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  • il y a 2 jours
Les débats de l'été avec François Pierrard, directeur de l'Observatoire Hexagone

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##LE_FACE_A_FACE_ETE-2026-07-15##

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Transcription
00:00Sud Radio, les débats de l'été, 10h-13h, Maxime Liedot.
00:04Midi 3 sur Sud Radio, on vous accompagne jusqu'à 13h, 0826 300 300 pour réagir,
00:09et une heure désormais qui vous appartient, et on va essayer de la cadrer avec vous cette heure.
00:14Mathéo Lamblot, bonjour.
00:15Bonjour Maxime, bonjour à toutes et à tous.
00:16Qu'est-ce qui nous attend pour la prochaine heure sur Sud Radio, jusqu'à 13h ?
00:19Et alors, dans un instant Maxime, vous recevez François Pierard, directeur de l'Observatoire Hexagone.
00:24Il viendra nous parler de cette étude sur le terrorisme islamiste en Europe,
00:27avec des chiffres assez préoccupants, puisque depuis 2012, la France a subi en moyenne 4 attentats par an.
00:34Elle déplore près de 300 morts, soit 62% des victimes d'attentats islamistes en Europe,
00:39ce qui en fait le pays le plus durement touché du continent.
00:42Et ensuite, à midi et demi, on vous donne la parole sur Sud Radio, comme vous en avez l'habitude,
00:46chers auditeurs.
00:47Donc venez réagir au 0826 300 300.
00:51Et sur ce sujet, c'est la France au bout du fil, midi, 30-13h, vous avez raison de le
00:54dire.
00:54Vous avez été nombreux à réagir, Mathéo, ce matin, à ce sujet sur la fin de vie,
00:57avec cette décision, un vote déjà qui interviendra dans quelques heures à l'Assemblée nationale,
01:02et un Premier ministre qui a décidé de saisir le Conseil constitutionnel.
01:05Et la question qu'on posait ce matin, c'est finalement, est-ce qu'on peut mourir dans la dignité
01:09?
01:10Est-ce que c'est à l'état de se mêler de ces choses-là ?
01:12C'est sur ces sujets qu'on va interroger les auditeurs, notamment.
01:14Exactement, Maxime.
01:15Et donc, c'est très simple, vous connaissez les réflexes.
01:18Vous avez le site sudradio.fr, vous avez les réseaux sociaux, l'application, bien sûr.
01:22Et le 0826 300 300, mais pour le moment, midi 5, notre grand entretien.
01:28Et on est avec vous, François Pierard. Bonjour.
01:31Merci beaucoup d'être avec nous ce midi.
01:32Vous êtes le directeur de l'Observatoire Hexagone.
01:35Et ça tombe bien parce que vous venez de publier ce qu'on appelle une enquête, une étude,
01:39un rapport sur la France qui est un pays meurtri par le terrorisme islamiste,
01:43alors qu'hier encore, on se remémorait de façon douloureuse ce qui s'était passé il y a 10 ans,
01:48en 2016, à Nice, un 14 juillet.
01:51C'est ça aussi qui vous a poussé, j'imagine, à essayer de prendre un peu de hauteur
01:54et à essayer de comprendre si c'était la marque de cet anniversaire ?
01:59Absolument. Ça fait 10 ans que la France a été meurtrie par les attentats de Nice.
02:03Il s'agirait de ne pas oublier que la menace terroriste est toujours présente.
02:08En tout cas, les Français, eux, ne l'ont pas oublié,
02:11puisqu'on a aujourd'hui encore 73% des Français, d'après un sondage qui a été effectué en novembre,
02:16qui sont encore inquiets par la menace terroriste.
02:19On a même un Français sur dix qui cite encore la menace terroriste
02:23comme l'une des trois préoccupations principales à ce stade.
02:27Et donc, il s'agissait de continuer à publier sur cette menace
02:32que ressentent encore les Français.
02:34Et comment on travaille sur une...
02:37Parce que c'est quand même un projet avec, j'imagine,
02:40beaucoup... ça demande beaucoup de temps, beaucoup de ressources.
02:42C'est toujours important, quand on évoque une étude et un rapport,
02:45d'expliquer à la méthodologie comment vous avez travaillé,
02:47le temps que ça vous a pris.
02:48Alors, c'est une enquête qui est issue principalement de sources.
