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  • il y a 2 semaines
Mercredi 15 juillet 2026, retrouvez Berenice Deville Fleuriot (Journaliste, BDF Media) dans SMART IMMO, une émission présentée par Fabrice Cousté.

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Transcription
00:15Bonjour, je suis absolument ravie de vous retrouver pour ce tout nouveau Smartimo.
00:19Nous sommes au Forum des Projets Urbains à Lyon, comme vous pouvez le voir dans un lieu incroyable,
00:24chargé d'histoire, le Palais de la Bourse dans le deuxième arrondissement au Cordelier.
00:28On va parler adaptation climatique, comment un guide peut accompagner les collectivités dans ce grand chantier des années à venir,
00:36l'adaptation de nos territoires au réchauffement climatique.
00:40On parlera ensuite santé, comment l'aménagement du territoire influence, peut impacter notre santé.
00:46On en parlera avec Olivia Rousseau et puis on fera un focus sur la ZAC Fernet Genève Innovation,
00:51comment cette ZAC repense les mobilités transfrontalières, puisqu'elle est juste à côté de la Suisse.
00:59C'est tout de suite dans Smartimo.
01:05Dans Smartimo maintenant, nous allons nous intéresser à la manière dont les collectivités peuvent vérifier
01:10que leurs projets urbains répondent parfaitement aux enjeux d'adaptation au changement climatique.
01:16Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Céline Lagan-Bosque, manager transition environnementale,
01:23et Mireille Masson, directrice ville et territoire.
01:27Toutes les deux travaillent au sein d'Algoé.
01:29Bonjour mesdames.
01:30Bonjour.
01:31Avant de rentrer dans le vif du sujet, on va revenir sur vos missions chez Algoé.
01:38Est-ce que vous pouvez nous expliquer la manière dont vous accompagnez justement les collectivités
01:43dans leurs projets urbains et leurs stratégies d'adaptation ?
01:48Oui, alors tout d'abord, Algoé est une société de conseil qui existe depuis près de 70 ans,
01:54qui est une société indépendante et nous intervenons en fait auprès des acteurs publics
01:58depuis la conception, en passant par le pilotage et la mise en oeuvre de leurs projets de transformation.
02:05Nous intervenons depuis la stratégie territoriale planification,
02:13donc dans l'élaboration des schémas régionaux d'aménagement et développement territoriaux,
02:19dans les schémas de cohérence aussi territoriaux, les plans locales d'urbanisme intercommunal,
02:26et également sur des sujets plus globaux de stratégie territoriale, projet de territoire.
02:35Nous intervenons également dans l'élaboration de projets urbains et dans leurs déclinaisons opérationnelles.
02:43Nous réalisons également des feuilles de route sur l'adaptation des changements climatiques, résilience,
02:50mais nous intervenons aussi sur des sujets de développement économique, transition dans les mobilités, l'habitat ou également la sobriété
02:58foncière.
02:59Et alors justement, vous avez accompagné Auvergne-Rhône-Alpes Énergie Environnement et puis la commune de Belleville en Beaujolais,
03:07qui s'est dotée d'un plan guide baptisé Ville Bioclimatique et Positive 2035.
03:13Tout d'abord, de quoi s'agit-il Céline et pourquoi avoir engagé cette démarche ?
03:18Et puis après, on verra ensemble les différents axes.
03:22Alors l'origine de cette démarche, en fait, elle remonte au début du précédent mandat, en 2020.
03:27Quand le mandat a commencé, la ville a voulu mettre en place pas mal de plans différents,
03:31que ce soit des plans de végétalisation, de mobilité, des imperméabilisations.
03:36Et donc très vite, face à cette multiplicité de plans, l'idée, c'est d'elle-même imposer, d'essayer
03:42de structurer un peu tout ça
03:44et d'essayer d'obtenir une vision un peu systémique du territoire.
03:49Donc le plan guide, du coup, la rédaction du plan guide a commencé, rédaction qui s'est achevée en 2022.
03:56En gros, le plan guide est composé de trois axes.
03:59On a le premier axe qui est Belleville en Beaujolais, Ville-Téro.
