00:30Bonjour à tous, soyez les bienvenus sur la plateforme du projet Europe Éducation et École qui ce matin a l
00:38'honneur et un très grand plaisir d'accueillir Madame Florence Robin, ambassadrice de France en Norvège, notre précieux soutien depuis
00:47de très longues années.
00:50Et nous avons également le plaisir d'accueillir des établissements comme le lycée français Charles de Gaulle à Pékin, le
00:59lycée ou l'établissement Liberté de Bamako au Mali avec M. le proviseur Jean-Pierre Edjekra
01:09et notre collègue professeur de philosophie Benjamin Ouedraogo. Je remercie également Madame Anna Lazarevic, professeure au lycée franco-serbe, si
01:22j'ai bien compris, de Novistad, près de Belgrade, en Serbie.
01:27Je ne voudrais surtout pas oublier toutes les classes qui nous suivent sur Twitch, qui pour des raisons techniques ou
01:37géopolitiques ne peuvent pas se connecter à notre programme.
01:40Je n'oublie pas non plus les élèves du lycée Grand-Lebrun à Bordeaux qui sont avec nous, qui régleront
01:46leurs problèmes techniques sans doute très rapidement.
01:49Avant de donner la parole à Madame la Vesedrice pour l'exposer proprement dit, Madame Audrey Fouillard au lycée Charles
01:57de Gaulle, voulez-vous nous dire un petit mot pour ouvrir la séance de ce matin ?
02:04On voudrait vous voir devant la caméra, s'il vous plaît.
02:10Madame Audrey Fouillard, activez notre micro, la parole est à vous.
02:24En attendant que le problème se règle à Pékin, je me tourne vers M. le proviseur Jean-Pierre Edjekra.
02:34La parole est à vous.
02:36Plaisir de vous écouter.
02:38Activez votre micro.
02:40Voilà.
02:41Oui, donc, bonjour Madame la Vesedrice, bonjour chers collègues et chers élèves.
02:47Donc, le lycée Liberté participe sur Twitch malgré que nous sommes en enseignement à distance ce matin.
02:54Nous avons des élèves de première ou de terminale qui vont suivre de près l'intervention de Madame l'ambassadrice
03:02sur un sujet qui les concerne directement puisque nous sommes ici au Sahel avec une grande conscience et une quotidienneté
03:09de la problématique des enjeux climatiques, bien entendu, dans la vie des gens.
03:13Et surtout des jeunes qui évoluent dans un environnement chrysogène puisque ici, nous avons difficilement accès à l'énergie, à
03:20l'eau.
03:21Et donc, ce sujet concerne la population, concerne nos élèves et il est important qu'ils puissent avoir une dimension
03:31réflexive sur les enjeux thématiques qui sont des enjeux plutôt mondiaux.
03:37Et je vous remercie infiniment de nous avoir donné la possibilité de participer à ce moment d'échange et d
03:43'ouverture pour les élèves de l'établissement Liberté que je salue au passage.
03:49Merci. Madame Lazarevic, Novissad, je vous donne la parole. Le plaisir de vous écouter.
03:57Bonjour à toutes et à tous. Bonjour à Madame l'ambassadrice, chers collègues et chers élèves.
04:02C'est un grand plaisir d'être parmi vous aujourd'hui.
04:06Alors, on vient de Novissad dans le lycée franco-serbe qui a une longue et riche tradition dans l'enseignement
04:14du français de presque deux siècles en fait.
04:17Aujourd'hui, nous avons quatre classes bilingues franco-serbes labellisées avec une soixantaine d'élèves dans une école de 3000
04:28élèves à peu près.
04:30Et ça serait un grand plaisir d'échanger avec vous sur ces sujets d'actualité.
04:36Et je vous remercie encore une fois pour votre invitation.
04:41Merci à vous, chère Anna. Et je reviens vers Pékin. Madame Audrey Fouillard, s'il vous plaît, pourriez-vous activer
04:52votre micro et nous dire quelques mots ?
04:59Je suis en salle de réunion avec une vingtaine de collégiens autour de moi.
05:04Je suis très heureuse de prendre la parole en ce début d'échange consacré à l'engagement citoyen, la responsabilité
05:15internationale face au changement climatique.
05:21Je tiens vraiment à vous remercier d'avoir pensé à nous.
05:24On est très content d'être aux côtés des élèves de Bordeaux, de Bamako, de Serbie.
05:32Donc, on vient d'entendre la collègue.
05:35Donc, je tenais à signaler que les élèves qui sont là aujourd'hui à mes côtés, en fait, sont très
05:41engagés dans le cadre notamment d'une clean team
05:46et dans le cadre de la labellisation au développement durable de l'établissement.
05:53Je voulais vous dire aussi combien je suis personnellement sensible au fait que cet échange soit porté par vous, madame
06:02l'ambassadrice.
06:02D'abord parce que votre parcours d'ancienne rectrice et directrice générale de l'enseignement scolaire vous confère une connaissance
06:13fine des enjeux d'éducation.
06:16Et donc, c'est quelque chose qui était important pour moi.
06:22Et je voulais aussi dire que le fait que cette parole soit aujourd'hui celle d'une femme engagée à
06:27un haut niveau de responsabilité donne également à cet échange une forte portée symbolique.
06:34Voilà, sachez que je suis très attachée à la promotion des sciences auprès des jeunes filles au niveau de l
06:40'établissement.
06:42Et qu'à chaque fois que… Alors, voilà, les garçons sont derrière moi.
06:46Je suis plutôt du côté des garçons.
06:47Je ne veux surtout pas qu'ils se sentent mis à l'écart.
06:51Mais à chaque fois qu'effectivement, je peux permettre aux jeunes filles de se donner de l'ambition, c'est
06:57quelque chose qui est important pour moi.
06:59Donc, simplement, je voulais revenir sur le sujet.
07:02Donc, dans un contexte qui est marqué par l'urgence climatique, mais aussi par les tensions internationales et la circulation
07:07de la désinformation.
07:10Ce à quoi, nous, on est sensible de…
07:14Voilà, pour nous, c'est important d'enseigner tout ça à nos élèves.
07:22Voilà, c'était important qu'on puisse, nous aussi, même en étant loin de Pékin, participer à cet échange inter
07:31-établissement.
07:32Donc, je vous remercie vraiment encore une fois très sincèrement d'avoir pensé à nous.
07:37Voilà, vous dire que chez nous, il est quelle heure ? 16h30.
07:41Mais qu'on est tous là autour de la table et prêts à vous écouter et prêts à échanger avec
07:46vous et à vous poser tout un tas de questions tout à l'heure quand ce sera possible.
07:51Voilà, je vous remercie.
07:54Merci à vous, Madame proviseur.
07:59Il nous reste maintenant à vous écouter, chère Madame ambassadrice.
08:07Votre parole est pour nous non seulement une richesse de réflexion, mais aussi, comment dirais-je, une source d'énergie
08:16morale
08:17pour pour poursuivre dans ce monde complexe, compliqué, mais ô combien passionnant,
08:22la recherche de ce que vous avez toujours indiqué dans nos programmes,
08:29du vrai, du scientifique, de l'authentique, du respect du monde dans lequel nous vivons
08:38et de la nature qui nous permet d'y survivre.
08:41Voilà, je m'abandonne donc le plaisir de vous écouter sur cette thématique d'urgence, d'action dans le monde
08:49dans lequel nous vivons,
08:50qui est à la fois politique et naturelle.
08:52Voilà.
08:53Et notre responsabilité est énorme là-dedans.
08:56Merci.
08:58Merci beaucoup.
09:00J'espère que vous m'entendez tous bien.
09:02Je veux d'abord vous dire mon immense plaisir d'être avec vous, de pouvoir échanger avec vous.
09:11Notre collègue à Pékin le rappelait, j'ai un parcours un petit peu particulier.
09:16Peut-être que si ça vous intéresse, on pourra en reparler.
09:18D'abord, je suis scientifique au départ, je suis physicienne.
09:22Je vous assure, je suis la seule au ministère des Affaires étrangères à avoir ce vaguement scientifique.
09:30J'ai été professeure pendant très longtemps, donc je viens effectivement du monde de l'éducation.
09:35Et ça fait maintenant un certain nombre d'années que je suis ambassadrice de France.
