00:00pour que ça fonctionne ?
00:00Écoutez, c'est un désaveu cinglant pour tous ceux qui avaient fait de cette loi un marqueur
00:05au prix d'ailleurs d'une précipitation dans l'écriture de celle-ci
00:09et d'un mépris vis-à-vis de l'opposition et des critiques fustelles raisonnables.
00:15Je dis ça alors même que je souscrivais moi-même à l'objectif premier de cette loi
00:19compte tenu des ravages que font les réseaux sociaux sur les mineurs,
00:23ravages physiques, ravages cognitifs, ravages psychologiques également.
00:28Maintenant, au-delà de toutes ces considérations, ce qui me frappe,
00:31c'est ce que cette censure par le Conseil constitutionnel raconte de l'État du pays.
00:36Et ce que je vois, c'est que le pouvoir finalement n'a plus le pouvoir,
00:40que le juge n'ait plus du tout la bouche de la loi comme il était censé l'être
00:43dans la conception républicaine des choses.
00:45Vous savez, c'était la formule de Montesquieu, on voit qu'il n'est plus la bouche de la loi
00:47mais qu'il est devenu un interprète tout puissant de celle-ci,
00:51quitte bien souvent à corseter le pouvoir exécutif et à aller contre la souveraineté populaire
00:56parce qu'il y avait une majorité française qui était partisan de cette loi.
01:00Ce n'est pas une évolution qui a commencé sous Emmanuel Macron.
01:02D'ailleurs, on paye le prix d'un processus qui date en réalité du début de 1970
01:05et qui correspond à ce qui était le pire cauchemar du général de Gaulle
01:09qui disait qu'il ne voulait pas voir le Conseil constitutionnel devenir une cour suprême à la française.
01:13Donc, on en est à un tel mépris de la démocratie
01:16que je pense qu'il faut aller vers une remise à plat générale.
01:19À titre personnel, je serais très favorable à ce qu'on mette en œuvre le dernier mot parlementaire,
01:24c'est-à-dire que le Parlement puisse, lorsqu'une loi est retoquée,
01:29réexaminer celle-ci et la revoter.
01:31Et donc, il est le dernier mot.
01:32Ce n'est pas une proposition populiste, ce n'est pas une proposition sédicieuse.
01:36Je sais d'ailleurs qu'elle est portée par Jean-Henri Chotel,
01:38qui a été secrétaire général du Conseil constitutionnel.
01:41Il a fait une tribune, notamment dans le JDD, d'ailleurs, pour en parler.
01:43On voit bien qu'il y a des voies raisonnables qui vont dans ce sens.
01:45Je pense que si vous consultez les Français demain, vous aurez une majorité là-dessus.
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