- il y a 1 jour
Les débats de l'été avec Yasmine Desvignes, co-fondatrice et gérante d'une ferme à Le Porge en Gironde (« La ferme à la plage » / Dr François Turmel, président du Syndicat national des médecins esthétiques (SNME), médecin morphologue et anti-âge à Rennes
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NewsTranscription
00:00C'était Noémie Alioua.
00:01Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur Sud Radio.
00:04Installez-vous confortablement, prenez un café, allumez la clim si besoin.
00:07Nous allons passer les trois prochaines heures ensemble.
00:10Appelez-nous, la ligne est grande ouverte au 0826 300 300, 0826 300 300.
00:16Vous pouvez aussi nous rejoindre sur sudradio.fr, sur Facebook, Instagram, X, TikTok.
00:20Pour poser vos questions, partager vos témoignages ou simplement donner votre avis.
00:24Ici, c'est chez vous et ce matin, nous allons parler de cette bonne nouvelle.
00:27Les incendies sont de manière générale sous contrôle dans notre pays.
00:31Ce sont les mots de notre Premier ministre Sébastien Lecornu dans la tribune dimanche.
00:35L'actualité, ce sont ces gros incendies en Gironde et dans l'eau qui sont désormais fixés.
00:39Les pompiers poursuivent le nettoyage des points chauds.
00:41Et le plus important, quasiment toutes les personnes évacuées ont pu rentrer chez elles.
00:45Habitant comme vacanciers, la très grande majorité est de retour à domicile.
00:49Alors dites-nous, est-ce que vous avez pu vous-même rentrer chez vous ?
00:52Vous êtes encore inquiet avec cette chaleur ?
00:54Est-ce que vous avez des proches qui ont été évacués ?
00:56Racontez-nous vos vacances, racontez-nous comment vous avez vécu cette situation,
01:00comment vous viviez actuellement ces retours chez vous au 0826 300 300.
01:06Appelez-nous.
01:07Et puis ce matin, on reviendra aussi sur cet appel qui fait beaucoup réagir.
01:10Ces praticiens qui dénoncent ces actes esthétiques réalisés par des personnes sans compétence médicale.
01:155000 médecins sortent du bois dans une tribune au parisien.
01:18Ils tirent la sonnette d'alarme, des injections, des soins esthétiques,
01:21des interventions pratiquées par des gens qui n'ont aucun diplôme, aucune compétence médicale.
01:26Sur Instagram, dans des cabinets improvisés, parfois même dans des appartements,
01:30on injecte, on pique, on transforme et on risque la mort.
01:33Deux jeunes femmes sont déjà en 4 mois, les médecins ne mâchent pas leurs mots.
01:36Ils parlent de marchands de mort et ils interpellent directement la ministre de la Santé.
01:40Combien de morts faudra-t-il encore, madame la ministre ?
01:43Écrivent-ils, selon eux, près de 40% des injections esthétiques en France seraient aujourd'hui réalisées par des non
01:48-médecins.
01:49Alors on vous pose la question cash, faut-il durcir la réglementation ?
01:53Plus de contrôles, plus sanctions, plus de sanctions ?
01:55Vous êtes peut-être concerné, vous êtes mécien, chirurgien esthétique,
01:58vous avez déjà été tenté d'aller vous faire injecter moins cher chez quelqu'un qui n'est pas médecin.
02:02On veut votre avis, on veut vos témoignages, on veut du vrai.
02:05Appelez-nous tout de suite au 08-126-300-300, 08-126-300-300 et c'est parti, on est
02:11ensemble sur Sud Radio.
02:14Les débats de l'été, Noémie Alioua.
02:17Et notre premier sujet du jour, c'est donc le soulagement mais aussi l'inquiétude de celles et ceux qui
02:21peuvent enfin rentrer chez eux après les incendies.
02:24Les incendies reculent mais la vigilance reste de mise en giron, le méga-feu redemeure stable
02:29et les habitants du Cap-Ferret et du Porche peuvent regagner leur domicile dès aujourd'hui.
02:34Et parmi eux, parmi eux, Yasmine Devigne. Bonjour Yasmine.
02:38Bonjour.
02:39Vous êtes cofondatrice et gérante d'une ferme à Le Porche en Gironde.
02:43Yasmine, racontez-nous déjà ce matin, vous avez pu réintégrer la ferme, vous allez peut-être pouvoir la réintégrer dans
02:48l'après-midi.
02:49Racontez-nous comment est-ce que vous vivez cette situation et cette avancée pour vous.