09:40J'ai d'abord été ambassadrice en Bulgarie et maintenant je suis ambassadrice de France en Norvège.
09:46Et si ça le devait, ça m'a encore plus effectivement poussée à m'impliquer sur ces questions de responsabilité
09:56face au changement climatique.
09:58J'en parlerai dans quelques instants parce que s'il y a bien un endroit de la planète avec le
10:04pourtour de l'Équateur
10:06qui est extrêmement frappé par le changement climatique, c'est bien aussi le Grand Nord et les Pônes.
10:13Donc j'ai intitulé mon exposé « Il y a urgence à agir » et en fait de travailler sur
10:22à la fois la responsabilité internationale,
10:24que je vois tous les jours dans mes responsabilités de l'ambassadeur,
10:30et sur l'engagement citoyen face à ces questions de changement climatique.
10:37Dans un monde qui est évidemment des événements climatiques de la sécheresse au cyclone,
10:43et ça a été rappelé par nos amis à Babacro, nous savons que ces questions de lutte contre le changement
10:51climatique
10:51exigent de plus en plus un engagement citoyen, et aussi de forts engagements internationaux et diplomatiques,
10:59et c'est de ça dont je voudrais vous parler.
11:02En gros, en trois points, rappelez peut-être que cette action climatique internationale,
11:08elle est née de la prise de responsabilité internationale, avec l'accord de Paris, de la COP 21,
11:16il y a maintenant 11 ans, qui a marqué une étape absolument essentielle.
11:23Simplement, nous vivons une époque qui est très particulière, parce que, comme je le disais,
11:2811 ans après les accords de Paris, nous sommes dans un contexte géopolitique qui est marqué par le retour des
11:36guerres,
11:36un petit peu partout, la désinformation, ça a été mentionné, les difficultés économiques,
11:42qui sont en train de nuire véritablement aux investissements indispensables sur cette question du changement climatique,
11:49et ça j'aimerais bien qu'on en parle tous ensemble.
11:52Et donc, face à tout cela, je crois qu'il y a une nécessité de maintenir un engagement,
11:57en particulier des citoyens, extrêmement fort, pour pousser encore plus les acteurs internationaux
12:03à prendre leurs responsabilités, et surtout à aboutir à des actions véritablement concrètes à l'échelle mondiale.
12:10Donc, c'est ces trois points-là sur lesquels je voudrais revenir.
12:14Donc, le premier, l'urgence à agir.
12:1811 ans après l'accord de Paris, nous avons une trajectoire qui n'atteint pas les objectifs que nous avions
12:26posés.
12:29C'est assez étonnant à dire, et quand on pense en particulier à ce que disait,
12:35le premier, le premier à Mbamakon, mais les chiffres sont là,
12:38c'est intéressant de voir que l'Europe est aujourd'hui la région du monde qui se réchauffe le plus
12:43rapidement,
12:44avec un réchauffement qui est environ deux fois supérieur à la moyenne mondiale.
12:51Et très clairement, si à l'échelle de l'année dernière, les émissions d'oxyde de carbone,
12:58de CO2, continuent à croître au rythme actuel,
13:04ce qu'on appelle souvent le budget carbone, c'est-à-dire la capacité,
13:08ce que la planète est capable de supporter,
13:11pour en particulier limiter la hausse des températures à 2 degrés,
13:15et bien ce budget-là, il sera complètement éclosé en 2046.
13:19Donc, ces questions, elles sont absolument d'actualité,
13:27et très clairement, même si les pays ont fait les efforts depuis les accords de Paris,
13:34on voit que sur les 113 parties de la COP,
13:40donc la COP, c'est la commission des partis en fait,
13:44qui ont exposé leurs projets,
13:48et bien les efforts qu'ils sont en train de produire
13:50permettraient une réduction d'environ simplement 12% des émissions de dioxyde de carbone
13:56d'ici 2035.
13:59C'est un progrès.
14:00Enfin, c'est tout à fait insuffisant au regard de l'objectif que l'on s'est posé.
14:06L'Union européenne s'est posé des objectifs extrêmement ambitieux,
14:11avec un effort de réduction qui doit être de plus de 50% d'ici 2035,
14:17mais là encore, ce qu'on constate,
14:21c'est qu'en comparant les politiques nationales à tous les scénarios
14:26qui ont été évalués, en particulier par le GIEC,
14:30vous savez, ce groupement international d'études du climat,
14:34le scénario intermédiaire que l'on a,
14:37à l'heure actuelle, il est plutôt sur une hausse des températures mondiales
14:40de 2,7 degrés d'ici 2100.
14:46Et par exemple en France,
14:48toutes les études que l'on mène sont plutôt vers 3 degrés
14:52d'augmentation des températures.
14:55Vous savez qu'on compare ça par rapport à l'ère pré-industrielle.
14:58C'est-à-dire qu'au moment où l'activité humaine a vraiment eu des impacts,
15:04a commencé à avoir des impacts extrêmement importants sur le climat.
15:08Donc en gros, si je résume,
15:10les politiques actuelles de la communauté internationale
15:13ne nous permettront pas de rester en dessous de la limite des 2 degrés
15:20qui avaient été fixés par l'accord de Paris.
15:23Et puis comme je sais que vous avez eu tout un cycle qui réfléchissait à ça,
15:28c'est important de dire un mot aussi sur l'impact des nouvelles technologies
15:34et en particulier de l'intelligence artificielle.
15:38Parce que c'est un point qui anime beaucoup à l'heure actuelle
15:42et beaucoup de pays, on voit cette course évidemment à la dominance,
15:50la domination même, je pourrais dire la prédominance
15:52de l'intelligence artificielle dans la technologie.
15:54C'est intéressant parce que c'est quelque chose dont on voit très clairement
15:58qu'elles peuvent être des facteurs d'aggravation du réchauffement climatique.
16:03Moi qui suis une scientifique, j'ai aussi tendance à regarder le côté positif
16:08et en me disant que ça peut aussi être un élément qui sert à la recherche scientifique.
16:13Simplement, on sait tous, à l'heure actuelle, on suit une tendance
16:17qui est vraiment haussière parce que l'expansion de l'intelligence artificielle
16:23augmente en particulier la demande des data centers,
16:27des centres de données qui demandent énormément d'énergie.
16:31Donc ça accélère le besoin mondial.
16:39Je génère plutôt davantage d'émissions de gaz à effet de serre.
16:45Ceci dit, intéressant de voir que l'intelligence artificielle
16:48peut aussi servir d'une certaine façon la recherche scientifique.
16:54Et je vois beaucoup de projets intéressants
16:56où en utilisant des traitements de données très importants
17:01que l'être humain à l'heure actuelle n'est pas tellement capable
17:03vraiment de digérer et d'utiliser,
17:08eh bien on pourrait peut-être améliorer par exemple
17:11l'efficacité de nos consommations de ressources
17:16et donc essayer de réfléchir de manière un peu plus approfondie
17:22à comment nous pourrions à la fois, avec des nouveaux matériaux,
17:27avec des innovations plus importantes,
17:29au contraire mieux lutter contre le réchauffement climatique.
17:32Donc on voit que tout ça, ça demande une vraie réflexion approfondie
17:37sur l'impact climatique et tout ce qu'on est en train de faire et d'inventer,
17:42en plus des réflexions qui sont à très court terme là-dessus,
17:46sur l'impact sur l'économie de l'intelligence artificielle
17:49ou sur les emplois.
17:50Ce sont vraiment une discussion dont on voit bien que nos citoyens
17:57sont vraiment intéressés par ces destines.
18:01Donc comme je le disais, la situation c'est celle d'une urgence
18:05dont les conséquences ne sont pas seulement dans les années à venir,
18:08mais elles ont déjà lieu maintenant.
18:11Je voudrais vous citer un exemple, deux exemples en fait,
18:14que je trouve extrêmement intéressants et importants.
18:19au Tuvalu, qui est un pays insulaire du Pacifique,
18:23la montée des eaux, elle menace l'existence même du pays
18:26et le gouvernement a signé avec l'Australie un accord
18:31qui va permettre aux citoyens de disposer de visas
18:35qu'on appelle de migration climatique
18:38et en signer un accord pour dire que même s'ils disparaissent,
18:43ils vont essayer de sauver l'État au-delà de la disparition du territoire.
