout,
06:37malgré des choses difficiles.
06:39Enfin, on en vit tous.
06:40Les épreuves de la vie.
06:41Et elle m'a communiqué cette force,
06:43cette envie de lire aussi.
06:45Je pense que c'était d'une lectrice aussi.
06:46Quand j'étais petite,
06:47j'avais monté une bibliothèque,
06:48d'ailleurs parallèle à celle de l'école.
06:50J'ai failli me faire...
06:52Voilà.
06:52En tous les cas, ça a été compliqué.
06:54Je devais avoir 14, 15 ans.
06:56Peut-être même 13 ans.
06:58Et donc, la directrice de l'école a dit à maman
07:00« Non, ce n'est pas possible
07:01de monter une bibliothèque parallèle
07:02à celle de l'école. »
07:04Alors, il se trouve aussi
07:05que le journalisme vous a attiré.
07:07Vous avez commencé par la fac de Lyon
07:08et ensuite une école de journalisme.
07:10Oui, c'est ça.
07:10Alors, bon, fac de Lyon,
07:12là aussi, c'est ma mère
07:13qui m'a un peu influencée
07:14parce que moi,
07:14j'étais faite pour tout
07:15sauf pour faire du droit.
07:16J'aurais préféré faire littérature.
07:18Mais elle m'a dit
07:19« Non, mais ça mène à rien. »
07:20J'ai résisté, là aussi.
07:22Et puis, finalement,
07:24le CFPJ,
07:26l'école de journalisme
07:27plus classique
07:28et qui m'a permis
07:30aussi d'avoir un bagage complémentaire
07:32sur tout ce qui est
07:35journalisme bimédia.
07:36C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
07:37maintenant,
07:37on n'est plus à l'ère
07:38de la prescrire.
07:39Je vais l'apprendre.
07:41Tout est sur les réseaux.
07:42Tout est sur Internet.
07:44Donc, voilà.
07:44Il fallait s'y mettre aussi.
07:47Qu'est-ce qui vous a attiré
07:48vers le journalisme ?
07:49Votre curiosité ?
07:50Oui.
07:50Alors, moi, j'avais...
07:52C'est très intime,
07:53presque au fond.
07:55Le journalisme,
07:55c'est pour comprendre
07:57et pour expliquer.
07:59Et puis aussi,
08:00je suis très soucieuse
08:02de la vérité,
08:03comme vous le verrez
08:04dans les deux derniers livres
08:06que j'ai écrits.
08:07Enfin, en tous les cas,
08:08j'essaie d'approcher
08:09de la vérité
08:09parce que forcément,
08:10quand on est dans l'histoire,
08:12c'est plus compliqué.
08:13Je pense que c'est important,
08:14la vérité.
08:15Ça apporte quelque chose
08:16d'essentiel.
08:17C'est la justesse aussi.
08:18Et le rôle du journaliste,
08:20normalement,
08:20c'est d'apporter la vérité.
08:22Le slogan de Sud Radio,
08:23c'est « Parlons vrai ».
08:24C'est notre devise.
08:25« Parlons vrai », exactement.
08:26Alors, il se trouve
08:26que vous allez apprendre
08:27ce métier en entrant
08:28dans les journaux,
08:29ce qui est beaucoup plus facile
08:30qu'aujourd'hui,
08:30Christine Gauguet.
08:32Alors, facile,
08:33ça n'a pas été si simple.
08:35Je suis rentrée
08:36par la petite porte
08:37et puis, petit à petit,
08:38voilà,
08:39de pige en pige,
08:40de scoop en scoop,
08:42on a fini par me remarquer.
08:44J'ai eu la chance
08:45d'avoir des personnalités
08:46du Figaro
08:47que vous connaissez aussi,
08:48comme Maurice Baudoin,
08:49qui m'ont fait confiance.
08:51Et je suis,
08:52comme on dit,
08:53au bout d'une dizaine d'années,
08:54de correspondance
08:55du Figaro quotidien à Lyon,
08:56de rédaction en chef
08:58au Figaro magazine Rhône-Alpes.
09:00On a fini par me remarquer,
09:02me faire passer à Paris
09:03à la tête du Figaro Scope,
09:05des éditions un peu spéciales
09:06du Figaro.
09:07On y reviendra.
09:07On va en parler justement,
09:08mais surtout,
09:08vous arrivez au Figaro Lyon,
09:10à Lyon-Figaro,
09:11au moment où on lance
09:12une édition régionale
09:13pour concurrencer
09:14les journaux régionaux.
09:15Alors,
09:15c'est l'époque bénie
09:17des journaux régionaux.
09:18C'était extraordinaire
09:19parce que là,
09:20toute la presse était là.
09:21Il y avait l'Ibê,
09:22il y avait
09:24le Figaro magazine Rhône-Alpes
09:25dont je suis issue,
09:26il y avait le Figaro quotidien
09:28Lyon-Figaro.
09:29Il y avait vraiment
09:30une effervescence
09:31et c'était pour un jeune journaliste
09:32et une jeune femme
09:33parce que c'est ça aussi.
09:34Ça fait briller les yeux,
09:35on court partout,
09:36on a envie de faire plein de choses
09:37et c'était formidable.
09:39Mais ça n'a pas duré très longtemps.
09:42Moi,
09:42je sentais que ça n'irait pas
09:43parce qu'il faut quand même
09:45de la publicité,
09:46des annonceurs
09:47pour faire vivre ces journaux
09:48et il n'y avait pas assez de marché
09:49et finalement,
09:50tous ces journaux,
09:52malheureusement,
09:52en tous les cas en région,
09:53n'ont pas continué.
09:55Il se trouve qu'il y a quelqu'un aussi
09:57qui a beaucoup compté
09:57qui a été un des premiers
09:58à croire en vous.
09:59Écoutez sa voix.
10:00Je n'ai pas le talent
10:01d'être comédien
10:02et puis j'ai le texte sous les yeux.
10:04Bernard Pivot.
10:04Je ne suis pas un vrai comédien.
10:05Je crois qu'il a été important
10:06dans votre parcours.
10:07Très important.
10:09Bernard Pivot,
10:10c'est le Beaujolais,
10:11c'est toute ma région.
10:12Donc la première interview
10:13que j'ai faite de lui,
10:15je l'ai faite un peu à l'arraché
10:16parce que c'était la vedette
10:17totale, la star
10:18et il ne donnait
10:19aucune interview.
10:20Donc je me suis fait inviter
10:22par la petite main
10:23de France Télévisions
10:25qui était postière
10:26pour tout dire,
10:26qui m'a fait inviter
10:28à l'émission
10:28et à la fin de l'émission,
10:29j'ai sauté sur Bernard Pivot
10:30et je lui ai dit
10:31« Monsieur Pivot,
10:32je suis jeune journaliste,
10:33je débute,
10:34j'ai besoin de votre interview »
10:35et là,
10:36il était un peu ronchon
10:37pour tout dire.
10:38Il m'a dit
10:38« Oh là là ! »
10:39« Oh, puis alors chez moi,
10:41mais quand ? »
10:42Alors je lui ai dit
10:42« Ben oui,
10:42c'est pendant vos vacances,
10:43bon, ronchon et tout ça. »
10:46Et puis finalement,
10:47six mois après,
10:48il m'a rappelée
10:48parce que c'est quelqu'un
10:49qui tenait ses engagements
10:51et au bureau,
10:52je me souviendrai toujours,
10:54on avait une assistante
10:55qui appelle
10:56et qui me dit
10:56« Oui,
10:57il y a un monsieur
10:58qui s'impatiente au téléphone,
11:00un monsieur pivot ! »
11:02Et j'ai su que j'avais,
11:04voilà l'interview
11:05qui allait tomber
11:05et ça a été une interview
11:07aussi formidable
11:08pour une jeune femme
11:09parce que c'était
11:09une leçon de journalisme.
11:10Il a été très très dur,
11:12il était très raide,
11:12très sévère.
11:14D'ailleurs,
11:14ma voiture
11:14qui nous emmenait avec lui
11:16est tombée en panne
11:16pendant l'interview,
11:17je ne savais plus
11:18où me mettre.
11:19Et puis,
11:20on a fini par faire
11:21cette interview
11:22qui est passée
11:22dans le magazine national
11:24pour tout dire
11:24et à la fin de l'interview,
11:27il m'a dit
11:27« Bon,
11:27vous avez de quoi écrire
11:28un roman,
11:29à vous maintenant ! »
11:30Eh bien justement,
11:31il s'est passé d'autres choses
11:32dans votre parcours
11:33et j'ai trouvé une date
11:34aussi importante,
11:35le 21 septembre 1997.
11:38A tout de suite
11:38sur Sud Radio
11:39avec Christine Gauguet.
11:40Sud Radio,
11:41les clés d'une vie,
11:42Jacques Pessis.
