00:00Il a été pendant près de 20 ans le photographe officiel de Johnny, inséparable de la star, au point d
00:05'accumuler près d'un million de clichés.
00:07Les plus beaux sont réunis dans un livre à paraître jeudi. Daniel Angéli nous le présente en exclusivité ce soir.
00:22Bonsoir Daniel Angéli, je vous en prie. Soyez le bienvenu sur le bateau de cette année.
00:26Vous avez eu la chance de passer plus de 20 ans dans l'intimité de Johnny Hallyday, un homme pour
00:34lequel le mot ennui n'existait pas.
00:36C'est un mot qui ne faisait pas partie de son vocabulaire ?
00:38Quelqu'un hors du commun. J'ai eu la chance de traverser 20 ans de sa vie, dans tous les
00:47domaines d'ailleurs, que ce soit la musique, les concerts, les rallies automobiles, les films.
00:56Vous étiez tout le temps là, vous le suiviez comme son ombre.
01:00Nous étions aussi amis dans le privé, les vacances, etc.
01:05Vous dites j'ai vécu un rêve avec ce martien. C'était un martien Johnny Hallyday ?
01:09Oui, parce qu'il m'arrivait de lui dire, de le voir, on partait sur un concert, admettons, je ne
01:15sais pas, Marseille, on prenait l'avion.
01:18Et dans l'avion, il me paraissait un peu fatigué. Et on le maquillait et je lui disais vous êtes
01:24deux.
01:24Parce que quand il mettait un pied sur scène, il était hallucinant.
01:29Bon, voilà, on sait, je veux dire, aujourd'hui, je ne m'habitue pas au fait qu'il ne soit
01:35plus là.
01:35Avant d'être son photographe officiel, vous étiez ce qu'il appelait un paparazzi, le roi des paparazzi.
01:42Vous l'avez planqué pendant des mois, voire des années.
01:45Il y a notamment cette photo, une photo volée. Elle date de 1972.
01:49C'est à la sortie d'un concert au Palais des Sports à Paris.
01:54Et c'est l'image d'un chanteur qui a tout donné sur scène, cette image.
01:59Il est dans une voiture.
02:00Oui, oui.
02:01On ne la voit pas ?
02:01À cette époque, on se connaît.
02:03Voilà, elle arrive.
02:04Magnifique image.
02:05Oui, à cette époque, on ne se connaît pas.
02:08C'est juste une photo comme ça, d'instinct.
02:13Mais c'est une très belle photo d'après-concert.
02:15Ah oui, magnifique.
02:16Elle est splendide, vraiment.
02:17Et vous étiez, à l'époque, pas accrédité.
02:20Vous n'étiez pas dans la voiture, ce qui est venu après.
02:22Non, non, je m'étais placé, justement, pour faire une sortie de concert.
02:27Donc, c'est inattendu.
02:29C'est, on va dire, la chance que ça soit passé devant moi.
02:34Comme beaucoup de fois dans ce métier, on a...
02:37Et après, jamais j'imaginais que j'aurais passé une partie de ma vie avec lui.
02:42Avec lui.
02:43Vous étiez un paparazzi, puis petit à petit, Johnny vous a adopté.
02:47Ah, il a souvent dit qu'il m'avait échangé, qu'il avait fait de moi un photographe.
02:54Alors que je travaillais de la même manière, c'est-à-dire, vous savez, les concerts, en fait, je travaillais
02:59avec un téléobjectif.
03:01C'est la plupart du temps, où j'étais derrière lui.
03:06Il m'a beaucoup impressionné au début.
03:09Puis après, je me suis habitué.
03:12Je pouvais me balader sur le plateau, en plein concert, par exemple, à la Tour Eiffel.
03:19Avec, je ne sais pas combien de monde, toutes les splalades des Invalides.
03:23Je suis à deux mètres de lui, derrière.
03:25Et à un moment donné, il se retourne.
03:28On avait cette mauvaise habitude de fumer, bon.
03:31Et il prend ma cigarette, et il tire.
03:36Une taffe.
03:37Une taffe, comme on dit, bon.
03:38Et il me regarde, il me fait, ça va ?
03:42Il y avait...
03:43C'était habituel chez lui, ce genre de...
03:45De situation, bon.
03:47Au milieu d'un concert.
03:48On vous regarde ensemble.
03:49Johnny et vous, on est à 98.
03:52Vous vous plaît ?
