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  • il y a 13 heures
Le 19 décembre 2017, Daniel Angeli, photographe et proche de Johnny Hallyday, est invité dans C à Vous sur France 5. Celui qui a photographié Johnny durant de nombreuses années partage ses souvenirs, anecdotes et images du chanteur, évoquant l’homme derrière la star et leur longue relation. Un témoignage précieux accompagné du regard privilégié de celui que l’on surnomme le « roi des paparazzis ».

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Transcription
00:00Il a été pendant près de 20 ans le photographe officiel de Johnny, inséparable de la star, au point d
00:05'accumuler près d'un million de clichés.
00:07Les plus beaux sont réunis dans un livre à paraître jeudi. Daniel Angéli nous le présente en exclusivité ce soir.
00:22Bonsoir Daniel Angéli, je vous en prie. Soyez le bienvenu sur le bateau de cette année.
00:26Vous avez eu la chance de passer plus de 20 ans dans l'intimité de Johnny Hallyday, un homme pour
00:34lequel le mot ennui n'existait pas.
00:36C'est un mot qui ne faisait pas partie de son vocabulaire ?
00:38Quelqu'un hors du commun. J'ai eu la chance de traverser 20 ans de sa vie, dans tous les
00:47domaines d'ailleurs, que ce soit la musique, les concerts, les rallies automobiles, les films.
00:56Vous étiez tout le temps là, vous le suiviez comme son ombre.
01:00Nous étions aussi amis dans le privé, les vacances, etc.
01:05Vous dites j'ai vécu un rêve avec ce martien. C'était un martien Johnny Hallyday ?
01:09Oui, parce qu'il m'arrivait de lui dire, de le voir, on partait sur un concert, admettons, je ne
01:15sais pas, Marseille, on prenait l'avion.
01:18Et dans l'avion, il me paraissait un peu fatigué. Et on le maquillait et je lui disais vous êtes
01:24deux.
01:24Parce que quand il mettait un pied sur scène, il était hallucinant.
01:29Bon, voilà, on sait, je veux dire, aujourd'hui, je ne m'habitue pas au fait qu'il ne soit
01:35plus là.
01:35Avant d'être son photographe officiel, vous étiez ce qu'il appelait un paparazzi, le roi des paparazzi.
01:42Vous l'avez planqué pendant des mois, voire des années.
01:45Il y a notamment cette photo, une photo volée. Elle date de 1972.
01:49C'est à la sortie d'un concert au Palais des Sports à Paris.
01:54Et c'est l'image d'un chanteur qui a tout donné sur scène, cette image.
01:59Il est dans une voiture.
02:00Oui, oui.
02:01On ne la voit pas ?
02:01À cette époque, on se connaît.
02:03Voilà, elle arrive.
02:04Magnifique image.
02:05Oui, à cette époque, on ne se connaît pas.
02:08C'est juste une photo comme ça, d'instinct.
02:13Mais c'est une très belle photo d'après-concert.
02:15Ah oui, magnifique.
02:16Elle est splendide, vraiment.
02:17Et vous étiez, à l'époque, pas accrédité.
02:20Vous n'étiez pas dans la voiture, ce qui est venu après.
02:22Non, non, je m'étais placé, justement, pour faire une sortie de concert.
02:27Donc, c'est inattendu.
02:29C'est, on va dire, la chance que ça soit passé devant moi.
02:34Comme beaucoup de fois dans ce métier, on a...
02:37Et après, jamais j'imaginais que j'aurais passé une partie de ma vie avec lui.
02:42Avec lui.
02:43Vous étiez un paparazzi, puis petit à petit, Johnny vous a adopté.
02:47Ah, il a souvent dit qu'il m'avait échangé, qu'il avait fait de moi un photographe.
02:54Alors que je travaillais de la même manière, c'est-à-dire, vous savez, les concerts, en fait, je travaillais
02:59avec un téléobjectif.
03:01C'est la plupart du temps, où j'étais derrière lui.
03:06Il m'a beaucoup impressionné au début.
03:09Puis après, je me suis habitué.
03:12Je pouvais me balader sur le plateau, en plein concert, par exemple, à la Tour Eiffel.
03:19Avec, je ne sais pas combien de monde, toutes les splalades des Invalides.
03:23Je suis à deux mètres de lui, derrière.
03:25Et à un moment donné, il se retourne.
03:28On avait cette mauvaise habitude de fumer, bon.
03:31Et il prend ma cigarette, et il tire.
03:36Une taffe.