04:04Donc là, ça va être tout ce qui est autour de la végétalisation, des eaux pluviales, etc.
04:09Ensuite, on va avoir un deuxième axe autour de Belleville en Beaujolais, Ville accueillante et foisonnante.
04:15Donc là, d'essayer de prendre en compte la diversité des populations et aussi d'adapter, justement, le sujet qui
04:24nous concerne,
04:25d'adapter notamment les équipements publics pour faire en sorte aussi que le changement climatique soit pris en compte,
04:31de développer toute la sociabilisation entre les gens, etc.
04:40Et le troisième axe sur Belleville, Ville mobile et apaisée, où là, on va retrouver plutôt des enjeux de mobilité
04:45avec beaucoup de volonté de mettre en place du report modal vers les modes doux, de renforcer les transports structurants,
04:52etc.
04:53Donc de faire évoluer aussi les modes de vie, tout doucement, les modes de déplacement.
04:56Tout à fait.
04:57Alors justement, après plusieurs années de mise en œuvre, pourquoi avoir souhaité évaluer la manière dont les enjeux d'adaptation
05:04au changement climatique étaient réellement intégrés dans ce plan guide et dans les projets qui en découlent ?
05:10Ce que la philosophie de Belleville, et pour le coup là-dessus, nous, Algoé, on ne peut qu'être d
05:16'accord,
05:16c'est le fait qu'un plan guide qui ne vit pas est un plan guide qui devient vite obsolète
05:21et qui n'existe pas.
05:22Donc là, l'idée, c'était vraiment de voir un peu dans quelle mesure le plan guide avait suffisamment pris
05:28en compte les enjeux d'adaptation,
05:30dans quelle mesure le plan guide était aussi, lui, pris en compte dans les projets,
05:34et est-ce qu'il y avait des choses qui avaient besoin d'évoluer aussi sur ce plan guide pour
05:37se mettre à jour par rapport aux enjeux de transition écologique ?
05:41Et alors, vous avez travaillé à partir de trois projets pilotes représentatifs du plan guide, vous allez nous les citer.
05:49Comment vous avez concrètement évalué justement leur capacité à répondre aux vulnérabilités climatiques du territoire ?
05:57Alors, peut-être juste avant ça, le projet qu'on a fait avec la ville de Belleville est dans le
06:04cadre du projet européen INFIRE,
06:06qui est porté en France par Aura 2E, donc Aura Énergie Environnement.
06:12Donc Auvergne, Rhône-Alpes, Énergie Environnement.
06:15C'est ça, tout à fait.
06:16Aura 2E, c'est ça.
06:17C'est ça. Et alors, je vais vous lire le descriptif exact de INFIRE, qui est l'enjeu, en fait,
06:22c'est de trouver des solutions innovantes de financement
06:25pour la planification d'espaces de vie résilients et neutres en carbone.
06:29Et donc, en gros, il y a plusieurs projets pilotes dans le cadre d'INFIRE, et Belleville-en-Beaujolais faisait
06:34partie de ces projets pilotes.
06:36C'est dans ce cadre-là qu'on a travaillé avec Belleville, et donc Aura Énergie Environnement.
06:40D'accord. Et alors, comment vous évaluez concrètement leur capacité à répondre justement à...
06:47Alors, du coup, pour évaluer cette capacité, déjà, on a fait tout un travail d'évaluation dès le début du
06:54projet,
06:55en cadrant le projet avec la mise en place de questions évaluatives.
06:58Oui.
06:59Donc, qu'est-ce qu'on va évaluer ? On va évaluer, est-ce que les enjeux d'adaptation sont
07:03suffisamment présents dans le guide ?
07:05Est-ce qu'on a besoin d'ajustements ? Est-ce que les projets prennent en compte ces...
07:10prennent en compte tout ce qu'il y a dans le plan guide ?
07:13Et donc, pour choisir les projets pilotes, ce qu'on a fait, c'est qu'on a dit,
07:16il faut des projets qui soient suffisamment représentatifs du plan guide, premièrement.
