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  • il y a 23 heures
Retrouvez notre soirée spéciale « Reprise de l'incendie et sautes de feu dans le Var », présentée par Brigitte Boucher, sur BFMTV, ce vendredi 31 juillet 2026.

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00:0121h, presque 21h, la suite de notre édition spéciale c'est avec Brigitte Boucher sur BFM TV.
00:07Réécoutez l'un des extraits du point presse du préfet du Var qui parle une nouvelle fois d'une situation
00:14très tendue.
00:152500 personnes ont dû être évacuées dans le département. Écoutez-le.
00:20La situation dans le Var est à nouveau très tendue.
00:23Il y a eu un phénomène de rafale de Mistral avec des vents orageux qui ont attisé les braises encore
00:31incondescentes.
00:32Vous savez que le feu était fixé mais non encore maîtrisé et encore moins éteint.
00:36Et la reprise a été d'une très forte virulence en direction de villages qui avaient été déjà éprouvés.
00:43Le village de Corrance, le village de Montfort-sur-Argence.
00:47Et donc nous avons dû à nouveau procéder à des évacuations de tout l'habitat dispersé en dehors des cœurs
00:54de villages à Corrance, à Montfort-sur-Argence, au nord de la commune du Val et à l'ouest de
00:59la commune de Carces.
01:01Ça représente près de 2500 personnes qui ont de nouveau pris le chemin de centres de regroupement.
01:07Nous avons des points très difficiles. Le village de Corrance est complètement isolé avec des routes qui sont toutes barrées
01:12puisque l'incendie a dévalé les pentes et a coupé tous les axes d'accès à ce village.
01:19Nous sommes en train de rétablir ces axes pour retrouver un accès au village où la population est confinée, où
01:25le téléphone passe et où il n'y a pas de victimes.
01:28Et j'ai pu joindre la mer. La situation est à ce stade rassurante.
01:34Nous avons aussi d'importants verrous qui sont tenus par les sapeurs-pompiers pour éviter que le feu qui progresse
01:42dans un axe nord-ouest vers le sud-est n'embrase des montagnes et des massifs forestiers plus importants encore
01:50que ceux qui ont été parcourus depuis le milieu de la journée.
01:53Nous sommes à 1000 hectares parcourus depuis 13h30 qui s'ajoutent aux 4500 hectares qui avaient été parcourus par le
02:00feu du gros baissillon.
02:04Bonsoir à tous et bienvenue dans BFM Grand Soir.
02:06Nous sommes ensemble jusqu'à minuit avec une édition encore largement consacrée aux incendies avec cette reprise dans le Var.
02:13Reprise d'une très forte virulence, indique le préfet ce soir.
02:181000 hectares déjà brûlés depuis 13h30.
02:21Le feu fixé il y a trois jours a redémarré, attisé par le Mistral.
02:26Vous le voyez, 700 pompiers luttent contre les flammes avec des nuages de fumée impressionnants qui envahissent le ciel varrois.
02:342500 personnes ont été évacuées à Corinse, Montfort-sur-Argent et Château Vert.
02:39Dans le même temps, on gironde.
02:40La situation s'améliore un peu.
02:42Le feu n'est pas encore fixé mais en progresse, dit la préfète.
02:45200 000 personnes ont pu regagner leur habitation.
02:48On va décrypter ce soir ces deux points chauds.
02:52Les équipes de BFM TV sont évidemment sur place.
02:54Vous allez aussi entendre des élus, des témoignages et puis le décryptage de nos experts en plateau.
02:59On va tout de suite prendre la direction de Corinse dans le Var.
03:02Benoît Ruiz, vous êtes sur place avec Flavio Noriga.
03:06La situation s'est fortement dégradée dans l'après-midi et le feu prend de l'ampleur ce soir.
03:14Alors oui, le feu prend de l'ampleur mais il pleut actuellement sur ce village de Montfort-sur-Argent où
03:25nous sommes.
03:25Alors on ne sait pas si ça va être une grosse pluie ou ça va être seulement quelques gouttes
03:29mais actuellement il pleut un peu sur la zone où nous sommes où les pompiers sont en train d'éteindre
03:37les points chauds
03:39autour de ce champ de vigne et de cette maison que vous apercevez au fond là-bas dans les fumées.
03:46Ben voilà, ça va être un travail de fourmi toute la nuit avec des pompiers au sol
03:51qui vont tenter d'endiguer la progression de ce feu qui a été très rapide tout à l'heure.
03:57On a pu voir des vidéos que nous ont montré certains pompiers, ça a été d'une violence inouïe.
04:03Ils se sont pour certains retrouvés au milieu des flammes alors qu'il n'y avait rien 5 minutes avant
04:11et ça a été vraiment une situation très très tendue.
04:15Le feu a gagné la colline et descendu sur Montfort-sur-Argent avant de prendre la direction de Cotignac.
04:22Donc deux communes ravagées, Corinth et Montfort-sur-Argent qui avaient déjà été touchés par l'incendie du Gros-Bessillon.
04:314 700 hectares étaient partis en fumée et un autre incendie avait également eu lieu en même temps que celui
04:36du Gros-Bessillon
04:37sur la commune de Corinth, 500 hectares partis en fumée.
04:41Donc là voilà encore une nuit bien longue pour les pompiers qui vont devoir s'attacher à éteindre les moindres
04:49reprises de feu.
04:51Vous pouvez voir sur ces images, donc voilà ça va être ce travail de fourmi que les pompiers vont devoir
04:57effectuer tout au long de la nuit.
05:00Merci Benoît Ruiz donc à Montfort-sur-Argent commune évacué ce soir.
05:05Anthony Ferry, merci d'être avec nous spécialiste du climat pour BFM TV.
05:12Cette pluie là qui commence à tomber, c'est une aubaine ou pas pour la région ?
05:17Alors Brigitte, cette pluie est très légère puisqu'elle n'est même pas détectée sur les radars que l'on
05:22utilise.
05:23Donc c'est sans doute une petite bruine qui peut-être malheureusement, enfin peut-être heureusement permettra au feu de
05:31se contenir.
05:33Malheureusement, elle va très rapidement s'estomper puisqu'en fait les orages que l'on attend aujourd'hui sont bien
05:38éloignés du Var.
05:40Et puis demain, il va faire extrêmement chaud, le temps annoncé est extrêmement sec.
05:43On ne voit pas de pluie significative parce que même s'il pleut, il pleuvra peut-être un ou deux
05:48millimètres.
05:49Mais on ne voit pas de pluie significative sur ce département précis avant mercredi.
05:54Mais ce que l'on voit, ce sont des températures extrêmement chaudes.
05:57Rappelons-le, le Var est en alerte orange pour la canicule, 39 de l'heure attendue par exemple demain.
06:02Mais surtout, Brigitte, des vents qui vont se maintenir à une quarantaine de kilomètres par heure jusqu'à mercredi,
06:09exception faite de dimanche où pour le vent, les conditions seront plus favorables pour les pompiers.
06:14Parce qu'Anthony, c'est bien le Mistral qui a attisé ce feu aujourd'hui depuis le début d'après
06:19-midi sur place près de Corinse.
06:21Pour le début d'après-midi, effectivement, vous avez raison, c'est bien le Mistral.
06:24Alors c'est un vent effectivement de terre assez sec qui a permis justement à ce feu de prendre extrêmement
06:30rapidement.
06:30Mais en fait, il a légèrement changé de direction au fur et à mesure de l'après-midi pour devenir
06:35un vent d'ouest.
06:36Et donc un vent un petit peu plus marin, un petit peu plus humide.
06:39C'est peut-être ce qui a permis au feu de perdre un petit peu en intensité et en vitesse.
06:45Mais malheureusement, pour les prochains jours, ce sera le retour du Mistral en début d'après-midi aussi.
06:49Il va donc vraiment falloir surveiller cela.
06:52Voilà, avec cette quatrième vague de chaleur qui arrive depuis mercredi et qui est là et qui va prendre de
06:57l'intensité ce week-end.
06:59Colonel Boulanger, merci d'être avec nous.
07:021000 hectares brûlés depuis 13h30.
07:05C'est considérable ?
07:07Oui, c'est important.
07:08On voit que la propagation du feu a été très rapide parce que la végétation est sèche, nous le savons,
07:15parce que le vent s'est levé, un vent asséchant et donc il a fallu mettre beaucoup de moyens très
07:22rapidement.
07:22Le préfet Duvar a rappelé l'importance des moyens aériens sur ce feu.
07:27Les moyens terrestres également, 700 sapeurs-pompiers qui sont à pied d'œuvre depuis le début de l'après-midi.
07:34Et ce travail va continuer au sol pendant toute la nuit.
07:37D'une part pour protéger les populations, c'est notre mission première, nous sapeurs-pompiers.
