00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Alors il prend les embruns avec les investisseurs, avec les actionnaires.
00:09Antoine est au cœur des marchés.
00:10Antoine, l'ensemble des indices aujourd'hui reculent,
00:14mais pas dans les mêmes proportions selon qu'on soit à Paris ou ailleurs.
00:17Voilà, parce que si on fait un comparatif de Wall Street,
00:20Wall Street c'est plutôt bien payé,
00:22moins 0,39% pour le Nasdaq, le Dow Jones moins 0,52,
00:26moins 0,3% pour le S&P 500,
00:27alors qu'effectivement le CAC 40 perd 1,59%.
00:31Tout le monde en prend pour son grade,
00:33même les valeurs refuge parmi les valeurs refuge,
00:35et en particulier l'once d'Orfin qui signe un plus bas depuis la mi-janvier.
00:41On était sous les 4 600 dollars.
00:42Tout à l'heure on est remonté à 4 614,
00:45mais très clairement la valeur refuge du moment c'est le dollar,
00:48le dollar qui a pris de la vigueur, 1,1528 pour l'euro dollar.
00:53Donc pas mal de déséquilibre un petit peu partout,
00:55et on purge aussi, on en profite pour purger un certain nombre de positions,
00:58peut-être un petit peu excessives.
01:01Regardez Soitec qui était regardé de près par sa résistance
01:04et sa très forte performance depuis quelques mois.
01:07Le site perd quand même 13,7% aujourd'hui à 54,38€.
01:11On a Société Générale qui est un peu dans le même cas,
01:13qui perd 6,1% à 63,40€.
01:17ArcelorMittal, on ne le dira jamais assez,
01:19témoin aux premières loges de la crise de l'énergie,
01:22perd en ce moment 6,12% à 42,80€.
01:26A la hausse on retrouve Total Energy qui s'envole,
01:28plus 4,8% à 79,07€.
01:31C'est impressionnant sur un indice qui perd lui 1,59%.
01:35Sanofi aussi, plus 2,5% à 78,07€.
01:39Publicis qui était un petit peu délaissé ces derniers temps,
01:41reprend du poil de la bête, plus 1,7%, 73,20€.
01:45Geoffrey Ouafcar nous rejoint,
01:46directeur des gestions d'origine gestion.
01:47Bonjour Geoffrey, ravi de vous retrouver.
01:49Bonjour Guérard.
01:49Antoine le disait, les cours de l'énergie bien sûr
01:51fortement orientés à la hausse,
01:52Total Energy qui en profite, plus 4,9%.
01:55Les séances précédentes, depuis le début de cette guerre,
01:57quand le pétrole progressait fortement,
01:59Total gagnait seulement, seulement on a envie de dire 1 ou 2%.
02:02Là d'un coup ce titre gagne 5%.
02:05Comment vous l'interprétez ?
02:06Est-ce que c'est un pari du marché,
02:09un pari sur le fait que cette guerre désormais
02:11va devenir beaucoup plus clairement énergétique
02:13ou c'est autre chose qui peut expliquer
02:15la hausse de 5% pour Total ?
02:17Je pense qu'il y a deux éléments qui expliquent cela.
02:20Le premier, c'est qu'effectivement le marché
02:22commence à intégrer l'idée que le conflit
02:24durera un petit peu plus longtemps que prévu.
02:26Et c'est vrai que l'idée initiale, consensuelle,
02:28c'était celle d'un conflit court.
02:31Et finalement, il s'avère qu'on sera plutôt
02:34sur un conflit qui pourrait durer quelques semaines.
02:36C'est sûr que Donald Trump prépare déjà un peu
02:38la fin du conflit, à mon avis.
02:39Mais néanmoins, les conséquences en termes
02:42de disruption énergétique seront-elles un petit peu plus longues
02:45et elles dureront quelques mois.
02:46Et donc c'est vrai que l'idée que les coûts de l'énergie,
02:50que ce soit le pétrole ou même le gaz d'ailleurs,
02:52soient élevés pendant quelques semaines,
02:54voire quelques mois, va faire qu'il y aura
02:57des révisions de bénéfices assez substantielles pour Total.
03:00Moi, ça me fait beaucoup penser finalement
03:01à ce qui s'était passé en 2022
03:03quand la Russie avait attaqué l'Ukraine.
03:05En fait, en 2022, Total avait publié des résultats
03:08qui étaient historiques.
