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«On paye un contexte extérieur très dégradé», a affirmé Laurent Cappelletti, économiste et professeur au Conservatoire national des arts et métiers, dans l'Heure des Pros WE.

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Transcription
00:00Non, non, c'est le moins qu'on puisse dire.
00:02Bon, alors après, on est sur une tendance qui est mauvaise.
00:07On le voit aussi sur les chiffres, en fait, du commerce extérieur,
00:12qui effectivement sont mauvais.
00:15On paye, bon, un contexte extérieur qui est très dégradé.
00:21On a eu les perturbations avec la hausse du prix des matières premières
00:26liées au conflit au Moyen-Orient.
00:28Trois ans avant, deux ans avant, on y est encore, on a eu l'Ukraine.
00:32Mais au-delà de ça, on est sur une tendance, effectivement, qui reste dégradée,
00:38avec un taux d'emploi qui est insuffisant, avec des exportations qui sont insuffisantes,
00:44avec des dégradations nouvelles.
00:46On était, par exemple, très bons sur l'agroalimentaire, on devient mauvais.
00:50Et surtout, cela je voudrais souligner, comparer, c'est ça qui est nouveau,
00:56à nos voisins européens, notamment Italie, Espagne.
01:01Je ne parle pas de l'Allemagne, qui a toujours été, depuis une vingtaine d'années,
01:05plus en avance que nous sur ces sujets.
01:09Ces pays-là font mieux que nous.
01:11Donc, il y a une problématique, en fait, structurelle inquiétante, en effet.
01:14À qui la faute, Laurent Capeletti ?
01:16Ce n'est pas Emmanuel Macron qui avait dit le plein d'emploi, objectif numéro un.
01:20Et quand on voit le bilan, quand je dis à qui la faute, je vous laisse la réponse.
01:25Deux points ou trois points de suspension ?
01:29Alors, oui.
01:30C'est-à-dire que par rapport aux annonces, en effet,
01:34il y a eu beaucoup de discours, et notamment sur la réindustrialisation.
01:39Donc, ça, on peut le mettre au crédit.
01:41On a remis, en fait, au cœur des préoccupations, la réindustrialisation, l'emploi, etc.
01:47Mais derrière, en fait, ça ne se traduit pas en actes.
01:51Même si, au niveau du chômage, en fait, il est plus élevé que dans les autres pays.
01:54Mais, tendanciellement, sur les 15 dernières années, on était à plus de 10%.
01:58Et là, il est passé à 7%, puis il est remonté à 8%.
02:03Alors, qu'est-ce qui se passe ?
02:04En fait, c'est un peu toujours la même chose.
02:06Premièrement, on a un taux d'emploi comparé aux autres pays,
02:10c'est-à-dire des gens qui sont en activité,
02:12notamment dans les catégories senior, qui restent insuffisants.
02:14On a une base productive qui est insuffisante.
02:18Deuxièmement, ça, vous le savez également, cher Thierry Cabane,
02:21on a un tissu industriel, on a des grands champions,
02:25on a beaucoup de toutes petites entreprises.
02:27Et puis, au milieu, on a insuffisamment, on n'a pas assez, en fait,
02:32on appelle ça les ETI.
02:34C'est les entreprises de taille moyenne à grande taille.
02:37Et ça, ça nous nuit énormément,
02:40notamment pour l'emploi dans les territoires
02:41et, en second lieu, pour l'exportation.
02:44Et puis, troisièmement, il faut quand même le dire,
02:46on a une problématique, ça aussi, on le répète, en fait,
02:50en effet, de charge sur le travail, en fait,
02:54qui reste globalement supérieur aux autres pays,
02:57qui nuit donc à l'entreprenariat,
03:00avec une productivité, et ça aussi, c'est nouveau,
03:03par une organisation du travail qui n'a pas évolué, etc.,
03:06qui se dégrade aussi.
03:07Donc, si on pouvait, effectivement, agir sur ces trois grands critères,
03:13on s'en sortirait beaucoup mieux.
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