Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 18 heures
Le 9 décembre 2017, Vivement Dimanche Prochain rend hommage à Johnny Hallyday en rediffusant un extrait de l'émission Ciné Stars du 30 mars 1992. Cette archive permet de replonger dans une période marquante de la carrière de Johnny, à travers une interview et des images d'époque, illustrant son parcours exceptionnel et l'émotion suscitée par sa disparition.
Transcription
00:01Générique
00:05Bonsoir, pas de vieillement dimanche prochain aujourd'hui, on va consacrer 50 minutes à Johnny, c'est la moine des
00:10choses.
00:11Tout a été dit depuis quelques jours sur Johnny et on a voulu vous montrer quelque chose que vous n
00:15'avez jamais revu.
00:16C'est un document qui date de 25 ans, un portrait que j'avais réalisé avec Johnny et Mathias Ledoux
00:20à Ramatuel,
00:22sur les hauteurs de Ramatuel, dans sa maison dont il était si fier, la Lorada.
00:26Voilà, il voulait inaugurer cette maison avec nous, regardez, il y a tout, tout est dit dans ce portrait et
00:32surtout regardez comme il était beau.
01:07Vous le savez, le 12e numéro de Cine Star est un numéro exceptionnel, un numéro événement, en raison de la
01:13dimension particulière de son invité,
01:15Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday. Il était star dans les années 60, il l'est toujours en 1992.
01:22Qui est Johnny Hallyday ? Qui peut dire qu'il connaît bien Johnny ?
01:26On a écrit tant de choses, on a lu tant de choses sur ce personnage hors série.
01:31Alors, très modestement, nous allons essayer de répondre ce soir à cette question.
01:34Et pour nous faciliter les choses, Johnny a accepté d'entrouvrir les portes d'une maison qui est à sa
01:39mesure, à sa dimension, qui lui ressemble.
01:41Lui qui aime tant l'Amérique, eh bien sa maison, elle est hollywoodienne, au paradis des stars, sur les collines
01:46de Ramatuel, aux portes de Saint-Tropez.
01:48Voici donc un portrait de Johnny, qui a pour but de mieux connaître ce personnage, qui, pendant toute sa carrière,
01:55a surtout été accompagné par des clichés et par des lieux communs.
01:59Souvenir, souvenir, souvenir, je vous retrouve dans mon cœur, et vous faites refleurir tous mes rêves de bonheur.
02:09Je me souviens des soirs de danse, joues contre jureux, et rendez-vous de nos vacances, quand nous faisions les
02:17fous.
02:18Souvenir, souvenir, de nos beaux jours de l'été, lorsque nous partions cueillir, lire dans les baisers.
02:27Et pour m'y garder dans ma tête, les joies de la belle saison, souvenirs, souvenirs, il me reste nos
02:36chansons.
02:45Les gens m'appellent l'idole des jeunes, il en est même qui m'en vit, mais s'ils pouvaient
02:55savoir dans la vie, combien tout seul je suis.
03:09Merci Johnny d'ouvrir pour la première fois les portes d'une maison que j'ai qualifiée d'hollywoodienne, car
03:16lorsque nous sommes arrivés avec l'équipe de Cinestar, tout à l'heure, on a eu l'impression d'être
03:20un peu sur les collines d'Hollywood.
03:22C'est un peu un rêve d'enfant, ma maison. Déjà, avoir une maison dans le midi, parce que j
03:26'adore le midi, il fait toujours beau.
03:28Je veux dire, j'ai toujours pris l'avion, j'ai fait des 15h, des 12h d'avion pour aller
03:33dans des endroits paradisiaques.
03:34Et chaque fois en revenant ici, je me suis aperçu que ce n'était pas la peine d'aller si
03:36loin, qu'on avait tout ce qu'il fallait à 1h20 finalement d'avion de Paris.
03:41Alors, qu'est-ce que Huguette, Claire, Léon Smet, Desta, Hélène Marre penserait de cette maison ?
03:48Très fière, non ? Il faut préciser que Huguette, c'est ta maman.
03:51Elle est très contente pour moi. Mais enfin, c'est la famille. Malheureusement, la seule personne qui n'aura jamais
03:56connu cette maison, qui est un peu le rêve de toujours,
04:00c'est Mme Marre qui m'a élevé, qui était ma tante.
04:04Hélène, ta tante.
04:04Hélène Marre, oui.
04:05Elle a joué un rôle important dans ta vie, Hélène Marre.
04:07C'est elle qui m'a élevé. Ma mère ne pouvait pas trop s'occuper de moi quand j'étais
04:11petit, parce que mon père avait quitté, et elle était mannequin.
04:16Elle travaillait beaucoup, et donc elle ne pouvait pas vraiment s'occuper de moi.
04:20Donc c'est la soeur de mon père qui m'a élevé, qui est Mme Marre, la mère de Desta.
04:26C'est vrai que mon enfance m'avait énormément marqué, parce que j'étais un petit peu déraciné par rapport
04:30à une enfance normale, c'est-à-dire que je n'avais pas de copains.
04:32Moi, je suivais des cours à correspondance de l'école des enfants d'artistes.
04:37Comme j'étais élevé par Mme Marre, donc Hélène, sa fille m'a emmené en tournée, faisait une tournée de
04:43danse.
04:44Et c'est comme ça que j'ai fait le monde entier.
04:46À cinq ans, j'ai vécu deux ans à Londres, ensuite j'étais à Stockholm, j'étais en Allemagne, j
04:50'étais un peu partout dans le monde, je veux dire, en Espagne.
04:53J'ai vécu en Italie pendant trois, quatre ans, donc je ne pouvais pas vraiment vivre une vie normale.
04:59J'ai été à Hambourg pendant plus d'un an, et chaque fois que je me faisais des copains, c
05:03'était le temps de refaire les valises et de repartir.
05:05Alors Lee, à l'idée qu'était au départ Lee Ketcham, a joué un rôle considérable finalement dans ta vie.
05:10C'est le premier artiste que tu as vu tous les jours travailler.
05:12Bien sûr, oui.
05:13Il vivait à Londres, à l'époque, quand Destard rencontrait Lee, on vivait à Londres.
05:18Lee était venu en Europe dans une comédie musicale américaine qui s'appelait Oklahoma, et elle dansait à l'Opéra
05:25de Londres.
05:25Et puis bon, ils ont décidé de faire du mur ensemble, et pour s'en poser au milieu de leur
05:29numéro de danse, et pouvoir changer de costume, je chantais une chanson sur scène.
05:36Et la première fois, je devais avoir 10 ou 11 ans, la première fois que je suis montée sur scène,
05:42avec un attraque, je ne te dis pas.
05:43Je t'imagine.