11:43Sud Radio,
11:44les clés d'une vie,
11:45mon invité Christine Gauguet,
11:46nous parlerons tout à l'heure
11:47de ce livre
11:48« Passionnant et passionné,
11:49les grands hommes
11:50et le diable au rocher »
11:51et j'ai trouvé
11:52une date importante,
11:53le 21 septembre 1997.
11:56Il y a une émission
11:57de télévision
11:57qui s'appelle
11:58« Avocchio »
11:58sur Paris-Île-de-France
12:00et vous fêtez
12:01les 10 ans
12:01du Figaro Scope.
12:02Vous vous souvenez
12:03de cette émission ?
12:03Oui, je m'en souviens.
12:04Il y a une petite voix
12:05aussi qui interroge
12:10dans cette émission.
12:12Enfin, on en parlera après
12:14parce que c'était
12:14les 10 ans du Figaro Scope
12:16aussi pour les enfants
12:17et j'avais fait intervenir
12:18mon fils, tout petit,
12:20qui disait
12:20« Va chez ton marchand
12:21de journaux
12:21avec sa petite voix,
12:23cherchez le Figaro Scope
12:24pour les enfants. »
12:25Mais vous présentez
12:26ce journal.
12:27Alors, on voit
12:27une salle de rédaction
12:28d'abord où les ordinateurs
12:29ont dirait vraiment
12:31des...
12:32On se croirait
12:32autant plus historiques.
12:33C'est ça.
12:34Alors, c'est ce que mon fils
12:35m'a dit récemment.
12:36Il me dit « Alors, maman,
12:36tu as appris à taper
12:37la machine avec des doigts
12:38comme ça,
12:39qui font clac-clac. »
12:40C'est tout à fait ça.
12:41On a appris,
12:42enfin, Jacques aussi,
12:43je pense qu'on est à peu près,
12:44voilà,
12:45de cette génération-là
12:47à taper à la machine.
12:48Avec des carbones
12:49pour qu'il y ait des doubles.
12:50Alors, il se trouve
12:51dans cette salle de rédaction
12:52que vous présentez ce journal
12:53comme une loupe miroir
12:55de l'actualité.
12:56Oui, c'est vrai.
12:57Alors, le Figaro Scope,
12:58c'était un peu la bible,
12:59voilà,
13:00des restaurants,
13:01de la gastronomie,
13:02du cinéma.
13:03Et c'était vraiment
13:03le journal culturel
13:04du Figaro.
13:05Moi, quand je suis arrivée,
13:06je voulais surtout
13:07qu'on arrive à développer
13:08ce titre
13:09pour en faire
13:09un vrai magazine de culture
13:11et non pas seulement
13:12un magazine de programmation.
13:15Et je pense qu'on a réussi.
13:17Et moi, quand je suis arrivée,
13:18le journal
13:19ne marchait pas très, très bien.
13:21Et j'ai réussi
13:21à le développer
13:22et à le remettre sur rail
13:25et en faire un vrai magazine
13:26avec un grand format.
13:27Enfin, je ne sais pas
13:27si vous vous souvenez
13:28de tout ça.
13:29C'est toute une période,
13:30une grande période
13:30de Figaro Scope, en effet.
13:32Et alors,
13:32il y avait des critiques,
13:33bonnes ou mauvaises,
13:34car là,
13:35vous jouiez le jeu complètement.
13:36Il fallait conseiller
13:37ou déconseiller aux gens
13:38d'aller voir un film
13:39ou d'aller dans un restaurant.
13:40Oui, c'est ça.
13:41On était la bible.
13:42On était la bible parisienne
13:44de tout ce qui se passait
13:45en matière de culture
13:46et en matière de gastronomie.
13:48Et c'était la vie de nouveau
13:49parce que d'autres journaux
13:51appelaient des city magazines.
13:52Oui, c'est ça.
13:53On a été beaucoup copiés,
13:54ce qui est toujours pareil
13:55quand on commence à innover.
13:57Et tant mieux.
13:58Moi, j'ai envie de dire,
13:59c'est ce que disait d'ailleurs Chanel
14:01dont on reparlera plus tard.
14:02Quand on est créateur,
14:04il faut au contraire
14:05se féliciter de la copie
14:06puisque ça veut dire
14:07que ça fonctionne,
14:08que ça plaît.
14:09Et l'ancêtre du genre,
14:10c'était Paris Scope
14:11dans les années 60
14:12avec André Halimi
14:13et ses billets assassins.
14:15C'est vrai.
14:16Et ça avait tellement marché
14:17qu'on avait monté
14:18un club Paris Scope
14:19qui a été la discothèque
14:20du tout Paris
14:20à la fin des années 60.
14:22C'est ça, j'ignorais ça.
14:22Rue Quentin Beauchard
14:23aux Champs-Elysées.
14:24On n'avait pas la discothèque,
14:26ça aurait été une idée complémentaire.
14:28On voit aussi dans ce reportage
14:29un journaliste
14:30qui est Jean-Luc Wachtosen
14:31qui travaille avec nous
14:32et qui a une particularité,
14:33c'est-à-dire son père Jean-Jacques
14:34a été celui qui a découvert
14:36Philippe Bouvard au Figaro
14:37quand il était coursier.
14:38Oui, formidable journaliste aussi,
14:41Jean-Luc,
14:42passionné de théâtre,
14:44toujours la voix un peu pondérée
14:45du Figaro Scope.
14:46Vraiment,
14:47c'était une époque d'éclosion
14:49de jeunes talents,
14:50surtout aussi pour les restaurants.
14:53Ils étaient vraiment
14:53la jeune garde.
14:54D'ailleurs,
14:55il y a plein de mouvements gourmands
14:56qui sont nés
14:57de cette équipe.
15:00Non,
15:00c'était une très belle période,
15:02franchement.
15:02Et il se trouve d'ailleurs
15:04que la rubrique
15:05culture du Figaro
15:06venait de changer de titre
15:06et le titre clé
15:08de la rubrique du Figaro,
15:09c'était lié à une chanson.
15:12On ne saura jamais
15:13si c'est en plein jour
15:14ou si c'est la nuit
15:16que n'a qui...
15:17L'Ère de Paris,
15:18une des plus belles chansons
15:18de Francis Lemarque
15:19qui est devenue un film
15:20et c'est la première fois
15:22qu'un titre de chanson
15:23a été choisi dans un journal
15:24comme titre de rubrique.
15:25C'était L'Ère de Paris.
15:26Magnifique.
15:27C'est fou, hein ?
15:28Alors,
15:28il se trouve que
15:29vous avez aussi
15:30beaucoup évolué
15:30dans ce journal
15:31et cette aventure,
15:32cette aventure,
15:34c'est finalement
15:34l'ancêtre des influenceurs.
15:36Oui, c'est vrai.
15:37C'est vrai
15:38et on n'a pas parlé aussi
15:41de la deuxième mission
15:42que m'avait confiée
15:43Yves de Chaises-Martin
15:44à l'époque
15:45qui était également
15:46le Figaro
15:47Grandes écoles-universités.
15:49C'était aussi autre chose.
15:50C'était aussi une autre équipe
15:51qui était formidable d'ailleurs
15:52et toute une équipe aussi
15:54de très jeunes talents
15:57avec lesquels
15:57je suis restée en contact
15:59parce que je trouve
15:59que c'est très important
16:00la fidélité
16:01et dont certaines
16:02ont évolué
16:03comme patron
16:05de la publicité
16:05de Valeurs Actuelles,
16:06comme patron
16:08de la publicité
16:10et de la promotion
16:13aux Echos.
16:14Toutes ces équipes
16:16qui étaient
16:16des très jeunes personnalités
16:19mais qui étaient talentueuses
16:20et moi j'aimais bien repérer
16:22ces jeunes talents
16:22et avoir autour de moi
16:24toute cette équipe formidable.
16:27En plus,
16:27c'est vrai que quelques fois
16:28certains d'entre eux
16:29ont appris beaucoup plus
16:30sur le terrain
16:31qu'à l'école.
16:31C'est vrai.
16:33C'est vrai.
16:34Et puis on avait
16:34une forme d'indépendance aussi.
16:36Il faut le dire
16:37et saluer aussi
16:37la confiance
16:38qui était accordée
16:39parce que ça permet
16:41du coup
16:41d'avoir une autonomie
16:43et d'assurer
16:44pleinement les missions.
16:46Il se trouve aussi
16:46que vous avez
16:47cette pugnacité
16:48qui permet de faire des coups
16:50et je crois que l'un des coups
16:51les plus forts
16:51de vos jeunes années aussi
16:52c'est l'affaire Michel Noir.
16:54Oui, c'est vrai.
16:55Alors là, on va en reparler.
16:57Bon, oui, ça c'était
16:58sur le terrain lyonnais.
17:00On en parlait tout à l'heure.
17:01En fait, j'ai sorti,
17:03j'étais la première à sortir
17:04des affaires Michel Noir.
