00:01Les Etats-Unis qui ouvrent justement ces marchés américains, on va voir comment Wall Street réagit à tout ça,
00:06cette situation toujours extrêmement tendue et surtout beaucoup de déclarations contradictoires autour des Trois-Dormous
00:12avec nos experts pour l'ouverture de Wall Street, ça y est, ça vient de retentir la cloche américaine.
00:16John Plassard, cité gestion, bonjour John, ravi de vous retrouver.
00:19Et Antoine Régolerie.
00:20Bonjour Guillaume, bonjour Antoine.
00:21Antoine qu'on re-retrouve puisque Antoine, vous étiez tout à l'heure 11h midi au cœur de tout pour
00:25investir,
00:25c'était une belle émission tout à l'heure.
00:26On a beaucoup parlé des marchés émergents justement, alors qu'on est focalisé vraiment sur les marchés européens et sur
00:32Wall Street en ce moment,
00:34quid des marchés émergents, les investisseurs qui sont quand même assez positifs sur la zone,
00:39même s'il y a un risque principal, c'est celui de l'hyperconcentration,
00:44parce que quand on parle émergent, on parle Taïwan, on parle Corée du Sud et qu'immanquablement,
00:48on en vient à parler de Samsung, d'Esca Enix et de TSMC,
00:52à croire que leur pondération devient incontournable dans les indices qui servent à prendre le pouls des marchés émergents.
00:59Donc ça fausse un petit peu la donne et il faut être vigilant.
01:01Malgré tout, il y a des opportunités et il faut s'en saisir.
01:04Intéressant, c'est à retrouver en podcast et replay, tout pour investir bien sûr.
01:07Oh, il y a eu une publication, on en parlera dans quelques minutes,
01:09il y a à peu près une demi-heure.
01:10Ferrari a annoncé ses résultats à son tour.
01:12Ferrari est en petite baisse, la bourse de Milan après sa publication,
01:15moins 0,6%.
01:16Pour ça, on entrera dans le détail, dans le moteur de Ferrari tout à l'heure.
01:19D'abord, John, donc ravi de vous retrouver.
01:21Wall Street est en train d'ouvrir.
01:23Antoine, dans le vert, une nouvelle fois, le marché américain.
01:26Oui, absolument.
01:26On a une tendance plutôt encourageante du côté de Wall Street,
01:30avec une hausse assez nette du Nasdaq.
01:32Plus 0,7%, on est à 25 243 points.
01:36Plus 0,5% pour le Dow Jones, 49 201 points.
01:40Plus 0,57% pour le S&P 500, 7 241.
01:43Et une volatilité qui descend à 17,40.
01:46Malgré tout, les chiffres qui fâchent et que les investisseurs retiennent,
01:49c'est ce qui se passe autour de l'obligataire américain.
01:52On a un 30 ans qui est toujours au-delà des 5%,
01:54un niveau critique qu'il avait atteint hier en séance.
01:57Et on est à 4,42 sur le 10 ans.
02:003,74 pour le 10 ans français, 3,08 pour le 10 ans allemand.
02:03Effectivement.
02:04Une date, John, que vous voulez vraiment mettre en avant aujourd'hui,
02:08sur laquelle vous nous alertez.
02:09Il ne faudrait surtout pas que le prix du baril de pétrole
02:12reste aussi élevé le 25 mai.
02:15Le 25 mai, il faudrait que le pétrole ait baissé.
02:17Pourquoi le 25 mai ?
02:19On en reparlera le 25 mai.
02:21Mais pourquoi ?
02:21C'est une date très importante parce que pour les États-Unis,
02:24c'est le début de la fameuse « driving season ».
02:27Vous savez, c'est quand les Américains en masse commencent à partir en vacances.
02:31Vous avez plus de 45 millions d'Américains sur les routes.
02:35Évidemment, toute hausse du pétrole devient visible et politiquement sensible.
02:40Les États-Unis pèsent quand même 10 % de la demande mondiale d'essence.
02:46Donc, si vous avez les prix qui continuent à monter,
02:49ça va amplifier mécaniquement la pression sur les ménages et sur l'inflation.
02:56On sait qu'aux États-Unis, surtout, contrairement à l'Europe,
03:01le prix de l'essence, c'est un indicateur politique qui est fondamental et clé.
03:07Et on sait, alors on ne va pas reparler parce que c'est dans six mois exactement,
03:11les élections de mi-mandat sautent au loin.
03:13Et évidemment, le président américain a un œil rivé sur les prix de l'essence.
