- il y a 4 semaines
Le débat avec Noëlle Lenoir, avocate, ancienne ministre
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NewsTranscription
00:00Noël Lenoir, bonjour.
00:01Bonjour.
00:02Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, enfin ce midi plutôt, vous êtes avocate, conseiller d'état, ministre des
00:06affaires européennes entre 2002 et 2004
00:08et vous êtes l'une des premières femmes, vous êtes la première femme juge constitutionnelle en France
00:12et il y a une actualité parmi tant d'autres pour laquelle on a eu envie de vous inviter, c
00:16'est un rapport du Sénat.
00:17Alors d'habitude les rapports du Sénat, on ne peut pas dire qu'ils arrivent à provoquer la polémique,
00:20ils sont plutôt discrets, on ne peut pas dire qu'on en fasse la une des journaux
00:24et pourtant dans le cœur de l'été, un rapport, une mission sur, je cite, les zones grises de l
00:29'information
00:30qui créent un risque, je cite, d'ingérence intérieure.
00:35Quel est le problème de tout ce que je viens d'énoncer Noël Lenoir ?
00:37Alors c'est vrai que ce rapport est extrêmement étonnant, venant de la part d'une assemblée de sages,
00:44puisque c'est ainsi qu'on appelle le Sénat, qui a un petit peu de recul par rapport à l
00:49'actualité d'habitude
00:50et qui est modéré.
00:52Mais ce rapport ne l'est pas.
00:54D'abord parce qu'il touche à un sujet extrêmement sensible,
00:58qui est non seulement celui de la liberté d'expression,
01:00qui, comme vous le savez, dans la déclaration de 1789,
01:05est le droit le plus précieux de l'homme,
01:07c'est-à-dire c'est au-delà de tous les autres droits,
01:11et d'ailleurs, puisque vous évoquiez le Conseil constitutionnel,
01:15la jurisprudence du Conseil constitutionnel fait de la liberté d'information,
01:18c'est-à-dire du pluralisme, de permettre à toute une série de chaînes ou de journaux ou d'acteurs
01:26d'opinion,
01:28c'est une condition essentielle, essentielle au sens d'essence, d'existence de la démocratie.
01:33Donc c'est quand même un sujet très sensible,
01:36et qui est traité d'une façon absolument hallucinante,
01:39parce que ça crée une véritable police de la santé.
01:44Alors, je vais vous expliquer pourquoi.
01:46Je considère que c'est le texte qui pourrait sortir de ce rapport,
01:51qui est quand même totalement décoiffant.
01:52Ce rapport a en effet analysé ce qu'ils appellent les zones grises dans l'information,
01:56et ils ont remarqué que, notamment sur les réseaux sociaux,
01:58on pouvait avoir des déséquilibres avec des personnalités politiques, publiques, d'argent,
02:01qui pousseraient certaines opinions,
02:02et donc qui font une liste de préconisations,
02:04et dans cette préconisation, il y a un motif assez curieux,
02:07puisqu'ils inventent un concept qui est le concept d'ingérence intérieure.
02:12Alors, l'ingérence intérieure, c'est quand même un concept qui résonne très mal.
02:16Alors, je ne veux pas faire de comparaison,
02:19comparaison n'est pas raison,
02:20mais la notion d'ennemi de l'intérieur,
02:22c'est ce qui était utilisé quand même pendant la dernière guerre mondiale
02:25pour désigner les juifs et les résistants.
02:27Et donc, il faut faire très très attention
02:30à ne pas pouvoir laisser supposer
02:33que ceux qui ne sont pas d'accord avec ce qu'on appelle la bien-pensance,
02:37c'est-à-dire, en fait, un petit peu,
02:39pas le bloc central, mais néanmoins,
02:42ceux qui sont au pouvoir,
02:44eh bien, sont des ennemis de l'intérieur.
02:46Ce ne sont pas totalement des terroristes,
02:48mais presque.
02:49Et à cet égard, ça résonne très mal.
02:51Alors, ça n'est sans doute pas mentionné en tant que tel
02:55dans le rapport que j'ai parcouru,
02:57mais j'ai regardé les propositions essentiellement.
03:00Mais néanmoins, on parle de manœuvre en interne.