17:05Bon, ça ne m'a pas fait
17:07beaucoup d'amis
17:08surtout qu'à l'époque.
17:10Voilà, j'avais quand même
17:11des amis qui étaient élus
17:13autour de lui
17:14et qui n'ont pas du tout apprécié.
17:15Mais bon, c'est aussi
17:15le travail du journaliste
17:17de servir cette vérité
17:19et de sortir des choses
17:21qui sont parfois déplaisantes
17:22pour certains, c'est clair.
17:24Et c'était important
17:25de dire qui était Michel Noir,
17:26en effet.
17:27Et c'était important aussi
17:28que ce soit une femme
17:28car à l'époque,
17:29les femmes n'étaient pas
17:30aussi nombreuses qu'aujourd'hui
17:31dans le journalisme,
17:31Christine Gréguet.
17:32Oui, ce n'est pas évident du tout,
17:34c'est vrai.
17:34Moi, je me souviens
17:35de comités de direction
17:38dans des grands journaux
17:39où un jour,
17:42j'étais dans un comité de direction,
17:43je venais d'arriver
17:44dans un grand journal
17:45plus tard
17:47et où un des directeurs
17:49prend la parole,
17:50j'étais la seule femme
17:50dans les deux comités de direction
17:52et dit
17:54vraiment au milieu
17:55de tout le monde,
17:56il y en a qui devraient
17:56être derrière leur fourneau.
17:58Et là, je le regarde,
18:00je ne connaissais pas,
18:01et je lui dis,
18:02bah oui, toi, par exemple.
18:03Donc, il faut se rappeler
18:05de tout ça.
18:06C'est quand même
18:06une époque très complexe
18:07et pour les femmes,
18:08c'était très dur
18:09et la presse,
18:09c'était vraiment très,
18:11voilà, très prêtre,
18:12très argale,
18:12on peut dire.
18:13Surtout la presse quotidienne.
18:14Oui, il fallait justement
18:15faire preuve de plus de la cité
18:16et puis quelquefois
18:17être très dur
18:18pour s'en sortir.
18:19C'est vrai, c'est vrai.
18:21Il faut être juste
18:22et parfois savoir tenir bon
18:25et souvent savoir tenir bon
18:27sur ses positions
18:27quand elles sont justes.
18:29Alors, il y a aussi
18:31quelqu'un à Lyon
18:32qui a compté beaucoup
18:32pour vous,
18:33Paul Bocuse.
18:34Je crois que j'ai une photo
18:35qui circule
18:36avec votre fils
18:37dans les bras de Paul Bocuse.
18:39Oui, c'est ça.
18:40Alors, Paul Bocuse
18:41était un seigneur.
18:42C'est une des premières
18:43interviews que j'avais faites
18:44et alors, il m'a dit
18:45mais je ne sais pas
18:45comment une aussi petite jeune femme
18:47peut faire un aussi bel article
18:48m'avait-il dit.
18:51Paul Bocuse, il a un peu jalonné
18:52aussi du coup
18:54ma vie de jeune journaliste.
18:55Pour me remercier de l'article,
18:57il m'avait invité à dîner
18:59et il m'avait dit
19:00« Tu viens avec qui tu veux ? »
19:01Alors, je suis allée
19:02avec ma maman, évidemment.
19:04Et alors, pour le remercier aussi
19:06de cette invitation,
19:07je lui avais apporté
19:07un petit cœur de baccarat.
19:09Alors, il était très content.
19:10Il avait mis le couvert
19:11pour maman, pour moi
19:13et pour le chien de maman
19:14avec un petit bol
19:16pour le chien.
19:18Non, mais c'était
19:18un type extraordinaire.
19:19C'était un seigneur,
19:20Paul Bocuse,
19:20un grand, grand monsieur.
19:21Mais moi, je me souviens
19:22d'une nuit
19:23après une interview
19:23où vous passez avec Paul Bocuse
19:25dans les rues de Lyon
19:25où il connaissait
19:26tout le monde dans Lyon.
19:28C'était le prince,
19:29le roi de Lyon.
19:30Monsieur Paul.
19:31Connu dans le monde entier.
19:32À New York, partout,
19:34monsieur Paul.
19:35Alors, vous avez effectivement
19:36intégré cette famille de Lyonnais
19:38à tel point que vous avez fait
19:38un album de famille des Lyonnais
19:40qui a été un de vos premiers livres,
19:42je crois.
19:42Oui, c'est vrai.
19:43C'était mon premier livre.
19:44Je devais avoir 23, 24 ans.
19:46Il y avait Marc Lambron dedans.
19:49Il y avait plein de gens.
19:49Jean Amadou.
19:50Jean Amadou.
19:51Jean Michel Jarre.
19:51Oui, c'est ça.
19:52Bertrand Tavernier.
19:53Oui.
19:54Et puis, je crois que c'est
19:55Pierre Bond qui était
19:56à l'origine de ce livre.
19:57C'est ça.
19:57C'est lui qui avait signé
19:58la préface
19:59et qui est un homme
20:00aussi charmant.
20:01Voilà.
20:03Vous vouliez défendre
20:04vraiment cette famille
20:04parce que...
20:05En fait, c'est une manière
20:06de parler de l'identité lyonnaise
20:08parce que c'est Frédéric Dard
20:10qui m'avait dit ça,
20:11d'ailleurs,
20:11quand il avait essayé de...
20:12Lui aussi,
20:13enfin, voulait être journaliste.
20:15Il était allé frapper
20:16à la porte de Lazareff
20:17et Lazareff lui avait dit
20:20bon, pour l'instant,
20:21je n'ai pas de place,
20:21mais ne vous inquiétez pas,
20:22vous êtes lyonnais,
20:23vous êtes travailleurs,
20:25vous êtes persévérants,
20:26donc vous réussirez.
20:28Et c'est vrai qu'à Lyon,
20:29on travaille beaucoup,
20:30on ne pose pas
20:31beaucoup de questions,
20:32on ne ramène pas
20:33non plus trop...
20:35Voilà,
20:36on ne brille pas trop
20:37et on consacre sa vie
20:40plutôt au travail.
20:41Et c'est ça aussi
20:42l'identité lyonnaise.
20:43Et on le voit
20:43dans les portraits
20:44aussi de ces lyonnais,
20:45des gens très sérieux,
20:47très travailleurs
20:48et bienveillants.
20:49Il se trouve que Frédéric Dard
20:50est présent dans cet album
20:51de Famille des Lyonnais
20:52sous la forme d'un entretien,
20:54je crois.
20:55Et puis,
20:55il faut savoir une chose,
20:56il doit faire un jour
20:57un roman policier
20:58qu'on lui commande à Paris,
20:59c'est la mode
20:59des romans américains.
21:00Il faut un héros,
21:01il ouvre un atlas,
21:03au hasard,
21:04il met son doigt
21:04sur une ville,
21:06c'est San Antonio.
21:07Et c'est comme ça
21:07qu'est né San Antonio.
21:09Extraordinaire,
21:09des millions,
21:10des millions de livres vendus.
21:11Alors,
21:12c'est aussi une époque
21:13parce que je pense
21:14que le livre,
21:15c'est plus compliqué
21:16aujourd'hui,
21:16c'est sûr,
21:17mais c'est des millions
21:19de livres vendus,
21:20une sens de la formule
21:22truculente,
21:23on va dire,
21:23est extraordinaire.
21:24Il était pareil
21:25dans la vie.
21:26Et vous sortez des choses
21:27aussi,
21:28je ne sais pas
21:28si vous l'avez connue,
21:29mais il était extraordinaire.
21:30Et ce sont des gens
21:31comme ça qui nous manquent
21:32que vous évoquerez peut-être
21:33un jour dans un autre livre.
21:34Pourquoi pas ?
21:35En attendant,
21:35on va évoquer une autre date,
21:37le 15 avril 1964.
21:38A tout de suite
21:39sur Sud Radio
21:40avec Christine Gauguet.
21:41Sud Radio,
21:42les clés d'une vie,
21:43Jacques Pessis.
21:44Sud Radio,
21:45les clés d'une vie,
21:45et mon invité
21:46Christine Gauguet.
21:47Nous parlerons tout à l'heure
21:48des grands hommes
21:49et le diable,
21:49ce livre aux éditions
21:50du Rocher,
21:51un livre pour l'été
21:52et pas seulement
21:53parce que la chaleur
21:53de l'enfer est présente.
21:56Alors,
21:56une date qui ne vous concerne
21:57pas directement,
21:58mais elle est importante.
21:59J'ai repéré
22:00une émission de télévision
22:01le 15 avril 1964
22:02où on parle d'un lieu
22:04cher à votre cœur.
22:09Cette émission,
22:10c'est l'ancêtre
22:11des émissions de patrimoine
22:12chez l'œuvre en péril,
22:12je ne sais pas si vous connaissez,
22:14de Pierre Delagarde.
