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  • il y a 8 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Cela c'est Alma Dufour, députée LFI de Seine-Maritime qui est mon invitée.
00:03Bonjour Alma Dufour.
00:04Bonjour.
00:04Soyez la bienvenue.
00:06On va revenir sur ces cinq jeunes, dont trois mineurs qui ont été mis en examen
00:10et placés en détention provisoire pour le passage à tabac mortel de Louis,
00:14un jeune homme de 17 ans.
00:16Ça s'est passé à Narbonne le week-end dernier.
00:18Écoutez, Gabriel Attal, le chef de file des députés EPR,
00:21candidat à la présidentielle, qui a réagi ce matin.
00:24C'est un drame de plus, insupportable,
00:28parce qu'on parle manifestement d'actes quasiment de barbarie,
00:32parce que c'est encore une fois des mineurs.
00:34Moi, je le dis ici, vous savez, quand j'étais nommé Premier ministre,
00:37j'ai dit que ma priorité, c'était de lutter contre la délinquance des mineurs
00:40et la violence chez les mineurs.
00:41Parce qu'on voit une violence de plus en plus forte,
00:44de plus en plus banalisée, de plus en plus jeune.
00:46Les 13-17 ans, c'est un Français sur 20.
00:49Mais c'est un vol avec armes sur trois.
00:51Il y a une surreprésentation des mineurs dans les faits de criminalité.
00:56Et donc, ça appelle une réponse, évidemment,
00:58qui doit s'adapter à ce fait de société,
01:01qui est le rajeunissement de la violence.
01:03Alma Dufour, est-ce que les jeunes de 2026 sont les mêmes
01:05que ceux, par exemple, de 1945, quand l'ordonnance a été faite ?
01:09Ah, 1945, sans doute, qui se rapprochait plus, je pense,
01:12de la jeunesse de l'époque que de la jeunesse des 20 dernières années,
01:16j'ai envie de vous dire.
01:17À cause de la guerre ?
01:18À cause de la guerre, à cause de la pauvreté aussi.
01:20À cause, effectivement, d'une éducation à la dure,
01:23à cause de tout ce qu'ils avaient vu.
01:24Et je pense aussi que ce qui m'enrage dans la manière
01:27dont Gabriel Attal se saisit de ce sujet,
01:29qui est un réel sujet, c'est un sujet sérieux,
01:32autant le nombre d'homicides, en général,
01:34diminue dans la société depuis une vingtaine d'années.
01:36Ils ont diminué de 30%.
01:38Certes, maintenant, on stagne à un niveau,
01:40mais qui est quand même bien, bien, bien plus faible
01:41qu'il y a même 20 ans.
01:43Donc, en fait, quand les gens pensent
01:44qu'ils vivent dans une société française plus violente,
01:46en réalité, ce n'est pas vrai.
01:47Par contre, effectivement, il y a un phénomène qui est réel,
01:50c'est-à-dire l'augmentation des crimes et des délits commis par des mineurs.
01:54Des mineurs et des très jeunes personnes,
01:56qui sont de plus en plus jeunes.
01:57C'est un phénomène qui doit nous alerter.
01:59Et je trouve ça honteux.
02:02Honteux quand on parle d'enfants de 14 ans, de 15 ans,
02:05parce que ça reste des enfants d'un point de vue du droit,
02:07de n'avoir que la question pénale et répressive à la bouche.
02:11Déjà, en déformant la réalité,
02:13en faisant croire que des mineurs ne peuvent pas aller en prison,
02:15ce qui est faux quand même.
02:16Évidemment, ce n'est pas le même régime que pour les adultes.
02:19Mais c'est important de le rappeler quand même à la radio,
02:20parce qu'il y a quand même des gens qui pensent
02:21qu'un mineur qui tue quelqu'un ne peut pas aller en prison.
02:23Ce n'est pas vrai.
02:24Je veux dire, il y a aussi beaucoup de fake news
02:26qu'on raconte à la télé et à la radio.
02:29Mais par contre, M. Attal se garde bien de dire
02:33qu'il ne renforce absolument pas les moyens de la protection de l'enfance,
02:36du suivi pédagogique, éducatif par des éducateurs spécialisés,
02:40des enfants qui peuvent subir eux-mêmes des violences dans leur foyer.
02:45Aujourd'hui, un juge justement de la protection de l'enfance,
02:47on en parlait dans le cadre de l'affaire Liana,
02:49mais c'est très important.
02:50Un juge de la protection de l'enfance,
02:52normalement, il devrait suivre 300 dossiers d'enfants.
02:54Aujourd'hui, c'est plutôt 600.
02:56Mais ce que je veux dire, c'est que les magistrats disent
02:59qu'il n'y a pas de moyens pour surveiller, pour prévenir,
03:01et que les familles s'appauvrissent de plus en plus.
03:04Donc évidemment, on se retrouve avec une partie,
03:06heureusement une faible partie, mais une partie des jeunes
03:08qui sont, comment dire ça, en roue libre,
03:11qui sont complètement dans un monde à part,
03:13et qui sont complètement décrochés de leur famille,
03:16de la société, et qui ont des attitudes et des passages à l'âge
03:20qui sont parfois dramatiques.
03:21La réponse pénale est évidemment une réponse.
03:23C'est ce que j'allais vous dire.
03:24Est-ce que toute cette histoire, cette barbarie, ce drame-là,
03:27parce qu'il avait déjà été passé au tabac en plus,
03:29et il était allé au commissariat.