18:48Et puis je voudrais vous parler quand même d'une région
18:50que je connais bien, qui est celle de l'Arctique,
18:52puisque la Norvège, c'est un pays d'Europe du Nord,
18:57c'est un pays qui possède aussi un territoire qui s'appelle le Svalbard,
19:01qui est extrêmement haut à l'échelle des dépôles,
19:07puisque ça monte jusqu'à 81 degrés de l'Atlique-Live-Nord.
19:11Vous voyez, le pôle Nord, c'est 90 degrés,
19:13donc c'est extrêmement proche du pôle Nord.
19:15C'est cet archipel qui accueille la ville
19:18habitée la plus proche du pôle Nord au monde.
19:22Eh bien, à l'heure actuelle,
19:25on est sur un réchauffement climatique
19:28qui est de l'ordre de 4 degrés en 30 ans.
19:31Je ne sais pas si vous avez bien entendu.
19:33Et à l'heure actuelle, ce qui se dit,
19:36c'est que le réchauffement climatique dans cet archipel
19:39est de l'ordre de 5 à 6 fois plus rapides
19:41que dans l'ensemble du monde.
19:42Donc, la fonte des glaciers s'accentue.
19:45On la voit visuellement.
19:46J'y suis allée, j'ai regardé les photos.
19:48J'y suis allée il y a deux ans, il y a trois ans, il y a un an.
19:51On le voit à l'œil nu.
19:53La calotte glaciaire, elle diminue.
19:57Et il y a en plus un phénomène d'amplification
20:01parce qu'au fur et à mesure que la glace fond au Pôle Nord,
20:07les terres ne sont plus blanches,
20:10elles ne sont plus recouvertes de glace,
20:11donc elles deviennent brunes.
20:13Qu'est-ce que ça implique ?
20:14Ça implique que de ce fait-là,
20:17ça réduit la capacité de réflexion
20:22des gaz à effet de serre
20:25et donc que ça accélère encore la fonte.
20:28Donc, il y a une espèce de dynamique négative
20:30qui se met en place.
20:32Et pour cela, les autorités
20:35essayent de mettre en place
20:37des actions climatiques assez ambitieuses
20:41de réduction des gaz à effet de serre.
20:44Donc, il y a une vraie prise de conscience
20:47de responsabilité nationale.
20:49Et pourquoi j'aime bien cet exemple ?
20:50Parce que ça montre bien toute l'ambiguïté
20:53dans lesquelles sont les gouvernements
20:55et les citoyens, si je te permets,
20:57parce qu'il y a un vrai paradoxe.
20:58Comme je le disais, la Norvège,
21:01c'est une victime importante
21:03de rechauffement climatique.
21:04C'est un acteur très important
21:06et ambitieux de la décarbonation.
21:08Et pour autant, c'est le premier producteur
21:12en Europe de gros carbures.
21:14Et actuellement, on est plutôt au stade
21:18où la Norvège a des projets de réouverture
21:21de nouveaux forages, y compris en Arctique,
21:24pour trouver des nouvelles sources de pétrole et de gaz
21:27pour répondre à la demande internationale.
21:32Donc, il n'y a pas tellement d'autres sujets
21:36que l'influence des citoyens
21:39pour essayer d'influencer ces politiques,
21:42finalement, nationales.
21:45Parce que le monde politique a sa propre trajectoire,
21:48mais les citoyens peuvent faire changer de trajectoire.
21:54Et c'est ça, le deuxième point que je voudrais aborder.
21:57Parce que face à la multiplicité des crises,
22:00je pense profondément que la lutte contre le réchauffement climatique
22:04exige un engagement mondial beaucoup plus fort et citoyen.
22:09Et je voudrais en cela parler de ce qui est en train de se passer dans le monde
22:13et qui est en train d'être un vrai bouleversement
22:16par rapport aux politiques de long terme
22:18que nous avons beaucoup essayé de pousser à l'ONU,
22:22dans les instances internationales, en Europe
22:25et dans le monde plus généralement.
22:29Évidemment, je pense surtout aux questions de sécurité
22:33et aux questions géopolitiques
22:36qui sont vraiment en train de bouleverser complètement le monde.
22:40La première des choses, ça a été clairement la guerre en Ukraine,
22:45qui a bouleversé les équilibres
22:47et qui a, par exemple, obligé les pays,
22:51beaucoup de pays, à repenser
22:53et de retourner à l'utilisation des énergies fossiles pour certains.
22:58Et puis, l'actuelle guerre en Iran,
23:01avec le blocage des Trois-Gromous,
23:04est en train aussi de complètement faire changer la géopolitique
23:10et la question de l'accès à l'utilisation aux énergies fossiles.
23:15Et en parallèle, on voit les pays du monde
23:19qui sont en train d'investir de plus en plus lourdement
23:22dans leurs forces armées, dans leurs industries de défense.
23:26Et comme il n'y a pas d'argent magique,
23:27comme on le dit souvent,
23:29finalement, d'utiliser des fonds
23:31qui avaient été destinés à d'autres politiques publiques.
23:35Juste un mot pour dire que les défenses
23:38dans le domaine de la sécurité et de la défense
23:40ont énormément augmenté.
23:43Vous le savez peut-être,
23:44on est en train, par exemple, à l'échelle de l'Europe,
23:47de négocier des mécanismes qui vont aller jusqu'à 800 milliards d'euros.
23:54Par exemple,
23:56la Commission européenne a proposé un budget
23:58de 140 milliards d'euros récemment.
24:01Donc voilà, on a une augmentation importante
24:03des moyens financiers vers le réarmement,
24:05avec un ralentissement économique,
24:08des difficultés d'approvisionnement,
24:10des crises énergétiques.
24:13Voilà, la lutte commerciale qui existe actuellement dans le monde.
24:18Tout ça fait que ça a un peu aggravé encore
24:20les conditions qui étaient déjà difficiles
24:23depuis la pandémie du Covid-19.
24:27Et donc, ce contexte international,
24:28il agit clairement en défaveur de l'action climatique,
24:32en déplaçant un peu le climatisme national,
24:34il faut le reconnaître,
24:35et en provoquant un repli sur soi.
24:39Alors, je ne veux pas être que négative,
24:41parce qu'il y a eu quelques bonnes nouvelles dans ce domaine.
24:45En particulier, je n'ose à peine le dire comme ça,
24:48vous ne me prenez pas sur le sens de mes mots.
24:50Mais depuis le blocage du détroit d'Ornouse
24:52et la difficulté d'approvisionnement en hydrocarbures,
24:58ça a encore accentué la prise de conscience
25:02de citoyens, en particulier en Europe,
25:06sur le fait qu'il fallait changer de mode de consommation.
25:10On voit une augmentation très importante
25:12des achats de véhicules électriques, par exemple,
25:16au détriment des voitures qui fonctionnent
25:18à l'essence et au diesel.
25:21Alors, je parle surtout d'un pays, la Norvège,
25:23qui par exemple, on ne peut pas dire que vous le sachiez,
25:26sur la vente de véhicules neufs depuis des années et des années,
25:30on est à presque 95 % de véhicules qui sont vendus,
25:35qui sont totalement électriques.
25:38Et c'est d'autant plus intéressant que j'entends vous dire
25:41dans plein de pays,
25:43oui, mais d'accord, mais chez nous, par exemple,
25:46en hiver, ça ne peut pas fonctionner,
25:47les voitures avec des batteries,
25:49je suis désolée, mais moi, je les ai mis fonctionner
25:51dans le Grand Nord.
25:52Donc oui, si ça peut fonctionner dans le Grand Nord,
25:55ça doit pouvoir fonctionner à peu près partout.
25:57Donc, il y a eu cette prise de conscience.
25:59Même en France, il ne faut pas un pays
26:00très investi de ce point de vue.
26:02Depuis le début de l'année,
26:04on est plutôt autour de presque 35-40 %
26:07de véhicules vendus qui sont des véhicules électriques.
26:10Donc, il y a une vraie prise de conscience
26:11par rapport à ça,
26:12et c'est quand même assez intéressant.
26:15Donc, évidemment, ça va aussi avec le fait
26:19de limiter les dépendances.
