- il y a 23 minutes
Un épisode caniculaire "étendu, durable et intense" est en cours en France. Des "nuits éprouvantes" sont encore prévues ces prochains jours par Météo-France. 72 départements seront en vigilance rouge à compter de jeudi.
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00:00Je salue François Ruffin qui nous est en joindre.
00:01Bonsoir, bienvenue candidat à l'élection présidentielle,
00:04député de la Somme, fondateur de Debout.
00:06Je salue également Danny Cohn-Bendit qui est avec nous comme chaque mercredi,
00:09qui va vous écouter attentivement François Ruffin
00:11et qui nous dira ce qu'il en pense.
00:13Qu'est-ce que vous êtes en train de faire François Ruffin là ?
00:15Je sors une couverture de survie.
00:17Pour moi ?
00:18Non, parce qu'il me semble que c'est le symbole du moment présent
00:22et c'est le symbole de la nullité de nos dirigeants.
00:24C'est-à-dire ?
00:25Pendant la crise Covid, le symbole c'était ces sacs plastiques
00:28que les soignants ont dû enfiler,
00:29mais qui marquaient que nos dirigeants n'avaient rien prévu.
00:33Et là, c'est ces couvertures de survie qui sont déployées
00:36sur les fenêtres de nos hôpitaux,
00:38à l'Assemblée nationale aussi,
00:40y compris sur des centres de gériatrie,
00:42dans des EHPAD.
00:43C'est-à-dire que pendant tout ce temps-là,
00:44on n'a même pas eu un plan volé.
00:46Il n'y a même pas eu l'idée de se dire
00:48voilà, on va mettre des volés dans tout ça.
00:50Donc quand on est dirigé,
00:51et quand j'entends le ministre du Logement juste avant
00:54qui dit, au Japon, ils enlèvent leur cravate
00:57les jours de canicule, ils me disent
00:58mais on est vraiment dirigé par des nuls.
01:00Votre message, François Ruffin, c'est
01:02on est nul.
01:03Mais c'est pas on est nul.
01:04On est plus nul que les autres.
01:05Je ne sais pas, on est nul, c'est nos dirigeants.
01:07Elle va nous embêter cette couverture pendant l'interview.
01:09Nous dirigeants, mais ça m'embête qu'on ait ça sur les EHPAD,
01:11qu'on ait ça sur les hôpitaux,
01:14qu'à l'intérieur, il y a des soignants et des patients
01:16qui sont à 35 degrés,
01:18que la seule solution qu'il leur a proposé,
01:19c'est le système D.
01:21Et allez-y, essayez de mettre ça sur vos fenêtres.
01:23Voilà où on en est.
01:24Mais si ce n'est pas la couverture de survie,
01:26c'est quoi la solution pour les hôpitaux, par exemple ?
01:27Excusez-moi, mais moi, ça fait 10 ans
01:29qu'en commission des affaires économiques,
01:31tous les ans, je dépose des amendements
01:33et je réclame une chose,
01:34c'est 20 milliards d'investissements
01:35sur les bâtiments,
01:37à la fois les logements privés
01:38et sur les bâtiments publics.
01:42Pourquoi ?
01:42Parce que c'est la seule manière de sortir
01:44des 5 millions de passoires thermiques
01:45qu'on a dans le pays.
01:46Ça fait 10 ans que je le réclame.
01:4810 ans, et avec Jeky comme opposant,
01:50j'ai les deux.
01:50J'ai les macronistes,
01:51en tout cas, jusque la guerre en Ukraine
01:54qui disait non, ce n'est pas possible,
01:55c'est trop cher,
01:56et j'ai le Rassemblement National
01:58pour qui le réchauffement climatique
01:59n'est pas un sujet.
02:00Depuis 10 ans...
02:01Le RN a changé de position là-dessus
02:04assez nettement ces dernières années.