03:30Non, mais il faut qu'il soit puni.
03:32Donc la répression n'est pas exclue,
03:34c'est-à-dire qu'elle ne s'explique pas uniquement par la pauvreté...
03:38Bien sûr, mais c'est quand même très très important de le dire,
03:41parce que tous les pays qui ont fait des efforts de prévention,
03:44d'amélioration des conditions d'existence des jeunes,
03:46ont vu la criminalité baisser.
03:48C'est ce que je reproche à l'extrême droite et à Gabriel Attal,
03:51qui leur emboîte le pas dans ce registre-là,
03:53sur il faut plus de répression, plus d'ordre.
03:55Il n'est pas le seul, Gérard Larcher, le président de l'OEA,
04:00Gérard Larcher, le jour où il aura un avis intéressant à donner
04:02sur la société française, pardon.
04:04C'est quand même le président de l'OEA.
04:05Oui, mais je ne respecte ni sa politique,
04:08ni celle de son groupe parlementaire.
04:10Ce que je veux dire, c'est qu'en fait, on voit très bien,
04:11par exemple à Orléans, ils ont investi dans la prévention spécialisée,
04:14c'est-à-dire des éducateurs de rue qui vont suivre les mineurs.
04:19Bizarrement, la délinquance des mineurs,
04:20elle a vraiment réduit de plusieurs dizaines de pourcents.
04:23Ce que je suis en train de vous dire, c'est que
04:24c'est des gens qui agitent des spectres,
04:26et les Français ont le droit d'avoir peur et d'être en colère
04:28face à cette violence.
04:29Mais ils vous proposent des réponses qui ne fonctionneront pas
04:32parce qu'ils ne mettent pas les moyens
04:33là où il faut les mettre, c'est-à-dire dans la prévention,
04:36dans le suivi, dans le repérage
04:38des enfants et des mineurs
04:40qui commencent à prendre un chemin très dangereux.
04:42Et ça, ces moyens, non seulement ils ne sont pas mis,
04:44mais ils sont réduits.
04:46Et l'affaire Liana, c'est parfaitement l'exemple.
04:48On va avoir une loi, ils vont vous dire
04:49qu'on va passer à la perpétuité pour certains crimes
04:52de pédocriminalité.
04:53Peut-être, mais ce n'est pas ça le sujet dans l'affaire Liana.
04:56Ce n'est exactement pas ça le sujet.
04:58Ce n'est pas le fait que violer un mineur
05:00et le tuer ne soient pas punis de prison.
05:02Le sujet, c'est qu'il n'y a plus assez de moyens
05:04dans la police et la justice
05:05pour qu'ils fassent correctement leur travail.
05:07Donc Gabriel Attal, qui fait partie d'un gouvernement
05:09où en gros le président dit
05:11il n'y a pas de problème de moyens dans l'affaire Liana,
05:13revient en disant voilà, c'est des peines plus dures,
05:15des peines plus dures, sans jamais parler
05:17du fait que le système policier et judiciaire
05:19est en train de s'effondrer.
05:20C'est pour ça que je suis en colère contre cette réponse,
05:23même si évidemment, des jeunes qui en tuent un autre
05:25dans un passage à tabac doivent être punis par la loi
05:27et aller en prison.
05:28Je pense que ce n'est pas la question à ce stade.
05:31Alma Dufour, puisque vous parlez et que vous évoquez
05:33l'affaire Liana, écoutez Gérard Larcher,
05:35que vous n'avez pas...
05:35Justement, c'est pour ça que je suis encore plus choquée
05:38de son comportement aujourd'hui.
05:39Il était l'invité de Laurence Faharic ce matin
05:41sur CNews et Europe 1, le président du Sénat,
05:43qui a affirmé être choqué par la journée de justice morte
05:46proposée par les magistrats
05:47face à la suspension d'un procureur d'hoche.
05:50Je dois dire que, quand j'entends que la réponse
05:53ce serait une journée justice morte,
05:55j'avoue que je suis choqué.
05:56C'est inacceptable.
05:57Par rapport...
05:57Oui.
05:58D'abord, qu'est-ce que monte le pré-rapport ?
06:00C'est qu'il y a eu des dysfonctionnements
06:02dans la chaîne pénale.
06:03Nous aurons le 10 juillet le second rapport.
06:06Parallèlement, la commission des lois du Sénat
06:08a entamé une procédure de commission d'enquête.
06:11Notamment pour savoir qu'est-ce qui s'est passé
06:13entre les instructions données par la chancellerie
06:17au parquet et la suite.
06:19Si la seule réponse doit être corporatiste.
06:22Vous savez, nous sommes un état de droit.
06:24Dans un état de droit, la confiance dans la justice
06:26est quelque chose d'essentiel.
06:29Je ne suis pas de ceux qui veulent dire
06:30qu'il faut se défier de la justice,
06:32mais aussi qu'il faut que la justice,
06:34par son attitude, nous aide à restaurer cette confiance.
06:38Dans cette affaire, Alma Dufour,
06:40qui a choqué mieux la France entière,
06:42est-ce que c'était la réponse
06:45que l'on attendait de la part des magistrats ?
06:47Moi, je pense que le gouvernement
06:49et M. Larcher, qui en est un fervent soutien quand même,
06:53ont cherché un peu le bâton pour se faire battre.