07:43C'est aussi de faire des défenses de points sensibles dans notre jargon.
07:47Cela veut dire simplement protéger ici une habitation, ici un commerce, ici un hameau,
07:54de manière à protéger les personnes et les biens.
07:57Et puis continuer bien sûr la lutte contre le feu puisque notre objectif, c'est d'enrayer la propagation de
08:03ce feu.
08:04C'est le fixer le plus rapidement possible et donc les 700 sapeurs-pompiers qui sont là,
08:10Duvar mais aussi des départements voisins parce que c'est une solidarité interdépartementale nationale
08:16qui s'organise, s'est organisée depuis quelques jours pour justement venir à bout du sinistre le plus rapidement possible.
08:23On va retrouver le maire de Pont-Evez, Franck Panizzi, c'est de cette commune qui est partie le feu
08:30le 21 juillet,
08:31celui qui vient de se réveiller aujourd'hui, donc dans le Var.
08:35Franck Panizzi, comment vous vivez ce nouveau départ ?
08:39450 hectares, 4500 hectares sont déjà partis en fumée en une semaine et là ce sont 1000 hectares supplémentaires.
08:49Oui, tout à fait. Dans l'après-midi, on a eu le vent qui a fait des reprises.
08:54Donc au sud de l'incendie que nous avons connu à Pont-Evez, les communes de Montfort, de Corrance,
09:00qui ont été lourdement impactées, également un peu sur Château-Vert.
09:03Alors nous, on reste très concentrés sur ce qui se passe du côté de Hameau, de Pépin, de Saint-Père.
09:10Voilà, mais le feu est basculé au point que le PC de commandement qui était à Pont-Evez a quitté
09:17Pont-Evez
09:17pour rejoindre Carcès, pour stratégiquement être au plus près.
09:22Le Mistral attise toujours le feu parce qu'on parle de…
09:26Là, c'est bon. Là, actuellement, au moment où on se parle, je me suis mis dehors pour vous le
09:32constatiez,
09:32mais il n'y a plus de vent. Le vent est tombé, c'est même nuageux, ce qui est encourageant.
09:40Je ne sais pas si vraiment il va pleuvoir, mais en tout cas, le vent est nul, très faible.
09:47Le dispositif est très important, c'est rassurant pour vous ?
09:53Complètement, complètement, parce qu'on a fait…
09:56Bon, nous, on a servi de base arrière pendant tout l'événement, depuis le mardi, là.
10:00Donc ça fait quand même beaucoup.
10:02On a fait 1 500 repas le midi, 1 500 repas le soir, pendant énormément de jours.
10:07Donc voilà, je peux, moi, confirmer, attester qu'il y avait 1 500 pompiers tous les jours.
10:17Merci, Franck Panisi.
10:18Donc, maire Les Républicains, Nouvelle-Égénérgie de Pont-et-Vest, dans le Var, d'où était parti ce feu, cet
10:23incendie, le 21 juillet dernier.
10:25On va retrouver Rodolphe à Montfort-sur-Argent.
10:28Vous êtes un habitant de cette commune, commune évacuée aujourd'hui.
10:34Où vous trouvez-vous, là, ce soir ?
10:38Là, actuellement, on est à côté de la Pépinière.
10:41On est quand même évacuée, mais on est toujours à Montfort, avec la vue sur la crête qui brûle, juste
10:47en face.
10:48Donc vous n'êtes pas Rodolphe, mais merci d'être avec nous ce soir.
10:54Décrivez-nous ce que vous voyez, là, sur place.
10:58Énormément de flammes, avec pas vraiment d'amélioration, même si les hélicoptères passent, mais ça ne change pas grand-chose,
11:05on va dire.
11:06Vous êtes tous regroupés ? Il y a de la solidarité entre habitants ?
11:11Oui, c'est ça, on est tous là. On est quand même pas mal d'habitants à regarder ce qui
11:18se passe devant nous.
11:19Et on est un peu impuissants, on peut juste regarder et prier que ça ne descende pas aux maisons en
11:24bas.
11:25Vous êtes inquiète, évidemment, pour votre habitation ?
11:28Moi, je ne suis pas en dessous.
11:32Ce n'est pas ma maison qui est en dessous sur la crête.
11:35La mienne, elle est loin, mais il y a celle de mon copain qui n'est pas loin avec son
11:38papa.
11:39D'accord, vous êtes tous ensemble, vous êtes regroupés, là, ce soir, inquiets, quand même ?
11:46Franchement, oui, on peut être évacués dans des salles, mais on veut absolument rester ici pour voir si les maisons
11:54brûlent et, on va dire, se soutenir.
11:57Les pompiers, vous les voyez à pied d'œuvre ou vous êtes trop loin, là, du feu ?
12:04On est trop loin, on voit juste des gyrophares un peu loin.
12:08Il y a des policiers qui sont en bas, vers le stade, juste là-bas.
12:14On voit juste les gyrophares, mais sinon, on ne les voit pas à l'œuvre.
12:16On voit deux hélicoptères qui passent, mais ça ne fait pas vraiment grand-chose.
12:21Donc, il y a effectivement six hélicoptères bombardiers d'eau qui sont mobilisés, mais aussi huit Canadair, deux DASH.
12:28Vous voyez, vous, ces moyens aériens importants depuis le début de l'après-midi ?
12:35Dans l'après-midi, oui, on les a vus, mais là, actuellement, pas du tout.
12:39Il y a juste deux hélicoptères et c'est tout.
12:41Parce que la luminosité est moins importante.
12:46Comment vous avez été prévenu ? Comment ça s'est passé ? Comment vous l'avez appris ?
12:51Au début, on a juste vu de notre maison le feu qui a démarré dans la commune voisine.
12:56Au début, on ne s'est pas trop inquiétés parce que ce n'est pas chez nous,
13:00mais on va dire que le vent a changé de sens.
13:02Et là, on s'est vraiment inquiétés.
13:04On a reçu des messages d'alerte et voilà.
13:08Vous, vous aviez votre valise éventuellement prête pour évacuer rapidement ?
13:15Moi, je ne suis pas dans un quartier de Montfort qui, généralement, est évacué
13:19parce qu'on est à l'abri.
13:21Mais là, du coup, j'ai dû la faire en urgence sans trop vraiment quoi mettre dedans.
13:25Même s'il y a une liste qui est prévue dans la panique, on a juste pris de l'eau,
13:29quelques affaires, les médicaments et sinon, c'est tout.
13:32Vous avez vos papiers, vous avez le plus urgent finalement ?
13:38Quelques papiers, mais même pas.
13:40Parce qu'on n'a vraiment pas eu le temps de partir.
13:42Parce que juste avant, on était quand même avec pas mal d'habitants
13:45où on est ici en train de regarder ce qui se passait.
13:48Et dans la panique, on est retourné chez nous chercher le strict nécessaire, mais c'est tout.
13:53Et vous espérez pouvoir retourner quand chez votre amie dans cette commune ?
14:01Le plus vite possible, mais à mon avis, je pense que ça va être compliqué
14:07parce qu'où il y a le feu actuellement, c'est que des forêts où les pompiers n'ont pas
14:12trop accès.
14:13Là, la tombée de la nuit va arriver, les hélicoptères vont partir,
14:17donc je ne sais pas trop ce qui va se passer.
14:20Parle du chevaux.
14:22Notre reporter disait qu'il y avait quelques gouttes de pluie,
14:24mais Anthony nous disait aussi que c'était à peine perceptible sur les cartes météo.
14:32La météo est comment, là, sur place ?
14:34Oui, il y a fait quelques gouttes de pluie, mais là, actuellement, il n'y a rien du tout.
14:38Il y a juste un vent très chaud et c'est tout.
14:43Merci beaucoup.
14:44Merci à vous.
14:45Vous êtes une habitante de Montfort sur Argent.
14:46Merci d'avoir été avec nous ce soir et pour ce témoignage.
14:51On entend évidemment votre inquiétude et votre départ précipité face à ces flammes qui gagnent en intensité.
14:59Très forte virulence, a dit le préfet ce soir.
15:021 000 hectares brûlés déjà depuis 13h30.
15:04Colonel Boulanger, 8 Canadair, 2 DASH, 6 hélicoptères bombardiers.
15:10Ça veut dire que les moyens aériens viennent en renfort des moyens terrestres.
15:14C'est dire l'ampleur et la gravité, peut-être, de cet épisode ?
15:19C'est surtout à mettre au compte de notre stratégie française de lutte contre les feux de forêt.
15:24C'est l'attaque massive des feux naissants.
15:27Alors, vous allez me dire, ce feu, il est né il y a quelques jours.
15:30Mais là, c'est une reprise importante qu'on considère quasiment comme un feu naissant.