02:56Alors, Le Porche et l'Age, on ne peut les réintégrer qu'à partir de 14h aujourd'hui
03:01et pas tous les endroits sont réintégrables parce qu'il y a des endroits où encore avec des points chauds.
03:07Et aussi au Porche, il y a des champs d'obus qui ont été découverts à cause des feux.
03:13Donc, certains quartiers ne sont pas encore accessibles.
03:17C'est ça. Et donc, vous vous préparez à partir de 14h peut-être à pouvoir rentrer chez eux.
03:21Est-ce que vous êtes inquiète, justement ?
03:26On est moins inquiets.
03:28Ce qui va être plus difficile, c'est de découvrir et de vivre au milieu des cendres.
03:33On va essayer de remettre un peu de vie et d'aider les personnes qui ont été le plus touchées.
03:38Il y a des voisins autour de chez vous qui ont été touchés ?
03:41Oui, oui. Par exemple, un restaurant, c'était des amis qu'ils tenaient, le Calitus qui a complètement brûlé.
03:49Il ne reste vraiment plus rien.
03:51La forêt autour de nous, les champs autour de nous, il n'y a plus rien.
03:57La ferme et les habitations de notre route sont OK, mais il y a d'autres routes qui n'ont
04:02pas eu cette chance-là.
04:03Est-ce qu'il y a eu des organisations entre les habitants du coin pour s'entraider, pour s'apporter
04:08de l'aide, justement, vis-à-vis de ceux qui ont vu, peut-être, leur maison brûlée, qui ont perdu
04:14des choses dans ces incendies ?
04:16Oui, là, il y a énormément de dons et de collectes qui se font.
04:22Auporge, ils récupèrent donc vêtements, tout ce qui peut être utile aux personnes qui ont tout perdu.
04:29Il y a donc des collectes aussi pour la faune sauvage, aussi pour les centres équestres qui ont dû évacuer,
04:37et la ferme aussi.
04:39La ferme, justement.
04:40Et il y a eu aussi pendant le...
04:44Excusez-moi, je me suis perdu, je suis avec la fatigue.
04:46Je vous en prie.
04:49Il y a eu aussi des tournées pendant que le porche n'était pas accessible pour les animaux, des bénévoles
04:56et des gens de la mairie qui tournaient pour donner à manger aux chats.
04:59Aux poules et autres animaux qui n'ont pas pu être récupérés.
05:04Vous parlez de votre fatigue. Est-ce que vous pouvez nous raconter comment vous avez vécu vous-même ces derniers
05:08jours ?
05:08Comment est-ce que votre quotidien a été bousculé ?
05:11Comment est-ce que vos habitudes ont dû s'adapter à cette nouvelle situation autour de vous, à cause de
05:16ces méga-feux ?
05:20Alors, oui, on est fatigué.
05:22C'était normal, on ne dormait pas les premiers jours.
05:24Le sommeil est encore un peu compliqué, surtout qu'au début, le feu a été déclaré le mercredi et le
05:33porche a été évacué dès le mercredi soir.
05:35Et on a eu, nous, pour la ferme, donc on a énormément d'animaux à bouger.
05:42Et on a très peu de vent ou de bétaillères.
05:46On a fait appel à des gens pour venir nous aider, mais les routes pour venir aux porches ont été
05:50très vite bloquées.
05:51Et on n'a pas pu récupérer tout le monde le premier soir.
05:55Heureusement qu'on a pu y retourner dès le jeudi, grâce à certaines routes qui n'étaient pas bloquées, pour
06:01récupérer le reste des animaux.
06:03Et après, quelques animaux sont très durs à attraper, notamment nos cochons qui sont sur plusieurs mètres carrés,
06:10enfin sur 500 mètres carrés, qui sont un peu sauvages,
06:14qui ont dû rester à la ferme, on était très inquiets pour eux.
06:20Vous nous dites qu'il y a des animaux que vous avez pu embarquer avec vous pour les protéger loin
06:24des feux,
06:25mais qu'il y a des animaux comme les cochons qui ont dû rester sur place,
06:28et donc que vous avez eu beaucoup d'inquiétudes vis-à-vis d'eux.
06:31Oui, on avait tout ouvert, donc tout était ouvert, ils pouvaient fuir s'il y avait besoin,
06:37on a des marres, on a fait ce qu'on pouvait, on a essayé de les récupérer plusieurs fois,
06:45mais c'était vraiment difficile, il était vraiment trop difficile,
06:50donc oui, on a dû laisser un déchirement à chaque fois, mais c'était vraiment pas possible.
