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Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile, était l’invité du Face-à-Face de ce lundi 29 juin sur BFMTV et RMC.

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Transcription
00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Julien Marion.
00:04Bonjour Apolline de Maillard.
00:05Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes le directeur général de la sécurité civile et de la gestion
00:10des crises.
00:10Vous êtes vraiment à la tête de tout ce qui a été en première ligne cette semaine et depuis dix
00:16jours que la canicule a commencé.
00:18Vous êtes notamment le chef des pompiers. C'est la sécurité civile qui a dû gérer au front en quelque
00:23sorte
00:23à la fois le premier bilan, la sécurisation des événements mais aussi aller au devant de tous ceux qui ont
00:30souffert.
00:31Ce premier bilan qui a été avancé par Santé publique France, on dénombre au moins 1000 décès supplémentaires la semaine
00:40dernière.
00:40Est-ce que vous pouvez dire ce matin que le pire est derrière nous ou pas ?
00:43Pas forcément parce que comme ça a été très bien dit, l'effet sanitaire de la vague de canicule va
00:48continuer à se faire sentir dans les jours qui viennent.
00:50On le sait, les organismes réagissent avec retard aux effets de la vague de canicule.
00:55Et donc on sait que cette semaine encore, pour encore cinq à dix jours, on va continuer malheureusement à mesurer
01:00les effets de la vague de canicule que notre pays vient de connaître.
01:03Ça veut dire que ceux dont les maisons, dont les corps ont pris chaud, vont prendre énormément de temps à
01:11retrouver une activité, une vie, un quotidien normal ?
01:14Oui, la bonne nouvelle c'est que les températures ont chuté, qu'on est sorti de la vague de canicule.
01:19Donc on va pouvoir retrouver des conditions météorologiques un tout petit peu plus normales.
01:24Mais il faudra rester extrêmement vigilant.
01:26Et je pense en particulier en disant ça aux personnes âgées isolées.
01:30C'est d'elles qu'il faut s'occuper et se préoccuper maintenant pour savoir comment elles vont et pour
01:34aller prendre de leurs nouvelles.
01:35Ça veut dire quoi concrètement ? Quel est le constat que vous faites d'abord de la semaine écoulée ?
01:40À quoi avez-vous dû faire face en particulier ?
01:43On a fait face à une vague de canicule d'une ampleur exceptionnelle.
01:47Un phénomène météo vraiment d'une ampleur inédite.
01:49Ça a été très largement commenté.
01:51La semaine dernière, au pic de la canicule, il faisait plus chaud en France que dans 99% sur 99
01:58% de la surface de la Terre.
02:00Donc c'est quelque chose de complètement hors norme.
02:02Donc il a fallu gérer les conséquences de ça et les conséquences sanitaires.
02:06Parce qu'on le sait, une canicule prolongée, ça a des effets sur l'organisme.
02:09Mais notamment sur les organismes les plus fragiles.
02:12Mais pas que.
02:14On voit bien qu'il y a eu aussi, parmi les victimes de cette canicule, des personnes en pleine santé,
02:18dans la force de l'âge.
02:19Mais qui malheureusement ont subi les effets de la chaleur en continuant à faire du sport.
02:24En surestimant parfois leur capacité à faire face.
02:27Exactement.
02:28La canicule, elle touche tous les organismes et pas uniquement les plus vulnérables.
02:31Alors à quoi est-ce qu'on a fait face ?
02:32On a fait face à ça avec un mot d'ordre absolu qui a guidé l'action des pouvoirs publics
02:37depuis le début de la canicule.
02:39Ne pas subir, anticiper et surtout protéger le maximum les Français.
02:43Qu'est-ce que vous avez vu ?
02:45On sait que BFM TV vous a accompagné, par exemple, à accompagner un certain nombre de vos équipes sur le
02:50terrain.
02:50Qui parfois étaient appelées pour la chute d'un lit.
02:54Mais se rendaient compte en réalité une fois sur place que la personne âgée, isolée, était en réalité en coup
03:00de chaud.
03:00Ça veut dire quoi ?
03:01Quand vous arrivez, vous voyez des gens qui sont en hyperthermie, ont une fièvre extrêmement élevée, n'arrivent plus à
03:09réguler leur température.
