00:01RTL événement
00:02Et notre événement ce matin sur ce fléau du protoxyde d'azote, surnommé vous le savez gazilérant,
00:07qui est ce produit vendu à la base dans le commerce, légalement pour la cuisine par exemple,
00:12mais qui est détourné comme une drogue, de plus en plus de jeunes en consomment et c'est évidemment très
00:17dangereux pour la santé.
00:18Et donc pour tenter d'endiguer le phénomène, l'Assemblée a voté hier pour un durcissement des peines quand on
00:23en consomme
00:23ou quand on conduit par exemple après en avoir pris.
00:27Bonjour Rémi Vallès.
00:28Bonjour à tous.
00:29Vous êtes à Nîmes où justement le protoxyde d'azote est un fléau parce qu'il envahit les rues également.
00:35Trois fois par semaine, Barbara vient courir dans ce grand parc à l'est de Nîmes
00:39et à chaque footing, elle tombe sur des bouteilles de gazilérant.
00:42J'en ai vu des bonbonnes comme ça, là-bas jetées, ici et je crois aussi dans le parking, là
00:48-bas derrière vous.
00:48Je sais les effets au cerveau irréversibles, les dégâts sur cette jeunesse inconsciente.
00:55Je ne vois pas pourquoi ils se détruisent comme ça.
00:58Tunis orange sur le dos, Steve fait partie de la vingtaine d'agents de propreté de la ville de Nîmes
01:03chargés de ramasser ces bonbonnes.
01:04C'est un fléau, c'est vrai que là maintenant ça devient le quotidien de tout le monde, on ramasse
01:08une dizaine par jour chacun.
01:10Ils ont même maintenant des goûts spécialisés à l'ananas, n'importe quoi.
01:14On les a même vus se droguer en voiture, ils inhalent avec le ballon comme ça, les gens ils jettent
01:18n'importe où, ils jettent par la fenêtre.
01:19Les voitures elles peuvent rouler dessus, ça devient projectile du coup, on peut se faire renverser en ramassant des bonbonnes
01:24comme ça.
01:24Depuis le début de l'année, plus de 10 000 bouteilles de gaz et la rente étaient collectées par les
01:28agents de la ville de Nîmes.
01:30Et Rémi, justement ces bonbonnes, elles représentent un coût énorme pour la collectivité ?
01:34Oui, car il n'existe pas encore de filière véritablement dédiée au recyclage.
01:38A Nîmes, la ville fait donc appel à un prestataire, explique Eric Cambon, chef de service au centre de valorisation
01:44des déchets.
01:44Le budget déchet pour une ville comme Nîmes, il est énorme, c'est un million d'euros, sans les protoxydes.
01:49Quand vous rajoutez les protoxydes, ça nous coûte entre 100 000 et 300 000 chaque année.
01:52Et là-dessus, on ne peut pas récupérer la TVA, il n'y a pas d'éco-organisme.
01:56Des débuts, dès qu'on le collecte, jusqu'à sa destruction, il ne fait que coûter.
02:00Ce n'est pas un déchet qui est revalorisable, le gaz est détruit, là que l'enveloppe en ferraillant qui
02:04est revalorisable.
02:05Mais bon, ce n'est pas grand-chose par rapport au coût, proprement dit, de la destruction du gaz.
02:09Eric Cambon plaide pour un soutien financier de l'État, autrement, explique-t-il, on ne pourra plus faire face,
02:14et ce seront les administrés qui devront payer le surcoût que représentent ces bonbonnes.
02:18Et ce fléau de l'explosion de la consommation de protoxydes d'azote, il chamboule aussi la justice et la
02:24police ?
02:24Oui, le phénomène est tel qu'à Nîmes, les policiers commencent à se sentir un peu à l'étroit dans
02:29les commissariats,
02:29constate Wissem Guesmi, secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité dans le Gard.
02:34Sur le commissariat de Nîmes, nous stockons environ 3000 bonbonnes de protoxydes d'azote, donc saisies.
02:39On parle de bouteilles sous pression avec du gaz, on ne peut pas les stocker n'importe comment.
02:43Il y a des protocoles de sécurité très stricts pour le stockage et pour la destruction.
02:47Derrière, ça représente aussi un coût énorme pour l'administration,
02:50parce que la destruction de ce type de produit nécessite des procédures spécifiques.
02:54Donc oui, le stockage est très compliqué aujourd'hui.
02:56Le policier, qui se dit très favorable à la loi Riposte, estime toutefois qu'elle ne suffira pas
03:01si l'accent n'est pas avant tout mis sur la prévention,
03:04surtout auprès des jeunes consommateurs de protoxydes d'azote.
03:07Merci beaucoup Rémi Vallès à Annie Mertel.