06:56Oui, il ne s'agit pas non plus de se mettre en danger, ça n'est pas de se mettre
06:59en danger.
06:59Donc vous nous disiez qu'à partir de 14 heures, vous allez pouvoir regagner tout simplement votre maison,
07:03votre ferme, et que vous êtes finalement partagé entre l'enthousiasme et l'inquiétude,
07:09comment est-ce que vous allez organiser les prochains jours ?
07:14Donc les prochains jours, on va essayer de ramener les animaux petit à petit,
07:19ce qui est toute une logistique, qui est entre les faits de les rentrer dans les camions,
07:22refaire les enclos, retrouver de la nourriture pour eux,
07:25et on a quelques amis qui vont venir nous aider,
07:29on va aussi essayer d'aider le plus possible les copains qui ont été touchés,
07:35les habitants du Porche,
07:38et on va faire revivre le village, on est obligés.
07:43Et c'est ça, et donc vous vous organisez avec les habitants,
07:46avec ceux qui ont perdu des choses, ceux qui n'en ont pas perdu,
07:50et donc vous vous organisez pour essayer de faire en sorte que le quotidien redevienne celui qu'il a été
07:57?
07:58Oui, on voit déjà quelques oiseaux revenir,
08:00qui étaient complètement partis,
08:04et on n'attend plus que la végétation reprenne,
08:07et aujourd'hui, comme de par hasard, il pleut enfin.
08:11C'est un signe du ciel pour vous, c'est ça, le fait qu'il pleuve le jour de votre
08:14retour ?
08:17Oui, oui, ça fait un retour de frais, de vie,
08:21ça fait plaisir.
08:23On attendait la pluie.
08:25Et est-ce que vous êtes inquiète ?
08:26Est-ce que vous êtes inquiète tout simplement qu'il y ait un retour de ces feux ?
08:30Est-ce que vous pensez que vous allez continuer finalement à craindre ?
08:35Que vous allez continuer à ressentir une forme d'angoisse vis-à-vis de ce qui pourrait de nouveau se
08:39reproduire ?
08:41C'est sûr.
08:42Après, autour de nous, il n'y a plus grand-chose à brûler,
08:45mais oui, l'angoisse est toujours présente.
08:47On faisait déjà de la prévention avant, avec les personnes qui passaient à la ferme,
08:51et puis on est assez...
08:53Même le port, les offices de tourisme faisaient de la prévention à ce niveau-là,
08:57mais l'angoisse, elle sera toujours présente.
08:59Tant que les moyens ne sont pas déployés pour pouvoir arrêter des méga-feux comme ça,
09:06tant qu'il n'y a pas des végétations plantées qui sont moins inflammables que le pain et les fougères,
09:14enfin oui, l'inquiétude sera toujours présente.
09:16Et puis les sécheresses qui sont de plus en plus présentes aussi.
09:20C'est ça, des moyens qui pourraient être mis en place pour pouvoir faire en sorte que ça ne se
09:25reproduise pas.
09:26Donc ces moyens, vous venez de les évoquer brièvement.
09:29Est-ce que vous attendez des nouvelles mesures pour justement faire en sorte que dans les années qui viennent,
09:34ça ne se reproduise pas ?
09:38Oui, on attend les mesures.
09:41Elles étaient déjà attendues après 2022, elles n'ont pas eu lieu,
09:43donc on a de l'espoir, mais est-ce qu'on y croit ? Je ne sais pas.
09:48S'il y avait une mesure que vous pourriez demander aujourd'hui à l'État,
09:50ce serait laquelle ? La plus importante, la plus primordiale pour vous ?
09:54Alors déjà, plus de canadaires, plus de moyens pour les pompiers.
09:59Je pense que ça, ce serait déjà primordial.
10:03Plus de canadaires.
10:05Et peut-être plus de moyens aussi pour accompagner aussi les pompiers sur le terrain, j'imagine ?
10:11Oui, c'est ça.
10:13Est-ce que vous-même, vous avez pris des décisions récemment pour protéger davantage votre ferme pour les années qui
10:19viennent ?
10:20Est-ce que vous réfléchissez à des façons d'adapter un petit peu votre ferme dans son infrastructure,
10:26dans ce que vous avez l'habitude de faire pour que les années qui viennent soient moins inquiétantes pour vous
10:32?
10:35On va essayer de revoir le plan d'évacuation, mais sous la panique.