22:15qui avait vraiment monté
22:17une émission
22:17parce qu'on ne parlait pas
22:19de patrimoine à l'époque
22:20et ce jour-là,
22:21il parle de Notre-Dame
22:22de Fourvière.
22:23Incroyable.
22:24Notre-Dame de Fourvière,
22:25moi je l'ai visité
22:27de long en large
22:28et je l'ai même visité
22:29le soir
22:30avec un monsieur
22:32qui s'appelait
22:32Jean-Luc
22:33dit le chat
22:34et qui connaissait
22:35tous les recoins de Lyon.
22:36donc je suis passée
22:38par les toitures,
22:42les petits endroits secrets,
22:45c'est l'emblème
22:46de la ville de Lyon,
22:47Notre-Dame de Fourvière
22:48qui d'ailleurs
22:48en ce moment
22:49est une campagne
22:50de restauration
22:51et d'appel aux dons
22:52parce que là
22:53vous parlez
22:53de chef-d'oeuvre en péril,
22:54il y a de vrais sujets
22:55en fait sur le patrimoine
22:57aujourd'hui,
22:58c'est clair.
22:58C'est vrai que
22:59quand on voit Stéphane Berne
23:00qui se bat aussi
23:01pour les monuments,
23:02on se préoccupe
23:03depuis quelques années
23:04de patrimoine,
23:04ce n'était pas le cas avant.
23:05Vous avez visité
23:06des églises et des lieux
23:07qui n'étaient pas forcément
23:08en très bon état.
23:08C'est vrai,
23:09en tous les cas
23:09Stéphane Berne
23:10que j'apprécie beaucoup
23:11et avec qui
23:12j'ai eu le plaisir
23:13de travailler au Figaro
23:14fait énormément
23:15pour le patrimoine.
23:17C'est une cause
23:18qui m'est évidemment
23:19très chère
23:19et qui,
23:21voilà,
23:21moi j'aime les églises,
23:23j'aime les monuments
23:26français,
23:27les monuments
23:28religieux,
23:29je suis une auteure
23:30aussi chrétienne
23:31quelque part,
23:32donc cette dimension
23:33aussi de spiritualité,
23:34de civilisation
23:36qui est la nôtre,
23:37il est très important
23:38de la préserver
23:39pour toutes ces raisons
23:41à la fois
23:41de beauté,
23:43d'histoire,
23:44parce que je suis évidemment
23:45et on est tous
23:46passionnés d'histoire,
23:47le peuple français
23:47est un peu passionné
23:48d'histoire,
23:49c'est clair.
23:49Mais le patrimoine
23:50en s'en occupait si peu,
23:52moi je me souviens
23:52que Radio Luxembourg
23:53un jour a détruit
23:54toutes ses archives
23:55pour récupérer de la bande
23:56et toutes les émissions
23:57des années 50-60
23:58ont totalement disparu
24:00pour faire une économie
24:01ridicule.
24:02A l'époque,
24:03on ne s'en préoccupait pas.
24:05Les églises,
24:05je crois qu'il y a eu
24:06un tournoi dans votre vie,
24:07c'est quand vous avez
24:08vraiment découvert Dieu,
24:09c'est-à-dire que vous vous êtes
24:10dit,
24:11il y a eu un rapprochement.
24:12Redécouvert.
24:13Redécouvert.
24:13C'est vrai.
24:14Alors quand j'étais,
24:15moi quand j'étais toute petite,
24:17je voulais être bonne sœur,
24:18j'étais très très petite,
24:19mais bon,
24:20j'ai un peu raté ma vocation,
24:22bon.
24:23Et en fait,
24:23je suis issue d'une famille
24:27croyante,
24:28pas pratiquante,
24:29mais croyante.
24:30Et donc,
24:32pour des raisons,
24:33voilà,
24:33d'épreuves traversées dans la vie,
24:36je m'étais un peu éloignée
24:37de la foi,
24:38pour tout dire.
24:40Et au décès de ma mère,
24:42donc là,
24:43on est en 2015,
24:45enfin,
24:45donc ça va,
24:47naît l'histoire
24:48d'un des deux derniers livres.
24:50Je ne sais pas pourquoi,
24:52en tous les cas,
24:52c'est certainement
24:52un rapprochement inconscient
24:54avec Dieu
24:54qui est tombé,
24:55voilà,
24:56sur mon esprit.
24:59Et j'ai eu envie d'écrire
25:00Les grands hommes et Dieu.
25:02Et c'était une manière
25:03de renouer au fond
25:04avec la foi chrétienne
25:05puisque le livre
25:06parle beaucoup
25:08du rapport
25:09au christianisme
25:10et à la chrétienté.
25:12Je ne m'en suis pas rendu compte
25:13de ça,
25:13ça s'appelle
25:14L'inconscient.
25:16J'ai fait un livre d'histoire
25:17mais qui est aussi
25:18un livre qui parle
25:20du rapport
25:21au christianisme
25:22de ces grands hommes.
25:23Alors,
25:23vous avez travaillé
25:24non pas en historienne
25:25mais en journaliste.
25:26Oui,
25:27ça se rapproche,
25:28c'est assez proche.
25:29Parce que,
25:30bien sûr,
25:31l'historien,
25:32il a cette science
25:33de l'histoire,
25:34mais le journaliste
25:35va voir l'historien
25:36et donc
25:37à cette science
25:39aussi de la vérité.
25:40Donc,
25:40je pense que c'est
25:41assez proche.
25:42Je me définis un peu
25:43comme reporter d'histoire
25:44dans ces deux derniers livres,
25:45en effet.
25:46En tout cas,
25:46vous avez inventé
25:47une forme qui n'existait pas,
25:48c'est la biographie spirituelle.
25:50Oui,
25:50c'est vrai.
25:51C'est une forme
25:51de psychographie,
25:52en tous les cas,
25:54c'est-à-dire se pencher
25:55dans l'âme
25:56des personnages
25:57et des personnalités
25:59pour essayer
26:00de comprendre,
26:01enfin,
26:02je pense que,
26:03voilà,
26:03selon toutes les sources
26:04biographiques,
26:05parce qu'il y a beaucoup
26:05de sources biographiques,
26:06c'est un très gros travail
26:07de recherche,
26:08de bibliographie,
26:09et aussi d'aller chercher
26:11ce que l'histoire,
26:12parfois,
26:13a préféré oublier,
26:15ou une époque aussi,
26:17a préféré oublier,
26:18parfois, oui.
26:18Alors,
26:19Les Grands Hommes et Dieu,
26:20c'est le premier livre.
26:21D'abord,
26:21il faut avoir l'idée,
26:22ensuite,
26:23il faut choisir
26:23ces grands hommes
26:24et ensuite,
26:24il faut faire l'enquête
26:25pour trouver les éléments.
26:26C'est ça.
26:27Alors,
26:28le livre,
26:28il s'est un peu imposé
26:29et puis,
26:30il devait s'écrire
26:31parce que je n'avais pas
26:32forcément d'éditeur non plus.
26:34Je venais de quitter
26:35le journal Le Parisien,
26:37donc,
26:38j'avais,
26:39je ne sais pas,
26:39c'est comme une apparition,
26:40quelque part.
26:42Et le premier éditeur
26:43avec qui ça s'est fait,
26:45ça s'est fait,
26:45voilà,
26:45s'appelait Victor Lupin,
26:48je ne sais pas si vous l'avez connu
26:48aux Rochers,
26:49aux éditions du Rocher.
26:50Et l'idée,
26:52c'était de raconter
26:53comment les grands hommes
26:54et les grandes femmes,
26:55puisque les grandes femmes
26:56de l'histoire,
26:57des gens comme Churchill,
26:59comme Mandela,
27:01comme Kennedy,
27:04comme De Gaulle,
27:05enfin,
27:05toutes ces grandes personnalités
27:06comme Mère Thérésa,
27:09leur rapport au divin,
27:11au sens large,
27:13à la spiritualité
27:14et beaucoup au christianisme
27:16pour beaucoup d'entre eux
27:17et au catholicisme,
27:18mais pas que,
27:19puisque, voilà,
27:20vous avez Mohamed Ali
27:22qui était issu
27:23d'une famille
27:25de protestants
27:26et qui s'est converti
27:28tout en gardant
27:29un islam compassionnel
27:30proche du christianisme.
27:31C'est très intéressant
27:32de voir pourquoi
27:34et comment ces gens-là
27:36étaient animés
27:37par quelque chose d'autre.
27:38Oui, mais il fallait d'abord
27:39choisir les personnalités
27:40qui comptaient
27:41et ça,
27:42la liste est longue.
27:43Comment vous avez fait ?
27:44C'est très subjectif.
27:45Je pense que là,
27:45alors là,
27:46c'est le sujet
27:48Christine Gauguet
27:48qui parle et qui choisit.
27:50Après,
27:52un grand homme,
27:53c'est quoi ?