03:09Et là, pour le moment, le consensus des analystes
03:12prévoit 10% de croissance des bénéfices en 2026 pour Total,
03:15ce qui paraît encore assez léger finalement,
03:17compte tenu d'un Brent qui dépasse les 100 dollars maintenant
03:20depuis quelques jours.
03:22– Bon, ça donne une première explication.
03:24Et c'est vrai que jusqu'ici, les inquiétudes étaient liées
03:26à la paralysie du détroit d'Hormuz,
03:28donc des inquiétudes sur le prix du pétrole.
03:30On commence à voir surgir désormais maintenant
03:32que les infrastructures de production,
03:33gazières, pétrolières sont directement attaquées
03:35par les différents belligérants.
03:37On voit naître, surgir des inquiétudes
03:39sur l'approvisionnement futur au-delà du détroit d'Hormuz,
03:42la capacité à produire du pétrole.
03:44Parce que là, on touche vraiment au dur,
03:45au squelette de ces acteurs énergétiques.
03:50Donc Total Energy gagne 4,9%,
03:52peut-être sur l'idée d'une raréfaction,
03:54d'un amoindrissement à venir de la production
03:56si les infrastructures étaient encore
03:58systématiquement ciblées par l'Iran.
04:00On rappelle qu'il a ciblé la principale usine de GNL
04:03là-bas au Qatar,
04:04ce qui est un vrai, vrai, vrai événement
04:07dans ce conflit.
04:08Le Qatar qui explique qu'il faudra des années,
04:10des années pour réparer cette usine,
04:12donc sa principale usine de GNL.
04:14Et puis il y a une autre annonce peut-être
04:15qui alors participe à cette hausse de Total Energy.
04:18On apprend que Total Energy réfléchit
04:20à reculer l'âge de départ à la retraite
04:23des fonctions de président et de directeur général,
04:25qui d'ailleurs sont fusionnés en un homme.
04:26Aujourd'hui, c'est Patrick Pouyanné,
04:28il a 62 ans, il est PDG,
04:29président directeur général.
04:30Et donc Total Energy réfléchit
04:32à repousser l'âge de la retraite du capitaine.
04:36Oui, et ça, je pense que c'est plutôt une nouvelle
04:39qui potentiellement rassurera les investisseurs.
04:42Pouyanné, ça fait quand même maintenant 11 ans
04:44qu'il est à la tête de Total.
04:45Il faut savoir qu'il est très impliqué dans la gestion
04:48et dans les décisions opérationnelles.
04:50Ils n'avaient pas un grand projet
04:51qui n'est pas validé par lui en personne.
04:55Et donc ça, ça offre quand même de la visibilité
04:57pour les investisseurs qui verront que la stratégie de Total
05:00va pouvoir continuer à être implémentée
05:03par la même personne pendant encore quelques années.
05:06Ce titre est en tête du CAC,
05:07mais pas à moitié, plus 5%, donc Total Energy.
05:10À la baisse, en revanche,
05:11alors tous ces secteurs qui avaient beaucoup progressé
05:12ces derniers trimestres,
05:13on continue de les vendre pour retrouver un peu de cash.
05:16Société Générale, par exemple,
05:17Lanterne Rouge cet après-midi du CAC 40 à moins 6.
05:19Et puis il y a Accor.
05:20Accor perd 5,8%.
05:22Il y a bien sûr l'impact sur le tourisme,
05:24du conflit en cours.
05:25Mais là, aujourd'hui, on a aussi en plus sur Accor,
05:28Grizzly Research qui annonce prendre une position
05:30vendeuse.
05:31C'est un vendeur à découvert, Grizzly Research,
05:33et ils annoncent avoir mené une enquête
05:34sur les pratiques d'Accor qui, d'après eux en tout cas,
05:37d'après eux, on le dit avec beaucoup de pincettes
05:39et beaucoup de prudence,
05:40Accor n'en ferait pas assez pour limiter les risques
05:43dans ces hôtels,
05:44notamment les risques d'exploitation sexuelle de mineurs.
05:46Voilà ce que nous dit Grizzly Research,
05:47qui est vendeur à découvert
05:48et qui explique avoir mené cette enquête.
05:51Comment vous regardez cela, Geoffrey ?
05:53– Alors, deux éléments.
05:56Évidemment, comme vous le disiez, Guillaume,
05:57on n'a aucune idée si ces accusations sont fondées ou non,
06:02mais en tout cas, si elles le sont,
06:04il va y avoir un vrai problème de controverse pour la société.