03:53Johnny, Laetitia, s'il vous plaît.
03:55Lorsque Johnny Hallyday arrive au Festival de Cannes, il pose volontiers pour les photographes.
04:01Il vaut mieux qu'on prenne les photos de vous plutôt qu'on n'en prenne pas.
04:03Ce serait avec ça, quand même.
04:04L'un de vos photographes est un des ancêtres du paparazzi.
04:08Oui, oui, oui, oui, oui, Daniel Antulli, oui.
04:10C'est un bon ami à moi, il a fait des très bonnes photos.
04:12Ce qui prouve que même les paparazzi peuvent faire des très bonnes photos.
04:15Et pas toujours des photos floues.
04:17Et c'est devenu l'un de vos photographes préférés ?
04:20Oui, monsieur Partou.
04:22Bizarrement, depuis qu'il travaille avec moi, j'ai beaucoup moins de paparazzi au cul.
04:28Extraordinaire, Johnny.
04:29Il a inventé la presse People.
04:31C'est lui qui a compris comment il fallait l'utiliser.
04:33Oui, il a inventé beaucoup de choses, d'ailleurs, parce qu'il y a le Johnny que se représente le
04:39public, etc.
04:40Et son charisme, enfin, tout ce qu'on connaît de lui, quoi.
04:46Et puis, il y a le Johnny, un peu blagueur et malin.
04:50Il m'a dit un jour, la mauvaise foi, c'est moi qui l'ai inventé.
04:54Il était très drôle, volontairement ou non, parfois.
04:57Et dans l'intimité, l'homme est, dites-vous, presque plus grand que le chanteur.
05:01Oui, parce que cette façon d'aborder les gens, d'ailleurs, dans la vie, c'est son charisme.
05:13J'ai été au bout du monde avec lui.
05:15J'ai remarqué une chose.
05:17On rentrait dans un endroit, un café ou quelque chose, où il était complètement inconnu.
05:22Les gens le regardent.
05:23C'est-à-dire que sans savoir qui il est, voilà.
05:27Les premières fois, quand tu te trouves avec lui, qu'il commence à te regarder, à te parler, tu craques
05:31totalement.
05:32Il y a comme un malaise tellement il fascine et ça ne disparaît jamais.
05:37Ce sont des mots de vous, Daniel Angéli.
05:39L'un des chapitres du livre s'intitule...
05:41Interprété par... je tiens à parler de lui parce que ce livre, on ne l'a pas fait comme ça
05:47dans l'événement.
05:50On avait commencé ce livre il y a un an.
05:53Moi, je ne faisais plus partie du rock'n'roll depuis 3 ans ou 4 ans pour des raisons.
05:59J'ai eu un accident, un AVC, etc.
06:02Bon, j'ai le même âge que lui.
06:04Il me reprochait d'être plus jeune de 2 mois.
06:07Il me disait souvent...
06:10L'un des chapitres du livre s'intitule L'homme qui aimait les femmes.
06:13Il en a aimé beaucoup.
06:15Mais il n'y en a pas tant que ça qui ont compté dans la vie de Johnny.
06:17Oui, alors là, ça serait indiscret de ma part de dire...
06:20Moi, je l'ai connu au moment où il était avec Laetitia.
06:24Et j'ai vécu toutes ces 17 ans dans un parallèle parfait.
06:30La photo que je vois là-bas, d'ailleurs, c'est le premier...
06:33J'ai débuté, il faisait l'album d'Obispo.
06:36Ce que je sais, voilà.
06:37Si vous ne deviez garder qu'une photo, vous avez sélectionné celle prise en novembre 2004,
06:43lorsque Johnny et Laetitia sont allés pour la première fois au Vietnam pour adopter Jade.
06:46Pourquoi celle-ci ?
06:47Parce que ça a été un moment partagé.
06:50J'étais avec ma femme, on était tous les quatre.
06:53Et l'émotion, le jour où on lui a remis Jade dans les bras,
07:00on a vécu quelque chose de très, très, très fort.
07:03On ne peut pas expliquer.
07:06Et puis, sur place, c'est après le retour, etc.
07:11Parce qu'il y a eu une attente.
07:13On leur a présenté le bébé.
07:15Et puis, il est resté là.
07:17Et on a été faire toutes les formalités pendant deux jours.
07:20C'était deux jours très violents.
07:22Parce que, voilà, ils l'ont vu et laissé là où il était.