10:39Les plans d'évacuation, on essaie de faire au mieux, mais il y a toujours des imprévus.
10:46Donc on va quand même essayer de revoir nos plans d'évacuation.
10:50On débroussaillait déjà.
10:52On avait nos asperceurs un peu partout.
10:55Je ne sais pas.
10:56En fait, déjà l'avenir, pour nous, on ne sait pas trop ce qu'on va faire.
10:58Donc on verra.
10:59Écoutez, merci beaucoup.
11:00Merci Yasmine.
11:01On vous souhaite un bon retour chez vous, un bon retour à la ferme,
11:04où vous allez pouvoir enfin vous occuper de vos cochons qui sont restés sur place.
11:08Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio.
11:11Voilà, et dans un instant, on reçoit François Turmel pour un tout autre sujet.
11:14Messins esthétiques, président du syndicat national des messins esthétiques.
11:17Et on va parler de ces injections hors de tout contrôle.
11:20A tout de suite sur Sud Radio.
11:23Les débats de l'été, Noémie Alioua.
11:2610h15 sur l'antenne de Sud Radio.
11:27On poursuit notre tour de l'actualité avec ces injections esthétiques hors de tout contrôle.
11:32Des produits injectés dans le visage par des personnes qui n'ont jamais mis les pieds dans une fac de
11:36médecine.
11:36Et oui, des cabinets sauvages, des lives Instagram, des tarifs cassés
11:40et des patientes qui se retrouvent à l'hôpital de décès en 4 mois.
11:44Une mobilisation massive de médecins qui n'en peuvent plus
11:46et une question qui devient urgente.
11:49Jusqu'où laissera-t-on faire ?
11:50Est-ce que vous, d'ailleurs, vous feriez confiance à quelqu'un sans diplôme médical
11:53pour vous injecter quelque chose dans le visage ?
11:56Appelez-nous pour nous raconter ça.
11:58En tout cas, on en discute ce matin avec mon invité.
12:01Bonjour François Turmel.
12:03Bonjour.
12:04Bonjour, vous êtes médecin, vous êtes président du Syndicat National des Médecins Esthétiques
12:08et vous avez signé cette tribune ?
12:11Oui, bien sûr, oui.
12:13Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi est-ce que vous avez décidé de sortir du bois maintenant ?
12:19On ne sort pas du bois maintenant.
12:21Ça fait des années qu'on alerte les pouvoirs publics sur ce type d'exercice.
12:25Donc, ça fait à peu près une dizaine d'années, si vous voulez, qu'on alerte.
12:29Mais aujourd'hui, ça a pris une dimension tout autre.
12:33C'est un véritable enjeu de santé publique.
12:35Ça se développe partout.
12:37Et par définition, si vous voulez, comme ce sont des injecteurs,
12:40ou plutôt des injectrices,
12:41des injectrices, puisqu'il s'agit essentiellement de femmes,
12:44clandestines, c'est très difficile de les identifier.
12:46Donc, si vous voulez, on peut les identifier,
12:48on peut les sanctionner qu'une fois que la cliente,
12:53celle qui est allée les voir, porte plainte.
12:56Sinon, c'est très compliqué de les identifier.
12:58Il faudrait mettre en place des réseaux, si vous voulez,
13:00de surveillance pour pouvoir retirer les offres illégales
13:05qui correspondent à l'exercice illégal de la médecine.
13:08Oui, on les voit beaucoup sur les réseaux sociaux, d'ailleurs.
13:11Ces annonces, ces personnes qui annoncent, justement,
13:13qui font des propositions de tarifs très intéressants,
13:17à des prix cassés,
13:18et qui font des propositions, justement, d'intervention esthétique.
13:21Alors, justement, si vous voulez,
13:23le problème, c'est que ces personnes-là
13:25échappent à toute réglementation, évidemment.
13:28Au niveau marketing, je vois marketing,
13:31entre guillemets, très bien fait,
13:33si vous voulez, avec des photos à voir après
13:34qui sont très alléchantes pour celles,
13:36en général, très jeunes,
13:38qui voient ces photos sur les réseaux,
13:40avec des tarifs attractifs, etc.
13:43Donc, c'est très difficile, si vous voulez,
13:45pour un médecin, à la limite,
13:47de concurrencer ce type d'activité.
13:50Donc, la seule façon,
13:52c'est de les démanteler.
13:53Mais comment démanteler, si vous voulez,
13:54des filières, des réseaux
13:57dont on ne connaît pas l'existence ?
