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  • il y a 1 jour
Avec Annie Lalalove : elle a participé à The Voice, et chanté devant Prince et Paul mc Cartney. Elle présente son album comme un message d’espoir

🗝 Découvrez plusieurs dates-clefs de la vie des plus grands artistes, auteurs et personnalités aux côtés de Jacques Pessis.
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-07-01##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05Vous auriez dû entrer dans l'enseignement.
00:07Vous avez choisi de renoncer aux leçons par devoir,
00:10d'apporter du bonheur en chanson.
00:12Le bleu est très présent dans votre nouvel album,
00:15avec des chansons justement hautes en couleurs.
00:18Bonjour, Anila Lalor.
00:19Bonjour.
00:20Alors, vous avez un parcours étonnant.
00:22Nous parlerons tout à l'heure de cet album Let It Be Blue,
00:25qui est un album de chansons bleues, si j'ose dire.
00:28Mais le principe des clés d'une vie, c'est d'évoquer votre parcours,
00:31parcours riche en rebondissements, à travers des dates précises.
00:36Et la première que j'ai trouvée, c'est le 21 janvier 2011.
00:39Ce jour-là, vous êtes à Radio Caraïbe,
00:41et il y a un animateur qui annonce le groupe Mungan.
00:45Oui.
00:45Et vous êtes interviewée, et vous servez de traductrice.
00:48C'est ça.
00:49Vous vous en souvenez ?
00:49Oui, je me souviens, je me souviens très bien, oui.
00:52J'avais mon batteur qui était américain,
00:55et je crois qu'on était tous les trois ce jour-là.
00:56C'est fou que vous ayez retrouvé ce moment, cette interview.
01:01En fait, c'est Radio Caraïbe, c'est une station à Port-au-Prince,
01:03qui a commencé à émettre en 1949, en créole et en français.
01:08Et vous êtes dans le studio de Saint-Barthélemy.
01:10Et Saint-Barth, ce n'est pas encore la station où il y a la jet set.
01:15Et vous évoquez vos concerts dans les Caraïbes.
01:17Oui, c'est ça.
01:18À l'époque, je faisais des saisons de concerts pendant quatre mois à peu près,
01:23avec mon tout premier groupe.
01:25Tout à fait.
01:26Qui s'appelait Mungan.
01:27Voilà.
01:28Et vous aviez un projet de tourner aux Etats-Unis,
01:30en louant un van et en promenant à travers le pays.
01:34C'était un peu un rêve qu'on avait, c'est vrai, à l'époque.
01:37En fait, on avait un duo avec Benji, qui était mon compagnon aussi dans ma vie,
01:41et mon guitariste.
01:42Et on se voyait très bien dans un van Volkswagen à tourner aux Etats-Unis.
01:48C'était un rêve.
01:49Il se trouve que ce jour-là, vous servez aussi de traductrice,
01:52parce qu'il y a un musicien, Papa Guillaume, qui ne parle pas un mot de français.
01:56Ah non, pas du tout.
01:56Et qui n'a jamais fait l'effort d'apprendre d'ailleurs le français.
01:59Et moi, je traduisais Papa Guillaume.
02:01C'était un autre batteur.
02:02C'est lui qui nous a pris sous son aile,
02:04et qui nous a appris tout ce que je sais aujourd'hui, en tout cas avec ma basse.
02:09Et c'est un super batteur de funk qui a joué avec Sly and Family Stone.
02:13Donc, légende, grosse légende.
02:14Et que vous avez connue à cette époque-là dans les Caraïbes.
02:16Oui, c'est là-bas qu'on s'est rencontrés,
02:18parce que lui-même venait jouer tous les ans pour la saison à Saint-Barthes.
02:23Oui, Saint-Barthes, effectivement, à l'époque,
02:25il y avait des gens tout à fait normaux.
02:27Il n'y avait pas la Jet Set qui dépensait des millions.
02:29Encore, il y avait un petit peu, mais moins que maintenant.
02:32Beaucoup moins que maintenant, mais il y en avait quand même un petit peu.
02:34Mais il y avait un côté plus authentique, comme on dit.
02:37Et je pense que chaque année, c'est devenu un peu plus comme la Côte d'Azur, on va dire.
02:41Oui, d'abord, il y a eu Jean-Marie Rivière qui a refait l'Alcazar de Paris à Saint-Barthes.
02:47Ça s'appelait La Banane, je crois.
02:48Oui, La Banane.
02:49Oui, à l'époque, oui, oui.
02:51Et j'y ai joué.
02:51J'y ai joué, c'était un endroit magnifique.
02:53Je crois que c'est un des plus beaux endroits de l'île,
02:55mais qui n'existe plus aujourd'hui.
02:57Et non, tout ça a disparu.
02:58Et Johnny Hallyday est enterré, bien sûr, dans le cimetière de Saint-Barthes.
03:04Alors que, voici quelques semaines, dans l'émission,
03:07Michel Mallory, qui était son complice pendant 50 ans, m'a dit
03:09« Le rêve de Johnny, c'était d'être enterré en Corse, face à la mer. »
03:13Ah, c'est vrai ?
03:14Et finalement, il se retrouve à Saint-Barthes.
03:15Mais on compare souvent Saint-Barthes à la Corse.
03:17Oui, c'est pas lourd.
03:18Pour ce paysage.
03:19Alors, vous, vous êtes né tout à fait dans une autre région.
03:23Vous êtes né à Abidjan.
03:24C'est ça.
03:25À Abidjan, à Cocody, exactement.
03:28Cocody et deux plateaux, oui.
03:29Et tout ça parce que je crois que votre père voyageait beaucoup pour des raisons strictement professionnelles.
03:34Exactement, oui.
03:35Il était prof d'anglais et il voyageait beaucoup de par son métier.
03:39Et donc, il avait été affecté en Côte d'Ivoire, à Abidjan, où il est resté plus de 18 ans.
03:44Voilà.
03:45C'était, je crois, le service de la coopération.
03:47C'est ça, le service de la coopération française.
03:49Et donc, on changeait d'affectation en fonction des besoins.
03:53Oui.
03:53Et puis, je pense qu'il l'avait demandé à partir en Afrique parce qu'il avait toujours été attiré
03:57par l'Afrique.
03:57Et je crois que vous allez grandir, entre autres, à Nidalev en Éthiopie.
04:02C'est ça.
04:03Oui, en fait, je suis née en Côte d'Ivoire et on est partie, six mois plus tard, on est
04:07partie en Éthiopie, à Addis Ababa.
04:09Et là, vous avez, petit à petit, découvert des rythmes qui vous servent encore aujourd'hui.
04:13Oui, je m'ai déjà beaucoup dansée et j'inventais des chorégraphies.
04:17J'avais une nounou avec moi et je faisais faire toutes les chorégraphies possibles, imaginables.
04:21J'avais mon micro.
04:22Vous avez quel âge ?
04:23Oui, j'avais.
04:24Donc, c'était jusqu'à cinq ans, cinq, six ans, quoi.
04:26Mais j'adorais danser sur les rythmes éthiopiens qui étaient magnifiques.
04:32Il y avait une danse spéciale que me montrait ma nounou à l'époque qui était éthiopienne.
04:36Et j'aimais beaucoup danser avec elle.
04:38Donc, oui, ça a dû enrichir forcément, m'influencer, en tout cas dans ma musique.
04:41Musicalement, bien sûr.
04:42Et donc, j'ai une danse qui s'appelle l'esqueta.
04:44Je ne sais pas si vous la connaissez.
04:45Oui, c'est ça.
04:45C'est une rotation des épaules, des voies en la poitrine, en avant et en arrière.
04:50C'est ça.
04:51Avec des sons.
04:52C'est très spécial comme danse.
04:54Mais c'est reconnaissable entre toutes.
04:56En tout cas, quand on entend la musique, on ne peut pas se tromper.
04:59C'est forcément cette danse et ce style éthiopien.
05:02Et puis ensuite, à Nila Lalov, vous êtes allée en Guinée, qui est la terre familiale.
05:07Exactement.
05:07Je suis retournée pour mes 7 ans.
05:09Je suis retournée en Guinée pendant 4 ans.
05:10Et là aussi, je crois que votre mère était de Guinée.
05:13Oui, ma mère était guinéenne.
05:14Et là aussi, c'est une autre vie.
05:16Complètement.
05:17Moi, j'étais d'abord à Conakry.
05:19On était sur Conakry pendant 2 ans.
05:21Puis ensuite, on est retournées à la Baie, qui est le village où est née ma mère.
05:24Donc là, j'ai eu des cours par correspondance.
05:26Donc, c'était complètement différent, oui.
05:28Oui, c'est dur de se faire des copines de classe.
05:30Je n'avais pas de copines de classe.
05:31J'avais juste mes animaux, c'est tout.
05:33Et la musique et mes rêves.
05:34Et il y avait la Réunion ensuite.
05:36Oui, la Réunion, oui.
05:37En fait, je suis rentrée en France un an, parce que les cours étaient plus haut niveau.
05:42Et qu'il fallait que je sois en France pour ma 6e.
05:44Et ensuite, mes parents sont restés en Afrique.
05:46Et ensuite, ils sont rentrés en me disant, on va repartir à la Réunion.
05:49Je ne sais pas, c'est pas possible.
05:50Donc, on est partis à la Réunion.
05:52Et au final, j'ai adoré la Réunion.
