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  • il y a 1 heure
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:00Vous êtes sur RMC et il est 7h16. C'était hier matin dans Apolline Matin, la ministre de la Santé
00:07Stéphanie Riste annonçait sur RMC sa décision, la décision du gouvernement de doubler le plafond des franchises médicales, la participation
00:16forfaitaire que nous payons lorsque nous achetons une boîte de médicaments ou lorsque nous allons chez le médecin.
00:23Le plafond jusque-là était à 100 euros par an. Il va passer à 200 euros par an, une mesure
00:28qui doit rapporter 750 millions d'euros à l'assurance maladie.
00:31Bonjour Bastien Roux.
00:33Bonjour.
00:34Merci d'être avec nous. Vous présidez la Fédération française des diabétiques, les patients qui souffrent...
00:39Alors je suis le directeur.
00:40Le directeur de la Fédération française des diabétiques, pardon.
00:44Donc des patients qui souffrent de maladies chroniques et qui ne sont pas exemptés de ces franchises, qui ne le
00:50sont pas aujourd'hui, qui ne le seront toujours pas
00:52et qui vont devoir payer eux aussi jusqu'à 200 euros par an. Comment vous avez réagi à cette annonce
00:57?
00:58Plutôt mal. Plutôt mal parce que pour nous, en fait, on est vraiment contre. On en a déjà discuté plusieurs
01:09fois.
01:10Sur le fond, c'est vraiment injuste et inefficace. Et sur la forme, on considère que c'est vraiment un
01:17passage en force.
01:17Pour vous, ce sont les plus fragiles qui vont en gros être mis le plus à contribution pour combler les
01:26déficits ?
01:28Alors oui, on peut dire que ce sont les plus fragiles qui sont mis les plus durement à contribution.
01:36Ce qu'il faut savoir, c'est que les personnes qui se posent de moyens modestes, qui sont en vulnérabilité
01:44sociale,
01:46c'est les personnes qui sont les plus à risque de développer des maladies chroniques.
01:52À titre d'exemple, une personne qui a des revenus modestes a trois fois plus de probabilité de développer un
01:57diabète de type 2
01:58et trois fois plus de probabilité de développer des complications liées à ce diabète.
02:03Donc on sent qu'ils sont déjà impactés par une santé plus précaire.
02:08Et de ce fait, si vous leur demandez un effort supplémentaire pour payer leur santé,
02:17ça va représenter un effort vraiment considérable.
02:22Pour vous, c'est des gens qui risquent tout simplement de renoncer aux soins à cause de ça ?
02:28Absolument. Nous, c'est un risque très important.
02:31Il y a des études qui ont été faites par France Asso Santé sur le reste à charge.
02:36Et des personnes qui ont des revenus modestes ont plus de 50% de risque de renoncer à des soins
02:45pour des personnes qui ont des revenus inférieurs à 2 000 euros.
02:49Ce pourcentage passe à 70%.
02:51Alors le gouvernement insiste sur le fait qu'il y a quand même 18 millions de Français
02:55qui sont exemptés de ces franchises, et notamment les personnes très modestes
03:00qui ont la complémentaire santé solidaire, qui eux ne payent pas ces franchises.
03:05Les très modestes ne les payent pas.
03:06Oui, absolument.
03:08Victor, il y a des messages sur...
03:11Restez bien avec nous, restez bien avec nous, monsieur Roux.
03:13On va juste lire quelques messages de nos auditeurs sur le WhatsApp RMC.
03:18Et notamment Thierry qui est très en colère.
03:20Il nous dit, mon fils est en ALD, affection longue durée.
03:22Alors déjà, moralement, c'est compliqué.
03:24Et maintenant, nous dit-il, pour faire des économies, il va falloir encore plus mettre la main
03:28aux porte-monnaies.
03:29Il nous écrit, moi je veux bien tout entendre, je veux bien faire des efforts.
03:33Mais quand je vois que beaucoup de personnes surconsomment avec leur carte vitale,
03:36je me pose la question, est-ce que c'est vraiment à moi de priver de soins mon fils ?
03:39Oui, parce qu'en fait, le fond de l'histoire, c'est ça, Bastien Roux, c'est le gouvernement
03:44qui tente d'endiguer la surconsommation de médicaments.
03:48La ministre disait hier, on a trop de médicaments dans nos placards, on peut faire un petit effort,
03:52essayer de ne pas racheter systématiquement des boîtes.
03:56Mais ces médicaments, quand on est atteint de maladies chroniques,
04:00il y avait deux types de qui ?
04:02On choisit de les avoir ou on nous les prescrit ?
04:05On les prend pour le plaisir ou pour rester en bonne santé ?
04:09C'est là où on dit qu'en plus d'être injuste, c'est inefficace.
04:13C'est inefficace parce qu'un patient, il n'est pas maître de sa consommation de soins.
04:21Quand il va chez le médecin, ce n'est pas pour le fun,
04:24c'est pour rester en bonne santé.
04:26Pour vous, on se trompe de cible.
04:27Et ce qu'il faut savoir, pour le diabète,
04:31non seulement on se trompe de cible,
04:32mais si vous voulez parler uniquement en termes de coût,
04:35si on veut avoir une approche,
04:37on aime bien les approches comptables, donc pas de problème,
04:41un diabète équilibré, au début, c'est 300 euros.
04:46Un diabète non équilibré, avec des complications, c'est 30 000 euros.
04:52Qu'est-ce qu'on veut ?
04:53On veut que les personnes soient en bonne santé
04:55pour que ça ne nous coûte pas trop cher,
04:57ou on veut que les personnes ne soient pas en bonne santé
05:00pour que ça nous coûte 100 fois plus cher.
05:03On risque de dépenser davantage encore,
05:06et in fine.
05:06Merci beaucoup ce matin
05:08d'avoir été avec nous,
05:09Bastien Roux, président de la Fédération française
05:11des diabétiques, mesure injuste et inefficace.
05:14C'était votre parti pris ce matin.
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