06:55Parce que, comme je vous l'ai dit,
06:57le président de la République lui-même
06:59est sorti quelques jours après la mort de Liana
07:02pour expliquer qu'il n'y avait aucun problème de moyens
07:05dans cette histoire de dysfonctionnement
07:07de la chaîne policière et judiciaire.
07:09Alors, évidemment, les dysfonctionnements
07:11sont très, très graves.
07:12Moi aussi, j'ai vu toute la liste
07:13et je suis profondément écoeurée
07:15parce que cette mort, cet assassinat,
07:17aurait pu être évitée.
07:18Vous savez, en plus, Liana,
07:19elle vient vraiment de la région
07:20de laquelle je viens aussi.
07:22J'imagine très bien la douleur de la famille
07:24et ça m'écœure, honnêtement.
07:26Je suis écoeurée.
07:27Par contre, faire comme si
07:30les magistrats, notamment,
07:31n'avaient pas tiré la sonnette d'alarme
07:33et depuis des années
07:34et ne pas se saisir d'une vraie crise,
07:36car c'est une vraie crise
07:37qui met à nu, en fait, le système.
07:39Encore une fois,
07:40pour apporter des vraies réponses,
07:42c'est là où ils ont, évidemment,
07:43créé les conditions
07:44pour que toute la magistrature
07:45se dresse devant eux.
07:46Il y a eu des budgets en hausse
07:48pour la justice.
07:49Vous savez, en fait,
07:49les budgets en hausse,
07:50ils sont en dessous de l'inflation.
07:52Et c'est là où, moi,
07:53je suis enragée.
07:54Ça fait deux ans
07:55qu'on dit à chaque fois
07:56que les budgets passent
07:57et que, par exemple,
07:58le Parti Socialiste
07:59et le Rassemblement National
08:00refusent de censurer les budgets,
08:01ont dit, mais attendez,
08:02dans tous les services publics,
08:03sauf la défense,
08:04les budgets, en fait,
08:05baissent par rapport à l'inflation.
08:06Et c'est le cas de la justice.
08:07Et je l'ai dit,
08:08et on passait comme ça.
08:09Tous les journalistes passaient comme ça.
08:11Oh, c'est pas si grave,
08:11oui, mais il faut faire des coupes.
08:12De toute manière,
08:13on a trop de dépenses.
08:14Personne ne regardait,
08:15je veux dire,
08:15le détail de ce qui se passe vraiment.
08:17Dans la justice,
08:18oui, les budgets ont augmenté,
08:19mais ils sont en dessous de l'inflation.
08:20Et par rapport à la défense,
08:22c'est une paille.
08:22Ils ont augmenté de 3 milliards.
08:23La défense,
08:23c'est plus de 25 milliards.
08:25Ce n'est absolument pas une priorité.
08:27Aujourd'hui,
08:27le budget augmente,
08:28mais ça comble à peine
08:29les trous laissés
08:30par la carence de moyens.
08:33Je veux dire,
08:34déjà,
08:34il faut compter les places de prison
08:35et les fonctionnaires pénitentiaires
08:37qui sont comptés
08:37dans ce budget de la justice
08:38qui augmente.
08:39Mais surtout,
08:40voilà,
08:40il y a des juges,
08:41il y a des tribunaux aujourd'hui
08:42où ils ne trouvent pas assez de juges
08:43puisque plus personne
08:44ne veut faire ce travail.
08:45Je vous le dis.
08:46Et on a,
08:47en 2021,
08:48une magistrate qui s'est suicidée.
08:50Elle s'est pendue.
08:52Vous vous en souvenez sans doute même pas.
08:53Même moi,
08:53j'avais oublié tellement
08:54on en a peu parlé.
08:55Elle s'est pendue,
08:56dans son bureau,
08:57elle a dénoncé le manque de moyens.
08:59Il n'y a plus les deux tiers
08:59des magistrats français
09:00qui, à cette époque-là,
09:01l'ont soutenu
09:02en disant,
09:02vous verrez qu'un jour,
09:04il va y avoir des drames.
09:06Eh bien,
09:06l'IANA,
09:06c'est un des drames
09:08qui est aussi dû,
09:09pas que,
09:09parce qu'il y aura aussi
09:10des fautes personnelles.
09:11Et c'est justement ce que l'enquête...
09:13Et pour autant,
09:13est-ce que justement,
09:14on peut ne pas sanctionner
09:16quand il y a eu ces erreurs individuelles
09:19qui sont pointées du doigt
09:20pour les rapports,
09:21notamment la préliminaire,
09:22on verra après la fin d'enquête.
09:23Et moi,
09:23je suis pour cette doctrine
09:25sur la police,
09:26par exemple,
09:26avec l'IGPN
09:27ou sur la gendarmerie,
09:28avec l'inspection de la gendarmerie.
09:30Je suis évidemment
09:31pour cette doctrine
09:31sur la justice.
09:32Quand il y a des fautes personnelles
09:33et des agents,
09:34parce que la police
09:35est aussi en cause,
09:36il n'y a pas que la justice,
09:38la gendarmerie, pardon.
09:39Quand il y a des agents
09:40qui,
09:41vraiment,
09:42par déconsidération
09:43de ces sujets-là,
09:45de violences sexistes
09:45et sexuelles,
09:46et notamment sur mineurs,
09:47n'ont pas donné
09:48l'attention suffisante
09:49à des affaires.
09:50Bien sûr qu'il faut
09:51qu'ils soient sanctionnés
09:52à titre individuel.