05:54Oui, la Réunion d'ailleurs qui s'appelait Lille Bourbon au départ.
05:56Oui, c'est ça.
05:57À cause des rois.
05:58Et qui ensuite s'appelait Lille Bonaparte à cause de Napoléon.
06:01Et qui s'appelait La Réunion en 1848.
06:03C'est ça.
06:04Et j'étais au collège Bourbon, justement.
06:07Et effectivement, vous venez en France aussi.
06:10Parce que je crois qu'il y a des ancêtres à Angers et à Nantes.
06:14Mon père avait acheté une maison à Angers.
06:18Et je suis née, en fait.
06:19On retournait quand même de temps en temps en France.
06:21Et c'était mon berceau.
06:23C'est un peu là où on retournait à chaque fois en France.
06:25Et le berceau aussi pour vous, Annie Lalalove, c'est la musique.
06:28Je crois que votre mère écoute du jazz.
06:30Et votre père, des chansons de marins.
06:32Oui, rien à voir.
06:33Du coup, mon père n'a pas trop de musique à part des chansons de marins.
06:36Encore aujourd'hui, qu'il met de temps en temps.
06:39Mais je crois qu'on est beaucoup influencés parce que les parents écoutent.
06:43Alors, je ne sais pas comment j'ai pu être influencée par les chansons de marins.
06:46Mais il y a forcément dû y avoir quelque chose.
06:48Et le chant de marins le plus populaire, c'est celui-ci.
06:51Qu'est-ce qu'on fait avec un marin ivre ?
06:53Qu'est-ce qu'on fait avec un marin ivre ?
06:55Je ne sais pas si vous connaissez le marin ivre.
06:57Mais non, je sais.
06:58Alors, j'ai dû forcément l'écouter.
07:00En fait, c'est le chant de marins le plus populaire.
07:02Lorsqu'on hisse les voiles dans un bateau, on chante le marin ivre.
07:07D'accord.
07:07Et c'est une chanson qui faisait partie du répertoire des marins de la Royal Navy britannique.
07:13D'accord.
07:13Voilà.
07:14Mais il vous arrive de chanter encore des chansons de marins ?
07:16Non, mais quand j'étais petite, j'avais appris à hisser.
07:18Hello ! C'est la Santiago.
07:20Chanson de, bien sûr, de Hugo Fray.
07:23Exactement.
07:23Celle-là, je l'ai chantée petite.
07:25Alors, vos goûts sont très électriques, puisque ça va, je crois, de Chantal Goya à Michael Jackson,
07:30en passant par la compagnie créole et Vanessa Paradis.
07:32J'avais tout retrouvé.
07:33Oui, c'est ça.
07:34Petite, mais j'étais passionnée.
07:36J'adorais les arrangements de Chantal Goya.
07:37À l'époque, je ne savais pas que c'était des arrangements,
07:39mais je trouvais ça magnifique avec les cordes.
07:41Je pouvais même pleurer en écoutant, petite, les chansons de Chantal Goya.
07:46Et oui, après, ça a changé.
07:48Et après, j'ai commencé à écouter Michael Jackson.
07:50J'écoutais beaucoup Jackson 5, parce qu'il avait mon âge, en fait, à l'époque, 5 ans.
07:54Donc, j'écoutais.
07:55Et j'ai écouté Vanessa Paradis, en chanteuse française.
07:59J'aimais beaucoup sa voix.
08:00Et ça vous donnait envie de faire de la musique ?
08:02Oui, j'essayais de chanter toutes les chansons.
08:04Je chantais par-dessus.
08:05J'essayais de trouver des versions karaoké.
08:07Je ne trouvais pas de version karaoké à l'époque.
08:09Mais oui, c'est comme ça que j'ai commencé à chanter.
08:13C'est en essayant d'imiter les artistes que j'écoutais et que j'admirais.
08:17Avec un problème, vous êtes tombée sur des mini-cassettes pirates.
08:21Oui, j'allais vous le dire.
08:23Parce que quand j'étais en Afrique, il y avait eu des marchés.
08:26Ma mère m'achetait souvent.
08:27Je demandais à avoir des cassettes avec les titres.
08:29Je voyais Vanessa Paradis, etc.
08:31Et donc pendant des années, j'ai écouté l'orchestre qui jouait façon Vanessa Paradis.
08:36Mais ce n'étaient jamais les vrais artistes.
08:38Et je n'ai su que plus tard que ce n'étaient pas les vraies voix.
08:40Le jour où j'ai vraiment découvert la voix de Vanessa Paradis.
08:43Et qui n'avait rien à voir avec la voix que j'entendais sur la cassette que ma maman m
08:47'achetait.
08:48En fait, c'est un marché qui était très fructueux.
08:50C'était des choristes anonymes.
08:52C'est ça.
08:52Avec des musiciens qu'on appelait les organes de studio.
08:54Voilà.
08:55Ils enregistraient et on mettait en tout petit Vanessa Paradis.
08:57Exactement.
08:58Et puis, c'est un marché.
08:58Moi, je pensais que je n'ai jamais fait attention.
09:01Après, quand j'ai entendu à la radio, je me suis dit, c'est marrant.
09:03C'est un peu différent de tout ce que j'ai écouté.
09:07Mais il y a une chanson aussi qui vous a marquée à cette époque.
09:10C'est vrai.
09:15Les Buggles, Vidéo, Kale de Radio Star.
09:19Ça, Vidéo, Kale de Radio Star.
09:22Il s'agissait à l'époque.
09:24J'étais devant la télé.
09:25On n'avait pas beaucoup la télé en Guinée.
09:27Et de temps en temps, j'avais la chance d'avoir une tante qui avait une télé et qui me
09:30mettait des films.
09:31Et alors, je ne sais pas si vous savez, mais en Afrique, on regarde beaucoup de films hindous.
09:35Et dans un des films hindous, il y a cette chorégraphie avec cette chanson.
09:39Et j'ai eu coup de cœur pour cette chanson.
09:41Je pense qu'à ces moments-là, ça a dû semer des graines en moi.
09:45Je ne sais pas si vous le savez, mais cette chanson s'est vendue à plus d'un million d
09:48'exemplaires en France.
09:49Et c'est Étienne Rodagille qui a fait des adaptations qui ont été chantées par Julien Clerc et Ringo sous
09:55le titre « Qui est ce grand corbeau noir ? »
09:56Ah, je ne savais pas du tout.
09:58Ah, mais j'irais écouter.
09:59Alors, il trouve aussi qu'au départ, rien n'est prévu pour la chanson, puisque vous avez une vie professionnelle
10:05qui est prévue, avec des études très poussées.
10:07Oui, je n'ai pas vraiment eu le choix.
10:09Et puis surtout, moi, je ne me suis même pas posée de questions.
10:11J'y suis allée en me disant de toute façon que c'était comme ça.
10:14Et je ne sais pas, je n'arrivais pas à me dire que je pouvais faire autre chose que ça.
10:17Je suivais ce que mes parents me disaient.
10:19Vous avez fait des études pour devenir prof d'allemand à Boston.
10:22Oui, j'ai failli devenir prof d'allemand.
10:25J'ai fait des études LEA, anglais, allemand.
10:28J'aimais beaucoup l'allemand.
10:30Mes parents m'ont envoyé en colline de vacances en Allemagne, histoire de pouvoir pratiquer l'allemand, tout en m
10:35'amusant.
10:35Donc au départ, c'était un peu pénible, mais j'ai adoré au final parler allemand.
10:40Donc oui, je devais, après ma maîtrise, on me proposait d'aller enseigner l'allemand à Boston.
10:46Oui, mais en plus, vous faisiez bac plus 8.
10:48C'est quand même extraordinaire.
10:49C'est vrai, c'est vrai.
10:50Donc au grand désespoir de mes parents, avec toutes ces études, pour rien.
10:54Pour rien, non, ça vous a donné une sorte de rigueur.
10:56Franchement, j'ai un beau cadre.
10:58J'ai une...
10:59Oui, c'est vrai, complètement, j'ai un beau bagage.
11:02Bon, écoutez, ça, c'est le début.
11:03Et puis, il y a une autre date importante dans votre parcours que vous n'avez pas oublié.
11:06C'est le 18 mai 2013.
11:08A tout de suite sur Sud Radio avec Annie Lalalove.
11:11Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
11:14Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Annie Lalalove.
11:18Nous parlerons tout à l'heure de ses nouveaux albums, Let It Be Blue, avec de l'anglais et du
11:23français.
11:23On en revient à votre parcours.
11:24Vos jeunes années très studieuses avec différents pays.
11:27Et puis, la découverte le 18 mai 2013 avec cette émission.
11:38La saison 2 de The Voice et vous êtes dedans.
11:41Oui, je me retrouve dedans, mais totalement par hasard.
11:44Comment ça s'est passé ?
11:45Par hasard, je dirais, juste parce qu'en fait, c'est un ami à moi qui m'en a parlé,
11:49qui m'a dit, je te vois totalement dans cette émission.
11:52C'est un ami qui est médium.
11:53Je discutais avec lui, je me disais, je suis sûre que tu pourrais faire cette émission.
11:56Et moi, à l'époque, je lui ai dit, impossible, parce que je suis en duo
11:59et je ne vais pas aller chanter toute seule et laisser mon compagnon guitariste.
12:04Et il me dit, tu verras.
12:05Et on part à New York, justement, avec Benji jouer.
12:09Et je ramène une vidéo de ce que j'ai fait.