05:44Et j'ai chanté David Croquette à l'époque.
05:46Ce sont des souvenirs très forts, des souvenirs heureux, ou des souvenirs quand même très nostalgiques ?
05:53Des souvenirs heureux, bien sûr, parce que je pense que la vie que j'ai eue pendant toute ma enfance,
05:58il y a peu de gens qui l'ont eue.
06:03Disons qu'en 10 ans, j'ai appris par la vie que j'ai vécue, par les voyages, j'ai
06:08appris ce qu'on apprend dans toute une vie.
06:10Tu regrettes de ne pas avoir rien fait d'études ?
06:13Oui, d'études-là, ça me manque un petit peu. J'ai appris plein de choses, mais je me peux...
06:17De toute façon, on n'apprend jamais tout.
06:19Moi, j'apprends encore plein de choses encore aujourd'hui.
06:21C'est vrai.
06:23Alors, on va revenir à ton début de carrière. Est-ce que tu te souviens le petit rôle que tu
06:27avais dans Les Diaboliques ?
06:28Oui, j'avais 12 ans.
06:30Tu avais 12 ans, c'est un film de Clouseau. C'est tes vrais débuts, ça, pratiquement ?
06:34C'est-à-dire que mes vrais débuts...
06:36Il paraît que tu avais pris des cours de comédien chez Marie Marquet.
06:39Oui, j'avais 14 ans.
06:41Tu te souviens ?
06:41À l'époque, je ne savais pas être chanteur. À l'époque, je faisais des petits balles, des choses comme
06:45ça, pour gagner un peu ma vie, pour payer mes cours de comédie.
06:48Je voulais être comédien.
06:49Ce que peu de gens savent. Beaucoup de gens ont oublié que ta première vocation, c'était de jouer la
06:53comédie.
06:53Absolument. Et j'ai pris des cours avec Marie Marquet au centre d'art dramatique de la rue Blanche, pendant
06:593 ans.
07:00Est-ce que tu te souviens qu'en 55, à Cologne, tu montes sur scène et tu joues à la
07:03guitare, j'ose interdit ?
07:05Avant de chanter du rock'n'roll, j'étais quand même une guitarriste classique.
07:08Alors, moi, mon premier souvenir de toi, c'est Longchrist, le square de la Trinité, le premier club des copains
07:17qui restera à mes copains.
07:18Dutronc.
07:19Qui a été mon guitariste à l'époque.
07:20Oui, mi-t-a ou plus tard.
07:21Et il dit, non, c'était un peu près en même temps.
07:25On avait trouvé un club, on s'est réunis, c'est toujours le samedi et le dimanche, c'était le
07:29golf group.
07:30Le fameux golf, oui.
07:31Marie Leproux.
07:32Et là, j'ai connu Eddy comme ça.
07:34Alors, nous sommes dans les années 53, 54, 55 et il y a deux personnages qui sont déjà sur les
07:39murs de ta chambre et qui resteront des années.
07:42Elvis et James Dean.
07:44Et Brigitte Bardot.
07:45Et Brigitte Bardot.
07:46Alors, James Dean, ça c'est le coup de foot dès que tu vas me voir à l'Est d
07:51'Eden.
07:52Oui, moi j'ai toujours dit que pour moi, le rocker idéal, c'était un chanteur avec la voix d
07:58'Elvis et le physique de James Dean.
08:00À quel moment tu t'es vraiment rendu compte que, un, t'étais une grande vedette, pour ne pas dire
08:05une star, et que t'étais un rouage de la vie économique de l'industrie du disque, j'ose dire.
08:11Je ne sais pas combien de disques tu as vendus, mais ça doit être phénoménal, tu le sais pas toi
08:15-même.
08:15À quel moment tu t'es rendu compte que l'idée, ça rapportait ? Plus tard ?
08:19Quand les gens commençaient à m'entourer, un peu me lâcher.
08:23Mais je ne me suis jamais pris pour une star ou pour une vedette, je veux dire.
08:29Pour moi, ce n'est pas très important.
08:30Ce qui compte, c'est de faire le métier honnêtement, de le faire en aimant.
08:34C'est incroyable.
08:36Moi, je pense très honnêtement que si je n'avais pas ce métier, je ne le ferais pas, j'arrêterais.
08:40Le jour où j'en aurais marre, plutôt que de mal le faire, là, il n'y a pas d
08:44'argent qui compte, j'arrêterais plutôt.
08:46Je ferais autre chose.
08:48Alors, on vient au cinéma, tu as 18 ans, tu as pour partenaire Catherine Deneuve.
08:53Toute la France s'entretient la nuit, et c'est le film d'Allégret, le film à ce qu'est
08:57les parisiennes.
08:58Ça, c'est un souvenir fort pour toi ?
08:59Oui, ma rencontre avec Catherine, c'était quand même assez exceptionnel.
09:03J'étais très amoureux d'elle, j'avais 18 ans, elle en avait à peu près pareil, 17 ou 18.
09:08Je pense que ça nous a marqués pour tout le reste de notre vie.
09:10Quand on se voit, Catherine et moi, on est toujours très très heureux de se voir.
09:14On a une espèce comme ça de compréhension, de tendresse, de complicité,
09:18qu'on ne peut pas avoir avec quelqu'un qu'on ne connaît pas depuis aussi longtemps,
09:21avec les débuts qu'on a eus.
09:32Ça ira ?
09:33Formidable.
09:34Je suis si contente d'être utile à quelque chose.
09:37Ça ne m'arrive jamais.
09:38C'est tout de même pas vous qui allez me remercier ?
09:40Si.
10:09Sous-titrage Société Radio-Canada
10:22Le 15 juin 1963, tu fêtes tes 20 ans au Macacharelle près des Sainte-Marie-de-la-Mer.
10:28Et là, tu rencontres une petite blonde ravissante d'origine bulgare qui est Mademoiselle Vartan.
10:34Non, c'est faux.
10:35Je connais celui depuis avant.
10:37Avant.
10:38Ah oui.
10:39Non.
10:39Tu l'as rencontré ?
10:40La première fois que l'as rencontré où ?
10:42À l'Olympia.
10:42Je sortais à l'Olympia.
10:43Je ne sais plus en première partie de qui.
10:45Je rencontre un gars que je connaissais comme ça.
10:46Je sortais un peu la nuit et je rencontrais une connaissance de moi que j'avais souvent rencontrée à les
10:51boîtes de nuit,
10:52qui était Eddie Vartan.
10:53Eddie.
10:54Et je ne savais pas que c'était le frère de Eddie.
10:57Elle est pas mal, la fille.
10:58Tiens, j'aimerais bien la connaître.
11:00Et il dit, ben écoute, je vais te la présenter.