26:21Et donc, de travailler un renforcement
26:23de ce qu'on appelle les souverainetés,
26:25parce que la France aime bien appeler
26:26l'autonomie stratégique dans certains secteurs importants.
26:29Et c'est une chose dont on pourra reparler.
26:32En tout cas, ce qui est important de comprendre,
26:34c'est que l'action climatique,
26:36elle nécessite des investissements à long terme
26:39qui vont impacter plusieurs générations.
26:45Et en fait, ça a des aspects positifs
26:48et des aspects négatifs,
26:49parce qu'on voit bien que du point de vue politique,
26:51c'est quelquefois difficile pour les politiques
26:53de se projeter au-delà des élections
26:55qui vont arriver la semaine prochaine
26:58et l'année prochaine,
26:59et donc de se projeter sur un temps long.
27:01Et quelquefois, ça a rendu à un retard
27:04des prises de responsabilité,
27:07parce que la décarbonation,
27:09c'est quelque chose de progressif,
27:11ça se planifie sur plusieurs décennies,
27:14ça demande beaucoup, beaucoup d'investissements,
27:18alors que les situations géopolitiques,
27:20elles demandent des actions rapides et d'ampleur.
27:23Et donc, il y a un vrai risque,
27:27comme je le disais,
27:28de détournement de l'attention
27:30de la communauté internationale
27:32et des questions climatiques
27:34en dépit d'une urgence.
27:35C'est pour ça que je compte sur vous,
27:37et que les questions d'éducation
27:38et de partage d'informations,
27:39elles sont tellement essentielles.
27:41Et puis, j'ai entendu
27:43l'apprentissage du lycée de Pékin le dire,
27:47à cela vient s'ajouter la désinformation
27:50et les attaques qui sont portées
27:52contre la science dans le monde.
27:57Et c'est en particulier nourri
28:00par la montée d'un certain nombre
28:02de courants climato-sceptiques
28:05qui prétendent que non,
28:07il n'y a pas de changement climatique
28:08ou bien que l'homme n'y ait pour rien.
28:10Et on entend ça à peu près
28:12dans des grandes capitales
28:14de grands pays du monde.
28:17Et ce discours-là,
28:20évidemment,
28:21il s'étend sur les réseaux sociaux,
28:25il s'étend dans des tables
28:26de mouvements ou de cercles parallèles.
28:29Et évidemment,
28:29c'est un facteur de risque supplémentaire
28:32pour étouffer la parole
28:34de ceux qui essayent,
28:35au contraire,
28:36de motiver les institutions
28:38internationales et nationales
28:40à lutter.
28:41Donc, tout ça,
28:42ce sont vraiment des points
28:44très importants.
28:45Il y a des coupes budgétaires
28:49qui sont en cours
28:51contre des programmes scientifiques
28:53de recherche,
28:54d'observation de la Terre,
28:56en particulier aux États-Unis,
28:58des discours politiques
29:00contre le GIEC,
29:02contre les scientifiques
29:03qui travaillent
29:04aux études
29:08objectives
29:09à partir de faits
29:11sur le changement climatique.
29:13Je dois dire
29:15que le retrait
29:16des États-Unis
29:16de l'accord de Paris
29:18nous pose
29:19un problème majeur,
29:20et en particulier
29:22sur la crédibilité
29:24de nos pays,
29:25des pays d'Europe
29:27dont je fais partie,
29:29lorsqu'elle veut s'adresser
29:30au Sud
29:31pour être crédible
29:33sur notre vraie volonté
29:35de travailler là-dessus.
29:38Et donc,
29:40le fait de se battre
29:41pour qu'un discours scientifique,
29:43argumenté,
29:45soit vraiment considéré
29:46dans son rôle
29:48d'information légitime,
29:50en particulier lorsqu'ils travaillent,
29:52parce que les scientifiques
29:53veulent travailler
29:54auprès des décideurs politiques.
29:56Ça, c'est vraiment important.
29:58Et je pense que,
29:59de ce point de vue,
30:02oui,
30:03il y a une vraie responsabilité
30:06à allier à la fois
30:09l'engagement citoyen
30:11et l'importance centrale
30:14que l'on donne
30:15à la recherche scientifique.
30:17Voilà.
30:18Donc, je pense que
30:19l'information scientifique,
30:20comprendre comment
30:21la science fonctionne
30:23à partir de faits,
30:25à partir de raisonnements
30:26logiques prouvés
30:28que l'on peut discuter,
30:29qui peuvent être reproduits
30:31partout dans le monde,
30:33le partage des connaissances,
30:34le fait que les données scientifiques,
30:36elles doivent être
30:37largement partagées,
30:39indépendamment des pays
30:40où elles sont produites,
30:42etc.
30:42C'est vraiment des éléments
30:43très importants.
30:45Ici, par exemple,
30:46en Norvège,
30:47on travaille beaucoup
30:48avec tous les pays
30:49du cercle arctique.
30:51Malheureusement,
30:52depuis la guerre en Ukraine,
30:53on ne peut plus travailler
30:54avec les Russes.
30:56Les scientifiques ne peuvent plus
30:57avoir accès
30:58aux données russes
31:02sur qu'est-ce qui se passe
31:03dans l'océan arctique,
31:05qu'est-ce que la température monte,
31:06baisse la salinité
31:07du courant marin,
31:09la question de la population
31:11aussi des poissons
31:12pour savoir
31:13que les renouvellements,
31:14parce que la question
31:15de la biodiversité aussi,
31:16même,
31:16est très, très importante.
31:18Et cette perte de données,
31:20elle est catastrophique.
31:22Voilà.
31:23Donc,
31:23la capacité
31:24à échanger
31:25avec tous les pays
31:26du monde
31:27de manière objective
31:28sur les données scientifiques,
31:30c'est vraiment quelque chose
31:31de très bonnement.
31:36Finalement,
31:38le point
31:38sur lequel je voudrais,
31:41le dernier point
31:41que je voudrais demander
31:42très rapidement,
31:43c'est que
31:44cette prise de responsabilité,
31:47elle doit aboutir
31:48à des initiatives
31:50d'envergure.
31:52Je le redis,
31:53traditionnellement,
31:54le scientifique
31:55joue ce rôle
31:56d'informateur
31:57auprès des décideurs politiques
31:59et dans plein de domaines.
32:02Je pense au climat,
32:04mais je pense aussi
32:05à ce que l'ONU
32:06vient d'installer
32:07cette année
32:07sur l'intelligence artificielle.
32:09Il y a une vraie question
32:09sur la gouvernance.
32:11C'est un peu hors de mon sujet,
32:12mais je sais que c'est
32:13des problèmes
32:13qui peuvent vous intéresser.
32:15Donc,
32:15il y a une vraie réflexion
32:17de l'ONU
32:17sur la gouvernance mondiale
32:18de l'intelligence artificielle.
32:21Et là,
32:21au mois de janvier
32:22de cette année,
32:23a été installé
32:25un groupe scientifique
32:27indépendant
32:28d'experts
32:29qui viennent à peu près
32:30du monde entier
32:30et qui sont reconnus
32:31et qui siègent
32:32à titre personnel,
32:33c'est-à-dire pas mandatés
32:34par leur gouvernement,
32:35pour justement apporter
32:38des connaissances
32:38sur
32:39qu'est-ce qui est
32:40en train de se passer,
32:43les développements,
32:44les risques,
32:45etc.
32:45Le domaine du humain,
32:47c'est pareil.
32:49Les recommandations
32:50des scientifiques
32:51sont transmises
32:51aux dirigeants.
32:53Et l'idée,
32:54c'est d'apporter
32:54à la fois des connaissances,
32:55mais aussi des projections,
32:56des scénarios.
32:58Ce qui est assez complexe,
32:59évidemment,
33:00à faire sur les évolutions
33:01à venir,
33:01et surtout sur les conséquences
33:03futures d'un certain nombre
33:04de décisions
33:05qui sont prises
33:05maintenant.
33:08Et par la suite,
33:10il faut transformer ça
33:11en action,
33:12il faut transformer ça
33:13en politique.
33:15Et le problème
33:16des politiques,
33:17que ce soit au niveau national
33:19ou au niveau international,
33:20c'est comment est-ce
33:22qu'on fait face
33:23aux citoyens
33:25pour leur faire
33:26accepter
33:27les conséquences
33:28de ces politiques.