12:11Et je me dis, tiens, j'y repense.
12:12Et je vois sur le site tf1.fr, je vois des pubs pour le casting.
12:16J'envoie donc ma candidature en me disant, ça n'arrivera jamais.
12:19Et j'ai été prise directement pour le casting final.
12:22Comme ça, je me suis cassé, c'est un signe.
12:25Et tout s'est aligné.
12:27Un mois après, même pas trois semaines après, je suis dans l'émission.
12:30Il se trouve que c'était la saison 2.
12:31Il y avait eu des aménagements après la saison 1.
12:34Chaque coach avait une équipe de 16 candidats et non plus de 12 ou 13 comme avant.
12:39Il y avait des battles où on pouvait se faire repêcher.
12:42Et vous vous retrouvez devant Florent Pagny, Jennifer, Lubertiniac et Garou.
12:46Oui, c'est ça, exactement.
12:48Et vous allez chanter ceci la première fois.
12:57Comme tous les heures des Beatles.
13:00Oui, c'est ça.
13:01Sous le nom de Nungan d'ailleurs.
13:02Oui, sous le nom de Nungan.
13:03J'ai choisi, comme je participais à cette émission et que je voulais en faire profiter aussi mon duo.
13:08Et j'ai choisi de m'appeler Nungan à ce moment-là.
13:11Et donc, vous commencez à chanter.
13:13Puis les fauteuils se retournent.
13:15Oui, les quatre se retournent.
13:17Il se trouve que je chante une chanson que je joue depuis deux ans avec mon groupe, justement, à New
13:21York.
13:21Je n'arrêtais pas de jouer comme Together.
13:23Elle s'était retrouvée sur la première de la liste qu'ils m'ont donnée.
13:26Donc, en fait, moi, j'ai juste fait mon concert habituel.
13:29Je ne m'attendais à rien du tout.
13:31Les quatre se retournent.
13:32Oh là là, c'était fou.
13:34C'était fou.
13:35En émotion totale.
13:36Ah, totalement.
13:38Parce que vraiment, moi, en plus, je n'avais jamais regardé l'émission avant.
13:40Je me retrouve là-dedans presque par hasard.
13:43Et je me retrouve avec les quatre fauteuils tournés vers moi.
13:46On me demandait, mais quel coach tu vas prendre ?
13:48Je n'avais aucune idée à ce moment-là.
13:50Et j'ai choisi Garou.
13:52Je m'étais dit, je prends le premier qui se retourne.
13:53Et au final, quand j'ai revu les vidéos, c'était Bertignac qui s'était retourné en premier.
13:57Et vous avez pris Garou.
13:58J'ai pris Garou, oui.
13:59Mais vous avez été repêchée ensuite par Bertignac.
14:01C'est ça, par Bertignac.
14:03Exactement.
14:03Que j'ai choisi.
14:04Bah, qui m'a choisi.
14:06Bezé pour me reprendre.
14:07Cette fois, je me suis dit, je prends Bertignac.
14:09Voilà.
14:09Il se trouve cette chanson, Come Together, elle a une histoire.
14:12C'est John Lennon qui l'a écrite.
14:13Elle a failli ne jamais sortir.
14:15Car il y a eu un scandale avec Chuck Berry.
14:18On accusait cette chanson d'être un plagiat d'une chanson de Chuck Berry.
14:22Et ensuite, elle n'est pas passée à la BBC.
14:25Parce qu'il y avait une référence à Coca-Cola, ce qui était interdit par la BBC.
14:29Oui, c'est vrai.
14:30Coca-Cola, c'est vrai, c'est vrai.
14:32Incroyable.
14:32C'est vrai que vous chantez ensuite plein de chansons.
14:35D'ailleurs, vous chantez Je suis un homme de Zazie.
14:37Oui, qui n'a rien à voir du coup avec ce que j'avais fait juste avant.
14:41Mais oui, oui, oui.
14:42Et il se trouve que Je suis un homme, il y a une autre chanson qui porte ce titre.
14:45C'est Michel Polnareff qui l'a écrite à ses débuts.
14:48Car comme il avait des cheveux longs, on l'accusait d'être une femme.
14:50D'accord.
14:51Il avait écrit Je suis un homme.
14:52Je ne sais pas.
14:53Polnareff dont vous allez assurer la première partie.
14:55Exactement.
14:56À Clermont-Ferrand, je crois.
14:56Oui, c'est ça.
14:57Exactement.
14:59Je crois que c'était il y a deux ou trois ans que j'ai fait sa première partie.
15:03C'est-à-dire ?
15:05C'est-à-dire que j'ai eu l'occasion de pouvoir présenter mes morceaux juste avant qu'il fasse
15:13son concert.
15:15Et vous avez rencontré Polnareff ?
15:17Non, je n'ai pas eu cette chance malheureusement.
15:19Quelquefois, ils sont disponibles et quelquefois, ils ne le sont pas.
15:22Alors, j'en reviens à The Voice.
15:24Vous n'êtes pas allée jusqu'au bout.
15:26Non.
15:26Mais en même temps, vous avez fait un beau parcours.
15:28J'ai fait un très beau parcours.
15:29Je suis allée jusqu'au live en direct.
15:31L'émission en direct.
15:32Et pour moi, c'était déjà absolument incroyable.
15:35Donc, je ne m'attendais tellement pas à être déjà dans cette émission.
15:38Et tout ce que j'ai eu, ça a été du bonus, finalement.
15:41En plus, dans cette saison, il y avait Caroline Rose qui a réussi aussi.
15:44C'est vrai.
15:44Sophie Tapie qui débutait.
15:47Et Louane.
15:47Et Louane qui était dans mon équipe avec Bertignac.
15:49Et qui a été éliminée.
15:50Oui, c'est vrai.
15:52Je crois qu'on a oublié le nom du vainqueur.
15:54Aussi, c'était Emmanuel...
15:56Non, Yann Frégé, je crois.
15:59C'est ça, Yann Frégé.
16:00Mais en même temps, c'est le jeu.
16:03Exactement.
16:04J'en reviens à vos débuts.
16:05Parce qu'au départ, vous devez faire un stage dans l'hôtellerie.
16:07Et puis, un concert à Néglalov va changer votre destin.
16:11Oui, je suis partie.
16:12Donc, je suis partie en stage dans l'hôtellerie.
16:15Pour être professeure d'allemand.
16:17Pour être professeure d'allemand.
16:18Pour aller pratiquer l'anglais, etc.
16:19Donc, mes parents me disent...
16:20Mon frère, à l'époque, travaillait à Saint-Barthes.
16:23Ils me disent, tu vas partir à Saint-Barthes.
16:24Je ne trouvais pas de stage à Angers.
16:26Tu pars à Saint-Barthes.
16:27Moi, à l'époque, je disais, oh là là, non.
16:29Et en fait, ça a changé ma vie.
16:30Parce que je suis arrivée le soir où j'ai atterri.
16:34Il y avait un festival de musique qui se déroulait juste à côté de l'hôtel où je travaillais.
16:39Où je devais travailler.
16:41Et c'est là que j'ai eu une révélation.
16:43J'ai côtoyé des gens qui étaient finalement comme moi.
16:46Et c'est la première fois que je me suis dit que finalement, ça pouvait être possible.
16:50Mais c'était une folie au départ.
16:51Alors que vous aviez un avenir tout tracé.
16:53Oui, c'est ça.
16:54Mais en même temps, je me retrouve là aussi par hasard.
16:57Enfin, ce n'était pas un hasard pour moi.
17:00Mais c'était une folie.
17:01Mais c'est la première fois où je m'autorise à me dire que je peux peut-être en faire
17:05mon métier.
17:05Et puis surtout, je me trouve à ce moment-là loin de mes parents.
17:07Donc, c'était plus facile pour moi de prendre cette décision au fond de moi.
17:10Et en même temps, le destin va encore jouer à Nila Lalov.
17:14Parce que vous allez faire de l'autostop.
17:16Et que ça va aussi changer votre vie.
17:18C'est vrai.
17:18On me dit, pour rejoindre mon frère, il me dit, fais du stop.
17:21Bon, tout le monde fait du stop sur cette petite île très sécurisée.
17:25Donc, je fais du stop.
17:26Une camionnette me prend en stop.
17:28Et il y avait déjà beaucoup de monde qui avait été pris en stop.
17:30Il me dit, va derrière.
17:31Parce que là, il n'y a plus de place devant.
17:32Je vais derrière.
17:33Et là, je tombe sur Benji.
17:35Donc, à l'époque, qui était guitariste.
17:37Et qui, à l'époque, faisait Desjardins.
17:38Et qui, on parle pendant cinq minutes.
17:40Et il me dit, moi, mon truc, c'est vraiment la musique.
17:42Et je lui dis, je crois que moi aussi, ce serait chouette qu'on puisse essayer de faire la musique
17:46un jour ensemble.
17:47Et donc, vous allez créer ce groupe Nungan.
17:49Et donc, on crée ce groupe.
17:52Ça, c'était quelque chose qu'on n'expliquait pas pourquoi.
17:54Mais c'était le nom qu'on avait choisi tous les deux.
17:56Et c'est Benji qui a choisi son nom.
17:58Ça ne peut rien dire, Nungan ?
18:00Si, ça avait une signification.
18:01D'accord.
18:02Si, si.
18:03Et donc, le premier album est enregistré au Kenya.
18:05C'est ça.