03:05Et ingérence intérieure,
03:06ça voudrait dire que ceux qui ne sont pas d'accord
03:09avec la majorité au pouvoir,
03:11eh bien, finalement, ne doivent pas avoir le droit à la parole.
03:15Et surtout, ce qui me frappe dans ce rapport,
03:18c'est évidemment la mise en place d'une véritable police de la pensée.
03:22Pour vous, en fait, c'est ça.
03:23Parce que si on se plonge dans le rapport,
03:26et pardonnez-moi de vous interrompre,
03:27mais en effet, ce rapport, en tout cas dans les préconisations,
03:30on entend doter l'État d'outils visant réellement
03:32d'abord à détecter et ensuite à contrer
03:35des récits qui seraient devenus tout d'un coup viraux
03:36sur les réseaux sociaux,
03:37dès que ceux-ci peuvent influencer le cours d'une élection.
03:40Alors, en réalité,
03:42moi, ce que je trouve très bizarre,
03:44c'est que, comme vous le savez,
03:46lorsque François Mitterrand est arrivé au pouvoir,
03:48sa première réforme, c'est les radios libres,
03:51qui étaient interdites,
03:52puisqu'il y avait des monopoles
03:55de radiodiffusion, télévision.
03:57Et donc, c'était les radios libres.
03:59Mais maintenant, tout ce qui est les médias libres,
04:02c'est-à-dire les plateformes,
04:03c'est-à-dire les chaînes vidéo,
04:04c'est-à-dire les réseaux sociaux,
04:07qui augmentent considérablement
04:09le pluralisme de l'information
04:11et qui sont un bien.
04:14Alors, avec, évidemment, des fake news,
04:16avec de la désinformation.
04:18Mais la désinformation,
04:20elle existe aussi
04:22dans les médias officiels.
04:24Puisque, pour ne prendre
04:26l'exemple que du New York Times,
04:28qui est quand même le journal
04:30de référence mondiale
04:32des démocraties,
04:34ils viennent de reconnaître
04:35qu'ils avaient colporté
04:38des fake news
04:39sur les viols
04:41par les soldats israéliens.
04:44Et ils viennent de faire
04:45amende honorable.
04:46Et donc, c'est pas parce qu'on s'appelle
04:49un journal
04:50le New York Times
04:51ou le Monde
04:51ou le Monde
04:52qui a fait l'apologie
04:54des Khmer Rouges,
04:54comme chacun le sait.
04:55Donc, tout ça,
04:56ça n'est pas
04:58du tout convenable
05:00dans une démocratie.
05:01C'est un rapport
05:02extrêmement pessimiste
05:04sur les nouvelles technologies
05:05et c'est un rapport
05:06qui, par
05:08a priori,
05:10considère que
05:10tous les nouveaux médias
05:12eh bien,
05:13peuvent colporter...
05:14sont forcément colportés,
05:15sont des colporteurs
05:17de mauvaises rumeurs,
05:18de puissances étrangères
05:19et d'ingérences.
05:19En gros, c'est ce qui est...
05:20Mais surtout,
05:21ce qui est extrêmement dangereux,
05:23c'est que,
05:25d'abord,
05:26pour ces nouveaux médias,
05:28vous allez avoir
05:29une définition
05:29de ce qu'est la désinformation,
05:31la malinformation
05:33et le trouble
05:34dans l'information.
05:35C'est-à-dire que
05:36c'est totalement contraire
05:38à la jurisprudence
05:39de la Cour européenne
05:40des droits de l'homme
05:41qui dit que,
05:42par définition,
05:43l'information,
05:44la liberté d'expression
05:46peut passer
05:47par une expression
05:48qui choque,
05:49qui trouble.
05:49Noël Lenoir,
05:50ce qui vous,
05:51notamment,
05:51vous interpelle,
05:52c'est qu'à un moment
05:53ou un autre,
05:53l'État puisse
05:56se penser légitime
05:57à exercer
05:58de telles fonctions,
05:59c'est-à-dire
05:59à contrôler
05:59ce qu'est une bonne information,
06:01un bon média,
06:03une bonne source.