07:28À propos de Jade et Joy, vous dites, au début, il semblait décontenancé.
07:33Il ne s'approchait pas trop d'elle, ne s'y intéressait que de loin.
07:37Puis, il a fini par entrer dans son rôle.
07:39J'ai vu son évolution.
07:41Il devenait complètement père.
07:43C'est Laetitia, vous pensez, qui l'a rendu ?
07:45Sûrement.
07:45Papa Gato, comme ça ?
07:46Je pense que oui.
07:48Puis, tout l'entourage.
07:50Parce que Johnny, c'est aussi l'entourage.
07:53C'est tous les gens qui étaient là à ce moment-là.
07:58Oui, je pense qu'il était sous le coup de l'émotion là-bas.
08:06Elle était son ange gardien.
08:08Vous dites que sans elle, il aurait peut-être disparu plus tôt.
08:14Oui, je n'ai pas le droit de dire ça.
08:15Ce n'est pas mon...
08:16Est-ce que je veux dire ?
08:17Oui, je pense qu'elle a été...
08:19Qu'elle a un petit peu freiné ses excès.
08:26Bon, voilà.
08:27Dans ce bouquin magnifique, il y a énormément de photos de concert.
08:32Oui.
08:32Qui sont toutes des photos de photographes.
08:34J'en ai tellement d'images de concert.
08:36Mais vous dites qu'il y avait un miracle permanent.
08:38Parce que c'était...
08:39Vous saviez qu'à chaque fois, ce serait différent.
08:41Oui, parce qu'il y a des choses inattendues.
08:45Une parole.
08:46Je veux dire, je me souviens par exemple, je raconte souvent dans des dîners ou avec des amis.
08:54Il a chanté dans les ruines de Balbeck.
08:56Oui, au Liban.
08:57Donc c'était...
08:58Moi, j'avais...
08:59Mon rôle, c'était de montrer les ruines.
09:02Je ne sais pas s'il y a un concert normal.
09:04Il a été formidable, comme d'habitude.
09:08Bon.
09:09Et quand il est rentré, j'étais hier à lui, il a dit qu'une parole qui a...
09:13Il a dit...
09:14Bonsoir, Balbeck.
09:16C'était ça, Denis, hein, en même temps.
09:20Ou ses hommages à Gilles Paquet.
09:22Oui.
09:23Cette chanson, Gilles, elle est pour...
09:25Ça m'a toujours...
09:26Il s'est les poils, quoi.
09:28Il avait qu'à être lui-même pour conquérir un public.
09:34Et puis l'énorme choc du Stade de France,
09:37ou ça, vous ne l'aviez encore jamais vu.
09:39Ah, ouais.
09:40C'est en l'année 18.
09:41Ben alors, il y a...
09:42J'ai une parole pour Jean-Claude Camus,
09:45parce qu'on a été ensemble...
09:46Et on a été le producteur, oui.
09:47...toute cette période.
09:48Et je me souviendrai toute ma vie que Jean-Claude,
09:52on était derrière les rideaux et on allait aller sur le plateau.
09:55Moi, j'étais...
09:56Je m'habillais en noir pour me balader un peu partout.
10:00Il savait toujours où j'étais.
10:01C'est hallucinant.
10:03Quelques fois, quand on faisait des concerts très longtemps,
10:07j'étais fatigué.
10:08Il m'est arrivé de me mettre au premier rang public
10:11et de s'amnaler.
10:13Et il m'a dit un jour,
10:14je t'ai vu, tu étais à droite, tu as dormi.
10:17Mais il arrivait à voir...
10:19Comme l'anecdote tout à l'heure où il se retourne
10:21et il fume une taf.
10:23C'est justement.
10:24Daniel raconte, en 98,
10:26quand il va y avoir le duo avec Bruel,
10:29Bruel vient le voir pour lui demander
10:31si la redingote noire qu'il aimait bien,
10:33il allait bien.
10:33Et Johnny répond...
10:36Alors, bon, c'est difficile pour moi
10:39de dire quelque chose comme ça que j'ai vécu.
10:41Il lui a dit non, c'est le ringard.
10:44Ben voilà.
10:45Et après, il est revenu.
10:48Il est revenu.
10:49Alors Johnny, avant les concerts,
10:51c'est une personne qui est...
10:53Il est dans une solitude.
10:57Un truc qui est très drôle,
10:58que je racontais tout à l'heure,
11:00c'est Camus.