02:52Déjà, il faut savoir qu'en France, il y a une fondation qui s'appelle la Fondapol,
02:58la Fondation pour l'innovation politique,
02:59qui travaille depuis longtemps sur ces sujets d'islamisme
03:02et qui entretient une base de données extraordinaire sur le sujet
03:07qui référence des attentats islamistes dans le monde entier,
03:09avec leur bilan humain, évidemment le nombre d'attentats par pays.
03:13Donc nous, on est reparti de cette base.
03:15On l'a actualisé avec des recherches documentaires
03:17qui nous ont permis de compléter avec les derniers attentats,
03:20les derniers bilans humains,
03:21pour les 27 pays de l'Union Européenne,
03:25plus le Royaume-Uni.
03:27Et quel est le premier bilan, si on devait, on va dire,
03:31tirer en quelques mots, avant qu'on rentre dans les détails du rapport,
03:34de ce que vous a enseigné cette étude et cette enquête ?
03:36Alors, chacun sait que le terrorisme islamiste touche la France,
03:41mais ce qu'on oublie parfois,
03:42c'est à quel point la France est beaucoup plus touchée
03:45que les autres pays européens.
03:47Et dans des proportions considérables.
03:49Nous, le nombre de victimes décédées,
03:53en raison du terrorisme islamiste qu'on retient,
03:55pour la période 2012 à aujourd'hui,
03:57c'est 296 morts en France.
03:59Le deuxième pays du continent qui est le plus touché,
04:03c'est le Royaume-Uni, avec 53 morts.
04:06Vous voyez bien, il y a des pays qui sont à une cinquantaine de morts.
04:08Et puis il y a la France, qui est de très loin numéro 1,
04:11avec, tristement, un bilan humain de plus de 300 morts.
04:14Et ça, on a souhaité l'objectiver en se disant,
04:16bon, la France étant un pays avec une population plus élevée,
04:20est-ce que c'est vrai aussi si on rapporte le nombre de victimes
04:23au nombre d'habitants ?
04:24Donc ça, c'est une analyse qu'on a souhaité faire
04:27et qui montre que, pour le coup, c'est vrai qu'on est rattrapé par la Belgique.
04:31Et lorsqu'on regarde cet indicateur,
04:34la France et la Belgique sont les deux pays les plus touchés
04:37en termes de nombre de morts par million d'habitants,
04:41avec 4 morts par million d'habitants
04:43en raison du terrorisme islamiste,
04:45sur la période de 2012 à aujourd'hui.
04:47Et ça, encore une fois, de très loin.
04:49Donc là, on se fait peut-être rattraper par la Belgique,
04:51mais on est très loin devant les autres pays,
04:54puisque c'est à peu près 5 fois pire qu'en Allemagne, par exemple.
04:58Quand on se plonge dans les pages de votre rapport,
05:00il y a quand même une expression qui frappe
05:02et peut-être qu'on l'oublie avec les différentes actualités,
05:05le contexte économique, le contexte international.
05:07C'est la France qui demeure, et c'est le mot que vous employez,
05:10encore aujourd'hui, un épicentre du terrorisme islamiste.
05:14Et peut-être qu'on a tendance à oublier.
05:15On entend le fait d'avoir que des services,
05:17on réussit à déjouer un attentat à telle période de l'année,
05:20à tel événement, mais le fait qu'on soit encore aujourd'hui,
05:22en 2026, l'un des épicentres aujourd'hui du terrorisme islamiste,
05:26il faut le rappeler.
05:27Et effectivement, on est encore l'un des épicentres du terrorisme islamiste.
05:31On continue à être l'un des pays les plus ciblés,
05:33les plus touchés aussi par le terrorisme islamiste,
05:35à tel point qu'on finit par oublier les attentats qui se succèdent.
05:41Je pense que beaucoup d'auditeurs ont déjà oublié
05:43l'attaque au supermarché d'Apte, qui devait être en 2025,
05:47où une personne, au nom de l'islamisme,
05:50a sorti un couteau et tenté de poignarder des personnes
05:53dans un supermarché, avec un couteau de cuisine.
05:55L'attentat de l'Arc de Triomphe, ou l'attaque de l'Arc de Triomphe,
05:58qui s'est produite pourtant il y a quelques mois, en février,
06:01est elle aussi déjà oubliée.
06:02Alors qu'une personne qui a été qualifiée de terroriste islamiste
06:07a tenté de poignarder à la gorge,
06:10on pourrait autrement dire égorger,
06:12un policier qui, heureusement, a été protégé par le col de son manteau.
06:15Ce sont des faits qui se sont produits encore il y a quelques mois.
06:18Il y a encore des attentats terroristes islamistes
06:21qui sont déjoués chaque mois.
