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  • il y a 14 heures
Ce mardi 11 août, Cyril Pogu, co-président de la fédération Légumes de France, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Good morning business, la matinale de l'économie.
00:04Ce matin, on s'intéresse aux conséquences des canicules sur la production agricole.
00:09Le gouvernement prévient déjà que la sécheresse de cette année se traduira par des coûts supérieurs à celles de 2022,
00:14qui avaient pourtant déjà entraîné plus d'un milliard de pertes de production.
00:18Avec nous pour en parler ce matin. Bonjour Cyril Pogu.
00:21Merci d'avoir répondu à l'appel de BFM Business.
00:24Vous êtes co-président de la Fédération Légumes de France, qui défend les producteurs et la souveraineté alimentaire.
00:30Vous êtes particulièrement mobilisé cet été à cause de cette sécheresse et d'agriculteurs qui se demandent comment ils vont
00:35s'en sortir.
00:36On entendait tout à l'heure le patron de la FNSEA, Arnaud Rousseau, qui était sur une exploitation agricole dans
00:43l'élevage bovin hier soir.
00:46Pour certains producteurs, Cyril Pogu, on parle de pertes record cette année.
00:52Oui, effectivement, on est dans un phénomène exceptionnel, d'une intensité exceptionnelle.
00:57Les pertes en production sont colossales.
01:02Effectivement, ça va avoir un impact énorme sur les exploitations, sur les trésoreries.
01:07Donc oui, la situation est quand même assez dramatique.
01:11Comment est-ce que vos professions vont pouvoir s'adapter ?
01:14Est-ce que ça passe par des investissements et donc des coûts supplémentaires ?
01:18Oui, effectivement, il ne faut pas se dire que ça arrive une fois et que ça n'arrivera plus.
01:26Il faut au contraire réagir et c'est bien ça la problématique qu'on va avoir rapidement.
01:30C'est qu'on a des exploitations qui sont affaiblies alors que c'est au moment où il faudrait investir
01:36pour combattre justement des situations comme on est en train de vivre.
01:39Donc il y a des solutions et il faut déjà stocker davantage d'eau puisque finalement, cette année, on a
01:46consommé en deux mois et demi les ressources qu'on consomme habituellement sur six ou sept mois.
01:52Donc stocker de l'eau, il va falloir que la recherche continue pour nous proposer du matériel génétique adapté à
01:59ce genre de situation, ce qui n'est pas le cas du tout.
02:01Et ce qui fait qu'on a énormément de pertes. Et puis, la dernière chose, c'est investir aussi dans
02:07des structures permettant de protéger nos cultures.
02:10On parle de cultures protégées, d'abris, de serres, d'abris bioclimatiques qui peuvent nous aider demain à passer ces
02:17capes difficiles et à continuer à produire.
02:19Vous venez de le dire, Cyril Bogu, vous défendez les projets de rétention d'eau. Est-ce que vous êtes
02:23soutenu notamment sur ce point ?
02:26Alors, c'était tout l'objet des discussions pour nous autour de la loi d'urgence. Et effectivement, ce qui
02:33a été voté à l'Assemblée nationale doit permettre de stocker davantage d'eau, de double normalement.
02:41Donc, c'est une nécessité, ça devient vital pour nous de stocker davantage, de mieux utiliser cette eau qui passe.
02:48Et on a cette chance qu'on a beaucoup de pluie à certains moments sur notre territoire. Donc, il faut
02:54effectivement stocker davantage.
02:56J'espère qu'après une situation comme celle qu'on est en train de vivre, le débat sera différent et
03:02qu'on puisse moins passionnel et qu'on puisse stocker davantage pour produire demain encore une fois.
03:09Sur le front de l'emploi, quelle est la situation ? Est-ce qu'il y a vraiment un risque
03:13réel pour l'emploi dans les exploitations avec des récoltes qui sont justement mauvaises cet été ?
03:19Oui, à très très court terme, on est dans une période où on a beaucoup de travailleurs saisonniers sur toute
03:26notre filière légumes.
03:28Et effectivement, moi le premier, je suis nantais, maraîchier nantais.
03:33J'ai dû me séparer quasiment de la totalité de mes saisonniers puisque je n'avais plus de récolte.
03:40Et je pense que ça va continuer parce que la double peine qu'on a dans cette situation, c'est
03:44que là, depuis deux mois et demi, trois mois, on est en train de vivre ce que tout le monde
03:49connaît.
03:50Les récoltes sont détruites, mais le plus pénalisant, et ce que j'appelle la double peine, c'est qu'on
03:55ne peut pas continuer à produire parce que dans bien des endroits, et c'est mon cas, je n'ai
03:59plus assez d'eau pour remettre en culture.
04:01Donc, effectivement, on a décidé de se séparer des saisonniers. C'est quelque chose qu'on n'a jamais connu.
04:07Un mot sur les prix qui ont déjà fortement augmenté en un an pour certains produits, notamment les légumes que
04:14vous produisez.
04:15Il faut s'attendre à de nouvelles hausses de prix étant donné les circonstances ?
04:20Alors, on a cette particularité dans nos filières spécialisées, c'est le cas pour les fruits, pour les légumes, c
04:26'est qu'on est sur un marché de l'offre et de la demande.
04:29Donc, chaque jour, le prix est déterminé. Il y a un cours journalier, je vais dire.
04:35Et effectivement, quand il manque vraiment de volume sur certaines espèces, c'est le cas très récemment sur les salades.
04:43Cette semaine, c'est plutôt les tomates. Et effectivement, l'offre et la demande fait qu'on voit les prix
04:48augmenter.
04:51Est-ce que ça va durer ? Et effectivement, si on dit que l'impact, il n'est pas seulement
04:58dans la période qu'on est en train de traverser,
04:59mais qui va se prolonger sur l'automne et l'hiver, vraisemblablement, on peut voir des prix qui augmentent légèrement
05:05dans les rayons.
05:07Merci Cyril Pogu pour ce témoignage. Je rappelle que vous êtes vous-même maraîcher tout près de Nantes.
05:13Et pour aussi ces éclairages, vous êtes co-président de la Fédération Légumes de France.
05:17Merci d'avoir répondu à l'appel de BFM Business ce matin.
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