13:59C'est la grande difficulté, je pense,
14:01pour les pouvoirs publics.
14:02Les sanctions, elles existent.
14:03Les sanctions, c'est 30 000 euros,
14:06pour exerciser les guerres de la médecine,
14:07c'est 30 000 euros d'amende,
14:08deux ans de prison.
14:10Jusqu'à présent,
14:11les peines prononcées étaient ridicules
14:13par rapport à ce que je vous annonce.
14:15Alors, évidemment, aujourd'hui,
14:16on se retrouve avec deux cas.
14:18Celui de Villeurbanne,
14:19il y a quatre mois,
14:20un décès à Villeurbanne,
14:21et là, un décès à Nice.
14:23Mais le décès à Nice,
14:24finalement, la patiente,
14:25elle n'a même pas eu d'injection.
14:27Elle est décédée
14:28suite à un malaise vagal
14:29qui n'a pas été pris en charge,
14:31puisque la personne,
14:32si vous voulez,
14:32c'est une esthéticienne,
14:35si j'ai bien compris,
14:36une esthéticienne
14:36dans un salon d'esthétique,
14:37avec une tierce personne
14:38qui est partie,
14:39qui a vu que la personne
14:40faisait un malaise vagal.
14:42Et comme elle n'a aucune formation,
14:43même pas une attestation,
14:44si vous voulez,
14:45de formation gestes
14:46et soins d'urgence de niveau 1,
14:49elles n'ont rien.
14:49Donc, si vous voulez,
14:50le problème,
14:51c'est que la personne
14:52fait un malaise vagal,
14:53le malaise vagal
14:54n'étant pas pris en charge
14:55parce qu'elle n'est pas médecin,
14:57ça débouche,
14:58si vous voulez,
14:58sur un arrêt cardio-respiratoire.
15:01Et quand les urgences arrivent,
15:03la personne, malheureusement,
15:05n'est pas réanimable.
15:06Ça, c'est Nice.
15:08Vous avez des mots très forts
15:09dans cette tribune, justement.
15:11Vous parlez de marchands de mort.
15:12On parle donc de ces deux jeunes femmes
15:14qui sont mortes en quatre mois.
15:15Vous venez de nous expliquer
15:15l'un des cas.
15:17Qu'est-ce que vous proposez
15:18comme mesure
15:18pour éviter que ça se reproduise,
15:20pour qu'il y ait des mesures
15:22qui soient plus fortes,
15:23pour éviter qu'il y ait
15:24une excroissance
15:25de ce genre de propositions
15:26sur les réseaux sociaux ?
15:28Alors, comme mesure,
15:30je vous dis,
15:30c'est difficile,
15:31les mesures,
15:32parce qu'elles ne sont pas identifiables.
15:34Autant, si vous voulez,
15:34c'est facile
15:35de faire une régulation,
15:36de prendre des mesures
15:37quand c'est une profession
15:39réglementée,
15:39comme la profession
15:40de médecin,
15:40d'avocat ou autre.
15:42Par contre,
15:43pour des gens
15:43dont on ne connaît pas
15:44l'existence,
15:44c'est très compliqué.
15:45Donc, ce que nous,
15:46on a déjà proposé
15:47au ministère
15:48il y a déjà un an ou deux,
15:49c'est qu'ils mettent en place
15:50une grande campagne
15:52d'information
15:52et de sensibilisation
15:54du public,
15:54si vous voulez,
15:55sur tous les jeunes,
15:56donc via les réseaux sociaux.
15:58Mais cette campagne
15:59d'information,
16:00moi,
16:01je n'ai pas eu de retour.
16:02Apparemment,
16:02ça n'a pas été validé
16:04par le cabinet
16:05parce que manque d'argent,
16:07apparemment.
16:08Mais à mon avis,
16:09ce serait la première
16:09des choses à faire,
16:11sensibiliser,
16:12informer le grand public
16:13et surtout les jeunes,
16:15donc via les réseaux sociaux,
16:16du danger
16:17de ces injections
16:19clandestines
16:19faites par des non-médecins,
16:21non-habilités,
16:22non-formés,
16:22enfin bon,
16:23bref,
16:23tout ce que vous avez dit
16:24en préambule.
16:25Et vous croyez
16:25qu'une campagne
16:26de sensibilisation
16:27pourrait vraiment
16:28faire changer les choses
16:29parce qu'on sait
16:29quel est l'argument
16:30de ceux qui vont
16:31plutôt dans ces cabinets-là
16:32plutôt que dans des cabinets
16:33de médecins esthétiques.
