00:00Je pense bien plus sérieux pour débuter, parce que le CRIF vient de saisir le ministère de l'Intérieur et
00:06de la Justice au sujet de la marque de vêtements,
00:08Seton. Le CRIF estime que son nom et certains de ses visuels renverraient aux attaques du 7 octobre, perpétré pour
00:16rappel par le Hamas.
00:18Alors Seton, c'est simple, SA comme samedi, 7 comme octobre, et comme 7 octobre, et 10 comme le dixième
00:25mois de l'année.
00:25Alors le CRIF demande tout simplement l'interdiction de cette marque.
00:30Bon, alors, on pourrait croire que les fondateurs de cette marque jouent sur une certaine ambiguïté, parce qu'évidemment rien
00:39n'est dit explicitement,
00:41mais selon vous, Gilles Boutin et Joseph Masses-Caron, le doute est-il permis ? Je vous pose la question,
00:46Gilles Boutin.
00:46Non, parce qu'il y a une vidéo qui est ressortie sur TikTok, où la fondatrice de cette marque, qui
00:53appartient également à une association,
00:55ça s'interprète, une association de soutien aux Palestiniens, qui a lancé une marque, et dans cette vidéo, qui date
01:03du 31 octobre 2024,
01:05elle explique qu'en janvier, donc sous-entendu janvier 2024, cette marque a été lancée en soutien aux Palestiniens, victime,
01:13dit-elle, du génocide.
01:15Elle utilise des termes...
01:16Le discours habitué, selon vous ?
01:18Voilà, ce terme de génocide qui n'était pas employé jusqu'à la réponse israélienne à la suite des attaques
01:24du 7 octobre.
01:25Alors, effectivement, j'ai retrouvé, moi, une interview, si je puis dire, sur un site communautaire de l'une des
01:31fondatrices,
01:32qui explique que cette marque est née à Paris en 2023, et cette initiative, donc Seton, s'impose aujourd'hui
01:38comme une forme,
01:39je cite toujours, une forme d'aide humanitaire profondément ancrée dans la solidarité palestinienne et la décolonisation.
01:47Je referme les guillemets, bien sûr.
01:49Bon, alors, sous couvert de noble cause, y a-t-il, selon vous, des relents antisémites, Joseph Massescaron ?
01:59Derrière cette marque, voilà.
02:01Pardon, ça ne fait...
02:02Pour moi, il n'y a aucun doute que ce n'est même pas des relents antisémites, c'est un
02:06antisémitisme affiché.
02:09Alors, faut-il interdire ?
02:10Faut-il interdire ? Parce que...
02:11Alors, ça, c'est une autre question.
02:14Ce sont deux questions qui sont différentes.
02:15Oui.
02:17Que reconnaître le caractère antisémite de la démarche, d'abord, même avant antisémite,
02:23il faut reconnaître l'obscénité, au sens littéral du terme, de cette démarche,
02:27parce que vouloir se faire du fric, il n'y a pas d'autre moyen,
02:30même si, ensuite, on dit que c'est une manière d'aider les Palestiniens.
02:34Il y a dix mille autres manières d'aider les Palestiniens.
02:37Moi, qui suis vieux, vu l'âge que j'ai, vous savez, la question palestinienne,
02:40ça fait longtemps qu'elle est...
02:42On peut tout à fait aider les Palestiniens sans être antisémite.
02:45On peut le faire, c'est vraiment...
02:48Mais là, donc, l'antisémitisme est probant et obscène, comme je l'ai dit.
02:56Interdiction ou pas, alors ?
02:57Interdiction ou pas, moi, je pense que non.
02:59Il ne faut pas interdire, il faut arrêter, parce que...
03:04Vous savez, je pense que le CRIF est sur...
03:08Comment dire ?
03:09Je crois que le CRIF se trompe de combat, mais peut-être qu'on va en parler.
03:13Expliquez-nous pourquoi...
03:14Pourquoi pas, votre réponse, Joseph Massescaron,
03:18mais pourquoi...
03:19Vous dites qu'il ne faut pas interdire.
03:21Vu la situation actuelle, je pense que le CRIF,
03:24quand il mène ce type de combat,
03:27comment dire, s'exonère,
03:29de poser la vraie question, qui est la question fondamentale.
03:32À mon sens.
03:32Quelle est la question fondamentale ?
03:33À mon sens, la question fondamentale, c'est celle de l'immigration.
03:36Mais on peut faire les deux.
03:37C'est celle des générations.
03:39Oui, mais il ne le fait pas.
03:40Précisément, le CRIF ne le fait pas.