06:23Là, en juillet, on a des soupçons sur un potentiel attentat
06:27qui aurait peut-être pu viser une synagogue à Sarcelles,
06:30à la Kalachnikov, et au pistolet.
06:33Bon, à voir, parce que l'enquête est encore en cours,
06:35mais on sait qu'en avril, un adolescent avait été arrêté dans le Rhône,
06:39avec, là encore, un projet d'attentat islamiste.
06:44Pareil en mai, un Tunisien de 27 ans avait été arrêté.
06:49Il souhaitait mener un attentat à l'explosif au Louvre
06:52et également viser des personnes de confession juive
06:54dans le 16e arrondissement.
06:56Donc ça, ce sont des faits qui continuent à émailler notre quotidien
07:02à tel point qu'on finit par l'oublier.
07:03Et comme vous le disiez justement,
07:04la France est effectivement l'un, si ce n'est l'épicentre européen
07:09du terrorisme islamiste.
07:10Et on en vient à l'oublier parce que, tristement,
07:13ça a fini par faire partie de notre quotidien.
07:16Et vous évoquiez le sentiment de tristesse.
07:18C'est vrai que quand on entend ces chiffres
07:20et quand on compare notamment le nombre de victimes
07:22par rapport aux habitants,
07:23on est là aussi, malheureusement, largement en tête.
07:25On est plus précisément le deuxième pays d'Europe.
07:28Mais depuis 2012, le terrorisme islamiste a tué, en France,
07:31près de 296 personnes.
07:33Il suffit qu'on se tourne vers les Etats-Unis, la Belgique
07:35ou même l'Allemagne pour réaliser à quel point, en fait,
07:38le chiffre n'est pas un tout petit peu inférieur.
07:41Il est largement en dessous.
07:42Et ça aussi, peut-être que c'est une dimension
07:43qu'on a totalement oubliée aujourd'hui.
07:45Oui, on a tendance à entendre régulièrement dans l'actualité
07:49que des attentats touchent aussi d'autres pays.
07:51Et c'est vrai.
07:52Là encore, on finit par les oublier.
07:53Je ne sais pas si beaucoup de gens ont encore en tête
07:55l'attentat de Mannheim en Allemagne,
07:57l'attentat de Bielefeld.
07:58Je pense que ce serait intéressant de le savoir.
08:00Mais je pense que la plupart des personnes
08:01ont oublié ce qui s'est passé.
08:04Mais en revanche, ça fait une sorte de cadencement
08:06dans l'actualité médiatique
08:07qui fait que la population générale comprend
08:11que le terrorisme islamiste existe partout.
08:14Alors, peut-être qu'il existe effectivement
08:15dans beaucoup de pays européens,
08:17mais l'intensité à la fois en termes de fréquence
08:19des attentats et en termes de bilan humain
08:22est plus forte en France.
08:24En France, sur la période depuis 2012,
08:27nous, on a compté 58 attentats.
08:30C'est à peu près la moitié des attentats
08:32qui ont été commis dans l'Union européenne,
08:34hors Royaume-Uni, sur la période.
08:36Quand on dit 58 attentats en France,
08:38dans le même temps, on n'en compte
08:39qu'une vingtaine en Allemagne.
08:41Qu'une vingtaine, même moins d'une vingtaine,
08:44plutôt une quinzaine au Royaume-Uni.
08:47Ce qui est aussi intéressant
08:48quand on s'intéresse à la question du terrorisme,
08:50et vous l'évoquiez tout à l'heure,
08:51c'est parfois la sensation
08:54que c'est rentré dans notre quotidien
08:56au point parfois de ne plus s'en rappeler vivant.
08:58C'est peut-être ça aussi, j'imagine,
08:59l'utilité d'un tel rapport,
09:01de dire qu'aujourd'hui,
09:02que ce soit dans nos sols,
09:03quand c'est même déjoué,
09:04quand c'est simplement des appels
09:05sur des réseaux sociaux,
09:06c'est une présence avec laquelle,
09:07je ne sais pas si c'est positif,
09:09mais avec laquelle on a appris à vivre.
09:11On a appris à vivre avec,
09:12et aujourd'hui,
09:14lorsqu'un attentat à l'explosif est déjoué,
09:16très souvent,
09:17ça arrive en deuxième, troisième position
09:19parmi les titres de la journée,
09:21parce que, déjà,
09:22le pays vit une situation compliquée
09:24aussi sur d'autres plans,
09:25et ça joue aussi.
09:26Économique, politique, internationale.