18:06La chance qu'on a eue, c'est de partir.
18:08On a une personne qui s'appelle Boubou.
18:10Qui a eu un coup de cœur pour notre musique.
18:13Et qui nous a dit, je vous emmène enregistrer votre premier album.
18:15On part dans un endroit insolite.
18:17Sur une île qui s'appelle Lamou, au large du Kenya.
18:20Et donc, vous avez enregistré un album.
18:22Mais c'est assez fou parce que vous avez débuté entre votre style, entre folk et blues, c'est ça
18:28?
18:28Oui, c'est ça.
18:29Et vous créez des chansons.
18:30Alors que c'était tout à fait inattendu, ce n'était pas prévu.
18:33Non, ce n'était pas prévu non plus.
18:35Et vous avez quand même trouvé des contrats dans des hôtels, pendant des centaines de contrats.
18:39Mais on a eu, en fait, à partir du moment où on a commencé à travailler ensemble avec Benji,
18:44à écrire notre première chanson, finalement, tous les deux, au bout de trois jours, on avait notre premier concert.
18:50Avec que des chansons qu'on avait écrites parce qu'on ne savait pas jouer pour les reprises à l
18:53'époque.
18:54Donc, on ne faisait que nos compositions.
18:56D'ailleurs, on nous disait souvent, on n'avait pas des chansons connues, des reprises.
19:00On a commencé totalement à l'envers.
19:03Mais on a eu l'opportunité très facilement sur cette île, finalement.
19:07Comment ça se fait ?
19:08Je pense que sur cette île, tout est beaucoup plus facile.
19:11Et surtout, on nous donne notre chance.
19:13Tout le monde se connaît, c'est comme un petit village.
19:15Et je ne pense pas que j'aurais eu cette chance-là.
19:16Ou peut-être pas le courage, en tout cas, quand j'étais en France.
19:18Et puis, un jour, vous chantez devant Prince.
19:21Oui.
19:21Ça s'est passé comment ?
19:22C'est ce que je voulais dire.
19:23Justement, sur cette île, il se passe des choses magiques.
19:25On rencontre des gens qu'on ne rencontrerait nulle part ailleurs, je pense.
19:29Et on se retrouve à jouer pour un nouvel an sur une autre île.
19:33C'était les îles turquoises, Turks and Caicos.
19:36Et là, on me dit, juste en face, dans le public, il y a Prince qui est en train de
19:41manger.
19:42Bon, tout simplement.
19:44Complètement fou, encore une fois.
19:46Il vous a parlé ensuite ?
19:47Non, malheureusement, non.
19:49En revanche, je crois que Paul McCartney vous a rencontré.
19:52Là, c'était encore plus magique parce que c'était un restaurant où on jouait avec Benji.
19:58Où on jouait souvent.
19:59On jouait à l'époque déjà des reprises des Beatles.
20:01Je venais de passer Come Together, justement, à The Voice.
20:05Et là, on me dit, ce soir, il y a un invité très spécial.
20:07Et juste, moi, le premier nom qui me vient, je me dis, c'est Paul McCartney.
20:12Je me dis, c'est pas possible.
20:14Et là, il était là.
20:15Il est venu manger et dîner.
20:17Et à chaque chanson, il se levait pour applaudir.
20:19Et il est venu nous voir à la fin pour nous féliciter.
20:21Il est reparti avec son CD dans la poche.
20:24Carrément.
20:24Et vous avez des conseils ?
20:25Vous ne l'avez jamais revu ?
20:26Il a juste dit, great guitar, great singing.
20:29Et qu'il souhaitait vraiment bonne chance dans notre parcours.
20:33On n'avait pas le droit, à l'époque, la personne du restaurant nous avait dit surtout pas de photo,
20:37etc.
20:37Donc, j'ai tout ce souvenir dans ma mémoire uniquement.
20:41Et ça, uniquement.
20:42Et ensuite, l'aventure a continué pendant quelques années.
20:44Puis un jour, ça s'est terminé.
20:45Un jour, notre histoire avec Benji s'est terminée.
20:49Après 14 ans ensemble et 10 ans de carrière de Noongan.
20:54Avec des concerts un peu partout, même aux Etats-Unis.
20:56Oui, on a joué aux Etats-Unis beaucoup.
20:58On jouait en France un peu partout aussi.
21:01Et sur cette île de Saint-Barthes, beaucoup, beaucoup.
21:03Puis des opportunités pour jouer dans des endroits incroyables.
21:07comme cette île, les îles turquoises, pour un nouvel an avec Prince en public.
21:11Mais on n'imagine pas.
21:12Je sais que Johnny, par exemple, lorsqu'il était à Saint-Barthes,
21:16et à la fin d'un déjeuner, il montait sur scène.
21:18Oui, c'est ça.
21:19Et il faisait un concert comme ça devant des gens qui ne savaient pas qu'il était Johnny Hallyday.
21:22Exactement.
21:24Alors moi, je n'ai pas eu la chance d'assister à ces concerts-là.
21:26Mais on me le disait.
21:27Je savais quand il était sur l'île, parce que c'était des moments où j'y étais aussi.
21:30Et on me racontait qu'à la fin, il prenait le micro, après avoir dîné, et qu'il chantait.
21:34Parce que là-bas, tout est une île, c'est magique, où tout est possible.
21:39Tout a été possible ensuite pour vous.
21:41Et on va évoquer une autre date importante dans votre parcours, le 13 juillet 2022.
21:46A tout de suite sur Sud Radio avec Annie Lalalove.
21:50Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
21:52Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Annie Lalalove.
21:56Nous parlerons tout à l'heure de Let It Be Blue.
21:58C'est un nouvel album.
21:59Et puis, on évoque votre parcours, vos débuts étonnants, puisque vous aurez dû être prof d'allemand.
22:04Et vous vous retrouvez à Saint-Barthes en train de chanter devant Paul McCartney.
22:07Et vous revenez en France après Nungan, le 13 juillet 2022.
22:12Vous êtes pour la première fois sur la scène des francopholies.
22:15Et vous ouvrez les francopholies.
22:16J'ai eu cette chance d'ouvrir sur la grande scène des francopholies ce jour-là.
22:24Avec mon nouveau projet qui est Annie Lalalove.
22:27Donc mon projet solo.
22:29Un énorme accomplissement pour moi de pouvoir être sur cette scène.
22:32Je rêvais d'y être.
22:33J'avais vu plusieurs concerts quelques années avant.
22:36Dont un qui m'avait marqué de Juliette Armanet.
22:38Je me disais absolument que je fasse cette scène.
22:40Et j'ai adoré.
22:41Et comment c'est arrivé ? On vous l'a proposé ?
22:43On me l'a proposé. J'étais chez les visiteurs du soir.
22:46Enfin mon tourneur.
22:47Et ils ont eu l'opportunité de me placer.
22:50Ils m'avaient vu en concert.
22:51Et donc ça s'est fait.
22:54Ils m'ont placée en première partie de la première soirée.
22:58J'ai ouvert les francopholies cette année-là.
23:01Et quand on est devant tout ce monde.
23:02Parce que c'est plein à craquer.
23:03C'est très émouvant.
23:05C'est très émouvant.
23:06Et je pense qu'on n'a pas vraiment le temps de se rendre compte.
23:08Ni d'avoir peur.
23:09Parce que ça passe tellement vite.
23:10Moi je jouais je pense 25 minutes.
23:12Pour la première partie.
23:14Et je crois que c'était une de mes premières expériences.
23:17Avec autant de monde.
23:18Je crois qu'il y a 10 000 personnes dans le public.
23:20Et il y avait déjà beaucoup de monde.
23:21Je m'étais dit comme au Commenso.
23:22Il n'y aura peut-être pas autant de monde.
23:23Mais en fait si tout le monde arrive pour être devant.
23:25Et c'était incroyable de voir cette foule.
23:28Qui était si heureuse d'être là.
23:30Et un public qui est conquis déjà quand on arrive en fait.
23:34Donc c'était super agréable.
23:35Super émouvant.
23:36En fait au départ le nom est né à la suite d'un lapsus.
23:40A l'antenne Jean-Louis Foulquier veut parler de la francophonie.
23:43Et il dit la francophonie.
23:45D'accord.
23:45Et ça lui donnait l'idée de donner ce titre à ce festival.
23:49Qui est unique en son genre.
23:50Ah ouais.
23:50Et d'ailleurs il y a un reportage.
23:52Votre premier reportage à la télévision.
23:53Sur France 3.
23:54Où on vous voit en train de répéter.
23:56De faire des balances.
23:57Et il fait très chaud.
23:57Oui c'est très très chaud.
23:59Oui oui.
23:59Alors il se trouve que vous vous appelez à l'époque Annie La La Love.
24:02Oui.
24:02C'est venu comment ça ?
24:03Annie La La Love.
24:04Alors déjà j'avais la volonté de prendre mon vrai prénom.
24:08Histoire de me détacher du duo.
24:11Et La La Love c'était aussi le nom d'un possible album avec Noongan.
24:15Qui n'est finalement pas sorti.
24:16On avait changé de nom.
24:18Et quelque part c'est un peu le clin d'oeil La La Love que j'ai voulu garder.
24:22Et puis La La Love pour moi c'est chanter l'amour.
24:24Et c'est le La La Land.
24:26Alors il y a le film.
24:27Mais il y a aussi l'expression La La Land.
24:28Qui est dans le pays des rêves.