03:37Une taffe, comme on dit, bon.
03:38Et il me regarde, il me fait, ça va ?
03:42Il y avait...
03:43C'était habituel chez lui, ce genre de...
03:45De situation, bon.
03:47Au milieu d'un concert.
03:48On vous regarde ensemble.
03:49Johnny et vous, on est à 98.
03:52Vous vous plaît ?
03:53Johnny, Laetitia, s'il vous plaît.
03:55Lorsque Johnny Hallyday arrive au Festival de Cannes, il pose volontiers pour les photographes.
04:01Il vaut mieux qu'on prenne les photos de vous plutôt qu'on n'en prenne pas.
04:03Ce serait avec ça, quand même.
04:04L'un de vos photographes est un des ancêtres du paparazzi.
04:08Oui, oui, oui, oui, oui, Daniel Antulli, oui.
04:10C'est un bon ami à moi, il a fait des très bonnes photos.
04:12Ce qui prouve que même les paparazzi peuvent faire des très bonnes photos.
04:15Et pas toujours des photos floues.
04:17Et c'est devenu l'un de vos photographes préférés ?
04:20Oui, monsieur Partou.
04:22Bizarrement, depuis qu'il travaille avec moi, j'ai beaucoup moins de paparazzi au cul.
04:28Extraordinaire, Johnny.
04:29Il a inventé la presse People.
04:31C'est lui qui a compris comment il fallait l'utiliser.
04:33Oui, il a inventé beaucoup de choses, d'ailleurs, parce qu'il y a le Johnny que se représente le
04:39public, etc.
04:40Et son charisme, enfin, tout ce qu'on connaît de lui, quoi.
04:46Et puis, il y a le Johnny, un peu blagueur et malin.
04:50Il m'a dit un jour, la mauvaise foi, c'est moi qui l'ai inventé.
04:54Il était très drôle, volontairement ou non, parfois.
04:57Et dans l'intimité, l'homme est, dites-vous, presque plus grand que le chanteur.
05:01Oui, parce que cette façon d'aborder les gens, d'ailleurs, dans la vie, c'est son charisme.
05:13J'ai été au bout du monde avec lui.
05:15J'ai remarqué une chose.
05:17On rentrait dans un endroit, un café ou quelque chose, où il était complètement inconnu.
05:22Les gens le regardent.
05:23C'est-à-dire que sans savoir qui il est, voilà.
05:27Les premières fois, quand tu te trouves avec lui, qu'il commence à te regarder, à te parler, tu craques
05:31totalement.
05:32Il y a comme un malaise tellement il fascine et ça ne disparaît jamais.
05:37Ce sont des mots de vous, Daniel Angéli.
05:39L'un des chapitres du livre s'intitule...
05:41Interprété par... je tiens à parler de lui parce que ce livre, on ne l'a pas fait comme ça
05:47dans l'événement.
05:50On avait commencé ce livre il y a un an.
05:53Moi, je ne faisais plus partie du rock'n'roll depuis 3 ans ou 4 ans pour des raisons.
05:59J'ai eu un accident, un AVC, etc.
06:02Bon, j'ai le même âge que lui.
06:04Il me reprochait d'être plus jeune de 2 mois.
06:07Il me disait souvent...
06:10L'un des chapitres du livre s'intitule L'homme qui aimait les femmes.
06:13Il en a aimé beaucoup.
06:15Mais il n'y en a pas tant que ça qui ont compté dans la vie de Johnny.
06:17Oui, alors là, ça serait indiscret de ma part de dire...
06:20Moi, je l'ai connu au moment où il était avec Laetitia.
06:24Et j'ai vécu toutes ces 17 ans dans un parallèle parfait.
06:30La photo que je vois là-bas, d'ailleurs, c'est le premier...
06:33J'ai débuté, il faisait l'album d'Obispo.
06:36Ce que je sais, voilà.
06:37Si vous ne deviez garder qu'une photo, vous avez sélectionné celle prise en novembre 2004,
06:43lorsque Johnny et Laetitia sont allés pour la première fois au Vietnam pour adopter Jade.
06:46Pourquoi celle-ci ?
06:47Parce que ça a été un moment partagé.
06:50J'étais avec ma femme, on était tous les quatre.
06:53Et l'émotion, le jour où on lui a remis Jade dans les bras,
07:00on a vécu quelque chose de très, très, très fort.
07:03On ne peut pas expliquer.
07:06Et puis, sur place, c'est après le retour, etc.
07:11Parce qu'il y a eu une attente.
