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Cette vidéo fait partie du Corner Football
  • il y a 2 jours
L'équipe de France a chuté en demi-finale de la Coupe du monde, battue par l'Espagne. Les Bleus n'ont jamais semblé en mesure d'inquiéter la Roja. Un constat d'échec du système tactique, regrette Daniel Riolo.

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Transcription
00:00Daniel, tes trois points après la défaite des Bleus.
00:03Il va y avoir beaucoup de choses à dire ce soir.
00:06Le premier point c'est de constater la démonstration collective, technique et tactique de l'Espagne.
00:14Le deuxième point c'est Deschamps qui finalement rate sa sortie.
00:19Et le troisième point, pour la première fois en 20 ans d'after, Gilbert, je vais le dire,
00:26on s'est laissé emporter et je le dis, on a raconté n'importe quoi.
00:31Je m'en veux terriblement ce soir parce que je pense que dans cette Coupe du Monde on est passé
00:34à côté.
00:35Je ne sais pas si c'est la formule New York qui nous est monté à la tête,
00:40mais on a fait n'importe quoi et on a raconté n'importe quoi et je m'en veux terriblement.
00:44Voilà mon troisième point.
00:46Très bien, on détaillera tout à l'heure évidemment. Kevin ?
00:48Écoute, mon premier point, je ne pense pas qu'on ait dit n'importe quoi,
00:51mais par contre, je vais m'inclure dedans, on s'est vu trop beau.
00:56On s'est vu trop beau et aujourd'hui, c'est mon deuxième point.
00:58Il y a un wake-up call, il y a un retour à la réalité qui est énorme.
01:02Hier, je parlais de deux footballs qui allaient s'opposer,
01:05de deux réalités différentes entre un football très collectif de l'Espagne
01:09et un football basé plus sur des grosses individualités de l'équipe de France.
01:13Et ce sera mon troisième point.
01:15Aujourd'hui, l'Espagne a montré qu'ils n'ont pas fait que parler.
01:18Ils sont bien en avance dans leur structure
01:21et ce n'est pas pour rien que dans les quatre grandes dernières compétitions
01:24Euro, Coupe du Monde et Finale des Jeux Olympiques,
01:27ils nous ont mis une danse.
01:30Oui, l'Espagne qui devient peut-être la bête noire de l'équipe de France,
01:33ça fait trois défaites d'affilée.
01:34Je parle de l'équipe de France A, en l'occurrence, face à l'Espagne.
01:38Sauf qu'on n'imaginait pas revoir deux ans après la demi-finale de l'Euro
01:45où déjà on s'était fait promener, mais pas comme ce soir.
01:50Il y avait moins d'écart il y a deux ans.
01:52Je suis d'accord.
01:53Que il y a deux ans, la déception est d'autant plus grande
01:55et l'erreur d'analyse qui est la nôtre, je le répète depuis le 10 juin,
02:00elle est encore plus grande.
02:01Oui, mais c'est parce que les Bleus n'ont joué personne
02:03et ça, on l'a dit aussi.
02:04Le problème, c'est qu'aujourd'hui...
02:06Ça entre dans le cadre de nos analyses merdiques.
02:08Le gros problème, c'est qu'à chaque fois qu'on a dit...
02:13On arrête de le dire, parce que tu es pris par un engouement.
02:16Je l'ai encore dit jusqu'à hier.
02:17Il va falloir un moment qu'on se détache de l'engouement.
02:19Je m'en veux terriblement.
02:21On a raconté n'importe quoi.
02:23D'accord, Daniel, mais on a dit encore jusqu'à hier, ici même,
02:25que l'équipe de France n'avait rencontré personne.
02:28Mais quand tu dis ça, les gens te répondaient
02:30« Oh, mais vous diminuez la performance de l'équipe de France.
02:33Et l'Espagne, ils n'ont pas rendu très bien meilleure. »
02:35Et alors, qu'est-ce qu'on doit en avoir à cirer de ce que disent les gens ?
02:37Non, mais on l'a dit quand même.
02:39On l'a toujours fait.
02:40Sauf que là, dans cette Coupe du Monde, on ne l'a pas fait.
02:43On l'a dit, qu'on n'avait rencontré personne.