15:35Et quand c'est comme cela, nous mettons un maximum de moyens terrestres et aériens
15:41pour essayer de venir le plus rapidement possible à bout de ce feu.
15:46Donc là, vous avez de nombreux moyens aériens, effectivement, qui se sont relayés toute l'après-midi.
15:52Nous avons pu voir des largages, plutôt dans la journée, des largages de retardants par des DASH,
15:59des largages d'eau par les Canadair, les hélicoptères aussi.
16:04Ce sont des moyens de la sécurité civile.
16:07Ce sont aussi des moyens départementaux, puisque le VAR a sa disposition,
16:12enfin loue à la saison, deux hélicoptères bombardiers d'eau.
16:15Donc, ce sont tous ces moyens aériens qui viennent appuyer les efforts qui sont faits au sol
16:22par les nombreux sapeurs-pompiers du VAR, des départements voisins.
16:26Et il y a sans doute déjà en préparation des colonnes qui vont venir renforcer,
16:32comme c'était le cas en Gironde ces derniers jours,
16:34vont venir renforcer encore l'action de ces sapeurs-pompiers au sol.
16:38Alors, le feu avait été fixé depuis trois jours.
16:40Comment on explique à nouveau ce départ ? Et est-ce que c'est fréquent ?
16:45Alors, fréquent, non, parce qu'à partir du moment où un feu est...
16:49Le feu avait été fixé.
16:50Voilà, il est fixé, il n'est plus censé repartir.
16:52Après, il y a deux choses.
16:54Et ce sont les enquêtes qui le détermineront.
16:56Donc, soit il y a peut-être une origine humaine à l'origine de ces nouveaux départs de feu,
17:02soit il y a une réactivation de points chauds,
17:06parce que le feu fixé ne veut pas dire feu éteint.
17:09Tout à l'heure, bien plus tôt dans la soirée,
17:12le contrôleur général Vermelaine de la Gironde a dit
17:15que ce n'est pas parce que le feu est stabilisé qu'il sera fixé,
17:20qu'il sera éteint et éteindre un feu, ça veut dire plus aucune fumerolle sur le feu,
17:25ça veut dire du noyage mètre carré par mètre carré.
17:29Il se pourrait aussi, je parle bien au conditionnel,
17:32qu'il y ait eu des points chauds un peu plus actifs qui, sous l'effet du vent,
17:38se réactivent.
17:39Une végétation encore sèche qui n'a pas forcément complètement brûlé
17:43et qui, du coup, va faire une propagation du feu rapide et importante.
17:49Combien de temps il faut pour éteindre véritablement un feu de cette ampleur ?
17:53Là, par exemple, à Fontainebleau, à votre avis, il y a encore des pompiers sur place ou pas ?
17:58Bien sûr.
17:58Pourquoi ? Parce que le feu n'est pas complètement éteint.
18:02Mais quelle durée faut-il ? C'est des semaines, des jours ?
18:05Ça se compte en quoi ?
18:06En semaines, voire en mois.
18:08Et sur la Gironde, bien sûr, 42 000 hectares à traiter, 240 kilomètres de lisière.
18:15On a vu cet après-midi travailler les sapeurs-pompiers,
18:17et ils y sont encore en Gironde.
18:20C'est mètre carré par mètre carré, c'est une fourche, un râteau, une lance,
18:24et le camion progresse avec les hommes comme cela.
18:27Donc, ça va prendre des semaines, des mois en Gironde.
18:31Alors, bien entendu, s'il y avait un épisode de pluie massif,
18:35on n'y croit pas trop dans les prochaines semaines.
18:37Ça permettrait d'améliorer la situation.
18:41Mais sinon, effectivement, c'est plusieurs semaines, plusieurs mois
18:44pour arriver vraiment à éteindre le feu.
18:49Merci, colonel Boulanger.
18:50On va retrouver Camille, qui est toujours sur place à Montfort, sur Argent.
18:54Donc, cette commune évacuée cet après-midi parmi les trois communes
18:58avec Château-Vert et Corinthe, où le feu est reparti.
19:04On est dans le Var, toujours.
19:07Camille, il y a beaucoup d'inquiétudes autour de vous.
19:12Décrivez-nous ce sentiment des gens qui partagent votre vision de ce feu
19:20qui prend de l'ampleur ce soir.
19:22Là, actuellement, on est très inquiets.
19:24Parce qu'on ne sait pas vraiment si ça va pouvoir être stoppé.
19:27Je ne pense pas.
19:28Et là, actuellement, on voit juste les flammes
19:31et tous les arbres qui brûlent sous nos yeux.
19:34Oui, je suis bon, je suis bon, je suis bon.
19:37Est-ce que la situation, Camille, a-t-elle évolué
19:40par rapport à ce que vous voyez depuis le début de l'après-midi ?
19:45Non, il y a toujours autant de flammes.
19:48On entend les hélicoptères au loin, mais je ne sais pas s'ils vont revenir.
19:52Mais oui, on est très inquiets.
19:54Ça augmente de minute en minute.
19:57Qu'est-ce qu'il y a pour les chevaux ?
20:00Ces flammes, elles dépassent la cime des arbres ?
20:03Oui.
20:06C'est très haut ?
20:07Oui, c'est très haut.
20:09Ça dépasse la cime des arbres.
20:12Là, actuellement, c'est plus en train de courir.
20:15On dirait vraiment une rivière de lave.
20:17Comme s'il y avait un énorme volcan qui explosait.
20:21Avec un énorme panache de fumée, c'est ça ?
20:24Oui, c'est ça.
20:27Merci, Camille.
20:28On vous retrouvera certainement tout au long de cette...
20:31Est-ce que je peux vous rajouter quelque chose, s'il vous plaît ?
20:33Dites-moi.
20:35C'est qu'on ne sait pas s'il y a des victimes humaines.
20:38Pour le moment, je ne pense pas.
20:39Mais on a connaissance qu'il y avait des propriétaires qui étaient avec nous.
20:43On est tous évacués.
20:44Qui a malheureusement perdu ses chevaux
20:46parce qu'un policier n'a pas voulu qu'elle les récupère.
20:49Du coup, elle a vu sur la caméra de sa propriété
20:52qu'ils ont été brûlés vivants.
20:56Ah oui, terrible nouvelle du coup à Montfort-sur-Argent
21:00avec ces animaux évidemment pris au piège par les incendies.
21:04Merci de ce témoignage, Camille.
21:06Merci à vous.
21:08Merci.
21:09Nico Blujon-Mérette, vous êtes chercheur en géopolitique,
21:11spécialiste de la transition énergétique.
21:14Il y a eu des évacuations.
21:162500 personnes évacuées depuis le début de l'après-midi.
21:20Et de nouvelles ce soir ?
21:22Oui, de nouvelles évacuations qui viennent d'être demandées
21:25à la demande des autorités.
21:27Là, on est maintenant non plus sur Corins,
21:29on est non plus sur Montfort,
21:31on est plus à l'est sur Carces.
21:34En réalité, ce sont tous les petits hameaux
21:37qui sont limitrophes de Montfort-sur-Argent
21:40qui sont en train d'être évacués avec une évacuation immédiate.
21:44Ce qui signifie évidemment que même si c'est une évacuation préventive,
21:48le feu, on s'attend à ce qu'il progresse.
21:51Ou en tout cas, malgré les meilleures conditions météorologiques
21:54effectivement ce soir,
21:56la journée de demain va être particulièrement difficile
21:59pour la raison simple,
22:00qui est que les conditions météorologiques seront les mêmes
22:03que celles d'aujourd'hui,
22:04voire un petit peu plus chaudes encore
22:05et surtout plus venteuses.
22:07Donc de fait, il y a aussi des évacuations
22:09qui peuvent être prises maintenant
22:11parce que c'est peut-être plus simple, plus rapide,
22:13plus facile à gérer maintenant d'évacuer
22:15que d'attendre demain matin ou demain midi.
22:19Ce que vous nous dites,
22:19c'est que la situation devrait s'aggraver
22:22selon vos informations et selon la météo ?
22:25En fait, ça dépend de comment les pompiers
22:28vont réussir à jongler avec le feu cette nuit.
22:31On a vu des perspectives qui étaient par exemple
22:34sur le feu de Couchet en Côte d'Or
22:35il y a deux jours,
22:37inquiétantes en fin de journée,
22:38en fait bénéficiaient de conditions la nuit
22:40qui ont permis effectivement aux pompiers
22:42de circonscrire le feu le plus possible
22:44et qui ont fait que le lendemain,
22:45malgré les conditions météorologiques,
22:47le feu n'a pas pu reprendre
22:49ou en tout cas a été fixé plutôt.
22:51Donc dans ce contexte-là,
22:52vous avez une situation
22:53où la nuit va être importante bien sûr,
22:55mais de fait, ici, à l'heure où on se parle,
22:58les évacuations s'augmentent.