24:29Et je trouve que ça me correspond assez bien.
24:32Et puis La La Love c'est aussi assez intuitif.
24:34Et c'est comme ça que je conçois la vie et la façon d'écrire les chansons.
24:38Et bien justement La La Land on va écouter la bande originale.
24:46C'est un film qui vous a marqué ça aussi La La Land ?
24:48Oui c'est vrai.
24:49Je l'ai vu.
24:50Je l'ai trouvé absolument magnifique.
24:51Et c'est là que j'ai découvert le mot La La Land.
24:54Et je m'étais renseignée par ce qu'il voulait vraiment dire.
24:57Et je le trouve très très beau film.
24:59Très réussi.
25:00Et vous avez un point commun avec son auteur réalisateur Damien Chazelle.
25:04Lui il a fait Harvard.
25:06Et en sortant d'Harvard, passionné de chansons et de films de Ninja Rogers, Fred Astaire et des parapluies de
25:11Cherbourg qu'il a vus mille fois.
25:13Et bien il a décidé de changer.
25:14De changer son parcours.
25:16Voilà.
25:17Pas quand c'est écrit.
25:18Je trouve quand c'est le destin.
25:19De toute façon il nous rattrape forcément à un moment.
25:21Alors dans ce premier reportage où l'on vous voit donc au francophonie, vous évoquez Louis Samstrong.
25:27Le journaliste parle de Louis Samstrong car je crois que ça fait partie aussi des musiciens qui vous sont chers.
25:31Oui c'était un artiste que ma maman écoutait aussi beaucoup à la maison.
25:35Donc j'ai beaucoup écouté Louis Samstrong avec Elaphie Gérald.
25:39Il y a un album qui était sorti où ils étaient en duo tous les deux.
25:42Et j'aime beaucoup ce chanteur.
25:45En fait Louis Samstrong était quand même un trompettiste incroyable.
25:48Très célèbre en France.
25:49Mais il venait à Paris dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés où il affichait complet.
25:54Mais totalement inconnu à l'époque aux Etats-Unis.
25:57Il passait dans un bar de Harlem avec son nom écrit à la craie sur une ardoise devant 20 personnes.
26:03Comme quoi ?
26:04Comme quoi ?
26:05On l'a découvert après.
26:06Et puis sur cette chaîne des francopholies, vous interprétez une chanson qui est née un an plus tôt.
26:19Boum boum chac.
26:20Je ne sais pas ce que ça veut dire.
26:22C'était les battements de chœur que j'avais voulu.
26:26J'avais voulu que ça sonne comme des battements de chœur.
26:28Et aussi c'était un petit clin d'œil à Sly and the Family Stone.
26:31Justement une chanson qui est boum chacalakalakaboum.
26:33J'aimais bien cette idée de son un peu universelle.
26:37Alors cette chanson, c'est l'album de la reconstruction.
26:40Vous avez quitté Nungan et pendant quelques temps, vous avez dit « mais qu'est-ce que je vais faire
26:44? »
26:44Je me suis dit surtout comment.
26:45Alors c'est sûr que je continuais à faire de la musique.
26:47Mais alors comment j'allais continuer à écrire des morceaux, sortir mes albums ?
26:52Pendant un petit moment, j'ai fait que des concerts de reprise où je jouais mes anciennes chansons, etc.
26:57Et je n'arrivais pas à écrire, j'essayais de collaborer avec des personnes, ça ne marchait pas.
27:01Et un jour, c'est venu.
27:04Je me suis mise à composer avec un ukulélé parce que moi je jouais de la basse, mais je ne
27:08jouais pas de guitare.
27:09Et c'est vrai qu'on partait souvent de la guitare avant avec Benji.
27:12Et un ami m'avait conseillé de prendre un ukulélé qui est plus simple à jouer en fait que la
27:17guitare.
27:17Et c'est comme ça que j'ai composé Boum Boum Chac.
27:19C'est venu comme ça ?
27:20Oui, c'est venu comme ça, oui.
27:21Mais il y a des moments où vous vous êtes dit, je vais peut-être arrêter, changer de métier, non
27:25?
27:26Ensuite, oui.
27:28Non mais en fait, là je m'étais dit, bon, pour l'instant, je n'arrêtais pas d'avoir plein
27:31de concerts qui étaient plus dans le domaine privé.
27:34Et je jouais beaucoup, beaucoup.
27:35Donc je me suis dit, bon, je vais continuer à faire ce qui marche.
27:38Et puis ça reviendra à un moment donné.
27:40En fait, c'est au moment où j'ai vraiment lâché prise que j'ai eu cette chanson, ce ukulélé
27:44qui est venu à moi et que j'ai commencé à composer.
27:47Alors il y avait ces chansons de l'avenir, mais il y avait aussi des références au passé.
27:50Et il y a quelqu'un qui vous a beaucoup marqué.
27:52J'ai deux amours
27:58Mon pays et Paris
28:03Car vous avez chanté Joséphine Baker.
28:05Oui, j'ai chanté Joséphine Baker.
28:07Et en fait, ma mère écoutait aussi beaucoup.
28:09Elle adorait Joséphine Baker.
28:11Donc c'était important pour moi de faire une reprise, rendre hommage à cette chanteuse, un peu pour penser à
28:17ma maman aussi.
28:17Voilà. Et puis cette chanteuse vous a marqué. Son destin vous a marqué.
28:21Oui, son destin m'a marqué. Ça m'a rappelé un peu le parcours de ma maman qui a fui
28:24son pays aussi à l'époque en Guinée.
28:27Quand il était sous la dictature avec ses couturés, elle a fui à pied.
28:33Donc elle est arrivée en Côte d'Ivoire et c'est comme ça qu'elle a rencontré mon père.
28:36Donc elle s'est émancipée. Et comme pour moi c'était un bel exemple, ça me fait beaucoup penser à
28:42cette chanteuse aussi.
28:43Ah oui, qui a fait beaucoup de choses pour les libertés.
28:46J'ai nos amours qui est sa première chanson.
28:48Elle est née tout à fait par hasard, je ne sais pas si vous le savez.
28:51En fait, elle faisait ses débuts de chanteuse après avoir dansé pendant 4 ans au Casino de Paris.
28:55Et la veille de la première, il manque une chanson.
28:58Et on appelle Géo Cogé et Vincent Scoteau qui étaient les deux auteurs à la mode.
29:02Ils cherchent une idée, ils ne trouvent pas.
29:03Et puis ils viennent au théâtre en disant qu'on n'a pas d'idée.
29:06Et devant le Casino de Paris, sous un mec de gaz, Vincent Scoteau a l'idée d'une musique.
29:10Et Géo Cogé écrit les paroles en une demi-heure devant le Casino.
29:14Et c'est Gédeux Amour qui va devenir un succès mondial.
29:17D'accord.
29:17C'est fou, hein ?
29:19C'est le destin aussi.
29:21Alors il se trouve que vous allez petit à petit vous réinventer.
29:24Vous allez vraiment créer un style entre le jazz, la musique que vous aimez, les Caraïbes.
29:29Tout ça va se mélanger petit à petit.
29:31Ce que j'ai voulu, c'est cette fois-ci sortir un peu de ce que je faisais avant avec
29:35mon duo,
29:36qui était beaucoup plus riche, avec beaucoup, beaucoup de guitares.
29:40On en rigole encore avec Benji aujourd'hui.
29:42Ce que je lui ai dit, moi j'ai voulu tout épurer.
29:44Et j'ai voulu le son comme un son qu'on écouterait sur une plage, léger, avec ce ukulélé justement.
29:50Et des sons un peu plus exotiques.
29:52Et en chantant en anglais à l'époque ?
29:54Toujours en anglais.
29:55Quasiment toujours en anglais.
29:56Je crois que mes études d'anglais m'ont beaucoup marquée.
30:00Finalement, elles m'auront servi pour la musique.
30:02C'est surtout parce que j'ai écouté beaucoup de musique anglaise.
30:06J'ai adoré les Beatles petites aussi, comme quand je vous disais, Michael Jackson, etc.
30:11Mais j'ai toujours été attirée par les chansons anglaises.
30:15Et je trouve que pour les sonorités, pour mon style de musique, c'est ce qui convient le mieux.
30:18En tout cas, je ne suis pas contre le français.
30:20Mais j'ai beaucoup moins de chansons françaises.
30:22Et j'espère en avoir d'autres.
30:24Mais pour l'instant, c'est comme ça.
30:25Et j'aime l'idée que ce soit naturel.
30:28Et puis, il y a un problème, c'est le confinement.
30:29Parce que là, ça a tout fichu en l'air.
30:31Oui.
30:33Disons que là...
30:34En fait, le confinement, je ne sais pas si c'est dans l'ordre chronologique,
30:37ça a été le moment où je me retrouve face à moi-même.
30:39Et à me dire, il faut que je me construis.
30:41J'avais cette idée de mon nouveau projet seule.
30:44Et là, je me retrouve...
30:46J'avais écrit ma première chanson en solo.
30:49Et je me retrouve coincée en confinement.
30:50Et je me dis, il faut que je fasse quelque chose.
30:52Et j'ai fait mon premier clip comme ça, enfermé chez moi.
30:55Exactement.
30:55Ça m'a pris deux mois de tout monter, etc.
30:58Ça m'a pris beaucoup de temps, mais ça m'a beaucoup occupée.
31:00Ça m'a sauvée ma solitude pendant ce moment.
