- il y a 4 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00C'est un aveu d'impuissance, Mariana Péreb-Nissouk, merci d'être avec nous, bonsoir.
00:04L'appel de Zelensky ?
00:07C'est surtout un aveu, c'est un appel à l'aide, c'est un appel à l'aide par
00:14ailleurs que le président ukrainien formule depuis 4 ans,
00:19qu'il faut impérativement protéger les villes ukrainiennes, il faut protéger les civils ukrainiens.
00:24Par ailleurs, je vous rappelle qu'il ne s'agit pas que de la demande du patriote, il y a
00:30aussi des appels depuis 4 ans d'aide aux partenaires,
00:36aux alliés européens pour protéger le ciel ukrainien, ce que les pays européens peuvent faire avec leur aviation.
00:43Il y avait aussi précédemment les appels à vendre les avions des chasses nécessaires,
00:51donc ça aussi c'est fait déjà partiellement, c'est en cours, ça va s'amplifier, mais ce n'est
00:58pas encore suffisant.
01:02Est-ce que c'est l'appel de quelqu'un qui est en train de sentir qu'il perd, qu
01:06'il perd la guerre ?
01:07Non, c'est quelqu'un qui est responsable d'une population de plusieurs dizaines de millions de personnes
01:12et qui est responsable de la vie des civils dont il est le président.
01:18Ulisse Gosset, quand il appelle Donald Trump à lui donner des missiles, il sait qu'il va avoir un nom
01:23?
01:25Écoutez, il sait qu'il doit absolument sonner le toxin parce que l'Ukraine, effectivement, risque d'avoir d'énormes
01:31difficultés d'ici l'hiver
01:33pour empêcher les frappes de missiles balistiques en particulier de la Russie.
01:37Zelensky l'a dit aujourd'hui dans cette interview à CNN,
01:40L'Ukraine, aujourd'hui, dispose de deux fois et demi de moins d'intercepteurs que l'année dernière.
01:47Et déjà l'année dernière, il n'interceptait que 70 à 80%, parfois 90% des missiles russes.
01:53Ça veut dire que les capacités de défense de l'Ukraine sont terriblement affaiblies par le manque d'intercepteurs américains,
02:01en particulier les fameux patriotes que Trump ne veut plus ni vendre ni donner.
02:06Mais donner, il n'en voulait plus déjà, il disait aux Européens, c'est à vous d'acheter et de
02:10donner à l'Ukraine.
02:11Mais là, il ne veut même plus en livrer. Pourquoi ?
02:13Parce qu'il y a une telle dépense de missiles patriotes dans la guerre contre l'Iran,
02:191000 à 1200 en quelques mois de campagne, que les stocks ont terriblement baissé.
02:24Ils seraient environ en 800 patriotes aujourd'hui.
02:27Et les chefs d'état-major des armées américaines ont tiré la sonnette d'alarme de leur côté
02:32en disant qu'on n'a plus les moyens de les envoyer en Ukraine.
02:34Donc il y a un moment de tension très fort.
02:37Et pour Zelensky, c'est vital.
02:39Parce qu'effectivement, si les tirs russes se poursuivent à la cadence...
02:43Et c'est ce qui va se passer.
02:44Et c'est probablement ce qui va se passer.
02:46Avec d'ailleurs, il faut le rappeler, le soutien de la Corée du Nord
02:48qui va envoyer une centaine de missiles balistiques à la Russie
02:52avec quelques 40 à 50 000 soldats pour aller au front.
02:56Eh bien, ça va dire que ce sera très difficile d'empêcher ces frappes d'atteindre leurs objectifs.
03:01Je regardais les chiffres.
03:02Ulysse, 450 missiles tirés au mois de juillet, dont 200 missiles balistiques.
03:07C'est le mois le plus meurtrier depuis le début de la guerre au niveau des tirs de missiles,
03:10un tir de missiles russe.
03:11Il y a deux types de missiles qui sont utilisés par les Russes.
03:13Il y a les missiles de croisière et les missiles balistiques.
03:16Les plus dangereux, ce sont les balistiques, évidemment.
03:18Parce qu'ils ont des charges explosiques beaucoup plus fortes.
03:20Et donc, ils peuvent faire des dégâts considérables.
03:22Et depuis des semaines, pour ne pas dire des mois, en fait, depuis quatre ans,
03:27Poutine bombarde les usines permettant de chauffer l'Ukraine l'hiver,
03:32mais aussi maintenant des usines privées d'approvisionnement en nourriture, en chaussures.
03:38Et même des bibliothèques et des centres d'imprimerie ont été bombardés par les Russes.