07:23L'avancement des projets a été un autre critère, parce que l'idée, c'était de pouvoir récolter des indicateurs,
07:29et donc des indicateurs idéalement à T0 et à T, projet un peu mis en œuvre, pour pouvoir comparer les
07:36indicateurs.
07:36Et le troisième indicateur, c'était la réplicabilité, parce que l'idée, au travers de ces projets,
07:42c'est justement qu'ils soient pilotes, pilotes pour pouvoir répliquer ça à l'échelle de tous les projets de
07:47Belleville.
07:47Pour pouvoir les démocratiser en quelque sorte.
07:49C'est ça, exactement. Et donc, sur la base de ces critères-là, avec le comité scientifique qui a été
07:55mis en place spécifiquement pour ce projet,
07:56on a choisi trois projets pilotes qu'on a étudiés, sur lesquels on a regardé un peu qu'est-ce
08:03qui avait été mis en place,
08:04est-ce qu'il y a besoin d'ajustements sur les projets, et donc, de par là, sur le plan
08:08guide,
08:09et également, quels sont les indicateurs sur les trois projets pilotes qu'on va retenir en lien avec l'adaptation.
08:15Alors, on va parler maintenant du nerf de la guerre.
08:17Vous avez notamment réalisé une analyse coût-bénéfice, et la question qu'on se pose, c'est l'adaptation au
08:25changement climatique.
08:26Est-ce qu'elle représente nécessairement un surcoût, un surcoût important dans un projet, dans un projet urbain,
08:32ou est-ce surtout une question d'anticipation et de conception en amont ?
08:36Ça veut dire, est-ce qu'on peut réussir à maîtriser ce coût en anticipant,
08:40mais où est-ce que ce surcoût est, on va dire, forcément visible ?
08:47En fait, c'est vraiment ce que vous dites, c'est-à-dire que la prise en compte des enjeux
08:52d'adaptation et des coûts qui vont être liés à ça,
08:54c'est vraiment une question d'anticipation.
08:57Et en fait, il faut vraiment avoir cette vision de coût global, coût global dans le temps,
09:02avec également les coûts liés à l'inaction, justement, et les coûts qui seront là dans le temps.
09:08Donc, le retour sur investissement, c'est un investissement.
09:11Et donc, on peut avoir l'impression, à un certain moment, que ces coûts-là sont des coûts supplémentaires,
09:17mais en fait, si on fait une analyse globale sur le long terme, ce sera lissé.
09:20Voilà, c'est lissé.
09:21Et de toute façon, l'idée, c'est de prendre en compte ces enjeux les plus en amont possibles
09:26pour justement éviter les surcoûts après.
09:28Et parce que de toute façon, clairement, la réglementation impose de plus en plus la prise en compte de ces
09:33enjeux-là.
09:34Là, sur la RE2020, on est sur le seuil 2028.
09:37Après 2031, il y a énormément d'enjeux là-dessus.
09:40Et on est les champions.
09:41On est d'ailleurs les champions en France.
09:43C'est vrai qu'on est le pays, il faut le dire, parce que c'est assez incroyable quand même.
09:47En France, on est vraiment les premiers au niveau mondial.
09:51Donc, on a la TRAC, par exemple, la trajectoire de réchauffement climatique.
09:57Et donc, tous ces sujets-là doivent être pris en compte.
10:00Et puis, pour nous, Algoé, c'est aussi une question de...
10:04Il y a ce côté justice sociale et environnementale, avec toutes ces questions de transition juste,
10:08qui sont des questions, nous, sur lesquelles on travaille beaucoup, parce que c'est quelque chose de très important.
10:13En fait, c'est votre mission.
10:14C'est ça, tout à fait.
10:15C'est ça.
10:16On peut parler de mission sociale, au final, en quelque sorte.
10:20Oui, on peut.
10:21Alors, justement, quels sont les principaux enseignements que vous avez tirés de cette évaluation ?
10:27Donc, le plan guide de Belleville prenait-il déjà suffisamment en compte l'adaptation ?
10:32Ou est-ce que vous avez identifié certains angles morts et des points à renforcer ?