02:45On l'a dit pris par cet engouement.
02:47On est accrus jusqu'au bout à la Formule A4 devant.
02:49On a fini par baisser la tête après trois matchs.
02:52Alors qu'au début, on n'arrêtait pas de dire
02:53« Cette Formule A4 devant, quand il va y avoir une grosse équipe, on n'y croit pas. »
02:57Il n'y a pas que, Daniel.
02:58On s'est couché.
02:59Là, c'est trop dur avec toi-même.
03:01Non, mais il n'y a pas de regarder les matchs.
03:02Il n'y a pas de être trop dur avec toi-même.
03:03À un moment, il faut regarder les choses en face.
03:05On a dit qu'ils avaient joué l'équipe B de la Norvège.
03:07On a dit qu'ils avaient joué personne en 8e.
03:09Vous allez un peu vite en besogne.
03:11On a le temps.
03:13On a deux heures devant nous.
03:14On a le temps de battre notre Coupe, éventuellement un peu plus tard.
03:17Mais d'abord le match et ce qui s'est passé.
03:20Jean-Louis Dustade, tu confirmes la leçon absolue de football de l'Espagne ce soir ?
03:24C'est plus que jamais.
03:26Non, mais la leçon, elle est criante.
03:27Je veux dire, on a été dans la situation de nos adversaires depuis le début.
03:32À ne créer aucun danger.
03:33Et je ne pensais pas qu'avec ces quatre attaquants-là, ça pouvait être possible.
03:37Être dépassé par la possession, etc.
03:39Parce qu'on a cru qu'on pouvait jouer 100 000 euros de terrain.
03:40Parce que nous, on a cru qu'on pouvait jouer 100 000 euros.
03:42Ça, ça va être un vrai sujet, Daniel.
03:44Mais juste, sur le match, qu'on soit dépassé autant, dans tous les secteurs.
03:49Et je vais te dire, sur le match, je commençais à incriminer un peu Lucas Dynne
03:53parce qu'il fait une erreur, etc.
03:55Mais en fait, les erreurs individuelles, quand tu prends une telle leçon collective,
03:58elles tombent forcément quelque part.
04:00Il y en a eu partout, à tous les postes, il y en a eu.
04:02Exactement.
04:02Et sur le milieu de terrain, ça va être une vraie question.
04:04Deschamps, je vous rappelle quand même que lui-même a dit plusieurs fois
04:08« Je serai pragmatique.
04:09S'il faut revenir à trois milieux à un moment donné,
04:11sur certaines périodes du match, etc.
04:13Je le ferai.
04:14Pourquoi il ne l'a pas fait ce soir en cours de match ? »
04:17« Oui, mais quand même. »
04:18« Mais parce que lui aussi, il s'est laissé emporter par la vague. »
04:21« Non, mais Kevin, il sait. »
04:23« Les joueurs ont créé quelque chose de très fort en termes de vivre ensemble.
04:27Eux ont créé réellement un truc.
04:29Ils ont fait changer le plan de jeu.
04:31Ils l'ont voulu, ce plan de jeu.
04:33Les premiers matchs leur ont donné quasi la certitude
04:36que c'était en train de fonctionner.
04:38Et ce soir, ça s'est fracassé sur le talent des Espagnols.
04:42Mais autant les joueurs ont cru à tort que ça marchait,
04:47Deschamps y a cru.
04:48Et nous, derrière, aucun, mais personne de chez personne,
04:51n'a eu la lucidité, à part sur les trois premiers matchs.
04:54Je pense qu'on a arrêté, après le deuxième ou le troisième match,
04:56de parler du milieu à trois.
04:57Au début, on disait « Il faudra Rabiot-Chouamini-Kone.
05:01Dans un gros match, ce serait bien. »
05:03Mais on a arrêté d'y penser.
05:04Mais Daniel, attends.
05:06Je aussi, on s'est mis sur la vague.
05:08On s'est mis dans le petit canoé.
05:09Le soleil brillait.
05:10On a mis la crème solaire.
05:11On a bronzé.
05:12On était pénards.
05:12Mais non, mais pas que, Daniel.
05:14Moi, le seul truc, Daniel, que je veux dire quand même,
05:15c'est que je ne sais pas si avec le milieu à trois,
05:18tu fais vraiment un match différent.