03:44Donc, c'est une escalade, je dirais, tous azimuts qui est lancée par la Russie.
03:49Alors, il faut le dire aussi, de son côté, l'Ukraine a lancé une offensive très importante de drones
03:55à longue portée pour frapper à l'intérieur de la Russie.
03:58Mais néanmoins, la période d'aujourd'hui est tellement critique
04:01que Zelensky utilise, en fait, cette interview pour rappeler à Donald Trump
04:06qu'il a vraiment un besoin urgent de cette aide en particulier.
04:09C'est-à-dire que l'avantage militaire est à la Russie, quoi.
04:13Eh bien...
04:13Si on se fie, ne serait-ce qu'à l'intensification des tirs, à l'appel de Zelensky,
04:18on comprend que l'avantage est à la Russie.
04:20Moi, je reprendrais la formule d'Ulysse qui dit que c'est une escalade.
04:24Moi, je dirais, refermierais sans remettre en cause.
04:29Mais je préciserais surtout que c'est le fruit des efforts de l'économie de guerre russe.
04:36Et c'est même, par ailleurs, les mêmes Ukrainiens, le même Zelensky,
04:40qui avertissaient de 2022 qu'il est impératif de pouvoir frapper à l'intérieur de la Russie.
04:48Il est impérativement de pouvoir frapper les usines qui fabriquent ces missiles.
04:53Parce qu'il faut savoir et il faut comprendre
04:56que si la Russie a obtenu de telles capacités de tirer chaque mois,
05:03elle n'en avait pas même en 2023 ou 2024.
05:08Elle tirait sur les stocks, mais aujourd'hui, elle en produit autant.
05:11C'est pour ça que ça augmente.
05:13Et ça augmente, pourquoi ?
05:15Parce qu'il y a eu l'inaction du côté occidental, quelque part.
05:19Occidental, vous dites américain et européen, alors ?
05:21Par exemple, si on parle de missiles Taurus,
05:26qui auraient pu être utilisés pour frapper...
05:28Missiles allemands.
05:29Missiles allemands, qui auraient pu être utilisés pour ces genres de frappes.
05:33Oui, finalement, on a beaucoup attendu, on a beaucoup demandé.
05:37Il n'en est rien, toujours rien.
05:39Ce qui fait que, tant qu'on laisse la Russie continuer ses efforts de guerre,
05:46ses efforts de guerre pour augmenter la production,
05:48eh bien, ils vont continuer à augmenter leur production de missiles.
05:52Et ça sera encore plus difficile.
05:54Il faudra encore plus de patriotes que personne n'a.
05:56La réponse à votre question, Alain, c'est que la capacité de la Russie est énorme
06:01par rapport à celle de l'Ukraine.
06:02L'Ukraine qui n'a même pas aujourd'hui de missiles balistiques.
06:05Alors, c'est vrai que les ingénieurs ukrainiens ont fait des progrès absolument considérables,
06:09notamment en matière de drones.
06:10On l'a vu depuis maintenant plusieurs mois,
06:12à tel point qu'ils sont pris en exemple dans toutes les armées du monde,
06:16même aux Etats-Unis, à qui ils donnent des conseils sur l'utilisation des drones.
06:20Mais en matière de missiles balistiques, ils en sont au stade de test.
06:23Il y en a qui sont en préparation, mais pour l'instant, ce ne sont que des tests.
06:27Et les premiers pourraient arriver sur le champ de bataille à l'automne
06:30ou peut-être l'année prochaine.
06:32D'ici là, la période va être critique.
06:34Et ce que tout le monde redoute, c'est un hiver encore plus dur que le précédent.
06:37Ce sera le cinquième hiver pour les Ukrainiens,
06:40où les installations de chauffage, les usines chargées de chauffer l'Ukraine
06:45sont détruites systématiquement par les Russes.
06:47Donc, oui, la capacité russe est supérieure,
06:50mais on le savait depuis le début de la guerre.
06:52C'est pour ça que les Occidentaux, en fait, sont montrés du doigt.
06:54Parce qu'ils ont...
06:55Le supérieur est tendu dans le temps, quoi. C'est ça, oui.
06:58Sur la durée, l'économie de guerre russe fonctionne de façon maximum.
07:02Il y a 70% du produit intérieur brut russe qui est consacré à la défense.
07:06Les Occidentaux ont tardé à livrer des missiles patriotes du côté américain
07:11ou même des armes qui permettent de tirer en profondeur.
07:15Et donc, ce temps a joué en faveur de Poutine.
07:17Ça ne veut pas dire que la guerre est finie et que la Russie a gagné.
07:22Mais ça veut dire que les coups qui vont être infligés à l'Ukraine
07:25vont être très, très durs.