03:41Oui, mais à la limite, on peut lui reprocher de ne pas embrasser
03:45l'entièreté et la complexité du sujet.
03:48Cependant, il y a un discours de haine qui est évident dans ce message
03:51et dans cette utilisation de cette marque sous couvert de solidarité.
03:55Les clins d'œil sont évidents.
03:56Donc, à partir de là, à mon avis, ce n'est pas très compliqué
03:59de prouver le caractère haineux de cette démarche, de cette marque,
04:04et derrière, de la faire interdire.
04:06Quand bien même, elle a l'air, mais pas du tout répandue.
04:09C'est très confidentiel, effectivement.
04:11C'est assez confidentiel, mais sa simple existence est extrêmement...
04:14On ne va pas le minimiser, au prétexte que ce n'est pas très visible.
04:19Si on l'interdit, il sera...
04:20Joseph Massescaro.
04:22Tout le monde sait qu'à Paris même,
04:24il n'y a pas simplement des arrondissements,
04:26il y a des librairies qui vendent le protocole des sages de Sion,
04:30qui vendent des éléments délibérément antisémites.
04:34Bon, est-ce que ces librairies sont fermées ?
04:35La réponse est non.
04:37On le sait.
04:39Mais tout État démocratique fier de ses valeurs
04:42se doit d'être intransigeant,
04:43même si derrière, il y a des arrière-boutiques, ça se vend toujours.
04:46Vous avez raison sur les questions de principe,
04:47mais il y a un moment donné où je m'interroge
04:49sur la démarche suivie par le CRIF.
04:53Il y a un moment où le CRIF va quand même devoir
04:56arrêter dans une situation, comment dire,
05:00de cours.
05:01de cours, je dénonce, voilà, je dénonce,
05:04et s'attaquer aux racines du problème.
05:07Et le racine du problème, si vous demandez aujourd'hui
05:10aux personnes au sein de la communauté juive,
05:1280% des gens de la communauté juive vous répondront,
05:15c'est l'immigration.
05:1780%.
05:17Bon, alors, d'origine de plein de pays,
05:20j'ai l'islam majoritaire,
05:21et on sait que la question israélienne
05:25suscite une grande haine dans beaucoup de ces pays.
05:27Notamment du Maghreb, pour le dire très vite, justement,
05:29où, bien sûr,
05:30où, malheureusement,
05:32beaucoup de jeunes,
05:33pas tous, bien évidemment,
05:35il faut toujours se garder essentialisés,
05:37mais beaucoup de jeunes sont biberonnés
05:39à l'antisémitisme.
05:40Donc, vous dites que parce que la cause est plus profonde,
05:43Joseph Massescaron,
05:45il n'y a pas lieu d'interdire cette marque,
05:48effectivement, très confidentielle.
05:49Et en en parlant, d'ailleurs, ce soir,
05:52sur Europe 1,
05:52et peut-être sur CNews,
05:54il y a ce qu'on appelle, effectivement,
05:56Gilles le disait très justement,
05:57l'effet stressant,
05:58c'est-à-dire remettre des pièces dans la machine,
06:00et donc, faire de la publicité pour cette marque,
06:02je pense que je paraphrase à peine ce que vous dites, Gilles.
06:05Exactement.
06:05Bon, selon vous,
06:07parce que la cause est plus profonde,
06:09Joseph Massescaron,
06:10il n'y a pas nécessité d'interdire.
06:12C'est ce que vous dites.
06:14En tout cas,
06:15ce n'est pas le problème de plusieurs gens.
06:17On ne peut pas dire que l'on mène à un combat,
06:19je respecte le CRIF infiniment,
06:21les gens du CRIF sont extrêmement sympathiques,
06:23mais il y a un moment donné,
06:24très franchement,
06:25il faut qu'ils s'interrogent.
06:26Il faut qu'ils fassent leur examen de conscience.
06:29Réalement.
06:29C'est-à-dire sur le combat qu'ils mènent,
06:31sur l'utilité des combats qu'ils peuvent mener parfois.
06:34C'est-à-dire qu'ils ne posent pas,
06:36ils ne posent pas le fond du problème.
06:38Moi, je veux bien le comprendre,
06:39ce que vous dites.
06:40C'est-à-dire qu'effectivement,
06:40le CRIF est tenu par des gens extrêmement bien éduqués,
06:42très polis,
06:43peut-être trop polissés d'ailleurs.
06:45Très polissé.
06:45Et un policeman correct...
06:47Jonathan Arfi n'est pas très polissé,
06:48il n'est même pas du tout langue de bois,
06:50Gilles Boutin.