03:10C'est exactement ça.
03:11On a constaté des phénomènes qu'on connaît, effectivement, de l'hyperthermie.
03:15C'est-à-dire la manière dont l'organisme réagit à des températures élevées et prolongées.
03:19Vous savez, à Pau-de-Nomètre, on a appris de la canicule de 2003.
03:22Et on sait beaucoup mieux prendre en charge ces hyperthermies aujourd'hui que ça n'avait été le cas, malheureusement,
03:28en 2003.
03:29Je vais vous donner un exemple très concret.
03:31Cette vague de canicules, elle a frappé l'ensemble du pays.
03:34Mais elle s'est fait notamment se ressentir durement à Paris, en région parisienne, en Ile-de-France.
03:37C'est là que les effets sanitaires ont été probablement les plus intenses.
03:41Les pompiers de Paris, ils se sont équipés de kits canicules.
03:44C'est-à-dire que quand ils étaient appelés ces derniers jours pour aller prendre soin d'une personne en
03:50situation d'hyperthermie,
03:51ils se déplaçaient avec un kit canicule.
03:52Qu'est-ce que c'est ?
03:53C'est une baignoire mobile, pliable, démontable, dans laquelle ils mettent de la glace, de l'eau froide,
03:59pour immédiatement refroidir, faire baisser la température du corps.
04:03Vous savez, ça, le fait d'avoir pu déployer ces kits canicules ces derniers jours,
04:07on pense que ça a sauvé à peu près 300 vies à Paris.
04:09Vous pensez avoir rien que ces derniers jours sauvé 300 vies ?
04:13Bien sûr, toute l'action des pouvoirs publics depuis le début de la canicule,
04:16elle n'a obéi qu'à ce seul objectif, sauver des vies et protéger les Français.
04:20Vous savez, quand on a pris des décisions d'interdiction de grandes manifestations, de grands rassemblements,
04:26Solidaise, La Marche des Fiertés, mais plein d'autres événements partout sur le territoire,
04:30c'est pas pour, si vous me permettez l'expression, emmerder les Français,
04:32c'est pour sauver des vies.
04:33Et je pense qu'on a sauvé des vies.
04:35Vous allez donner l'exemple de Solidaise.
04:37L'annulation de Solidaise, qui n'a pas été décidée de gaieté de cœur, vraiment,
04:40ça a permis très concrètement de redéployer une quarantaine d'ambulances,
04:45des sapeurs-pompiers et des associations agréées de sécurité civile,
04:48partout dans les centres de secours de la région parisienne.
04:51Ça veut dire que non seulement ça a potentiellement sauvé des vies sur place,
04:54si ce festival avait eu lieu, finalement,
04:57mais c'est aussi les équipes qui auraient été mobilisées,
04:59qui devaient être mobilisées pour ce festival,
05:01qui ont pu être déployées sur l'ensemble et qui ont donc sauvé aussi d'autres vies par ailleurs.
05:05Exactement. C'est 40 ambulances et puis les pompiers qui vont avec et qui les font fonctionner,
05:09ils ont pu, pendant ce temps-là, aller prendre en charge des victimes de la canicule,
05:12car il y en avait beaucoup.
05:13Il y en a que vous avez sauvé, il y en a que vous n'avez pas pu sauver.
05:16Et lorsque vous êtes arrivé dans un certain nombre d'appartements, de lieux isolés,
05:19parce que beaucoup sont morts chez eux,
05:21vous avez dû faire face à des décès parfois.
05:24De quoi sont morts ces personnes âgées parfois isolées ?
05:30D'hyperthermie, des effets de la canicule sur l'organisme,
05:34sur les défaillances en série ensuite qui se font sentir sur des organismes fragilisés.
05:39Mais vous savez, vous parlez des personnes âgées.
05:42Quand je disais qu'on avait appris de 2003,
05:45très concrètement, dans les EHPAD, il y a plus de...
05:47Les EHPAD ont tenu, est-ce qu'on peut dire ce matin ?
05:49Les EHPAD ont tenu, et si les EHPAD ont tenu,
05:51c'est précisément parce qu'à la suite de la canicule de 2003,
05:54on a mis en place toute une série de mesures
05:55qui font que dans les EHPAD d'aujourd'hui,
05:57il y a au minimum une pièce réfrigérée.