23:00Voilà, 2500 personnes évacuées
23:03et plus encore ce soir,
23:06sachant qu'au moins 1000 hectares
23:08ont déjà été brûlés,
23:10en plus des 4500 déjà brûlés
23:12puisque c'est une reprise de feu,
23:13feu qui avait eu lieu
23:15et qui était fixé depuis le 28 juillet dernier.
23:17Vous voulez rajouter quelque chose ?
23:18Oui, donner un ordre de grandeur en fait,
23:19parce que 1000 hectares
23:21depuis effectivement le début de l'après-midi,
23:23si on le faisait à l'échelle
23:24de une journée entière,
23:25ça ferait l'équivalent de 4000 hectares.
23:27On a calculé ça avec le collègue tout à l'heure
23:29qui va vous en parler dans un instant certainement.
23:31Et de fait, pour donner donc cet ordre de grandeur,
23:334000 hectares,
23:34c'est ce qui avait été parcouru
23:36et brûlé par les flammes
23:38lors de la première partie de ce feu
23:40avant qu'il ne soit maîtrisé
23:42donc il y a deux jours
23:43sur toute une semaine.
23:44On va retrouver François de Conson,
23:47vice-président de la région Sud
23:48en charge des risques majeurs.
23:51On entend, François de Conson,
23:53l'inquiétude sur place
23:55à Montfort-sur-Argent
23:56mais aussi à Corins,
23:58à Château-Vert,
23:59dans toutes ces communes évacuées
24:00du Var avec cette reprise
24:02de l'incendie.
24:03Il y a des raisons de s'inquiéter ?
24:05Oui, il y a des raisons de s'inquiéter.
24:07Quand la nuit tombe,
24:08on sait que les avions s'arrêtent
24:10et on connaît l'importance
24:11des avions dans ce genre de situation.
24:13Donc il y a une inquiétude
24:14de la population.
24:15Puis il y a des évacuations importantes.
24:17On prend les devants,
24:18on fait de la prévention.
24:20Donc tout le monde est sur le qui-vive
24:21et c'est normal que les populations
24:22soient inquiétées.
24:24Bien que, j'ai envie de vous dire,
24:25le bien commun,
24:26on s'aperçoit que c'est l'affaire de tous.
24:28Aujourd'hui, on voit
24:29qu'il y a une véritable mobilisation.
24:30Il y a les pompiers qui sont là
24:32mais il y a aussi les entreprises,
24:33les agriculteurs,
24:34les CCFF et tous les bénévoles.
24:36Dans ce pays où il y a souvent
24:37de la discorde,
24:38on s'aperçoit aujourd'hui
24:39que le bien commun
24:40est un intérêt pour tous.
24:42Alors vous le dites, effectivement,
24:43ces moyens aériens
24:44qui vont s'arrêter
24:45à cause de la nuit qui tombe.
24:48700 pompiers sont néanmoins mobilisés.
24:52Ils se battent contre le feu
24:55et ils vont se battre
24:56toute la nuit, selon vous ?
24:58Ils vont rester mobilisés
24:59toute la nuit.
25:00Ils vont continuer le mouillage.
25:01Ils vont faire de la prévention.
25:02Le feu va continuer de se développer.
25:05Mais bon, c'est normal.
25:07C'est la stratégie.
25:08On est là.
25:08On fait agir les avions surfeu naissant.
25:11Et puis après,
25:12il y a les hommes
25:12qui sont sur le terrain
25:13qui tirent des longueurs de tuyaux
25:15qui sont là pour protéger
25:16les biens et les personnes.
25:17Et je voudrais rendre hommage
25:18à nos sapeurs-pompiers
25:19qui, depuis 10 jours,
25:21sont sur le terrain,
25:21font un travail remarquable
25:23et rappeler aussi
25:24les moyens mis à disposition
25:25par notre région
25:26puisque c'est 40 millions d'euros
25:28qui ont été mis à disposition.
25:30On est la première région de France
25:31à avoir contracté avec les SDIS.
25:34On a mis plus de 5 millions d'euros
25:36à disposition des SDIS.
25:37On a mis 122 véhicules CCFF
25:40à disposition.
25:41On a créé 1200 chantiers
25:43de pistes DFCI.
25:44On a réaménagé
25:46le pélicandrome
25:47de la base de hier
25:48pour avoir des avions
25:49à disposition
25:50surfeu naissant.
25:51On est là.
25:52On est à côté
25:53de nos sapeurs-pompiers.
25:54On est là pour les aider.
25:55Aujourd'hui,
25:55les feux,
25:56c'était une cause
25:57essentiellement
25:58dans le sud de la France.
25:59Ça devient une cause nationale.
26:00On a lancé un véritable plan
26:02guerre du feu
26:03à travers trois axes
26:04chez nous en région sud.
26:05Prévenir,
26:06combattre,
26:06reconstruire.
26:07Et on s'aperçoit
26:08qu'il faut aller encore plus loin.
26:09Ce que vous nous expliquez,
26:11c'est que vous n'avez pas
26:11sous-estimé en tout cas
26:13la situation.
26:14C'est que tout a été
26:15mis en œuvre
26:16pour lutter contre
26:17ces flammes
26:17et cet incendie.
26:19On est une région
26:20qui connaît particulièrement bien
26:21les feux de forêt.
26:22On les travaille
26:22depuis des années.
26:24Rien n'est laissé au hasard.
26:25Les pompiers sont certainement
26:27les meilleurs de France.
26:28On fait des exercices
26:29grandeur réelle
26:30avec les maires
26:30dans les communes.
26:31On était prêts,
26:32on s'y prépare,
26:33mais c'est toujours
26:33extrêmement difficile.
26:35Mais on aurait pu anticiper
26:36ce retour de feu.
26:38Le colonel Boulanger
26:39qui était sur le plateau
26:40tout à l'heure
26:41nous expliquait que c'était
26:42somme toute quand même
26:43pas aussi fréquent que ça
26:45qu'un feu fixé
26:47redémarre trois jours plus tard.
26:49On sait tous que
26:50les feux à 70%
26:52sont des feux qui sont allumés.
26:54C'est quelque chose
26:55que l'on connaît bien.
26:56On peut s'étonner aujourd'hui
26:57de la situation
26:58qu'on trouve
26:59sur cet incendie.
27:00On peut rester sceptique
27:02sur la façon
27:03dont ce feu a redémarré.
27:04C'est-à-dire que
27:05vous avez des doutes
27:06sur l'origine
27:08et éventuellement
27:09le fait que ça puisse
27:10être criminel,
27:12volontaire ?
27:13Quand on voit
27:13d'où c'est reparti,
27:14quand on voit
27:15que le feu était fixé,
27:16quand on voit
27:16les départs de feu
27:17qu'il y a eu,
27:18on peut s'interroger,
27:19il faut rester prudent.
27:20Mais je crois
27:20qu'on est tous,
27:21on n'est pas dupes.
27:23On sait qu'en général
27:24c'est d'origine humaine.
27:25Et c'est vrai
27:26que c'est à 70%
27:27d'origine humaine.
27:28Est-ce que c'est parti
27:30à plusieurs endroits
27:31où vous ne voyez
27:32qu'un seul,
27:33vous n'avez connaissance
27:34que d'un seul départ de feu
27:36pour ce redémarrage
27:37de cet incendie ?
27:38D'après ce que je sais,
27:40il y a eu plusieurs
27:40départs de feu,
27:41donc on ne peut
27:42que s'interroger.
27:43Mais en tout cas,
27:44la nuit va être longue,
27:45la nuit va être difficile,
27:46nos sapeurs-pompiers
27:47sont à la manœuvre
27:48et j'espère que demain,
27:50à l'aube,
27:50très tôt,
27:51les moyens aériens
27:52seront de nouveau là
27:53parce que quand vous êtes
27:54sur un feu,
27:54que les moyens aériens
27:55s'arrêtent,
27:56vous êtes en attente
27:57le matin de voir
27:58revenir ces avions.
27:59Ces avions sont indispensables
28:00et bravo à tous
28:01puisque les avions
28:02étaient là au rendez-vous,
28:03ils ont beaucoup travaillé
28:04et ils sont importants
28:05pour les biens
28:06et pour les personnes.
28:07Merci François de Quanson,
28:08vice-président de la région Sud
28:10en charge des risques majeurs
28:11pour toutes ces informations
28:13et donc ces moyens aériens
28:14qui s'arrêtent,
28:15mais les pompiers
28:15qui vont continuer à travailler
28:18toute la nuit
28:19pour tenter de circonscrire
28:21cet incendie.
28:23Éric,
28:24Daniel Lacombe,
28:25merci d'être avec nous ce soir.