02:05Quand le thermomètre monte,
02:07il y a soudain des conversions
02:08et que ceux qui étaient
02:10les experts du GIEC,
02:11trop pessimistes, trop alarmistes,
02:13d'après Marine Le Pen,
02:15dont on se moquait du dieu climat,
02:16des prophètes du désastre,
02:18et ainsi de suite,
02:19enfin, quand le thermomètre monte comme ça,
02:21on les prend au sérieux.
02:22Mais voilà,
02:22mais là, il faut inscrire,
02:23il faut s'inscrire dans un plan,
02:25dans la durée.
02:25On a des gouvernements
02:26qui ne font rien dans la durée.
02:28Donc, voilà,
02:28moi, je le dis,
02:29ça fait 10 ans...
02:30Peut-être parce qu'ils n'ont pas de majorité,
02:31peut-être que la situation politique
02:33fait aussi,
02:33comme vous l'avez décrit,
02:34qu'il est incapable
02:35de mettre d'accord tout le monde.
02:36Eh bien, moi, je suis convaincu
02:37qu'on aurait dit...
02:38D'ailleurs, un économiste macroniste,
02:41Jean Pisani-Ferry,
02:43a dit qu'il fallait 34 milliards d'euros par an
02:45d'investissement public
02:46pour l'adaptation de nos sociétés
02:47au changement climatique,
02:49pour lutter contre le réchauffement.
02:50Et il chiffrait à 24 milliards,
02:52alors moi, je disais 20 milliards,
02:53mais il met 4 milliards de plus
02:54sur les bâtiments,
02:55ce qu'on doit faire
02:56pour sortir des passoires thermiques
02:58et des EHPAD,
02:59des hôpitaux
03:00qui sont devenus des bouilloires.
03:04Ça, François Ruffin,
03:05le diagnostic que vous posez ce soir,
03:07c'est pour le long terme.
03:08Rénover, ça prend des années,
03:09ça coûte cher,
03:09vous avez rappelé les chiffres.
03:11Non, non, attendez.
03:11Ma question est toute simple.
03:12Pour le court terme,
03:13pour demain, après-demain
03:14et cette année,
03:15est-ce qu'il faut climatiser massivement
03:17les services publics,
03:18les écoles, les hôpitaux ?
03:19J'ai aucun souci
03:20à ce qu'on mette, moi,
03:21de la clim dans les EHPAD
03:22et dans les hôpitaux,
03:23dans les crèches,
03:24là où on sait
03:25qu'il y a des enfants,
03:27des personnes âgées
03:28qui vont être
03:29beaucoup plus rapidement en danger.
03:30Donc, il n'y a pas de souci à ça.
03:31Mais vous dire que
03:32on peut faire
03:35de cette crise-là
03:36une chance pour notre pays,
03:38c'est-à-dire une fierté.
03:39Vous dites que c'est le long terme.
03:40Moi, je suis convaincu
03:41qu'en 5 ans, en 10 ans,
03:42on peut en finir
03:44avec ces 5 millions
03:44de pertes sur thermique.
03:45Il faut décider
03:46d'y mettre les moyens.
03:47Les 20 milliards d'euros par an,
03:48on les met ou pas ?
03:49Pour l'instant,
03:49le gouvernement ne répond pas,
03:50on les met.
03:51Vous savez,
03:51je les entends défiler
03:52sur vos plateaux télé.
03:53Il y a un fonds
03:54qui s'appelle le Fonds Vert.
03:55Vous savez ça ?
03:56Ce qui a été divisé
03:56par 3 en 3 ans.
03:57Par 4 ?
03:59Oui, mais d'accord.
04:00On a l'ordre de grandeur, oui.
04:01Quand même, voilà.
04:02C'est l'outil
04:03qui est donné aux communes
04:04pour dire
04:04allez, on va vous aider
04:07à ce que votre école
04:08soit isolée
04:08et ça, on le divise
04:10par 3, par 4.
04:10Mais vous parlez,
04:11François Ruffin,
04:11des bouilloires techniques.
04:12C'est un sujet évidemment
04:13essentiel, thermique.
04:15Vous avez raison.
04:15Essentiel et complexe.