03:20Donc, s'ils pouvaient, alors on sait qu'avec une baguette magique, c'est difficile de le faire,
03:26mais s'ils pouvaient trouver un accord, essayer d'ouvrir en tout cas partiellement le détroit d'Ormousse
03:31pour que le pétrole baisse un peu, eh bien, ce serait quelque chose de politiquement gagnant
03:38avant le 25 mai.
03:39On garde cette date en tête et on en reparlera, Guillaume, dans exactement trois semaines.
03:46– Effectivement, 25 mai, coup d'envoi de la driving season,
03:49cette période où les Américains circulent en masse sur leur territoire
03:52et où donc le coût de l'essence risque de peser lourd.
03:55Des consommateurs qui, si les prix de l'essence restent très élevés,
03:57risqueraient de s'en souvenir à l'occasion des mid-termes au mois de novembre.
04:01A noter que Donald Trump risque de perdre, on verra, le Sénat,
04:04il pourrait donc ne pas avoir les deux chambres,
04:06les deux chambres pourraient passer démocrate au mid-terme,
04:08on verra ce qu'il en est, il reste six mois en effet.
04:10Le seul président qui, bien, avait perdu et la Chambre des représentants
04:14et le Sénat à l'occasion des mid-termes, le seul et unique,
04:16c'est George Walker Bush, c'était en 2006 et il avait justement à l'époque
04:19été sanctionné par les électeurs du fait du lancement de la guerre en Irak.
04:23C'est le début, le déclenchement de la guerre en Irak
04:25que les électeurs avaient sanctionné et à l'époque,
04:27donc George Bush avait perdu les deux chambres.
04:29Il est le seul président américain à les avoir perdus
04:31à l'occasion des élections de mid-termes.
04:33On verra si Donald Trump fait de même comme George Bush,
04:35cette fois sur la guerre en Iran.
04:37Dans six mois, et c'est vrai que ce n'est pas gagné
04:39pour ce qui concerne les cours du pétrole,
04:40le directeur général de Chevron, John, affirme que des pénuries
04:43d'approvisionnement en pétrole vont commencer maintenant
04:45à se faire sentir.
04:46Oui, c'est vraiment un message, un cri du cœur, j'allais le dire,
04:51mais un cri évidemment d'une entreprise,
04:53d'une des plus grandes entreprises pétrolières du monde.
04:56Eh bien, Mike Wirth, qui est le directeur,
04:59a dit qu'il y aurait des pénuries physiques
05:02qui sont en train d'arriver
05:04et qu'on pourrait arriver d'un simple déséquilibre de prix
05:09à une contrainte réelle d'offres disponibles.
05:12On parle aussi de manque de kérosène pour les avions
05:17et que si la situation devait rester dans ce qu'on a aujourd'hui,
05:22c'est-à-dire un détroit qui est totalement fermé,
05:25un détroit d'Hormuz,
05:26eh bien, potentiellement, certains avions pourraient faire le choix
05:29de beaucoup moins voler.
05:31On avait vu que Lufthansa avait déjà fait ceci.
05:34Mais évidemment, le cœur du problème, c'est le détroit d'Hormuz.
05:37Et ce qui est intéressant de noter,
05:40parce qu'on oublie, il y a la question de la croissance aussi
05:44derrière les prix du baril de pétrole,
05:47eh bien, si on devait avoir une destruction de la demande et de l'offre,
05:54eh bien, on serait contraint par les économies
05:58à s'adapter à une offre un peu plus faible.
06:00C'est-à-dire que moins on a d'offres,
06:02eh bien, moins on peut consommer de pétrole.
06:05Par exemple, évidemment, les pays qui seraient,
06:09ou les zones qui seraient les touchées en premier seraient l'Asie,
06:13on en a déjà parlé,
06:14et puis, bien évidemment, l'Europe.
06:16Et on pourrait,
06:17alors ça, c'est le scénario extrême mis en avant par le PDG de Chevron,
06:22on pourrait revenir dans un scénario des années 70,
06:25où on s'en souvient,
06:27on avait eu deux crises pétrolières majeures
06:30avec une réduction des stocks extrêmement rapide,
06:34et puis la hausse de l'énergie.
06:35On a l'impression que c'est, aujourd'hui,
06:37la même chose qu'on avait eu à voir.
06:39Et donc, un nouveau coup de pression sur tous les gouvernements,
06:42pas simplement sur le gouvernement américain.
06:44Bien sûr, les cours du pétrole qui restent très tendus.
06:47Aujourd'hui, John le baril de Brent à 111 dollars,
06:50donc, et certaines compagnies aériennes, d'ailleurs,
06:52qui revoient leur route commerciale pour faire des économies.
06:54C'est le cas d'Air France, figurez-vous,
06:56Air France a repris le survol de la Libye,
06:58de la Libye en Afrique du Nord,
07:00dans un couloir très précis,
07:02afin de réduire le temps de vol vers Johannesburg, notamment.