06:04C'est ça aussi,
06:04peut-être,
06:04qui est inquiétant
06:05et qu'il faut expliquer
06:06à tous ceux
06:06qui nous écoutent,
06:06c'est que ce n'est pas
06:08le rôle de l'État.
06:09C'est peut-être pour ça
06:10aussi que vous parliez
06:10tout à l'heure
06:11de police de l'État,
06:12police de la pensée.
06:13Alors,
06:14c'est vrai qu'il est proposé
06:15d'augmenter considérablement
06:17le rôle de l'ARCOM
06:18et son pouvoir de sanction,
06:20également la commission
06:21de publication
06:23des publications de presse
06:25et des agences de presse,
06:27également de la CNIL.
06:28Donc,
06:29en réalité,
06:29après l'écologie punitive
06:31sur laquelle on est
06:31un peu revenu
06:32parce que ça avait eu
06:34un impact assez négatif
06:35sur la croissance
06:36au niveau européen,
06:37maintenant,
06:38on est dans
06:38l'information punitive.
06:40C'est-à-dire que
06:40si vous n'êtes pas
06:41dans un canal officiel
06:44de télévision
06:45autorisé par l'ARCOM
06:47ou un organe de presse
06:49subventionné
06:49par l'État,
06:50eh bien,
06:51vous êtes un suspect.
06:52C'est la loi des suspects
06:53de l'information.
06:54Alors,
06:54ça se traduit comment ?
06:55C'est ce que sous-entend
06:56ce rapport,
06:57selon vous ?
06:57Mais c'est explicite.
06:58Dans les recommandations,
06:59qu'est-ce que vous avez ?
07:00D'abord,
07:00moi,
07:01je pense qu'il y a
07:01beaucoup de recommandations
07:03qui devraient être frappées
07:04si c'est traduit
07:05dans une loi
07:06de ce qu'on appelle
07:06l'irrecevabilité financière.
07:08C'est-à-dire,
07:09il y a de nouveaux soutiens
07:10aux organes officiels
07:11qui auront été labellisés
07:13comme convenables
07:14donnant une information
07:16qui doit être fournie.
07:18Ça,
07:18c'est la première chose.
07:20Circonstances aggravantes,
07:20et c'est ça
07:21qui m'a beaucoup choquée,
07:23c'est qu'il est clair
07:25que la future législation
07:27est prévue
07:28pour filtrer l'information
07:30en perspective
07:31des élections présidentielles
07:32de 2027.
07:34Oui,
07:34ça,
07:34c'est clairement affiché.
07:35Et d'ailleurs,
07:35lors des conférences de presse
07:36dont on a tous pu voir
07:39des extraits
07:40sur les réseaux sociaux,
07:40notamment le rapporteur
07:42de cette mission
07:43nous explique
07:44que c'est l'échéance
07:45des prochains mois
07:46qui l'oblige aujourd'hui
07:47à s'intéresser à ce rapport
07:48et à ces questions.
07:49C'est-à-dire que sous-entendu,
07:51le peuple n'est pas raisonnable
07:52puisqu'il s'apprête peut-être
07:54à voter dans un sens
07:56qui ne convient pas.
07:57Eh bien,
07:58il ne faut plus faire confiance
07:59au peuple
08:00et il faut filtrer l'information
08:01qui est bonne pour le peuple.
08:03C'est à peu près ça
08:04la philosophie.
08:05La deuxième chose,
08:06c'est que vous avez
08:07une série de délits,
08:09soit de nouveaux délits,
08:11soit des dispositions
08:12du code pénal
08:13qui sont renforcées
08:14et on arrive
08:15à,
08:16tenez-vous bien,
08:18un délit de diffamation
08:20ou de discrimination
08:22par parole,
08:25par propos,
08:26non intentionnel.
08:28C'est-à-dire qu'une personne
08:30qui se sent éventuellement touchée
08:31pourrait vous attaquer
08:32parce qu'il s'est senti discriminé
08:33même si ce n'était pas votre volonté.
08:34C'est un tout petit peu lunaire.
08:35Voilà.
08:36Donc, c'est très très lunaire.
08:38Ce qu'il y a également à la clé,
08:44c'est...