27:54C'est quelqu'un
27:55qui a marqué
27:56durablement
27:57et largement l'histoire,
27:58qui a des prouesses
28:00dont on va encore
28:01parler longtemps.
28:03C'est ça,
28:04un grand homme
28:04ou une grande femme
28:05ou qui a marqué
28:06son époque.
28:08L'idée,
28:09c'était vraiment
28:10de...
28:11Ils se sont imposés
28:12là aussi,
28:12les personnages
28:14se sont imposés.
28:14Le premier
28:15qui s'est imposé,
28:16c'était De Gaulle
28:17parce que si vous avez été
28:18un garçon,
28:19vous seriez un plichard.
28:20Oui, c'est ça.
28:21Alors là,
28:21c'est vraiment
28:23toujours ma mort.
28:26Elle était passionnée
28:27de De Gaulle
28:28et donc,
28:30c'était la référence,
28:31le général.
28:32voilà,
28:32moi,
28:33j'écoutais ça
28:34petite.
28:35Quand le général
28:36est mort,
28:37c'était vraiment
28:38à la maison,
28:39le deuil profond.
28:41C'est 70.
28:42Donc,
28:42vous voyez,
28:43je suis vraiment
28:43vaccinée à De Gaulle
28:44et pour moi,
28:46c'est la grande référence,
28:48c'est le grand homme,
28:49De Gaulle.
28:50C'est celui,
28:51évidemment,
28:52qui a sauvé la France.
28:53C'est celui
28:54qui a gardé
28:56cette grandeur
28:57de la France,
28:57en tous les cas,
28:58qui a voulu
28:59préserver quoi qu'il en coûte,
29:00cette grandeur
29:01de la France
29:01et on voudrait avoir
29:02des De Gaulle
29:03toute la journée.
29:04Après,
29:05cela n'exclut pas
29:06peut-être sans doute
29:07une phase cachée.
29:08J'ai eu du mal
29:10à aller la chercher,
29:10pour tout vous dire.
29:11Je ne l'ai pas mis
29:11dans le second ouvrage.
29:13Il se trouve
29:13qu'il était extrêmement discret
29:14sur sa foi.
29:15Il allait à l'église,
29:17mais on n'a pratiquement
29:17pas de photo
29:18où il prie De Gaulle.
29:20Alors,
29:20De Gaulle,
29:21sa foi était
29:22sans autre forme
29:23de discussion.
29:24Comme disait Malraux,
29:25c'était une donnée.
29:27Donc,
29:28il fallait faire avec ça.
29:30Et il allait à la messe
29:31et parfois,
29:32pour ne pas se faire repérer,
29:34parce qu'évidemment,
29:34tout le monde
29:34voulait le voir
29:35à l'église,
29:38il faisait presque,
29:40parfois,
29:40donner des messes
29:41à la boisserie,
29:41donc la maison du général
29:43qui va être bientôt en vente,
29:45si j'ai bien compris.
29:47Il avait fait installer
29:48sur ses deniers personnels
29:50une petite chapelle
29:52à l'Elysée.
29:53Vous savez que le général De Gaulle,
29:54il payait toutes ses deniers.
29:55Le timbre,
29:56l'électricité,
29:57c'était un homme
29:59d'une honnêteté
30:00qu'on aimerait trouver
30:01aujourd'hui
30:02chez tous nos hommes politiques.
30:03C'était une autre époque.
30:05Je ne sais pas
30:05si c'est une autre époque
30:06ou si c'est une autre catégorie
30:08d'hommes.
30:10Mais,
30:11voilà,
30:11c'était,
30:12bien sûr,
30:13pour moi,
30:15un grand homme.
30:16Et il alliait
30:17beaucoup de choses,
30:17parce qu'il tenait ça aussi
30:18de son père,
30:20Henri De Gaulle,
30:21qui était un grand professeur,
30:23grand professeur de philosophie,
30:26et voilà,
30:27et de sa mère aussi,
30:29qui était très pieuse,
30:30Jeanne,
30:32et qui était,
30:34pour elle,
30:34il y avait deux sujets,
30:35c'était la nation
30:36et la foi.
30:37Et De Gaulle avait
30:38beaucoup d'humour.
30:39Un jour,
30:39il s'adresse à Churchill
30:40et il lui dit
30:41« Plus votre français progresse
30:43et plus vous comprenez
30:44mon anglais. »
30:45Oui,
30:45c'est extraordinaire.
30:46Le rapport Churchill-De Gaulle
30:47est absolument incroyable.
30:48Mais il y avait
30:48une immense estime,
30:50quelque part,
30:51parce que c'est vrai que,
30:52je ne sais pas si vous avez vu
30:53le dernier film
30:54qui vient de sortir,
30:55mais c'est un film
30:55qui est très intéressant,
30:56c'est de se rappeler
30:58de la solitude.
31:00Quand il danse
31:01l'appel du 18 juin,
31:02il y a seulement
31:033000 personnes
31:04qui l'entendent.
31:05Non seulement ça,
31:06mais on a perdu
31:07le disque original
31:08et il y a écrit
31:10sur la fiche du conducteur
31:13« Chronique gratuite ».
31:14On ne se rend pas compte
31:15de ce qui se passe.
31:16C'est fou quand même.
31:17Et il fallait quand même
31:18un courage,
31:19une audace,
31:21pour partir seul
31:22comme ça,
31:23se battre,
31:24parce qu'il avait été
31:25tellement effondré
31:26par ce défaitisme ambiant.
31:29C'est quand même
31:30un acte de courage inouï.
31:32Condamné à mort,
31:33etc.,
31:33par le régime en place,
31:35ne plus voir sa famille
31:37qui prenait des risques.
31:40Sa mère a été enterrée
31:41sans lui.
31:42On interdisait aux gens
31:43d'aller sur la tombe
31:44de sa mère.
31:46Il faut se souvenir
31:47de tout ça.
31:48Et puis,
31:49vous évoquiez Churchill
31:49aussi dans ce premier livre,
31:51et Sine-Goguet,
31:51en disant qu'il a failli
31:53devenir prêtre.
31:54Oui, c'est ça.
31:54C'est marrant
31:55parce qu'on ne voit pas
31:56Churchill vraiment
31:57comme quelqu'un
31:58qui a une grande foi,
32:02à priori.
32:03Mais il met Dieu
32:04à toutes les sauces.
32:06Dans ses discours,
32:07dans ses harangues
32:09pendant la guerre.
32:10Donc, quelque part,
32:12il y a quelque chose
32:12qui en reste,
32:14même s'il n'affiche pas
32:16les choses comme De Gaulle,
32:17par exemple.
32:19Et son fils,
32:20quand même,
32:21dans ses mémoires,
32:22dit que, bon,
32:23il y a quand même
32:24des tentatives.
32:25Et en fait,
32:26il croyait en Dieu,
32:28et ça l'a même aidé
32:29tout au long de la guerre.
32:30Tout au long de la guerre.
32:31Lorsqu'il a voulu...
32:32Il s'isolait
32:32pendant la guerre
32:33pour, justement,
32:34méditer.
32:35C'est quoi cette méditation ?
32:36Il y a une forme
32:37de réflexion
32:38pour trouver l'au-delà
32:39et essayer
32:40de toucher
32:42la chose juste.
32:43Ça devait être quand même...
32:44Enfin, voilà,
32:45on peut imaginer
32:46les épreuves
32:47et la réflexion
32:50que chacun menait
32:51dans le silence
32:53et peut-être
32:55dans la prière.
32:56Et le grand homme
32:57qui était Victor Hugo,
32:58lui,
32:58était persuadé
32:59qu'il devait
32:59son inspiration à Dieu,
33:01Christine Gauguet.
33:01Oui, alors,
33:02pour Victor Hugo,
33:03tout était Dieu.
33:04Tout.
33:05Il était Dieu
33:05à toutes les sauces.
33:06C'était un très,
33:07très grand catholique.
33:09C'est assez amusant,
33:10d'ailleurs,
33:10parce qu'il avait
33:11une mère
33:12qui était voltairienne,
33:13qui était vraiment
33:13totalement à l'opposé
33:14de son père.
33:16Il est issu
33:17d'un général d'empire.
33:19Et quand il a ses enfants,
33:22malheureusement,
33:22il y en a quand même
33:23quatre qui sont morts
33:25de leur vivant,
33:26enfin,
33:26de son vivant,
33:26en tous les cas.
33:28Il faisait joindre
33:30les petites mains
33:31de sa fille chérie,
33:33Léopoldine,
33:34qui, malheureusement,
33:34vous le savez,
33:35va mourir noyée
33:36dans le fleuve.
33:38C'était terrible pour lui
33:39parce que c'était
33:40sa fille préférée.
33:42Et il lui faisait faire
33:43des petites prières.
33:44Donc, il l'enjoignait
33:44à la prière.
