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  • il y a 3 semaines
Avec Docteur Jacques Orvin (médecin membre de la commission soignants de l’ADMD, - l'Association pour le droit de mourir dans la dignité)

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##C_EST_A_LA_UNE-2026-07-15##

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Transcription
00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Benjamin Glaze.
00:069h07 sur Sud Radio, un numéro, un numéro 0826 300 300.
00:12Êtes-vous pour ou contre la création d'un droit à l'aide à mourir ?
00:16C'était l'une des promesses phares d'Emmanuel Macron pour son second quinquennat.
00:19Le vote définitif à l'Assemblée est prévu aujourd'hui.
00:23Sauf surprise, les députés devraient l'adopter ce texte,
00:26même si les opposants, notamment dans le monde médical, restent nombreux.
00:29En tout cas, les conditions pour bénéficier de cette aide à mourir seront très strictes.
00:33Albin Texera, vous nous avez rejoint.
00:35Que dit exactement le texte définitif que vont voter les députés ?
00:38Alors Benjamin, on va revenir sur les grandes idées de cette loi, point par point.
00:43Alors déjà, concrètement, ce texte crée un droit à l'aide à mourir en France,
00:47comme dans d'autres pays, déjà en Europe, par exemple l'Espagne, la Belgique ou les Pays-Bas.
00:52Cela s'adresse aux personnes majeures atteintes d'une maladie grave et incurable en face avancée ou terminale.
00:58Voilà ce que dit le texte.
01:00La procédure, elle, prévoit un délai de réflexion d'au moins 48 heures avant toute décision.
01:05Un point vivement critiqué par les opposants au texte,
01:08qui estime que ce délai est bien trop court pour une décision aussi lourde.
01:12Les médecins et infirmiers peuvent faire valoir une clause de conscience pour refuser de pratiquer l'acte.
01:17Certains établissements de santé peuvent également l'exclure de leur projet d'établissement sous condition.
01:22Enfin, c'est important de le savoir.
01:24Hier, Sébastien Lecornu a annoncé saisir le Conseil constitutionnel sur plusieurs points clés de ce texte.
01:30De un, le délai de réflexion que j'ai évoqué.
01:33De deux, la situation des majeurs protégés.
01:36Et la troisième clause qui va être soumise au Conseil constitutionnel,
01:40c'est la clause de conscience afin d'apporter des garanties aux opposants de cette réforme, qui sont nombreux.
01:47Donc, le Conseil constitutionnel aura à se prononcer à l'issue de ce vote,
01:51donc attendu aujourd'hui à l'Assemblée, vote définitif sur la création de ce droit à l'aide à mourir.
01:56Merci beaucoup Albin.
01:57Et vous, vous nous appelez 0826 300 300.
02:00Le débat est ouvert sur Sud Radio.
02:02Est-ce que vous, à titre personnel, je dis à titre personnel parce que c'est une question très intime,
02:05est-ce que vous êtes favorable ou opposé à cette aide à mourir ?
02:09On va en parler tout au long de cette demi-heure sur Sud Radio.
02:13Avant de vous entendre au standard, au 0826 300 300,
02:16je reçois un médecin qui est, lui, en faveur de la création de ce droit à l'aide à mourir.
02:21Bonjour docteur Jacques Orvin.
02:24Bonjour.
02:25Et merci d'être avec nous ce matin.
02:27Soyez le bienvenu sur Sud Radio.
02:28Vous êtes membre de la commission soignante de l'ADMD.
02:32C'est l'association pour le droit de mourir dans la dignité.
02:35Docteur, en quoi ce droit à l'aide à mourir ?
02:38Est-il, selon vous, un progrès ?
02:41Alors, c'est un progrès par rapport à la…
02:44On a déjà une loi de 2016, qui est la loi Klesley-Nauti,
02:48qui donne quand même des moyens aussi d'améliorer les conditions de fin de vie,
02:54avec en particulier la possibilité d'une sédation profonde et continue jusqu'au décès.
02:58malheureusement, cette loi n'est pas toujours appliquée,
03:02où les conditions techniques d'application ne sont pas toujours remplies.
03:07Donc, il y a déjà ces possibilités.
03:09Il y a des points qui bloquent.