04:16Le ministre du logement
04:17qui était tout à l'heure
04:18à votre place,
04:19Vincent Jambrun,
04:20dit effectivement
04:21la solution de facilité,
04:23c'était de les retirer
04:23du marché de l'allocation
04:26mais il n'y aurait plus
04:27eu personne
04:27dans des passoires thermiques
04:29mais elles auraient été
04:30ces personnes à la rue.
04:31Il n'y avait pas
04:32d'autres logements.
04:34Qu'on les rénove.
04:34Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
04:35Je dis,
04:36vous savez,
04:37je demande,
04:38j'ai demandé à un moment
04:38qu'on ait une économie
04:39de guerre climatique.
04:40C'est-à-dire qu'on fasse
04:41ce que Roosevelt a fait
04:42au moment de l'entrée
04:44des Etats-Unis
04:45dans la deuxième guerre mondiale
04:46pour vaincre le Japon
04:48et l'Allemagne nazie,
04:49qu'on fasse la même chose
04:50pour notre pays.
04:52Qu'on débloque
04:53et qu'on passe
04:53de 2% du PIB
04:55à 42%,
04:55c'est ce qu'avait fait Roosevelt
04:57pour affronter
04:58le défi majeur
04:58qui est le défi climatique.
04:59Et je suis convaincu
05:00que les Français,
05:01ils en tiraient une fierté
05:02si on faisait ça.
05:03Quand j'entends
05:03M. Jean Brun,
05:04je me dis,
05:04mais ils ne veulent pas.
05:05Il n'y a pas de volonté.
05:06Il n'y a pas de volonté politique
05:08d'y aller,
05:08de retrousser les mots.
05:09Vous auriez fermé
05:10ces appartements,
05:10ces maisons à double tour,
05:12interdiction de les louer.
05:12Ce que j'aurais fait,
05:13c'est que j'aurais tout fait
05:14pour qu'elles soient rénovées,
05:14qu'elles soient rénovées
05:15le plus vite possible.
05:16Qu'est-ce que vous faites
05:16quand le propriétaire
05:17ne le fait pas ?
05:18Vous le payez,
05:19vous le faites à sa place
05:20pour que le logement
05:21puisse continuer à être habité.
05:22Vous le payez pour lui ?
05:23Mais oui !
05:24Et ensuite,
05:25c'est lui qui récolte
05:26le loyer tous les mois ?
05:26Et ensuite,
05:27vous lui prélevez son loyer
05:29si nécessaire.
05:29Mais vous le faites.
05:30Vous dites,
05:31voilà,
05:31ces 700 000 logements-là,
05:33je veux qu'ils continuent
05:34à être habités.
05:34Mais je ne veux pas
05:35que parce que ce sont
05:36des personnes modestes,
05:37elles crèvent de chaud l'été
05:38et qu'elles crèvent
05:39de froid l'hiver.
05:40Voilà,
05:40c'est ce qui est en train
05:41de se produire.
05:41Donc plutôt que de dire,
05:42voilà,
05:43je vais laisser faire le marché.
05:44On a des gens là.
05:45Pourquoi ils sont nuls ?
05:46Parce qu'ils laissent faire le marché.
05:48Et le marché ne marche pas.
05:49Ce n'est pas le marché
05:50qui va changer nos logements.
05:52Ce n'est pas le marché
05:53qui va changer nos déplacements.
05:54Ce n'est pas le marché
05:55qui va changer notre énergie.
05:56Ça sera une volonté,
05:57une volonté politique.
05:58Et ils ne sont pas habités
05:59par une volonté politique.
06:00Vous le voyez,
06:01ils attendent.
06:01Mais non,
06:02ce n'est pas possible.
06:03Et surtout,
06:03vous savez,
06:04hier,
06:04on mettait au panthéon
06:06Marc Bloch,
06:06l'homme de l'étrange défaite.