09:28Et puis aussi parce que
09:29la menace terroriste
09:30n'est plus une nouveauté en France.
09:31Finalement, il y a une certaine accoutumance
09:33à cette menace,
09:35qui est pourtant aujourd'hui réelle,
09:37mais en parallèle,
09:38ça peut aussi s'expliquer
09:39par le fait que
09:39la nature des attentats a évolué.
09:42On n'a plus,
09:43aujourd'hui en France,
09:46heureusement,
09:47jusqu'à présent,
09:48il faut espérer que ça dure,
09:49d'attentats sous forme de commandos
09:51nombreux,
09:52organisés,
09:52depuis l'étranger,
09:53avec des tueries de masse,
09:55on a davantage
09:56des attentats
09:57qui sont commis
09:57par des individus isolés,
09:59souvent avec des moyens rudimentaires,
10:01donc beaucoup plus difficiles
10:02à anticiper
10:03et à déjouer.
10:04Et ce qui est intéressant sur ça,
10:05c'est aussi à quel point
10:07la nature du terrorisme
10:09peut-être elle-même
10:10a évolué.
10:12C'est-à-dire que
10:12maintenant,
10:13de plus en plus de spécialistes
10:14vous expliquent à quel point
10:15l'expression
10:16« loue solitaire »
10:17ne signifie plus rien
10:17parce que derrière,
10:18vous avez tellement
10:18de personnes,
10:20d'organisations
10:20sur les réseaux sociaux,
10:22en coulis,
10:22sur la fourniture
10:23de matériel,
10:24sur la capacité d'endoctrinement
10:25qui est assez exceptionnelle,
10:27sans le louer, bien sûr.
10:29En revanche,
10:30c'est frappant de voir
10:31à quel point
10:31en si peu de temps
10:32les Français
10:33sont passés presque,
10:34je ne sais pas si on peut le dire
10:35de cette manière,
10:35mais par des nuances
10:36de terrorisme.
10:37On est passé en effet
10:38de ce qu'on avait pu observer
10:39avec Mohamed Merah,
10:40quelque chose de très violent,
10:41de très organisé,
10:41avec des voyages à l'estranger.
10:43Aujourd'hui,
10:43quand on déjoue des attentats,
10:44des coulisses
10:45où on apprend que ce sont
10:45des jeunes femmes
10:46ou des jeunes hommes
10:48radicalisés
10:48via un smartphone
10:49dans leur chambre.
10:49Et ça,
10:50ça peut aussi provoquer
10:51un sentiment d'inquiétude
10:51et de banalité
10:53qui est presque horrible.
10:54Oui,
10:54parce que d'une part,
10:57et c'est tant mieux,
10:58le bilan humain annuel
11:00du terrorisme islamiste
11:01en France
11:01est aujourd'hui plus faible
11:02qu'il a pu l'être,
11:03fort heureusement,
11:04par rapport à la période 2015.
11:06Donc,
11:06c'est plutôt bien,
11:08on a moins de morts
11:08liées à l'islamisme.
11:10En revanche,
11:11c'est une menace
11:11qui est beaucoup plus diffuse
11:12sur le territoire
11:13et qui est devenue
11:14très imprévisible.
11:15Parce que,
11:16quand on regarde,
11:17même en Europe,
11:18si on regarde
11:19les dernières données d'Europol
11:20sur l'année 2025,
11:22au total,
11:22Europol recense
11:239 attentats djihadistes
11:24qui ont été perpétrés
11:25en Europe,
11:26sur les 9,
11:279,
11:28donc 100%,
11:29ont été commis
11:30par des individus isolés.
11:32Et,
11:32sur ces 9 attentats,
11:338 ont été commis
11:35simplement au couteau
11:36et 1 à la voiture bélier.
11:38Donc,
11:38un couteau,
11:39une voiture,
11:40il n'y a même pas besoin
11:40d'une filière organisée
11:42pour se fournir
11:43ses armes
11:44ou ses armes
11:44par destination.
11:45Donc,
11:46c'est aujourd'hui
11:47quelque chose
11:47qui contribue
11:48à faire de cette menace
11:50quelque chose
11:51qui peut frapper
11:51à tout moment
11:52et qui est assez pesant
11:53dans le climat
11:54et le quotidien
11:55des Français.
11:55François Pirard,
11:56vous êtes le directeur
11:56de l'Observatoire Hexagone.
11:58Vous publiez ce rapport
11:59justement sur les terroristes
12:00de la France,
12:01pays meurtri
12:01par le terrorisme islamiste.