08:53Mais qui va juger
08:54ce qui est un bon algorithme
08:56ou un mauvais algorithme ?
08:57L'État,
08:57ce qui n'est pas fait
08:58pour nous rassurer.
08:58Avant une très courte page
09:00de publicité,
09:01Noël et Noir,
09:01vous qui êtes quand même
09:02avocate,
09:03vous avez été conseiller d'État,
09:04vous avez été ministre
09:04des Affaires européennes,
09:05vous êtes la première femme
09:06juge constitutionnelle
09:07en France,
09:09comment vous expliquez
09:10tout d'un coup
09:10ce qui semble être
09:11une très lente dérive
09:13de l'État qui tout d'un coup
09:14se pense légitime.
09:16Alors, une fois
09:16à donner un petit brevet
09:18à ce que serait un bon média,
09:19demain à contrôler
09:20les réseaux sociaux
09:21et même dans la bouche
09:22de certains ministres,
09:22on a entendu des déclarations
09:23pendant le Covid,
09:25pendant des périodes de guerre
09:26où tout d'un coup,
09:27l'État s'arroge
09:28certains droits
09:29et on a l'impression
09:29que la liberté
09:30est devenue secondaire.
09:31Comment vous,
09:31vous l'observez ?
09:32Je pense que les gouvernants,
09:35mais ça n'est pas vrai
09:36seulement en France,
09:37c'est vrai aussi en Angleterre
09:38où vous avez
09:39cette même évolution
09:40à telle enseigne
09:41que vous avez des chaînes YouTube
09:42qui partent aux États-Unis
09:43parce que la liberté d'expression
09:45a été considérablement entamée
09:48au Royaume-Uni,
09:50et bien chez nous,
09:51ça va devenir la même chose.
09:52Je pense que les gouvernants
09:54et ceux qui ont exercé
09:55le pouvoir depuis des décennies,
09:57en gros,
09:58centre gauche,
09:58centre droit,
09:59ont peur du peuple.
10:01Parce que le peuple
10:02ne les suit pas.
10:03Je pense que,
10:04confusément,
10:04il y a une peur
10:05du pouvoir du peuple
10:07qui évidemment
10:08est considérablement accrue
10:10par l'ouverture
10:12de ces nouveaux médias
10:13qui sont apportés
10:14de tous.
10:15Je prends un seul exemple,
10:17le périscolaire.
10:19Le périscolaire,
10:20il y a eu des actions
10:21qui ont été menées
10:22pour dénoncer
10:24donc les agressions sexuelles
10:26des gens qui étaient censés,
10:30des agents de la mairie de Paris
10:31qui étaient censés
10:32s'occuper des enfants,
10:33même des bébés,
10:34et qui se comportaient
10:36d'une façon épouvantable
10:37puisqu'il y a même eu
10:38des viols.
10:39La presse classique,
10:41la presse officielle,
10:42qu'elle soit privée
10:43ou qu'elle soit publique,
10:45n'en avait pratiquement
10:46pas rendu compte
10:46pendant les élections.
10:48Il a fallu
10:48que les réseaux sociaux
10:49s'en emparent
10:50après les élections municipales,
10:53notamment à la mairie de Paris,
10:54pour qu'on en parle.
10:55Donc, ça fait peur
10:57puisqu'il n'y a plus
10:59une information
11:00qui est canalisée
11:01véritablement.
11:02Vous avez d'autres sources.
11:04De laisser exister
11:05d'autres sources,
11:06d'autres moyens d'informer aussi,
11:07d'autres personnes aussi.
11:09C'est ça qui est inquiétant.
11:10Et on continue
11:11à parler
11:12de la liberté en France.
11:13Je ne sais pas
11:14si vous avez vu
11:14quelques jours,
11:15le 14 juillet,
11:16l'obligation d'un QR code.
11:17Ça aussi,
11:17on a l'impression
11:18que de tels outils
11:19se généralisent.