16:35C'est souvent tout simplement
16:35le coût financier
16:37parce que ce sont
16:37des prix cassés.
16:39Non,
16:39mais si vous avez
16:40d'autres propositions,
16:41moi je suis preneur.
16:42Non,
16:43vous connaissez sans doute
16:44mieux le sujet,
16:45mais c'est vrai que...
16:46mais c'est les autres solutions.
16:48Bon,
16:48c'est renforcer les sanctions,
16:50on peut toujours
16:50renforcer les sanctions,
16:51mais moi je ne suis pas...
16:53C'est au juge
16:54à ce moment-là,
16:55si vous voulez.
16:55Alors,
16:56effectivement,
16:57les deux personnes,
16:59celle de Lyon
17:00et celle de Nice
17:01qui sont en cause,
17:03vont être poursuivies
17:04pour homicide à mon nom de terre.
17:05Donc là,
17:06les sanctions,
17:06si vous voulez,
17:06vont dépasser
17:07bien évidemment
17:08les sanctions prévues
17:09par le code pénal
17:11pour l'exercice
17:11à l'égard de médecine
17:12puisqu'il y a homicide involontaire.
17:14Mais sinon,
17:15autrement,
17:15si vous voulez,
17:15je vous dis,
17:16les sanctions sont ridicules.
17:17Donc on peut toujours demander
17:18effectivement
17:19que les sanctions
17:19soient renforcées,
17:21soient durcies.
17:21Mais le problème,
17:22c'est que ce n'est pas nous
17:23qui sommes juges.
17:24Et quand on sait
17:25qu'il n'y a pas de place
17:26en prison,
17:26je ne vois pas comment
17:27on va mettre
17:27ces jeunes femmes esthéticiennes
17:29en prison.
17:30Ben bon.
17:30Donc ça,
17:31c'est la première des fautes.
17:32Démanteler
17:33les filières d'approvisionnement,
17:34ben oui,
17:34mais il faut les démanteler,
17:36il faut pouvoir les identifier.
17:39c'est anarchique,
17:41c'est partout en France,
17:43ce n'est pas uniquement
17:43dans les grandes agglomérations,
17:45vous en avez même
17:46dans des petites villes
17:47de campagne.
17:48Donc c'est très,
17:49très compliqué.
17:49En plus,
17:50si vous voulez,
17:50elles exercent en général,
17:52c'est ce qu'on appelle
17:53le nomadisme,
17:53elles les exercent
17:54une fois dans une grande ville,
17:55une autre fois dans une autre
17:56grande ville,
17:56avec un numéro de téléphone
17:58qui change, etc.
17:59Parce que quand elles ont
17:59des soucis,
18:00moi ça m'est arrivé
18:00avec une patiente,
18:02la patiente a eu un souci,
18:03elle a essayé de joindre
18:05celle qui lui avait injecté
18:06dans les nefs,
18:06ce n'était pas très grave,
18:08moins une esthétique,
18:08des boules, etc.
18:09Évidemment,
18:10ce n'était pas le résultat escompté.
18:12Elles se renouer au téléphone
18:13ne répondaient plus,
18:14vous voyez.
18:14Donc c'est très compliqué.
18:16Ensuite,
18:17informer massivement,
18:18et puis renforcer
18:20la surveillance des réseaux sociaux,
18:21il faudrait mettre
18:22des gens derrière
18:23les écrans, etc.
18:25Quand on voit la difficulté
18:26déjà dans le narcotrafic
18:28ou dans la pédocriminalité,
18:30je vois mal,
18:31les fonctionnaires,
18:32aujourd'hui,
18:32c'est un travail.
18:33Ça c'est sûr,
18:34mais justement,
18:34dans les questions
18:35de narcotrafic
18:36ou de pédocriminalité,
18:38les criminels
18:38ne s'affichent pas
18:39au grand jour.
18:40Or là,
18:41toute la différence,
18:41c'est quand même
18:42qu'il y a une promotion
18:43de ce trafic-là,
18:45il y a une promotion
18:45sur les réseaux sociaux,
18:46sur Instagram,
18:47sur TikTok.
18:48Est-ce que peut-être
18:48qu'une collaboration
18:49avec justement
18:50ces grandes plateformes
18:52qui permettraient
18:52d'identifier assez facilement
18:53finalement
18:54tous ceux qui font
18:55des propositions
18:56de ce genre de services,
18:57ça pourrait être
18:58aussi une piste
18:59à envisager ?
