00:00On va essayer de comprendre avec des cartes à quoi pourrait ressembler cette nouvelle voie navigable.
00:04Et si cet accord, ce compromis, était trouvé avec vous, Ulrich Bounat, bonsoir, merci encore d'être avec nous.
00:09Alors là, on voit le détroit d'Hormuz. Expliquez-nous un petit peu ce détroit et ce compromis qui est
00:15en train d'être dessiné.
00:16Effectivement, donc vous avez l'Iran au nord, vous avez Oman et les pays du Golfe au sud.
00:20Auparavant, il y avait donc un chemin, on va dire avant le 28 février, il y avait un chemin dans
00:24les eaux internationales entre la route nord et la route sud.
00:26Route nord qui passe par les eaux territoriales iraniennes et route sud qui passe par les eaux territoriales Omanais et
00:32des pays du Golfe, et notamment les Émirats.
00:34Et donc en fait, avant le 28 février, les navires passaient sans aucune entrave entre les deux dans les eaux
00:38internationales, il n'y avait pas de problème.
00:39Depuis le 28 février, la zone est grosso modo fermée, potentiellement minée.
00:44Et donc les Iraniens avaient proposé leur propre route au nord, où les navires pouvaient passer mais en payant un
00:49péage.
00:50Et il y avait une route sud un petit peu, on va dire, sous le manteau, protégée en partie par
00:53les Américains,
00:54pour essayer de faire sortir les navires, notamment en suivant les côtes d'Omane.
00:58Et donc finalement, l'accord qui est en train de se dessiner, alors, il faudra voir les détails.
01:01Il faut toujours rester prudent.
01:02Exactement, c'est qu'en fait, il y aura un espèce de mélange des deux désormais,
01:05où les navires qui rentreraient dans le détroit d'Ormouz et dans le Golfe, du coup derrière Persique, passeraient par
01:11les côtes iraniennes.
01:12Donc c'est la courbe orange qu'on voit ici.
01:14C'est la courbe orange, exactement, c'est la route nord que l'on voit là.
01:16Mais avec ou sans payage ?
01:17Alors, c'est un peu l'une des grandes inconnues, mais il est quand même très probable que les Iraniens
01:22ne feront pas ça gratuitement.
01:24Ce qui se chante, c'est qu'effectivement, il semblerait que les Omanais qui sont de l'autre côté soient
01:28d'accord,
01:28puisque les navires qui sortiront passeront par ce qu'on voit la route sud, donc par les côtes Omanaises.
01:33Donc ça veut dire, Ulrich, pour bien comprendre, personne dans cette zone ici, à Chéan Bleu.
01:37C'est ça, c'est-à-dire qu'au lieu d'une route qui faisait l'aller-retour à peu
01:41près au milieu, qui était gratuite,
01:43on serait sur une route au nord pour l'entrée, au sud pour la sortie, avec, alors probablement pas un
01:48pérege,
01:49parce que d'un point de vue international, les Omanais ne pourraient pas se permettre de le porter,
01:52mais peut-être une solution où on verra, en quelque sorte, des frais de transit ou, disons, des frais de
01:59contributions volontaires.
02:00C'est quelque chose qui se fonde dans d'autres détroits.
02:01Par exemple, le détroit de Malacca, il y a, en fait, les navires et les États qui peuvent contribuer à
02:06un fond, etc., de façon volontaire.
02:08Mais donc, il est probable que c'est un peu le système. Et donc, ça pose, bien évidemment, plusieurs questions.
02:13Déjà, un, ça veut dire que les Américains, potentiellement, ne pourraient plus rentrer dans le détroit s'il faut passer
02:17par les eaux iraniennes.
02:18Et deuxièmement, ça pose aussi la question du droit de la mer, très concrètement.
02:22Et dernière chose, si les Iraniens se sont mis d'accord avec les Omanais, ça montre aussi que les États
02:27de la région décident, en quelque sorte,
02:28de se mettre d'accord avec l'Iran sans même consulter les Américains.
02:30Quel est le rôle spécifique d'Omane ? Pourquoi Omane ? Pourquoi ce pays est-il aussi important dans les
02:35négociations et les coulisses en cours ?
02:37Alors, ça a toujours été un pays plateforme, en quelque sorte, entre le monde extérieur et les Iraniens, de par
02:41sa géographie,
02:42de par le fait aussi que de nombreux intérêts financiers iraniens passent par Omane.
02:46Et donc, effectivement, c'est un pays qui s'est toujours positionné un peu en pivot des deux.
02:50Et c'est ce qu'il a essayé de jouer aussi sur cette crise-là.
02:54Bon, déjà, parce que géographiquement, il est complètement concerné, on le voit, par le détroit d'Hormuz.
02:58Et aussi parce qu'effectivement, il a quand même, malgré tout, un intérêt financier à obtenir non seulement la réouverture
03:03du détroit d'Hormuz
03:04pour pouvoir commercer, mais surtout, et s'il lui-même touche une partie de cette manne, on va dire, volontaire,
03:10livrée par ceux qui passent par là, effectivement, c'est toujours ça de pris.
03:13On voit la zone à déminer, donc cette voie médiane, en quelque sorte.
03:16Aucun navire, aucun bateau ne pourra y accéder.
03:21Mais ça veut dire, qui va déminer, Ulrich ?
03:23Alors, déjà...
03:24Et on sait déjà s'il y a des mines.
03:25Alors, ça, c'est un peu la grande question.
03:27Les Iraniens ont toujours prétendu qu'il y en avait.
03:29C'est relativement discutable.
03:31On peut penser que si des navires sont passés par la route sud, protégés par les Américains,
03:34c'est quand même qu'il y avait très peu de chances qu'il y en ait des mines.
03:37Mais bon, admettons qu'il y en ait quelques-unes.
03:38À ce moment-là, s'il y a un accord régional, on pourrait imaginer une mission,
03:42peut-être portée par les États du Golfe, avec des moyens internationaux, peut-être par exemple européens,
03:47sous couvert de l'ONU, pour enlever les quelques mines.
03:49Je ne pense pas que les Iraniens, ce ne seraient pas dans leur intérêt d'avoir miné très fortement la
03:53zone.
03:53Merci.
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