11:02Et moi, je n'étais pas habitué à ça.
11:05J'étais très impressionné par Johnny Aydé.
11:09Bon, après, c'est passé.
11:11On est devenu vraiment comme des frères.
11:14Et quand le rideau s'est ouvert,
11:16Camus m'a dit
11:17tu vas voir le plus grand
11:19avec les larmes aux yeux.
11:21Mais j'ai vu le plus grand, ouais.
11:23C'est vrai.
11:23Bon, voilà.
11:24Johnny repose à Saint-Barthes.
11:26Ce choix, il a parfois été mal compris,
11:29parfois critiqué.
11:30Mais il en avait fait le souhait devant vous
11:32d'être inhumé à Saint-Barthes.
11:33Écoutez, je ne vais pas prendre le...
11:37Je me dis, Saint-Barthes,
11:40c'est à cause ou grâce à moi.
11:42Il était à Bali, j'étais à Saint-Barthes.
11:44Et il m'appelait en disant,
11:46viens à Bali.
11:46Je dis, Johnny, j'ai trois avions.
11:48Non, je suis en famille à Saint-Barthes.
11:52Je ne peux pas venir.
11:53Et il m'a dit,
11:54mais qu'est-ce que tu fous
11:55dans cette île de ringards ?
11:56Mais c'était à son avis tout ça.
11:58Et en fait, il connaissait déjà
12:00Saint-Barthes pour avoir fait
12:02avec Laetitia
12:03ce grand voyage en bateau, etc.
12:06Mais il est revenu avec moi.
12:09Et là, il voulait...
12:11D'ailleurs, partout où il était,
12:13il voulait acheter une maison.
12:15Voilà.
12:16Donc là, on a fait...
12:18J'ai passé 15 jours
12:19à visiter des maisons,
12:21des terrains.
12:21et il a fini par trouver son terrain,
12:24bâtir sa maison.
12:25Et c'est devenu vraiment
12:28l'endroit qu'il préférait, je crois.
12:31Il y avait tout dans sa maison,
12:33sa salle de cinéma, etc.
12:36Sa salle de sport, bien sûr.
12:38Voilà.
12:39À Paris, il est question
12:40d'installer une stèle
12:41au square de la Trinité
12:42dans le 9e arrondissement
12:43en hors-porte à
12:44Nelsen-Gétaine.
12:44Et Stéphane Château
12:45sont allés demander
12:46aux voisins du quartier
12:47ce qu'ils en pensèrent.
12:49Il a été un peu élevé par sa tante,
12:53là, en face, rue La Tour des Dames.
12:56Il grattait dans le square
12:57avec M. Eddy et Jacques Dutron
13:00et le curé.
13:01Il a été baptisé à la Trinité,
13:03il a grandi à la Trinité.
13:05Nous-mêmes, on est du quartier,
13:07on serait très heureux
13:08d'avoir un mémorial pour lui
13:11autour de nous.
13:11Quand je passerai là,
13:13et ça m'arrive assez souvent,
13:15j'aurai une pensée pour lui.
13:16C'est pas tellement grand,
13:18il risque d'y avoir
13:20dans le bon sens du terme
13:23un engouement.
13:23Beaucoup de fans qui viennent,
13:26pour peu qu'ils viennent
13:27avec leurs photos,
13:28leurs guitares,
13:29pour lui rendre hommage
13:30et faire des beaux concerts.
13:32Peut-être que la proximité
13:34de l'église
13:35pendant un office ou autre,
13:37ça sera pas tout à fait le lieu.
13:39Est-ce qu'il ne faudrait pas mieux
13:40un lieu plus grand ?
13:43Éloigne chez moi.
13:45Oui, parce que c'est pas
13:46un véritable square,
13:47c'est un petit bout
13:48d'espace vert devant
13:49l'église de la Trinité.
13:51Ça a du sens,
13:51c'est une bonne idée,
13:52Daniel Angéli ?
13:54Oui, je pense.
13:55Il y a certains
13:55qui ont pris les devants,
13:56qui ont déjà renommé
13:57le square Johnny Hallyday.
13:59C'est un bel hommage ?
14:00Oui, c'est bien.
14:02Merci Daniel Angéli.
14:03Vous restez avec nous,
14:04c'est l'heure du 5 sur 5
14:05de Maxime Switek.
14:05Merci.
14:06Merci.
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