33:29Et ça,
33:29ça dépend vraiment,
33:31je pense,
33:32de la participation citoyenne
33:34à tout ce processus
33:35pour en renforcer
33:36la légitimité,
33:38pour comprendre
33:38qu'il y a un ancrage
33:40scientifique
33:41de tout ça.
33:43Voilà,
33:44comme je le disais,
33:49cette centralité
33:50du discours scientifique,
33:51elle est mise à mal
33:52par la désinformation,
33:55par les discours
33:56qui sont opposés
33:57à la science
33:58et qui peuvent mettre
34:00à mal aussi
34:00les consensus
34:02scientifiques.
34:03Par exemple,
34:04on entend beaucoup dire
34:05« Ok,
34:05il y a un peu
34:05de réchauffement climatique,
34:06mais vous savez,
34:07c'est cyclique,
34:08c'est toujours arrivé
34:09et ce n'est pas dû à l'homme. »
34:11Et donc,
34:11tout ça,
34:12ça induit
34:14une incapacité
34:15à travailler
34:16à l'échelle internationale.
34:17C'est-à-dire qu'il y a
34:18un gouvernement
34:19qui veut bien faire des choses,
34:20mais celui d'à côté,
34:21il a peur de son opinion publique,
34:23donc il ne veut pas le faire.
34:24Donc,
34:24ça aboutit
34:25à une certaine
34:26fragmentation de l'action.
34:27Or,
34:28en fait,
34:29ce qui se passe
34:30dans un pays
34:31a des conséquences
34:32sur tous les autres.
34:34Par exemple,
34:35justement,
34:36les Norvégiens,
34:36ils aiment bien dire
34:37que ce qui se passe
34:42au pôle,
34:43ça ne reste pas
34:44dans les pôles.
34:45Ça a une conséquence aussi
34:46sur ce qui va se passer
34:47au Mali,
34:48par exemple.
34:49Parce que la grande machine
34:51du climat,
34:52elle se passe
34:53au niveau international,
34:54au niveau mondial.
34:55Et donc,
34:56en fait,
34:57je crois qu'il y a
34:58une vraie urgence
35:01de ce point de vue-là
35:02effectivement
35:03à travailler.
35:04Et ce que je voudrais aussi,
35:05c'est essayer
35:06de vous donner confiance
35:07en disant que,
35:08à l'heure actuelle,
35:08c'est possible.
35:10On a, par exemple,
35:12avec des politiques
35:12qui ont été menées
35:13en France,
35:14réussi à baisser
35:15les émissions de gaz
35:16à effet de serre
35:17de 3%
35:18entre 1990
35:20et 2023.
35:23Et dans l'industrie
35:25énergétique,
35:26elle est de plus
35:26de 50%
35:27cette baisse-là.
35:28Donc,
35:29l'action européenne,
35:30elle va venir
35:31à une baisse
35:31de plus de 50%
35:33en 2030.
35:34Donc,
35:34les efforts
35:35qui sont constitutifs
35:36à la cause
35:37de Paris
35:38ont vraiment
35:39permis
35:40de limiter
35:42pas suffisamment,
35:44mais ça fonctionne.
35:46Simplement,
35:46il faut encore
35:47accélérer
35:48nos efforts.
35:49Et ça,
35:49ça peut se faire
35:50qu'avec la coopération
35:52internationale
35:52qui se disait
35:53dans le domaine
35:53de la recherche,
35:56et puis,
35:57en particulier,
35:59sur les nouvelles
36:00formes d'énergie.
36:01Alors,
36:01c'est une chose
36:01que je voudrais juste
36:02passer deux minutes
36:04à parler de ce sujet.
36:06Très important
36:07de voir que
36:08les centres internationaux
36:10qui travaillent ensemble
36:10sur la recherche,
36:12je pense par exemple
36:13à la recherche nucléaire
36:14avec le domaine
36:17de la fusion,
36:18c'est un champ
36:19de sources d'énergie
36:21incroyable,
36:22on n'en est pas encore,
36:23mais justement
36:24avec l'aide
36:25de l'intelligence artificielle,
36:27on progresse
36:27à une vitesse
36:28que je n'aurais jamais
36:29prue possible
36:30il y a encore
36:30quelques années.
36:32Il y a évidemment
36:32tout le travail
36:33sur les énergies
36:33renouvelables,
36:34sur l'éolien
36:35offshore,
36:36il y a aussi
36:39tout ce à quoi
36:40on travaille,
36:40si ça vous intéresse,
36:41je pourrais nous en parler,
36:42sur le stockage
36:43et la capture du carbone.
36:44C'est-à-dire,
36:45si on n'arrive pas
36:46à diminuer suffisamment
36:47les gaz à effet de serre
36:48et le CO2 qui est émis,
36:50est-ce qu'on peut capter
36:51le CO2
36:52et l'enfouir
36:54quelque part ?
36:55C'est ce qu'on fait
36:56ici en Norvège
36:57et c'est un travail
36:59super intéressant.
37:00Et puis,
37:02il y a aussi
37:03tout le travail
37:03sur la protection
37:05des milieux marins.
37:07L'année dernière,
37:08en juin 2025,
37:09c'est réuni à Nice,
37:11dans le sud de la France,
37:13la troisième conférence
37:14des Nations Unies
37:15sur les océans
37:16et il y a eu
37:18un vrai travail
37:19sur comment préserver
37:21les océans.
37:22Enfin,
37:24la compréhension
37:25du fait
37:25qu'en réalité,
37:26il n'existe
37:27qu'un seul océan
37:28sur la Terre.
37:30Tous les océans
37:31sont connectés
37:32et participent
37:33de manière essentielle,
37:34primordiale
37:35à la machine du climat.
37:38Et donc,
37:38on a eu
37:39un accord
37:40très intéressant
37:41sur la Haute-Maine
37:43pour essayer
37:44de protéger
37:44des espaces
37:45qui sont situés
37:46en Haute-Mer.
37:47Pourquoi ?
37:47Parce que la Haute-Mer,
37:48elle n'appartient
37:49à personne,
37:49elle n'appartient
37:50à tout le monde.
37:50Et quand elle n'appartient
37:51à tout le monde,
37:52ça veut dire
37:52que personne ne s'en occupe.
37:53Le voisin
37:54n'a qu'à s'en occuper,
37:55évidemment.
37:56Et donc,
37:56en fait,
37:57un vrai travail
37:58sur est-ce qu'on peut
37:59réaliser des études
38:01sur l'impact environnemental
38:02sur la Haute-Mer
38:04des activités humaines,
38:06regarder aussi
38:07la biodiversité
38:09et transformer
38:10des technologies
38:10vers des pays
38:11en développement
38:12pour les aider aussi
38:13à prendre leur part
38:14parce que ce qu'ils font
38:15est aussi très important.
38:16Donc,
38:17ce traité-là
38:17sur la Haute-Mer,
38:19il est aujourd'hui,
38:20il a été ratifié
38:22par 74 pays.
38:25Il y a eu 74 ratifications,
38:27il y a 145 États
38:28qui vont s'en occuper.
38:30Et donc,
38:31il y a un vrai travail
38:33de mobilisation
38:33à faire.
38:35La Chine ne l'a pas encore signée,
38:37les États-Unis
38:38ne l'ont pas encore signée.
38:39Donc,
38:40il y a des grands pays
38:41sur lesquels
38:41avec qui nous travaillons
38:43pour qu'on arrive
38:44à se mobiliser
38:45sur cette question.
38:46Voilà,
38:47je vais conclure ici
38:48pour vous laisser après
38:49beaucoup de temps
38:50pour échanger.
38:52En fait,
38:52il y a peut-être
38:54une phrase
38:54que je voudrais dire,
38:55c'est qu'il ne faut pas
38:56confondre l'urgence
38:58d'agir
38:59et agir dans l'urgence.
39:01Il y a une urgence absolue.
39:03Maintenant,
39:04ça ne veut pas dire
39:04qu'il faut agir
39:05n'importe quand
39:05et n'importe comment
39:07dans la précipitation.
39:08Je voudrais prendre
39:09un exemple
39:10qui, moi,
39:10m'a beaucoup frappée.