12:03On continue à en parler
12:04bien sûr sur Sud Radio.
12:05Le tout au lendemain
12:06de non pas cette célébration
12:09mais de cette commémoration
12:10des 10 ans
12:10de l'attentat de Nice.
12:12C'était hier
12:12en présence d'ailleurs
12:13du Président de la République.
12:14Et on y reviendra aussi
12:15frappant.
12:16Hier on était
12:16avec l'une des victimes
12:18de l'attentat de Nice.
12:19C'était un jeune papa
12:20qui avait perdu sa fille
12:21d'à peine 12 ans
12:22qui disait à quel point
12:24l'attentat de Nice
12:24avait presque été
12:25un peu déconsidéré
12:27par rapport
12:27à d'autres attentats
12:28parce que le 14 juillet,
12:29parce que Nice,
12:30parce que pas à Paris,
12:31parce que peut-être
12:31beaucoup de rédactions
12:32pas suffisamment mobilisées
12:33et tout ce qu'on peut ressentir
12:35aussi sur des actes
12:35qui se passent ailleurs en France.
12:37Certains trouvent
12:37un écho considérable,
12:38d'autres moins
12:39et ça participe j'imagine
12:40aussi à la vision
12:41qu'ont les Français
12:41du terrorisme
12:42et on y revient
12:43dans une poignée de secondes
12:43sur Sud Radio.
12:44A tout de suite.
12:48On poursuit cette conversation
12:49sur un rapport
12:50qui a été publié
12:52par la fondation Hexagone,
12:54la France pays meurtri
12:55par le terrorisme islamiste.
12:57Le tout bien sûr
12:58rapport publié
12:5910 ans après
13:00les attentats de Nice
13:01dont on a parlé largement
13:02hier sur cette antenne.
13:03François Pierard,
13:04vous êtes toujours avec nous,
13:05directeur de l'Observatoire Hexagone.
13:08Ça fait des mois
13:09et des années
13:10que vous travaillez
13:11sur différentes thématiques
13:12économiques,
13:13européennes,
13:14sociétales,
13:14politiques,
13:15en essayant de rentrer
13:16dans le détail
13:17toujours des chiffres.
13:18Là c'est intéressant
13:18aussi sur la vision
13:21qu'on peut avoir
13:21du terrorisme en France.
13:23On l'a dit,
13:23pays parmi les plus touchés
13:25en Europe,
13:25par le terrorisme islamiste,
13:26notamment quand on rapporte
13:27les victimes
13:28de ces attentats
13:29par rapport à la population
13:30des autres pays.
13:31On est hélas largement en tête.
13:32Il y a aussi un point
13:33sur lequel vous insistez
13:34dans le rapport
13:34et je pense que c'est utile
13:35là aussi de le préciser
13:37sur cette antenne.
13:38Il y a souvent
13:40dans certains partis politiques,
13:41dans certaines conversations,
13:42l'idée qu'il y aurait
13:43des attentats
13:44d'ultra-droite
13:45qui seraient presque
13:46plus nombreux
13:46que ceux des islamistes.
13:48Là aussi,
13:49vous posez la réalité,
13:50vous prenez le temps
13:51d'examiner les chiffres.
13:52On est loin
13:52de cette déclaration,
13:53très loin.
13:54Absolument.
13:56Effectivement,
13:56il ne s'agit pas
13:57de nier le fait
13:57qu'il y ait une menace
13:58d'ultra-droite.
13:59Il y a régulièrement
14:00des attentats
14:02qui sont déjoués,
14:03en tout cas des attaques
14:04qui sont déjouées
14:05avec des motivations
14:07qui seraient racistes,
14:10xénophobes
14:10et potentiellement attribuées
14:12à ce qu'on appelle
14:13au sens large
14:13l'ultra-droite.
14:14C'est effectivement
14:15quelque chose
14:15qui existe.
14:16Mais ça existe davantage
14:17en tant que menace
14:18qu'en tant que bilan humain.
14:20Certes,
14:21il y a eu des attaques
14:22d'ultra-droite,
14:23il ne s'agit pas de les nier.
14:24Aujourd'hui,
14:25la seule attaque
14:25officiellement référencée
14:28comme d'ultra-droite
14:28ou le parquet
14:30national antiterroriste
14:31s'est saisi de l'affaire,
14:32c'est le meurtre
14:33de Puget sur Argens
14:35qui a eu lieu
14:36l'année dernière
14:37dans le Var
14:37où une personne
14:39a tué
14:39l'un de ses voisins
14:41et s'en est pris
14:42aussi à sa voisine
14:43avec des motivations
14:45clairement hostiles
14:45à l'immigration
14:47et des revendications
14:49racistes.