28:26Vous êtes professeur titulaire
28:27de la chaîne Nouvelle Urbanité
28:29face aux risques naturels
28:30à l'École normale supérieure
28:31d'architecture de Paris-La Villette.
28:35On n'a pas suffisamment anticipé
28:38quand on voit
28:39ces redémarrages de feu,
28:41quand on voit
28:41ces forêts très denses finalement
28:45où le feu s'attise ?
28:47Le vice-président de la région Sud
28:48vient de nous dire
28:49qu'il avait tout fait.
28:50Et c'est vrai qu'en France
28:53et surtout dans cette région-là
28:54qui est à l'origine
28:55de tous les progrès,
28:57les feux naissants,
28:58on sait les arrêter
28:59et c'est ça qui sauve
29:01en grande partie la vie
29:03puisque c'est l'objet
29:04du rôle des pompiers.
29:06On sait aussi mettre en place
29:09la lutte,
29:09il a d'ailleurs dénombré
29:10comme ça l'ensemble
29:11des actions
29:12ou du matériel
29:13qui était à sa disposition
29:14et là aussi,
29:15il faut le saluer.
29:16Par contre,
29:17il y a deux choses
29:18que j'aimerais reprendre
29:19de son propos
29:21sur le fait
29:22que l'origine humaine
29:23était à l'origine des feux.
29:26Je pense que l'origine humaine,
29:28il a l'air d'en être sûr
29:29et c'est certainement vrai,
29:31mais il ne faut pas oublier
29:32que l'origine humaine
29:33et l'action humaine
29:35est à l'origine
29:36du changement climatique.
29:37Je crois que si on ne comprend pas ça...
29:39Ces feux, c'est 90% en fait
29:41d'origine humaine.
29:42Oui, non mais ce que je veux dire,
29:43c'est que l'activité humaine
29:45fait qu'aujourd'hui
29:46le changement climatique
29:47ferait que demain,
29:49toutes les actions,
29:50tout le nombre de pompiers,
29:51tous les effectifs
29:52ne seront pas suffisants
29:53puisqu'on est à 1,5 degré,
29:54à 2, 3, 4 degrés.
29:57Ce n'est plus 8 canadaires
29:58qu'il faudrait,
29:59donc il faut prendre
30:00un autre chemin.
30:01Et d'ailleurs,
30:01quand vous l'écoutez jusqu'au bout,
30:03il dit prévenir,
30:06combattre,
30:07reconstruire.
30:07Et évidemment,
30:08en tant qu'architecte,
30:08c'est sur reconstruire
30:10que je ne peux que me fâcher
30:11parce que toutes les reconstructions
30:13à l'identique
30:15ont fait les mêmes désordres,
30:17les mêmes incendies,
30:17les mêmes inondations
30:18qu'avant.
30:19Donc c'est certainement
30:21prévenir, combattre,
30:22mais ensuite,
30:23c'est transformer.
30:24Donc la grande question
30:26qui est posée là ce soir,
30:27c'est la transformation.
30:28S'il y a autant d'évacuations,
30:30et ça c'est salutaire
30:31et même prudent,
30:32c'est que les gens
30:33ne sont pas à l'abri.
30:34Qu'est-ce qu'ils pourraient faire,
30:36et c'est mon métier,
30:37comme transformation,
30:38pour que les gens
30:39soient plus à l'abri,
30:41avec moins de pompiers.
30:42N'oublions pas
30:43que sur toutes les autres
30:44catastrophes naturelles
30:45que je couvre,
30:45les pompiers ne sont pas
30:47entre la catastrophe
30:48et les habitants.
30:48Vous avez des solutions concrètes
30:49à nous donner ce soir ?
30:51Évidemment, ce qu'on a vu
30:52en Gironde pendant une semaine,
30:54c'était que les villes,
30:56au lieu de se reconstruire
30:57à l'identique,
30:58devaient s'ouvrir
30:58et offrir un espace
31:01entre la construction
31:03et la forêt.
31:05Pourquoi cet espace ?
31:06Éloigner la forêt
31:06de la construction
31:07pour éviter ces incendies de maison ?
31:08Ou éloigner la forêt
31:08de la construction.
31:09Et pourquoi on n'y arrive pas ?
31:11C'est parce que,
31:11évidemment,
31:12les gens de la forêt
31:13ne veulent pas perdre un arbre
31:14parce que c'est une ressource économique,
31:16et les gens de la ville
31:17ne veulent pas perdre une maison
31:18parce que ce sont leurs maisons.
31:20Je pense au Cap Ferret.
31:21Il y a toutes ces maisons en bois.
31:23C'est une erreur ?
31:24C'est certainement plus infalamable.
31:27J'ai suivi très largement
31:28et j'y suis allé
31:28les incendies de Californie.
31:31100 milliards de dégâts,
31:32ce qui sera certainement,
31:33avec le rôle des assureurs,
31:35une façon de se transformer.
31:36C'est-à-dire que,
31:37quand l'assurance ne jouera plus son rôle,
31:39l'obligation de transformation
31:41sera réelle.
31:42J'ai encore,
31:42hier soir chez vous,
31:43entendu un assureur dire à quelqu'un
31:45« Votre maison a brûlé,
31:46refaites-la à l'identique. »
31:47Donc, oui,
31:48il faut de la distance,
31:49mais la vraie difficulté,
31:50votre question,
31:51est vraiment intéressante.
31:52C'est pourquoi on n'y arrive pas ?
31:53Parce que cette distance,
31:55par contre,
31:55il l'a dit,
31:56en bien commun,
31:57on ne sait pas l'organiser.
31:58On ne sait pas perdre
31:59pour gagner.
32:00Et c'est bien ça
32:01qu'il faut faire.
32:02C'est comment ça va changer
32:03et comment ça pourrait apporter
32:05plus de satisfaction.
32:06Ça, c'est mon métier.
32:07Mico Blujon-Méred,
32:09il faut changer d'échelle.
32:10Là,
32:11on n'est plus dans l'adaptation.
32:13Finalement,
32:13on ne peut pas lutter
32:15contre ce réchauffement.
32:16Il faut s'adapter maintenant.
32:19Et accélérer, finalement.
32:21En fait,
32:21l'adaptation et l'atténuation
32:23sont les deux faces
32:24d'une même lutte.
32:25Et donc, effectivement,
32:26l'un ne peut pas aller
32:27sans l'autre.
32:27Ça, c'est le premier élément.
32:28Deuxième élément,
32:29pour revenir sur ce que disait
32:30mon collègue à l'instant,
32:31il y a effectivement
32:32une géopolitique des Canadaires
32:33qui est en train
32:34de se mettre en place.
32:34pour vous donner un ordre de grandeur,
32:36la société Dehavilland au Canada
32:38a pu relancer la chaîne
32:40de production des Canadaires
32:41parce qu'il y a eu
32:42les feux de 2021 et 2022
32:43qui ont fait que les pays européens
32:46ont commandé 22 Canadaires.
32:49Et aujourd'hui,
32:49ces 22 Canadaires,
32:50ils ne sont plus seuls.
32:51Il y a plus de 38 commandes fermes
32:54de Canadaires
32:54juste pour ce modèle-là
32:55de chez Dehavilland
32:56qui ont été commandés
32:57dans le monde entier.
32:58Et l'estimation,
32:59effectivement,
32:59pour les années 2040
33:00et plus du besoin en Canadaires
33:02par rapport au réchauffement climatique
33:04estimé aujourd'hui,
33:06c'est plus de 200 Canadaires
33:08à l'échelon du monde entier.
33:09Donc, vous voyez ici
33:09les ordres de grandeur
33:11et les enjeux de priorisation
33:12en fonction des pays.
33:1312 Canadaires en France
33:15et des commandes
33:16mais qui ne vont pas
33:17avant 2028.
33:18Oui, parce que la chaîne
33:19de production justement
33:19qui est actuellement
33:20en train d'être relancée,
33:21elle ne livrera pas
33:23son premier avion
33:23avant 2028
33:24et ici, l'Europe
33:25va en avoir au moins deux
33:26parce que justement,
33:27elle a surpayé
33:27pour avoir cette priorité-là.
33:29Donc, il y a une géopolitique
33:31qui émerge autour de ça.
33:32Et pour conclure,
33:33en tout cas, ma partie
33:34là aussi sur ce que disait
33:35mon collègue à l'instant,
33:37il y a un enjeu
33:38pour changer d'échelle
33:39qui est de complètement
33:41changer notre paradigme
33:42d'approche
33:43par rapport à la question
33:43de la valorisation.
33:44C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
33:46effectivement,
33:47en France et ailleurs,
33:48on valorise plutôt
33:49l'indemnisation à postériori
33:51que la prévention a priori.