11:01Il appelle Sylvie, il dit, je te présente ma sœur.
11:03Et il dit, j'étais mal.
11:04C'était une demi-rouge.
11:06À l'époque, c'est très divide.
11:07Et c'est comme ça que j'ai connu.
11:08C'est comme un laléon, oui.
11:12Oh oui.
11:14Ouais, rien ne pourra arrêter mon amour.
11:16Aujourd'hui, je suis prêt à risquer toute ma vie.
11:20Oh oui.
11:22Oh oui.
11:25À plein cœur vers toi, mon amour.
11:27À plein cœur ouvert, toi je tourne.
11:30Oh oui.
11:32Oh oui.
11:34Ouais, je ne sais pas pourquoi et pourtant mes amis.
11:37Je me lance à cœur de joie dans ma folie.
11:40Oh oui.
11:42Oh oui.
12:03À plein cœur vers notre avenir.
12:07À plein cœur, il nous faut partir.
12:09Oh oui.
12:11Oh oui.
12:14Pour mon amour, je suis prêt à me battre.
12:16Aujourd'hui, j'ai attendu ce jour tout de ma vie.
12:19Oh oui.
12:21Oh oui.
12:23Deux ans plus tard, le 12 avril 65, à 10h30, à Loconville, dans l'Oise, devant une compagnie de CRS
12:30qui avait été amenée à la rescousse.
12:31C'est ton premier mariage.
12:35Dévoré par la passion des rythmes bruyants, on ne savait plus très bien si les yéyés avaient un cœur.
12:40Sylvie Vartan et Johnny Hallyday viennent de l'affirmer en unissant leur destinée dans un petit village de l'Oise,
12:45victime d'un rat de marée provoqué par la vague déferlante de tous les coffins.
12:48Cette fois, Sylvie n'a pas raté son entrée.
12:51Et comme à ses débuts, sa gentillesse a frappé l'œil, sinon l'oreille.
12:55Il y a trois ans que leur idylle durait.
12:57Cet idylle a connu des hauts et des bas, vrais ou faux, ainsi que des intermèdes militaires.
13:01Finalement, le sergent Jean-Philippe Smet a dit oui au maire avant de le dire au prêtre.
13:06Johnny Hallyday a si souvent chanté « Quand ce jour-là viendra » que ça devait bien lui arriver un
13:11jour.
13:12« On a représenté un petit peu, Sylvie et moi, le couple pour l'époque, le couple idéal de la
13:18jeune fille sage avec le rockeur un peu plus rebelle, etc. »
13:23« Et c'est vrai que Sylvie reste, c'est toute ma tendresse, tout mon amour. »
13:29« On a un très beau fils ensemble et c'est vrai que Sylvie et moi, on a des rapports
13:32très doux. »
13:34« Comment va Sylvie là-bas ? »
13:36« Sylvie va bien, elle est très fatiguée, elle dort pour l'instant, mais elle va bien. »
13:39« Elle a une accouchement difficile, je crois, non ? »
13:40« Oui, c'est difficile, c'est assez pénible. »
13:43« Bon, et l'enfant ? »
13:44« Ah ben lui, il se porte, c'est le plus fort de tous, je crois. »
13:47« Le plus fort de tous, combien fait-il ? »
13:49« 3,50 kg. »
13:50« Bon, alors le prénom, c'est donc David, il n'y a pas de problème. »
13:52« Tu te souviens de la difficulté d'être à la fois à deux sur l'affiche et marié à
13:56la ville comme à la scène à l'époque ? »
13:57« C'était pas le simple, ça. »
13:58« C'est vrai qu'à l'époque, les filles étaient un petit peu jalouse d'un chanteur qui était
14:02marié et qui... »
14:04« Elles admettaient qu'ils soient mariés, mais de les voir en plus ensemble à la télé ou sur scène...
14:08»
14:08« Ils avaient peur que les fans partent, quoi, c'est ça ? »
14:10« Ouais, mais bon, c'est aberrant parce qu'un chanteur, un acteur, elle a quand même le droit d
14:15'avoir une vie privée et d'aimer quelqu'un. »
14:17« C'est-à-dire qu'on ne peut pas vivre tout seul. »
14:19« Quand on regarde cette maison, on s'aperçoit que c'est une maison qui est faite pour une famille
14:24et qui est faite pour des copains. »
14:26« C'est vrai. »
14:26« C'est une maison où on ne peut pas rester seul ici. C'est fait pour accueillir des gens.
14:30»
14:30« D'abord, moi, je veux bien avoir du monde, sans doute parce que j'ai toujours vécu énormément entouré,
14:34mais pas n'importe qui l'a pris. »
14:36« Ça m'appellera trop un souvenir de quelqu'un qui t'arrête de livrer, d'aller apporter un giscard,
14:45du buller pour le premier mec, 8 jours après, t'avais un redressement officier. »
14:50« Je suis assez fidèle dans l'amitié, c'est-à-dire que mes amis sont mes amis que j
14:55'ai depuis 20 ans, depuis 30 ans, depuis mon enfance. »
14:57« Mais j'aime bien rester un petit peu avec des gens que je connais bien, des gens que j
15:02'aime bien profondément. »
15:03« Et puis, évidemment, la famille, cette fameuse famille que j'arrive jamais à faire. »
15:06T'as rencontré au cours de cette carrière des dizaines de personnes.
15:10T'as rencontré des gens sincères, des gens pas sincères.
15:14Et moi j'ai toujours vu dans ton entourage
15:19une poignée de copains fidèles qui sont toujours là
15:22et aussi une armée de ce que j'appellerais des parasites.
15:26T'en as toujours été conscient ?
15:27Bien sûr.
15:29On n'en parle pas du sang.
15:30C'est-à-dire qu'ils sont là, il faut accepter la vie dès qu'elle est.
15:33Il y a des gens que tu mets à la porte et qui rentrent par la fenêtre.
15:35Bon, ça, ça a tout existé, même dans ton métier.
15:37Je sais par exemple qu'un jour, tu as vu une maison dans la région parisienne.
15:42Il y a un de tes copains qui t'a demandé de l'héberger pour 10 jours.
15:44Paul Gégoff ?
15:45Oui, Paul Gégoff. Il est resté 5 ans.
15:46Paul Gégoff était le dialoguiste de Chavroles.
15:49Et alors un jour, Paul Gégoff te dit ce que tu peux m'héberger.
15:52C'était ma première maison que je m'étais achetée.
15:53C'était une maison à Gros Roure, à côté de mon fort-la-Varille.
15:55Ce que je m'avais fait d'ailleurs acheter Charles Aznavour.
15:59Il me dit que tu peux me prêter de la maison pour 15 jours.