11:20Et puis,
11:20même cette petite musique
11:22qui monte
11:22quand on parle
11:23du jugement de Marine Le Pen
11:24avec le pouvoir des juges,
11:25oui ou non en France,
11:26ça fait partie des sujets
11:27sur lesquels
11:28j'aimerais vous entendre,
11:29Noël Lenoir,
11:29en rappelant que vous êtes
11:30avocate,
11:30ancienne conseillère d'État,
11:31ancienne ministre
11:32des Affaires européennes,
11:33première femme juge
11:34constitutionnel en France
11:35et vous restez avec nous
11:36jusqu'à midi et demi.
11:37A tout de suite
11:37sur Sud Radio.
11:41Ça continue à discuter
11:43notamment en studio
11:43avec notre invitée
11:44qui reste avec nous
11:45jusqu'à midi,
11:4530 Noël Lenoir,
11:47avocate,
11:48ancienne conseillère d'État,
11:49ministre des Affaires européennes
11:50qui est connue
11:51pour beaucoup de choses
11:52en France,
11:52première femme juge
11:53constitutionnelle également.
11:54Et on avait envie
11:55de vous recevoir
11:55Noël Lenoir
11:56notamment sur ce rapport
11:57qui fait beaucoup de bruit,
11:58mission flash
11:59pour être totalement exact
12:00du Sénat
12:00qui tente de s'interroger
12:01sur les fameuses
12:02zones grises de l'information
12:04avec ensuite
12:05des propositions
12:05pour essayer de mieux
12:06maîtriser cette grande
12:07zone floue
12:08qui font énormément réagir.
12:09Notamment,
12:10on en a parlé ensemble
12:11avec vous à l'instant,
12:12cette notion
12:12d'ingérence étrangère
12:14mais là aussi
12:14où on reconnaît
12:15qu'on est quand même
12:16bien en France.
12:16Ingérence intérieure.
12:17Ingérence,
12:18vous avez raison,
12:19intérieure.
12:20Ce serait la création
12:21d'un comité
12:23qui serait en fait
12:24le responsable
12:25de toute cette surveillance
12:26et c'est vrai que
12:26quand on gratte un peu,
12:28on s'aperçoit
12:28que ce serait toujours
12:30un peu les mêmes
12:30qui pensent bien,
12:31je le mets entre guillemets,
12:32qui seraient à l'origine
12:33de cette surveillance.
12:35Alors moi,
12:35ce que je trouve très gênant,
12:36d'une part,
12:37on a beaucoup,
12:38beaucoup,
12:38beaucoup critiqué
12:39ce qu'on appelait
12:40dans le temps
12:41du temps de De Gaulle
12:41la voix de son maître.
12:43Mais c'était clair.
12:44C'est-à-dire,
12:45il y avait un régime politique
12:46et il y avait
12:46un monopole
12:49de la radio
12:50et de la télévision.
12:52Mais c'était clair,
12:53c'était transparent.
12:54Aujourd'hui,
12:55ça n'est pas transparent.
12:57C'est-à-dire que
12:59vouloir confier
12:59à un organe
13:00purement privé,
13:02alors j'ai entendu parler,
13:04ça n'est plus
13:07RSF,
13:07Reporters sans frontières,
13:09qui était quand même
13:10un tout petit peu
13:10une grosse ficelle,
13:12si je peux me permettre
13:12ce terme un peu familier,
13:15parce que
13:16RSF,
13:16sur leur site internet,
13:18ils ont une obsession
13:19contre Bolloré.
13:20Ils veulent solder,
13:22ils veulent liquider
13:23ou voire liquider
13:24le groupe Bolloré,
13:25le groupe de médias Bolloré.
13:26C'est un groupe politique
13:27en France par ailleurs.
13:28Oui,
13:28donc c'était un peu gros
13:29et donc ce n'est pas passé.
13:31Mais là maintenant,
13:32on nous propose
13:33un organe
13:35purement privé.
13:37Alors c'est quand même
13:38hallucinant.
13:39C'est-à-dire que,
13:42alors on a parlé
13:43d'une fondation
13:43dite Descartes,
13:44je ne sais pas
13:45si c'est confirmé.
13:46En tout cas,
13:46c'est dans un article
13:47du Figaro
13:47écrit par Paul Sugil
13:48et l'information
13:49semblait déroutée.