33:53Et de fait,
33:54ça coûte cher.
33:55Je prends un exemple concret,
33:5642 000 hectares
33:57à reboiser,
33:58juste le reboisement
33:59en Gironde.
34:00En Gironde,
34:01uniquement pour ce feu-là,
34:02ce sera une facture
34:03d'Obamo,
34:04210 millions
34:05à 420 millions d'euros,
34:06uniquement pour ce feu-là
34:08à cet instant T.
34:09De fait,
34:10il y a tout un enjeu
34:12à basculer
34:13de ce qu'on appelle
34:13le green premium,
34:14c'est-à-dire
34:15le surcoût
34:16qu'on est prêt
34:16à payer tous et toutes
34:17en tant que consommateurs
34:19publics, privés
34:19pour avoir des matériaux,
34:22avoir des biens
34:23de consommation,
34:24avoir des services,
34:25y compris administratifs,
34:26qui soient plus respectueux
34:27de l'environnement
34:27et transformer donc
34:29ce green premium,
34:29ce surcoût,
34:30en réalité,
34:31en une prise en compte
34:33de tous les coûts
34:33qu'on va éviter
34:34à postériori
34:36en investissant
34:38dès maintenant
34:38pour des objectifs
34:39de transition.
34:40La prévention,
34:41ce n'est pas valable
34:41effectivement que pour
34:42les incendies,
34:44mais dans bien
34:44d'autres domaines.
34:45Dimitri Carbonelle,
34:46on voit l'ampleur,
34:47la difficulté
34:49d'éteindre ses feux.
34:51Ça veut dire
34:51qu'on n'a pas attiré
34:52finalement toutes les leçons
34:54des canicules,
34:55ni de 2003,
34:56ni de 2022 ?
34:57Alors, on va dire
34:58qu'on y va progressivement.
35:002022, je pense
35:01qu'il y a eu une évolution
35:02entre ce qu'on a fait
35:03en 2022 et 2026,
35:05mais c'est souvent
35:06à travers les crises
35:08que l'on apprend
35:09et certainement
35:102026,
35:11on verra bien,
35:12mais il y a de fortes chances
35:13qu'on apprenne aussi,
35:14notamment en termes
35:15de travail,
35:16de collaboration
35:18entre les bénévoles,
35:19les agriculteurs
35:20et la sécurité civile.
35:23Pour rejoindre le point
35:24sur l'atténuation
35:24et l'adaptation,
35:25pourquoi les deux
35:26fonctionnent ensemble ?
35:27C'est que dès lors
35:28qu'on n'atténue pas,
35:29ça va être de plus en plus
35:30compliqué de s'adapter.
35:31S'adapter à des feux de forêt,
35:33à beaucoup de feux de forêt
35:35et des feux de forêt partout,
35:37ce n'est pas la même histoire
35:38et potentiellement,
35:38on se retrouve
35:39dans une situation
35:40où on est en sous-capacité
35:42par rapport aux besoins.
35:43Pour effectivement,
35:44pour la partie aussi
35:46reconstruction,
35:47là aussi,
35:48effectivement,
35:48on l'a dit,
35:49l'importance,
35:50et je pense que
35:51le régulateur,
35:52quand je dis le régulateur,
35:53c'est notamment
35:54les forces politiques,
35:55ont aussi pour rôle
35:56de dire
35:56non,
35:57dans cette situation-là,
35:59hors de question,
36:00effectivement,
36:00qu'on reconstruise
36:04lorsqu'on est en forêt.
36:05Parce que ça a un impact
36:06après, derrière,
36:07évidemment,
36:07sur la suite.
36:08Ça, c'est une première chose.
36:09Et évidemment,
36:10la prévention,
36:10si on regarde
36:11ce qui s'est passé au Portugal,
36:12depuis les accidents,
36:14enfin, plutôt,
36:14les événements tragiques
36:15et les feux de forêt tragiques
36:16en 2017,
36:17ils ont mis en place
36:20une démarche
36:20et vraiment
36:21une stratégie d'adaptation,
36:22notamment basée
36:23sur une gouvernance.
36:24Il y a notamment
36:26une instance
36:26qui s'appelle
36:27la GIF,
36:27qui était directement
36:28reliée au Premier ministre,
36:30qui a pour rôle
36:31vraiment d'avoir
36:32cette vision
36:33à long terme.
36:34On pourrait imaginer
36:35avoir quelque chose
36:35de similaire en France.
36:36Il y a notamment
36:37dans le domaine
36:37de la décarbonation,
36:39le SGPE.
36:39On pourrait imaginer
36:40en France avoir
36:41le secrétaire général
36:42de l'adaptation,
36:43mais qui a pour rôle
36:44de voir tout ce qui concerne
36:45les canicules,
36:46les inondations
36:47et aussi les sécheresses
36:49et les incendies,
36:50bien sûr,
36:51et de pouvoir coordonner
36:52aussi bien ces axes
36:53de prévention,
36:55à la fois de prévention,
36:56de secours,
36:57et puis,
36:58alors,
36:58quand je dis reconstruction,
37:00ce n'est pas reconstruction
37:00à l'identique,
37:01mais comment est-ce
37:02qu'on va reconstruire ça ?
37:02D'adaptation.
37:03Tout à fait.
37:03On va retrouver Bruno Ménard,
37:05secrétaire général
37:06du syndicat
37:07des sapeurs-pompiers.
37:09Qu'est-ce que vous savez,
37:10M. Ménard,
37:10de la situation
37:11dans le Var ce soir ?
37:14Alors,
37:14la situation
37:16qui est présente
37:17dans le Var actuellement
37:18pose question,
37:19en effet.
37:20Mes collègues
37:21qui sont sur zone aujourd'hui
37:23et qui étaient sur zone
37:24également hier
37:26me disent que c'est
37:28surprenant
37:28cette reprise de feu
37:29et la rapidité
37:32de l'évolution
37:33de l'évolution
37:33du feu.
37:34C'est sûr
37:35qu'en termes
37:36de prévention,
37:38la prévention,
37:38il faut la décliner
37:39dans tous les sens.
37:40Les sapeurs-pompiers
37:41volontaires,
37:42aujourd'hui en France,
37:43représentent 80%
37:44des effectifs
37:45et nous devrions
37:47avoir
37:49beaucoup plus
37:50de centres de secours
37:50de première intervention
37:51éparpillés
37:52partout en France.
37:54C'est ça qui permettrait
37:55selon vous
37:56de mieux anticiper
37:57et de mieux prévoir
37:58ces feux
37:59et ces incendies ?
38:02Alors,
38:02les prévoirs,
38:03non.
38:04Mais comme disait
38:04le colonel Boulanger
38:05tout à l'heure
38:06et d'autres intervenants
38:07que j'entendais,
38:09plus vite
38:10nous allons arriver
38:11sur une intervention,
38:13sur un feu naissant,
38:14sur un infarctus
38:14du myocarde,
38:15sur une prise en charge
38:16d'un incident,
38:17plus vite nous allons arriver
38:18sur l'intervention,
38:21plus il sera facile,
38:23moins il sera difficile
38:25de faire face
38:26et de voir
38:27des débordements
38:28et des feux
38:29augmenter.
38:30Pour vous donner
38:31un ordre d'idée...
38:33Les pompiers sont arrivés
38:34vite ?
38:35Oui, allez-y.
38:36Oui, mais ils sont arrivés
38:37vite, mais pas assez vite.
38:39Pour vous donner
38:39un ordre d'idée,
38:40en l'espace de 25 ans,
38:42on est passé
38:43de presque 11 000 centres
38:45de secours en France
38:46à 6 180 centres.
38:49On a baissé
38:50les effectifs
38:51enfin,
38:51le nombre de centres
38:52partout en France
38:52de 35 %.
38:53Donc, automatiquement,
38:55nous laissons
38:57des zones
38:59difficiles d'accès
38:59où le temps
39:00d'intervention
39:01est beaucoup plus important.
39:02On doit mailler
39:04un territoire,
39:05on doit utiliser
39:06les sapeurs-pompiers
39:06volontaires partout
39:07en France,
39:08c'est 80 %
39:09des effectifs,
39:10c'est 200 000 personnes
39:11pour bien faire
39:12et l'entendre
39:12à 350 000
39:13à 400 000
39:14et les solutions,
39:15c'est certainement
39:17un axe
39:18de solution
39:20à vraiment
39:22avoir en tête.
39:24Vous disiez
39:25que vous étiez étonné
39:25par la rapidité
39:26effectivement
39:27de ce feu
39:28ce soir,
39:29il avait été fixé
39:30il y a trois jours,
39:31il est reparti
39:32avec une forte virulence,
39:34dit le préfet
39:35du Var
39:36ce soir.