07:27Et c'est la raison pour laquelle Zelensky a essayé de prendre les Russes à revers
07:31en frappant en profondeur les usines pétrochimiques,
07:36les usines de fabrication d'armes,
07:37avec un certain succès, mais pas au point d'enrayer la machine.
07:40Il y a des usines qui fabriquent les composantes pour ces missiles
07:44pour altérer, un temps soit peu, le processus des fabrications,
07:48ne serait-ce que de le rétarder d'un tout petit peu.
07:51On va en parler avec Hugues Pernet aussi,
07:52qui est premier ambassadeur de France en Ukraine,
07:54et qui a écrit un livre sur la guerre.
07:56Bonsoir Hugues Pernet.
07:58Bonsoir.
07:59Cet appel du président Zelensky,
08:02est-ce que franchement vous pensez qu'il est voué à l'échec
08:04et que c'est peut-être un premier signe d'une défaite annoncée ?
08:10Tout d'abord, je ne pense pas que ce soit le signe d'une défaite annoncée,
08:14au contraire, j'ai plutôt l'impression que l'Ukraine a rétabli sa position
08:18de manière relativement spectaculaire.
08:21Hugues Pernet, comme le disait Mariana Pere Vénécio,
08:23que l'appel s'adresse effectivement à Donald Trump,
08:26mais au-delà, à tous les occidentaux,
08:28à tous ceux qui peuvent aider.
08:29Donc il y a effectivement pour vous un point d'équilibre.
08:32Une guerre, ça ne se gagne pas là en 48 heures,
08:34et on le voit bien parce qu'elle dure depuis 4 ans,
08:36donc on se doute que le conflit va durer plusieurs mois.
08:38Mais il y a une urgence, et il y a un hiver à traverser.
08:41Donc Volodymyr Zelensky, ce qu'il souhaite,
08:43c'est qu'au-delà des Américains,
08:45les Européens aussi disent,
08:46qu'est-ce qu'on peut faire rapidement
08:48pour que l'Ukraine puisse passer ce nouvel hiver,
08:50l'hiver 2026-2027.
08:53– Les Européens, il faut le savoir,
08:56apportent une aide importante à l'Ukraine,
08:59mais cette aide financière essentiellement
09:02n'a pas compensé la perte de l'aide américaine.
09:06Les Ukrainiens, au jour d'aujourd'hui,
09:08reçoivent moins d'aide occidentale américaine,
09:12plus européenne réunie,
09:13qu'elles n'en recevaient il y a deux ans.
09:15Donc si vous voulez, il y a un problème,
09:17c'est effectivement un appel à nous.
09:18Mais nous sommes un peu confrontés aux mêmes difficultés
09:21que les Américains, pour d'autres raisons,
09:24c'est que nous n'avons pas mis nos capacités industrielles
09:27en production de guerre,
09:28et donc notre production de missiles, anti-missiles,
09:31est relativement limitée.
09:33Et donc nous ne sommes pas en mesure aujourd'hui,
09:35je pense,
09:37de fournir exactement ce dont ont besoin les Ukrainiens.
09:41Il faut voir que les besoins ukrainiens sont immenses au jour d'aujourd'hui.
09:45Vous avez cité le chiffre de 80 missiles balistiques
09:49lancés sur Kiev.
09:50Mais il faut savoir que pour arrêter un missile balistique,
09:54il faut deux missiles patriotes, plus ou moins.
09:57Donc ça veut dire 160 pour un mois.
10:00Vous multipliez ça par un an,
10:03en sachant que les Américains ne produisent pas
10:051 000 patriotes par an.
10:06Donc vous voyez la quadrature du cercle.
10:08Et donc, pour moi, c'est un appel politique pour demain.
10:13Alors, si on parle de demain,
10:15en effet, il y a un travail de fond qui est fait.
10:17Il y a une coalition internationale
10:20qui est formée autour du système
10:23des protections aériennes européennes
10:28prénommée FREIA,
10:29qui réunirait l'Ukraine, la France, l'Allemagne,
10:33le Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas,
10:36la Suède, la Norvège et le Danemark.
10:39Parce qu'il est vrai que même les pays européens,
10:42aujourd'hui, pour, comme vient de dire l'ambassadeur,
10:47pour ce type de menaces,
10:48sont dépendants de ce système patriote.
10:50Donc il est urgent,
10:52et ce travail est fait en urgence,
10:54pour que les Européens puissent construire
10:57leur propre système,
10:58qui puisse fonctionner intégralement
11:02avec les composantes européennes
11:06sur la base un peu modulaire,
11:09il s'est dit que ce système
11:11peut devenir fonctionnel l'année prochaine,
11:16voire éventuellement, peut-être,
11:18je ne sais pas, en décembre 2026.