07:13On leur a présenté le bébé.
07:15Et puis, il est resté là.
07:17Et on a été faire toutes les formalités pendant deux jours.
07:20C'était deux jours très violents.
07:22Parce que, voilà, ils l'ont vu et laissé là où il était.
07:28À propos de Jade et Joy, vous dites, au début, il semblait décontenancé.
07:33Il ne s'approchait pas trop d'elle, ne s'y intéressait que de loin.
07:37Puis, il a fini par entrer dans son rôle.
07:39J'ai vu son évolution.
07:41Il devenait complètement père.
07:43C'est Laetitia, vous pensez, qui l'a rendu ?
07:45Sûrement.
07:45Papa Gato, comme ça ?
07:46Je pense que oui.
07:48Puis, tout l'entourage.
07:50Parce que Johnny, c'est aussi l'entourage.
07:53C'est tous les gens qui étaient là à ce moment-là.
07:58Oui, je pense qu'il était sous le coup de l'émotion là-bas.
08:06Elle était son ange gardien.
08:08Vous dites que sans elle, il aurait peut-être disparu plus tôt.
08:14Oui, je n'ai pas le droit de dire ça.
08:15Ce n'est pas mon...
08:16Est-ce que je veux dire ?
08:17Oui, je pense qu'elle a été...
08:19Qu'elle a un petit peu freiné ses excès.
08:26Bon, voilà.
08:27Dans ce bouquin magnifique, il y a énormément de photos de concert.
08:32Oui.
08:32Qui sont toutes des photos de photographes.
08:34J'en ai tellement d'images de concert.
08:36Mais vous dites qu'il y avait un miracle permanent.
08:38Parce que c'était...
08:39Vous saviez qu'à chaque fois, ce serait différent.
08:41Oui, parce qu'il y a des choses inattendues.
08:45Une parole.
08:46Je veux dire, je me souviens par exemple, je raconte souvent dans des dîners ou avec des amis.
08:54Il a chanté dans les ruines de Balbeck.
08:56Oui, au Liban.
08:57Donc c'était...
08:58Moi, j'avais...
08:59Mon rôle, c'était de montrer les ruines.
09:02Je ne sais pas s'il y a un concert normal.
09:04Il a été formidable, comme d'habitude.
09:08Bon.
09:09Et quand il est rentré, j'étais hier à lui, il a dit qu'une parole qui a...
09:13Il a dit...
09:14Bonsoir, Balbeck.
09:16C'était ça, Denis, hein, en même temps.
09:20Ou ses hommages à Gilles Paquet.
09:22Oui.
09:23Cette chanson, Gilles, elle est pour...
09:25Ça m'a toujours...
09:26Il s'est les poils, quoi.
09:28Il avait qu'à être lui-même pour conquérir un public.
09:34Et puis l'énorme choc du Stade de France,
09:37ou ça, vous ne l'aviez encore jamais vu.
09:39Ah, ouais.
09:40C'est en l'année 18.
09:41Ben alors, il y a...
09:42J'ai une parole pour Jean-Claude Camus,
09:45parce qu'on a été ensemble...
09:46Et on a été le producteur, oui.
09:47...toute cette période.
09:48Et je me souviendrai toute ma vie que Jean-Claude,
09:52on était derrière les rideaux et on allait aller sur le plateau.
09:55Moi, j'étais...
09:56Je m'habillais en noir pour me balader un peu partout.
10:00Il savait toujours où j'étais.
10:01C'est hallucinant.
10:03Quelques fois, quand on faisait des concerts très longtemps,
10:07j'étais fatigué.
10:08Il m'est arrivé de me mettre au premier rang public
10:11et de s'amnaler.
10:13Et il m'a dit un jour,
10:14je t'ai vu, tu étais à droite, tu as dormi.
10:17Mais il arrivait à voir...
10:19Comme l'anecdote tout à l'heure où il se retourne
10:21et il fume une taf.
10:23C'est justement.
10:24Daniel raconte, en 98,
10:26quand il va y avoir le duo avec Bruel,
10:29Bruel vient le voir pour lui demander
10:31si la redingote noire qu'il aimait bien,
10:33il allait bien.
10:33Et Johnny répond...
10:36Alors, bon, c'est difficile pour moi
10:39de dire quelque chose comme ça que j'ai vécu.
10:41Il lui a dit non, c'est le ringard.
10:44Ben voilà.
10:45Et après, il est revenu.
10:48Il est revenu.
10:49Alors Johnny, avant les concerts,
10:51c'est une personne qui est...
