- il y a 49 minutes
Il ne porte plus le maillot de l'OM mais reste leur idole. Pour la première fois, cette dizaine d'enfants a eu la chance de passer près d'une heure et demie en compagnie de Dimitri Payet, invité de La Provence, présent à Grand Central, siège de notre média, en ce lundi 13 juillet.
Ces supporters en herbe ont pu prendre des photos, lui faire signer des autographes et échanger avec le Réunionnais (39 ans) désormais retraité. Ils étaient tous impressionnés, comme l'intéressé lui-même, le jour où il a rencontré le joueur qu'il admirait : Ronaldinho. "J'étais fan et je le suis toujours. Je l'ai croisé une fois, mais j'étais trop timide", souriait l'ancien capitaine olympien en répondant à une question d'une jeune amoureuse de l'OM.
Ces supporters en herbe ont pu prendre des photos, lui faire signer des autographes et échanger avec le Réunionnais (39 ans) désormais retraité. Ils étaient tous impressionnés, comme l'intéressé lui-même, le jour où il a rencontré le joueur qu'il admirait : Ronaldinho. "J'étais fan et je le suis toujours. Je l'ai croisé une fois, mais j'étais trop timide", souriait l'ancien capitaine olympien en répondant à une question d'une jeune amoureuse de l'OM.
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00:00J'ai encore des frissons.
00:02A la base des bases, ma famille n'était pas trop chaude pour venir vivre ici.
00:08Parce que c'est vrai que quand on allume la télé, quand on parle de Marcel, c'est jamais en
00:12bien, malheureusement.
00:13Je pense déjà qu'il m'a, on peut dire, sauvé.
00:17Mais c'est la première fois en autant de matchs au Vélodrome où je sentais la pelouse qui vibrait.
00:23Et honnêtement, j'avais peur parce que je me suis dit que ce n'était pas possible, ça allait s
00:26'écrouler.
00:26Il est fou, on avait investi, il n'y avait que des fous.
00:31Ça fait mal parce que mon projet était clairement de finir ma carrière ici et je n'ai pas pu
00:39le faire.
00:40Ça m'a rassuré aussi sur le fait que moi j'aimais ce club mais qu'il y avait aussi
00:45de l'amour en face.
00:46Je dis toujours, oui, bien évidemment que je viens de mon île, mon île de la Réunion.
00:52Mais que j'ai été adopté à Marseille.
00:55Pour revenir maintenant sur toi, sur ton amour de Marseille, ton attachement,
00:58on se souvient de Euro 2016, ce but, tu es au Vélodrome et on te voit, on voit l'image,
01:03on en parlera tout à l'heure, mais on voit l'image, tu as souvent dit que Marseille c'était
01:07ta maison,
01:07que tu as répété, ici c'est chez moi.
01:09Tu as raccroché les crampons et effectivement, tu es toujours là au quotidien dans la cité faussienne.
01:14À quoi il tient, à quel moment cet attachement à Marseille est né ?
01:19Je pense déjà le fait que j'ai passé quasiment la moitié de ma carrière dans ce club.
01:25Donc c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est peut-être un fait qui se fait rare dans le football
01:30moderne.
01:33Mais quand on passe quasiment 10 ans dans un club, dans une ville, il y a forcément un attachement qui
01:39naturellement se fait.
01:42Et ensuite, c'est vrai que j'ai eu la chance d'avoir beaucoup d'amour, beaucoup de soutien pendant
01:48toutes ces années,
01:49avec des hauts, des bas forcément.
01:52Mais il n'en reste que de l'amour et aujourd'hui, je me suis installé.
01:56Je n'étais jamais parti, mais aujourd'hui, je vis ici, ma famille aussi.
02:01Et au quotidien, je reçois vraiment beaucoup d'amour encore.
02:05On se souvient de ces gestes justement ?
02:07Le ici, c'est chez moi, c'était spontané ou c'était préparé parce que tu n'étais plus là
02:12à ce moment-là précis de ta carrière ?
02:14Oui, c'est vrai que j'étais à West Ham à ce moment-là, mais je n'étais jamais revenu
02:19au vélodrome depuis.
02:20Donc, c'était la première fois.
02:22Et nous, on ne pas préparait parce qu'on ne sait jamais si on va marquer ou pas.
02:27Donc, non, non, c'était un geste qui a été instinctif et au début du match, voilà, j'avais ressenti
02:35aussi un attachement particulier
02:37quand j'avais la balle avec ce stade.