33:46Notre-Dame de Paris,
33:47on sent qu'il tutoie
33:48le ciel.
33:49Et Notre-Dame de Paris,
33:50il a sauvé Notre-Dame
33:52qui était justement
33:53en péril.
33:53C'est vrai.
33:54Et c'est le livre
33:55qui a permis
33:56de relancer,
33:56de sauver Notre-Dame
33:57bien avant les événements
33:59qu'on connaît aujourd'hui.
34:00C'est fou,
34:00c'est presque visionnaire,
34:01d'ailleurs.
34:02C'est vrai.
34:02Le grand Victor Hugo,
34:04celui qui a quelque chose
34:04en plus de nous,
34:05mais qui,
34:09dans sa vie domestique,
34:11développe peut-être
34:11une autre face.
34:12On en reparlera.
34:14Moi, ça a été mon préféré.
34:15Mais il est dans les deux livres.
34:16Il figure dans les deux livres.
34:17C'est intéressant de voir
34:18que quand on est
34:20même un grand homme,
34:21on ne reste pas moins un homme
34:23avec des faiblesses.
34:24Alors, ce premier livre
34:25a eu un succès
34:26que vous n'imaginiez pas,
34:26Christine Gauguet.
34:27C'est clair.
34:28C'est clair.
34:28Et c'est vraiment...
34:29Ça finit par un peu dépasser.
34:32Et tant mieux.
34:32C'était une très heureuse
34:34découverte pour moi.
34:35Je remercie les lecteurs
34:37qui...
34:37C'est un bouleversement
34:38un livre qui fonctionne comme ça
34:40parce que c'est une rencontre
34:42avec les lecteurs,
34:43une rencontre avec les historiens.
34:47C'est un vrai bonheur
34:48parce que ça touche
34:49au plus profond de chacun
34:51ce qu'on transmet.
34:53C'est la transmission aussi.
34:54Enfin, l'histoire,
34:55c'est de la transmission.
34:55C'est autre chose.
34:56Alors, justement,
34:57ce livre a donné l'essence
34:58d'un à un autre
34:58qu'on va évoquer
34:59à travers la date de sa sortie
35:01le 1er juin 2026.
35:03A tout de suite
35:04sur Sud Radio
35:04avec Christine Goguet.
35:06Sud Radio,
35:07les clés d'une vie,
35:08Jacques Pessis.
35:08Sud Radio,
35:09les clés d'une vie,
35:10mon invité Christine Goguet.
35:11Nous avons évoqué
35:12votre parcours de journaliste
35:14au début à Lyon,
35:15votre arrivée à Paris,
35:16vos scoops,
35:17ce premier livre
35:17sur les grands hommes et Dieu.
35:19Et puis,
35:19le 1er juin 2026
35:21est sorti
35:21Les grands hommes et le diable
35:23aux éditions du Rocher.
35:24Alors, vous m'avez dit tout à l'heure
35:25que le 1er juin
35:26est la date annoncée
35:27mais que ce n'est pas la vraie date.
35:28Alors, c'est assez étonnant
35:29parce qu'en fait,
35:31il est paru le 27 mai,
35:34journée de la résistance française.
35:35Oui.
35:36Et moi, je crois beaucoup
35:36aux signes.
35:37Le précédent livre
35:39était sorti le 27 novembre,
35:41date de l'apparition
35:42de la Vierge Rue du Bac.
35:43Et figurez-vous
35:44que quelques temps avant,
35:46j'avais eu des petits soucis personnels,
35:49j'avais été très malade,
35:51et j'avais une amie
35:52qui était venue
35:52avec une médaille
35:53de la Rue du Bac.
35:54Je ne savais même pas
35:54qu'existait la Rue du Bac
35:55pour tout dire vraiment.
35:56Et cette médaille
35:57ne m'a pas quittée
35:58pendant ma maladie.
35:59Et le livre,
36:00sans le savoir,
36:01sort le jour de l'apparition
36:02de la Vierge Rue du Bac.
36:03C'est fou.
36:04Il y a quand même
36:04des choses étonnantes.
36:05Alors, ce livre,
36:06donc,
36:07La face cachée
36:07des grands hommes
36:08et le diable,
36:09le diable,
36:10c'est dans le sens
36:11total du terme.
36:12Ce n'est pas vraiment
36:12le diable qu'on va en enfer.
36:14Non, tout à fait.
36:14Alors, ce que j'explique
36:15Michel Onfray
36:16dans la préface,
36:18le diable,
36:19c'est la partie divisée
36:20qui est dans la personnalité
36:21et dans la personne.
36:22C'est-à-dire,
36:24la division
36:24qu'on peut avoir
36:25entre la parole publique,
36:27l'œuvre,
36:28qui est évidemment
36:29établie publiquement,
36:31et la personnalité
36:32qu'on connaît moins
36:34ou qu'on méconnaît
36:35parfois complètement,
36:36et qui est cette face
36:37beaucoup plus obscure
36:38pour, en tous les cas,
36:39ceux que j'ai choisis,
36:41et qui rappelle
36:43que l'homme reste un homme
36:45avec ses failles,
36:46ses faiblesses,
36:47ses défauts,
36:48parfois ses crimes.
36:49Parfois ses crimes.
36:50Le côté obscur de la force,
36:52on le connaît
36:52grâce à Star Wars.
36:54Quand on pense
36:55que Georges Lucas
36:55a cherché pendant des années
36:57un producteur,
36:58personne ne voulait tourner
36:59Star Wars,
37:00et qu'il a investi
37:01les bénéfices
37:01d'American Graffiti
37:02pour faire ce film
37:03qui est devenu culte
37:05et cette série qui est culte.
37:06C'est fou.
37:06Écoutez, j'espère
37:07qu'on aura le même destin
37:08avec les grands hommes
37:09et le diable.
37:10L'idée de ce livre,
37:12c'est justement
37:13montrer la face cachée
37:14de ces grands hommes.
37:15Comment est venue l'idée ?
37:16Après avoir exploré
37:17la face lumineuse,
37:18tout naturellement,
37:19s'est imposé
37:20la face obscure
37:22de ces mêmes personnalités
37:24pour certains d'entre eux.
37:25En tous les cas,
37:26on venait de parler
37:27de Victor Hugo
37:29qui était
37:31ce génie absolu
37:33qui voulait éradiquer
37:34la misère,
37:34la peine de mort
37:35et qui,
37:35dans sa vie privée,
37:37était une petite figure
37:38de son histoire personnelle.
37:40parce que Victor Hugo,
37:42on le sait,
37:44enfin on ne le sait pas assez,
37:45à mon avis,
37:46avait quand même
37:46une vie personnelle
37:47assez dissolue,
37:49on va dire.
37:51C'était,
37:51voilà,
37:52comme une rockstar
37:54de l'époque.
37:55Il était très connu,
37:56très fortuné,
37:57donc,
37:58les femmes
37:59se laissaient
38:00un peu,
38:01voilà,
38:02captiver,
38:03si je puis dire,
38:03séduire,
38:04même plus.
38:05et il y avait
38:05un côté un peu
38:07dominateur,
38:07on va dire.
38:08Il profitait sans doute
38:10de sa position sociale
38:12pour,
38:13voilà,
38:13avoir des aventures
38:14sexuelles
38:15qui étaient
38:16très très
38:18multiples.
38:19Et il avait
38:20une double vie,
38:21donc il était adultère,
38:23il avait mis
38:24une Juliette Douai
38:25que tout le monde,
38:26bon,
38:26aujourd'hui,
38:27c'est légérie,
38:28mais la pauvre Juliette Douai
38:29dans sa vie personnelle,
38:30c'était beaucoup moins drôle.
38:31Elle était dans
38:32un petit appartement,
38:33elle quémandait de l'argent
38:36à n'en plus finir
38:37à Victor Hugo
38:39qui était
38:39Arpagon,
38:40il faut quand même le dire,
38:40il était très pingre,
38:42et il calculait
38:43chaque sou,
38:44cette dimension-là,
38:45on la méconnait
38:46complètement,
38:47on ne se rend pas compte
38:48à quel point
38:49il avait une aventure
38:50sexuelle avec
38:52la gouvernante,
38:53la servante
38:53de Juliette,
38:55et il naît
38:56dans des petits carnets
38:58ses réflexions
39:00sexuelles,
39:00c'est quand même
39:01aujourd'hui.
39:02Je ne suis pas sûr
39:03que ça passerait
39:03aujourd'hui.
39:04Je ne suis pas sûre
39:04qu'au l'époque,
39:05ça s'amèderait
39:05aujourd'hui.
39:07Mais,
39:08voilà,
39:09qu'est-ce qu'on fait ?
39:09Est-ce qu'on abandonne
39:10Notre-Dame de Paris
39:11et les misérables
39:13pour autant ?
39:13C'est une vraie question.