09:53Mais là,
09:54s'ils se retrouvent
09:54avec toute une profession
09:56qui organise
09:57une journée justice morte,
09:58c'est parce que,
09:58justement,
09:59ils n'ont pas du tout
10:00voulu ouvrir le sujet
10:02des moyens
10:03qui sont un véritable problème
10:04et ils vont finir
10:06par vraiment brusquer
10:08tellement la profession
10:08que ça va être
10:09très très compliqué.
10:10Par ailleurs,
10:10Gérald Darmanet
10:11a annoncé un choc numérique,
10:12justement,
10:13pour les magistrats,
10:13pour la justice,
10:14pour la profession.
10:15Enfin,
10:15j'allais dire,
10:15ça va plutôt dans le bon sens.
10:17Il a eu 3 ans
10:18mais en fait,
10:18le problème,
10:19ce qui est écœurant
10:19avec ce gouvernement,
10:20je suis désolée,
10:21c'est qu'ils attendent
10:22qu'il y ait des morts
10:23et c'est Eliana,
10:24je suis désolée,
10:24c'est pas la seule.
10:25C'est une affaire
10:26tellement redoutable
10:27en termes de,
10:27déjà,
10:28son âge,
10:29en termes de toutes les fois
10:29où il y a eu des signalements,
10:30etc.
10:30C'est pour ça que ça fait
10:32un énorme écho.
10:33Malheureusement,
10:33Eliana,
10:33je vous le dis,
10:34n'est pas la seule
10:36victime d'agresseurs
10:37qui ont été dénoncés
10:38et qui n'ont pas été arrêtés.
10:39Il y a une dame
10:40qui s'est fait tuer
10:40par son ex-conjoint.
10:41Elle était venue
10:42porter plainte
10:43à la gendarmerie
10:44deux heures avant
10:44qu'il la tue.
10:45Ils ne sont pas intervenus.
10:46Vous voyez,
10:47ça, c'est des choses
10:48récurrentes.
10:48Il y a 200 féminicides par an
10:50et la plupart ont été signalés
10:51à la police
10:52avant que le meurtre
10:53n'ait lieu.
10:54C'est ça que je suis
10:54en train de vous dire.
10:55Donc, effectivement,
10:56c'est ça qui m'écœure
10:57dans cette manière
10:58de réagir.
10:59C'est qu'on a eu
11:00trois budgets.
11:00On a demandé des moyens
11:01à la justice,
11:02même à la police.
11:03On a demandé des moyens.
11:04Les associations
11:05de lutte contre les violences
11:10attendent qu'une petite fille
11:11décède pour qu'on se dise
11:12qu'on va faire un choc numérique.
11:13Très bien.
11:13Et nous allons vraiment vérifier
11:15que les promesses
11:16sont à la hauteur des besoins.
11:18L'autre annonce
11:20dans le cadre de cette affaire,
11:21la proposition de loi intégrale
11:22qui sera en examen
11:23à l'automne
11:24à l'Assemblée nationale.
11:25C'est un texte
11:26de 78-79 articles
11:28qui paraît un peu fourre-tout
11:30d'ailleurs.
11:30Il y a beaucoup de choses.
11:31Mais est-ce que ça va
11:32dans le bon sens aussi ?
11:33Est-ce que vous allez le soutenir ?
11:34En fait, là, encore une fois,
11:35c'est exactement le problème.
11:36Oui, il y a plein de mesures
11:37qui vont dans le bon sens.
11:38Elles sont aussi issues
11:39de ce que proposent
11:40des associations féministes.
11:42Et donc, du coup, évidemment,
11:43le problème, c'est qu'il n'y a pas
11:43un euro de plus
11:45pour la faire appliquer.
11:47Et donc, c'est toujours
11:48le même problème.
11:49On va multiplier les dispositifs,
11:51les encadrements,
11:52les alertes, etc.,
11:54sans aucun moyen
11:55pour appliquer
11:56ces nouvelles procédures.
11:57Et en fait,
11:58on vit comme dans une illusion.
12:00C'est-à-dire qu'aujourd'hui...
12:00On s'est transportisant
12:01et c'est porté par une socialiste.
12:02Je sais, je sais,
12:03mais justement,
12:04je ne lui reproche pas
12:04de porter le texte.
12:05Mais nous, en fait,
12:06on ne veut pas, encore une fois,
12:07s'engouffrer dans une opération
12:09de com'
12:09s'il n'y a pas un euro en plus
12:11dans la formation des agents,
12:13dans le recrutement des agents
12:14pour qu'enfin...
12:15Excusez-moi,
12:16on mette enfin vraiment...
12:18On résolve enfin cette crise,
12:20vraiment,
12:20des féminicides,
12:21des infanticides,
12:23de l'inceste,
12:23des viols sur mineurs
12:24qui sont en train d'angoisser
12:25sérieusement les Françaises
12:26et les Français
12:27à toutes les échelles de la société
12:28et dans toutes les villes de France.
12:29Vous pourriez voter contre ?
12:30Non, on ne va pas voter contre
12:32un texte dont on partage
12:33le fond des mesures.
12:34Par contre,
12:35on alerte très sérieusement
12:36sur le fait qu'il n'y a aucun moyen en plus
12:38et que c'est une hypocrisie,
12:39encore une fois,
12:40si le gouvernement voulait
12:41vraiment mettre fin
12:42à cette crise,
12:43et j'appelle ça une crise,
12:44il engagerait des moyens supplémentaires.