05:59Les EHPAD ont tenu, les EHPAD ont tenu.
06:01Est-ce que les personnes qui sont mortes chez elles,
06:04est-ce qu'on peut dire ce matin que s'ils avaient eu la clim,
06:05ils ne seraient pas morts ?
06:06Je ne peux pas répondre à cette question.
06:08C'est très difficile à dire parce que c'est très difficile
06:10de dire ce qu'aurait été l'impact d'une climatisation
06:12sur un organisme affaibli.
06:16Les médecins, je ne suis pas médecin,
06:17mais les médecins vous diront qu'une canicule
06:19a pour effet parfois d'accélérer
06:21des phénomènes, des pathologies.
06:23Donc c'est très difficile de répondre à une question comme ça.
06:25La vigilance météorologique baisse,
06:28mais la vigilance sanitaire demeure.
06:30Voilà le communiqué de la mairie de Paris.
06:32Comment vous expliquez que Paris et la région parisienne
06:35aient été aussi violemment touchés ?
06:37D'abord parce que ça a été un des endroits
06:38où il a fait le plus chaud.
06:41Pas le seul, mais c'était vraiment
06:42Paris et l'Île-de-France
06:44ont été vraiment parmi les territoires
06:46les plus touchés par cette canicule.
06:47Ensuite, parce que vous le savez,
06:48à Paris, en région parisienne,
06:50il y a une concentration, une densité de population
06:52très, très, très élevée qui fait que mécaniquement,
06:55les effets d'une vague de canicule
06:56s'y font probablement plus durement sentir qu'ailleurs.
06:58Avec cette vigilance qui doit donc perdurer,
07:01vous l'avez dit, parce que les effets sanitaires
07:03peuvent arriver en cascade
07:05et de manière décalée,
07:06d'autant plus qu'on attend à nouveau
07:09potentiellement une nouvelle vague de chaleur
07:11dès la fin de la semaine.
07:13Est-ce que les corps auront le temps,
07:15j'allais dire, de reprendre
07:17de l'air, de se rafraîchir
07:19avant de devoir à nouveau affronter
07:21un retour de la chaleur ?
07:21C'est tout l'objectif.
07:23Vous savez, comme je vous disais tout à l'heure
07:24qu'on était dans l'anticipation permanente,
07:26donc là, la vague de canicule
07:28que nous venons de connaître est derrière nous,
07:30heureusement et tant mieux.
07:32Dès ce soir, on se retrouve
07:33en cellule de crise autour du Premier ministre
07:35pour penser le coup d'après.
07:37Qu'est-ce qu'on fait
07:37si on a un deuxième épisode de chaleur
07:41équivalent ou moins important
07:42qui vient frapper notre pays
07:43dans les prochains jours ?
07:44Quels enseignements on tire
07:45si je puis dire à chaud
07:47de ces dix jours de canicule
07:49qu'on vient de connaître ?
07:50À la une, d'ailleurs,
07:51de cette cellule interministériale de crise
07:54à laquelle, évidemment, vous participez
07:55et dont vous êtes l'un des premiers acteurs,
07:57il y a un certain nombre de chapitres
07:58qui vont être auscultés, j'allais dire.
08:02Il y a la question du domicile.
08:04Premier point,
08:05est-ce que sur cette question-là,
08:06c'est-à-dire les personnes isolées,
08:08est-ce que vous avez en quelque sorte
08:09une cartographie ?
08:10C'est-à-dire, est-ce que vous savez
08:11où ils sont,
08:12qui sont les derniers au bout de la route ?
08:13On a parlé des postiers
08:14qui allaient devoir être mobilisés
08:15et on parlait évidemment des pompiers,
08:17mais aussi des voisins.
08:18Est-ce qu'il y a une solidarité ?
08:20Est-ce qu'il y a encore des gens
08:22qui sont au-delà, j'allais dire,
08:24et qui ne sont plus à portée des autres ?
08:26Oui, il y a une solidarité.
08:27Et ça, c'est quand même
08:28un motif d'optimisme.
08:31C'est que, là encore,
08:32on a appris de 2003, vous savez.
08:33Dans chaque commune, aujourd'hui,
08:35vous avez une liste des personnes
08:38isolées, vulnérables.