07:05Ça va permettre de réduire le temps de vol Paris-Johannesburg d'une heure.
07:08Le fait de reprendre le survol de la Libye,
07:10alors une partie des personnels navigants ne sont pas contents du tout.
07:13On en reparlera, bien sûr,
07:14mais voilà, les compagnies aériennes sont en train vraiment d'ajuster le tir,
07:17et de façon parfois spectaculaire.
07:19Wall Street a ouvert, c'était il y a 7 minutes,
07:20il est 9h37 à New York.
07:22On est en hausse, comme d'hab, sur les trois indices,
07:25le S&P gagne 0,6% en ce moment,
07:27et comme d'habitude aussi,
07:28le Nasdaq fait mieux que les autres indices,
07:30le Nasdaq gagne 1%.
07:31Avec une hausse des bénéfices par action vraiment spectaculaire aux Etats-Unis,
07:34on a eu une super saison de résultats des entreprises,
07:37là, au premier trimestre,
07:38c'est très très positif, très impressionnant,
07:40mais peut-être un peu en trompe-l'œil aussi.
07:43Certaines études nous montrent,
07:44John, qu'effectivement,
07:45une grande partie de la hausse des bénéfices par action au premier trimestre
07:48tient sur, allez, un, deux acteurs maximum.
07:52Oui, notamment Alphabet et Amazon.
07:54En réalité, en fait,
07:55on a près de 40% de la hausse des bénéfices
07:58qui provient de ces deux géants.
08:01Donc, ça signifie fondamentalement
08:03que la dynamique globale du marché
08:06est beaucoup moins robuste que ce qu'il ne paraît.
08:09Alors, si on exclut ces poids lourds,
08:12c'est difficile,
08:12mais la croissance des bénéfices par action du S&P 500
08:16retombe nettement
08:17et ça remet en question la solidité du rallye actuel.
08:22Mais ce qu'il faut faire attention aussi,
08:25c'est que ça fait depuis un moment
08:26que le S&P 500 est concentré simplement avec des valeurs.
08:31Ce n'est pas un hasard
08:33si on a parlé des sept magnifiques
08:35qui ont un poids tellement fort.
08:37Donc, aujourd'hui,
08:38c'est concentré notamment sur deux valeurs,
08:42mais effectivement,
08:43on a ce marché qui donne une illusion de force
08:46mais qui repose en grande partie
08:48sur une poignée de valeurs.
08:50Faire attention à cette concentration,
08:52mais ce n'est pas tout à fait nouveau,
08:53mais c'est intéressant de le relever, bien évidemment.
08:56Oui, 40% de la hausse des bénéfices par action
08:59en premier trimestre constatée aux États-Unis,
09:0040% de cette hausse des bénéfices par action
09:02vient de seulement deux valeurs.
09:04Et justement, la tech, on y reste.
09:05Palantir, à son tour, a publié ses résultats.
09:07C'est important, Palantir.
09:08Palantir est très présent, d'ailleurs,
09:10dans la guerre actuelle en Iran.
09:10C'est un peu le chef d'État-major
09:12bise des armées américaines là-bas en Iran,
09:13Palantir, avec ses solutions, ses logiciels.
09:16Eh bien, la publication, pas mal,
09:18plutôt bien, plutôt bonne,
09:19mais le titre, lui, est en baisse de 3% de jeunes.
09:20Comment vous expliquez-vous ?
09:22On rappelle, vous l'avez dit,
09:24c'est une entreprise de logiciels
09:25qui est spécialisée dans l'analyse de données,
09:27notamment l'analyse de données militaire
09:29et l'intelligence artificielle.
09:31Les résultats sont extrêmement solides,
09:33comme à chaque fois, j'allais dire,
09:35mais il faut faire très attention avec Palantir.
09:38Pourquoi ? Parce que Palantir a deux types de clientèle.
09:42Les gouvernements, on le sait,
09:44et de l'autre côté, le segment commercial.
09:47Alors, globalement, c'est en hausse,
09:49mais si on regarde, vous avez le segment commercial
09:52qui déçoit, qui est en dessous des attentes du marché.
09:56La croissance, elle, comme on a dit,
09:58qui est tirée par le gouvernement, ne suffit plus.
10:01Et évidemment, on sait que si on a des contrats gouvernementaux,
10:06le contexte politique va donner le là
10:10sur les performances potentiellement boursières de Palantir.
10:15Donc, c'est un peu paradoxal,
10:17parce qu'hier, quand j'ai regardé ces résultats,
10:20on a vu que la société, elle relevait ses prévisions annuelles.