39:11Vous savez,
39:12en 2011,
39:13après le tsunami
39:14au Japon
39:15qui a déclenché
39:15la catastrophe
39:16de Fukushima,
39:18il y a eu
39:19des réactions
39:20épidermiques
39:21et immédiates
39:21assez catastrophiques.
39:23Je pense à l'Allemagne
39:24qui a décidé
39:24d'avoir donné
39:25son programme
39:27nucléaire civil
39:27qui s'est retourné
39:29vers le central
39:30à charbon.
39:31La conséquence,
39:32elle est très claire,
39:33c'est qu'on a
39:36en Allemagne
39:37à l'heure actuelle
39:39un taux d'émission
39:40de gaz à effet de serre
39:42et des CO2
39:43qui est hallucinant.
39:46Voilà.
39:47Et donc,
39:47à l'heure actuelle,
39:48il est très difficile
39:50pour des politiques allemands
39:52de se présenter
39:52en disant
39:53« Oui,
39:54je suis pro-nucléaire »
39:55parce que ça résonne
39:56très mal
39:57dans les oreilles
39:59des citoyens.
39:59Et donc,
40:00parce qu'on n'explique pas,
40:01parce qu'on n'explique pas
40:02qu'il y a une vraie différence
40:03entre nucléaire civil
40:05et nucléaire,
40:06le nucléaire,
40:07les nucléaires,
40:08et que d'autre part,
40:09on est capable
40:09de développer
40:12à l'heure actuelle
40:13des nouvelles technologies
40:14qui sont très importantes
40:16et très intéressantes.
40:17J'ai même problème
40:17à l'heure actuelle
40:18pour expliquer
40:19la question
40:20de l'enfouissement du CO2
40:21qui fait très peur
40:23à certains
40:23parce qu'on n'écoute pas
40:25les scientifiques
40:25et qu'on ne prend pas
40:26la peine de s'informer.
40:27Donc voilà.
40:28Moi, je compte sur vous
40:29parce que je pense
40:30qu'il est de votre devoir
40:33de dire
40:33et de montrer
40:34ce qui est important
40:35pour vous
40:36et de faire aussi
40:38sentir l'urgence
40:39d'agir
40:39pour le climat
40:41sur le long terme
40:42avec une stratégie claire
40:44qui soit ancrée
40:46dans des faits
40:48de la raison,
40:49de la science
40:51et de la démocratie,
40:54du discours ensemble,
40:55du dialogue.
40:56Voilà ce que je voulais vous dire
40:58et j'attends avec impatience
40:59de pouvoir échanger avec vous.
41:00Merci beaucoup.
41:03Merci beaucoup
41:05madame l'ambassadrice.
41:06madame l'ambassadrice.
41:07Si vous voulez bien,
41:09nous allons nous organiser
41:10en deux temps.
41:11La première partie,
41:12nous nous donnons
41:13une dizaine,
41:14quinzaine de minutes
41:15encore pour prendre
41:17des questions
41:17dans chaque établissement.
41:19Puis après une brève pause,
41:21je me permettrai
41:23de vous suggérer
41:24de reprendre
41:25un petit peu
41:25votre exposé
41:26de la première partie
41:28et d'entendre
41:29d'autres questions.
41:30Voilà.
41:31Donc,
41:32est-ce que
41:34à Novissade,
41:35par exemple,
41:39il y a des questions ?
41:40Si vous pouviez
41:41le grouper en une fois,
41:43je vous donne
41:43la parole maintenant.
41:46Allez-y.
41:49Activez votre micro
41:51si vous voulez.
41:53Allez.
41:54Voilà.
41:54On vous écoute.
42:10Bonjour à toutes et à tous.
42:12Bonjour madame l'ambassadrice.
42:15Puisque vous habitez
42:16en Norvège,
42:18est-ce que vous avez remarqué
42:19quelque chose
42:21dans la manière
42:22dont la Norvège
42:24lutte contre
42:25le changement
42:27climatique
42:28qu'on peut aussi
42:30appliquer
42:31autant
42:33comme des citoyens
42:36de Serbie
42:37ou de France.
42:45Bonjour.
42:47C'est bon ?
42:48Quel moment
42:50vous fise
42:50de la diplomatie
42:51climatique
42:52aujourd'hui ?
42:55Est-ce que vous pouvez
42:56reprendre
42:56votre question
42:58s'il vous plaît
42:58parce qu'on n'a pas
43:00bien entendu ?
43:01Selon vous,
43:03quel est le
43:04grand défi
43:05de la diplomatie
43:07climatique
43:08aujourd'hui ?
43:09Parfait.
43:10Merci.
43:11Mon question
43:12est de quelle
43:13école
43:14joue-t-elle
43:15aujourd'hui
43:15dans la formation
43:16d'une citoyenneté
43:18européenne
43:19engagée ?
43:23Voilà.
43:24OK.
43:25Merci pour
43:25les questions
43:26de Novissade.
43:27Madame
43:28l'Ambassadrice,
43:28voulez-vous les reprendre
43:30à votre façon ?
43:32Avec plaisir.
43:33Avec plaisir.
43:33Merci beaucoup.
43:34Ça me fait vraiment
43:34un grand plaisir
43:35d'échanger
43:36avec vous.
43:37Merci.
43:37Merci, Paula.
43:38Je pense que c'est
43:39des questions
43:40tout à fait
43:41importantes.
43:43Alors,
43:44sur qu'est-ce
43:45qu'on peut
43:45transférer
43:45de l'exemple
43:49nord-égiens ?
43:53En fait,
43:57le fait qu'ils
43:58essayent un petit peu
43:59de regarder
44:00toutes les possibilités
44:03de travailler
44:05sur cette question-là,
44:08sauf peut-être
44:08le nucléaire,
44:09parce que je le
44:09recroche un peu
44:10sur lequel je travaille,
44:11mais sinon,
44:13à la fois,
44:14comme je le disais,
44:15d'essayer de diminuer
44:18les gaz à effet de serre
44:20et donc le réchauffement
44:21climatique
44:21en travaillant
44:23sur des énergies
44:25renouvelables,
44:27très clairement,
44:28comme je le disais,
44:29l'éolien,
44:31mais aussi l'hydrogène,
44:34par exemple,
44:36travailler sur
44:37et puis,
44:38et puis aussi,
44:39comme je le disais,
44:40comme je le disais,
44:40l'enfouissement,
44:42le captage du CO2
44:43à la sortie des usines.
44:45Par exemple,
44:45j'ai visité
44:48des centres,
44:49vous savez,
44:49qui brûlent
44:52tous les déchets.
44:53Tout ce que vous jetez
44:54à la poubelle,
44:54à un moment donné,
44:56il faut bien en faire
44:56quelque chose.
44:57Donc,
44:57il y a des grands incinérateurs
44:59qui brûlent
44:59toutes les déchets.
45:00quand vous les brûlez,
45:02vous avez vraiment
45:03beaucoup d'émissions
45:04de gaz à effet de serre
45:06à la sortie.
45:07Maintenant,
45:07on veille des dispositifs
45:08qui,
45:09directement à l'usine,
45:11captent le CO2,
45:12le liquéfi,
45:13le stock,
45:14et après,
45:15on cherche les endroits
45:16pour le stocker.
45:17C'est vraiment
45:19quelque chose d'intéressant
45:20et par exemple,
45:20on a transféré
45:21en France,
45:22à l'heure actuelle,
45:24dans le nord de la France,
45:25surtout que les industries
45:27qui font du ciment,
45:28parce que là aussi,
45:29c'est des industries
45:30très polluantes
45:31et c'est des industries
45:32où on pourra faire
45:33ce qu'on veut
45:33quand on fabrique du ciment
45:35ou quand on brûle
45:35des déchets,
45:36de toute façon,
45:37on produira du CO2
45:38et les êtres humains
45:40ne vont pas s'arrêter
45:40de produire des déchets
45:42et ne vont pas s'arrêter
45:43de construire.
45:44Donc,
45:44il n'y a aucun moyen
45:47de moins polluer,
45:48sauf à capter ces gaz
45:50et en faire quelque chose avec.