03:10Malancée de loi sur l'euthanasie, ça permet simplement de,
03:13si vous voulez, de permettre à des personnes qui souhaitent maîtriser leur fin de vie,
03:20de pouvoir exercer leur droit à l'autodétermination dans ces situations,
03:24et de ne pas forcément attendre une situation agonique
03:27pour que le médecin puisse agir et administrer cette sédation profonde.
03:32C'est une façon d'anticiper un tout petit peu dans ces situations-là les conditions de fin de vie.
03:41Vous parlez de l'euthanasie, c'est un mot qui forcément peut, doit, je ne sais pas, faire peur.
03:50Alors, moi je préfère parler, enfin c'est de l'euthanasie, il ne faut pas avoir peur des mots,
03:54mais c'est aussi le dernier soin qu'on peut apporter à un patient.
03:57Et si vous voulez, pour moi, on va rencontrer des médecins,
04:01certains vont se battre contre la mort, bon, c'est leur droit,
04:05et puis d'autres vont être là pour accompagner les patients selon les préceptes hypocritiques,
04:10et dans ces conditions-là, on ne se bat pas contre la mort.
04:13Alors, on se bat contre la mort tant douant qu'on peut le faire,
04:16mais on est là surtout pour porter assistance aux patients et respecter leurs désirs.
04:23Le serment d'hierocrate qui commande de ne jamais provoquer la mort délibérément,
04:29les opposants à ce texte, à cette loi qui va être votée définitivement tout à l'heure à l'Assemblée,
04:35ils disent en gros que les médecins qui sont en faveur de ce droit à l'aide à mourir,
04:40vous donc, docteur, d'une certaine manière, vous ne respectez pas,
04:44vous rompez ce serment d'hippocrate.
04:47Alors, je ne suis pas tout seul, puisque 80-90% des médecins en France pensent la même chose que
04:53moi,
04:53et 50% sont prêts à accompagner la fin de vie,
04:58donc il y en a un peu moins qui sont, la grande majorité est tout à fait d'accord avec
05:02la loi,
05:03bon, il y en a 50% qui sont prêts à s'inscrire dans le dispositif,
05:08donc je ne suis pas tout seul à penser ça,
05:12mais oui, non, c'est, pour moi, c'est une façon,
05:17normalement, l'idéal aurait été que cette possibilité d'euthanasie s'inscrive dans la continuité des soins,
05:26c'est-à-dire que, par exemple, comme ça peut se passer en Belgique,
05:30l'euthanasie est pratiquée dans des centres de soins palliatifs,
05:33où vous avez quelqu'un qui arrive en fin de vie, qui est suivi pour des soins palliatifs,
05:38et puis après une évolution, un parcours compliqué, difficile,
05:42la personne juge que maintenant il est temps de baisser les armes,
05:47pour en tout cas de faire son choix ultime,
05:50et donc décide de demander, de faire cette demande d'euthanasie,
05:54parce que je le rappelle bien, c'est toujours à la demande des patients,
05:58c'est jamais quelque chose qui est administré à l'encontre de leur volonté.
06:05Donc voilà, ça aurait été plus simple que ce soit dans la continuité,
06:09et sans doute pour moi plus...
06:11Voilà, donc pour moi c'est une continuité des soins,
06:14c'est un moment où on se dit, la bagarre,
06:19enfin à nouveau, la situation agonique,
06:23à la limite c'est pire que la mort,
06:25parce que c'est des situations qu'on ne souhaiterait à personne,
06:29et à un moment, je pense qu'on a le droit de dire,
06:31ben voilà, c'est fini, je dis au revoir, et bye bye.
06:36Vous, vous avez accompagné certains de vos patients en Belgique ?
06:40Oui, dans le cas de l'association,
06:42on apporte un soutien à nos adhérents,
06:44pour pouvoir aller effectivement rencontrer des équipes belges.
06:50Je dois souligner la très grande empathie de ces équipes,
06:54leur éthique est vraiment extraordinaire.
06:57Les choses ne se font pas,
06:58c'est à chaque fois plusieurs allers-retours en Belgique,
07:03c'est toujours réfléchi,
07:05c'est toujours des situations quand même très individuelles,
07:07ces situations-là.
