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  • il y a 2 heures
L'incendie en forêt de Fontainebleau a continué sa progression dans la nuit, parcourant au total 1.900 hectares. Deux personnes suspectées d'être à l'origine du feu ont été interpellées. Ce mardi 14 juillet, 600 sapeurs-pompiers restent mobilisés

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Transcription
00:00Oui, je pense qu'ils ne vont pas tarder à décoller. Ils n'ont pas encore décollé a priori, mais
00:03ils vont rapidement décoller pour venir intervenir et refaire des écopages sur les bords de Seine et être le plus
00:09efficace possible.
00:10Effectivement, les conditions météo nous aident beaucoup. Si le vent se calme, les fumées vont être moins gênantes, que ce
00:16soit pour les pilotes de Connerre que les pilotes de Dach, et ils vont pouvoir travailler encore plus efficacement.
00:22C'est la toute première intervention, on le dit, des moyens aériens en Ile-de-France, écopage sur la Seine.
00:26On voit des images ici.
00:28C'est une mission qui est complexe, ou alors pour un pilote de Canadair, c'est la routine ?
00:34Alors, ce n'est jamais la routine. Le feu de forêt, ce n'est jamais la routine, comme pour nos
00:37collègues pompiers au sol.
00:38On s'y entraîne toute l'année, mais quand on va au feu, ce n'est jamais la routine. On
00:41est excessivement concentré.
00:43On est vraiment focus sur les objectifs qu'on va nous assigner, et surtout, on est en permanence en train
00:49de mesurer la proportion risque sur l'avantage de la mission qu'on va réaliser,
00:54de façon à savoir si on effectue ou pas la mission, ou si éventuellement on change d'axe pour être
00:58le plus efficace possible.
01:00– Christophe Govio, il y a des massifs que vous connaissez par cœur, comme pilote de Canadair, je ne sais
01:05pas, les Alpies, c'est des endroits où vous intervenez souvent.
01:07La forêt de Fontainebleau, c'est tout nouveau. Vous ne manquez pas de repères dans ce cadre-là ?
01:13– Alors, on ne manque jamais de repères, parce qu'en fait, il y a un dialogue qui s'instaure
01:16avec le pompier qui est en charge de nos opérations au sol,
01:19et c'est lui qui va nous définir un petit peu la zone dans laquelle on va devoir intervenir, c
01:23'est lui qui va nous donner les obstacles,
01:24en plus de nos yeux, bien évidemment, parce qu'on regarde dehors et on prend en compte toute la situation
01:29autour du feu,
01:30mais il y a un dialogue qui est permanent avec le pompier au sol, et c'est ce qu'on
01:32fait exactement, même dans les régions que l'on connaît par cœur,
01:35on commence toujours par un échange sur les dangers et les risques associés à la zone d'intervention,
01:40de façon à s'en prémunir le plus facilement possible.
01:42– Ils ont quel profil, vos collègues ?
01:45– La plupart des commandants de bord sont des anciens militaires qui ont fait une vingtaine d'années de carrière
01:49dans l'armée,
01:50et qui sont donc aguerris au vol en très basse altitude.
01:53Il faut savoir que les avions au largage sont à proximité du sol, c'est-à-dire à peu près
01:57à 30 mètres lorsqu'il n'y a pas trop de vent,
01:58et on descend un petit peu plus s'il y a beaucoup de vent, de façon à ce que l
02:01'eau arrive le plus massivement possible au sol.
02:0420 ans de carrière militaire, et une fois qu'ils rejoignent la sécurité civile,
02:07ils recommencent pratiquement à zéro, puisqu'il faut entre 3 et 5 ans pour former un commandant de bord.
02:11Donc c'est pas anodin, ça demande de l'expérience, ça demande de la pratique, de façon à être le
02:16plus efficace,
02:17et surtout être utile aux pompiers.
02:19Il ne suffit pas de venir avec un avion pour jeter de l'eau ou du retardant sur la végétation,
02:24il faut être efficace auprès des pompiers, les aider dans leur mission,
02:27et faire en sorte que notre action soit la plus sécurisée possible pour nous et pour les intervenants en sol.
02:32– Il y a 4 Canadaires sur zone, ça représente je crois un tiers de la flotte française,
02:36on comprend qu'il ne faudrait pas qu'il y ait un autre grand incendie qui se déclare au même
02:39moment quand même.
02:39– Effectivement, et la politique de lutte contre les feux de forêt en France repose sur un principe très simple,
02:46c'est on tue, excusez-moi l'expression, on tue les feux au stade initial.
02:50Pour tuer les feux au stade initial, il faut forcément avoir des moyens disponibles,
02:53et si tous nos moyens sont engagés à un seul endroit, il est absolument impossible de conduire cette politique.
02:58C'est pourquoi on prédispositionne des moyens en fonction des risques du jour.
03:02Aujourd'hui, si en accord avec l'ONF, avec Météo France, les pompiers qui gèrent ces réunions décident qu'il
03:10y a une zone plus à risque qu'une autre,
03:12on va carrément envoyer des avions sur place, soit on les mettra sur un terrain d'aviation en proximité,
03:17soit on les met carrément en l'air en train de faire des patterns dans le ciel,
03:20de façon à pouvoir intervenir dans les premières minutes, car les premières minutes sont cruciales.
03:25Et c'est ce qui fait la grosse différence de la France par rapport à tous les autres pays européens.
03:28On a cette politique d'intervention immédiate et qui nécessite effectivement des moyens.
03:34Ce débat n'est pas nouveau.
03:35Les premiers rapports datent de 2012 sur lesquels on disait que la flotte des Canadair et des Dash n'était
03:41pas suffisante pour les enjeux à venir.
03:43On est aujourd'hui confrontés à cette réalité et au manque de mesures prises dans le passé.

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