11:20Sauf qu'en attendant...
11:22Voilà, la Russie a porté des coups
11:23de plus en plus durs.
11:24On parle beaucoup de cet hiver à passer,
11:26mais moi, j'aimerais quand même préciser
11:28que malheureusement, pour cet été,
11:30ce n'est plus l'hiver à passer.
11:32Après l'hiver de cette année-ci,
11:34il y a eu le printemps,
11:35il y a eu l'été.
11:36En fait, c'est chaque jour
11:37qu'il y a eu une épreuve.
11:38Un été, l'épreuve,
11:40contrairement aux années précédentes,
11:41un été, ça n'est...
11:43L'épreuve ne s'était jamais arrêtée
11:46pour les habitants de la capitale,
11:47ni pour les habitants des grandes villes
11:49qui sont menacés par de missiles
11:53tous les jours.
11:55Ça a des conséquences absolument...
11:56Il y a des pénuries en ce moment
11:58dans le pays ou pas ?
11:59Ça a des conséquences absolument terribles,
12:01surtout sur le moral,
12:03parce que les gens sont quand même
12:05habitués à des différents niveaux
12:07de menaces.
12:08Et ils...
12:12À juste titre, ils considèrent
12:13que les menaces de drones
12:14ne sont pas aussi importantes
12:16que les menaces de missiles
12:17qui peuvent détruire un immeuble
12:19d'habitation tout entier à un sommet.
12:21C'est-à-dire qu'il n'y a pas
12:23d'issue possible.
12:24Si vous voulez, la nuit,
12:26quand il y a une attaque,
12:27une alerte aérienne aux missiles,
12:29on sait qu'on peut mourir
12:30à chaque instant.
12:31C'est très difficile
12:32et les habitants de la capitale
12:34vivent ça non-stop
12:36depuis au bas moins 6-7 mois.
12:38Ulrich ?
12:39Oui, peut-être juste
12:40sur les pénuries.
12:41Pour l'instant,
12:42en termes d'électricité,
12:42ça tient à peu près...
12:43Il y a eu des délestages ponctuels
12:44dans certaines régions,
12:46notamment au sud,
12:46dans la région d'Odessa,
12:48suite à des frappes de missiles,
12:49mais l'électricité est en général
12:51rétablie assez rapidement.
12:52Mais en revanche,
12:53effectivement,
12:54parce qu'il n'y a pas trop
12:55de demandes actuellement,
12:56et plus on va aller vers l'hiver,
12:57et plus cette demande électrique
12:58va augmenter,
12:59je rajouterais aussi
13:00qu'il y a d'autres risques.
13:01On voit des frappes
13:02de missiles balistiques
13:03sur des installations
13:04de traitement des eaux.
13:05On voit des frappes balistiques
13:06sur des entrepôts
13:07de stockage
13:09des principales chaînes
13:09de supermarchés.
13:10Donc, il y a aussi ça
13:11que vise la Russie
13:12au-delà du système énergétique.
13:14Il y a vraiment une volonté
13:15en quelque sorte
13:15de rendre le quotidien
13:16de plus en plus impossible
13:17pour les Ukrainiens.
13:18Alors, on va retourner à Kiev,
13:19retrouver Cyril Amoursky
13:20pour BFM TV.
13:21Deux questions à vous poser,
13:23Cyril, vous qui êtes
13:23dans la capitale ukrainienne
13:24au quotidien pour nous.
13:26La première, c'est vrai,
13:28la série de frappes des Russes,
13:29ce sont vraiment des frappes
13:30qui touchent
13:31les intérêts économiques
13:33et vitaux.
13:35Complètement.
13:35Je rejoins tout à fait
13:36ce qui vient d'être dit
13:37sur votre plateau,
13:37c'est-à-dire qu'en ce moment,
13:38on a une véritable période
13:40qui n'a jamais été aussi compliquée,
13:41disons vraiment
13:42d'un point de vue économique
13:43et d'un point de vue
13:44de produits dans les supermarchés,
13:45tout simplement parce qu'on voit
13:46qu'il y a une nouvelle stratégie
13:47de la Russie,
13:48de détruire méthodiquement
13:49le secteur économique
13:50et le secteur privé de l'Ukraine.
13:52Donc là, on a vu
13:52beaucoup de frappes,
13:53notamment contre des stocks
13:55et des entrepôts
13:56de chaussures, de glace,
13:58de pain.
13:5915 à 20 % de production
14:00du pain dans le pays
14:01a complètement été à nanti
14:02en seulement quelques semaines
14:03de frappes.