13:49Alors cette fondation,
13:51qui était jusqu'ici
13:52assez peu connue,
13:53a été créée par un couple
13:54dont un HEC,
13:57et il y a toute une polémique
13:58sur son financement
13:59puisqu'il ne publie pas
14:02le nom de ses mécènes.
14:04Alors on confierait
14:06une mission de service public
14:08qui n'est même pas
14:09de service public,
14:10qui est de censure.
14:11Un accord privé
14:12dont on ne sait pas
14:13comment il est rémunéré.
14:14de censure.
14:15Puisque vous pouvez
14:16suspendre une plateforme,
14:18suspendre son algorithme,
14:20infliger des sanctions
14:20considérables,
14:21et vous pouvez aussi
14:23déléguer l'Arcom
14:25pour empêcher
14:27un média
14:28de percevoir
14:29des recettes publicitaires.
14:31On n'a jamais vu ça
14:32depuis l'Union soviétique.
14:35Jamais.
14:35À ce point.
14:37Et moi je considère
14:39que ce rapport
14:41dont certains signataires
14:42sont peut-être
14:43de bonne foi
14:43et d'autres
14:45se sont fait circonvenir,
14:47est parti d'un biais.
14:49D'un biais cognitif
14:51qui est que
14:52tout ce qui est maîtrisé
14:54via des subventions
14:55plus ou moins justifiées
14:56d'ailleurs
14:57pour des organes de presse
14:58ou via l'attribution
14:59de fréquences
15:00par l'Arcom,
15:02tout ce qui échappe
15:03au pouvoir central
15:04est suspect.
15:05Donc comme je le disais
15:06tout à l'heure,
15:07c'est la loi des suspects.
15:08Et d'autre part,
15:10évidemment,
15:10ce sont les plateformes
15:11américaines.
15:14puisque l'Europe
15:15malheureusement
15:16a eu
15:18un positionnement
15:19vis-à-vis du numérique
15:21qui continue d'ailleurs
15:22d'être le sien
15:23uniquement punitif
15:25avec d'abord
15:25les autorités
15:26de supervision
15:27informatique
15:28et liberté
15:28dont la CNIL.
15:29Donc on sanctionne Google
15:31à hauteur
15:32de plusieurs milliards
15:33mais on est incapables
15:34nous-mêmes
15:34d'avoir un Google.
15:35Et d'avoir des géants
15:36européens,
15:37c'est d'ailleurs
15:37bien aussi le cas
15:38sur d'autres éléments
15:39comme l'intelligence
15:40artificielle et autres.
15:41Et alors ce qui est très inquiétant
15:42dans ce rapport
15:43du point de vue
15:44de la souveraineté nationale,
15:46c'est qu'il y a
15:47une espèce de porosité
15:48avec la Commission européenne.
15:50Par exemple,
15:50il est proposé
15:52par les auteurs
15:53de ce rapport,
15:54donc les trois partis,
15:56Parti socialiste,
15:57enfin groupe socialiste,
15:58le centre et le LR,
15:59le centre
16:00et les républicains,
16:01il est proposé
16:03de faciliter
16:04la transmission
16:04de pièces pénales
16:05dans le cadre
16:06d'un procès pénal
16:09par exemple
16:09en diffamation
16:10à la Commission européenne
16:12pour qu'elle puisse sanctionner.
16:14Mais où est le secret
16:16de l'instruction ?
16:17Où est la souveraineté ?
16:20Et,
16:21à ma connaissance,
16:23il n'y a pas
16:25un transfert
16:26de la compétence
16:29juridictionnaire
16:30pénale
16:31à l'Europe.
16:32Donc je trouve
16:32qu'il y a beaucoup,
16:33beaucoup...
16:34Donc il y a beaucoup
16:35d'inconnus,
16:35il y a beaucoup
16:36visiblement
16:36d'éléments flous
16:37vu la polémique
16:38que provoque ce rapport.
16:39Je suis sûr
16:39qu'on va encore
16:40en parler
16:40dans les prochains jours
16:41et les prochaines semaines
16:42mais plus largement
16:42aussi sur la liberté.
16:44Il nous reste
16:45trois minutes,
16:45Noël Lenoir.
16:46J'aimerais vous entendre
16:47déjà,
16:47vous venez de citer
16:48trois partis politiques,
16:49le centre,
16:50la gauche,
16:50la droite.
