00:07Bonjour à tous, on vous retrouve toujours en direct de Convergence, l'événement CEO, CFO,
00:11800 participants aujourd'hui au pavillon d'Armenonville pour parler des CFO qui bâtissent,
00:15des CFO qui transforment, qui se transforment et qui accompagnent évidemment les mutations
00:19de leurs entreprises. On a parlé géopolitique, on a parlé IA, là on fait un petit pas de côté
00:24pour parler de la loi de finances. Retour au dialogue ou en tout cas effectivement on l'a
00:28beaucoup attendu, celle de 2026, comment ça a été vécu par les CFO, qu'est-ce qu'ils
00:33attendent à l'avenir de ce dialogue public-privé pour une loi de finances équilibrée et peut-être
00:38qui sortirait plus vite. On en parle avec à ma droite Florence Birault. Bonjour Florence.
00:44Bonjour, bonjour à tous. Merci d'être avec nous. Vous êtes directrice administrative
00:48et financière France pour Sodexo. On est ravis de vous accueillir, c'est la première fois
00:52je crois que vous venez à cet événement. Première participation. Voilà, et donc on est ravis
00:56d'avoir des nouveaux chaque année. Merci Florence. À ma gauche, un habitué, Emmanuel Millard.
01:00Bonjour. Bonjour à tous. Vous êtes président de CFO Alliance, c'est l'alliance de toutes
01:05les associations des CFO dans le monde. Vous étiez précédemment le président de la
01:09DFCG, donc c'est l'alliance des alliances, enfin l'alliance des assos. Ça fait combien
01:14de DAF au niveau mondial, CFO Alliance ? Oui, alors c'est trois continents, c'est une trentaine
01:19de pays et c'est à peu près 40, 45 000 membres. Ok, donc 45 000 financiers avec vous. Et
01:26vous êtes
01:27également secrétaire général d'Hendrix. Hendrix, c'est une boîte d'advisory qui fait
01:31moultes choses aujourd'hui, qui grandit en organique et en externe. Ça avance très vite
01:35chez vous. Oui, le secteur est en pleine évolution, révolution, beaucoup de concentration.
01:40C'est un peu l'industrie, c'est un peu la banque qui a une quinzaine, vingtaine d'années
01:44et il y a beaucoup d'opérations de rapprochement, de restructuration et Hendrix effectivement
01:48est un acteur plutôt actif de ce point de vue-là. Alors sur la loi de finances, vous
01:53allez intervenir dans un instant. Je vous ai pris un peu juste avant votre conférence.
01:57Qu'est-ce que vous avez, enfin, qu'est-ce que vous êtes venu dire sur ce sujet ? Peut
02:00-être
02:00Florence pour commencer. Qu'est-ce qu'un directeur financier, une directrice financière
02:04a à attendre de ce, peut-être déjà de l'infrastructure de la construction de la loi de
02:08finances, de comment ça se passe, de la façon dont vous avez vécu l'incertitude pendant
02:12des mois en attendant celle qui arrive. Alors on a évidemment une crise, en tout cas
02:16un sujet politique par ailleurs. Mais comment est-ce qu'on arrive en tant que DAF à continuer
02:20à garder le cap et comment vous anticipez la fin d'année avec les présidentielles qui
02:24arrivent et une prochaine loi de finances qui ne devrait pas être plus facile à trouver ?
02:27Absolument. Alors merci pour la question Mathieu. Comment est-ce qu'on a vécu les dernières
02:32lois de finances ? Assez mal avec une absence de visibilité totale, une multiplicité des
02:40canaux d'information aussi, là où traditionnellement on avait plutôt des contacts avec, via les
02:46organisations professionnelles et via les branches, avec les services de Bercy, là
02:50maintenant c'est vraiment multicanal, beaucoup de zones d'influence, peu de visibilité
02:55même dans les cabinets ministériels eux-mêmes parce qu'en fait il y a des jeux de pouvoir
03:02qui se jouent en coulisses, qui se jouent au Parlement et tout ce qui est canaux de communication
03:07traditionnelles ne fonctionnent plus ou en tout cas sont plus suffisants.
03:11Donc on s'adapte alors parce que vous êtes déjà directrice financière, vous avez un
03:15job assez prenant et vous devez être dans l'influence, vous devez reconstituer des canaux,
03:21arriver à avancer là-dedans, c'est un sacré challenge.