08:39Et une des premières choses
08:40qui a été demandée
08:41lors de la première réunion
08:42de la cellule interministériale de crise
08:44au début de la canicule,
08:45c'était, via chaque mairie,
08:47d'aller prendre des nouvelles
08:48de chaque personne inscrite sur cette liste.
08:50Et je pense que ça a été fait.
08:52Et là aussi, je pense que ça a sauvé des vies.
08:54La question de l'école,
08:55ça peut être derrière nous,
08:56puisque c'est la fin de l'année scolaire mardi.
08:59Donc, si une nouvelle vague caniculaire arrivait,
09:01au moins, il n'y aurait plus cette question-là.
09:03Mais reste la grosse inquiétude
09:05sur l'hôpital.
09:07Est-ce qu'une fois que vous,
09:08vous constatiez parfois
09:09qu'il y avait des personnes en détresse
09:11et que vous les ameniez à l'hôpital,
09:12est-ce que l'hôpital a tenu ?
09:13L'hôpital a tenu,
09:14Apolline de Malherbe.
09:15L'hôpital, le système de soins
09:17a été fortement, très fortement sollicité,
09:20mais il a tenu.
09:21Et je pense qu'il faut quand même
09:22rendre hommage,
09:23donner un immense coup de chapeau
09:24à l'ensemble des personnels soignants
09:26de ce pays
09:27qui ont été fortement, très fortement
09:29et intensément mobilisés
09:30au cours des derniers jours,
09:31mais l'hôpital a tenu.
09:32L'hôpital a tenu sans remettre en cause
09:35la capacité d'absorber des personnes
09:37qui, tous les jours,
09:38viennent pour se faire soigner
09:39pour tout à fait autre chose.
09:40Mais est-ce qu'il tiendra encore,
09:42si des vagues de canicules
09:44arrivent pendant l'été,
09:45à des moments où il y a
09:46un certain nombre de soignants
09:47qui seront en vacances ?
09:48Ça n'était pas le cas pour l'instant.
09:49C'est l'objet de la mobilisation
09:51du plan Orsan niveau 3
09:52qu'a décidé le Premier ministre
09:53et que ça permet précisément,
09:55pour faire face à ce type de situation,
09:57de dégager des capacités,
09:58d'ouvrir des capacités d'accueil
09:59supplémentaires pour prendre en compte
10:01des victimes.
10:01Est-ce qu'ils vont pouvoir partir
10:02en vacances, les soignants ?
10:02Je ne sais pas.
10:03Je ne peux pas vous répondre.
10:05Les soignants,
10:05comme l'ensemble des acteurs du secours,
10:07ont besoin de se reposer.
10:09C'est évident.
10:10Ils veulent pouvoir se mobiliser
10:12complètement au profit
10:13de nos concitoyens.
10:14Mais je ne sais pas vous dire
10:15concrètement
10:15qu'est-ce que sera le régime
10:16des congés cet été.
10:17Julien Marion,
10:18je rappelle que vous êtes
10:18le directeur général
10:19de la sécurité civile
10:20et de la gestion des crises.
10:22Quand on voit ce premier bilan,
10:241000 décès supplémentaires environ
10:25qui sont évoqués
10:26par Santé publique France,
10:27est-ce que vous vous dites
10:29chaque jour va gonfler ce chiffre ?
10:33On sait qu'une vague de canicules
10:35entraîne une surmortalité.
10:36C'est le sens d'ailleurs
10:37de ce que vient de diffuser
10:38hier Santé publique France,
10:39mais sur des données
10:40très parcellaires.
10:42Donc, le véritable bilan
10:43de cet épisode de canicules,
10:45on le connaîtra dans quelques semaines,
10:47une fois qu'on aura
10:47le recul suffisant.
10:48L'objectif qu'on s'est fixé,
10:50c'est qu'il soit
10:51le plus limité possible.
10:52Mais il y aura malheureusement
10:53une surmortalité imputable
10:54à cette canicule.
10:55Est-ce qu'on sait à peu près
10:56ce à quoi il faudra s'attendre ?
10:57Non, je ne peux pas vous dire
10:58parce que c'est beaucoup trop tôt,
11:00on est encore trop près
11:01de l'événement
11:01et ce genre de données
11:02remonte avec pas mal
11:03de décalage.