31:03Vous avez commencé à faire aussi des concerts ensuite.
31:06Et notamment, vous vous êtes retrouvée un jour sur le même plateau que Sting.
31:09Oui, c'est ça.
31:10Il y a deux ans.
31:11C'était il y a deux ans.
31:12C'est incroyable.
31:14J'ai pu le voir en coulisses, là.
31:16J'ai pu le voir.
31:17Et incroyablement, il dégage quelque chose de tellement sage.
31:25Et puis de le voir ensuite sur scène, c'était fou.
31:28Et de pouvoir partager en tout cas la scène avec lui, c'était un beau cadeau qu'on m'a
31:30fait.
31:31Et il a failli faire du cinéma.
31:32On lui a proposé le rôle de Christophe Colomb au cinéma.
31:35Parce qu'il est physiquement le sosie de Christophe Colomb.
31:38Ah oui, ça je veux bien le croire.
31:42Et donc, il n'a pas pu le faire, mais il a réincarné le navigateur au cinéma sans problème.
31:47Il est très grand.
31:48Je ne sais pas si on se rend compte.
31:49Mais moi, quand je l'ai vu, j'ai trouvé immense.
31:50Alors, je ne savais pas qu'il était aussi grand que ça.
31:52Et je le voyais me regarder d'en haut.
31:54J'étais toute petite à côté.
31:56Mais il dégage quelque chose de très serein.
31:58Et franchement, je suis très respectueuse de sa philosophie, sa façon d'être et sa musique.
32:05Alors, Annie Lalove, ensuite, vous avez, je crois, continué votre parcours.
32:08En réalisant un rêve avec cette chanson.
32:17Golden Black, que vous avez chanté dans Taratata.
32:19C'était votre rêve de passer dans Taratata.
32:21Oui, c'était mon rêve de passer dans Taratata.
32:23C'est l'émission que je voyais quand j'étais petite.
32:24Et c'est encore aujourd'hui l'émission qui donne envie.
32:26Une des rares émissions de musique à la télé.
32:29Et avec toujours des artistes de pointure.
32:32Et d'avoir pu réaliser ce rêve, c'était fou.
32:36J'ai pu participer à trois émissions en un an.
32:39Comment c'est venu ? Nagui vous a repéré ?
32:41C'était grâce à Fabrice Nataf, mon producteur de l'époque.
32:45Qui a tout fait pour me présenter.
32:48Et pour que je puisse être sélectionnée pour passer.
32:50Et Nagui a bien aimé mon projet.
32:52Et j'ai eu la chance de pouvoir chanter Boom Boom Shack aussi sur ce plateau.
32:56Donc c'était incroyable.
32:59Non, c'était magique.
33:01Puis après j'ai pu passer quelques temps sur le canapé.
33:03Il y a l'interview avec Nagui.
33:05C'est comme un rêve en fait.
33:07J'ai l'impression qu'il fallait me pincer pour que je puisse me dire que c'était vrai.
33:12Et puis le rêve a continué avec un second album.
33:23Le côté obscur de la lune, Is It So ?
33:27En fait, c'est dans cet album, Is It So ?
33:30Cette chanson, je parlais à ma maman qui n'est plus là aujourd'hui.
33:34Et il y avait aussi dans cet album la chanson de Dark Sail of the Moon.
33:37C'est un peu comme si j'avais prédit ce qui allait se passer ensuite.
33:40Où j'ai eu un passage un peu plus sombre dans ma vie.
33:43Mais le côté obscur de la lune, en fait, c'est une expression.
33:48Parce que les soviétiques ont vu ce côté obscur pour la première fois le 7 octobre 59.
33:54Avant, on ne savait pas qu'il y avait un côté obscur de la lune.
33:57On l'a observé.
33:58Et c'est vrai que ces chansons vous ont marqué.
34:00Parce que ça fait partie de chaque chanson, il y a votre vie derrière.
34:04Oui, à chaque fois.
34:06Là, c'était aussi un clin d'œil à Pink Floyd.
34:08Parce que je jouais du Pink Floyd à l'époque en duo.
34:12Et moi, je l'avais écrit comme ça.
34:14J'adore cette image, en fait, Dark Sail of the Moon.
34:17Et quelque part, j'ai un peu tracé le chemin de ce qui allait se passer ensuite.
34:21J'ai eu une partie un peu plus sombre de ma vie.
34:24On va en parler.
34:24Mais surtout, la lune a aussi été très présente dans une autre de vos chansons.
34:38Chanson universellement connue du film Diamant sur canapé Audrey Hepburn.
34:42Pour vous, c'est un monument que vous avez dû enregistrer.
34:45J'ai adoré pouvoir l'enregistrer avec mon ami Mister Matt.
34:51J'avais envie qu'il fasse partie encore de mon album.
34:55On avait déjà fait une première reprise ensemble.
34:57Et là, cette chanson, Moon River, c'était parfait de pouvoir la jouer avec lui.
35:01Vous connaissez le film Diamant sur canapé ?
35:03Oui, mais alors j'avoue que je ne l'ai pas vu.
35:04Mais bien sûr, je le connais.
35:05Il y a une robe noire qui est portée par Audrey Hepburn.
35:09Elle a été donnée par Hervé Géanchi à Dominique Lapierre qui aidait l'Inde.
35:12Elle a été vendue 700 000 euros aux enchères,
35:16ce qui a permis de construire des 15 écoles en Inde.
35:20C'est fou.
35:21C'est fou, hein ?
35:21Je ne savais pas.
35:22Comme quoi le destin fait que tout est possible.
35:24Ça, c'est le passé.
35:26Et puis le présent, c'est un nouvel album qu'on va évoquer à travers la date du 22 mai
35:302026.
35:32A tout de suite sur Sud Radio avec Annie Lalalo.
35:35Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
35:38Sud Radio, les clés d'une vie, mon invité Annie Lalalo.
35:41Votre parcours est étonnant.
35:42On a commencé à l'évoquer.
35:43Il va de Saint-Barthes en passant par les études d'Allemagne,
35:48différents pays, différentes chansons.
35:50La rencontre avec Paul McCartney et quelques autres.
35:53Et puis, 22 mai 2026, un nouvel album qui s'intitule Let It Be Blue.
35:59Le titre d'une chanson d'album.
36:12Bleu, bleu.
36:13Car le bleu, c'est un symbole de l'album et un symbole de votre vie.
36:17C'est ça.
36:17Je trouve que le bleu, pour moi, symbolisé dans cet album,
36:20j'avais envie de symboliser l'authenticité,
36:23le fait de pouvoir embrasser toutes les parts de soi,
36:26y compris les parts les plus sombres.
36:29Et puis, le bleu, c'était aussi la spiritualité.
36:32J'adore aborder ce thème dans mes chansons.
36:35Et puis, il y avait le bleu, le bleu de l'eau, en fait,
36:38comme sur la pochette de cet album.
36:40Et le bleu, pour moi, enfin, l'eau, à ce moment-là,
36:42c'est la renaissance, en fait.
36:44C'est couler pour mieux renaître ensuite.
36:47En fait, de le bleu utilisé dans les chansons,
36:50plus bleu que le bleu des yeux,
36:51c'est Aznavour qui l'a chanté avec Piaf,
36:54car il a écrit cette chanson avec Piaf.
36:56Vous avez l'amour et bleu de l'envis blue
36:59que Paul Moria a repris ensuite,
37:03après Vicky Léandros,
37:04et on a fait un numéro un aux Etats-Unis
37:05pendant cinq semaines,
37:06ce qui n'était jamais arrivé.
37:07Et vous avez le bleu Michou dans un genre différent.
37:10Donc, le bleu a toujours marqué votre vie.
37:11Oui, et puis le bleu, c'est aussi le blues, aussi.
37:14Exactement.
37:15Dans le style musical, oui.
37:16Alors, quand vous dites cet album
37:18et l'album de la renaissance,
37:19vous avez traversé des moments sombres.
37:21Oui, j'ai eu un petit moment dans ma vie
37:24où vraiment, j'ai cru que j'allais
37:27possiblement arrêter la musique.
37:28Enfin, disons que je n'y croyais plus.
37:30Et j'ai eu ce moment où j'ai accepté
37:33de toucher le fond, en fait.
37:35Ça a été une période assez compliquée
37:36où il a fallu tout remettre en question,
37:38tout reconstruire
37:40et repartir sur de nouvelles bases.
37:42Et finalement, c'est un cadeau qu'on m'a fait,
37:44je veux dire.
37:44Parce que, voilà, j'ai pu renaître de ça,
37:47renaître encore plus forte.
37:48Et c'est le thème de cet album
37:50où aujourd'hui, je n'ai plus envie
37:52de tricher, en fait.
37:53Bon, après, j'ai plus envie, en fait,
37:55j'ai envie d'être totalement vraie
37:57avec mon public et même avec moi.
37:58Oui, parce qu'au départ,
38:00vous, vous êtes sincère,
38:01les maisons de disques
38:02ne sont pas toujours sincères
38:04et ce n'est pas toujours facile.
38:05Il faut s'y retrouver là-dedans.
38:05C'est ça, c'est ça, c'est compliqué.
38:07Et puis, on se perd un peu, quelquefois.
38:09Et c'est important de pouvoir se retrouver
38:12et d'être totalement aligné
38:13avec qui on est et intègre.
38:16Et c'est important pour moi,
38:17cette notion-là.