16:01Parce que bon, c'est très, très, très, vraiment très intime avec lui, très amie.
16:04Il y a sa femme, il y a deux enfants, etc.
16:06Et puis bon, je lui dis oui, tu peux m'habiter chez moi, si tu veux.
16:09Et puis 2, 3, 4 mois se passent.
16:12Et puis je dis tiens, que devient Paul ?
16:13Je vais à la soirée pour passer à la soirée avec mon domaine là-bas.
16:16Et c'était rempli de monde.
16:18Toutes les choses étaient occupées.
16:19Donc j'ai mangé avec lui, je suis rentré sur Paris.
16:20Et il a occupé ta maison pendant 5 ans ?
16:22Pendant 5 ans. Et j'ai dû la vendre.
16:24Pour qui part ?
16:24Je l'ai vendu, non, pas pour qui part.
16:26Je l'ai vendu parce qu'elle me sert à faire cette maison.
16:29Alors, puisqu'on est sur ce terrain, la légende dit, et c'est vrai,
16:33parce que je te connais bien, quand on parle de toi,
16:35que tu es la générosité même et que tu n'as aucun rapport passionnel avec l'argent.
16:40Si, j'aime l'argent comme tout le monde.
16:42Oui, mais...
16:43L'argent, pour moi, ça sert à deux choses.
16:45D'abord, ça sert à bien faire vivre ma famille,
16:47c'est-à-dire mon fils, ma fille, la maman de ma fille,
16:51enfin, l'aider en tout cas quand je peux l'aider.
16:53Et puis, ça sert aussi, ça sert à bien vivre, surtout.
16:56Moi, je ne me vois pas du tout un jour
16:58me faire mettre en terre avec de l'argent.
17:00Ça ne me sert à rien.
17:01Autant en profiter, autant rendre les gens qui aiment bien heureux.
17:04On revient au cinéma.
17:07Chercher l'idole.
17:09Ça, c'est un des témoignages du cinéma des années 60.
17:13Oui, je pense que j'ai fait le mieux, mais enfin bon.
17:15Pour toi, ce n'est pas encore le vrai cinéma, ça ?
17:17Non, non, c'était...
17:18À l'époque, on m'appelait toujours trop comme un chanteur au cinéma
17:22et pas comme un lecteur.
17:23Ce qui, d'ailleurs, me faisait du mal à moi.
17:26Est-ce qu'à cette époque-là,
17:27tu te souviens d'avoir eu ce qu'on appelle un trou, un creux de vague ?
17:31J'ai eu, oui, j'ai eu...
17:32À la sortie de l'armée, j'ai eu un énorme trou
17:34qui a duré pendant deux ans.
17:36Et bon, j'avais l'habitude quand même de remplir des salles.
17:38Ça marche... Tu sentais que ça marchait moins bien ?
17:40Je ne sais pas pourquoi.
17:40L'armée m'a donné un trou dans ma carrière.
17:43Dans la vallée de l'Oklahoma
17:45Ton coup de fusil fait mouche toutes les fois
17:49Mais attention, un jour tu finiras
17:52Dans la poussière, les bras en croix
17:56Du trichot jeu et dans l'opée
17:59On te surnomme comme tout le maudit
18:03Mais attention, un jour tu finiras
18:06Dans la poussière, les bras en croix
18:10Alors moi je me souviens d'un trou que tu as eu
18:12C'était l'année qui a précédé Noir, c'est Noir
18:15Tu te souviens ?
18:15Oui
18:16Là qui se blague
18:17Où là tu avais eu un vrai pépin de santé si j'ose dire
18:21Tu étais à l'hosto
18:22Je crois même qu'à l'époque tu t'étais demandé
18:25Si tu n'allais pas mettre fin à tes jours
18:26Tu te souviens de ça ?
18:27Bien sûr
18:27J'étais mal dans ma peau à cette époque-là
18:29Et puis je ne sais pas
18:29Je ne savais pas très bien ce que je voulais
18:32Ça arrive
18:32J'ai eu un moment de déprime
18:33J'ai eu une grosse dépression
18:35C'est mu parce que c'est la vie
18:37Parce que c'est comme ça
18:38Rien n'allait bien dans la vie
18:41Mes spectacles marchaient moins bien
18:43J'en ai moins de 10
18:44J'étais au bord du divorce avec Sylvie
18:47Et il a fait que j'ai eu un an de fou
19:11On arrive en 67 là
19:12À tout casser
19:13On a voulu parler de ce film
19:14Parce qu'à tout casser
19:15C'est la rencontre avec quelqu'un
19:16Qui est dans l'actualité avec toi
19:17C'est Rémi Julienne
19:19Parce que dans la tout casser
19:20Premier film que j'ai fait avec Rémi Julienne
19:21John Berry
19:22Et là c'était les premières cascades
19:24Comme la cascade en moto qu'on a fait
19:57La cascade nous amène à parler de l'importance de tes muscles dans ta carrière
20:03Je t'ai toujours vu moi
20:06Mener à la fois une vie de patachon entre guillemets
20:09Parce qu'on peut faire autrement qu'on fait ce métier
20:11Et à la fois une vie de sportif
20:12Moi je sais que de faire une heure et demie ou deux heures de salle de musculation
20:16On se sait que ça me donne de la pêche le soir pour monter sur scène
20:19Et tu fais ça tout le temps
20:20Comme Belmondo d'ailleurs
20:21Jean-Paul aussi
20:23Depuis 20 ans
20:23On fait du sac de boxe
20:24On fait de la musculation
20:25On fait des abdos
20:26Enfin on fait tout ce qu'on fait
20:28Et bien ça me fait du bien
20:29Mais en plus j'aime bien ça
20:29Au début c'était un peu une corvée
20:31Mais maintenant je me suis habité
20:32Partout où tu vas dans le monde
20:34En tournée par exemple
20:35J'ai un semi-remorque installé en salle de gym
20:37Avec tous les appareils qui sont mis en place
20:51Il a des courage
20:54Mais c'est pas son truc
21:07C'est le numéro du Samud
21:10Allez, allez, allez
21:27Quels sont les rapports que tes ex-femmes ont gardés ?
21:30Avec toi et entre elles ?