14:50Donc ça,
14:51c'est une attaque,
14:52c'est un mort
14:54et en face,
14:55vous avez
14:57un peu plus
14:57de 50 attaques,
14:59près de 60 attaques
15:00islamistes
15:01et vous avez
15:02296 morts
15:03du terrorisme islamiste.
15:04Les deux bilans humains
15:05sont sans commune mesure.
15:06J'entends que
15:07sur les attaques
15:08d'ultra-droite,
15:09ce n'est pas évident
15:09de faire un décompte
15:10consensuel.
15:12Pourquoi pas évident ?
15:13C'est intéressant,
15:13une fois plus aux éditaires,
15:15pour expliquer la méthodologie,
15:16pourquoi ce ne serait pas évident ?
15:17Parce qu'on n'a pas
15:18encore la bonne qualification
15:19pour ce qu'est
15:19un attentat d'ultra-droite,
15:20par exemple,
15:21c'est ça ?
15:21Déjà,
15:22effectivement,
15:23l'ultra-droite est assez flou
15:24et puis,
15:25il y a une autre attaque
15:25que nous,
15:26nous avons choisi
15:26d'intégrer dans notre décompte
15:28qui est la fusillade
15:29de la rue d'Anguien
15:29qui a eu lieu
15:30il y a quelques années
15:31à Paris
15:32où une personne
15:34isolée
15:34n'appartenant
15:35à aucune organisation
15:36d'ultra-droite,
15:37un certain William
15:39de mémoire,
15:40s'en est pris
15:40à des Kurdes
15:42dans la rue d'Anguien
15:43au fusil
15:44et a fait
15:45trois morts.
15:47Le parquet
15:48national antiterroriste
15:49n'a pas suivi l'affaire
15:50au motif que
15:51la personne
15:52n'appartenait pas
15:52à une organisation
15:54terroriste
15:54et donc,
15:55ça n'a pas été jugé,
15:56voilà,
15:57ça ne s'est pas comptabilisé
15:58comme une attaque terroriste.
15:59Nous,
15:59on a souhaité
16:00quand même l'intégrer
16:00parce que le mode opératoire
16:01se rapproche fortement
16:03des attaques terroristes
16:04et à partir du moment
16:05où on intègre
16:06des attaques
16:07au couteau
16:09perpétré au nom
16:10de l'islamisme
16:11par des loups solitaires
16:13comme certains disent,
16:15pourquoi ne pas intégrer aussi
16:16l'attaque de la rue d'Anguier ?
16:17Nous,
16:17on a souhaité l'intégrer,
16:19ce qui fait que,
16:20nous,
16:20dans nos chiffres,
16:21on tombe sur
16:22deux attentats
16:23d'ultra-droite
16:24pour un bilan total
16:26de quatre morts
16:26alors que,
16:27sur la même période,
16:29on a donc eu
16:3058 attentats islamistes
16:32et 296 morts
16:33du terrorisme islamiste.
16:34Donc,
16:35oui,
16:35la menace d'ultra-droite
16:36existe,
16:37oui,
16:38il y a déjà eu des attaques
16:38qui ont été commises,
16:40oui,
16:40il y a déjà eu des morts
16:41et hélas,
16:42il risque d'y en avoir d'autres.
16:44Cela dit,
16:45c'est aujourd'hui
16:45une menace
16:46qui s'est moins concrétisée
16:48que l'islamiste
16:48mais ce serait quand même
16:51très difficile
16:52de prétendre l'inverse.
16:53Il y a aussi
16:54peut-être quelque chose
16:55sur lequel il est important
16:56de revenir,
16:57c'est la perception
16:58de tout ça
16:58pourquoi on a eu
17:00la sensation
17:00de ces dernières années,
17:01je ne vais pas dire
17:02une compétition
17:03ni un concours
17:03mais tout d'un coup
17:04une volonté
17:04de faire prévaloir presque,
17:06on a eu l'impression de ça
17:07dans le débat public,
17:07presque un terrorisme
17:08sur un autre.
17:09Là,
17:09sur l'ultra-droite,
17:10on a toujours eu l'impression
17:11qu'on voulait montrer
17:12qu'un camp était
17:13un peu plus dangereux
17:14qu'un autre
17:14alors que factuellement
17:15ce sont deux dangers
17:16qu'il faut mettre
17:17au même niveau.