39:38C'est dû
39:38au Mistral
39:39ou c'est dû
39:41effectivement
39:41à plusieurs départs
39:42de feu
39:43qui provoquent
39:44une ampleur importante
39:46du phénomène ?
39:49Alors c'est simple,
39:50là je viens de recevoir
39:51un message
39:52d'un officier,
39:53un lieutenant
39:53qui était sur place
39:54hier après-midi
39:56qui était sur cet endroit-là
39:57il me dit
39:57l'endroit était propre,
39:59était dégagé,
40:00le chantier était nickel.
40:02Comment ça peut repartir
40:04aujourd'hui
40:05si l'espace était propre
40:06et clair ?
40:07On appelle ça
40:08une zone claire.
40:09Donc ça laisse vraiment
40:12entrevoir
40:12d'autres solutions
40:13et peut-être
40:14un acte
40:16malveillant.
40:17C'est ce que
40:18nous disait
40:19tout à l'heure
40:20effectivement
40:22un élu
40:23de cette commune.
40:25Donc un acte
40:27criminel
40:27qui pourrait être
40:28à l'origine
40:28selon vous
40:29c'est ce qu'il peut expliquer
40:30alors que le feu
40:31en fait hier
40:32était toujours fixé ?
40:36Le chantier
40:37hier après-midi
40:38était clair,
40:39était propre
40:40et il y avait
40:40des norias
40:41de viticulteurs
40:43qui regardaient
40:43ce qui se passait
40:44sur la zone
40:45et qui intervenaient
40:46à la moindre fumerolle.
40:47Comment on peut passer
40:49d'un état
40:49comme celui-ci
40:50avec une surveillance
40:51des viticulteurs
40:52qui surveillent
40:52le moindre départ de feu
40:55à ce qu'on voit
40:57maintenant
40:581000 hectares de brûlés,
40:59plusieurs milliers
41:00de personnes
41:02évacuées
41:02en l'espace
41:03de 24 heures ?
41:04Non,
41:05ça interroge.
41:06Ça interroge vraiment.
41:08C'est ce que vous dites.
41:08C'est quoi la stratégie
41:10quand ça repart
41:11comme cela ?
41:12C'est créer des lisières,
41:15c'est des moyens humains
41:18et aériens,
41:19terrestres et aériens,
41:22c'est des feux tactiques.
41:24Comment on s'y prend ?
41:27Tout sapeur-pompier
41:29vous dira
41:30sur des feux comme ça,
41:31il faut le taper vite.
41:33C'est un jargon
41:34qu'on utilise.
41:35Le taper vite,
41:36c'est-à-dire
41:36qu'il faut intervenir
41:37le plus rapidement possible
41:38pour empêcher
41:40la propagation.
41:40On a eu l'exemple
41:41il y a quelques semaines
41:42du côté de l'Aude
41:43et du côté
41:44des Périnées-Orientales
41:45où on a eu un feu
41:48au niveau du Gard
41:49de l'Aude
41:49qui était présent
41:50avec une tournée
41:50de canadaires
41:52qui faisait des norias
41:53pour larguer.
41:55À un moment donné,
41:55il y a eu
41:56un départ de feu
41:57dans les Périnées-Orientales.
41:59Les canadaires
41:59ont été déroutés
42:01du 30 et du 11
42:03de l'Aude
42:04et du Gard
42:04pour partir
42:05tout de suite
42:06sur le Périnée-Orientale
42:07pour le taper,
42:08pour éviter
42:09la propagation
42:09et puis après
42:10revenir sur le chantier
42:12initial.
42:13Donc,
42:14il faut absolument
42:15être le plus rapide
42:16possible
42:17pour empêcher
42:18la propagation.
42:20Un feu,
42:21ça peut partir
42:21un mètre,
42:22deux mètres carrés.
42:23Mais deux mètres carrés,
42:23au bout de quelques minutes,
42:25ça peut vous en donner
42:26quatre ou cinq.
42:27Au bout de la deuxième minute,
42:28ça peut vous en donner
42:2925.
42:29Au bout de la troisième minute,
42:31c'est exponentiel.
42:32Donc,
42:33plus vite on va arriver,
42:34plus vite on va pouvoir
42:35le taper
42:35et plus vite on va pouvoir
42:37repartir parce que
42:38le feu sera maîtrisé.
42:40Alors,
42:40vous dites qu'il faut
42:40le taper,
42:41c'est l'expression
42:42que vous employez.
42:43Quand vous voyez,
42:44c'est au moins
42:441000 hectares brûlés
42:45depuis le début
42:47de l'après-midi,
42:48700 pompiers
42:49qui essayent pourtant
42:50de le circonscrire,
42:53finalement,
42:53est-ce qu'il vaut réussir
42:55cette entreprise-là ?
42:58Les chiffres sont-ils
42:59alarmants ?
43:01Malheureusement,
43:02je n'en ai aucune idée.
43:05Ce qui est sûr,
43:06c'est que,
43:06enfin,
43:07ce qui est vraiment,
43:10ce qu'il faut avoir
43:11à l'idée,
43:12c'est que des feux
43:13comme on a eu,
43:14enfin,
43:14un feu comme on a eu
43:15en Gironde,
43:16un feu comme on a eu
43:17à Fontainebleau,
43:18ça peut arriver
43:19au mois d'août
43:20parce que nous sommes
43:21que le 31 juillet.
43:23Donc,
43:23ça peut partir
43:25très rapidement
43:26et au fur et à mesure
43:27de l'été,
43:28nous avons des effectifs
43:29qui sont de plus en plus
43:30fatigués.
43:32Merci Bruno Ménard
43:34et on entend
43:34effectivement
43:36l'inquiétude,
43:37la fatigue aussi
43:38des pompiers
43:39qui ont déjà œuvré
43:41dans le Var
43:41pendant plus d'une semaine
43:43pour maîtriser
43:45et fixer ce feu
43:46qu'il était il y a
43:46encore trois jours
43:47et qui vient
43:48de redémarrer
43:49cet après-midi.
43:50Anthony Ferry,
43:52on sait que ces feux,
43:52ils sont attisés aussi
43:53par les sautes de feu
43:55et ces orages de feu.
43:58Décrivez-nous
43:59ces phénomènes ?
44:00Déjà,
44:01on sait que c'est
44:02ce qu'il s'est produit
44:03cet après-midi
44:04dans le Var.
44:04La préfecture
44:05l'a annoncé.
44:06Il y a eu
44:06des sautes de feu
44:07que l'on a d'ailleurs
44:08très bien visualisé
44:09à l'image
44:10puisqu'au tout début
44:10malheureusement
44:11de ce sinistre,
44:12on avait trois foyers
44:13actifs
44:14espacés de plusieurs dizaines
44:16voire centaines de mètres.
44:17Comment cela fonctionne ?
44:18Eh bien,
44:19nous sommes ici
44:19sur un massif calcaire
44:21qui est vallonné.
44:22La strate herbacerbucive,
44:24c'est-à-dire
44:24les végétaux
44:24les plus proches du sol,
44:26c'est de la garide.
44:26Mais en hauteur,
44:27nous avons notamment
44:28des pins.
44:29Ces pins font
44:29plusieurs mètres de haut.
44:31Lorsque le feu arrive
44:32par le houppier,
44:33c'est-à-dire les branches
44:34les plus basses,
44:35juste à la cime,
44:36il va embraser
44:37justement les aiguilles de pin.
44:38Ces aiguilles de pin
44:39sont très légères,
44:40moins d'un gramme
44:41pour une aiguille.
44:42Le problème,
44:43c'est qu'avec le vent
44:44que nous connaissons
44:44sur ce secteur,
44:45notamment le mistral
44:46en début d'après-midi,
44:47il a très facilement
44:49emporté ces aiguilles de pin
44:50qui sont tombées sur quoi ?
44:52Sur cette garide,
44:53cette litière
44:54extrêmement sèche.
44:55Et c'est ça, en fait,
44:56le saute de feu.
44:57Ça a vraiment permis
44:58de faire repartir,
45:00malheureusement,
45:00ce feu extrêmement rapidement.
45:02Tout à l'heure,
45:02nous étions justement
45:03avec le Camille
45:04qui disait qu'elle voyait
45:05un petit peu
45:05comme une espèce
45:06de mer de lave
45:07avec ces images
45:08que l'on voyait d'ailleurs
45:09tout à l'heure en direct.
45:10Eh bien, c'est quoi ?
45:11C'est ça.
45:12C'est en fait
45:12cette strate arbustive,
45:14cette garide
45:15qui prend rapidement feu
45:16parce que cette litière
45:17au sol,
45:18malheureusement,
45:19ce sont ces aiguilles de pin
45:20extrêmement sèches.
45:21J'ajoute une dernière chose.