06:51Manifestement,
06:52là-dessus,
06:52je rejoindrai Joseph.
06:53C'est-à-dire qu'effectivement...
06:54Ils aiment bien les gouvernements,
06:55ils aiment bien l'État,
06:57ils aiment bien une forme d'entre-soi également,
07:00mais qui est utile,
07:02bien sûr,
07:02pour faire avancer,
07:03mais ça ne suffit plus aujourd'hui.
07:05Ces interlocuteurs à lui,
07:07Jonathan Arfi,
07:08sont également ceux qui manient la langue de bois.
07:10Moi, je me souviens par exemple
07:12du discours de Sébastien Lecornu,
07:14que j'ai lu en entier,
07:15pour l'hommage au père Hamel.
07:19Il faut quand même lire attentiment
07:21et jusque très loin dans le discours
07:22pour avoir une allusion
07:23au fait que c'est des manations islamistes.
07:25Ça vient se dissimuler un peu,
07:28alors que ça devrait apparaître dès le début.
07:31Et donc, effectivement,
07:31il y a un angle mort dans notre débat aujourd'hui
07:35sur l'origine, effectivement,
07:36de l'antisémitisme.
07:37Il y en a différents qui s'expriment,
07:39mais celui d'aujourd'hui,
07:41majoritairement,
07:41est des manations islamistes
07:42et il serait bienvenu de le mentionner.
07:46Et donc, par extension,
07:47comme vous le disiez,
07:48lié à l'immigration,
07:49ce qui est tout à fait logique.
07:51Voilà, et c'est ce qu'on dit
07:52depuis trois ans désormais,
07:54déplacement du problème israélo-palestinien,
07:58ici, chez nous,
07:58à cause de ces communautés dont vous parlez.
08:01Alors, c'est vrai, Joseph Massescaro.
08:03Pardonnez-moi,
08:04c'est quelque chose qui remonte
08:04à très très loin,
08:06parce qu'en 2002,
08:09le Figaro faisait sa lune,
08:11faisait sa lune,
08:12sur un livre de Pierre-André Taguef,
08:16qui s'appelait
08:16La nouvelle judéophobie.
08:18Et dans ce livre,
08:19il y avait tout,
08:20tout ce qui est en train de se passer aujourd'hui.
08:21Non mais, reconnaissez Joseph Massescaro,
08:24je ne fais que citer les chiffres.
08:25que l'antisémitisme au niveau des crimes perpétrés
08:28en France
08:30est devant l'islamophobie.
08:32Et ça, on ne peut pas le nier.
08:33Vous ne pouvez pas nier,
08:34Joseph Massescaro,
08:35que toutes les statistiques disent
08:38que vous ne niez pas l'antisémitisme,
08:40effectivement.
08:41Mais alors, tout de même,
08:41j'aimerais vous interpeller,
08:42parce que c'est intéressant ce que vous dites,
08:44mon cher Joseph.
08:45Lorsqu'à Toulouse,
08:47en 2025,
08:48c'était il y a un an,
08:49un homme, place du Capitole,
08:51portait un maillot
08:52avec un flocage,
08:54un maillot de football en fait,
08:55avec un flocage,
08:56arracheur de kippa.
08:58Alors, c'était un jeu de mots,
08:59parce que 2DE a été remplacé
09:01par le chiffre 2.
09:02Cet homme a été condamné
09:04à 9000 euros d'amende
09:06et condamné pour provocation
09:08à la haine raciale.
09:10Est-ce que vous comprenez
09:11cette condamnation ou pas,
09:12Joseph Massescaro ?
09:14Alors, là encore,
09:17parce que c'est de l'antisémitisme,
09:19on est dans la banalisation.
09:21Est-ce que vous comprenez
09:22ou est-ce que selon vous,
09:23c'est trop sévère ?
09:23Mais là, on n'est pas dans le même fait,
09:25parce que, pourquoi ?
09:26Parce que,
09:28on incite à une action.
09:30Et là, juridiquement,
09:31on est dans un domaine différent.
09:33Nous n'incitons pas à une action
09:35avec Seton le 10 octobre.
09:38Lorsque vous commercialisez une marque
09:40qui s'appelle Seton,
09:417 octobre 2023,
09:43il n'y a pas d'incitation
09:44à la haine raciale selon vous ?
09:45Non, je dis simplement que...
09:47Non, ce sont deux choses différentes.
09:50Quand vous incitez à une action
09:51qui est une action concrète,
09:52c'est-à-dire arracher une kippa,
09:54c'est quelque chose de grave.
09:55C'est quelque chose de grave,
09:56parce que...