38:19C'est-à-dire que, comme beaucoup d'autres,
38:20et c'est arrivé dans la chanson,
38:21on a essayé de faire de vous,
38:23Annie de la Love,
38:23quelqu'un que vous n'étiez pas.
38:24C'est vrai.
38:25Après, quand c'est arrivé,
38:28j'ai accepté aussi
38:29que ça se passe comme ça,
38:31parce que j'avais envie d'essayer,
38:32parce que je pensais
38:33que c'était plus facile, etc.
38:35Je me suis trompée, en fait.
38:37Au final, je ne me retrouvais pas
38:38dans un personnage.
38:40Et c'était là,
38:42il a fallu que je retrouve totalement
38:44qui j'étais, en fait.
38:46D'ailleurs, il y a une chanson de cet album
38:47qui, justement, évoque
38:49le moment où vous avez sombré
38:51et le moment où vous êtes revenu à la vie.
39:05Quand on a quelques années de métier,
39:07qu'on a fait The Voice,
39:08qu'on a fait beaucoup de tournées,
39:09qu'on se retrouve au plus bas,
39:11il y a un moment où on va remonter.
39:12Et cette chanson le symbolise.
39:13C'est ça.
39:14En fait, oui, c'était retrouver le plaisir.
39:16Avant tout, la clé,
39:17c'est de retrouver le plaisir
39:20en faisant de la musique.
39:21Et j'avais peut-être perdu cette notion-là.
39:24Je n'avais plus envie d'écrire,
39:26je n'avais plus d'inspiration.
39:28Et je crois que c'est une phase
39:28que beaucoup d'artistes traversent.
39:32Ils n'en parlent pas beaucoup, souvent.
39:33Non, c'est vrai.
39:34Mais ça fait partie aussi de mon...
39:35Moi, je me dis,
39:36il faut que je sois vraie.
39:37Maintenant, je n'ai pas envie
39:38de cacher ces parts-là.
39:39Et ça arrive.
39:40Et je pense qu'on est beaucoup,
39:41beaucoup à traverser ces moments.
39:42Moi, je sais que j'en parle
39:43avec des amis qui sont dans le même mois
39:46et qui parlent de ces creux,
39:47de ces périodes
39:49où on se retrouve vraiment seul
39:50face à soi-même.
39:51Et heureusement,
39:52il faut être quand même bien entouré,
39:53avoir des amis,
39:55mes musiciens, etc.,
39:56qui redonnent envie
39:57de se remettre à la musique,
39:59se rappeler pourquoi on fait ce message.
40:01On ne peut pas avoir confiance
40:02dans ces gens qui vous disent
40:03un jour que tu es la meilleure
40:04et qu'ils le lendemain,
40:05ne vous parlent plus.
40:05C'est compliqué.
40:07Vous attendiez à ça
40:07quand vous avez commencé dans ce métier ?
40:09Disons que ma mère
40:11avait très bien vu ça.
40:12C'est elle qui me disait en premier
40:13ce métier,
40:14t'es trop gentil pour ce métier
40:18ou trop lumineuse,
40:21tu vas te faire avoir.
40:22Elle avait trop peur, en fait.
40:24Et à l'époque,
40:24je lui disais,
40:25ben non.
40:26Mais oui, elle avait raison.
40:27Mais après,
40:28c'est comme ça pour tout le monde.
40:29Et ce qui est important,
40:31c'est de pouvoir se relever,
40:32faire face à ça,
40:33savoir que ça se passe comme ça
40:35et qu'on ne peut rien y faire,
40:37mais qu'il faut bien mener sa barque.
40:38Se construire une armure,
40:39en quelque sorte.
40:40Oui, exactement.
40:41Là, vous comparez justement
40:42un poisson qui sort de l'eau.
40:44Oui.
40:44Pourquoi ?
40:45C'est ça,
40:46c'est le fait d'avoir coulé,
40:47mais de refuser de couler,
40:48de sortir,
40:49sortir de l'eau
40:50et remettre plus fort encore.
40:52Et puis,
40:53vous considérez cet album,
40:54Manila Love,
40:54comme un message d'espoir
40:56pour beaucoup de gens.
40:56Oui, c'est ça.
40:58J'ai envie de montrer,
40:59parce que moi,
41:00je parle de mon cas à moi,
41:02mais je pense que ça peut
41:03concerner beaucoup de personnes
41:04dans plein de domaines de la vie,
41:06de rester enfermée
41:07dans quelque chose
41:07qu'on n'aime pas.
41:08c'est important
41:09de se ressaisir
41:10et de pouvoir sortir
41:11et que c'est OK
41:12de pouvoir couler à un moment,
41:14mais ce qui compte,
41:14c'est de se relever.
41:16Oui, en fait,
41:16dans une société
41:17comme celle d'aujourd'hui,
41:19on peut très bien être viré
41:20de son poste du jour au lendemain
41:21et ne plus savoir où on en est
41:23parce qu'on ne s'y attendait pas.
41:24Oui, c'est ça.
41:24Et là,
41:25ces chansons,
41:26c'est un visage d'espoir.
41:27Exactement, oui.
41:28Et puis,
41:28vous parlez d'un album
41:29Feel Good,
41:29c'est une expression
41:30qu'on connaît en littérature
41:31aujourd'hui,
41:32parce que c'est des livres
41:33qui font du bien.
41:34On voit Virginie Grimeldi,
41:36on voit Serena Giuliano,
41:38on voit Mélissa Dacosta.
41:39C'est un petit peu
41:40le même principe en chansons.
41:42Oui, je trouve.
41:43C'est vrai que quelquefois,
41:43on me dit
41:44est-ce que ça vous plaît
41:45quand on veut que votre musique
41:45est Feel Good,
41:46comment vous le prenez ?
41:47Je me dis,
41:48oui, mais tant mieux.
41:48C'est en fait
41:49un moment d'une parenthèse enchantée
41:51que j'ai envie d'offrir
41:53aux gens qui écoutent ma musique.
41:54Tout comme moi,
41:55lorsque je vais voir des concerts,
41:56j'ai envie de pouvoir voyager,
41:57j'ai envie de pouvoir
41:58oublier tous mes soucis
42:00et recevoir quelque chose
42:01qui va me motiver,
42:03un message qui pourrait
42:04me faire du bien.
42:05Mais ce poisson rouge,
42:07c'est vraiment le symbole
42:08de quelquefois
42:09une idée du poisson rouge.
42:10Franchement,
42:11comme je vous disais,
42:12moi tout est assez spontané
42:13chez moi.
42:14J'ai pris mon ukulélé
42:15et c'est la première phrase
42:16qui est sortie.
42:18I'm like a fashionable.
42:20Et à partir de là,
42:22en fait,
42:22j'ai construit ma chanson
42:24à partir de ça.
42:25Et je pense que les mots
42:26ne sont pas anodins.
42:27Ils sont venus comme ça
42:28et j'aime beaucoup l'idée
42:29que ce soit
42:31comme une connexion
42:32en fait à quelque chose.
42:33À propos de poisson rouge
42:34dans un bocal,
42:35Francis Weber,
42:35auteur célèbre,
42:37écrit une pièce
42:37qu'il va faire jouer à Paris,
42:38un animal de compagnie
42:39et il a l'idée dans le décor
42:41de mettre un poisson rouge
42:42dans un bocal.
42:43Eh bien,
42:43il y a la Ligue de défense
42:44des poissons rouges
42:45qui a interdit
42:47ce genre de choses
42:48et il a dû faire appel
42:49à un technicien
42:51pour créer
42:52un poisson rouge
42:53virtuel sur scène.
42:55On remarque pourquoi pas.
42:56Après,
42:56je ne sais pas
42:56si le poisson
42:57aurait vraiment remarqué
42:58qu'il était dans le bocal.
42:58Il aurait été applaudi,
43:00peut-être, oui.
43:01Il se trouve aussi
43:02que ce message d'espoir,
43:04c'est vraiment
43:05quelque chose d'important
43:06dans votre vie.
43:07Tout au long de votre parcours,
43:08vous avez vu
43:10des signes d'espoir.
43:11C'est ça.
43:12J'ai vu des signes
43:12du destin.
43:14J'avais un parcours
43:15tout tracé à la base
43:16et qui a été
43:18parsemé
43:18de petits coups
43:19du destin
43:20qui ont changé ma vie.
43:22Et c'est pour ça
43:23que j'aime beaucoup
43:24quand je rencontre des gens
43:25et que je vois
43:26qu'ils sont coincés
43:26dans un système.
43:27J'ai vraiment envie
43:28de les secouer gentiment
43:30mais juste de leur dire
43:31qu'une seule fois
43:32la vie est tellement courte
43:33qu'il faut vraiment
43:34faire ce qui nous fait vibrer
43:35et ce qui est notre passion
43:37si on a une passion.
43:38Charles Trenek,
43:39notre plus grand poète,
43:40disait
43:40« La vie est un rêve
43:41traversé de temps à autre
43:43par un cauchemar.
43:44On digère le cauchemar,
43:45le rêve recommence. »
44:02Là, on est dans un genre
44:03très différent
44:04de la musique soul.
44:05Ah, je trouve que c'est soul
44:06quand même.
44:07Oui, c'est ça,
44:08de la musique soul.
44:09Oui, complètement.
44:10Complètement.
44:11Du coup,
44:11par rapport aux deux premiers albums
44:13qui étaient très pop,
44:14solaires,
44:15là, j'avais envie
44:15de retrouver
44:16mes premières amours.