14:04Il y a également
14:05l'industrie du tabac
14:06qui a pris un coût
14:07très important,
14:08des entreprises dans l'e-commerce,
14:09des supermarchés.
14:10Et en ce moment,
14:11quand vous allez dans la capitale,
14:12mais aussi en réalité
14:13un peu partout dans l'Ukraine,
14:14notamment dans deux types
14:15de supermarchés,
14:16à savoir Silpo et Fora,
14:18vous avez des...
14:21Pardon, j'allais dire
14:21compartiment,
14:22mais ce n'est pas le bon terme.
14:23Vous avez des parties entières
14:25où tout simplement
14:26vous n'avez pas de fruits,
14:27de légumes,
14:28vous n'avez pas de produits frais,
14:29parfois,
14:30vous n'avez pas non plus
14:31de pain,
14:32vous n'avez pas...
14:32Donc il y a des pénuries,
14:33il y a des rayons
14:34qui sont vides.
14:35Exactement, c'est ça,
14:36c'était le terme
14:37que je cherchais,
14:37merci,
14:38c'est qu'il y a vraiment
14:38des rayons qui sont
14:39complètement vides
14:40et il y a une véritable pénurie.
14:42Et d'ailleurs,
14:42ces entreprises ont quand même
14:43affirmé que cette pénurie
14:45devrait disparaître
14:46plus ou moins
14:47dans une dizaine de jours.
14:48Mais et le moral ?
14:49Parce qu'il y a
14:50quatre ans de guerre,
14:51effectivement,
14:52on entend...
14:53On voit des reportages
14:54sur l'Ukraine,
14:55mais là,
14:56ils vont sortir de cet été
14:57pour plonger de nouveau
14:58dans l'hiver.
14:59Le moral est bon,
15:00la population tient,
15:01on le sait,
15:02on le voit.
15:03Elle est derrière
15:03son président, toujours ?
15:05Alors, elle est derrière
15:06son président,
15:07parce que le président
15:07est vraiment...
15:08Disons qu'il y a...
15:09En fait, il faut toujours
15:09faire des différences
15:10entre deux choses.
15:11Il y a la politique intérieure
15:12et disons qu'il y a
15:13la politique extérieure
15:14et la guerre.
15:15Sur la politique intérieure,
15:16il peut y avoir des critiques
15:16vis-à-vis du président.
15:18Mais par rapport à la guerre
15:19et par rapport
15:19aux relations internationales,
15:21là, il y a vraiment
15:22plus ou moins un consensus
15:23autour du président,
15:24parce que le président,
15:25ce n'est pas une question
15:26de couleur politique,
15:27c'est une question
15:27de représentation à l'étranger,
15:29c'est une question
15:29tout simplement
15:30des intérêts nationaux.
15:31Mais quand on parle
15:32par contre du moral,
15:33il faut admettre
15:34que ces derniers jours,
15:35il est particulièrement compliqué.
15:36Les Ukrainiens,
15:37il faut le dire,
15:37au cours des derniers mois,
15:38ont perdu beaucoup d'argent.
15:39On voit qu'il y a
15:41notamment des collectes
15:42qui mettent beaucoup plus
15:42de temps à être complétés
15:44tout simplement
15:45parce qu'il y a
15:45de moins en moins
15:46de ressources.
15:46Et donc,
15:47il y a une véritable crainte,
15:48notamment par rapport
15:48à cet hiver,
15:49étant donné que l'hiver
15:50entre 2025 et 2026
15:52a été particulièrement rude.
15:53Là, on sait que l'Ukraine
15:54manque de 650 millions de dollars
15:56pour pouvoir se préparer
15:57à cette saison.
15:57En plus de cela,
15:58on en a parlé
15:59il y a quelques instants,
16:00l'Ukraine n'est plus vraiment
16:00en capacité de se protéger
16:01contre les missiles balistiques.
16:03Donc, quand vous prenez
16:03tous ces aspects-là,
16:05avec en plus les difficultés
16:06avec les frappes
16:07contre le secteur privé,
16:08les Ukrainiens s'inquiètent
16:10véritablement.
16:10S'il y a encore quelques semaines,
16:12on regardait les frappes en Russie
16:13en se disant que voilà,
16:14on est dans une nouvelle phase
16:15de la guerre
16:15et l'Ukraine est en capacité
16:17de répondre,
16:17les Ukrainiens continuent
16:18à voir ces images
16:19et continuent à applaudir
16:20l'armée ukrainienne,
16:21mais en même temps,
16:22ils s'inquiètent
16:22pour les jours à venir.