21:31Étrangement les femmes que j'ai aimées dans ma vie
21:34Avec qui j'ai vécu
21:34Étrangement elles s'aiment bien
21:36C'était rare
21:39Mais c'est vrai que
21:40Les femmes ont mis en rapport avec moi
21:42Après que pendant
21:43Parce que bon
21:45C'est quand même très très différent
21:47Un homme et une femme
21:47On n'est pas construit pareil
21:49Il faut bien le dire
21:49Au début quand on a une histoire d'amour
21:51Quand on commence une histoire d'amour avec une femme
21:54On leur plaît parce qu'on est comme on est
21:57Quand elles sont avec vous
21:58Elles veulent vous changer
22:00Et quand on fait des efforts et qu'on change
22:01Elles ne vous aiment plus
22:02Parce que vous n'êtes plus eux-mêmes
22:03Que vous qu'elles ont rencontré
22:05C'est très très bizarre
22:06Alors justement
22:08Vivre avec qualité
22:09Ça doit pas être simple
22:12Mais vivre avec Drucker c'est facile ?
22:14Sans doute pas
22:15Il y a des courage Dany
22:16Oui c'est vrai
22:17Il y a tout le boulot que tu fais
22:18C'est vrai mais
22:20Les femmes qui ont voulu te changer
22:22Quelle est celle qui a le plus voulu te changer ?
22:24Toutes
22:25Toutes ?
22:25Elles auraient voulu que tu sois comment ?
22:28Sage
22:28Sobre
22:30Sobre, bourgeois
22:32Le genre de genre d'idéal qu'on présente à sa famille
22:34Et puis quand je fais des efforts
22:36Après je ne suis plus le jojo turbulent
22:40Je dis ce mot là parce que souvent j'ai entendu ça
22:43Le jojo turbulent
22:46Non ce qui est
22:47Là c'est des plaisanteries tout ça
22:48Ce qui est très important
22:50C'est que même si je ne suis plus avec aujourd'hui
22:52C'est toujours des rapports
22:55Amoureux
22:56Tendre
22:58De passion
22:59Il faut bien dire
23:00Parce que sans passion il n'y a pas d'amour
23:03Je ne suis jamais resté fâché avec une fois avec laquelle j'ai vécu
23:08Quand j'étais avec souvent je me suis fâché
23:10Souvent elles se sont fâchées contre moi
23:11Mais jamais après
23:12Qu'est-ce que tu as appris par exemple avec Sylvie ?
23:15La famille
23:16La famille
23:16J'avais rien à penser, rien à faire
23:18J'étais dorleté
23:19Oui
23:19Complètement par Néné, la maman de Sylvie
23:21Par Georges qui était son papa
23:23Qui n'est plus là malheureusement aujourd'hui
23:25Par son frère et Edi qui était un peu comme mon grand frère
23:28J'ai senti cette tendresse, cette générosité
23:33Certainement les gens de l'Est, les Bulgares etc
23:36Et bon c'est vrai que la moussaka de Néné me manque aujourd'hui
23:39Alors quand on se moque de toi
23:43Comme je le vois de temps en temps, je vais citer Canal par exemple
23:46Ça te fout pas en pétard ?
23:49Moi pas vraiment, non
23:50Ce qui me gêne énormément
23:54On en a déjà parlé tous les deux
23:55C'est surtout par rapport à mes enfants
23:57Surtout à ma fille qui a 8 ans
23:58Qui va à l'école
23:59Quand elle va dans la cour de récréation avec ses petits camarades
24:02Ah voilà la fille de Hacker
24:03Je veux dire ça ne lui fait pas plaisir
24:05Ça me bouleverse quelque part
24:07Et ça me fait mal quelque part par rapport à elle
24:09Pas par rapport à moi
24:10Moi je m'en fous
24:10On a dit de toute façon tellement de choses de moi
24:13Depuis 25 ans
24:14Que bon
24:16Je le prends pas
24:17Je le prends plutôt
24:17Au début je trouvais ça marrant
24:19Mais je trouve que les histoires drôles
24:21Les plus courtes sont les meilleures
24:23Ça traîne un peu en longueur
24:25Moi ce qui me gêne le plus
24:26Ce que je trouve cruel
24:27Tu vois c'est que
24:28Ça te fait passer pour un connard
24:29Et ça te fait passer pour un demeuré
24:30Alors que nous savons tous
24:33Qu'on fait pas une carrière comme la tienne
24:35En étant justement un personnage un peu primate comme ça
24:37Comment se fait-il que très souvent
24:39Quand on parle de toi
24:40On dit oui Johnny
24:41Il faut pas qu'il l'ouvre
24:42Alors que depuis une heure
24:44Tu l'ouvres et ça va très bien
24:47Par sortibilité peut-être
24:48Parce que d'abord quand j'ai commencé ce métier
24:49J'avais 16 ans
24:50Faut bien le dire
24:50J'ai commencé très jeune
24:51Et j'étais très malédivement
24:54Très tenu
24:55J'étais paniqué à l'idée d'une interview
24:58A l'idée de monter sur scène
24:59A l'idée de faire une télé
25:00J'étais paniqué
25:00Il y avait des complexes quoi
25:01Et à l'époque je travaillais avec Donnie Stark
25:05Non pas des complexes
25:06Mais d'appréhension, de peur
25:09On veut toujours me piéger
25:11Et Johnny Stark me disait toujours
25:12Moi tant dit mieux c'est
25:14Maintenant bon ça va
25:16J'ai passé le cap
25:17Maintenant je peux parler
25:19Je peux dire ce que je pense aux gens
25:21Ouvertement
25:21Ce que je ne devais pas faire
25:22Il y a quelques années
25:23Bien sûr
25:24On vient à ta carrière
25:25En 1970
25:26Il y a un metteur en scène
25:28Qui t'a confié un vrai rôle
25:29Qui est un copain à toi
25:30Qui s'appelle Robert Hossel
25:31C'était Point de chute
25:32C'est mon premier vrai rôle au cinéma
25:34En tant qu'acteur
25:35Et pas en tant que chanteur
25:37A l'écran
25:49Descend les mains en l'air
25:50Fais pas le con
25:51Ça te mènera rien
25:52Rédi les mains en l'air
25:53Plus vite
25:58Mais en fait tu veux tout faire louper ou quoi ?