44:17Donc, le style de la soul
44:18que j'ai toujours aimé.
44:20Parce que c'est vraiment
44:20la musique qui fait voyager,
44:23qui fait du bien à l'âme
44:24et qui touche en plein cœur.
44:27Et j'ai fait ce choix
44:28d'une musique plus orchestrée
44:29que ce que j'avais fait
44:30dans mes deux premiers albums
44:31et avec des chœurs de gospel
44:33aussi qui sont sur ce titre,
44:35justement.
44:35Oui, car on vous voit
44:36souvent à la télévision
44:37ou sur les clips
44:38avec un guitariste
44:41et rien d'autre.
44:42Oui, c'est vrai.
44:42C'était voulu.
44:43J'avais envie que ce soit...
44:45Montrer qu'on pouvait aussi
44:47aller à l'essentiel.
44:48J'avais besoin de tout épurer
44:49pour montrer que l'essentiel
44:51était juste dans la voix,
44:52la guitare.
44:53ça suffise amplement
44:54et des petites percussions.
44:55Mais il y a un moment
44:56où je me suis retrouvée
44:57un peu coincée
44:58dans ce style unique.
45:00J'avais envie
45:01de pouvoir avoir
45:02toutes les facettes possibles.
45:03J'adore ce côté essentiel,
45:05très épuré.
45:06Et j'adore le côté orchestré
45:07avec gospel.
45:08Là, je me suis fait plaisir.
45:09Il se trouve en plus
45:10que cette chanson
45:11vous évoquait en filigrame
45:12Sam Koup
45:13qui est le père
45:14de la musique sol.
45:15C'est ça, exactement.
45:17C'était un peu un hommage.
45:17Personnage totalement oublié
45:18aujourd'hui
45:18qui a été dans les 60
45:20le roi du genre
45:21et qui est mort, assassiné.
45:23On l'a retrouvé
45:24dans une chambre d'hôtel.
45:25En fait, il a été victime
45:26d'un complot
45:27parce qu'il défendait
45:28les droits civiques
45:29des Noirs à l'époque.
45:30Un peu comme
45:31Josephine Becker.
45:31Oui, c'est ça.
45:33Quelle tristesse, oui.
45:34Alors, nouveauté aussi,
45:35mais pas tout à fait de nouveauté.
45:36Dans cet album,
45:37vous chantez en français
45:38« Laisse couler les mots ».
45:54Là aussi, même philosophie,
45:55« Laisse couler les mots ».
45:57C'est une chanson que j'ai écrite,
45:58je crois que c'est une des
46:00toutes premières chansons
46:00que j'ai écrite
46:01dans ma carrière de chanteuse
46:03et j'avais envie
46:03de la remettre sur cet album
46:05parce que le message
46:06était encore actuel
46:07et qu'il faut lâcher prise
46:08à un moment donné
46:09et laisser couler.
46:10Oui, et en même temps,
46:11il faut lâcher prise,
46:12il faut laisser couler,
46:13mais il faut trouver
46:14les mots qui sonnent.
46:14Vous qui écrivez en anglais,
46:16ce n'est pas simple en français.
46:17C'est vrai, mais bizarrement,
46:19en fait, sur les riffs
46:20un peu africains,
46:21sur toutes les rythmiques africaines,
46:22j'arrive à poser mes mots
46:24en français.
46:24Je ne sais pas pourquoi,
46:26ça fonctionne mieux
46:27et j'ai deux chansons
46:28aux sonorités africaines
46:29qui sont sur cet album
46:30et qui sont en français.
46:31Mais là aussi,
46:32c'est quelque chose
46:32de très différent pour vous
46:33parce que vous avez vraiment
46:34tout fait dans cet album.
46:35Oui, c'est vrai,
46:35mais ça fait partie de moi aussi.
46:37Je trouve que c'est important
46:38de mettre tous les styles
46:39que j'ai en moi
46:40et je voulais pouvoir
46:41m'amuser sur scène aussi,
46:43pouvoir offrir aux gens
46:45un spectacle qui était varié
46:46et ne pas me limiter.
46:48Alors, le spectacle,
46:49justement, c'est des concerts.
46:50Vous avez fait beaucoup
46:51de concerts les dernières années
46:52et là, vous reprenez la route
46:54cet été,
46:54avec des concerts,
46:55notamment à Brie,
46:56vous êtes déjà venu,
46:57car pour vous,
46:58tout se passe en public.
46:59Oui, après,
47:00une fois qu'on a travaillé
47:01sur l'album,
47:01ce qui est important,
47:02c'est de pouvoir faire vivre
47:04l'album sur scène
47:05et surtout de pouvoir
47:06connecter avec le public
47:07et de ressentir l'énergie
47:09du public,
47:10que ce soit un partage.
47:11C'est très important
47:12pour moi,
47:12cette partie-là.
47:14Et petit à petit,
47:15vous trouvez un public,
47:16votre public augmente
47:17au fil des mois
47:17parce qu'il suffit
47:20d'avoir quelques personnes
47:20qui transmettent
47:21le message à d'autres.
47:22Oui, c'est comme ça
47:22que ça fonctionne.
47:23En tout cas,
47:23pour moi,
47:24c'est comme ça
47:24que ça a toujours fonctionné.
47:25C'est du bouche à oreille
47:27et les gens parlent
47:28d'un moment
47:28qui ont fait du bien
47:30et en général,
47:31ça porte ses fruits.
47:32Du coup,
47:33en général,
47:34ils essayent de motiver
47:34les autres personnes
47:35en leur disant
47:36tu devrais y aller
47:36parce que tu verras,
47:37c'est magique
47:38et ça,
47:38ça me fait vraiment plaisir.
47:39Et vous êtes heureuse
47:40sur scène finalement ?
47:41Super heureuse,
47:42c'est l'endroit
47:42où je dois être,
47:43vraiment.
47:44Et dans cette allure,
47:45il y a une autre chanson
47:46mais qui est liée
47:46à un titre
47:47qui a une histoire,
47:47c'est My Prayer.
48:05Pourquoi c'est une chanson
48:05My Prayer ?
48:07C'est une chanson
48:08que j'avais écrite
48:08avec Benji
48:09à l'époque
48:11sous le nom
48:11de Nungan.
48:13Et on avait sorti
48:14le EP,
48:14c'est le dernier EP
48:15qu'on est sorti
48:16et c'était aussi
48:17la fin de notre histoire
48:18et j'avais envie
48:19en fait
48:20de la remettre
48:21dans cet album
48:22parce qu'elle était,
48:23c'était une chanson
48:24assez importante
48:25et parce que justement
48:26il compte encore
48:27beaucoup pour moi
48:28et c'est important
48:29qu'il y soit.
48:30En plus,
48:31My Prayer,
48:31je ne sais pas si vous le savez,
48:32il y a une chanson
48:33qui a été écrite
48:34par un violoniste français,
48:35Georges Boulanger.
48:37Elle a été traduite
48:38aux Etats-Unis
48:38et les plateurs
48:39en ont fait
48:39un immense succès
48:40repris par 50 personnes
48:42aux Etats-Unis.
48:43C'est un plus grand
48:44succès américain,
48:45ça s'appelle
48:45My Prayer.
48:46D'accord,
48:46alors ça je ne savais pas.
48:48Et les plateurs
48:49qui se sont rencontrés
48:50en lavant des voitures
48:51dans un parking
48:51ont été les grandes stars
48:52des années 50
48:53avec cette chanson.
48:54Par contre,
48:55je les connais bien
48:55mais je ne connaissais pas
48:56cette chanson-là.
48:57Écoutez-la,
48:58vous verrez que c'est
48:59My Prayer
49:00mais tout à fait différent.
49:01L'avenir,
49:02ce sont maintenant
49:02des concerts,
49:04ce sont d'autres albums.
49:05Comment vous voyez l'avenir
49:05maintenant que tout est reparti ?
49:07Tout est reparti maintenant,
49:08c'est surtout de faire vivre
49:09la scène,
49:09de faire vivre l'album
49:11qui vient tout juste
49:12de sortir.
49:13Donc c'est le tout début
49:14de ma partie préférée.
49:15Après l'avenir ensuite ?
49:17Ce sera sûrement
49:17un autre album,
49:18évidemment.
49:19J'espère.
49:20On verra.
49:20Vous avez digéré
49:21le passé
49:22pour penser à l'avenir.
49:23Là, ça y est,
49:24je me sens totalement alignée.
49:26Après,
49:26on n'est pas à l'abri
49:27de tout ce que la vie
49:28peut nous donner
49:28mais je suis confiante
49:30en tout cas.
49:31En tout cas,
49:31nous,
49:32on a confiance en vous
49:33et puis votre sourire
49:34fait le reste
49:34et je pense que cet album
49:36Let It Be Blue
49:38aura le succès
49:38qu'il mérite
49:39et que vous serez heureuse
49:40sur scène
49:40et que le public
49:41sera heureux de vous recevoir.
49:42Merci beaucoup.
49:43Merci Annelia Lalove.
49:44Merci de m'avoir reçue.
49:46Et continuez ainsi
49:46à faire votre chemin.
49:48Merci.
49:48Les Clés d'une vie
49:49c'est terminé pour aujourd'hui.
49:50On se retrouve bientôt.
49:51Restez fidèles
49:52à l'écoute de Sud Radio.
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