06:08Mais c'est-à-dire
06:09le sentiment
06:10qu'à l'entrée
06:11dans la Deuxième Guerre mondiale,
06:12l'armée française
06:13n'a pas vraiment convaincu
06:14parce qu'il y avait déjà
06:15eu une défaite morale,
06:16une défaite intellectuelle
06:17des élites
06:17qui avaient renoncé,
06:19qui avaient renoncé
06:19à engager le combat
06:20pour de bon.
06:21C'est la même chose.
06:22Moi,
06:22j'ai un sentiment,
06:23M. Fauvel,
06:24qu'on vit des étranges défaites,
06:25qu'on vit des étranges défaites
06:26où on ne combat pas.
06:28Et donc,
06:28ce que vous dites,
06:29c'est qu'on a renoncé.
06:30Mais oui,
06:30ils ont renoncé.
06:31Mais attendez,
06:31j'essaie d'aller au bout
06:32de votre raisonnement.
06:33On a renoncé parce que quoi ?
06:35Parce que le réchauffement
06:36est inéluctable ?
06:37Vous pensez que la classe politique,
06:38ceux qui dirigent aujourd'hui
06:39Emmanuel Macron,
06:40se disent qu'on est fichus
06:42de bonne foi ?
06:43Parce qu'ils n'ont pas envie
06:44d'aventer les vrais défis
06:45pour le pays.
06:46Ils n'ont pas envie
06:47de se demander
06:47comment on en avait fait
06:49à la reconstitution,
06:50à le lendemain
06:50de la Deuxième Guerre mondiale,
06:51en montant autour de la table
06:52les patrons et les syndicats
06:53et se demandent
06:54comment on fait
06:55pour se retrousser les manches.
06:56Quel est le plan
06:56qu'on fait ensemble ?
06:57Ils ont envie de rester
06:58dans leurs petites magouilles,
06:59dans leurs petites affaires,
07:00dans leurs petits amendements,
07:02dans leurs petits trucs
07:02qui n'ont pas de souffle.
07:03Et je suis convaincu
07:04qu'aujourd'hui,
07:05ce que désire le pays,
07:06c'est un grand souffle
07:07qu'ils se disent
07:07voilà, oui,
07:08on a ce défi,
07:09un défi majeur
07:10pour les Français
07:11mais pour l'humanité
07:11qui est le réchauffement climatique
07:13pour que les enfants
07:14puissent vivre demain.
07:15Vous savez,
07:15c'est une crise existentielle
07:16quand on est parent
07:17de se dire punaise,
07:19mais dans quel monde
07:20j'ai mis mes enfants ?
07:21Je veux qu'ils sortent de ça.
07:23Mais on a des gens là
07:25qui ne veulent pas,
07:26qui continuent
07:26leurs petits trucs.
07:27François Ruffin.
07:29Oui, je dois me calmer.
07:30Pas du tout.
07:31Reprenez votre souffle
07:32très tranquillement.
07:33Ça, c'est pour le logement.
07:35On a entendu ce que vous dites.
07:36Est-ce qu'il faut
07:38interdire le travail
07:39à partir d'une certaine température ?
07:40Est-ce qu'il faut dire ?
07:42Aujourd'hui,
07:42c'est une question
07:43qui est réglée
07:44dans chaque entreprise
07:44par chaque patron
07:46qui est chargé
07:47d'assurer la sécurité
07:48de ses salariés.
07:49Est-ce que vous estimez
07:50qu'il faut fixer une barre ?
07:51Je veux dire une chose
07:51d'abord sur le travail.
07:53C'est qu'on ne sortira,
07:54on relèvera ce défi-là
07:55seulement par le travail.
07:57D'accord ?
07:57Ce n'est pas ma question.
07:58Oui, mais je sais.
07:58Mais moi, je vais répondre
07:59d'abord à ça.
08:00Mais c'est votre réponse.
08:00C'est par le travail.
08:01Non, c'est par le travail.
08:03C'est par un travail respecté,
08:04valorisé.
08:05Si on a reconstruit
08:06au lendemain
08:06de la Deuxième Guerre mondiale,
08:07c'est parce que
08:08pour les salariés français,
08:09pour les ouvriers,
08:09il y avait le sentiment
08:10qu'on allait vivre mieux.