26:00Ordure
26:00En gueule
26:01Tournez-vous les mains en murs
26:02Je suis pas armé
26:03Je m'en fous
26:03Les mains en murs
26:04Allez
26:05Vas-y
26:12Descends-toi
26:14Bah qu'est-ce que t'attends
26:19Tire-toi
26:20Tire-toi
26:20Avant que je change d'avis
26:22Alors après Point de chute
26:23Il y a une rencontre importante
26:24Moi j'étais là d'ailleurs
26:25J'avais un minuscule rôle
26:27J'annonçais le
26:28Le kidnapping du pape
26:30Et celui de Johnny
26:31C'était l'aventure
26:32C'est l'aventure
26:32Ah oui
26:33De Claude Loulouse
26:34De Loulouse
26:34L'aventure
26:37C'est l'aventure
26:40Elle est pareille à l'amour
26:43Elle est en moi pour toujours
26:46Oui pour toujours
26:49Loulouse a dit à l'époque
26:50Qu'il avait été fasciné
26:51Parce que t'étais la plus grande star du film
26:54Et t'étais le plus discret
26:57C'est en 72
26:58Pas l'oublier
26:58Ou là 72
26:59C'était déjà le top
27:01Mais
27:02T'aurais aimé retourner avec lui
27:03Bien sûr
27:04Mais je suis discret
27:06Parce que je considère
27:07Que c'est pas la peine
27:07De faire du bruit
27:08Quand il faut pas en faire
27:09Et que bon
27:10On est des gens comme tout le monde
27:12Et qu'on
27:13J'ai tourné avec des grands comédiens
27:15J'ai fait des spectacles
27:16Avec des grands chanteurs
27:18Que j'admirais beaucoup
27:19Qu'ils soient français
27:20Qu'ils soient américains
27:21Etc
27:22Et que je considère
27:24Qu'il faut garder sa place
27:25Tu sais moi j'ai toujours vu
27:27Des choses qui m'ont
27:28Qui m'ont émerveillé
27:29Dans ma vie
27:30C'est que
27:30Les stars américaines
27:32Plus elles étaient grandes
27:33Plus elles étaient discrètes
27:34Et plus elles étaient humbles
27:36Et je crois que finalement
27:37Ce sont les petits
27:37Qui font beaucoup de bruit
27:38Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs
27:39Bonjour
27:40Un grand titre dans l'actualité
27:41De ce matin
27:42Johnny Hallyday
27:42Depuis hier soir
27:43On était sans nouvelles du chanteur
27:44On sait maintenant
27:45Qu'il s'agit d'un enlèvement
27:46Mais oui
27:47L'enlèvement sans doute
27:48Le plus incroyable
27:48De ces dernières années
27:49Bien entendu
27:50Comme nous
27:50Vous vous posez un certain nombre de questions
27:52D'abord pourquoi Johnny Hallyday
27:53S'agit-il d'un rap politique
27:55Ou d'un enlèvement classique
27:56Formidable, ça démarre très bien
28:00J'ai jamais vu des titres pareils
28:04Depuis la mort du général
28:05Quel général ?
28:07Bugeau
28:08Tiens Johnny
28:12Le monde
28:13Les fans de Johnny
28:15Ont juré de le retrouver
28:16Ils vont te retrouver
28:18Ici
28:20Alors pourquoi Johnny ?
28:23Pourquoi ?
28:23Pourquoi Johnny ?
28:24Mais oui, pourquoi ?
28:26Combat
28:27Johnny Hallyday
28:28Racte politique
28:30Formidable
28:32Formidable
28:34Faut parler pas de nord
28:40Le porteur
28:42Alors je t'ai demandé tout à l'heure
28:44Ce que Sylvie t'avait apporté
28:46Tu m'aides d'une famille
28:47Nathalie t'a apporté des choses importantes
28:49Elle est la maman de Laura déjà
28:51La maman de ma fille
28:52Ça c'est déjà exceptionnel
28:54Donc déjà il y a une énorme tendresse entre nous
28:56Ça s'est bien passé ?
28:57Oui très bien
28:57C'est une petite fille
28:59Qui pèse 3,950 kg
29:03Elle s'appelle Laura
29:04Ah voilà
29:05Laura
29:08Il y a tant d'hommes que je ne suis pas
29:13Il y a tant de phrases qu'on dit
29:17Que je ne te dirai pas
29:23Laura
29:25J'aurais tant d'apprendre de toi
29:30Tous ces mots tendres qu'on sait
29:35Moi je ne les sais pas
29:37J'ai poussé
29:41Car mon respire
29:44Sans abri
29:45Ni foi
29:47Ni loi
29:49Ce qui m'a fait vivre
29:52Est-être en moi
29:56Des caresses
29:59Et des sourires
30:02J'ai souvent
30:03Passé mon tour
30:06Je n'ai jamais appris
30:09A donner
30:11Tant d'amour
30:15Oh, oh, Laura
30:18Nathalie professionnellement
30:19Elle m'a énormément amené
30:20Surtout du côté crédibilité cinéma
30:21Cinéma, oui
30:22Et je crois que le film
30:23Que j'ai fait d'ailleurs avec Godard
30:24A été le début de ma vraie carrière
30:27Si on ne pas fait ça une carrière
30:28Parce que c'est maintenant
30:29Que je la fais ma carrière
30:30Quelque chose chez Johnny
30:32De solitaire
30:33Quelque chose il a
30:34Enfin, mon âge ou moins
30:37Enfin, pour moi
30:38Il a mon âge
30:38Eh bien, je
30:40Je suis heureux
30:42Et je pensais
30:43Qu'il allait
30:44Qu'il allait bien
30:47Johnny
30:47Ben, ben, il y a quelque chose
30:48De très bien
30:49Quelque chose qui me plaisait
30:49C'est qu'il écoutait
30:50Il écoutait le son
30:52Après
30:54Donc moi
30:54Je n'avais pas besoin
30:55De l'écouter
30:55Car lui-même
30:56L'écoutait
30:56Et si ça lui
30:58Et rien que ça
30:59C'était quelque chose
31:00Il n'y a aucun acteur
31:01En France
31:02Qui écoute le son
31:03Ça, c'était quelque chose
31:05Qui était très bien
31:06Et que ça valait le coup
31:07Et ça vient de la musique
31:09Ça
31:10C'est aussi joli
31:12On fait noir
31:15N'est-ce que une belle femme
31:16M'appelle-toi
31:17Bien sûr
31:17Je veux que dans la salle
31:19Les gens entendent
31:20Le même son
31:20Que moi j'entends sur scène
31:23Godard te dirait
31:24Pourquoi t'envoies
31:26Des appareils
31:27Alors que tu pourrais
31:28Le faire tout seul
31:30Qu'est-ce que tu veux répondre
31:31À ça
31:31Alors moi
31:32Je vais te répondre
31:32Ce qu'il va te répondre Godard
31:34Pourquoi tout simplifier
31:35Alors que c'est si facile
31:36De te compliquer
31:39Ce matin je les ai croisés
31:41Dans le hall
31:41Un vieux distingué
31:42Avec une petite poupée horrible
31:45Sur le moment
31:46J'ai cru que c'était des clients
31:49On a tous de la famille
31:51J'en ai fait partie
31:53Un peu
31:55Enfin pas vraiment
32:01Enfin un peu
32:03C'était en 82
32:0483
32:07C'était ça