11:04Avant de passer à la question
11:05aussi des incendies,
11:06parce que c'est aussi
11:07l'autre gros risque,
11:09au moment où l'on se parle,
11:10quels sont les conseils
11:11que vous pouvez donner
11:11à ceux qui nous écoutent,
11:13qui pourraient avoir
11:14le sentiment que ça y est,
11:15on peut ressortir,
11:16qu'on peut se remettre
11:17à faire du sport
11:18quand on est jeune
11:19et que peut-être
11:19depuis une semaine,
11:20on s'était interdit
11:21de sortir ?
11:22Est-ce qu'on peut y retourner ?
11:23Est-ce que ceux qui,
11:25j'allais dire,
11:26ont des fourmis dans les jambes
11:26peuvent y retourner
11:27ou est-ce qu'il faut
11:27rester très très prudent ?
11:28C'est des conseils de bon sens.
11:30Les organismes sont fatigués
11:32parce qu'ils viennent de vivre
11:33tous les organismes,
11:34pas uniquement ceux
11:35des personnes vulnérables
11:36et les plus fragiles,
11:37les organismes y compris
11:38de personnes en très bonne santé.
11:39Donc il faut continuer
11:40à faire attention,
11:41il faut éviter
11:42les efforts physiques extrêmes
11:44en pleine journée.
11:45Nos organismes sont encore fatigués
11:47par cet épisode de canicule,
11:48donc il faut en continuer
11:49à faire très attention.
11:50Nos organismes sont encore fatigués ?
11:52Bien sûr, bien sûr.
11:53Nos organismes,
11:54là, ils viennent de prendre
11:55dix jours de chaleur intense,
11:57donc il faut les ménager.
11:58Donc on se repose ?
12:00On se repose.
12:01Il ne s'agit pas de dire
12:03interdiction absolue
12:04de faire du sport,
12:04mais il faut le faire
12:05si possible
12:06dans des locaux climatisés.
12:07Enfin, on a quand même
12:07des salles de sport
12:08qui ont fleuri partout
12:10dans nos territoires.
12:11C'est plutôt là
12:12qu'il faut aller faire du sport
12:13plutôt qu'en plein soleil,
12:14en pleine journée.
12:15Vous avez dit,
12:15on a tenu
12:17beaucoup de critiques,
12:18très nombreuses,
12:19notamment des différentes oppositions,
12:21sur l'impréparation du pays.
12:25Est-ce que vous les entendez ?
12:26J'entends ces critiques,
12:27mais je les trouve
12:29assez injustes
12:29et assez inexactes,
12:30parce que précisément,
12:32dès qu'on a su
12:32qu'un épisode de canicule
12:34allait venir frapper notre pays,
12:36je dis juste
12:36que ce genre
12:37de phénomène météo,
12:38on peut avoir
12:39des certitudes
12:40à partir de 3-4 jours
12:42avant que ça arrive.
12:42Avant,
12:43on a des probabilités,
12:44mais le certitude,
12:46c'est 3-4 jours avant.
12:46Dès qu'on a su
12:47qu'il y allait avoir
12:48un épisode de canicule
12:49qui allait frapper notre pays,
12:51mobilisation générale
12:52de tous les services de l'État,
12:53cellule interministérale de crise.
12:55On y a passé
12:55toutes nos journées
12:56pour essayer
12:57d'abord mesurer
12:58ce qui se passait
12:58et surtout anticiper,
12:59préparer,
13:00ne pas subir.
13:00Quels sont vos regrets ?
13:01Qu'est-ce qui vous a manqué ?
13:03Il y a toujours des regrets,
13:05des retours d'expérience à faire.
13:07On va d'ailleurs commencer
13:07dès ce soir
13:08lors de la réunion
13:09avec cette cellule de crise.
13:11Il y a peut-être des choses
13:12qu'on aurait pu davantage
13:13dans la pédagogie de l'action,
13:16davantage polire,
13:17davantage affiner, etc.
13:19Il y a aussi
13:21probablement des choses
13:23à améliorer
13:23sur précisément
13:24le dernier kilomètre
13:25que vous avez dit
13:26très justement tout à l'heure,
13:27c'est-à-dire comment aller
13:29jusqu'à la personne isolée
13:30chez elle.