45:23Lorsque l'on a
45:2339 degrés actuellement ici,
45:26qu'est-ce qui est en train
45:27de se produire dans la garide ?
45:28Eh bien,
45:29si l'on va justement
45:29dans ce massif,
45:30on a toutes ces odeurs
45:31évidemment que l'on connaît.
45:33Ça, c'est quoi ?
45:33Ce sont des gaz
45:35qui sont extrêmement inflammables.
45:37Donc, en plus de la litière,
45:39vous avez l'atmosphère
45:40qui va grandement favoriser
45:42une propagation rapide
45:43de ce feu.
45:44Dimitri Carbonelle,
45:45on a ces vagues de canicules,
45:48cette sécheresse
45:49qui s'installe
45:50et les vents.
45:51Trois ingrédients
45:52qui sont terribles
45:54en fait
45:54pour ces incendies.
45:56Oui,
45:57on parle souvent
45:57des 30-30-30
45:58qui, grosso modo,
45:59dit d'un côté
46:00s'il y a moins de 30%
46:02d'humidité,
46:03il fait plus de 30 degrés,
46:04il y a plus de 30 km à l'heure.
46:05Évidemment,
46:06c'est un gros risque
46:07et souvent d'ailleurs
46:08on se retrouve
46:08dans une situation
46:09où ça va bien au-delà
46:11puisque parfois
46:12on avait même des...
46:13que ce soit en termes
46:14de température
46:15ou d'humidité
46:16ou de vent,
46:17on les trouve
46:18dans des situations
46:19bien pires.
46:22Pour reprendre aussi
46:23l'exemple qu'on donnait,
46:24c'était intéressant
46:24effectivement de voir
46:25que les essences,
46:26donc par exemple
46:27les pains maritimes
46:28ou d'autres essences
46:30peuvent être
46:31plus ou moins inflammables.
46:32Pour reprendre l'exemple...
46:33Par exemple,
46:34il faudrait arrêter
46:35de mettre des pains
46:37qui peuvent être
46:38plus facilement inflammables ?
46:39Alors,
46:39on va reprendre
46:40l'exemple concret.
46:41Je vais reprendre
46:41l'exemple du port
46:43qui a eu énormément...
46:45qui utilise l'eucalyptus
46:46notamment sur le plan
46:47l'industrie forestière
46:50et qui a très fortement
46:52réduit la réimplantation
46:53de nouveaux eucalyptus
46:55qui est un peu
46:56l'équivalent
46:56en fait
46:57de nos pains maritimes.
46:58Alors,
46:59arrêtez complètement
47:00le pain maritime.
47:01Je pense qu'il y a pas mal
47:01de forestiers
47:02qui vont dire
47:02bah oui,
47:02mais à ce moment-là
47:03on ne peut plus faire
47:03de meubles,
47:04etc.
47:04Donc c'est compliqué.
47:05En revanche,
47:06il faut quand même
47:06avoir une stratégie
47:07pour replanter
47:09des essences
47:09comme des chaînes
47:11pédonculées,
47:11il y a des carubiers
47:12ou d'autres essences
47:14qui sont nettement
47:15moins inflammables,
47:17qui ont moins
47:18justement de gaz,
47:20qui n'ont pas
47:20effectivement d'épines
47:21qui peuvent faire ça.
47:23Avoir potentiellement
47:24est-ce qu'il ne faut pas
47:25avoir des endroits
47:26où il y a
47:27on ceinture
47:29certaines zones
47:29par ce type de bois
47:30ou d'autres techniques.
47:32Voilà,
47:33c'est un point essentiel.
47:34Encore,
47:34on est dans la prévention
47:35mais c'est vrai
47:36qu'il faut intégrer
47:37à la fois les enjeux économiques.
47:38Alors,
47:38je ne sais pas ce qu'il en est
47:39s'ils exploitent beaucoup
47:40le bois dans le Var
47:41ou le pain maritime
47:42ou c'est par tradition
47:43qu'ils l'ont.
47:44C'est différent en Gironde.
47:46Mais il est clair
47:47que dès lors
47:48que c'est de nouvelles
47:52replantations,
47:53oui,
47:53bien sûr,
47:53il faut en tenir compte.
47:53Éric Daniel Lacombe,
47:55il y a eu déjà
47:55deux plans d'adaptation
47:57au changement climatique
47:58depuis 2018
47:59et là,
47:59de nouvelles propositions
48:00doivent être faites
48:01d'ici le mois d'octobre
48:02par la ministre
48:03Monique Barbu.
48:05Ça veut dire
48:05qu'on n'en a pas fait assez,
48:06qu'on n'a pas pris
48:07l'ampleur finalement
48:08de ce phénomène
48:09et qu'est-ce qu'il faudrait
48:13faire pour essayer
48:14de s'adapter finalement
48:16à cette situation,
48:17cette nouvelle situation ?
48:18Je pense qu'il faut faire
48:19au moins trois choses.
48:21Je les suis tous,
48:22les plans d'adaptation
48:24depuis,
48:25je dirais,
48:26autant de ministres
48:27de l'écologie
48:27qu'il y a de nombre d'années
48:29et à chaque fois,
48:32leur point de départ
48:33à eux,
48:33c'est toujours
48:34l'atténuation
48:35et l'atténuation,
48:36c'est souvent
48:36des changements culturels
48:38que la population refuse.
48:40Ce n'est pas à vous
48:41que je vais apprendre
48:41les gilets jaunes,
48:43les ZFE,
48:44les zones à faible émission.
48:47On n'arrive pas,
48:48quelle que soit
48:48la qualité des plans,
48:50à emmener la population.
48:51Donc,
48:52moi,
48:53je préfère,
48:53comme architecte,
48:54d'ailleurs,
48:54c'est mon métier,
48:55je dois fabriquer
48:56des lieux de vie
48:57pour les gens
48:58et aussi pour les vivants
49:00non humains.
49:01Je veux dire,
49:01la perte des chevaux
49:02qui a été évoquée tout à l'heure,
49:04on n'a rien dit dessus,
49:05mais il y a aussi
49:06dans cette forêt
49:07toute quantité d'insectes,
49:08d'oiseaux
49:09qui sont en train
49:10de mourir.
49:10Donc,
49:11c'est vrai que je peux
49:11m'inquiéter des pompiers,
49:12mais autant de la faune.
49:13Je réponds mieux
49:14à votre question.
49:15C'est donc
49:16pas par l'atténuation
49:17qui va trop vite
49:19à l'interdiction,
49:20qui froisse
49:21toutes les populations
49:22qu'on y arrivera.
49:23Je pense au contraire
49:25que les petits exemples
49:26que je fabrique
49:26d'adaptation
49:27qui permettent
49:29à des populations
49:30d'avoir des actions
49:31individuelles
49:32et surtout collectives,
49:34de satisfaction,
49:36les emmènera
49:36à finalement
49:37apprécier
49:38le changement climatique
49:40et d'une certaine manière
49:41le réduire.
49:42Je pense que c'est ça
49:44qu'il faut viser.
49:44Je ne fais jamais
49:45un dessin
49:46sans un préfet
49:47et sans un maire,
49:48c'est-à-dire une action nationale,
49:49mais surtout une action locale.
49:51Et pour vous donner
49:51deux exemples
49:52très simples,
49:53je viens après
49:54les inondations de 2018
49:55à Trèbes
49:56avec le maire
49:57et son préfet
49:58transformer une ville
49:59au nom des inondations.
50:01Et on a transformé
50:0213 hectares.
50:03Vous voyez,
50:03on ne parle que d'hectares
50:04depuis ce soir.
50:04Le feu va plus vite que nous,
50:06mais 13 hectares
50:06dans une ville,
50:07c'est une grande surface.
50:09Le jardin de Luxembourg,
50:10c'est 21.
50:10Cette surface-là
50:12est devenue
50:13un lieu d'action
50:15pour les gens
50:16qui apprennent
50:16la baignade,
50:17qui apprennent la nature,
50:18qui regardent
50:19les poissons dans la rivière
50:19et qui est déjà devenue
50:21un lieu de protection
50:23pour les incendies.
50:24Voilà ce que je cherche
50:25et que je conseillerai
50:26à la ministre
50:27de l'Écologie.
50:29Monique Barbu,
50:29merci Eric Daniel Lacombe.
50:32On va continuer
50:33à vous faire vivre
50:34évidemment
50:35ces événements
50:36dans le Var
50:37et cette reprise
50:37de feu,
50:381000 hectares
50:39déjà brûlés
50:39depuis 13h30,
50:40700 pompiers
50:41toujours à près d'oeuvre,
50:422500 personnes
50:43au moins
50:45évacuées ce soir
50:46dans trois communes.
50:47A tout de suite,
50:48restez avec nous
50:48sur BFMT.
50:49sur BFMT.
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