32:08Tous tes voyages en Italie
32:09Mais non
32:11Je te jure
32:12Que je ne l'ai jamais vu
32:15On appelait le comptable
32:25Il y a une échéance
32:26Que je n'ai pas pu rembourser
32:27À la date prévue
32:31À côté les banques
32:32C'est des anges
32:34À la banque de l'Europe du Nord
32:35Je peux vous dire
32:37Ouais mais c'est les pays de l'Est
32:39Alors dans le ciné star
32:40Que tu as vu
32:41Que nous avons consacré
32:42À Nathalie
32:42Nous sommes allés tourner
32:43Dans un endroit
32:43Que tu connais bien
32:44Qui est la Creuse
32:46Voilà ce qu'elle nous a dit
32:47Je trouve que Godard
32:48L'abord l'a bien filmé
32:49Je trouve qu'il était
32:50Remarquable dans le film
32:51Il avait une espèce
32:52De vérité comme ça
32:54Mais il y a un instinct
32:55Il y a une intelligence
32:56Magnifique
32:57Au niveau de son travail
32:58Il sait prendre là où il faut prendre
32:59Mais je trouve que Johnny
33:01Il a une chose absolument incroyable
33:03C'est que par moments
33:04Il a fait un peu n'importe quoi
33:05Mais lui on lui pardonne tout
33:07Il passe toujours à travers les goûtes
33:08Il passe à travers
33:09C'est un état de grâce formidable
33:13Mais l'univers de Johnny
33:15C'est un univers
33:16Qui n'est pas l'univers
33:17Des autres personnes
33:18A vous autres hommes faibles et merveilleux
33:20Qui mettez tant de grâce
33:22A vous retirer du jeu
33:25Il faut qu'une main posée sur votre épaule
33:27Vous pousse vers la vie
33:29Cette main tendre et légère
33:32On a tous quelque chose en nous
33:36De Tennessee
33:38Cette volonté de prolonger la nuit
33:41Ce désir fou de vivre une autre vie
33:46Ce rêve en nous avec ses mots à lui
33:52Quelque chose de Tennessee
33:56Cette force qui nous pousse vers l'infini
34:01Il y a peu d'amour avec tellement d'envie
34:05Si peu d'amour avec tellement de bruit
34:11Quelque chose en nous de Tennessee
34:29Ainsi vivait Tennessee
34:32Le cœur en fièvre et le corps démoli
34:36Avec cette formidable envie de vivre
34:42Ce rêve en nous c'était son cri à lui
34:47Quelque chose de Tennessee
35:05Comme une étoile qui s'éteint dans la nuit
35:09A l'heure où d'autres s'aiment à la folie
35:14Sans un éclat de quoi et sans un prix
35:18Sans un seul amour, sans un seul ami
35:23Ainsi disparue Tennessee
35:29On revient à ta carrière
35:31Il y a un film qui m'avait laissé un bon souvenir
35:33De Costa Garbaz, c'est Conseil de famille
35:35Moi je connaissais Costa Garbaz
35:36Parce que j'aimais beaucoup
35:37Z, Laveu
35:39Laveu, surtout Laveu
35:40J'ai adoré Laveu
35:42Et bon c'est vrai que quand
35:43Je m'étais fait au préal de la hanche d'ailleurs
35:45Quand il venait me proposer de faire le film
35:48Et le détective venait de sortir
35:50Puis il est venu me voir l'hôpital
35:51C'est à l'hôpital Cochin
35:52Et il m'a dit écoutez
35:54Je vais faire ce film
35:55Voilà le bouquin
35:56Je verrai le scénario dans 15 jours
35:57J'aimerais beaucoup que ce soit vous qui le fassiez
35:59Parce que je ne vois que vous
35:59Si vous ne le faites pas
36:00Je ne vois pas qu'il autre pourrait le faire
36:02Ça m'a touché parce que c'est quelqu'un
36:04Nous respecte beaucoup
36:04C'est un grand metteur en scène
36:06Et je crois que le film
36:07Ce n'est pas trop mal passé
36:08Un père a le devoir d'assumer un rôle déplaisant
36:10Pour le bien de son fils
36:12Et c'est la plus belle preuve d'amour
36:14Qu'on puisse donner
36:14Mais il est majeur
36:15Toi tais-toi
36:17C'est un conseil de famille ou quoi ?
36:19Si on ne peut même plus parler
36:20Parler de quoi ?
36:22D'une loi imbécile qui permet d'abandonner
36:24Ses enfants à 18 ans ?
36:26Ici la loi c'est moi
36:27Si vous l'envoyez droguer
36:28Vous êtes ridiculisés auprès de l'organisation
36:30L'organisation ne tient pas compte du ridicule
36:33Nous étions si bien à l'avant
36:36On était des espèces de serruriers
36:37Et maintenant ?
36:39Et maintenant nous allons être des criminels
36:41La violence est déjà dans cette maison
36:43Voyons France
36:43Tu es admirable
36:44Tu veilles sur nous
36:45Tu es le ciment et le vin de notre famille
36:47Toi si tu nous interromps
36:49Tu files dans ta chambre
36:51Ton affection t'aveugle
36:52Mais où est la violence ?
36:54La violence Louis
36:55C'est de l'envoyer là-bas contre son gré
36:57C'est insensé
36:58François n'est pas dans son état normal
37:00Regarde-le
37:01C'est maintenant qu'il a l'air drogué
37:02Je dirais même engouté
37:04C'est donc à moi de décider à sa place
37:06Libération avait écrit à propos de toi
37:07Bien qu'il ait 40 ans
37:09Il est aussi beau qu'à 20 ans
37:10Quand tu te regardes dans la glace
37:11Le matin ou le soir
37:13Ça dépend des heures
37:13Tu te trouves plutôt bien conservé
37:16Non ?
37:18Non ?
37:18C'est un entretien constant
37:19C'est vrai ?
37:21Non je crois que
37:22Je crois que c'est dans la tête
37:24Moi je connais des hommes de 20 ans
37:26Qui sont dans leur tête
37:27Beaucoup plus vieux que moi
37:28Ou plus vieux que Delon
37:29Ou Benondo
37:30Il y a un film là
37:31Qu'on a noté
37:32Parce que moi je garde un bon souvenir de ce film
37:34Qui n'a pas bien marché
37:35Mais qui a été une énorme machine pour toi
37:37Qui était le film de Pierre-William Glenn
37:39Terminus
37:40Oui
37:40La triste vérité
37:41Il faut bien dire une chose
37:42C'est que les films
37:43A gros budget
37:45Et d'action
37:46En France
37:46On n'a pas les moyens
37:47De les faire vraiment assez bien
37:49C'est à dire qu'un film
37:50Qui coûte 5 ou 6 milliards de centimes
37:53Normalement il en faudrait 20 en 25
37:54Comme font les américains
37:55Le seul problème vient de là
37:56C'est pas qu'on n'a pas le talent
37:58C'est qu'on n'a pas les moyens
38:00De les faire
38:00C'est tout
38:10Quoi ma gueule ?