45:52Quand je dis les stocker,
45:53il y a aussi,
45:53par exemple,
45:54le fait que,
45:55par des processus chimiques,
45:57on peut utiliser ce CO2
45:59pour faire du métal,
46:00donc pour faire du biogaz
46:01qui peut être réutilisé
46:03pour autre chose
46:03ou pour faire des engrais.
46:05Donc,
46:06la question de l'utilisation
46:07de ces gaz à effet de serre,
46:09c'est aussi quelque chose
46:10de très intéressant.
46:11Donc,
46:11je pense que là,
46:12il y a vraiment
46:12des nouvelles industries
46:15qui peuvent être
46:15mis en œuvre.
46:18Donc,
46:19ça,
46:19c'était pour parler
46:19sur la première question.
46:21Le plus grand défi
46:22de la diplomatie climatique,
46:24c'est la désinformation
46:27et le scepticisme
46:29vis-à-vis de la science
46:30et le discours
46:31de certains politiques
46:32contre la science
46:33à l'heure actuelle.
46:35Si vous voulez,
46:36quand dans certains pays,
46:37je n'aimerais pas,
46:38vous suivez mon regard,
46:39on n'a plus le droit
46:40de parler
46:41des changements climatiques,
46:43parce que ça n'existe pas,
46:44c'est compliqué quoi.
46:45Comment on fait pour lutter
46:46si on ne peut pas en parler ?
46:48Donc,
46:49le défi vis-à-vis de la science,
46:51au lieu de reconnaître les faits
46:52et d'essayer
46:52de trouver les solutions,
46:55c'est ce qui est
46:56le plus difficile.
46:57Et quant au rôle de l'école,
46:59alors,
46:59moi,
46:59je suis convaincue,
47:00et c'est pour ça
47:00que je vous parle,
47:02que c'est absolument essentiel.
47:04D'abord,
47:04parce qu'il faut essayer,
47:06parce que ça,
47:07je le redis,
47:09il faut essayer
47:10de comprendre
47:11les phénomènes,
47:12il faut comprendre,
47:12il faut s'instruire,
47:13mais il faut aussi apprendre
47:15à apprendre toute sa vie.
47:16Ce que je veux dire par là,
47:17c'est que le monde
47:17est en train de changer
47:18tellement vite,
47:19les connaissances,
47:20elles évoluent tellement,
47:21c'est sûr qu'il y a
47:21des nouvelles technologies
47:22qui vont arriver
47:23dans 10 ans,
47:24dans 20 ans,
47:24moi,
47:25je ne serai plus là
47:25pour les voir,
47:26mais vous,
47:26vous serez aux manettes,
47:28que pour l'instant,
47:28on ne connaît pas.
47:29Mais dans 10 ans,
47:30dans 20 ans,
47:31vous ne serez plus à l'école.
47:32Simplement,
47:33si à l'école,
47:33vous avez appris
47:35qu'on peut s'informer
47:36toute sa vie
47:36et qu'on est suffisamment,
47:38on peut être suffisamment
47:39intelligent
47:40pour être capable
47:42d'apprendre
47:42même des choses
47:42qu'on ne connaît pas encore,
47:44on peut apprendre
47:44toute sa vie,
47:45je pense que vous aurez
47:46fait un pas énorme.
47:48Et ça,
47:48pour moi,
47:49c'est quelque chose
47:50d'absolument essentiel.
47:51Ça veut dire apprendre
47:52à réfléchir par soi-même,
47:53apprendre à s'informer
47:55de manière intelligente
47:56en ne croyant pas
47:57n'importe quoi,
47:58mais en recoupant les frais,
47:59en comprenant
48:00comment ils ont travaillé,
48:01se construire.
48:02Je pense que c'est ça.
48:03Et il n'y a que l'école
48:04pour faire ça.
48:05Je suis convaincu.
48:06Et aussi apprendre à parler,
48:08apprendre à discuter,
48:09apprendre à échanger
48:10avec des gens
48:11qui ne sont pas d'accord
48:12avec vous
48:12pour tenter
48:13de les convaincre.
48:18Merci beaucoup,
48:19Madame l'Ambassadrice.
48:21Je me tourne
48:22vers Benjamin Ouadraogo,
48:25s'il vous plaît,
48:26professeur de philosophie
48:27au lycée Liberté
48:28à Bamako.
48:30Est-ce que tu pourrais
48:31recadrer juste
48:32un petit peu ton image,
48:33cher Benjamin,
48:34et activer
48:35ton micro
48:36pour donner
48:38ton point de vue
48:39sur le sujet
48:39ou éventuellement
48:40rapporter
48:41des interrogations
48:42de tes élèves
48:43avec lesquelles
48:44tu as été en contact
48:46téléphonique
48:47depuis un bon moment ?
48:51Bonjour à tous.
48:52Merci,
48:52Madame l'Ambassadrice.
48:53C'est toujours très éclairant
48:55que vous nous donnez
48:56comme information.
48:57Ça fait la deuxième fois
48:57que je vous écoute.
48:59Et franchement,
49:01je vous avoue
49:01que vous m'avez fait
49:02changer beaucoup d'avis,
49:03beaucoup de points de vue
49:05sur justement
49:06cette approche.
49:07J'étais très, très, très sceptique,
49:09mais en vous écoutant,
49:10je me dis,
49:11il reste encore des portes
49:12qu'on peut actionner
49:14pour justement
49:15pour que ça fonctionne.
49:17Moi, ma question
49:17est de savoir
49:18est-ce qu'une coordination
49:21vraiment européenne
49:22sur la question
49:24du climat
49:26est possible ?
49:27Je pose la question
49:28parce que je vois
49:29que chacun joue
49:32sa partition
49:33de son côté
49:34et je ne vois pas
49:35très bien
49:36au niveau de l'Europe
49:38cette concertation commune,
49:43cette décision
49:43de prise commune.
49:45j'en veux pour preuve
49:46de ce qui se passe
49:47par exemple
49:48quand la France
49:48décide de réintroduire
49:52certains produits
49:53qu'on a jugé
49:54justement
49:56cancérigène,
49:57en magie
49:58contre le climat.
49:59Et puis,
50:00voilà,
50:01l'Europe,
50:01j'ai comme l'impression
50:02que l'Europe ne dit rien,
50:03l'Europe dit
50:03« bon, chacun fait
50:04comme il le sent ».
50:05Et moi,
50:06ça, ça m'embête un peu.
50:07C'est vrai que la Norvège
50:08a été quand même
50:09un pays
50:10qui nous donne
50:10beaucoup de leçons,
50:13de très bonnes leçons
50:14sur justement
50:14cette question du climat.
50:17Moi,
50:18j'aimerais savoir,
50:18ma question,
50:19c'est savoir
50:20est-ce qu'il y aura
50:21un jour
50:21cette concertation
50:23où,
50:24pour une fois,
50:25on appliquera
50:26les règles,
50:27les lois,
50:28voilà,
50:29et pour éviter
50:30d'être à chaque fois
50:32comme le cas
50:33de la France,
50:34à rappeler
50:35par un coup de bâton
50:36par l'Europe
50:37en disant
50:37« on ne respecte pas
50:38certaines règles ».
50:39Voilà.
50:41J'attends toujours
50:42des questions
50:43de mes élèves,
50:43je suis en contact
50:44avec eux
50:45par pronote,
50:49la difficulté
50:49étant liée
50:50à la distance
50:51qui nous sépare.
50:52Dès que j'ai des questions,
50:54je n'hésiterai pas
50:54à demander la parole.
50:56Il faut savoir
50:57que mes élèves
50:58sont connectés
50:59par Teach
50:59parce que beaucoup
51:01font la spécialité
51:02SES
51:02et en SES,
51:04justement,
51:05le chapitre 9,
51:06je suis allé voir
51:07le programme,
51:08le chapitre 9
51:08de SES,
51:09c'est l'économité sociale,
51:11mais ça prend aussi
51:11le climat,
51:12les enjeux du climat.
51:13Merci.
51:16Merci beaucoup
51:17et c'est toujours
51:18un plaisir
51:18de discuter
51:19avec vous.
51:20C'est une vraie
51:21bonne question
51:22qui est compliquée
51:23parce que
51:25l'Europe,
51:26c'est un continent
51:27qui est assez
51:29fragmenté
51:29d'une certaine façon.