10:53Il est dans une solitude.
10:57Un truc qui est très drôle,
10:58que je racontais tout à l'heure,
11:00c'est Camus.
11:02Et moi, je n'étais pas habitué à ça.
11:05J'étais très impressionné par Johnny Aydé.
11:09Bon, après, c'est passé.
11:11On est devenu vraiment comme des frères.
11:14Et quand le rideau s'est ouvert,
11:16Camus m'a dit
11:17tu vas voir le plus grand
11:19avec les larmes aux yeux.
11:21Mais j'ai vu le plus grand, ouais.
11:23C'est vrai.
11:23Bon, voilà.
11:24Johnny repose à Saint-Barthes.
11:26Ce choix, il a parfois été mal compris,
11:29parfois critiqué.
11:30Mais il en avait fait le souhait devant vous
11:32d'être inhumé à Saint-Barthes.
11:33Écoutez, je ne vais pas prendre le...
11:37Je me dis, Saint-Barthes,
11:40c'est à cause ou grâce à moi.
11:42Il était à Bali, j'étais à Saint-Barthes.
11:44Et il m'appelait en disant,
11:46viens à Bali.
11:46Je dis, Johnny, j'ai trois avions.
11:48Non, je suis en famille à Saint-Barthes.
11:52Je ne peux pas venir.
11:53Et il m'a dit,
11:54mais qu'est-ce que tu fous
11:55dans cette île de ringards ?
11:56Mais c'était à son avis tout ça.
11:58Et en fait, il connaissait déjà
12:00Saint-Barthes pour avoir fait
12:02avec Laetitia
12:03ce grand voyage en bateau, etc.
12:06Mais il est revenu avec moi.
12:09Et là, il voulait...
12:11D'ailleurs, partout où il était,
12:13il voulait acheter une maison.
12:15Voilà.
12:16Donc là, on a fait...
12:18J'ai passé 15 jours
12:19à visiter des maisons,
12:21des terrains.
12:21et il a fini par trouver son terrain,
12:24bâtir sa maison.
12:25Et c'est devenu vraiment
12:28l'endroit qu'il préférait, je crois.
12:31Il y avait tout dans sa maison,
12:33sa salle de cinéma, etc.
12:36Sa salle de sport, bien sûr.
12:38Voilà.
12:39À Paris, il est question
12:40d'installer une stèle
12:41au square de la Trinité
12:42dans le 9e arrondissement
12:43en hors-porte à
12:44Nelsen-Gétaine.
12:44Et Stéphane Château
12:45sont allés demander
12:46aux voisins du quartier
12:47ce qu'ils en pensèrent.
12:49Il a été un peu élevé par sa tante,
12:53là, en face, rue La Tour des Dames.
12:56Il grattait dans le square
12:57avec M. Eddy et Jacques Dutron
13:00et le curé.
13:01Il a été baptisé à la Trinité,
13:03il a grandi à la Trinité.
13:05Nous-mêmes, on est du quartier,
13:07on serait très heureux
13:08d'avoir un mémorial pour lui
13:11autour de nous.
13:11Quand je passerai là,
13:13et ça m'arrive assez souvent,
13:15j'aurai une pensée pour lui.
13:16C'est pas tellement grand,
13:18il risque d'y avoir
13:20dans le bon sens du terme
13:23un engouement.
13:23Beaucoup de fans qui viennent,
13:26pour peu qu'ils viennent
13:27avec leurs photos,
13:28leurs guitares,
13:29pour lui rendre hommage
13:30et faire des beaux concerts.
13:32Peut-être que la proximité
13:34de l'église
13:35pendant un office ou autre,
13:37ça sera pas tout à fait le lieu.
13:39Est-ce qu'il ne faudrait pas mieux
13:40un lieu plus grand ?
13:43Éloigne chez moi.
13:45Oui, parce que c'est pas
13:46un véritable square,
13:47c'est un petit bout
13:48d'espace vert devant
13:49l'église de la Trinité.
13:51Ça a du sens,
13:51c'est une bonne idée,
13:52Daniel Angéli ?
13:54Oui, je pense.
13:55Il y a certains
13:55qui ont pris les devants,
13:56qui ont déjà renommé
13:57le square Johnny Hallyday.
13:59C'est un bel hommage ?
14:00Oui, c'est bien.
14:02Merci Daniel Angéli.
14:03Vous restez avec nous,
14:04c'est l'heure du 5 sur 5
14:05de Maxime Switek.
14:05Merci.
14:06Merci.
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