39:15Alors justement,
39:15ce livre,
39:16vous l'avez voulu le faire,
39:17est-ce qu'il y a un risque ?
39:18Parce que vous détruisez
39:19des légendes,
39:20entre guillemets ?
39:20Je ne les détruis pas.
39:22Je pose la chose
39:25positive aussi,
39:26parce que je pense
39:26qu'il faut rappeler
39:27qui ils sont,
39:28ils ont des choses
39:28extraordinaires
39:29comme Rimbaud,
39:31comme Chanel,
39:35comme Simone de Beauvoir,
39:37etc.
39:37Je ne détruis pas
39:38leur œuvre,
39:40je vais explorer
39:42leur face intime,
39:43c'est différent.
39:44Oui,
39:44mais c'est très difficile.
39:45Je n'attaque pas,
39:46je pose juste
39:47un diagnostic,
39:48comme un médecin.
39:49C'est un travail de journaliste.
39:50C'est un travail de journaliste.
39:51Mais je trouve aussi
39:51que c'est difficile,
39:53parce que souvent,
39:53tout ça est caché,
39:55il faut le trouver,
39:56parce qu'on n'a jamais
39:56parlé de ça.
39:57Oui, c'est vrai.
39:58Alors,
39:58pour certains d'entre eux,
40:00ça sort,
40:00maintenant ça commence
40:01à sortir,
40:02Jacques,
40:04voilà.
40:04Mais pour certains d'entre eux,
40:06c'est sûr
40:06de vraies révélations.
40:08Si j'en veux
40:08pour exemple,
40:10par exemple,
40:13Pablo Neruda,
40:13le poète
40:15de l'universalité,
40:18de la poésie
40:19qui tutoie les étoiles
40:21un peu comme Rimbaud,
40:22mais là,
40:23je crois que c'est vraiment
40:23le pire du pire
40:25de ce qu'on peut trouver,
40:26parce que Pablo Neruda,
40:29on se dit,
40:30c'est un poète,
40:30donc c'est la délicatesse,
40:32c'est l'humanité,
40:32c'est la bienveillance.
40:34Et en fait,
40:35dans sa vie privée,
40:36il est terrible.
40:38C'est le père indigne
40:39qui, malheureusement,
40:41a un enfant handicapé
40:42qui s'appelle Maria,
40:44elle naît
40:45avec un problème
40:46d'hydrocéphale,
40:48et quand il voit ça,
40:50il dit,
40:50elle ressemble
40:51à un petit vampire,
40:52et il abandonne
40:52et l'enfant
40:53et la mère.
40:55Et il n'ira
40:55même pas
40:56à l'enterrement
40:57de sa propre fille
40:58qui meurt
40:59à l'âge de 8 ans,
41:00c'est terrifiant.
41:01Tout ça,
41:01on ne le sait pas,
41:01on ne le savait pas.
41:02Ça,
41:02on ne le sait pas du tout.
41:03Et c'est un homme
41:04qui est capable
41:05d'écrire dans ses mémoires
41:07qu'il a abusé
41:08d'une femme tamoule,
41:09une pauvre femme tamoule,
41:11sexuellement,
41:11et qui raconte tout ça
41:13avec une froideur déconcertante,
41:14il n'a aucun remords.
41:15Et Jean-Jacques Rousseau...
41:17Et il reste stalinien
41:18jusqu'au bout,
41:19et même plus que jusqu'au bout.
41:20Enfin, pour ça,
41:20ça, c'est plus connu,
41:21mais quoi que...
41:23Jean-Jacques Rousseau,
41:24lui aussi,
41:24a eu des enfants,
41:25il a quand même
41:25un traité qui compte,
41:28et il n'a pas vraiment
41:29aidé ses enfants.
41:29Jean-Jacques Rousseau,
41:29je crois que c'est
41:30le double visage parfait.
41:32Ça va se demander
41:32si ça ne relève pas
41:33de la psychiatrie,
41:33d'ailleurs,
41:34chez Jean-Jacques Rousseau.
41:35Jean-Jacques Rousseau,
41:37je rappelle tout ça
41:38parce que c'est très important,
41:39on est issu,
41:40c'est ce que disait
41:41Saint-Exupéry,
41:42on est de son enfance
41:43comme on est d'un pays.
41:45Et c'est vrai
41:45que tout est issu
41:46de l'enfance.
41:47Et la plupart
41:47de ces grands hommes
41:48et de ces grandes femmes,
41:49parce qu'il y a aussi des femmes,
41:50ils ont eu
41:51des traumatismes terribles
41:52dans leur enfance.
41:53Donc,
41:55comme c'est une espèce
41:56d'essai aussi
41:58qui se veut psychologique
41:59et psychographique,
42:00quand on rentre
42:01dans l'âme
42:02de ces grands hommes
42:03et de ces grandes femmes,
42:04on se rend compte
42:04à quel point
42:05ils ont été maltraités
42:06dans leur enfance.
42:07Et ce qui fait
42:08que certainement,
42:09comme pour Jean-Jacques Rousseau,
42:10il a un père
42:11qui est hors fèvre,
42:13qui est un type
42:14très talentueux d'ailleurs,
42:15mais qui frappe ses enfants.
42:16Mais il les frappe
42:17très très fort.
42:18Et à un moment donné,
42:19il abandonne
42:20ses deux enfants.
42:21Son propre,
42:22le frère de Jean-Jacques Rousseau,
42:23que Jean-Jacques Rousseau
42:24ne reverra jamais.
42:25C'est quand même
42:26une enfance terrible.
42:27Et lui,
42:27il a perdu sa mère
42:29très jeune.
42:30Donc,
42:30il est livré
42:31à lui-même.
42:32On le met
42:33chez sa tante
42:34qui le frappe aussi.
42:36D'ailleurs,
42:36il va développer
42:37des fantasmes sexuels
42:38de ce type
42:40où il aimera
42:41être frappé lui-même.
42:42Donc,
42:42on voit bien
42:42qu'il y a quelque chose
42:43du ressort de la psychiatrie.
42:45Et là,
42:46il va finir par se marier.
42:48Il va faire
42:48cinq enfants
42:50et les cinq nourrissons,
42:52un par un,
42:53il va les porter
42:53lui-même
42:54à l'hospice,
42:55donc à l'orphelinat,
42:57où on sait très bien
42:58qu'à cette période,
42:58et lui-même
42:59est un homme
42:59intelligent et avisé,
43:01on les promet
43:02à une mort certaine.
43:03où on ne reverra jamais
43:05les enfants de Rousseau.
43:06Et ses propres amis
43:08à Rousseau
43:09nous disent
43:09maintenant,
43:10on va les adopter.
43:11Ils le refusent,
43:12l'adoption.
43:13C'est complètement fou.
43:14C'est fou.
43:15C'est pour ça que je dis,
43:16c'est fou.
43:16Et il dit,
43:17il dit,
43:18mais c'est mieux comme ça.
43:19On peut être en contradiction
43:20avec ce qu'on fait.
43:22On peut être en contradiction
43:23avec ce qu'on dit.
43:24Parce que c'est vraiment
43:25faites ce que je...
43:27faites ce que je dis,
43:28mais pas ce que je fais.
43:29Alors vraiment,
43:30c'est Dr. Jekyll
43:30et Mr. Hyde.
43:31Complètement.
43:31Et là, il dit,
43:33et c'est mieux que d'avoir eu
43:34un père fripon.
43:36Donc, je pense que quelque part,
43:37il ne se sentait pas du tout
43:38d'être père
43:39et il préférait
43:40que ses enfants meurent.
43:41Mais il en a fait quand même.
43:42Donc, c'est quand même psychiatrique.
43:44Oui.
43:44Alors, il se trouve
43:45qu'il y a un sujet
43:46sur un peigne cassé
43:47qu'il a écrit
43:48et ce sujet
43:49est un des plus fréquents
43:50dans les épreuves du bac
43:51en philosophie.
43:53Oui, c'est vrai.
43:54Alors, il se trouve,
43:54il y a aussi un autre Pablo,
43:56c'est Picasso
43:56qui lui s'est comporté
43:58plus que comme un goujat aussi.
44:00Il y a le peintre,
44:00il y a la période rose
44:02ou période bleue
44:03et puis il y a l'homme en noir.
44:04C'est vrai.
44:05C'est bien décrit.
44:06Je trouve que il y a
44:08Picasso, c'est monstre sacré,
44:10monstre tout court
44:11ou monstre domestique
44:13parce que Picasso
44:14avec ses femmes,
44:15c'est le monstre domestique total.
44:19D'abord, il ne pense qu'à ça.
44:21Il y a des femmes
44:22toutes autour de lui.
44:23Il ne parle que par la conquête.
44:26En réalité,
44:27il n'y a que ça
44:27qui le fait vibrer
44:28et il va maltraiter ses femmes.
44:31Presque toutes, d'ailleurs.
44:33Il est...