03:23Oui c'est un super challenge, après je pense que c'est vraiment le quotidien des DAF de gérer
03:27l'incertitude en ce moment. Donc on gère aussi l'incertitude réglementaire et budgétaire.
03:35Comment est-ce qu'on le fait ? En fait on bâtit des scénarii et puis on essaye surtout
03:40d'appuyer sur les bons sujets, de choisir nos chevaux de bataille. Donc nous Sodexo on emploie
03:4528 000 personnes en France, on est présent dans énormément de métiers de service, pas
03:51uniquement la restauration. Donc nous tout ce qui touche au coût du travail nous importe énormément.
03:58Donc on choisit nos chevaux de bataille et on porte vraiment nos sujets, la défense bien
04:03évidemment de la maîtrise du coût du travail qui est absolument nécessaire et aussi conserver
04:09une certaine forme de flexibilité sur tout ce qui est coût du travail pour éviter de rajouter des couches
04:18à des systèmes qui sont déjà complexes. Merci Florence, une question pour Emmanuel. Emmanuel, évidemment on va parler de ce
04:24que vous êtes venu dire aujourd'hui, mais j'ai peut-être une première question.
04:28quand vous faites vos réunions avec toutes les associations dans le monde entier, on se fiche de nous à l
04:32'international, on est pire que les autres, c'est un peu pareil partout.
04:37Avec en plus le New World Order dont on entend parler tous les jours, évidemment ça rabat les cartes de
04:43tous les côtés, tous les gouvernements se posent des questions, il y a du protectionnisme,
04:46il y a de la souveraineté, donc il y a des sujets de financement, de marge de manœuvre à trouver
04:50pour les États parce qu'au final tout est une question de marge de manœuvre.
04:53Alors si le salarié ne peut pas payer, le citoyen ne peut plus payer, que l'État ne peut plus
04:58payer, que les entreprises ne peuvent plus payer,
05:00on arrive quand même rapidement à le sujet de la marge de manœuvre dans un monde de besoin de souveraineté.
05:05Alors comment on s'en sort par rapport à l'international, Emmanuel ?
05:07C'est une excellente question, je ne m'attendais pas à cette question, mais je vais quand même y répondre.
05:10Merci.
05:12Alors je pense qu'en France, on est quand même dans le haut du panier en matière de fiscalité, il
05:17faut dire les choses,
05:18et avec ce que disait Florence sur l'absence de visibilité depuis deux ans de nos lois fiscales.
05:24A l'international, il y a deux grands piliers aujourd'hui sur lesquels on travaille.
05:30Il y a le pilier 2 justement, qui est un système d'imposition pour les grandes entreprises,
05:37dont le chiffre d'affaires dépasse 700 millions d'euros.
05:39Donc ça concerne beaucoup d'entreprises en réalité en France.
05:42Et puis on a aussi le BFIT, qui est une espèce de déclinaison européenne de ce pilier 2,
05:47avec des interférences, avec des ensembles communs, avec des difficultés d'application.
05:53Et en réalité, c'est un sujet qui nous passionne beaucoup, qui nous anime,
05:57qui nous inquiète aussi, parce qu'en réalité, on a assez peu de visibilité.
06:00Et puis, on est quand même assez largement impacté, influencé par ce qui se passe outre-Atlantique.
06:06Il faut dire les choses avec toute cette discussion autour des droits de douane
06:13et puis aussi des questions de retenue à la source.
06:16Parce qu'aujourd'hui, vous avez des grandes entreprises, par exemple,
06:19pour des raisons de protection de leur liquidité,
06:22qui ne font pas remonter un certain nombre de liquidités et qui restent aux États-Unis, par exemple,
06:26parce qu'on a une incertitude sur le taux de retenue à la source.
06:29Et donc, cette liquidité, plutôt que d'être distribuée, elle reste finalement dans ce pays.
06:34Donc, aujourd'hui, on avance doucement.
06:40On voit qu'il y a de grosses difficultés d'application dans les pays.
06:44On voit que la France essaie de tirer un petit peu, de porter le sujet, parfois difficilement.
06:49Mais en tout cas, oui, c'est des sujets qui nous intéressent,
06:52sur lesquels on essaie de répondre à un certain nombre de consultations.
06:55On répond à des consultations, on répond à des consultations de l'ONU, par exemple, sur ces sujets-là.
06:59Mais en réalité, on voit que la fiscalité à l'international, ça reste un sujet compliqué.
07:04Ça reste souvent un sujet d'État à État et non pas de...