05:20Parce que on avait quand même inversé.
05:22Tu pétonnes et toujours en contre.
05:23Oui, mais ça, justement, Daniel.
05:25Et justement, justement, ça, tu ne pouvais plus l'avoir
05:28à partir du moment où ça fait un an, plus d'un an,
05:30que tu arrêtes de jouer comme ça complètement.
05:32Donc, je ne suis pas sûr que juste en mettant
05:34les trois milieux de terrain,
05:35en mettant ça dans la tête des joueurs,
05:36tu pouvais y arriver.
05:37Je pense qu'il y avait eu trop de chemin fait
05:39de l'autre côté vers le jeu offensif
05:40pour avoir un résultat différent.
05:42Et je pense qu'on se serait fait promener aussi
05:44avec trois milieux de terrain.
05:45Bon, et puis après tout, pendant des mois,
05:47on a demandé à ce que Deschamps joue différemment.
05:50Maintenant, on ne va pas dire qu'il s'est trompé.
05:51Non, mais attention, mais attention, j'y perds.
05:54La question, c'est pas ça.
05:55La question, c'est quand tu joues différemment,
05:57déjà, il faut te préparer.
05:59Déjà, il faut savoir de quelle façon tu joues différemment,
06:02avec quel milieu de terrain.
06:03Et avec deux milieux de terrain, pour moi,
06:05c'est pas possible, surtout,
06:06que, je le répète, ça pour le coup,
06:08je ne changerai jamais d'avis,
06:09notre milieu de terrain n'est pas fort.
06:11Ce soir, au milieu de terrain,
06:12tu te fais manger parce que Tchouamini et Rabiot,
06:14c'est à des années-lumière
06:16des milieux de terrain espagnols.
06:17Et si tu avais joué les Anglais,
06:19c'était pareil, au milieu, tu es en dessous.
06:21Il y a beaucoup d'équipes,
06:22tu es en dessous au milieu,
06:23mais nous, on croit que celui qui est sorti à la mi-temps,
06:26qui ne joue jamais un match de Ligue des Champions,
06:28c'est un joueur extraordinaire.
06:29Continuez à croire ça, si vous voulez.
06:31Il a été bon au premier mi-temps, quand même.
06:33Mais il est venu la chier, rapidement merdé avec ça.
06:36Mais c'est le meilleur français.
06:37Il voit rien du tout.
06:37Mais là, qui ne t'est pas objectif.
06:38Mais non, écoute, je ne suis pas objectif.
06:40Au moins, là-dessus, je suis content
06:41de ne pas avoir changé d'avis.
06:42Quitte à mettre rongé après trois matchs.
06:43Mais ce n'est pas une question de changer d'avis.
06:45Arrête avec cette histoire de changer d'avis.
06:47Ce n'est pas une question.
06:48On a dit sur toutes les émissions avec RMC,
06:50avec toi, avec Walid, avec Daniel,
06:52et même dans les autres émissions de Jérôme,
06:54ou même de Vincent,
06:55on a dit qu'on pensait,
06:58Gilbert était d'accord,
06:58je me rappelle très bien,
07:00on l'a dit et redit avant la compétition,
07:02que quand arriveraient les grosses échéances,
07:04les gros mâles,
07:05Deschamps devrait repasser à trois.
07:06On l'a dit.
07:07Maintenant, le mec, il ne veut pas le faire.
07:09Après la phase de poule,
07:10ça n'a plus jamais été redit.
07:11Mais si le mec, il ne veut pas le faire.
07:12Mais ça se voit qu'il ne voulait pas le faire.
07:14Arrête, arrête.
07:15Après la phase de poule,
07:16arrête de raconter ça.
07:17On l'a dit pendant la phase de poule.
07:18Mais Daniel, si le gars, il ne veut pas le faire.
07:20Après, on a tous été grisés.
07:21C'était Olyseé, Olyseé Mbappé.
07:24Olyseé, c'était la meilleure paire
07:25qu'on n'avait jamais eue dans l'histoire des bleus.
07:27Mais non, mais ça, c'est n'importe quoi.
07:29Olyseé, il a été mis à la table de Zidane et Platini,
07:31alors qu'il n'est même pas à la cuisine,
07:33pour l'instant.