44:34À un moment donné,
44:35il entretient une relation
44:36avec trois femmes en même temps
44:37qui sont toutes
44:39complètement déprimées.
44:40Il y en a d'ailleurs deux
44:41qui, après,
44:42à être séparées,
44:43vont se suicider.
44:44Ça dit quand même quelque chose.
44:45Il va même être
44:46d'une grande violence physique.
44:49Françoise prend une cigarette
44:50brûlée vive
44:51dans sa joue.
44:53Tout ça est très documenté,
44:55très sourcé.
44:56Il y a aussi
44:58une maltraitance
44:59de sa famille,
45:00de son petit-fils,
45:01de son fils.
45:02C'est quelqu'un
45:03dans sa vie privée
45:05qui est extrêmement sombre.
45:06Oui,
45:06et en plus,
45:07très radin.
45:09Pour avoir un peu d'argent,
45:11ses enfants
45:11et ses petits-enfants
45:12doivent se battre,
45:13pratiquement.
45:13C'est très compliqué,
45:16invisiblement.
45:17Il y a une chose
45:17que vous ne savez peut-être pas,
45:18c'est qu'il signait
45:19tous ses achats
45:20par chèque,
45:21convaincu
45:22que les personnes
45:23n'encaisseraient pas
45:23les chèques
45:24car il y avait
45:24la signature de Pablo Picasso.
45:26qui valait plus cher
45:26que le chèque.
45:27Et certains de ces chèques
45:28ont été vendus
45:29beaucoup plus tard
45:30aux enchères
45:30avec une valeur
45:32bien supérieure
45:33à celle qui figurait
45:33sur le chéquier.
45:34C'est très intéressant,
45:35en effet.
45:36Mais on voit quand même,
45:37moi je trouve que là,
45:38on parle de l'œuvre
45:39et de l'artiste,
45:40on voit quand même
45:40à un moment donné
45:41les femmes
45:42extrêmement déconstruites.
45:44Il y a une violence
45:45dans la peinture
45:46sur le terme de sa vie,
45:48je trouve.
45:49Après,
45:50moi c'est mon regard aussi
45:51qui est peut-être biaisé
45:53mais c'est très interpellant.
45:55Et puis,
45:56vous parlez de Chelle
45:57qui a eu quand même
45:57quelques soucis
45:58pendant la guerre
46:01qui s'en est sorti
46:02parce que son numéro 5
46:03qui était le cinquième parfum
46:04à essayer sur les 10
46:05à Grasse
46:06lui a permis d'avoir de l'argent.
46:07Elle non plus,
46:08ce n'était pas clair.
46:09Non,
46:09ce n'était pas
46:10franchement un exemple
46:12en tous les cas
46:12dans sa vie
46:13de l'époque
46:15alors que
46:16là aussi,
46:17il y a une enfance
46:18qui est très
46:19et très maltraitante.
46:21Elle perd sa mère
46:22d'une maladie tuberculose.
46:25Elle a 12 ans
46:25donc c'est très jeune.
46:27Son père l'abandonne.
46:30C'est quand même,
46:31j'enlève le quand même,
46:32c'est terrible.
46:32Donc,
46:33qu'est-ce que fait
46:34Coucou Chanel ?
46:35Elle se réfugie
46:36dans une espèce
46:37de revanche de vie
46:38et elle se dit
46:39je vais réussir ma vie
46:40autrement.
46:40donc elle va
46:42d'abord s'essayer
46:43à la chanson.
46:44C'est étonnant.
46:45Ça ne marche pas
46:46mais après,
46:47elle crée
46:49évidemment
46:50cette mode
46:52éblouissante,
46:52extraordinaire,
46:53ce parfum
46:54qui va la hisser
46:55au rang d'icône
46:57mondiale.
46:58Enfin,
46:59tout de suite,
46:59le succès est international
47:01de la mode.
47:02Elle va libérer
47:03le corps des femmes
47:04et arrive la guerre.
47:05Et là,
47:06qu'est-ce qu'elle se dit ?
47:07Je vais tout perdre.
47:08Elle a 4000 personnes.
47:11Elle a un actionnaire
47:12qui s'appelle
47:13Vertémer
47:13qui est d'ailleurs
47:14toujours son actionnaire
47:15et l'actionnaire
47:16de la maison Chanel
47:17aujourd'hui.
47:18Et là,
47:19elle va aller très très loin.
47:20C'est-à-dire qu'elle
47:21a une relation
47:22avec un officier
47:23qui sert le régime nazi.
47:25Enfin,
47:25c'est quand même ça.
47:26C'est un officier allemand
47:27qui s'appelle
47:27Von Dinklage.
47:29Elle a une vraie histoire.
47:30Et là,
47:31elle va s'appuyer
47:32sur les lois antisémites
47:33pour essayer
47:35d'exfiltrer
47:35son actionnaire
47:36qui est juif.
47:37Et heureusement,
47:39l'actionnaire
47:40avait vendu
47:40entre-temps
47:41à un catholique
47:43l'entreprise.
47:44Donc,
47:44elle n'a pas pu
47:49se séparer
47:50de cet actionnaire.
47:51Et la revanche
47:52de la lumière
47:53sur les ténèbres,
47:54c'est qu'aujourd'hui,
47:55Vertémer est toujours
47:55le propriétaire
47:56de la Marchionnelle.
47:57C'est une belle histoire
47:58quand même.
47:58Et on a découvert
47:59récemment,
48:00vous le dites dans ce livre,
48:01qu'elle a travaillé
48:02pour les services secrets.
48:02Alors,
48:03des archives déclassifiées
48:05montrent
48:06qu'elle aurait
48:06travaillé
48:07pour les services secrets
48:08allemands.
48:08C'est fou.
48:09C'est fou.
48:10Dans quel état
48:11on sort ?
48:11Elle n'a pas été
48:13inquiétée
48:13à la Libération.
48:15Parce qu'elle avait
48:15beaucoup de relations.
48:16C'est un peu
48:17la même chose,
48:18toute proportion gardée.
48:21Malraux
48:21qui monte
48:22toute une expédition
48:23pour voler
48:25des statues
48:26que maires.
48:27Mais c'est une expédition,
48:28c'est 4 à 5 personnes,
48:30c'est des bateaux,
48:31c'est pas une petite statue
48:32qu'on ramène comme ça.
48:33C'est le ministre de la Culture,
48:34on parle du ministre de la Culture
48:35quand même,
48:36qui découpe
48:37des statues que maires
48:38pour pouvoir se faire
48:40le vendre
48:41à des collectionneurs,
48:42qui se fait prendre la main
48:43et rattraper par la patrouille
48:45si je puis dire,
48:46et qui est condamnée
48:48à 3 ans de prison,
48:49puis finalement
48:50c'est commué
48:50en un an de sursis
48:52qu'il ne fera jamais.
48:53Exactement.
48:53Mais dans quel état
48:54on sort après avoir
48:55créé un tel livre,
48:56avoir vu autant
48:57d'horreur finalement
48:59Christine Gauquille ?
48:59Moi je pense que
49:03l'âme humaine
49:04est comme le disait Pascal,
49:06est pleine d'ordures aussi.
49:08Elle est pleine
49:09de belles choses
49:10pour certains
49:10mais il y a aussi
49:12un cœur
49:13qui peut être creux
49:14parfois,
49:15on le voit.
49:16Jacques Chancel
49:17terminé ses radioscopies
49:18en disant
49:19« Dieu dans tout ça »
49:20on a souvent comparé
49:21les clés d'une vie
49:21à radioscopie
49:22et pour vous
49:23« Dieu dans tout ça ».
49:24Heureusement,
49:24ce que je vous disais tout à l'heure,
49:26je pense que la lumière
49:26finit toujours par
49:27triompher des ténèbres
49:28et on le voit
49:29dans beaucoup de choses
49:30et en tous les cas
49:31moi je trouve
49:31que c'était important
49:32de mettre justement
49:33cette vérité
49:33et de redonner
49:35un petit peu de lumière
49:36aussi en expliquant tout ça.
49:37Je confirme
49:38qu'effectivement
49:38il fallait le faire
49:39et que je recommande
49:40à celles et ceux
49:41qui nous écoutent
49:42de découvrir
49:42cette face cachée,
49:44cette mise en lumière
49:45dans ce livre
49:45de Christine Gauguet
49:46« Les grands hommes
49:47et le diable »
49:48aux éditions du Rocher.
49:49Merci de l'avoir écrit
49:50et puis merci de continuer
49:51à faire un véritable
49:52travail de journaliste
49:53et comme vous,
49:54nous parlons vrai.
49:55Merci de m'avoir accueillie,
49:56c'est une joie et un honneur.
49:58Merci Christine Gauguet,
49:59l'équipe d'une vie
49:59s'est terminée pour aujourd'hui,
50:01on se retrouve bientôt.
50:02Restez fidèles
50:03à l'écoute de Sud Radio.
50:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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