10:24Donc, c'est assez incroyable,
10:25mais on voit que c'est relevé à cause, à nouveau,
10:29ou grâce à ces contrats gouvernementaux.
10:32Et donc, les investisseurs ont un peu gratté sur les chiffres
10:37et voient que c'est un peu trompeur, une nouvelle fois, ces chiffres.
10:41Oui, Palantir, aujourd'hui, on baisse, petite baisse,
10:43mais quand même 3%, en ce moment, la baisse de cette valeur.
10:46Et toujours dans la tech, Apple.
10:47Alors, Apple, on se demande ce qu'ils vont faire avec l'IA,
10:50dans quel sens ils vont choisir d'investir dans l'IA,
10:52ou de ne pas investir, laisser les autres investir pour lui.
10:54Eh bien, Apple sera en pourparler avec Samsung et Intel
10:57pour la fabrication de puces aux États-Unis, John.
11:00Oui, tout à fait.
11:01Alors, pourquoi on peut se dire que c'est un peu bizarre ?
11:04Parce qu'Apple reste très fortement dépendant de TSMC à Taïwan.
11:12Antoine en a parlé après.
11:14Avant, on est dans une situation où, effectivement,
11:17il y a une certaine dépendance, dépendance de la bourse,
11:20mais aussi dépendance de certains acteurs comme Apple.
11:23Alors, évidemment, l'objectif, c'est de diversifier,
11:26et puis l'objectif, c'est aussi de relocaliser,
11:28en tout cas partiellement, la production aux États-Unis
11:33et répondre à des tensions géopolitiques.
11:36On sait que potentiellement, il pourrait y avoir des tensions géopolitiques
11:40sur Taïwan,
11:42et essayer tout le temps de garder cette chaîne d'approvisionnement,
11:46et notamment pour un acteur comme Apple,
11:49qui dépend tellement des puces.
11:51Et donc, ici, c'est quelque chose qui va se faire graduellement.
11:55Attention, ce n'est pas un changement majeur.
11:58Ils ne vont pas couper les rênes avec TSMC,
12:01mais effectivement, il faut trouver des autres relais de croissance.
12:06Oui, Apple à suivre aussi parmi les valeurs qui marquent cette séance
12:10sur le marché américain qui a ouvert, on le rappelle,
12:12une nouvelle fois dans le vert, qui fait à nouveau d'ailleurs le marché américain
12:15un peu mieux que les marchés européens cet après-midi.
12:18Apple, dont on parlait, gagne 0,9%,
12:19donc peut-être en pourparler, d'après Bloomberg, en tout cas,
12:21en pourparler Apple avec Intel et Samsung pour fabriquer ses propres puces.
12:25Beaucoup d'entre vous, peut-être, essayez d'apprendre de nouvelles langues aussi,
12:29je ne sais pas, pour vous ouvrir, apprendre, découvrir,
12:32ça fait toujours du bien, ou vos enfants, sans doute aussi Duolingo.
12:34C'est l'une des grandes applications, il y en a beaucoup d'autres,
12:36il y a Babel, il y en a beaucoup, beaucoup.
12:38Duolingo, figurez-vous que vos enfants, vos neveux, vos nièces,
12:41vos petits-enfants peut-être utilisent,
12:42et bien Duolingo est aussi une valeur cotée en bourse et à Wall Street.
12:45Il se trouve que Duolingo a publié, John, et vraiment ça ne le fait pas.
12:48Ce type qui souffre depuis un moment en bourse,
12:50il est en baisse encore aujourd'hui de quasiment 10%.
12:53Pourtant, on a des résultats solides, j'ai l'impression, effectivement,
12:56qu'on se répète, les revenus, les marges, l'Ebitda, au-dessus des attentes,
13:00mais le véritable signal négatif vient de la croissance future
13:04qui est jugée trop molle par les investisseurs.
13:07On a une stratégie Duolingo qui pèse à court terme,
13:10parce que vous savez qu'ils ont mis l'accent sur le gratuit,
13:13on peut apprendre gratuitement sans aller vers la version payante,
13:17et donc évidemment, ça ralentit la croissance des abonnements,
13:21et puis l'intégration de l'intelligence artificielle,
13:25on constate que c'est une arme à double tranchant.
13:28Pourquoi ? Parce que d'un côté, elle améliore le produit,
13:30donc c'est top, mais de l'autre côté, elle compresse les marges.
13:34Donc Duolingo reste une belle histoire de croissance,
13:39mais c'est une croissance qui décélère et qui doit trouver un nouveau souffle.
13:44Ils l'avaient trouvé avec l'intelligence artificielle,
13:47mais c'est en train d'attaquer leur marge, donc faire attention ici.
13:52Merci John.
Commentaires