19:01Ah oui,
19:02si il y a une décision,
19:03si il y a une loi
19:04qui permet effectivement
19:05le retrait rapide
19:06des offres illégales,
19:07ce type d'offres illégales,
19:09mais encore,
19:09faut-il que quelqu'un,
19:11si vous voulez,
19:11les identifie ?
19:13Alors,
19:14ça peut être effectivement
19:14sur dénonciation,
19:16c'est pour ça qu'à mon avis,
19:17si vous voulez,
19:17il faut quand même déjà
19:18qu'il y ait une grande campagne
19:19d'information,
19:20de sensibilisation,
19:21et au moins que les patients,
19:24les clientes,
19:25si vous voulez,
19:25qui vont dans ce type
19:27de structure,
19:28ce n'est même pas
19:28des structures,
19:29souvent c'est dans
19:30une chambre d'hôtel,
19:31un appartement,
19:32lorsqu'elles ont
19:33des effets secondaires,
19:35les déclarent,
19:36mais souvent,
19:36elles ont honte,
19:37si vous voulez,
19:37des effets secondaires,
19:38sauf quand c'est grave,
19:40quand c'est une nécrose,
19:41quand c'est une nécrose,
19:42là,
19:42elles sont obligées
19:43d'aller aux urgences,
19:43donc forcément,
19:44aux urgences,
19:45là,
19:45c'est identifié,
19:46après,
19:47il y a une procédure
19:47de déclaration,
19:48quand elles décèdent,
19:49malheureusement,
19:49heureusement que
19:50ce n'est pas,
19:50c'est rarissime,
19:53lorsqu'elles décèdent,
19:54évidemment,
19:54elles ne vont pas déclarer,
19:55mais bon,
19:56tout ça pour vous dire
19:57que c'est compliqué,
19:58c'est compliqué.
19:58Oui,
19:59vous parlez des nécroses,
20:00on parle des conséquences
20:01aussi assez graves
20:01sur la santé
20:02de certaines utilisatrices,
20:03et peut-être une question
20:04un peu plus technique,
20:05c'est-à-dire,
20:06est-ce que ce sont
20:07les mêmes produits
20:07qui sont utilisés
20:08par ces injectrices-là
20:10que par les médecins
20:11esthétiques,
20:12est-ce que ce sont
20:12les mêmes produits,
20:13est-ce que c'est plutôt
20:13de la contrefaçon ?
20:16Alors ça,
20:16c'est pareil,
20:17moi,
20:17je n'en sais rien,
20:19les services de police
20:20qui font des descentes
20:21dans cet établissement-là,
20:22on peut penser que oui,
20:23vu les tarifs pratiqués,
20:26vu les tarifs pratiqués
20:27par rapport à ce que nous
20:28on pratique,
20:29si vous voulez,
20:29a priori,
20:30ce ne sont pas
20:30les mêmes produits,
20:31mais ça arrive
20:32que ce soit
20:33les mêmes produits,
20:33si vous voulez,
20:34elles peuvent très bien
20:35commander les mêmes produits
20:36que ceux qu'on a,
21:14sont effectivement,
21:16non ?
21:16Là, c'est pareil,
21:17c'est un marché clandestin,
21:18c'est le darknet,
21:19je ne sais pas,
21:20mais bon,
21:21nous,
21:23le syndicat national
21:23du médecin esthétique,
21:24si vous voulez,
21:25notre action s'arrête
21:26là où c'est l'action
21:28qui doit être prise
21:29en crise
21:30par les pouvoirs publics,
21:31par la DGS,
21:32les ARS,
21:33puis la DGCCRF,
21:34tous ces organismes
21:35qui sont censés
21:36contrôler tout ça.
21:37Effectivement,
21:38il n'y a pas de traçabilité.
21:39On a bien vu
21:40dans les reportages
21:41que les femmes
21:42qui ont été victimes
21:43de ça
21:43ne savent même pas
21:44ce qu'on leur injecte.
21:45On ne leur dit pas
21:47je vous injecte tel produit
21:48avec tel numéro de l'eau.
21:49Nous,
21:49quand on injecte un produit,
21:50il y a le numéro de l'eau,
21:51il y a une traçabilité.
21:53Déjà,
21:54il y a un devis,
21:55enfin bref,
21:56il y a un consentement éclairé,
21:57tout ça,
21:58c'est écrit.
21:58Là,
21:58il n'y a rien d'écrit,
21:59il n'y a pas de consultation préalable.