17:18Le sujet est hautement politisé
17:20et finalement
17:21ce sujet du terrorisme
17:22entre aussi
17:23dans le jeu
17:24des partis politiques
17:25notamment à l'approche
17:26des échéances électorales.
17:28Quand on regarde
17:29les différents sondages,
17:30on voit que
17:31quand on demande aux Français
17:32à quel parti
17:32ils font confiance
17:33pour lutter
17:34contre le terrorisme islamiste,
17:35les partis de droite
17:36arrivent souvent en tête.
17:38Et quand on regarde
17:40les différents sondages aussi,
17:42on sent que les Français
17:43pressent qu'il y a peut-être
17:45un lien entre la maîtrise
17:46des frontières
17:47et de l'immigration
17:48et le terrorisme islamiste.
17:49Et donc ça fait
17:50un sujet fort
17:51potentiellement
17:52de la droite.
17:53Ce qui fait que
17:54à l'inverse,
17:56des attentats
17:57d'ultra-droite
17:58peuvent être utilisés
17:59par la gauche
18:00pour montrer
18:01à la fois
18:02finalement
18:02cette menace
18:03terroriste islamiste
18:04qui leur est finalement
18:05défavorable
18:05dans les sondages
18:06et relative
18:07et montrer
18:08également au passage
18:09que
18:10du côté
18:10de la droite
18:11et de l'extrême droite,
18:12il existe aussi
18:13une menace.
18:14Donc entre ensuite
18:15le fameux jeu
18:16des partis politiques
18:17qui est normal
18:19et qu'on constate
18:20sur chacun
18:20des sujets d'actualité.
18:21Et puis c'est
18:22intéressant quand même
18:23sur cette notion
18:24aujourd'hui
18:25des partis politiques
18:27de la vision
18:29des Français.
18:30Est-ce que vous pensez,
18:31on est dans un contexte
18:32de commémoration,
18:33ce rapport est sorti,
18:34on a parlé de Nice,
18:35interviendra également
18:36des prochaines commémorations
18:38dans les prochaines semaines,
18:38dans les prochains mois.
18:40Est-ce que vous
18:41qui avez sondé
18:42d'une certaine manière
18:42le cœur des Français
18:44mais aussi
18:44surtout les chiffres,
18:45est-ce que c'est un élément
18:47encore aujourd'hui
18:47qui peut peser
18:48sur la campagne présidentielle
18:49à venir ?
18:50Cette menace-là ?
18:51Alors,
18:52là,
18:53on sort peut-être
18:55de simplement
18:55l'objectif
18:56et on rentre peut-être
18:57davantage
18:58dans une analyse
18:58plus subjective
18:59que je vois
19:00des différents baromètres
19:01d'opinion.
19:02L'impression que j'ai,
19:03c'est que ce qui préoccupe
19:04grandement les Français,
19:06c'est l'insécurité
19:07au sens large.
19:08Le terrorisme
19:09en est l'une des composantes,
19:10sans doute pas
19:11la plus importante.
19:11Mais ça n'est plus prédominant.
19:12Ça n'est plus prédominant.
19:13On a quand même
19:14encore aujourd'hui
19:14un Français sur dix
19:16qui place le terrorisme
19:17comme l'un de ses trois sujets
19:19de préoccupation principaux,
19:21ce qui est quand même élevé,
19:22mais on sent
19:23qu'il y a
19:24une préoccupation grandissante
19:25vis-à-vis de l'insécurité
19:26au sens plus large.
19:27La criminalité,
19:28la délinquance,
19:29le narcotrafic,
19:31les différents baromètres
19:32montrent qu'on a
19:33un taux très important
19:34de Français
19:34qui estiment que la violence
19:35a augmenté
19:36ces dernières années.
19:36Un sondage que j'ai en tête,
19:38c'est un sondage
19:38d'il y a un an,
19:40je crois,
19:40ou deux,
19:41qui montrait
19:41qu'on avait 92%
19:43des Français
19:44qui estiment
19:45que la violence
19:46a augmenté
19:47ces dernières années
19:47en France.
19:48Et quand ils disent ça,
19:50parlent-ils vraiment
19:50du terrorisme islamiste
19:52ou d'un climat de violence
19:53au sens plus large,
19:54que ce soit
19:54des violences scolaires,
19:55des violences dans la rue,
19:57des violences gratuits,
19:58des violences sexuelles ?
19:59C'est la question
20:00mérite d'être posée.
20:01Et je pense que
20:02les Français ressentent
20:03davantage
20:03un climat d'insécurité
20:05générale.