38:13Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?
38:17Quelque chose qui ne va pas
38:20Elle ne te revient pas
38:23Oh je sais que tu n'as rien dit
38:28C'est ton oeil que je prends au mot
38:31Souvent à ce regard je vis
38:35Pour vous planter mieux qu'un couteau
38:39On revient à la télé
38:40Et la télé va nous ramener au cinéma
38:42D'abord Lanski
38:44Série télé diffusée par Antenne 2 en 88
38:47Là tu étais le flic perfecto et Kawa
38:50Avec Hervé Palude
38:52Et là c'est Fechner
38:54Depuis quelques années
38:55Depuis 5 ou 6 ans
38:56On retrouve souvent le nom de Christian Fechner
38:57Derrière toi
38:58Qui est un des plus grands producteurs
38:59Du cinéma français
39:00Il faut le préciser
39:00C'est un homme généreux
39:01C'est un homme formidable
39:02C'est un homme qui aime les acteurs
39:04Moi j'aime bien travailler avec les gens
39:05En qui j'ai confiance
39:06Et que j'aime bien
39:09À toi !
39:23Sous-titrage Société Radio-Canada
39:26Sous-titrage Société Radio-Canada
39:27Sous-titrage Société Radio-Canada
39:43Sous-titrage Société Radio-Canada
39:46Sous-titrage Société Radio-Canada
40:03Sous-titrage Société Radio-Canada
40:26Sous-titrage Société Radio-Canada
40:28Sous-titrage Société Radio-Canada
40:55Sous-titrage Société Radio-Canada
40:58Sous-titrage Société Radio-Canada
41:19Sous-titrage Société Radio-Canada
41:21Sous-titrage Société Radio-Canada
41:46Sous-titrage Société Radio-Canada
41:58Sous-titrage Société Radio-Canada
41:59Sous-titrage Société Radio-Canada
42:25Sous-titrage Société Radio-Canada
42:28Sous-titrage Société Radio-Canada
42:48Sous-titrage Société Radio-Canada
42:50Sous-titrage Société Radio-Canada
43:03Sous-titrage Société Radio-Canada
43:11Sous-titrage Société Radio-Canada
43:12Sous-titrage Société Radio-Canada
43:18Sous-titrage Société Radio-Canada
43:28Sous-titrage Société Radio-Canada
43:30Sous-titrage Société Radio-Canada
43:33Sous-titrage Société Radio-Canada
43:34Sous-titrage Société Radio-Canada
43:35Sous-titrage Société Radio-Canada
43:36Sous-titrage Société Radio-Canada
43:39Sous-titrage Société Radio-Canada
43:40Sous-titrage Société Radio-Canada
43:43Sous-titrage Société Radio-Canada
43:44Sous-titrage Société Radio-Canada
43:46Sous-titrage Société Radio-Canada
43:46Sous-titrage Société Radio-Canada
43:49Sous-titrage Société Radio-Canada
43:50Sous-titrage Société Radio-Canada
43:51Sous-titrage Société Radio-Canada
43:52Sous-titrage Société Radio-Canada
43:55Sous-titrage Société Radio-Canada
44:00Sous-titrage Société Radio-Canada
44:01pendant longtemps, tu ne l'as plus vu, quoi, David.
44:03C'est vrai que j'étais toujours en tournée.
44:05J'étais, disons, sept ou huit mois
44:07en tournée par an, ce qui représente quand même
44:09beaucoup de routes et beaucoup de kilomètres
44:11en voiture. Mais j'ai des rapports avec David
44:13comme mon meilleur ami. C'est-à-dire que c'est mon fils,
44:15il a le respect de son père.
44:17Moi, j'ai le respect de mon fils,
44:19mais en même temps,
44:21on se parle librement. Moi, ce qui doit toujours
44:23s'y dirait chez les Américains, c'est
44:25les rapports des fils avec leur père,
44:27ça se bande toujours
44:28à se serrer la main. Ils ne s'embrassent pas.
44:32Et ça, ça m'a...
44:33Comment on peut ne pas embrasser son fils ?
44:35Moi, quand je vois mon fils, je suis...
44:37Je sais pas, je suis le papa à la vie,
44:39j'ai l'impression de ne pas lui raléer mon jour.
44:41Alors, la petite Laura, moi, je l'ai vue sur le tournage au Portugal.
44:43Elle est venue te voir. Elle est également
44:46bien protégée par
44:47Nathalie, qui a la tête sur les épaules.
44:49C'est pas un papa classique.
44:51C'est pas un papa classique, mais c'est un bon papa.
44:53Il aime vraiment sa fille et sa fille, il aime beaucoup.
44:55C'est très joli ce qu'il y a entre eux.
44:56Alors, elle, elle est plus petite, si elle est encore...
44:59Elle a huit ans, mais c'est déjà une petite femme.
45:00Si je rentre dans sa chambre, par exemple, où elle sort du bain,
45:02où elle n'a pas de slip, elle me dit
45:04« Oh, papa, enfin, tu vas sortir de la chambre. »
45:06Franchement, je suis pas habillé.
45:08Mais ça me fait rire.
45:10Johnny, notre entretien touche à sa femme.
45:12Comment t'imagines les 10 ou 15 ans qui vont venir ?
45:15Alors là, mon vieux, j'en sais rien.
45:17Si un jour, j'ai plus envie de faire ce métier
45:19pour des raisons personnelles, ou ça m'excite moins,
45:21ou je suis aussi bien ici.
45:23Parmi tous ceux que t'as beaucoup aimé,
45:25qui sont plus là,
45:26quel est celui ou celle qui te manque le plus ?
45:29Est-ce que, par exemple, quelqu'un comme Mort Schumann
45:30te manque beaucoup ?
45:31Oui.
45:32Parce que je sais que t'avais un rapport très particulier avec lui.
45:34Oui, oui, on était amis intimes.
45:36J'avais chez Yves et chez moi.
45:38On était en joie tous les jours.
45:40Coluche aussi.
45:41Coluche.
45:42Je crois que ce sont les deux personnes
45:43qui me manquent le plus.
45:44Johnny, je te remercie.
45:45On va terminer par un bouquet de chansons.
45:48Et puis, on te souhaite bonne chance pour la gamine.
45:50J'espère quand même qu'on va l'aider ensemble.
45:51Oui, on va l'aider ensemble.
45:53Salut, Jéjou.
46:21Sous-titrage Société Radio-Canada
46:37C'est parti.
Commentaires

Recommandations