12:45Alma Dufour,
12:46députée et les filles
12:47de Seine-Maritime
12:47et l'invité des grands entretiens
12:49politiques d'Europe 1 Info.
12:51On parlera des mariages
12:52entre Français
12:54et au QTF dans un instant.
12:56Il est 14h16,
12:57à tout de suite avec Lélie Mathias
12:58sur Europe 1.
12:5913h15,
13:00Europe 1 Info.
13:01Il est 14h19
13:02sur Europe 1.
13:03Vous écoutez
13:03les grands entretiens politiques
13:05d'Europe 1 Info.
13:06C'est avec vous,
13:06Clélie Mathias,
13:07c'est votre première invitée,
13:08Alma Dufour,
13:08députée et les filles
13:09de Seine-Maritime.
13:10Alma Dufour,
13:11on va parler de la présidentielle,
13:12on va parler,
13:13bien sûr,
13:13du débat sur les mariages
13:15en situation irrégulière.
13:16Juste avant,
13:17un mot quand même
13:18de cette canicule
13:19dont on souffre tous,
13:21évidemment.
13:2272 départements,
13:23je parle sous votre contrôle,
13:2572 départements,
13:26c'est exactement.
13:26La vigilance rouge.
13:27Et je veux dénoncer
13:30le fait que le gouvernement
13:31n'agit pas assez vite.
13:33Très honnêtement,
13:34déjà,
13:34on est impréparés.
13:35Il y a des enfants
13:36qui s'évanouissent
13:36dans les cours des écoles.
13:37Là, en ce moment,
13:38dans ma circonscription,
13:39c'est la Normandie en plus,
13:40donc vous imaginez
13:41que ce n'est peut-être
13:41pas le point le plus chaud
13:42du territoire.
13:42Il fait chaud.
13:44Dans les crèches,
13:45j'ai des professionnels
13:46des crèches qui m'écrivent
13:47qui disent qu'il fait
13:4733 degrés dans les crèches,
13:49dans les EHPAD,
13:50c'est pareil.
13:50Une dame âgée vient de décéder
13:52dans la chambre de son hôpital
13:54parce qu'il fait 36 degrés.
13:55Je veux dire,
13:56non, c'est catastrophique.
13:57On va avoir
13:58des milliers de morts,
13:59peut-être même plus.
14:00Et on n'a toujours pas
14:01de clim dans les écoles,
14:02de bouteilles d'eau,
14:03même des choses basiques.
14:04Je ne parle même pas
14:04du fait que le gouvernement
14:06ait réduit les moyens
14:07à l'adaptation
14:08contre le changement climatique,
14:09du fait que nos écoles
14:09ne sont toujours pas isolées,
14:11nos EHPAD non plus.
14:12Mais là, juste,
14:12des moyens d'urgence
14:13pour essayer de calmer
14:14la situation
14:15ne sont pas mis à disposition.
14:17Je suis excessivement inquiète.
14:19Alors, il y a le plan Orsane
14:19qui est déclenché,
14:20qui monte de niveau d'ailleurs.
14:21On est au niveau 3.
14:22En fait, il faut vraiment...
14:23C'est pour ça que je me permets,
14:24j'utilise,
14:24c'est à ça que ça sert
14:25la radio aussi.
14:26Je fais un appel
14:28au gouvernement,
14:28il faut absolument,
14:29et aux mairies,
14:30que tout le monde
14:30travaille ensemble,
14:31il faut absolument
14:33aller très vite
14:34et augmenter massivement
14:35les moyens
14:36pour que les choses
14:36se passent le mieux possible
14:37dans les conditions
14:38dans lesquelles on est aujourd'hui.
14:39Alors, il y a
14:39la situation actuelle,
14:40là, notre calcul
14:41en ce moment,
14:42dans les jours qui viennent
14:44ou en tout cas pour aujourd'hui.
14:46Et puis, il y a
14:46tout ce qu'on doit faire
14:47aussi dans les années à venir.
14:48Mais là, ça va prendre
14:50des années.
14:50Bien sûr,
14:51et ça aurait été bien justement
14:52qu'Emmanuel Macron
14:53ne nous dise pas
14:53qui aurait pu prédire
14:54parce que ces types
14:56de vagues de chaleur
14:57sont prévues par le GIEC
14:58depuis au moins 20 ans.
15:00On savait très bien
15:01qu'on était en train
15:01de se rapprocher
15:02d'une période
15:02où ça allait augmenter
15:04considérablement.
15:04On est en plein dedans
15:05et ce n'est pas fini.
15:06C'est l'année la plus froide
15:07du reste de notre vie,
15:08si j'ose dire.
15:10Considérer que c'est ça
15:10le changement climatique.
15:11Beaucoup de gens
15:12l'ont déconsidéré
15:13et encore l'année dernière,
15:14les macronistes
15:15ont réduit par trois
15:16le fond vert
15:17qui était destiné
15:18à aider les collectivités
15:19à s'adapter
15:20au changement climatique.
15:21Ils ont réduit
15:22les aides à la rénovation
15:23des logements.
15:23Ça, c'est politique.
15:25Évidemment, là,
15:26maintenant, au pied du mur,
15:27on a besoin de bouteilles d'eau,
15:27de ventilateurs et de climatiseurs.
15:29Mais ça, c'est des décisions
15:30qui doivent être prises.
15:31Vous êtes pour un plan massif
15:32de la climatisation ?