10:36Parce que c'est à ça que ça sert, une analyse, une évaluation.
10:41Alors, la conclusion est, au final, et ça, ça a été une conclusion assez partagée par le comité scientifique et
10:47par Belleville,
10:48que les enjeux d'adaptation n'étaient pas forcément suffisamment pris en compte dans le plan guide.
10:52Donc, à ce niveau-là, il va y avoir des ajustements.
10:56La ville de Belleville était assez contente du travail, notamment, effectué sur les projets pilotes,
11:00parce que ça a été un travail très concret qui a vraiment permis d'avoir des éléments un peu tangibles
11:05sur le plan guide,
11:07avec des indicateurs assez concrets.
11:09Donc, des retours terrain, en fait.
11:10Voilà, c'est ça, tout à fait.
11:11Donc, ça, c'est des éléments qui vont être appropriables assez facilement et rapidement pour le déployer sur d'autres
11:17projets.
11:18Par contre, clairement, tout ce qui est méthodologie d'évaluation, c'est quand même des choses qui sont un peu
11:21plus complexes.
11:22Donc, là, l'idée, c'est pour eux de digérer un peu tout ça et puis de pouvoir l'appliquer
11:27aussi,
11:28mais sur un temps peut-être un peu plus moyen terme.
11:30Alors, vous avez formulé à la fois des recommandations techniques, vous l'avez dit, et des recommandations méthodologiques.
11:36Concrètement, comment peuvent-elles se traduire dans la conduite de futurs projets ?
11:40Alors, déjà, l'idée, par exemple, concrètement, dans le travail et le choix des équipes de maîtrise d'œuvre,
11:47l'idée, ça va être déjà d'intégrer certains des indicateurs dans les consultations,
11:52dans les cahiers des charges des consultations.
11:54Donc, ça veut départ, en fait.
11:55Voilà, c'est ça. Donc, ça veut dire que c'est ce sujet-là beaucoup plus présent.
12:00De mettre aussi le guide de Belleville beaucoup plus présent et obligatoire dans les consultations des équipes.
12:06Donc, de fait, ça.
12:08Et on a eu aussi, alors en gros, il y a eu des propositions d'amélioration technique et méthodologique.
12:14Sur les améliorations techniques, on peut citer, par exemple, essayer de mailler un peu plus finement le territoire
12:22sur tout ce qui va être îlot de fraîcheur pour que ça soit...
12:26Pour qu'il y ait un impact plus grand.
12:28Voilà, c'est ça. On le voit avec le contexte actuel.
12:30Que ça soit la fraîcheur en interne, dans les équipements publics, par exemple,
12:34où est-ce que les habitants peuvent aller en cas de canicule ou les lieux de fraîcheur extérieurs.
12:39On peut avoir un maillage plus fin.
12:40Voilà, c'est ça. Des propositions aussi sur essayer de mettre en place de l'ombrage,
12:45pas forcément qu'au travers de la végétalisation, parce qu'il y a d'autres solutions qui existent.
12:50Sur le bâti, donc.
12:51Voilà, c'est ça, exactement. Donc, voilà, des choses assez concrètes là-dessus.
12:55Alors, pour terminer, c'est vrai que cette méthode expérimentée à Belleville-en-Beaujolais,
12:59on se demande si elle peut être reproduite ailleurs et notamment dans d'autres collectivités.
13:06Est-ce que c'est possible de répliquer cette expérimentation, cette méthode ?
13:12Alors, nous, Algoé, on pense que oui.
13:15Durant ce projet, on a mis en place une analyse coût-bénéfice
13:19pour, en gros, pouvoir évaluer d'un côté les bénéfices
13:23qui ont été apportés par les solutions d'adaptation
13:25et le coût que ces solutions d'adaptation ont engendré.
13:28Et clairement, cette analyse coût-bénéfice, par exemple, c'est quelque chose de très concret
13:33qu'on pourrait tout à fait mettre en place
13:36et accompagner des collectivités, des projets urbains, des projets bâtis
13:40pour mettre en place ça, pour asseoir un peu plus la prise en compte de l'adaptation sur les projets.
