00:00Perspective d'union entre différents courants de la droite, union plus ou moins large d'ailleurs.
00:05Oui, et dans cette affaire, en fait, la forme compte au moins autant que le fond.
00:09Alors je vais commencer par la forme parce qu'il en existe en fait 50 nuances de cette union des droites.
00:14Vous avez d'abord la version Zemmour, celle-là, elle va de LR au RN.
00:18Vous avez aussi la version Wauquiez qui va de Darmanin à Knafo.
00:23Vous avez encore la version Maréchal qui va des centristes philippistes aux nationalistes le pénistes.
00:29Vous avez ensuite la version Le Pen.
00:32Alors celle-là, c'est plus simple.
00:33Elle va du RN jusqu'au RN.
00:35Et puis vous avez enfin, une fois n'est pas coutume, la version Bardella-Rotaillot,
00:40les deux présidents de partis qui défendent, eux, l'union des électeurs plutôt que celle des appareils.
00:46Et c'est là qu'on en vient au fond du sujet justement parce qu'après des années à s'enfermer dans la stratégie du cordon sanitaire
00:54en pensant qu'il suffirait de dénoncer l'extrême droite pour mieux la disqualifier,
00:59eh bien la droite traditionnelle, celle qu'on dit de gouvernement,
01:03elle s'est coupée d'une partie de ces électeurs qui, eux, ont franchi le Rubicon sans jamais se retourner depuis.
01:09Donc c'est-à-dire quoi ? Pour vous, c'est plié ?
01:11La droite n'a pas d'autre choix que de s'allier avec le RN ?
01:14Alors non, c'est pas plié. D'abord parce que l'aventure d'Éric Ciotti a montré que les choses,
01:18elles n'étaient pas aussi manichéennes qu'on pourrait l'imaginer.
01:21Ensuite, parce que l'exemple de Nicolas Sarkozy est là pour prouver le contraire à ceux qui feraient semblant de l'oublier.
01:28Sur les 25 dernières années, il n'y a eu que deux élections présidentielles
01:32où les Le Pen, père et fille, n'ont pas été au second tour.
01:36C'est 2007 et 2012.
01:38Autrement dit, à chaque fois que Nicolas Sarkozy a été candidat,
01:42est candidat sur une ligne clairement à droite,
01:45très ferme sur le régalien et libéral sur l'économie.
01:48Alors pour autant, même si la recette est connue de tous,
01:52personne n'a réussi à rééditer son exploit depuis.
01:55Et pour cause, on ne s'improvise pas présidentiable et encore moins président.
02:00Résultat, quand l'incarnation n'est pas là et qu'il n'y a pas de leader incontestable,
02:05il faut alors chercher à créer une dynamique, surtout face à une gauche qui, elle,
02:09ne s'embarrasse ni ne s'encombre pas des outrances de Jean-Luc Mélenchon
02:13à chaque fois qu'il s'agit de se jeter dans ses bras avant les élections.
02:18C'est précisément pour cette raison que les débats qui émergent d'ici ou là
02:21sur une éventuelle primaire et surtout sur la question de son périmètre
02:26vont inévitablement occuper la droite ou plutôt les droites dans les prochains mois.
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