15:34Alors, climatisation massive,
15:35pas forcément
15:35parce que ça pollue encore plus
15:37et ça nous met
15:37dans des îlots de chaleur.
15:38Je vous donne un exemple
15:39très très concret.
15:40Ce n'est pas que sur le long terme.
15:44Notre ascenseur ne marche plus
15:46parce que je suis au sixième étage
15:47et qu'en fait,
15:48toute la clim remonte
15:49jusqu'au sixième étage.
15:50Il fait donc 80 degrés
15:51dans la colonne d'ascenseur.
15:52Il n'y a plus d'ascenseur.
15:53Voilà.
15:53Je vous donne un très très...
15:56Attendez,
15:56ce n'est pas pas de clim.
15:57En urgence, là,
15:58dans les écoles,
15:58dans les EHPAD,
15:59dans les hôpitaux, etc.
16:00Mais c'est pire
16:01si vous faites venir
16:01des blocs de clim
16:02plutôt qu'un plan général.
16:04Mais là, c'est parce que
16:05les gens, ils sont 36 degrés,
16:06ils sont en train
16:07de faire des malaises.
16:08Je décorre la situation
16:10actuelle de ces jours-là
16:11et de ce qu'on pourrait faire
16:13justement pour anticiper.
16:14Est-ce que dans les années à venir,
16:17est-ce que vous pensez
16:18qu'il est important
16:18d'installer de manière...
16:20Massive de la climatisation ?
16:22Je pense que c'est...
16:23Notamment dans les services publics,
16:24hôpitaux, écoles, crèches...
16:25Je pense qu'en fait,
16:26c'est des choses
16:26qui se travaillent
16:27avec des experts
16:27et des scientifiques,
16:28mais qu'il y a déjà
16:29beaucoup de choses
16:29qu'on peut faire sur le bâti
16:30qui permettent vraiment
16:32de limiter la température intérieure
16:33sans avoir recours
16:34à la climatisation.
16:35Dans les services publics
16:36les plus essentiels
16:37où on a des publics vulnérables,
16:39évidemment,
16:40on n'est pas con
16:40de mettre de la climatisation
16:42pour que ce soit supportable.
16:43Mais en fait,
16:44il faut vraiment avoir une vision
16:46à l'échelle du bâti.
16:47Et par exemple,
16:47dans la ville dans laquelle je vis,
16:49on a rénové une école
16:50l'année dernière
16:51à plus de plusieurs millions d'euros.
16:53Elle n'est toujours pas adaptée
16:54à la chaleur.
16:54Et là, on est obligé
16:55de la fermer
16:55parce que les enfants s'évanouissent.
16:58L'inauguration de la rénovation,
16:59c'était il y a deux ans.
17:00Vous voyez ce que je veux dire aujourd'hui ?
17:02Nos rénovations sont mal faites,
17:03mal pensées.
17:04Et après,
17:05la climatisation,
17:05comme je vous dis,
17:06oui, dans certains usages,
17:08oui, pour des priorités,
17:09mais attention
17:10parce que ça réchauffe
17:11l'air extérieur
17:12et en plus,
17:13dans le terme climatique,
17:14ça pollue.
17:14Moi, je vous le dis,
17:15là, je n'ai plus d'ascenseur
17:16dans mon bureau
17:16parce qu'il y a trop de clim dans le bureau.
17:18Il fait 80 degrés dans l'escalier.
17:20Vous voyez ce que je veux dire ?
17:21Mais on a l'impression quand même
17:22qu'il y a une certaine,
17:23on le sent,
17:23une réticence de votre part
17:25sur la climatisation.
17:27Non, ce n'est pas une réticence.
17:29Moi, j'adore la climatisation
17:30unique,
17:31mais je veux dire,
17:32qui n'aime pas ça
17:33quand il fait très chaud,
17:34ce n'est pas ça.
17:34C'est qu'on oublie
17:35que la clim consomme
17:36énormément d'énergie,
17:37donc par extension polluée.
17:38Mais énergie électrique,
17:39pas forcément les énergies fossiles.
17:40Tout à fait.
17:41Énergie électrique
17:41et c'est tant mieux pour la France,
17:43par exemple,
17:43parce qu'on a un mix décarboné.
17:44Ce n'est pas forcément
17:45le cas de l'Allemagne,
17:46par exemple,
17:46qui a quand même encore
17:4734% d'énergie fossile,
17:49ni de la Chine,
17:50ni de la Corée,
17:51ni de l'Inde,
17:51ni des États-Unis,
17:52évidemment.
17:52C'est ça que je dis.
17:53Donc, en fait,
17:53à l'échelle mondiale,
17:54la clim,
17:54ça augmente les émissions
17:55de gaz à effet de serre
17:56chez nous.
17:56On a des chances,
17:57effectivement,
17:58qu'il y ait un bilan
17:58plutôt neutre
17:59sur les émissions.
18:00Par contre,
18:00ça pollue,
18:01ça utilise beaucoup de métaux.
18:02Voilà,
18:03ce que je veux dire,
18:03c'est que ce n'est pas
18:03une solution miracle.
18:04On n'est pas contre,
18:05mais on aimerait
18:06que tous nos écoles,
18:07nos établissements publics,
18:08etc.,
18:09soient pensés,
18:10déjà,
18:10pour naturellement,
18:11il y a plein de choses
18:11à faire pour limiter.
18:12Ça veut dire revoir
18:14tout le bâti.