07:08Donc c'est bien d'avoir une loi qui établit des grands principes,
07:11mais moi je suis quelquefois effaré de la distance
07:14qu'il peut y avoir entre les deux cours idéologiques
07:16sur cette question-là,
07:17et la situation réelle vécue des personnes.
07:20Et donc il faut à chaque fois bien peser la situation,
07:26bien discuter avec la personne.
07:28Enfin, ce ne sont pas des choses qui se font comme ça à la va-vite.
07:31D'autant que si cette loi est adoptée,
07:35effectivement, on verra ce qu'en dit le Conseil constitutionnel dans la foulée,
07:39mais peu de personnes, en tout cas,
07:41pourraient avoir accès véritablement à ce droit à l'aide à mourir,
07:44puisque les conditions sont quand même très strictes.
07:47Il faut être atteint d'une affection grave et incurable,
07:49en phase terminale ou avancée.
07:51Il faudra physiquement souffrir d'une manière qui n'est pas apaisable,
07:55par un traitement,
07:55ou si la personne décide de ne pas recevoir celui-ci,
07:57qui est insupportable.
08:00J'ai l'impression que ça va concerner en tout cas très très peu de personnes,
08:03finalement, docteur.
08:04De toute façon, ça concerne toujours très peu de personnes.
08:07En Belgique, ils sont à 3,6,
08:10en 3,6 et 4% des décès qui ont lieu dans le cadre d'une euthanasie.
08:15Donc, de toute façon, ça concerne très peu de personnes.
08:18La plupart du temps, effectivement, des soins palliatifs,
08:21un bon accompagnement suffit à ce que les choux se passent bien.
08:26Donc, c'est vraiment, de toute façon,
08:28c'est vraiment des situations exceptionnelles.
08:31Nous, pour les accompagnements qu'on fait,
08:34c'est encore pour des situations encore plus rares,
08:36parce que c'est des maladies neurodégénératives
08:39qui sont très rares.
08:40Donc, c'est des situations très rares et très particulières.
08:44Et donc, à chaque fois, il faut bien, effectivement, peser.
08:47Et là, avec l'aide de nos collègues belges,
08:49il y a vraiment, de façon très attentive,
08:54on mesure le besoin et la demande des personnes.
08:57Docteur Jacques Orvin, vous restez avec nous.
08:59Je rappelle, vous êtes médecin membre de la commission soignant de l'ADMD.
09:03C'est l'association pour le droit de mourir dans la dignité.
09:06Vous restez avec nous, parce qu'on a pas mal de personnes
09:08qui nous appellent au 0826 300 300.
09:10Je vois Manu au standard qui s'active véritablement
09:13pour vous répondre dans les meilleurs délais,
09:15pour réagir, effectivement, avec cette création du droit à l'aide à mourir.
09:19Votez définitivement, aujourd'hui, à l'Assemblée nationale.
09:22Oui, ça sera adopté, sauf surprise, mais normalement, ce sera le cas.
09:26Est-ce que vous y êtes favorable ou pas ?
09:28Est-ce que ça vous choque ou pas ?
09:300826 300 300, vous continuez de nous appeler.
09:32On se retrouve juste après ça.
09:37Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Benjamin Glaze.
09:41Il est bientôt 9h20 sur Sud Radio.
09:43Bienvenue si vous nous rejoignez.
09:44Et bienvenue aussi à ceux qui ont décidé d'appeler au 0826 300 300.
09:48On va vous entendre dans quelques instants, Sylvain, Marie, Patricia.
09:53Mais d'abord, je vous rappelle que nous sommes en présence du docteur Jacques Orvin.
09:58Il est médecin membre de la commission soignant de l'ADMD,
10:01l'association pour le droit de mourir dans la dignité.
10:03Il est en faveur de la création de ce droit à l'aide à mourir
10:09qui sera voté définitivement par les députés.
10:11Et aujourd'hui, on fait un tour, avant de vous écouter au 0826 300 300,
10:16on fait d'abord un tour rapide sur les réseaux sociaux
10:18puisqu'on vous posait la question ce matin à ce sujet.
10:21Est-ce qu'il était finalement grand temps ?