13:31Alors on a commencé
13:32à imaginer un peu
13:33dans l'action des pistes,
13:34mais je pense que tout ça
13:35mérite encore d'être retravaillé.
13:36Mais quand on dit isolé,
13:37ça ne veut pas forcément dire
13:38au bout d'une toute petite route.
13:40Ça peut vouloir dire
13:43un étage d'immeuble
13:45et c'est ces voisins
13:45qu'on voit rarement,
13:47mais dont il faut
13:48prendre des nouvelles.
13:49C'est exactement ça.
13:50Quand je parlais
13:51de mobilisation générale,
13:52c'est évidemment
13:52la mobilisation générale
13:54de tous les services publics,
13:55de toutes les autorités administratives,
13:58mais c'est la mobilisation générale
13:59de chacun d'entre nous.
14:00Et c'est la personne isolée,
14:01ça peut être le voisin de palier
14:02ou le voisin de l'étage du dessus.
14:03Avez-vous assez d'ailleurs
14:04de volontaires ?
14:05Oui, on a la chance
14:07d'avoir dans notre pays
14:08quand même non seulement
14:09les acteurs du secours,
14:10les personnels soi-même,
14:11mais on a aussi beaucoup
14:11des milliers,
14:12des centaines de milliers
14:13de bénévoles
14:14qui ont été fortement mobilisés
14:15et ça, c'est aussi
14:16une grande force.
14:17L'inquiétude sur les feux de forêt
14:19à présent
14:19et sur ce pays
14:20qui reste extrêmement chaud,
14:22la terre reste chaude,
14:23les arbres restent chauds.
14:25Où est-ce qu'on en est
14:26de ce bilan d'abord
14:27des quelques incendies
14:28qui ont déjà eu lieu
14:29ces derniers jours
14:30et quelle est votre vigilance
14:32pour les prochaines heures
14:33et les prochains jours ?
14:34On va avoir une saison
14:35feux de forêt compliquée.
14:37Ça, je crois malheureusement
14:38qu'on peut le dire d'ores et déjà.
14:40En particulier cette semaine
14:41parce que comme ça a été dit
14:42tout à l'heure,
14:43on va avoir un épisode de vent
14:44Mistral et Tramontane
14:45dans le sud
14:46à partir de demain
14:48probablement.
14:48Donc le risque
14:49feu de forêt
14:50va augmenter très nettement
14:52et donc là vraiment,
14:53moi ce que je voudrais
14:54c'est lancer un appel
14:55à chacun de vos auditeurs.
14:57Neuf feux de forêt
14:58sur dix
14:58sont d'origine humaine.
15:00Et donc
15:00pour essayer
15:01de limiter
15:02autant que possible
15:03le nombre de feux de forêt
15:05et les hectares brûlés,
15:06pour essayer
15:06de préserver
15:07les services
15:08de secours,
15:09les pompiers,
15:10les pilotes
15:10d'avions bombardiers d'eau,
15:12chacun doit se sentir
15:12un tout petit peu responsable.
15:14On sait qu'on va avoir
15:14une saison feu compliquée
15:15mais je tiens à le dire
15:16notre dispositif est prêt.
15:18On est prêt,
15:19appel à la très grande
15:20vigilance donc.
15:21Il y a deux Canadaires
15:22qui ont été commandés
15:23mais qui ne sont toujours
15:24pas arrivés.
15:26Est-ce qu'ils ne vont pas
15:26vous manquer ?
15:27On a deux Canadaires,
15:28on a même quatre Canadaires
15:29supplémentaires
15:30qui ont été commandés
15:31deux en 2024
15:33et deux cette année,
15:34ce qui va porter
15:34notre flotte de Canadaires
15:35à 16 machines à terme.
15:38En attendant,
15:38vous savez,
15:39on a la chance
15:39d'avoir une des flottes
15:40d'avions bombardiers d'eau
15:41parmi les plus fournis
15:42de tous les pays au monde.
15:43Il y a les 12 Canadaires
15:44actuels mais il y a aussi
15:45huit dash avions bombardiers d'eau
15:47et nous louons chaque été
15:48depuis 2023
15:49des capacités supplémentaires,
15:51six avions légers
15:52et dix hélicoptères
15:53bombardiers d'eau.