18:14Non, mais ne serait-ce
18:15que des stores.
18:16Si vous imaginez
18:17le nombre d'écoles
18:17qui n'ont pas de stores extérieurs,
18:19le nombre de personnes âgées
18:20qui vivent dans les logements sociaux,
18:21il n'y a pas de rideau extérieur.
18:22Ils ne nous demandent juste ça.
18:23Ils ne nous demandent pas la clim.
18:24Ils me disent,
18:24moi,
18:24j'aimerais juste pouvoir
18:25avoir un rideau extérieur.
18:26Déjà,
18:26je ne serais pas en train
18:27de bouillir.
18:27Vous voyez ce que je veux dire ?
18:28C'est des choses simples aussi.
18:31Écoutez,
18:31parce que vous êtes députée
18:32et je ne sais pas
18:33si vous étiez déjà
18:34d'ailleurs à l'Assemblée nationale
18:35ce matin.
18:36Ce matin, non.
18:38Donc,
18:39vous avez loupé ce débat
18:40sur les mariages
18:41en situation irrégulière
18:42qui était porté par Éric Ciotti.
18:43C'était la journée
18:44de la niche UDR.
18:46La niche de l'enfer.
18:47Alors ça,
18:48c'est vos propos.
18:48Écoutez, Éric Ciotti.
18:50On veut expulser quelqu'un,
18:51mais on l'autorise
18:52à se marier en France.
18:54Une fois qu'il sera marié,
18:55il va rester définitivement
18:57sur le territoire.
18:58Donc,
18:58on est au règne du Burrois.
19:01Et on a sanctionné des maires
19:03qui ont été menacés.
19:05Robert Ménard,
19:06mais d'autres
19:07en région parisienne également
19:09qui,
19:09si on leur dit
19:11si vous ne célébrez pas
19:12le mariage,
19:13vous allez payer chaque jour
19:14une astreinte
19:15de plusieurs milliers d'euros.
19:17Donc,
19:17nous voulons changer la loi
19:18parce qu'elle est stupide
19:19aujourd'hui.
19:21L'année dernière,
19:21nous avions déposé ce texte.
19:23Il avait été bloqué
19:24une journée entière
19:25par LFI,
19:26par l'extrême gauche,
19:28par la gauche aussi.
19:29Et il n'avait pas été adopté
19:31par l'absence aussi
19:32des députés LR
19:34puisque M. Wauquiez
19:35leur avait demandé
19:35de ne pas être là.
19:37Alors,
19:38Éric Ciotti dit
19:38une loi stupide.
19:39Emmanuel Macron avait dit
19:40ubuesque.
19:41Et vous et les filles,
19:42vous dites,
19:42pour qualifier cette situation ?
19:45De toute manière indigne.
19:46De toute manière indigne.
19:47Alors, indigne pour qui ?
19:48Pour les mères ?
19:49Non, indigne pour les gens.
19:51Pour les gens
19:52qu'on empêche de se marier
19:53et encore une fois,
19:53enfin,
19:54qui veulent empêcher
19:54de se marier
19:55parce que c'est ça
19:55dont on parle.
19:56C'est une loi
19:57qui, à partir du moment
19:58où vous êtes
19:58en situation irrégulière,
20:00vous interdit
20:01de vous marier ?
20:02Ok, en France.
20:04Sachant,
20:04et sous des prétextes fallacieux
20:06parce qu'ils vous font croire
20:07qu'on n'expulse pas
20:08des gens qui sont mariés
20:09et qui ont des OQTF.
20:10C'est pas vrai.
20:11Je vous l'apprends.
20:11C'est plus difficile.
20:13Honnêtement,
20:13c'est de moins en moins difficile.
20:14Et moi,
20:15je connais littéralement
20:15des gens proches de moi
20:17où c'est arrivé.
20:18C'est-à-dire,
20:18ils sont mariés
20:18et pour autant,
20:19la personne est expulsée,
20:21doit retourner en Albanie.
20:22Si elle veut,
20:23c'est sa femme
20:23qui doit le suivre
20:24avec les enfants.
20:24Mais enfin,
20:25c'est plus du tout
20:26ce que vous imaginez.
20:27Donc, ces députés
20:28font encore une fois
20:30des formes,
20:31la réalité,
20:31comme sur la sécurité aussi.
20:33Je leur en veux
20:33parce qu'ils font...
20:35Ils exagèrent,
20:36ils présentent des situations...
20:38Qui n'est pas dans les clous,
20:39j'allais dire
20:39qu'il n'est pas dans les règles
20:40puisqu'il est en situation
20:43en obligation
20:43de quitter le territoire français.
20:44les OQTF ou l'irrégularité
20:46parce que ce n'est pas
20:46la même chose.
20:47Là, c'est...
20:48Voilà.
20:49Et les OQTF,
20:50et encore une fois,
20:50je connais des gens
20:51qui sont mariés
20:52et qui ont des OQTF.
20:54Je veux dire,
20:54et qu'on a renvoyé
20:55chez eux
20:55tout en étant mariés.
20:57Donc, ce n'est pas vrai
20:57aujourd'hui
20:58que l'administration
20:59n'est pas libre
20:59de renvoyer un époux.
21:02Régulière.
21:02Donc, ensuite,
21:02situation irrégulière.
21:04Ce n'est pas OQTF,
21:04c'est que vous n'avez pas de papier.
21:06Donc là,
21:06on va rentrer dans le dur.