10:23Est-ce que c'était finalement un enfin qui dominait après ces semaines,
10:29ces mois de débat albin, etc.
10:30Alors c'est très discuté parce que finalement,
10:33le pourcentage de personnes qui nous disent qu'il était temps,
10:38il n'est pas si élevé que ça.
10:39On est à 33% contre 67% des votants qui disent qu'en fait,
10:44il n'était pas temps, ce n'était pas essentiel.
10:47Et pourtant, dans les commentaires, c'est assez indéniable.
10:50Tout le monde se dit pour l'aide à mourir.
10:53Je suis pour parce que nous sommes en retard en Europe
10:57quand on compare à la Belgique, dit Pierre.
11:00Ceux qui disent non ne savent pas ce que c'est de souffrir atrocement
11:03tous les jours à cause d'une maladie.
11:05Ça, c'est ce que dit Miss Book sur YouTube.
11:09Et enfin, une dernière personne, Duchesne, qui dit
11:11mais laissez les gens décider de leur vie ou leur mort,
11:14c'est important.
11:15Enfin, un dernier commentaire qui va plutôt du côté des...
11:21contre l'aide à mourir.
11:23C'est Amfus qui dit je suis contre.
11:26Provoquer la mort n'est finalement pas la bonne solution.
11:29Merci Albin. 0826 300 300, nous sommes avec Sylvain.
11:33Bonjour Sylvain.
11:34Allô, bonjour.
11:35Oui, vous êtes à Pau, Sylvain.
11:38Vous voulez témoigner.
11:40Vous dites que votre papa était très malade
11:43et qu'il voulait qu'on l'aide à mourir.
11:45Mais racontez-nous, Sylvain.
11:46Oui, mon père, qui avait été atteint d'un Covid gravissime,
11:51il avait un masque énorme, des tuyaux, tout ça.
11:56Des tuyaux, etc.
11:57Et à un moment donné, il me disait
12:00je suis une marionnette entre leurs mains,
12:03je veux mourir.
12:04Donc il a répété ça un certain nombre de jours.
12:08Puis on a réussi à l'opérer
12:12de ce qu'avait provoqué le Covid, etc.
12:15Puis il a été rétabli.
12:18Et là, il m'a dit
12:19j'ai vaincu le Covid, je veux vivre.
12:22Et il ne s'en est jamais départi.
12:26Voilà.
12:27Comme quoi, l'envie de mourir
12:30est un désir fluctuant.
12:35Oui, Sylvain.
12:37Alors je sens que vous êtes concentré sur autre chose aussi,
12:38mon cher Sylvain.
12:39Mais j'ai bien compris effectivement votre message.
12:42Et on est ravis.
12:43On est ravis justement
12:44que votre père ait pu passer ce cap-là
12:48et qu'il se porte bien.
12:50Effectivement, docteur Jacques Orvin.
12:52Alors là, on est dans une situation particulière
12:55parce qu'il ne s'agit pas
12:56d'une affection incurable à proprement parler.
13:00Voilà, c'est ça le point important.
13:02C'est que quand on reçoit des demandes,
13:05il faut vérifier qu'il s'agit bien d'une maladie incurable.
13:08Donc quand on parle de maladie incurable,
13:10c'est un cancer en phase d'extension non contrôlable
13:17et arrivé aux limites du supportable.
13:20c'est des maladies neurodégénératives
13:22dont on sait que de toute façon,
13:23elles évolueront vers une dépendance
13:26de plusieurs plus grandes machines.
13:27Enfin, voilà, c'est des situations comme celles-là.
13:29Sur le Covid, on en reçoit des demandes comme celles-là.
13:33Tout simplement, notre réponse, c'est
13:35c'est une maladie qu'on ne connaît pas bien.
13:38Donc on ne sait pas si vraiment,
13:40est-ce qu'on a pu épuiser tous les recours ?
13:43Est-ce qu'il n'y a pas...
13:45On sait qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de recherches
13:46sur ces questions de Covidion.
13:48Donc moi, je serais très réservé sur un Covid long.
13:54Je crois qu'en Belgique,
13:55ils en ont eu quelques cas
13:56qui ont bénéficié d'une euthanasie.
14:00Mais c'est très...
14:01En tout cas, ça vous revient souvent.