22:01On est dans l'exercice,
22:03il y a la médecine,
22:04le plus abjecte qu'il soit.
22:06Et justement,
22:06est-ce que vous êtes en contact
22:07peut-être avec certains députés
22:08qui sont prêts
22:09à faire bouger les choses,
22:11peut-être
22:11qui réfléchissent déjà
22:12à une proposition de loi
22:13dans l'avenir ?
22:14Une proposition de loi,
22:16pour l'instant,
22:16il y a des décrets,
22:18des arrêtés,
22:18mais c'est surtout
22:20axé pour l'instant
22:21pour réglementer,
22:22si vous voulez,
22:23la profession de médecin esthétique.
22:26Donc,
22:26pour l'instant,
22:27il n'y a pas de projet
22:29à ma connaissance,
22:29mais bien sûr,
22:30je connais énormément
22:31de députés ou de sénateurs
22:35qui réfléchissent,
22:35tout le monde réfléchit
22:36à la question.
22:37Et au ministère aussi,
22:38ils y réfléchissent,
22:39ils ne sont pas non plus
22:41complètement
22:42hermétiques
22:42à ce type
22:43de débats de société.
22:45Ils se rendent bien compte,
22:46c'est un véritable enjeu
22:47de santé publique.
22:48Oui,
22:49et tout ça,
22:49c'est vraiment démocratisé
22:50justement avec le développement
22:51de la chirurgie esthétique
22:53qui,
22:53il y a encore quelques années,
22:54était réservé
22:55à une certaine élite.
22:56C'était les stars de Hollywood,
22:58c'était les grandes personnalités
23:00du cinéma.
23:01Mais ces dernières années,
23:02ça s'est totalement démocratisé
23:04et aujourd'hui,
23:04il n'est pas rare
23:05de voir des jeunes femmes,
23:06même très jeunes,
23:07se faire des injections
23:08dans les lèvres régulièrement.
23:10ça s'est complètement démocratisé,
23:13c'est devenu quelque chose
23:14de presque banal aujourd'hui.
23:15C'est aussi un changement d'époque,
23:17ça aussi.
23:17C'est-à-dire qu'il va falloir
23:18s'adapter aussi
23:20à ce changement
23:21des habitudes.
23:23Alors que vous le dites,
23:24il y a un changement,
23:25il y en a qui dira
23:27un changement de paradigme,
23:28c'est beaucoup plus littéraire.
23:31mais c'est évident
23:32que les jeunes
23:32sont très demandeuses,
23:33un petit peu moins.
23:35Il y a eu vraiment
23:37une période,
23:38si vous voulez,
23:38où les jeunes,
23:38les très très jeunes,
23:4018 ans,
23:40il fallait qu'elles soient majeures,
23:41du moins dans un cabinet médical,
23:45pouvaient accéder
23:46à ce type de nom.
23:46Un petit peu moins,
23:47semble-t-il,
23:48maintenant.
23:48C'est vrai que les lèvres,
23:50c'est la zone anatomique
23:51la plus demandée
23:52par les jeunes,
23:53c'est clair.
23:54Et maintenant,
23:55le problème aussi
23:56d'injecter,
23:58pour augmenter le volume
23:59des fessiers,
24:00c'était le cas,
24:02si j'ai bien compris,
24:02de celles qui étaient à Nice,
24:04elles devaient se réinjecter
24:05des fessiers.
24:06On est compte,
24:08ces filles-là,
24:09elles n'ont qu'une notion
24:11du risque,
24:11mais c'est de l'insouciance,
24:13de l'inconscience.
24:15C'est un changement d'époque,
24:17un changement de paradigme.
24:18Merci beaucoup.
24:19Merci docteur.
24:20Merci François Tourmel.
24:21Merci à vous
24:22de reléquer tout ça.
24:23On a bien entendu
24:23votre appel
24:24à plus de réglementations
24:25dans les actes
24:26de chirurgie esthétique.
24:27On est bien sur Sud Radio,
24:29il est 10h28
24:30et dans un instant,
24:31comme vous en avez l'habitude,
24:32vos grands débats de l'été,
24:33les chroniqueurs approchent,
24:35ils entrent,
24:36ils s'installent
24:36autour de la table,
24:37ils sont tout prêts.
24:38On va notamment parler
24:39de la crise migratoire
24:40à Ceuta,
24:41ses effets politiques,
24:42l'Europe a-t-elle encore
24:43des frontières ?
24:44A tout de suite
24:44sur Sud Radio.
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