06:08Et on sait que dans un univers de la gestion d'actifs
06:10où maintenant les contraintes ESG sont très importantes,
06:12vous avez pas mal de gérants qui vont devoir vendre le titre
06:14en attendant d'avoir plus de couleurs
06:17sur justement la réalité des accusations.
06:19Après, il faut prendre quand même un petit peu de recul
06:21parce que quand on travaille le passé et l'historique
06:25de ce fameux Grizzly Research,
06:26il faut savoir que c'est un vendeur à découvert
06:27qui est assez spécifique
06:28et qui va pas se contenter de faire de l'analyse financière
06:30pour déterminer quelle va être la société
06:33qu'ils vont shorter.
06:34Ils vont aller aussi faire des études de terrain,
06:37des enquêtes sur le terrain.
06:39Et ils avaient attaqué,
06:40alors récemment, ils avaient attaqué HelloFresh, par exemple.
06:42Ils accusaient les dirigeants de malversations.
06:44Ils avaient accusé aussi une autre société
06:45qui s'appelle Trustpilot en décembre 2025.
06:48Trustpilot, je sais pas si vous connaissez,
06:49mais ce sont les avis vérifiés sur Internet.
06:51En fait, quand on regarde maintenant
06:53avec un peu de recul ces deux sociétés-là,
06:55finalement, alors HelloFresh a beaucoup baissé.
06:57Donc, ils ont eu raison sur l'aspect financier,
06:59mais néanmoins, il n'y a eu aucune preuve
07:01de malversation de la part des dirigeants.
07:02Et pour Trustpilot, le titre a baissé
07:05le jour même de l'annonce du rapport
07:08de Grizzly Research de 30%,
07:10mais depuis, le titre vaut 25% au-dessus
07:12des cours auxquels ils avaient shorté.
07:15Donc, finalement, il faut prendre évidemment
07:17ce rapport avec des pincettes.
07:18On voit bien que Grizzly Research
07:20n'a pas tellement de scrupules
07:21pour sortir des arguments
07:23qui peuvent être tendancieux.
07:24Donc, évidemment, il faudra attendre.
07:26Mais pour Accor, ça vient en plus
07:29au mauvais moment parce que,
07:30comme vous le disiez,
07:31entre l'exposition au Moyen-Orient
07:33de la société et le ralentissement
07:35du tourisme éventuellement en Europe
07:37à cause de la hausse des prix du pétrole,
07:38vous avez deux éléments fondamentaux
07:40qui viennent obscurcir le dossier
07:43d'investissement sur Accor.
07:44Accor, deuxième plus forte baisse du CAC,
07:46troisième plus forte baisse.
07:47Après Société Générale et Arcelor,
07:49le titre Accor perd 5,5%
07:50dans un marché qui baisse fortement.
07:52Oui, le CAC abandonne 1,7%.
07:54On va regarder aussi aux États-Unis
07:55ce titre Micron quand même.
07:57C'est un de nos auditeurs.
07:58Il s'appelle Boris.
07:59Il nous écrit sur X Boris
08:00et nous demande que pensez-vous
08:01du titre Micron
08:02qui pulvérise toutes les attentes
08:04sur les mémoires incroyables.
08:06La marge brute de Micron
08:08passe de quasiment 38% il y a un an
08:10à 75% aujourd'hui.
08:12Incroyable aussi.
08:13Et pourtant, ce titre perd 2%
08:15cet après-midi aux États-Unis, Geoffrey ?
08:17Alors, c'est vrai que le titre
08:18a énormément progressé.
08:20Je crois qu'il a fait 400%
08:22depuis un an.
08:23Mais les chiffres économiques
08:26sont exceptionnels.
08:27Au T2 2026,
08:29la société fait un chiffre d'affaires
08:30de 24 milliards de dollars.
08:32C'est l'équivalent du chiffre d'affaires
08:33de l'année 2024.
08:35Si on se projette sur le T3,
08:37la société prévoit quasiment
08:3835 milliards de dollars
08:41de chiffre d'affaires.
08:42c'est le chiffre d'affaires
08:43de l'année 2025.
08:45Donc, on voit bien quand même
08:45que la dynamique est hyper positive
08:48pour, évidemment,
08:49le segment de la mémoire
08:50avec une capacité de pricing power
08:52qui est très importante
08:53pour la société
08:53et une marge brute
08:54qui est en train d'exploser.