15:54Donc on a la chance
15:55d'avoir des moyens
15:55et je tiens à le dire
15:57une très bonne disponibilité
15:58de ces moyens
15:58au début de la saison.
15:59Donc on a les moyens
16:00de faire face.
16:01Il y a eu déjà
16:02cette semaine
16:04quelques feux.
16:05Est-ce qu'au moment
16:05où on se parle,
16:06tout est sous contrôle ?
16:07Le week-end a été
16:09relativement calme.
16:10Enfin, en tout cas,
16:10l'activité a été mesurée
16:12mais c'est ce qu'on attendait
16:13parce que le niveau
16:13de risque était faible.
16:14En revanche,
16:15sur la semaine,
16:15je suis très vigilant
16:16parce que le niveau
16:17de risque va élever.
16:18Il faut savoir quand même
16:19à Pauly-de-Mélaire
16:20qu'au moment où on se parle,
16:21depuis le début de l'année,
16:22il y a eu 7000,
16:23un peu plus de 7000 hectares
16:24qui ont brûlé
16:25sur des feux de forêt.
16:26C'est beaucoup ?
16:26C'est pas beaucoup ?
16:27C'est plus que l'an dernier.
16:28C'est plus que l'an dernier ?
16:35Parce que ça paraît loin
16:36mais nous sommes mobilisés,
16:38vous êtes mobilisés.
16:39Vous avez envoyé,
16:40je crois,
16:40une équipe de 85 hommes
16:42et femmes sur place
16:43pour aider à déblayer
16:44après le très grand séisme.
16:47Ils restent sur place ?
16:48Est-ce qu'on a encore
16:49un peu d'espoir ?
16:50L'espoir,
16:50heureusement,
16:51l'espoir existe
16:52jusqu'au dernier moment.
16:54On a effectivement
16:5485 sapeurs-sauveteurs
16:56qui ont été projetés
16:58dès ce week-end
16:59au Venezuela
17:00qui sont à pied d'œuvre
17:01depuis leur arrivée.
17:02Et hier,
17:02ils ont pu,
17:03avec l'aide
17:04de leurs collègues américains,
17:06sauveteurs américains
17:06présents sur place,
17:07ils ont pu sortir
17:08vivant des décombres
17:09un père et son fils.
17:10Et ça,
17:11ça donne tout...
17:11C'est nos équipes ?
17:12C'est nos équipes,
17:14C'est les équipes de la sécurité
17:14civile française.
17:15Ce sont les sapeurs-sauveteurs
17:16du régiment de Brignol
17:18à qui je veux rendre
17:19un hommage
17:20et leur donner un coup de chapeau.
17:21Ils sont extraordinaires.
17:22Ils travaillent
17:22dans des conditions
17:23extrêmement dégradées.
17:24Vous avez pris connaissance
17:25du bilan.
17:2650 000 personnes disparuient.
17:27Ils sont à pied d'œuvre.
17:28Je crois que c'est vraiment
17:28pour nous tous
17:29un motif de fierté
17:30de savoir qu'on est capable
17:31d'envoyer
17:32à l'autre bout de la planète
17:33dans des circonstances
17:34très difficiles
17:34nos sapeurs-sauveteurs
17:35et qu'ils sauvent des vies.
17:36Et qu'ils sauvent des vies
17:37aussi là-bas.
17:38On est à un bilan
17:39de plus de 1 450 morts
17:41et en effet,
17:42vous le disiez encore,
17:4250 000 disparus.
17:4485 de nos hommes et femmes
17:45qui sont donc
17:46mobilisés sur place.
17:48Un très grand merci
17:48d'avoir fait ce premier bilan
17:49avec nous ce matin.
17:51Julien Marion,
17:52je rappelle que vous êtes
17:53le directeur général
17:53de la sécurité civile
17:55et de la gestion des crises.
17:56Mais vous le dites ce matin,
17:57si vous avez réussi
17:58à sauver un certain nombre
17:59de vies,
17:59il faut rester très très vigilant.
18:02Nos corps ont été éprouvés.
18:04Il faut les ménager.
18:06Il est 8h47 sur RMC et BFM TV.
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