08:11Donc d'abord,
08:12il faut respecter le travail.
08:13Sinon, on n'arrivera pas
08:14à mener ces grands travaux.
08:15Voilà.
08:16Donc un travail respecté,
08:17c'est bien vivre de son travail.
08:18Qu'est-ce qu'on fait pour ceux
08:18qui aujourd'hui,
08:19au travail qui soit à l'extérieur
08:20ou à l'intérieur d'ailleurs,
08:22travaille par 30, 32, 33, 35 degrés ?
08:24Bien vivre de son travail,
08:25bien en vivre, bien le vivre.
08:27Et évidemment,
08:27quand on est dans ces températures-là,
08:29quand on a un métier physique,
08:30vous voyez, nous,
08:31on a des boulots tranquilles.
08:32On est dans un bureau,
08:33on a son petit stylo,
08:34éventuellement son ordinateur.
08:36Sa couverture de survie.
08:37C'est climatisé.
08:38Et donc, c'est nous
08:39qui venons parler.
08:40La question n'a été évidemment
08:42ni pour vous ni pour moi.
08:43C'est nous qui venons parler
08:45de gens qui sont
08:45dans les travaux publics,
08:46dans le bâtiment.
08:47Qu'est-ce qu'on fait ?
08:48L'Institut national
08:50de la recherche sur le travail
08:52nous dit qu'au-delà
08:54de 33 degrés,
08:56pour des personnes
08:56qui ont un métier physique,
08:57ça représente un danger sérieux.
08:59Donc voilà la limite
09:00qui devrait être posée
09:01dans le code du travail.
09:02Pour vous, à 33 degrés,
09:03on devrait retourner à la maison
09:04et être payé, évidemment.
09:05Oui.
09:07Il y a des lois
09:08sur les intempéries
09:09de la même manière,
09:10mais je le dis,
09:10par exemple,
09:11quand je rencontre un couvreur,
09:12il m'explique que son patron
09:13le fait partir
09:14beaucoup plus tôt le matin
09:15pour qu'il y ait un certain nombre
09:17d'effectuer
09:18avant que le soleil
09:20soit au zénith
09:20et qu'il fasse chaud
09:21à crever, quoi.
09:23Daniel Cohn-Bennit
09:23est avec nous.
09:24Je l'ai signalé
09:25il y a quelques instants.
09:25Vous venez d'écouter
09:27François Ruffin
09:28et de le voir
09:29avec sa couverture de survie
09:30sur ce plateau.
09:31Qu'est-ce que vous dites
09:32ce soir à Daniel Cohn-Bennit,
09:34vous qui avez incarné
09:35en France
09:35l'écologie politique
09:36de gauche
09:37pendant pas mal d'années ?
09:40Donc, d'un côté,
09:41il a raison
09:41et son indignation
09:44est juste.
09:45C'est-à-dire que
09:46les différents pouvoirs politiques
09:49de quelques paysans
09:51n'arrivent pas
09:53à tirer les conséquences
09:55de ce que nous dit le GIEC
09:57depuis 10 ans,
09:5815 ans,
09:5820 ans.
09:59Et parce qu'on repousse,
10:00parce que...
10:01Et c'est là que c'est difficile
10:02et ça serait difficile
10:03pour François Ruffin
10:04s'il était président
10:06ou au pouvoir,
10:08c'est que
10:09la lutte
10:10contre le réchauffement climatique
10:13nécessite aussi
10:14des changements
10:16de comportement,
10:17de mode de vie
10:18de toute la société.
10:20Et on le voit
10:21dans les sondages,
10:22les gens disent
10:23oui,
10:24il faut lutter
10:24contre le réchauffement climatique,
10:26mais il ne faut pas
10:28que ça me touche,
10:29moi,
10:30personnellement.
10:31Et c'est là
10:31où on a une difficulté.
10:33J'ai vu les verts
10:34allemands au pouvoir,
10:36ils ont fait une loi,
10:37par exemple,
10:37sur le chauffage
10:38et ils se sont fait
10:40attaquer de toutes parts
10:41de la société.