13:45Et y compris pour des projets urbains ou des, on va dire, projets immobiliers,
13:49déjà engagés, c'est possible aussi ?
13:52Alors, c'est...
13:53Plus complexe, mais...
13:54C'est un peu plus complexe parce que l'idée, c'est quand même de travailler en amont
13:58et dès l'amont, en fait, de se poser pour se dire
14:01quels indicateurs on va vouloir travailler, quelles sont les thématiques...
14:04La phase en amont est nécessaire.
14:05Voilà, c'est ça.
14:06La phase de conception est quand même assez clé sur le projet.
14:10Merci beaucoup à vous deux.
14:12Merci.
14:17Dans Smartimo, on parle d'un sujet essentiel.
14:20Quels sont les enjeux de santé liés à l'aménagement du territoire ?
14:24Comment promouvoir la santé des habitants, la santé de la population ?
14:29On en discute avec notre invitée, Olivia Rousseau, ingénieure environnement pour Aya Life Designers.
14:35Bonjour, Olivia.
14:36Bonjour.
14:36Alors, quels sont les enjeux de santé liés à l'environnement du territoire ?
14:41Oui, alors effectivement, quand on parle de santé, on pense d'abord généralement à la question du soin,
14:46à la question des équipements de santé.
14:49Mais effectivement, la santé, c'est beaucoup plus large que ça.
14:51Les recherches qui ont été menées ces 20 dernières années sur les questions de santé
14:54nous démontrent qu'en fait, la génétique et les soins médicaux, ça n'influence que 30% de l'état
15:00de santé des populations.
15:01D'accord.
15:01Et qu'en réalité, les modes de vie et l'environnement socio-économique représentent 50% de ce qui détermine
15:07notre santé.
15:08Et les 20% restants, c'est en réalité notre environnement.
15:10Donc, en l'occurrence, notre environnement de vie.
15:14Et donc, quand on parle d'aménagement des territoires, forcément, on peut avoir une influence sur ces fameux 70%
15:19qui vont avoir une influence sur notre cadre de vie et notre mode de vie.
15:22Donc, l'environnement, c'est à la fois le logement, c'est le bâti, c'est le quartier aussi.
15:27J'imagine qu'il y a différents niveaux qui influencent notre santé.
15:31Tout à fait, exactement.
15:32Généralement, en fait, on va parler à la fois des enjeux socio-économiques, de la question des modes de vie,
15:37comme on l'évoquait tout à l'heure,
15:38de notre environnement bâti, mais également de ce à quoi on a accès dans la ville.
15:42Par exemple, les équipements, les services et également la qualité de notre environnement.
15:48L'accès à des espaces verts, par exemple, mais également l'exposition aux nuisances environnementales ou encore le changement climatique.
15:54Alors, justement, le changement climatique, on en parle beaucoup en ce moment avec les fortes chaleurs que l'on a
15:59connues et que l'on va connaître.
16:02Quels sont les publics les plus vulnérables, justement, à ces vagues de chaleur ?
16:08Alors, quand on parle de changement climatique, effectivement, il y a des profils qui vont être plus vulnérables.
16:12Alors, tout le monde est vulnérable en soi, bien évidemment, mais effectivement, certains profils sont plus sensibles et il va
16:17falloir faire plus attention à ce type de profil.
16:19Alors, quel profil en question ?
16:20Eh bien, justement, il va s'agir notamment des personnes âgées, les enfants, les nourrissons, les femmes enceintes, notamment, mais
16:29pas uniquement.
16:29Il va s'agir aussi également des personnes qui travaillent en extérieur quand on parle de la question de la
16:34surchauffure urbaine.
16:35Donc, voilà, on a tout un tas de profils auxquels il faut faire plus attention.
16:38Et si je peux citer un chiffre clé par rapport à ça, on voit à Lyon, par exemple, des études
16:42ont été menées sur la canicule de 2003,
16:44qui est une des canicules qui a le plus marqué notre histoire ces dernières années.
16:48Et effectivement, on a eu 80% de surmortalité par rapport à l'année précédente.