21:07C'est-à-dire,
21:08qui sont les gens aujourd'hui
21:09qui n'ont pas de papier en France ?
21:11Je vais vous apprendre
21:11qu'il y a énormément,
21:12énormément,
21:13et de plus en plus de gens
21:14qui sont rendus volontairement
21:16irréguliers par l'administration
21:17parce qu'on ne leur donne pas
21:18de renouvellement
21:19de titre de séjour.
21:20Ça met plus d'un an
21:21aujourd'hui dans les préfectures.
21:23J'ai même, pardon,
21:24mais le fils
21:26d'un conseiller
21:27à l'ambassade de Chine
21:28qui n'a toujours pas
21:28son renouvellement
21:29de titre de séjour.
21:30Toutes les préfectures
21:32sont bloquées.
21:32On pousse les gens
21:33dans l'irrégularité
21:34puisqu'en fait,
21:34le fait de ne plus avoir
21:35de titre de séjour,
21:36vous avez un récipicé.
21:37Vous êtes dans les règles.
21:38Vous vivez des fois
21:38depuis 10 ans ici,
21:3912 ans, 13 ans, 14 ans.
21:41Vous travaillez.
21:41D'un coup,
21:42la procédure se bloque.
21:43Vous n'avez plus le droit
21:43de travailler.
21:44Vous n'avez plus le droit
21:45aux aides sociales.
21:45C'est ça qui se passe
21:46sur le terrain
21:46au lieu de parler de ça,
21:47de l'enfer qu'on est en train
21:49de faire pour les étrangers
21:50en France.
21:51On vous fait croire
21:51que c'est la la laine
21:52et qu'en fait,
21:53en ce moment,
21:53être étranger en France,
21:54c'est génial.
21:55Non, en fait,
21:55on a plein de personnes
21:57qui se retrouvent sans papier
21:58au sens littéral
21:59qui pourraient être concernées
22:00par cette loi.
22:00Mais on est où ?
22:01En fait,
22:01quelqu'un qui vit là
22:02depuis 10 ans,
22:03il n'aurait pas le droit
22:04de se marier ?
22:04Vous ne défendez pas
22:05les maires qui sont
22:06en porte-à-faux
22:07dans cette situation ?
22:07Je ne défends pas
22:08un maire qui refuse
22:09de marier des gens.
22:10Je suis désolée
22:11parce qu'ils vous font pareil.
22:12J'ai vu quelqu'un d'extrême
22:13vous dire
22:13qu'ils ont été condamnés
22:14parce qu'ils ont refusé
22:15de marier un OQTF.
22:17Non, ils refusent
22:17de marier des gens.
22:18C'est pour ça
22:18qu'ils sont condamnés.
22:19De toute manière,
22:20l'OQTF,
22:20elle est exécutoire
22:21que la personne soit mariée
22:22ou pas, encore une fois.
22:23Et c'est là où je trouve
22:24que c'est dégueulasse.
22:25C'est jouer avec les sentiments,
22:26avec les vies des gens.
22:27Et moi, je suis désolée,
22:29c'est le rôle d'un maire
22:30de marier des gens.
22:30Voilà, à un moment donné,
22:32c'est à nous de faire respecter la loi.
22:32Et même s'il y a des suspicions
22:33de mariage blanc ?
22:34Ah, suspicion de mariage blanc,
22:35c'est encore une chose.
22:36Parce qu'encore une fois,
22:37vous pouvez être marié
22:37avec quelqu'un
22:38et pour autant faire l'objet
22:39d'une OQTF
22:40alors que vous êtes sincèrement
22:41et réellement amoureux
22:42et marié avec la personne.
22:43La personne dont je parle,
22:44c'est le cas.
22:44Enfin, très concrètement,
22:45c'est une histoire d'amour.
22:46Bon, voilà.
22:46Et donc, pour les suspicions
22:48de mariage,
22:48juste uniquement
22:49pour avoir des papiers ?
22:50Mais c'est pas au maire de...
22:51Est-ce que c'est au maire
22:52de mener ces enquêtes-là ?
22:54Je veux dire,
22:54il y a des services de police,
22:55il y a la préfecture,
22:56il y a les contrôles des fraudes
22:58au mariage blanc.
22:59C'est pas au maire
22:59de s'immiscer
23:00pour des considérations politiciennes
23:02parce qu'encore une fois,
23:02je fais confiance au maire...
23:04Soit c'était Robert Ménard,
23:05c'est ça ?
23:06Je lui fais confiance
23:07pour agiter encore une fois
23:08les réflexes.
23:09Il y a Bourg-les-Valences aussi.
23:10Mais bon, voilà,
23:11c'est souvent très politique.
23:12Ils vont jeter en pâture
23:13les gens
23:13et en fait,
23:14c'est pas à eux
23:14de faire ce travail.
23:15Est-ce qu'ils vont débarquer
23:15chez les gens
23:16pour vérifier que c'est un mariage blanc ?
23:17Donc, c'est à la police
23:18de le faire.
23:18Je suis désolée.
23:18Merci, Armand Dufour.
23:20Débuté la France Insoumise
23:21de Seine-Maritime.
23:22Juste après le journal permanent
23:23de 14h30 sur Europe 1,
23:25je recevrai Thomas Alex Hauser,
23:26maire de Beuseville en Normandie,
23:28secrétaire générale des centristes
23:29et porte-voix de Nouvelle Énergie.
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