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  • il y a 2 heures
L'essayiste et enseignant Joachim Le Floch-Imad était l'invité de l'Heure des Pros 2 Été, sur CNEWS, ce vendredi 14 août. Il est revenu sur la loi sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans censurée par le Conseil constitutionnel. «Le pouvoir n’a plus le pouvoir et le juge n’est plus la bouche de la loi», a-t-il relevé.

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Transcription
00:00pour que ça fonctionne ?
00:00Écoutez, c'est un désaveu cinglant pour tous ceux qui avaient fait de cette loi un marqueur
00:05au prix d'ailleurs d'une précipitation dans l'écriture de celle-ci
00:09et d'un mépris vis-à-vis de l'opposition et des critiques fustelles raisonnables.
00:15Je dis ça alors même que je souscrivais moi-même à l'objectif premier de cette loi
00:19compte tenu des ravages que font les réseaux sociaux sur les mineurs,
00:23ravages physiques, ravages cognitifs, ravages psychologiques également.
00:28Maintenant, au-delà de toutes ces considérations, ce qui me frappe,
00:31c'est ce que cette censure par le Conseil constitutionnel raconte de l'État du pays.
00:36Et ce que je vois, c'est que le pouvoir finalement n'a plus le pouvoir,
00:40que le juge n'ait plus du tout la bouche de la loi comme il était censé l'être
00:43dans la conception républicaine des choses.
00:45Vous savez, c'était la formule de Montesquieu, on voit qu'il n'est plus la bouche de la loi
00:47mais qu'il est devenu un interprète tout puissant de celle-ci,
00:51quitte bien souvent à corseter le pouvoir exécutif et à aller contre la souveraineté populaire
00:56parce qu'il y avait une majorité française qui était partisan de cette loi.
01:00Ce n'est pas une évolution qui a commencé sous Emmanuel Macron.
01:02D'ailleurs, on paye le prix d'un processus qui date en réalité du début de 1970
01:05et qui correspond à ce qui était le pire cauchemar du général de Gaulle
01:09qui disait qu'il ne voulait pas voir le Conseil constitutionnel devenir une cour suprême à la française.
01:13Donc, on en est à un tel mépris de la démocratie
01:16que je pense qu'il faut aller vers une remise à plat générale.
01:19À titre personnel, je serais très favorable à ce qu'on mette en œuvre le dernier mot parlementaire,
01:24c'est-à-dire que le Parlement puisse, lorsqu'une loi est retoquée,
01:29réexaminer celle-ci et la revoter.
01:31Et donc, il est le dernier mot.
01:32Ce n'est pas une proposition populiste, ce n'est pas une proposition sédicieuse.
01:36Je sais d'ailleurs qu'elle est portée par Jean-Henri Chotel,
01:38qui a été secrétaire général du Conseil constitutionnel.
01:41Il a fait une tribune, notamment dans le JDD, d'ailleurs, pour en parler.
01:43On voit bien qu'il y a des voies raisonnables qui vont dans ce sens.
01:45Je pense que si vous consultez les Français demain, vous aurez une majorité là-dessus.
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