16:53Donc, on voit qu'effectivement, ça a un impact très concret sur la santé en termes de qualité de vie,
16:58bien évidemment, mais parfois sur des pathologies assez concrètes.
17:01Et des personnes qui sont déjà atteintes de maladies chroniques seront plus particulièrement vulnérables aussi aux effets de la canicule,
17:07par exemple, sur la santé.
17:09Alors, justement, comment mieux prendre en compte ces enjeux de santé dans les projets d'aménagement du territoire ?
17:16Alors, évidemment, on parle du réchauffement climatique, mais pas que, on l'a bien compris.
17:20Oui, ça s'inscrit dans un cadre beaucoup plus vaste.
17:23Exactement. Et c'est vrai que nous, chez AIA, on essaye d'adopter une démarche, ce qu'on appelle santé
17:27globale.
17:27Et la démarche de santé globale, c'est justement mieux prendre en compte l'ensemble de ces déterminants de santé.
17:32Donc, c'est établir véritablement un diagnostic du territoire, un portrait du territoire adapté à ces enjeux de santé pour
17:38justement savoir qu'est-ce qu'il faut prendre en compte,
17:40comment les hiérarchiser et comment adapter nos propositions d'aménagement en fonction de ces enjeux-là.
17:45Et quels sont vos... Est-ce que vous pouvez nous donner quelques exemples, justement, de certaines de vos stratégies ou
17:51de certains projets que vous avez lancés, certaines missions ?
17:54Oui, alors, par exemple, on a accompagné la ville de Grenoble en parlant de la région Rhône-Alpes sur cette
17:58prise en compte des enjeux de santé à travers des projets pilotes.
18:02En fait, on accompagne les porteurs de projets sur la prise en compte de ces enjeux, mais également avec une
18:06approche territoriale sur comment mieux favoriser des projets d'aménagement qui soient favorables à la santé,
18:12à travers notamment la publication d'un guide pour les futurs projets immobiliers qui accueillent des logements, avec des indicateurs
18:19clés à prendre en compte, justement, pour favoriser la santé future des habitants.
18:22Donc, pour mieux accompagner les parties prenantes.
18:24Exactement. Et si je peux citer un deuxième exemple, plutôt à l'échelle territoriale, cette fois-ci, on a accompagné
18:29également des territoires au nord-est de l'île de France qui sont très exposés aux enjeux de pollution de
18:34l'air,
18:34notamment, à la prise en compte des enjeux, justement, de nuisances liées au trafic routier dans les PLUI, donc les
18:40plans locaux d'urbanisme intercommunaux.
18:41Et donc, on a fait une démarche avec eux, justement, qui est assez innovante aujourd'hui en France, pour mieux
18:45prendre en compte ces enjeux.
18:47Et cette démarche s'appelle la démarche Modélaire Europa. Il existe un guide ADEME aussi qui a été publié l
18:51'an dernier sur cette démarche-là, si jamais vous voulez en savoir plus.
18:55Eh bien, merci beaucoup, Olivia Rousseau.
18:57Avec plaisir.
19:02Dans Smartimo, nous prenons maintenant la direction du pays de Gex pour découvrir la ZAC, la zone d'aménagement concertée
19:09Fernais-Geneuve Innovation,
19:11quartier Très-Lagrange, un projet d'aménagement particulièrement ambitieux sur le plan environnemental,
19:17mais aussi en matière de mobilité transfrontalière.
19:21Et justement, pour en parler, notre invitée, c'est Maître Sonia Fallot, qui est notaire au sein de l'Office
19:26Chevreux à Lyon
19:28et qui accompagne, justement, la SPL Territoire d'Innovation sur ce projet depuis 2020.
19:33Bonjour Maître.
19:34Bonjour Bernice.
19:35Merci d'être avec nous.
19:36Alors, est-ce que vous pouvez nous parler du rôle du notaire, justement, en droit public immobilier
19:41qui vous amène notamment à accompagner des collectivités et des aménageurs ?
19:46Oui, bien sûr.
19:46Alors, bonjour.
19:47Je suis Sonia Fallot, je suis notaire à Lyon.