14:05Voilà des personnes qui se renseignent
14:07après avoir justement subi ce...
14:09En tout cas, en subissant ce Covid long.
14:12On est avec Patricia aussi,
14:14qui nous appelle le Cachan.
14:15Bonjour Patricia.
14:16Bonjour.
14:18Vous vouliez réagir à ce sujet.
14:21Vous avez un oncle qui a eu un cancer.
14:24C'est ça Patricia ?
14:26Oui, et qui a eu les soins palliatifs.
14:32Donc, on sait bien beau de dire
14:34on est pour, on est contre.
14:35Mais quelle est la méthode ?
14:36Quelle est la technique ?
14:37C'est un cocktail de médicaments pour l'euthanasie.
14:40Parce que c'est l'euthanasie,
14:41c'est pas autre chose.
14:42C'est personnel, c'est à la personne de décider.
14:45C'est pas une minorité qui impose à une majorité.
14:50C'est un sujet délicat.
14:53Et c'est bien beau de poser des questions pour vous être contre.
14:56Mais il faut rentrer dans les détails.
14:59C'est ce qu'on essaie de faire effectivement, Patricia.
15:02Quels produits, comment sont utilisés ?
15:06Quelles sont les souffrances dues à ces produits ?
15:10Parce qu'il y a des effets secondaires.
15:11Et si c'est ajouté la souffrance à la souffrance,
15:15je ne vois pas le bénéfice.
15:16Et ça reste un crime quand même.
15:17Patricia, on est justement avec le docteur Jacques Corvin
15:20qui va peut-être, il vous a entendu, Patricia,
15:23qui va pouvoir vous répondre à ce sujet
15:25sur effectivement ce produit létal.
15:28Docteur, de quoi s'agit-il exactement ?
15:31Ce sont des barbiturés qui sont des sédatifs profonds
15:34qui peuvent être utilisés en anesthésie.
15:36Sauf que là, les doses ne sont pas les mêmes.
15:38Donc, techniquement, ça aboutit à une sédation profonde
15:44et un arrêt respiratoire assez rapidement.
15:48Donc, voilà comment ça fonctionne.
15:49Maintenant, il faut que ce soit encadré médicalement
15:54parce qu'il peut y avoir de temps en temps
15:57des gens qui ne réagissent pas
16:01comme on voudrait ou produit.
16:03Donc, il faut être là pour justement accompagner ça
16:05par d'autres gestes.
16:07Mais en général, ça se passe comme lorsque vous allez
16:10dans une intervention chirurgicale et qu'on vous endort.
16:14Sauf que là, effectivement, le sommeil est définitif.
16:18La comparaison, en tout cas, est assez rude.
16:20Effectivement, docteur Patricia,
16:22vous avez entendu à l'instant le docteur Jacques Ordon.
16:25Je ne suis pas d'accord.
16:26Allez-y, Patricia, dites-nous.
16:28Pour moi, de toute façon, ce n'est pas la bonne solution.
16:32Il faut trouver autre chose.
16:33Mais le cocktail de médicaments avec des effets secondaires
16:36qui en rajoutent à la souffrance, non.
16:38Merci.
16:39On parlait, le docteur parlait de mort rapide, hein, docteur ?
16:43Oui, oui, ça fait...
16:44Il n'y a pas de...
16:46Mais...
16:46Dans le cas de la...
16:48Ce que vous voulez...
16:49Peut-être ce à quoi vous faites allusion,
16:51c'est peut-être des sédations profondes et continues
16:53qui ont été mal appliquées.
16:55Et ça, ça existe.
16:56Moi, j'en étais le témoin indirect.
17:01C'est dans des cas où, au lieu de faire une sédation profonde
17:03et continue, comme c'est décrit par la Haute Autorité en Santé,
17:06on va faire des sédations proportionnées.
17:08Et là, effectivement, ça peut être l'enfer
17:09pour les personnes qui vivent ça.
17:11Mais notre association se bat aussi
17:14pour que la sédation profonde et continue
17:15soit appliquée dans les bonnes conditions.
17:18Par contre, en ce qui concerne l'euthanasie...
17:20C'est un choix personnel.
17:22C'est un choix personnel.
17:23Bien sûr.
