Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 15 heures
C'est un fléau qui touche absolument toutes les villes : le protoxyde d'azote, ou gaz hilarant, dont l'usage détourné explose, surtout auprès des jeunes qui l'utilisent dans un but récréatif, malgré les risques pour la santé (atteinte neurologiques notamment). Le gouvernement entend réguler la vente et la détention de ce produit - qui n'est pas considéré comme une drogue - avec son projet de loi "Ripost", qui a été adopté mercredi 15 juillet à l'Assemblée, après son adoption au Sénat. Rémi Vallez est le correspondant de RTL à Nîmes, une ville, comme beaucoup d'autres, envahie par ces encombrantes bombonnes de gaz hilarant...
Regardez RTL Événement avec Rémi Vallez du 16 juillet 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01RTL événement
00:02Et notre événement ce matin sur ce fléau du protoxyde d'azote, surnommé vous le savez gazilérant,
00:07qui est ce produit vendu à la base dans le commerce, légalement pour la cuisine par exemple,
00:12mais qui est détourné comme une drogue, de plus en plus de jeunes en consomment et c'est évidemment très
00:17dangereux pour la santé.
00:18Et donc pour tenter d'endiguer le phénomène, l'Assemblée a voté hier pour un durcissement des peines quand on
00:23en consomme
00:23ou quand on conduit par exemple après en avoir pris.
00:27Bonjour Rémi Vallès.
00:28Bonjour à tous.
00:29Vous êtes à Nîmes où justement le protoxyde d'azote est un fléau parce qu'il envahit les rues également.
00:35Trois fois par semaine, Barbara vient courir dans ce grand parc à l'est de Nîmes
00:39et à chaque footing, elle tombe sur des bouteilles de gazilérant.
00:42J'en ai vu des bonbonnes comme ça, là-bas jetées, ici et je crois aussi dans le parking, là
00:48-bas derrière vous.
00:48Je sais les effets au cerveau irréversibles, les dégâts sur cette jeunesse inconsciente.
00:55Je ne vois pas pourquoi ils se détruisent comme ça.
00:58Tunis orange sur le dos, Steve fait partie de la vingtaine d'agents de propreté de la ville de Nîmes
01:03chargés de ramasser ces bonbonnes.
01:04C'est un fléau, c'est vrai que là maintenant ça devient le quotidien de tout le monde, on ramasse
01:08une dizaine par jour chacun.
01:10Ils ont même maintenant des goûts spécialisés à l'ananas, n'importe quoi.
01:14On les a même vus se droguer en voiture, ils inhalent avec le ballon comme ça, les gens ils jettent
01:18n'importe où, ils jettent par la fenêtre.
01:19Les voitures elles peuvent rouler dessus, ça devient projectile du coup, on peut se faire renverser en ramassant des bonbonnes
01:24comme ça.
01:24Depuis le début de l'année, plus de 10 000 bouteilles de gaz et la rente étaient collectées par les
01:28agents de la ville de Nîmes.
01:30Et Rémi, justement ces bonbonnes, elles représentent un coût énorme pour la collectivité ?
01:34Oui, car il n'existe pas encore de filière véritablement dédiée au recyclage.
01:38A Nîmes, la ville fait donc appel à un prestataire, explique Eric Cambon, chef de service au centre de valorisation
01:44des déchets.
01:44Le budget déchet pour une ville comme Nîmes, il est énorme, c'est un million d'euros, sans les protoxydes.
01:49Quand vous rajoutez les protoxydes, ça nous coûte entre 100 000 et 300 000 chaque année.
01:52Et là-dessus, on ne peut pas récupérer la TVA, il n'y a pas d'éco-organisme.
01:56Des débuts, dès qu'on le collecte, jusqu'à sa destruction, il ne fait que coûter.
02:00Ce n'est pas un déchet qui est revalorisable, le gaz est détruit, là que l'enveloppe en ferraillant qui
02:04est revalorisable.
02:05Mais bon, ce n'est pas grand-chose par rapport au coût, proprement dit, de la destruction du gaz.
02:09Eric Cambon plaide pour un soutien financier de l'État, autrement, explique-t-il, on ne pourra plus faire face,
02:14et ce seront les administrés qui devront payer le surcoût que représentent ces bonbonnes.
02:18Et ce fléau de l'explosion de la consommation de protoxydes d'azote, il chamboule aussi la justice et la
02:24police ?
02:24Oui, le phénomène est tel qu'à Nîmes, les policiers commencent à se sentir un peu à l'étroit dans
02:29les commissariats,
02:29constate Wissem Guesmi, secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité dans le Gard.
02:34Sur le commissariat de Nîmes, nous stockons environ 3000 bonbonnes de protoxydes d'azote, donc saisies.
02:39On parle de bouteilles sous pression avec du gaz, on ne peut pas les stocker n'importe comment.
02:43Il y a des protocoles de sécurité très stricts pour le stockage et pour la destruction.
02:47Derrière, ça représente aussi un coût énorme pour l'administration,
02:50parce que la destruction de ce type de produit nécessite des procédures spécifiques.
02:54Donc oui, le stockage est très compliqué aujourd'hui.
02:56Le policier, qui se dit très favorable à la loi Riposte, estime toutefois qu'elle ne suffira pas
03:01si l'accent n'est pas avant tout mis sur la prévention,
03:04surtout auprès des jeunes consommateurs de protoxydes d'azote.
03:07Merci beaucoup Rémi Vallès à Annie Mertel.

Recommandations