19:49Donc, j'interviens aujourd'hui au nom de la Chambre interdépartementale des notaires.
19:54Alors, pour ma part, effectivement, je suis notaire spécialisé en immobilier complexe.
19:58Donc, ça signifie que je suis amenée à travailler avec des opérateurs privés, publics,
20:02dans le cadre des aménagements, des projets urbains.
20:05Voilà.
20:05Et donc, je les accompagne dans les montages des opérations où on a des problématiques
20:09de foncier, d'urbanisme, de droit public, de construction.
20:14Voilà.
20:15Et on fait des montages contractuels, un petit peu en dentelle, qui nécessitent qu'on soit
20:22articulé avec...
20:23Très polyvalent.
20:25Voilà.
20:25Donc, dans le cadre de ces projets, le notaire, c'est plutôt un acteur de sécurisation, des
20:30montages.
20:30On n'est pas à l'origine des projets, mais on est là pour...
20:33C'est un tiers de confiance, en fait.
20:34Exactement.
20:35Donc, on sécurise les sessions.
20:38On essaye d'anticiper les problématiques foncières qui vont se poser, de sécuriser
20:44les servitudes, les structurations des différents îlots qu'on va avoir à l'échelle
20:48de la ZAC.
20:49Voilà.
20:50Et l'idée, c'est de construire dans ces grands projets urbains sur plusieurs années.
20:55Donc, vraiment, d'être assez précis et de surtout anticiper toutes les problématiques
21:01qui vont pouvoir se poser.
21:02Alors, justement, vous accompagnez donc la SPL Territoire d'Innovation sur la ZAC Fermet
21:07Genève Innovation, je l'ai dit.
21:09Pouvez-vous nous présenter ce projet et ses principales ambitions ?
21:12Oui.
21:13Alors, la ZAC Fermet Genève Innovation, c'est un projet urbain qui est situé à Fermet-Voltaire
21:18dans le pays de Gex, qui est à proximité immédiate de Genève, de la Suisse.
21:22C'est un territoire très, très particulier parce que très transfrontalier, avec beaucoup
21:27d'enjeux économiques, une forte pression foncière et très dynamique.
21:32Et donc, là, l'enjeu de ce quartier de la ZAC, c'est que ça porte sur un projet
21:36qui est mixte.
21:36Donc, l'idée, c'est de faire et du logement et des zones d'activité économique.
21:41Et on a bien sûr cette ambition de faciliter les mobilités, beaucoup d'espaces publics
21:48à mettre en place.
21:50Et l'idée, c'est donc de créer un morceau de ville.
21:54Il ne s'agit pas de créer une opération immobilière tout à fait isolée.
21:57Il s'agit vraiment de créer des connexions avec ce qui existe déjà et cette ZAC qui
22:01sort de terre.
22:02Donc, le quartier très Lagrange, lui, il s'inscrit vraiment dans cette logique.
22:06L'idée, c'est de produire du logement, de produire des usages, de structurer les déplacements
22:10et d'essayer de trouver des logements pour cette population qui bouge beaucoup entre
22:17Genève et la France.
22:18C'est vrai que c'est une zone qui est en mouvement.
22:20Alors, vous l'avez évoqué, la question de la mobilité est centrale, avec notamment
22:24le développement du tramway et d'un bus à haut niveau de service.
22:27Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?
22:29Exactement.
22:30Alors, sur le quartier de Très-Lagrange et particulièrement sur cette ZAC, on a énormément
22:35d'enjeux de mobilité, puisqu'effectivement, on a beaucoup, beaucoup de trajets et de mutations
22:41qui se font par des habitants qui sont en France, qui vont travailler en Suisse et inversement.
22:47Alors, c'est plus dans le sens France-Suisse, j'imagine.
22:49C'est plutôt dans l'autre sens.
22:50Effectivement, du coup, on se retrouve avec des ZAC qui sont très, très saturés,
22:53qui sont très sollicités.
22:55Et voilà.
22:56Et l'objectif, c'était de pouvoir essayer de redonner de la cohésion, de faciliter
23:00les déplacements et surtout d'offrir une vraie offre de mobilité qui se distingue
23:05de l'automobile.