07:08Je dirais...
07:10Donc, on reste en tout cas dans une démarche à la fois prudente, proactive et quand même teintée d'inquiétude.
07:17Si on devait retenir chacun un point qui est un...
07:22Enfin, votre appel à l'aide ou en tout cas votre sujet, votre demande, votre recommandation pour simplifier les choses,
07:28ce serait quoi ?
07:29C'est quoi ?
07:32On monte encore un couche, on donne encore plus de pouvoir à Bruxelles en disant que la fiscalité européenne
07:37est peut-être un sujet à regarder de plus près, enfin ?
07:40Ou alors c'est illusoire au vu de la crise politique dans laquelle la technocratie bruxelloise est embourbée ?
07:46Moi, je pense qu'il faut rééquilibrer les zones de pouvoir et mettre ensemble tous les acteurs.
07:51En entreprise, on fait ça tous les jours.
07:53Moi, tous les jours, mon job, c'est de m'assurer que mon équipe, la DAF, elle est très connectée
07:58au marketing, aux ventes, aux achats
08:01et on travaille toujours en pluridisciplinarité.
08:04En fait, sur un processus budgétaire, ça devrait fonctionner de la même façon.
08:08On devra avoir à la même table les branches professionnelles, évidemment les partenaires sociaux.
08:13Le PDEF, la CPME, ce n'est pas le cas, ils n'y sont jamais ?
08:16Si, de plus en plus, c'est de plus en plus le cas.
08:19Mais là, à l'heure actuelle, ce qui nous manque, c'est vraiment des représentants, des décideurs politiques
08:24qui soient stables, qui déjà aient une certaine visibilité, une certaine pérennité dans leurs fonctions
08:29et qui participent activement. Parce que là, oui, bien sûr, le patronat s'organise et se fédère
08:36et on parle d'eux plus en plus d'une seule voix. Il y a des points d'amélioration, certes,
08:40mais on avance bien.
08:41On avance bien aussi dans le dialogue avec les partenaires sociaux, ça progresse.
08:45Mais travaillons beaucoup plus en multidisciplinarité en prenant des sujets.
08:50Voilà, moi, je vous parle du coup du travail. Je pense qu'il y a d'autres domaines dans mes
08:53collègues et dans l'industrie.
08:54Mes collègues qui travaillent plus dans l'innovation technologique, ils vont avoir des chevaux de bataille sur le crédit d
08:58'impôt recherche
08:58et ses dispositifs d'aide. En fait, chaque sujet doit être pris d'une façon vraiment multicanale, multimodale
09:06et toujours dans un dialogue, dans un esprit dialogue.
09:09Avec l'année qu'on va vivre politique, je nous souhaite d'avoir à la fin une gagnante, un gagnant
09:15qui permettra ce dialogue
09:16et cette stabilité qu'on appelle de nos voeux. Le mot de la fin, 30 secondes, Emmanuel Mir.
09:20Alors, si les entreprises, notamment le MEDEF, sont impliquées, puisqu'il y a le B7, qui est le pendant du
09:26G7,
09:26le B7 regroupe les 7 pays les plus industrialisés et se revoit, se voit régulièrement actuellement sur des types de
09:33problématiques,
09:34dont la fiscalité. Il faudrait que la fiscalité cesse d'être une variable d'ajustement, aussi bien en France qu
09:40'en Europe.
09:41Dès lors qu'on a besoin de boucler le budget, on va ajuster à la fois les assiettes, les taux,
09:46etc.
09:46C'est une mauvaise idée. Ça tue nos entreprises.
09:52Je pense qu'il faut effectivement, probablement, revenir sur l'ensemble de ces aides qui sont données aux entreprises
09:57et travailler plutôt sur un taux qui soit accepté, qui soit acceptable et qui puisse être quelque part un peu
10:02décliné dans notre univers.
10:05C'est ce sujet de la taxe.
10:07Absolument.
10:08Merci infiniment à tous les deux. On me fait signe comme quoi vous êtes attendu en conférence,
10:12donc je ne veux pas vous mettre en retard.
10:15Merci Emmanuel Myard, président CFO Alliance et secrétaire général d'Hendrix.
10:19Merci Florence Birault pour votre première venue sur Convergence, directrice administrative et financière de Sodexo pour la France.
10:26Merci infiniment à tous les deux.
10:27La suite de nos programmes, évidemment, dans un instant sur Be Smart for Change.
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