16:51Qu'est-ce qui se passe
16:51même du côté de la droite ?
16:53On se rappelle
16:53d'un temps pas si lointain
16:55où la droite
16:55était censée défendre
16:56la liberté.
16:57Qu'est-ce qui se passe ?
16:57Ils ont oublié
16:58ce combat-là,
16:58ils ne veulent plus le faire,
16:59ils n'aiment plus la liberté
17:00aujourd'hui à droite ?
17:01Alors,
17:01David Lysnard
17:02a eu des propos
17:04tout à fait justes
17:06et je vous recommande
17:07un de ses collaborateurs
17:09qui a fait un article
17:10dans la nouvelle revue
17:12politique
17:12d'Arnaud Benedetti
17:14qui montre
17:14qu'il y a une méconnaissance
17:15totale
17:16de la notion d'algorithme
17:17de la part des auteurs
17:18de ce rapport.
17:19C'est très intéressant.
17:21Madame Évren
17:23a cru bon
17:23de dire qu'en fait
17:24elle avait dit ceci
17:25mais qu'elle n'avait pas dit cela
17:26mais qu'il fallait comprendre
17:28que je n'ai pas très bien compris.
17:30Je pense qu'on attend
17:31en perspective
17:32des élections présidentielles
17:34des mises au point
17:35et j'espère que
17:36ces mises au point
17:37vont aboutir
17:39à mettre ce rapport
17:40au fond d'un tiroir
17:42comme tant d'autres rapports
17:43aussi méritoires
17:44que celui-là.
17:45Et c'est frappant
17:47cette semaine encore
17:47on avait sur cette antenne
17:49et pendant cette heure-ci
17:50tout un débat
17:50sur la liberté
17:52on se rappelle
17:52du 14 juillet
17:53on avait souvent critiqué
17:54des 14 juillets
17:55avec une sécurité
17:56un peu trop importante
17:58qui empêchait
17:58les gens de venir
17:59là on a eu une nouveauté
18:00qui ça a fait suite
18:01d'ailleurs à une bataille juridique
18:03qui a duré jusqu'à 3-4 heures
18:04du matin
18:05avec l'obligation
18:06d'un QR code
18:07simplement pour pouvoir
18:08assister aux festivités
18:09on sait ce que cela pose
18:10comme problème
18:11notamment des données
18:12qui seraient récupérées
18:13par l'État
18:14ou même la façon
18:15dont ça a été fait
18:15comme si on voulait
18:16empêcher les gens de venir
18:17vous comment vous avez observé ça
18:18est-ce que tous ceux
18:19qui ont parlé à un moment
18:20de dérive autoritaire
18:21par exemple
18:22c'est des mots
18:22que vous pourriez vous reprendre
18:23Noël et moi ?
18:24Alors je suis un petit peu
18:25plus nuancée sur le QR code
18:26parce que
18:28de même que
18:29la reconnaissance faciale
18:30quand il y a des black blocs
18:32qui...
18:32voilà
18:33je pense que
18:35s'il est vrai
18:36qu'il y avait des craintes
18:38de violence
18:38ou d'attentat
18:40le prix à payer
18:41c'est un tout petit peu
18:42moins d'anonymat
18:43et donc moi
18:44je n'ai pas les éléments
18:45de ce dossier
18:46et je trouve
18:47qu'il y a quand même
18:48une dissymétrie
18:49entre un rapport
18:49qui veut museler
18:50ou qui pourrait
18:52aboutir à museler
18:53des opposants
18:54y compris des opposants
18:55politiques
18:55avant les élections
18:56présidentielles
18:57et puis le QR code
18:59je suis un tout petit peu
19:00plus nuancée
19:01sur ce point
19:02si vous permettez
19:03Mais bien sûr
19:04que je vous permets
19:04la question étant
19:05que vous savez comme moi
19:06j'imagine que le chemin
19:07de la liberté
19:07est parfois raide
19:08et qu'il faut essayer
19:09d'y éviter
19:10les pierres qui s'y cachent
19:11une dernière question
19:12quand même
19:12on n'arrête pas
19:13de parler
19:14notamment avec
19:15l'affaire Marine Le Pen
19:17régulièrement
19:17à la suite
19:18des prises de parole
19:19de Gérald Darmanin
19:20notamment du pouvoir
19:23judiciaire en France
19:24parfois même
19:24du pouvoir des juges
19:25est-ce que vous
19:26dans les prochains mois
19:27quand on sait
19:27notamment que Marine Le Pen
19:28a décidé de faire
19:29un pouvoir en cassation
19:30que la cour de cassation
19:31a dit qu'elle allait essayer
19:33après le premier tour
19:34de la présidentielle
19:34de rendre sa décision
19:35est-ce que le fameux
19:36pouvoir judiciaire
19:37et j'y mets volontairement
19:38des guillemets
19:39est quelque chose
19:39qui vous inquiète
19:40pour cette campagne présidentielle
19:41vous Noël Lenoir ?