17:23Oui, on doit le réitérer, justement, ce choix-là
17:25tout au long de ce parcours.
17:28C'est ça qui est important aussi de dire.
17:30C'est un choix intime, personnel.
17:31Compte tenu des conditions aussi qui sont très strictes, effectivement.
17:35Docteur, je voudrais donner la parole aussi à Marie
17:37qui nous a appelées au 0826-300-300 de Bandol.
17:40Bonjour, Marie.
17:41Oui, bonjour.
17:43Mouly, réagir à ce sujet, justement, Marie.
17:45Dites-nous tout.
17:46Moi, je suis très, très, très en colère.
17:48Déjà, on présente ça comme un droit.
17:51Vous vous rendez compte ?
17:52Mais je trouve ça honteux.
17:53La fin de vie, c'est quelque chose de normal.
17:55Moi, j'ai 76 ans.
17:57Mon mari a 83 ans.
18:00Nous sommes tous les deux atteints d'un cancer, d'accord ?
18:03On se fait soigner.
18:05Mais moi, maintenant, après, quand je vais aller à l'hôpital,
18:07je vais être inquiète.
18:09Je vais me dire, mais est-ce qu'on va me donner quelque chose
18:11pour me soigner ?
18:12Ou est-ce qu'on va vouloir, en se disant,
18:15bon, ben, cette petite mamie-là,
18:17on va peut-être...
18:18Bon, ça suffit.
18:20Elle a assez souffert.
18:20Bon, j'ai déjà eu des douleurs extrêmes,
18:24des crises de pancréatides.
18:26Je sais ce que c'est d'avoir très, très mal.
18:29Mais dès que la crise est passée avec un médicament
18:32ou simplement parce que je me suis remise,
18:35je n'ai plus du tout envie de partir.
18:38Et moi, je trouve qu'en étant de religion catholique
18:41au niveau culturel,
18:42même si je ne suis plus pratiquante,
18:44je m'étonne que sur toutes les églises de France,
18:46il n'y ait pas un panneau disant non à l'euthanasie.
18:49Mais là, vous vous prenez tous pour Dieu.
18:51Ce n'est pas possible.
18:52Je pense que c'est vous-même
18:53qui avez un regard mauvais sur les personnes âgées.
18:57Ce n'est pas facile de vieillir.
18:58C'était bien mieux quand on avait 20 ans.
19:00Ce n'est pas facile aussi d'avoir...
19:01Je ne sais pas, j'essaye de mettre à la place,
19:04mais ce n'est peut-être pas facile non plus
19:06de subir, de vivre une maladie incurable,
19:11de souffrir sans pouvoir finalement avoir quelque chose.
19:15Il y a quand même des bons soins palliatifs
19:17qui existent maintenant.
19:19Et c'est vrai que...
19:20Mais pas suffisamment,
19:20parce qu'il y a encore beaucoup de départements
19:21où on n'a pas d'unité de soins palliatifs aussi.
19:24C'est là qu'il faut aller.
19:26Donc je suis en train de regarder,
19:27de quitter la France,
19:28je vous le dis franchement,
19:29parce que bon,
19:30un pays où déjà on tue assez facilement les fœtus,
19:34alors que j'étais moi pour l'avortement,
19:38bon, ça c'est une autre histoire,
19:40mais maintenant on va se mettre à tuer un peu plus tard,
19:43moi j'appelle ça comme ça.
19:44Non, c'est un pays qui n'a pas de...
19:46Il n'y a plus rien, il n'y a plus rien.
19:48Marie, je sens effectivement votre colère en tout cas,
19:52et elle est très personnelle,
19:53et on peut l'entendre.
19:55Docteur, j'aimerais qu'on termine avec vous,
19:57Docteur Jacques Orvin,
19:58peut-être pour rassurer quand même Marie,
20:01puisqu'elle va peut-être un peu loin dans son raisonnement,
20:04mais on peut comprendre,
20:05c'est une inquiétude,
20:06forcément, ça révèle beaucoup de choses aussi, d'intimes.