16:23Oui, mais Cyril Amourski,
16:24c'est-à-dire que,
16:25de toutes les manières,
16:27le désir de ne pas perdre
16:28face à la Russie
16:29est plus fort que tout.
16:31Le désir de tenir
16:32va bien au-delà
16:36Absolument,
16:37c'est-à-dire que la majorité
16:38de la population,
16:38je ne peux pas dire
16:39pour tous les Ukrainiens,
16:40mais en tout cas,
16:40l'immense majorité de la population
16:41considère que l'Ukraine,
16:42aujourd'hui, de toute façon,
16:43n'a pas vraiment le choix.
16:44On voit que d'ailleurs,
16:45il y a eu cette intensification
16:46de frappes contre le secteur
16:48privé et contre l'économie ukrainienne
16:50depuis que l'Ukraine
16:51a commencé à taper Walburys.
16:52Mais en réalité,
16:53les toutes premières frappes,
16:54elles ne tapent pas non plus
16:55de ces dernières semaines.
16:56Il y a déjà eu des frappes
16:57contre la poste ukrainienne,
16:58contre d'autres entreprises
16:59depuis 2022.
17:00C'est juste qu'on voit
17:01une intensification
17:01de ce type d'attaque
17:02aussi contre Odessa
17:03parce que ça représente
17:05un nœud logistique,
17:06portuaire et économique
17:07très important pour l'Ukraine.
17:09Mais une fois de plus,
17:10ce n'est pas la première fois
17:11que la Russie
17:12bombarde ce type de lieu.
17:13Donc on voit
17:14qu'il y a une intensification.
17:16Les frappes,
17:17une fois de plus,
17:17ne datent pas vraiment
17:18de ces dernières semaines.
17:19Mais par contre,
17:20il y a une véritable crainte
17:21que la situation va dégénérer,
17:23va encore se détériorer
17:24parce que l'Ukraine
17:25n'est pas en capacité
17:26aujourd'hui
17:26d'abattre ses missiles.
17:27Cyril Amourski,
17:28notre correspondant à Kiev.
17:29Merci d'avoir été à l'invite.
17:30Ulysse Gosset,
17:31avant d'aller à Washington,
17:32je vais vous expliquer
17:33pourquoi on va aller à Washington.
17:34Écoutez,
17:34ce qu'on peut dire aujourd'hui,
17:36c'est que Zelensky
17:37a pris un risque.
17:39Il a essayé
17:40de renverser la guerre
17:42en laissant le front de côté
17:43pour aller à l'intérieur
17:44de la Russie
17:45et pour frapper
17:46les bases industrielles
17:47de la Russie.
17:48Le risque,
17:48c'est que les représailles russes
17:50allaient arriver
17:51et elles sont arrivées
17:53massivement.
17:53C'est-à-dire que là,
17:54on est dans une période
17:54d'escalade intense
17:56et d'attaque féroce.
17:58Vous avez vu ces images
17:58qui circulent là en ce moment
17:59sur notre écran.
18:00C'est un train
18:01qui a été visé
18:02par une frappe.
18:03Les deux conducteurs
18:06du train
18:06auraient été tués.
18:07C'est un train de voyageurs.
18:09Ce n'est pas un train militaire.
18:10Et donc,
18:11Poutine ne va pas hésiter
18:12à frapper encore
18:13ce type de moyens
18:15de transport civil.
18:16Les industries
18:17qui servent à alimenter,
18:18vous savez,
18:19les boulangeries,
18:19tout simplement.
18:20L'industrie privée
18:22qui fait vivre l'Ukraine
18:23au quotidien
18:24et pas simplement
18:25l'industrie d'armement
18:26ou même l'industrie énergétique.
18:28Donc,
18:28on est dans une stratégie
18:30qui a été payante
18:31pendant quelques semaines
18:31parce qu'effectivement,
18:32l'Ukraine a montré
18:33qu'elle était capable
18:34de frapper la Russie
18:35en profondeur,
18:36de faire rentrer la guerre
18:37en Russie
18:38et ce n'est pas bon
18:39pour l'opinion publique russe.
18:41Le revers de la médaille,
18:42c'est cette campagne massive
18:44de missiles
18:44et de drones
18:45qui s'abat sur l'Ukraine.
18:47Alors,
18:47il y a un paradoxe
18:47dans tout ça.
18:49C'est-à-dire que,
18:49et ça,
18:50c'est Antoine Lard
18:51qui va nous le raconter
18:51de Washington.
18:53C'est-à-dire qu'il y a eu
18:54très récemment
18:54des manœuvres,
18:57plutôt des exercices
18:58entre les Américains
18:59et les Ukrainiens.