10:43Ils étaient minoritaires
10:44dans la société,
10:45même s'ils avaient
10:46un accompagnement social,
10:47etc.
10:48Donc je dis,
10:49il faut être honnête
10:50sur ce point-là.
10:52On n'a pas trouvé
10:53encore
10:54la manière
10:55de mobiliser
10:56la société
10:57pour qu'elle accepte
11:00les difficultés
11:02liés
11:02à la lutte
11:03contre le réchauffement climatique.
11:05Et ça,
11:06c'est qu'on soit
11:07de gauche,
11:09de toi,
11:09qu'on soit Ruffin,
11:10qu'on soit je ne sais qui,
11:11on aura toujours
11:13ce problème.
11:14Alors maintenant,
11:15on n'a pas trouvé,
11:16on n'a pas trouvé
11:17et je trouve
11:17que
11:19ils ne sont pas,
11:20oui,
11:21ils sont incapables,
11:22oui,
11:22mais parce que
11:23on voit bien
11:24que dès qu'il y a une mesure,
11:26les agriculteurs
11:26ne sont pas contents.
11:28Qu'il y a une autre mesure,
11:29ceux-là ne sont pas contents
11:30où c'est difficile
11:31pour eux.
11:31Et il n'y a pas toujours
11:34un ajustement social.
11:35Il n'y a pas.
11:36Et donc,
11:37voilà,
11:38c'est une véritable difficulté
11:40et ce n'est pas la peine
11:41d'être agressif
11:42parce qu'on est tous
11:43devant ce problème.
11:45Merci Daniel Cohn-Bendit
11:46qui vous a écouté ce soir.
11:48Je signale que c'était
11:49votre dernière de la saison,
11:50Daniel,
11:50et que ça a été un grand plaisir
11:51de vous retrouver
11:52chaque mercredi.
11:53Je réponds ?
11:53Bien sûr,
11:54en un mot,
11:55rapidement si vous voulez bien.
11:56Bonjour M. Cohn-Bendit.
11:57C'est vrai
11:58qu'il y a un certain nombre
11:59de comportements
12:00qui vont être difficiles
12:01à changer,
12:01mais il y a des endroits
12:02où les Français sont prêts,
12:03où on est prêt pour la politique.
12:03Mais ce sera du sang
12:04et des larmes quand même.
12:05Non,
12:05pas du tout,
12:06au contraire,
12:06ça sera la fierté,
12:08ça sera la joie
12:08d'accomplir quelque chose
12:09de beau.
12:10Je reviens sur cette histoire
12:12des passeurs thermiques.
12:12On voit que c'est par là
12:14que se déroule la souffrance.
12:16Mais là,
12:17on a des intérêts
12:17qui sont alignés.
12:18Les intérêts de la planète,
12:19les intérêts des factures des gens,
12:21l'intérêt des souveraineté nationales
12:22pour ne pas dépendre
12:23des énergies fossiles,
12:24l'intérêt du déficit commercial,
12:26l'intérêt de l'emploi local.
12:27Là,
12:27tous les intérêts sont alignés
12:28et je le dis,
12:29là-dessus,
12:30les Français sont prêts,
12:31ils sont prêts
12:31à se retrousser les manches,
12:33les artisans sont prêts,
12:34les grandes entreprises
12:34de travaux publics sont prêtes.
12:36Donc maintenant,
12:36il faut y aller,
12:37il faut y aller,
12:37il faut y aller.
12:38Je ne veux pas que ça soit
12:39une indignation d'un soir,
12:41vous savez,
12:41une affaire en chèque-slot,
12:43une actu après-lotte
12:44et quand le thermomètre redescend,
12:46bon,
12:46on repasse à nos affaires ordinaires.
12:48Une question
12:48qui va peut-être vous faire sourire
12:49François Riffin,
12:50mais l'Assemblée nationale
12:51dont vous êtes membre
12:52a changé son règlement hier
12:53pour autoriser les députés
12:55à faire tomber la veste.