08:56Les résultats de bénéfice,
08:57c'est 40% au-dessus
08:58des attentes quand même.
08:59Donc, les résultats
09:00sont vraiment très très bons.
09:02Maintenant, c'est aussi
09:03beaucoup joué
09:04par le marché.
09:06Mais néanmoins,
09:07quand on prend un petit peu
09:07de recul
09:08et qu'on essaie de se projeter
09:08sur les années suivantes,
09:09Micron ne se paie que 5 fois
09:11les résultats de 2027,
09:12elle va faire quasiment
09:1375 milliards de free cash flow
09:15l'année prochaine
09:15pour une capitalisation
09:16de 500 milliards.
09:17Donc, elle a un free cash flow yield
09:19qui est un indicateur
09:19qui est quand même assez regardé,
09:21qui est largement supérieur
09:22à 13%.
09:24Donc, pour moi,
09:25il y a encore de la place.
09:27D'ailleurs,
09:27à la suite de la publication,
09:28les analystes ont plutôt
09:29eu tendance à relever
09:31le cours cible
09:32autour de 550 dollars.
09:33Donc, il y a encore
09:34un potentiel de progression.
09:35Mais c'est vrai
09:36qu'il y a un overhang
09:40sur ce titre-là
09:41qui provient du fait
09:42qu'à un moment donné,
09:43il n'y aura plus
09:43de sous-capacité
09:44dans la production
09:45de mémoire
09:46et donc les prix
09:47vont devoir se normaliser.
09:48Mais c'est vrai
09:48que ça, c'est quelque chose
09:49qui va arriver
09:50au horizon 2027-2028.
09:51Donc, d'ici là,
09:51on a quand même le temps
09:52de voir venir.
09:53D'accord.
09:53Et on a un titre
09:54qui a encore, pour moi,
09:55un peu de potentiel.
09:56Bon, moins 3%
09:57cet après-midi
09:58sur cette valeur Micron.
10:00Encore un peu plus léger
10:01ici en France.
10:02C'est un champion français,
10:03Deezer,
10:03leur plateforme
10:04de streaming musical.
10:05C'est très, très intéressant
10:06de voir ce qu'annonce Deezer.
10:07Pour la première fois
10:08de leur histoire,
10:08ils nous annoncent
10:09des bénéfices annuels.
10:11Le titre Deezer,
10:11on n'était pas forcément
10:12au courant.
10:13Ceux qui nous suivent,
10:13qui l'en gardent,
10:14ne savaient pas forcément,
10:15moi, je ne savais pas
10:15pour être très honnête
10:16avec vous,
10:16que Deezer était coté
10:17à la Bourse de Paris.
10:18Je le savais,
10:19mais j'avais un peu oublié.
10:20Aujourd'hui,
10:20le titre gagne 8%.
10:21Est-ce qu'il vous intéresse
10:22le titre Deezer, Geoffrey ?
10:25J'avoue que c'est un titre
10:26que je ne regarde pas.
10:28Pourquoi ?
10:29Parce que,
10:29alors, lui,
10:30il est quand même assez petit.
10:31Pour le coup,
10:32il ne rentre pas tellement
10:32dans mes cadres d'investissement.
10:33150 millions d'euros
10:34de capitalisation boursière.
10:37Et c'est vrai que Deezer
10:39a quand même en face de lui
10:40des concurrents
10:43bien plus importants
10:44comme Spotify.
10:45Et c'est vrai que
10:46j'ai du mal à imaginer
10:47le petit acteur
10:48surperformer le gros.
10:50Surtout que là,
10:50c'est vraiment,
10:51en termes de taille,
10:53un Spotify,
10:54c'est largement supérieur
10:56à Deezer.
10:56Donc, j'avoue que
10:57c'est un dossier
10:58que je regarde peu.
10:59Oui, la tentation est faible
11:00de venir acheter
11:01ce titre Deezer.
11:02Même si,
11:02pour la première fois
11:03de leur histoire,
11:04ils annoncent des bénéfices annuels,
11:05on a trouvé un avocat
11:06de Deezer.
11:07On en parlera tout à l'heure,
11:08ce sera dans la famille
11:08BFM Bourse,
11:09un avocat de ce titre Deezer.
11:10On en reparlera aussi tout à l'heure
11:12juste après la clôture des marchés.
11:13Merci beaucoup, Geoffrey.
11:15Geoffrey Oafka,
11:16avec nous au RISGestion.
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