19:00Exercices militaires,
19:01des simulations
19:02et qui l'a emporté,
19:04Antoine Lard,
19:04les Ukrainiens
19:06sur les Américains.
19:07Expliquez-nous ça.
19:11Oui,
19:12c'est un grand exercice
19:13militaire qui a eu lieu
19:14au printemps dernier.
19:153 500 soldats américains
19:16y ont participé
19:18et le but de la manœuvre
19:19pour les Américains,
19:19c'était d'essayer
19:20de s'emparer d'une position
19:22protégée par les Ukrainiens,
19:23plus précisément
19:24protégée par les drones ukrainiens.
19:26Et ce bras de fer
19:27a tourné au fiasco
19:28pour l'armée américaine.
19:30Les opérateurs
19:31de drones ukrainiens
19:31ont très facilement
19:32débusqué les troupes américaines
19:34et les ont neutralisés.
19:35Il y a notamment
19:36une brigade
19:37de blindés américains
19:39qui a été anéanti
19:40en l'espace
19:41de quelques minutes seulement.
19:42Anéanti virtuellement,
19:43bien sûr,
19:44puisqu'il s'agissait
19:44d'un exercice.
19:46Alors, pendant deux semaines,
19:47chaque jour,
19:47on a répété la même manœuvre.
19:49Au fil du temps,
19:50les Américains
19:50ont progressivement
19:51amélioré leur performance
19:52mais sans jamais
19:53vraiment réussir
19:54à prendre le dessus
19:55sur les Ukrainiens.
19:56Et tout cela nous montre quoi ?
19:58Eh bien que les Ukrainiens
19:59sont parmi les meilleurs au monde
20:00dans la guerre des drones.
20:01Ils ont une longueur,
20:02une très grande longueur d'avance
20:04sur les Américains
20:04qui cherchent aujourd'hui
20:05à combler leur retard.
20:07D'ailleurs,
20:07depuis plusieurs mois maintenant,
20:09des gradés américains
20:10viennent faire des stages
20:11en Ukraine
20:12pour apprendre
20:12justement
20:13comment mener
20:14la guerre des drones.
20:15Et quand on y pense,
20:16c'est vraiment
20:16un retournement de situation
20:17absolument incroyable.
20:19Il y a un an et demi,
20:20souvenez-vous,
20:20ici même à la Maison Blanche,
20:21dans le bureau Oval,
20:22Donald Trump
20:23humilié Volodymyr Zelensky
20:25en lui disant
20:25qu'il n'avait pas
20:26les cartes en main.
20:26Aujourd'hui,
20:27ce sont les Américains
20:28qui viennent prendre
20:29des conseils
20:29auprès de l'armée ukrainienne.
20:31Antoine Olar à Washington
20:32pour BFMT.
20:33C'est un exercice,
20:34c'est virtuel,
20:35ça démontre un savoir-faire,
20:38tant mieux.
20:38Évidemment,
20:39subi,
20:39eh bien,
20:40cette guerre
20:41depuis plus de 12 ans,
20:42mais à fortiori
20:43depuis 4 ans et demi,
20:44eh bien,
20:44ils ont beaucoup plus
20:45d'expérience
20:46et ils partagent
20:46cette expérience
20:47avec les pays de l'OTAN
20:48et c'est précisément
20:49le but de ces exercices.
20:50Cyril Amorski à Kiev,
20:52Ulrich et Ulysse.
20:53Oui,
20:53juste pour rajouter,
20:54c'est à peu près
20:55ce que j'allais dire,
20:55c'est-à-dire que d'abord,
20:56ces exercices-là,
20:56ils sont faits
20:57pour partager de l'expérience,
20:58donc il n'y a jamais
20:58vraiment de gagnant
20:59ou de perdant.
21:00Effectivement,
21:00les Ukrainiens sont là
21:01aussi pour partager
21:02leurs expériences
21:03et de toute façon,
21:04il y avait un consensus,
21:05en fait,
21:05il y a un consensus général
21:06au sein des États-majors
21:07pour dire qu'effectivement,
21:08l'armée ukrainienne,
21:09sur certains aspects,
21:10est sans doute bien plus performante
21:11dans l'utilisation des drones,
21:12même dans l'utilisation
21:13des missiles patriotes,
21:14ils sont bien plus performants
21:15que les Américains eux-mêmes.
21:16Donc,
21:16il n'y a aucun doute là-dessus,
21:17ils ont effectivement,
21:18parce qu'ils l'utilisent au quotidien,
21:20acquis une compétence,
21:21une maîtrise
21:21de la plupart des équipements militaires.