51:30Je veux dire,
51:31quand il faut se mettre
51:32d'accord
51:32à 27 pays,
51:34vous imaginez,
51:35ce n'est pas forcément ça.
51:36Pour autant,
51:37je pense qu'il y a
51:38une vraie prise de conscience
51:40que les conséquences
51:43économiques,
51:44politiques,
51:45je veux dire,
51:47sont essentielles.
51:49On est des plus en plus,
51:50je le disais au début,
51:51mais oui,
51:52les inondations,
51:54les épisodes climatiques
51:56de plus en plus difficiles,
51:58ce n'est pas que ailleurs.
51:59ça commence à toucher
52:01véritablement l'Europe
52:02avec des essais
52:03un peu dévastateurs.
52:04Donc,
52:05la prise de conscience,
52:06elle est là.
52:07Maintenant,
52:08on est dans un processus
52:10démocratique
52:11qui est compliqué
52:11parce qu'il n'y a pas
52:12un pays
52:12qui peut imposer
52:13sa loi aux autres
52:14et qu'il y a des domaines
52:16et chacun,
52:17effectivement,
52:17fait un peu
52:18ce qu'il veut
52:19chez lui.
52:20Pour autant,
52:21je trouve que ça progresse.
52:22Il y a des politiques communes
52:24qui sont mises en place.
52:25Il y a de l'argent
52:28qui est mis aussi
52:29sur la table
52:30par la Commission européenne
52:32pour aider
52:33les entreprises
52:34à faire des efforts
52:36sur la décarbonation.
52:38Il y a des aides publiques
52:39pour ça,
52:40par exemple,
52:41pour construire
52:41des industries
52:43de production
52:44de batteries électriques.
52:46Il y a une aide.
52:47Il y a aussi
52:47des réglementations
52:48qui, d'ailleurs,
52:49ne plaisent pas forcément
52:50à tous les citoyens.
52:51Donc,
52:51ça pose un problème politique
52:52aux dirigeants
52:53sur le fait
52:54qu'on va
52:56diminuer
52:56de manière
52:57très, très forte
52:58le nombre
52:59de véhicules
53:02qui fonctionnent
53:04au pétrole,
53:06donc aux hydrocarbures
53:07à partir de 2030.
53:09Et ça bouge beaucoup.
53:10Il y a de l'argent
53:10qui ne se passe pas
53:11en temps.
53:12Donc, voilà.
53:12Il y a cet effort
53:14de réglementation.
53:16Mais c'est un travail
53:17permanent.
53:18C'est un travail
53:19de conviction permanent.
53:21Et comme je vous le disais,
53:22il faut que les politiques
53:24se sentent suffisamment forts
53:25et ont suffisamment
53:26d'arguments
53:26pour ensuite aller
53:27devant leurs citoyens
53:29en disant
53:30« Oui,
53:31on est d'accord
53:32et on va appliquer
53:34des normes
53:35qui nous sont maintenant
53:36imposées par l'Europe. »
53:37Parce que c'est assez facile
53:38d'expliquer
53:40que ce n'est pas moi,
53:40c'est les autres.
53:41C'est l'Europe
53:42qui nous impose des choses,
53:43mais moi,
53:43je ne suis pas d'accord
53:44et je voudrais
53:44qu'on passe autrement
53:45de ne pas prendre
53:46ce responsable.
53:48Voilà,
53:48je trouve que ça progresse,
53:50mais ça ne progressera
53:52que s'il y a aussi
53:53un revirement
53:54dans l'opinion publique
53:55et une prise de conscience
53:56qui finalement
53:57pousse les dirigeants
53:59de chaque pays
54:00à aller vers cette direction.
54:05Merci beaucoup,
54:06madame l'ambassadrice.
54:07Je reçois un instant
54:08via tchat
54:09une question justement
54:11d'un élève
54:12du lycée
54:13Liberté à Bamako
54:17qui vous demande
54:18pourquoi l'Afrique
54:20est-elle si touchée
54:22par ce phénomène
54:23du changement climatique
54:26alors qu'elle pollue
54:27beaucoup moins
54:28que d'autres continents ?
54:31Super question.
54:32Vraiment,
54:32merci de la poser
54:33et c'est ce genre
54:35de question-là
54:36que les citoyens
54:37doivent poser
54:37et doivent poser
54:39au monde entier.
54:41L'Afrique est déjà
54:42dans une situation
54:43climatique difficile
54:44au départ
54:45de sécheresse,
54:46un climat compliqué,
54:48etc.
54:49Et en fait,
54:53le climat de l'Afrique
54:54il dépend
54:55de ce qui se passe
54:55partout ailleurs.
54:56Donc ce n'est pas
54:57elle qui pollue le plus
54:58effectivement
54:59de ce point de vue-là
55:00ou du moins
55:01elle a commencé
55:02plus tard que les autres
55:03à polluer.
55:04Elle a aussi beaucoup
55:04parce qu'en réalité
55:07en Afrique
55:07il y a beaucoup
55:08des industries
55:09qui sont présentes
55:10à l'heure actuelle
55:10et qui sont
55:11heureusement
55:12en train de monter
55:13ne sont pas
55:14les industries
55:15les moins polluantes
55:17comme l'Afrique
55:18a commencé
55:19beaucoup plus tard
55:19elle en a moins.
55:22Mais si vous voulez
55:23les conséquences
55:25de la pollution
55:26de l'air industrielle
55:28qui a commencé
55:30finalement
55:31au milieu
55:32du 19e siècle
55:33essentiellement
55:34en Europe
55:35et dans les pays
55:37du Ouest
55:38on en voit
55:39des conséquences
55:39maintenant
55:40et ça rejaillit
55:42sur ce que je vous disais
55:42sur les effets
55:43à long terme
55:44donc on paye
55:45les conséquences
55:46de toute l'action
55:47humaine
55:47depuis le début
55:48de l'air industriel
55:49donc maintenant
55:51c'est ça
55:51la réalité
55:52et quand par exemple
55:54je vous disais
55:55tout à l'heure
55:55que ce qui se passe
55:57dans le Grand Nord
55:58a des conséquences
55:59immédiates
56:00ce qui se passe
56:00en Afrique
56:01oui
56:01parce que la machine
56:02du climat
56:03c'est vraiment
56:05une machine
56:05qui tourne
56:06à l'échelle
56:07de la planète
56:08tout entière
56:10alors la fonte
56:12je le disais
56:13la fonte des glaces
56:15au pôle
56:17elle augmente
56:19le réchauffement
56:19elle est due
56:21au réchauffement climatique
56:22mais elle augmente
56:22encore plus rapidement
56:23le réchauffement climatique
56:25elle injecte
56:26de l'eau douce
56:27dans l'océan
56:28Arctique
56:29elle change
56:30la salinité
56:31de l'océan Arctique
56:32du coup
56:33les courants marins
56:34sont en train
56:35de bouger
56:36et accentuent encore
56:38les phénomènes
56:39El Minio
56:40ou les phénomènes
56:41de cyclone
56:42etc.
56:43dans le reste du monde
56:44donc nous ne sommes pas
56:46indépendants
56:47du point de vue climatique
56:47les uns des autres
56:48c'est pour ça
56:49qu'il faut qu'il y ait
56:49cette prise de conscience
56:50à l'échelle planétaire
56:52de notre responsabilité
56:54individuelle
56:57Merci beaucoup
56:58Madame l'ambassadrice
56:59pour des raisons techniques
57:01nous sommes obligés
57:03de faire une brève coupure
57:04de 2-3 minutes
57:05et nous poursuivrons
57:08donc à la fois
57:10votre réflexion
57:12mais également
57:13les questions
57:14que poseront
57:14les autres établissements
57:16à partir de 11h20
57:18à peu près
57:19Je vous remercie beaucoup
57:21pour votre contribution
57:24aux élèves
57:26pour leurs questions
57:27et je vous signale
57:29que tout cela
57:29sera disponible
57:30bientôt
57:31en différé
57:31en vidéo
57:32et en podcast
57:33je ne manquerai pas
57:34de vous en informer
57:36sur le site
57:36du projet
57:37Europe Éducation École
57:38Merci
57:39à tout à l'heure
57:40nous nous reconnectons
57:42dans 2-3 minutes
57:43Merci à tous
57:57Merci à tous
58:00Merci à tous
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