20:09Oui, bien sûr,
20:10mais ça révèle aussi une méconnaissance des situations,
20:13parce que les dossiers que les personnes qu'on a accompagnées,
20:17c'est souvent des cheminements,
20:18des gens qui ont fait un choix sur des maladies,
20:21nous on a beaucoup de maladies neurodégénératives,
20:23des maladies de Charcot,
20:24et d'autres, il y a plein de maladies rares comme ça,
20:26qui sont un peu du même,
20:28qui ressemblent à la maladie de Charcot,
20:30c'est souvent des personnes qui,
20:32un an à l'avance,
20:33ont fait des directives anticipées,
20:34se sont accompagnées de personnes de confiance,
20:36qui les accompagnent,
20:38c'est un choix de la famille,
20:40et c'est au bout d'un an,
20:42ils décident que ça va être le moment,
20:45pour éviter les situations,
20:48c'est leur droit aussi.
20:51L'auditrice, elle a parlé de ses choix,
20:53je respecte ses choix,
20:54si elle sait ses choix,
20:55je les respecte tout à fait.
20:58Nous, les premières questions qu'on demande aux patients,
21:00c'est est-ce que vous avez contacté un service de soins palliatifs
21:03pour savoir s'il y avait des choses à faire ?
21:04Enfin, on s'entoure de beaucoup de précautions,
21:08et donc quand les personnes ont décidé de,
21:11pour les Français,
21:12moi je connaissais une famille de Marseille que j'ai accompagnée,
21:15vous voyez, Marseille-Namur,
21:17c'est pas tout près quoi,
21:18donc les gens vont pour une première consultation à Namur,
21:21ils reviennent chez eux,
21:22ils reviennent pour éventuellement une deuxième consultation
21:25pour un avis spécialisé,
21:26et puis in fine,
21:28il y aura le dernier voyage à faire à Namur.
21:31Voyez bien que c'est pas des choses qui se font à la David comme ça,
21:34à la légère,
21:35à réfléchir,
21:36voilà, à la légère,
21:37enfin c'est,
21:38franchement c'est une caricature des situations réelles,
21:41et des situations de,
21:42voilà,
21:42de quelquefois de détresse ou de désarroi,
21:44des gens qui nous demandent de l'aide,
21:46c'est pas,
21:48c'est rien,
21:49moi je suis toujours choqué par ces discours-là,
21:51qui reflètent vraiment une connaissance totale des cas,
21:56et là si vous étiez confronté à ces cas-là.
21:59C'est important aussi de pouvoir vous entendre,
22:01docteur Jacques Horvain,
22:02je rappelle médecin,
22:03membre de la commission soignant de l'ADMD,
22:05c'est l'association pour le droit de mourir dans la dignité,
22:07vous êtes favorable à ce droit-là,
22:09le vote définitif à l'Assemblée prévu aujourd'hui,
22:12ça devrait être adopté,
22:14ce texte,
22:15merci beaucoup docteur,
22:16et merci pour toutes vos explications,
22:18et votre éclairage qui était important,
22:20Albin Texera,
22:21on conclut avec la question,
22:23on regarde ce que,
22:24merci à tous ceux qui nous ont appelé,
22:26vous avez eu 126,
22:26300, 300,
22:27on n'a pas pu prendre tout le monde,
22:28mais on a aussi ceux qui votent,
22:30qui agissent sur les réseaux sociaux,
22:31avec cette question,
22:32la rappel,
22:33vote définitif du droit à une aide à mourir à l'Assemblée nationale aujourd'hui,
22:36est-ce qu'il était temps ?
22:37Alors ce n'est en grande majorité,
22:38à 67% nos auditeurs disent qu'il n'était pas forcément temps,
22:42c'était pas une urgence,
22:44mais 33% de nos auditeurs disent quand même,
22:46il est temps,
22:47il est temps de mettre en avant le droit à mourir en France.
22:51Et oui,
22:51et question encore une fois intime,
22:53sensible,
22:53le but ce n'était pas de choquer à travers ce débat,
22:55c'était de pouvoir éclairer un sujet,
22:57effectivement,
22:58qui est clivant,
22:58et dont il faut parler,
22:59il n'y a pas de tabou à en parler,
23:00effectivement,
23:01et c'est important de le faire,
23:03sur Sud Radio,
23:03Allez 9h33,
23:05on vient dans un instant avec l'ami Jacques Pessis.
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