09:56Mais là, il n'y a pas d'incitation
09:57avec Seton, alors ?
09:58Mais là, c'est tout simplement
10:00quelque chose qui est obscène
10:01et qui est, en effet,
10:02de l'ordre de l'antisémitisme.
10:04Voilà, c'est un discours
10:05qu'il y a, malheureusement,
10:06depuis le 7 octobre,
10:07que l'on voit fleurir
10:07depuis le 7 octobre.
10:08Mais je dis et je redis que...
10:10Enfin, je peux me tromper,
10:12mais quand j'entends maintenant
10:16de plus en plus les personnes
10:17de la communauté juive me parler,
10:18ils me disent,
10:19notamment à propos du CRIF,
10:21il faudrait que l'on, enfin,
10:23quand est-ce qu'on va poser
10:24la vraie question
10:25qui est celle de l'immigration ?
10:28Voilà, de l'immigration.
10:29Vous savez, vous avez la gentillesse
10:30de parler du voyage
10:31que je viens de faire.
10:32Je voyage, je viens de faire
10:33en Ouzbékistan.
10:33Eh bien, j'ai eu, en Ouzbékistan,
10:36pays musulman,
10:37des jeunes avec qui j'ai parlé
10:38et qui m'ont dit,
10:39mais qu'est-ce qui se passe en France ?
10:41Comment vous tolérez ça ?
10:42Comment vous tolérez
10:44les petites filles voilées ?
10:45Comment vous tolérez...
10:47Etc, etc.
10:48Et la liste était longue.
10:49Comment vous tolérez
10:51les prêches des imams
10:54et qu'ils ne soient pas contrôlés ?
10:55Comment vous le contrôlez ?
10:56En Ouzbékistan,
10:58pays musulman,
10:58à 90%.
11:01Et j'ai pu voir aussi
11:02des personnes
11:02de la communauté juive
11:03à Boukhara
11:04et à Saint-Marc-Andre.
11:05Et je peux vous assurer
11:06que, là aussi,
11:07ils se sentaient plus
11:08en sécurité là
11:09qu'en France.
11:10Gilles Boutin,
11:11faut-il plus de fermeté
11:12à l'égard
11:13de ces ambiguïtés,
11:16je vais le dire,
11:17de manière très pudique
11:18vis-à-vis de l'antisémitisme ?
11:21Tout dépendant
11:22des suites
11:22sur ce cadre.
11:23En général,
11:24j'élargi le débat.
11:26En général,
11:27je pense que
11:27le cadre juridique
11:29est présent.
11:30Alors, il y a une loi,
11:31la loi,
11:32comment s'appelait-elle ?
11:33J'ai oublié,
11:34mais la loi
11:36condamnant
11:36les actes antisémites.
11:38Et en fait,
11:40ce que je pense,
11:42c'est qu'il y a
11:43trop de condescendance
11:46et trop de discours,
11:48on va dire,
11:48complices
11:49d'ambiguïté
11:50dans la société française.
11:52Et donc,
11:52à cet égard,
11:53la loi doit effectivement
11:54s'adapter
11:54aux discours doubles.
11:56et typiquement,
11:58ce satène,
11:58je ne sais pas si je prononce
11:59bien ce nom,
12:00c'est exactement ça.
12:02qui veut dire
12:02bon appétit,
12:03semble-t-il,
12:04en arabe,
12:05ou quelque chose comme ça.
12:05De santé,
12:06apparemment.
12:07De santé,
12:09donc si on fait
12:09une analyse textuelle,
12:11c'est d'un mauvais goût
12:13extrêmement profond,
12:14puisqu'on peut aussi
12:16lire la date
12:17des attentats.
12:18partant de là,
12:19est-ce que,
12:20justement,
12:21on pourrait quand même
12:21en déduire
12:22qu'il s'agit là
12:23d'une jubilation
12:24par rapport à ce qui s'est passé
12:25et d'un encouragement
12:26à ce que cela continue.
12:29Donc,
12:30en fait,
12:30c'est l'application derrière.
12:31Est-ce qu'on a des magistrats
12:33qui derrière
12:34s'allent appliquer la loi
12:35et avoir suffisamment de discernement ?
12:36Et on saura,
12:37Gilles Boutin,
12:38dans quelques jours,
12:39slash,
12:39quelques semaines peut-être,
12:40si le ministère de l'Intérieur
12:43et le ministère de la Justice
12:46répondent à la saisine
12:47donc du CRIF
12:49par rapport à cette marque
12:50dont on parle
12:51depuis ce matin
12:53sur Europe 1
12:53et par extension
12:55sur CNews.
12:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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