20:05Et on parle des Français,
20:06vous les, j'imagine,
20:08côtoyez aussi,
20:08vous les parlez,
20:09vous les interrogez,
20:09que ce soit pour vos enquêtes
20:10ou pour vos activités
20:13par l'intermédiaire
20:14de votre institut,
20:15l'Hexagone.
20:15Les politiques,
20:16est-ce qu'ils ont, eux,
20:17encore conscience
20:17de cette menace ?
20:18Ou là aussi,
20:19le temps,
20:20hélas,
20:20a fait une partie
20:21de son œuvre.
20:22Et donc,
20:22la menace islamiste,
20:23qui est encore très importante,
20:25on peut le lire
20:25dans votre rapport,
20:27n'est plus aujourd'hui
20:28au centre
20:28de certaines préoccupations ?
20:30Alors,
20:30la menace islamiste
20:32est moins présente
20:33dans les discours
20:34des politiques
20:35et ils pensent
20:36pour deux raisons.
20:37La première,
20:38c'est que
20:38cette menace
20:41est de moins en moins
20:43une menace
20:44qui est sous contrôle
20:46du politique.
20:47Je m'explique.
20:48En 2015,
20:49on avait donc
20:49des attentats
20:50qui étaient organisés
20:52depuis l'étranger,
20:53depuis la Syrie,
20:54depuis l'État islamique,
20:56en quelque sorte.
20:57Et donc,
20:57il y avait
20:58un double enjeu politique
20:59qui était celui,
21:00en politique étrangère,
21:01de lutter
21:02contre l'État islamique
21:03sur ses bases
21:05à l'étranger.
21:05Et un autre enjeu politique
21:07était de maîtriser
21:07les frontières
21:08pour éviter que des djihadistes
21:09entrent en France
21:09et commettent des attentats.
21:11Aujourd'hui,
21:12on a une menace
21:13qui est beaucoup plus diffuse.
21:14Des individus
21:15qui passent à l'acte
21:16eux-mêmes
21:17en s'étant radicalisés
21:18sur les réseaux sociaux,
21:19le contrôle du politique
21:20est moins important,
21:22en quelque sorte,
21:23sur la maîtrise
21:23de la menace.
21:24Ce sont des attentats
21:25qui sont de plus en plus
21:26difficiles
21:26à anticiper.
21:27Et ça,
21:28ça contribue aussi
21:29au fait que les politiques
21:30en parlent moins
21:31dans leur discours
21:31parce que c'est une menace
21:32qui échappe de plus en plus
21:34à l'autorité politique.
21:35Merci beaucoup,
21:36François Pierrat,
21:36d'avoir été avec nous,
21:37directeur de l'Observatoire
21:39Hexagone.
21:39Ce rapport,
21:40si on veut le consulter,
21:40on le retrouve bien sûr
21:41sur votre site internet.
21:42Et le nom précis
21:43de ce rapport,
21:44c'est la France,
21:44pays meurtri
21:45par le terrorisme islamiste.
21:47Dialogue qui était intéressant
21:48à avoir,
21:48qui busait le lendemain
21:49de ces commémorations
21:50qui marquaient
21:51les dix ans de l'attentat
21:52à Nice,
21:56Éric Sauti.
21:57Merci beaucoup
21:57d'avoir été avec nous
21:58pour cette échange.
21:59François Pierrat,
21:59dans un instant,
22:00avec vous,
22:01mon cher Mathéo Lambelot,
22:02on va s'interroger
22:03à la voix des auditeurs,
22:04comme d'habitude
22:04sur Sud Radio,
22:05au 0826 300 300.
22:07Oui,
22:07on va parler donc,
22:08réagissez au 0826 300 300.
22:11Avec cette question,
22:13est-ce possible
22:14de mourir dans la dignité ?
22:15Exactement,
22:16alors que dans quelques heures
22:17aura lieu à l'Assemblée nationale
22:18à nouveau un vote
22:19de part pour les députés
22:21sur cette fameuse loi
22:22très controversée
22:23de part et d'autre
22:23sur la fin de vie
22:24et un Premier ministre
22:25qui a annoncé hier
22:26qu'il allait saisir
22:27le Conseil constitutionnel.
22:28Est-ce à l'État
22:28de se mêler de ces questions ?
22:29Et comme l'a dit
22:30à l'instant Mathéo,
22:30est-ce que oui,
22:31on peut vraiment mourir
22:33dans la dignité ?
22:340826 300 300,
22:35la France au bout du film,
22:3610h30, 13h.
22:36A tout de suite.
22:38Sud Radio.
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