23:07Alors, l'idée, ce n'est pas de supprimer complètement l'automobile.
23:10D'ailleurs, il y a un très, très beau lot qui est le B11, qui est consacré sur la ZAC
23:15à du stationnement automobile partagé en amodiation.
23:19Mais effectivement, l'idée, c'est plutôt de favoriser les mobilités 12.
23:22Les 12, donc on a ce bus à haut niveau de service qui se met en place et ce tramway
23:28qui va faire la liaison entre Genève et Fernet-Voltaire.
23:31C'est combien de kilomètres environ ?
23:33Ah, je pense qu'il y a une dizaine de kilomètres.
23:35En fait, on est vraiment juste à la frontière, donc on est très, très proche.
23:39Oui, c'est ça, c'est 10 kilomètres.
23:41Alors, l'un des grands enjeux du projet également, c'est l'adaptation aux vagues de chaleur.
23:45On ne peut pas y échapper, évidemment.
23:47Comment cette ambition se traduit-elle concrètement dans la conception, justement, du futur quartier ?
23:52Encore une fois, futur quartier qui est mixte.
23:54Donc, logement, bureau, commerce ?
23:56C'est ça, exactement.
23:57Alors là, pour le coup, la SPL, Territoire d'Innovation, porte vraiment de très, très
24:02gros enjeux sur la ZAC.
24:04Elle se veut décarbonée.
24:06Il y a des très, très fortes ambitions bas carbone.
24:09Elle est vraiment très résiliente à ce sujet.
24:11On incite les opérateurs à utiliser des matériaux biosourcés, géosourcés, avec de la construction bois.
24:18Donc, l'idée, c'est de limiter.
24:20Et surtout, il y a une très, très grande place qui est faite aux espaces publics aménagés
24:25avec la renaturation des cours d'eau qui jouxtent la ZAC.
24:30Il y a aussi un gros travail qui est fait sur les façades, l'exposition des immeubles.
24:37Donc, l'idée, c'est vraiment d'apporter aujourd'hui un confort thermique aux habitants,
24:42aux utilisateurs.
24:43On ne peut plus aujourd'hui penser la ville de façon isolée en regardant que la constructibilité
24:48ou la desserte.
24:49Il faut vraiment raisonner en termes de confort, tirer le parti, tirer les leçons de ce qu'on
24:55a pu faire, mal faire et essayer d'avoir de grosses ambitions pour essayer de limiter
25:02les impacts de la chaleur.
25:03Pour terminer, un petit mot sur les prix immobiliers, parce que c'est vrai que le pays de Jex
25:06connaît une très forte pression foncière avec des prix qui augmentent, qui sont très
25:11élevés.
25:11Comment parvenir à concilier justement l'accès au logement pour les habitants, les ambitions
25:16environnementales du projet et son équilibre économique ? Ce n'est pas évident.
25:19Non, ce n'est pas évident.
25:21Le parti qui a été pris sur la ZAC Fernet Genève Innovation, c'est d'essayer d'avoir
25:25des usages mixtes.
25:27C'est-à-dire que sur le même lot, vous allez avoir et de l'habitation et des locaux d
25:31'activité.
25:32Donc, ça permet d'équilibrer le bilan de l'opérateur.
25:39Et sur la partie logement, là, c'est pareil.
25:42Il y a un gros, gros effort qui est fait de la part des opérateurs pour limiter le coût
25:46de ces logements, avec des démonstrations de la vie durable, beaucoup de labels qui
25:52sont pris, des plafonnements de prix, ce qu'on utilise aussi assez classiquement dans
26:00le notariat, des clauses antispéculatives.
26:03Donc, l'idée, c'est d'essayer d'offrir à des gens, en tout cas qui répondent à des
26:07conditions de ressources, un logement qui soit accessible, faire du logement abordable.
26:13Essayer de limiter un petit peu cette pression du prix, là, qui est particulièrement
26:19conséquente dans le Paygex.
26:20Merci beaucoup, Maître Fallot.
26:21Merci à vous.
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