12:57On a même croisé un député
12:59hier en Bermuda
13:01dans les couloirs,
13:02pas dans l'hémicycle.
13:03Est-ce que les députés
13:04doivent donner l'exemple
13:05et s'adapter aussi,
13:06montrer qu'il n'y aura pas le choix,
13:10il faudra changer
13:11et après tout,
13:12les députés peuvent peut-être
13:13envoyer un signal aux Français ?
13:14Je doute que les Français
13:16regardent le moins du monde
13:17les députés
13:18et qu'ils les considèrent
13:18comme des modèles aujourd'hui,
13:19loin de là.
13:21Vous, on ne vous verra pas
13:22en Bermuda à l'Assemblée ?
13:22Non, je n'ai pas habitué
13:23porter des Bermudas,
13:24mais c'est comme ça.
13:25Quand j'ai tombé la cravate,
13:26on a voulu me coller une amende.
13:28Mais je le dis,
13:29j'entendais Bruno Le Maire
13:30il y a quelques années
13:31qui voulait montrer l'exemple
13:33avec son col roulé
13:34qu'il fallait porter l'hiver.
13:36J'entends maintenant
13:37M. Jean Brun
13:37qui nous dit
13:38qu'il faut enlever la cravate
13:39comme on le fait au jampon
13:40quand il y a des temps de canicule.
13:41Excusez-moi,
13:42tout ça c'est de l'ordre du gadget.
13:43C'est du gadget
13:44mais c'est aussi du symbole.
13:45Jean-Pierre Farandou,
13:46le ministre du Travail,
13:47il dit dans l'entreprise
13:48peut-être qu'il faut réfléchir.
13:49Il dit moi,
13:49je vais continuer à porter
13:50une cravate et un costume
13:51mais dans l'entreprise,
13:52oui,
13:53il faut peut-être
13:53que les choses évoluent
13:54pour les hommes.
13:55Costume, cravate,
13:55ce n'est pas obligatoire.
13:56Il dit
13:57si c'est un joli bermuda
13:58bien coupé
13:59et une chemisette
14:00qui a de l'allure
14:01avec des chaussures
14:01qui vont avec,
14:02je pense que c'est tout à fait possible.
14:03Bon, moi je ne suis pas
14:04conseiller mode si vous voulez.
14:06Lui, il n'est pas non plus
14:07conseiller mode à ma connaissance.
14:08Je suis inquiet en fait.
14:10Je suis inquiet
14:11que le niveau
14:12de nos ministres,
14:13que le niveau
14:14de nos dirigeants,
14:14ça soit sur des codes
14:16vestimentaires.
14:16Voilà,
14:17on a des réalités budgétaires.
14:19Leur réalité budgétaire
14:20c'est qu'ils ont divisé
14:20le fond vert
14:21par trois ou par quatre
14:22que maintenant
14:23les élus locaux,
14:24les maires,
14:25ils n'ont pas de quoi
14:27isoler leurs écoles.
14:28Que chez moi,
14:29Amiens,
14:29mais c'est à peu près vrai
14:30partout dans le pays,
14:31c'est fermé l'après-midi.
14:32Que les parents
14:32y cherchent des modes de garde.
14:34Que on ne peut plus
14:35faire de sport.
14:36Voilà où on en est
14:37dans notre pays.
14:38Et que sur nos hôpitaux,
14:40on met des couvertures
14:41de survie
14:41et on a l'autre
14:42qui nous donne
14:42des conseils de mode.
14:43Mais non, excusez-moi,
14:44c'est des guignols.
14:45C'est des guignols.
14:46Ils ont beau porter la cravate
14:47ou pas porter la cravate,
14:48être en bermuda
14:48ou pas être en bermuda.
14:49Pour moi,
14:50ce sont des guignols.
14:51Merci François Ruffin
14:52d'être venu ce soir
14:53sur ce tapeau.
14:53Si je vous prends
14:54votre couverture de survie.
14:54J'en ai une deuxième.
14:55J'étais sûr.
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