07:34Ça, c'est Olyseé aussi.
07:35Là, Daniel, tu as oublié.
07:36Qu'on a mis Mbappé, oui, mais pas Olyseé.
07:38Non, on n'a jamais parlé d'Olyseé à la table.
07:40Olyseé, le retour du 10, c'est...
07:42Non, mais attends.
07:43Oui, on a fait le retour du 10.
07:44Il ne faut pas avoir tout noir non plus.
07:46On a fait les analyses qu'il fallait.
07:48Après, mais si, ça fait 5 ans que tu me dis
07:50est-ce que tu parles pour toi
07:52ou est-ce que tu parles pour Deschamps ?
07:53Tu me le dis à chaque fois.
07:54Eh bien, on finissait par parler pour Deschamps
07:56puisque Deschamps est là.
07:57Non, mais on avait accepté son idée
07:59qui nous plaisait.
08:00Mais on est obligé.
08:00De jouer à 4 devant.
08:01Il n'y a pas de souci.
08:02Mais on a dit aussi que dans les gros matchs,
08:05jusqu'à il y a encore, certes, quelques semaines,
08:07qu'il fallait revenir,
08:09peut-être avoir une deuxième option.
08:10Mais comme si Jean-Louis, je pense que de toute façon,
08:11ça n'était pas suffisant
08:12parce que tes milieux ne sont pas assez forts.
08:14Là où moi, je pense que Jean-Louis a raison,
08:16c'est que je ne suis même pas sûr
08:18qu'à 3 milieux, ça aurait changé quelque chose.
08:20Mais il fallait le tenter à la 45e.
08:21À la mi-temps, tu dois faire entrer un milieu.
08:23Et tu dois te dire
08:24que tu n'as pas la capacité footballistique
08:27de prendre le ballon à l'Espagne.
08:28Après, un minimum,
08:29tu as le droit d'aller à la bagarre.
08:30Et en termes de pressing,
08:31franchement, on s'attendait.
08:32Là, on vient de prendre une claque.
08:34Laisse-moi juste finir.
08:35Un moment, tu peux quand même aller au contact
08:37un petit peu plus et monter un peu.
08:3830 secondes.
08:39Aujourd'hui, l'équipe de France,
08:41tout le football français
08:42a pris une claque footballistique.
08:44Je disais hier,
08:46il va y avoir la lutte entre deux footballs.
08:48Un football où les mecs grandissent ensemble
08:50depuis les U8.
08:51Et peu importe les clubs
08:52et les générations jouent de la même façon.
08:54Et un pays...
08:56L'année dernière, au mois d'août,
08:57pendant les JO.
08:57Attends, laisse-moi finir, Kevin.
08:58Mais laisse-moi finir.
08:59Vous étiez ensemble,
08:59on n'arrêtait pas de parler de ça.
09:00Et ben voilà.
09:01Et je te le disais,
09:02et toi et ton équipe de France
09:03de Thierry-Henrié te faisaient kiffer.
09:04Mais non, mais non.
09:04C'était du football, tu disais.
09:06C'est pas vrai.
09:07Et je te dis qu'aujourd'hui,
09:09comme je l'ai dit hier,
09:10on a vu une équipe de France
09:11avec de très très belles individualités,
09:14mais qui ne joue de cette façon
09:15que depuis 6 mois,
09:1712 mois,
09:1718 si tu veux.
09:19Et c'est toujours très difficile
09:20quand en face,
09:21tu as des joueurs
09:22qui maîtrisent aussi bien
09:23leur système,
09:24leur ADN,
09:25peu importe que ce soit des stars
09:27ou des joueurs quasiment nobody
09:28pour le français lambda,
09:29ce sont des joueurs
09:30qui ont tous la même matrice,
09:32qui ont tous le même programme,
09:33qui ont tous le même ADN footballistique.
09:35Et quand ils sont à ce niveau-là
09:36avec un Yamal
09:37qui retrouve des jambes,
09:38avec un Rodri
09:38qui est ballon d'or
09:39il y a un an et demi,
09:40pas il y a 10 ans,
09:41il y a à peine 2 ans,
09:43et ben,
09:43tu te heurtes à un mur.
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