21:24En revanche,
21:24en fait,
21:25tout à l'heure,
21:26Antoine Olar parlait
21:26de Donald Trump,
21:27c'est juste que Donald Trump,
21:28il a une vision politique des choses.
21:29Si vous demandez
21:30aux militaires du Pentagone,
21:31je pense qu'il n'y a aucun doute,
21:32à part peut-être Pitex-7,
21:33il n'y a aucun doute
21:34sur l'intérêt de l'armée américaine
21:35de collaborer
21:36et de faire du partenariat
21:37avec les Ukrainiens.
21:39En revanche,
21:39d'un point de vue politique,
21:40ça n'a absolument rien à voir.
21:41Alors,
21:41sur Pitex-7,
21:42le secrétaire à la guerre,
21:43il a annoncé,
21:44au printemps dernier,
21:45qu'il était favorable
21:46à l'envoi de militaires américains
21:48en Allemagne,
21:49en Europe,
21:49et même en Ukraine,
21:50pour justement tirer expérience
21:53de la supériorité ukrainienne
21:55en matière de drones.
21:56Il y a deux faits remarquables aujourd'hui.
21:58L'armée ukrainienne
21:59est sans doute
21:59l'une des meilleures armées du monde
22:01aujourd'hui,
22:01en termes de drones.
22:02L'armée des drones ukrainiennes.
22:05Elle n'a pas d'aviation,
22:06ou très peu.
22:07Elle n'a pas d'intercepteurs
22:08pour empêcher
22:09les missiles balistiques
22:10de bombarder.
22:12Mais le grand paradoxe,
22:14c'est que les Américains,
22:15quand même,
22:15alors qu'ils rechignent
22:16à donner des systèmes patriotes
22:19à l'Ukraine,
22:20vont voir les Ukrainiens
22:21pour leur demander conseil.
22:23On l'avait déjà vu
22:23pendant la guerre contre l'Iran,
22:25où les Ukrainiens
22:26ont été appelés à la rescousse
22:28par plusieurs pays du Golfe
22:29pour justement donner des conseils
22:30et former des opérateurs dronistes
22:33pour faire face
22:34aux tirs de drones
22:35venant d'Iran.
22:37Donc,
22:37on est dans une situation
22:38où on a le sentiment
22:39que les Ukrainiens,
22:40finalement,
22:40très habilement,
22:42répondent présents
22:43lorsqu'on leur demande conseil.
22:45Il faudrait que ça soit vrai
22:46dans l'autre sens
22:47et que les Américains
22:49puissent,
22:50je dirais,
22:50être plus généreux
22:51dans la fourniture d'armes.
22:52L'autre point
22:53qui est remarquable,
22:54c'est qu'on voit
22:55que le Pentagone
22:55et que l'armée américaine,
22:57après quatre ans de guerre
22:58en Ukraine,
22:59est contrainte
23:00de demander conseil
23:01et elle subit
23:02dans des manœuvres
23:03qui sont des manœuvres virtuelles,
23:04mais quand même,
23:05elle est obligée
23:06de demander conseil
23:07aux Ukrainiens.
23:08On aurait pu imaginer
23:09que les Américains,
23:10avec leur technologie,
23:11leurs moyens considérables,
23:13soient à la hauteur.
23:14Non,
23:14ça veut dire
23:14qu'il y a aussi
23:15aux États-Unis,
23:16comme il y avait en France,
23:17comme il y a toujours en France,
23:18un déficit
23:19dans les opérations de drones,
23:21dans la fabrication
23:22de nouveaux modes de combat.
23:23La guerre en Ukraine
23:25contre la Russie
23:25a transformé radicalement
23:27la façon de faire la guerre
23:29aujourd'hui.
23:30puisque vous parlez
23:31de la guerre
23:32et vous parlez des Américains,
23:33dans la deuxième partie
23:33de l'émission
23:34avec Ulysse Gosset,
23:35avec Ulrich Bounat
23:35et avec Antoine Eulard
23:37à Washington,
23:37on vous racontera
23:38ce qui se passe en ce moment
23:39sur le porte-avions USS Lincoln
23:42dans le Moyen-Orient
23:44où visiblement,
23:44certains marins
23:46sont en pleine dépression,
23:47rien ne va à bord
23:48du porte-avions,
23:49manque de rations,
23:50des toilettes bouchées,
23:52il y a, paraît-il,
23:52des tentatives de suicide.
23:54C'est assez incroyable.
23:54C'est une histoire
23:55qu'on vous racontera
23:55dans la deuxième partie
23:56de l'émission.
23:57Merci, messieurs, dames,
24:00résumer l'enjeu ukrainien
24:01du jour, bien sûr,
24:03puisqu'on regarde
24:03cette guerre au quotidien.
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