19:42Alors le pouvoir judiciaire
19:44les juges reconnaissent eux-mêmes
19:45qu'ils n'ont jamais eu
19:46autant de pouvoir
19:47depuis très longtemps
19:49et par conséquent
19:50ils en sont conscients
19:52si vous parlez
19:53de l'arrêt d'appel
19:55sur le procès
19:56qui a été fait
19:57à Madame Le Pen
19:57pour l'utilisation
19:59de permanente partie
20:01comme assistant parlementaire
20:02je trouve que
20:03alors je ne parle pas
20:04de ce qui fait l'objet
20:05du pourvoi
20:06c'est-à-dire
20:06la condamnation
20:07pour des faits
20:08qui ont été qualifiés
20:10pénalement
20:10de détournement
20:11de fonds publics
20:12parce que là
20:12il y a un vrai débat juridique
20:13je trouve que
20:14ici
20:15on a quand même
20:16un exemple
20:17alors c'est le pouvoir
20:18du juge
20:19d'une leçon de droit
20:20qui est donnée
20:21par la cour d'appel
20:22au tribunal correctionnel
20:24de Paris
20:24et donc
20:25je pense que
20:26quand le juge
20:27fait du droit
20:28et
20:28moins de morale
20:30et pas du tout
20:31de politique
20:31et bien
20:33il se rapproche
20:34des citoyens
20:34puisqu'ils parlent
20:35et ils statuent
20:37en leur nom
20:37et là
20:38donc il faut laisser
20:39ce pourvoi
20:41disons
20:42avoir lieu
20:43et il faut faire
20:44quand même confiance
20:44puisqu'on n'a pas
20:45d'autre choix
20:46à la sagesse
20:48de la cour de cassation
20:48Merci beaucoup
20:49Noël Lenoir
20:50d'avoir été
20:50mon invité
20:51entre midi et midi 30
20:52sur Sud Radio
20:52avocate
20:53enseigne conseillère d'état
20:55ministre des affaires européennes
20:56connue
20:56pour de nombreux travaux
20:58et première femme
20:58juge constitutionnel en France
20:59merci beaucoup
21:00d'avoir apporté
21:01votre éclairage
21:01et votre savoir
21:02sur ce rapport
21:02dont on va certainement
21:03continuer à parler
21:04plus largement
21:04sur l'état des libertés
21:06en France
21:06c'est d'une certaine manière
21:08un sujet qu'on va poursuivre
21:09avec les auditeurs
21:09Mathéo entre midi 30
21:10et 13h
21:11Exactement Maxime
21:12sur ce sujet
21:13qui vous a fait réagir
21:14ce matin
21:15ce soutien public
21:16d'Elon Musk
21:17à Marine Le Pen
21:18sur son réseau social X
21:19qui va en elle
21:20le dernier espoir
21:21pour la France
21:22et nous on vous pose
21:23donc cette question
21:24au 0826 300 300
21:26le milliardaire
21:29truque-t-il
21:29l'élection présidentielle ?
21:31Rien que ça
21:31vous avez entendu
21:32le programme
21:32midi 30 13h
21:33vous en avez l'habitude
21:34désormais
21:34et ce jusqu'à la fin de l'été
21:35c'est la France
21:36au bout du fil
21:370826 300 300
21:38à tout de suite
21:39à tout de suite
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