02:39Donc, c'est pour ça que c'est sorti à ce moment-là.
02:41Et qu'est-ce qui fait qu'une ville comme ça devienne ta maison ?
02:48C'est dur et simple à expliquer.
02:49C'est vrai qu'à la base des bases, ma famille n'était pas trop chaude pour venir vivre ici.
02:57Parce que c'est vrai que quand on allume la télé, quand on parle de Marseille, c'est jamais en
03:01bien, malheureusement.
03:03Mais à force d'y vivre, à force de découvrir les alentours, de découvrir sa population, son stade, son club,
03:11toute cette passion qu'il peut y avoir autour de ce club, en tant que passionné du football, ça ne
03:18pouvait que matcher.
03:19Et aujourd'hui, si on te pose la question, quand on te dit, tu viens d'où ? Tu dis,
03:22je viens de La Réunion ou je viens de Marseille ?
03:24Je dis toujours, oui, bien évidemment, que je viens de mon île, mon île de La Réunion, mais que j
03:30'ai été adopté à Marseille.
03:33Et qu'est-ce que, une autre question sur Marseille, qu'est-ce qui te rapproche le plus des Marseillais
03:38?
03:42Mais je pense que c'est cette passion et cette folie qu'il peut y avoir.
03:46Je suis quelqu'un qui a toujours choisi ces clubs en fonction des stades, en fonction de l'ambiance qu
03:53'il pouvait y avoir.
03:54Parce que pour moi, le football, c'est ça, c'est de jouer dans des stades pleins, c'est de
03:57jouer dans des stades où il y a de belles ambiances,
04:01où il y a de la pression.
04:03Et je pense que je ne pouvais pas me mieux trouver en termes de tout ce que je viens de
04:07dire ici à Marseille.
04:08Ok, et qu'est-ce que tu, aujourd'hui, qu'est-ce que tu, tu as raccroché les grands mots,
04:11mais qu'est-ce que tu aimes faire aujourd'hui ?
04:14Alors, incognito, tu ne vas pas nous dire ce que tu fais, incognito, mais qu'est-ce que tu aimes
04:17faire aujourd'hui à Marseille depuis que tu es réinstallé définitivement ici ?
04:20Déjà, je ne peux rien faire incognito, parce que c'est vrai qu'en 10 ans, les gens ont l
04:25'habitude de me voir.
04:27Et aujourd'hui, je suis devenu, je ne vais pas dire leurs amis, mais à force de se voir tous
04:32les jours, on arrive à créer des liens encore plus forts.
04:35Mais aujourd'hui, j'arrive encore à découvrir des choses que je ne pouvais pas faire forcément quand j'étais
04:43en activité, mais je découvre encore certains coins de la ville.
04:46J'ai été pour la première fois à la Marseillaise cette année.
04:51Donc, j'arrive encore à découvrir des bons côtés de cette ville et je n'en suis pas peu fier.
04:56Et si tu joues à la longue, il y a le Provençal fin du mois d'août ?
05:00Je ne suis pas trop à la longue, c'est difficile, la longue.
05:03Quand tu croises ces supporters dans la rue, de quoi vous parlez justement ? Vous parlez encore de l'OM
05:08ou vous parlez de tout ?
05:10On parle de l'OM. On parle de l'OM d'avant, on parle de l'OM de maintenant, on
05:13parle de l'OM de demain et de ce que je fais encore ici.
05:18Parce que certains se demandent, mais tu es venu, tu es installé ici ? Et oui, ça tourne généralement autour
05:23de l'OM.
05:24Et tu es surpris encore par cet amour réciproque ?
05:31Oui, un peu, parce que je me dis que ça fait un moment que j'ai quitté le club et
05:34qu'on dit toujours qu'avec le temps, il y a d'autres joueurs qui arrivent, il y a d
05:43'autres choses qui se passent.
05:45Mais je ressens toujours cet amour et ce manque aussi, parce que c'est vrai qu'on n'a peut
05:52-être pas fini l'histoire comme elle aurait dû se finir.
05:54Donc il y a toujours ce petit manque qui nous tient en haleine d'un côté comme de l'autre.
06:00Tu aurais une rencontre avec un supporter en particulier qui t'aurait marqué ?
06:07Une rencontre particulière ?
06:13Vraiment, chaque rencontre est différente, même si le sujet, le fil conducteur reste l'Olympique de Marseille.
06:21Mais généralement, c'est plutôt eux qui me racontent leur histoire avec l'OM, parce qu'ils ont tous forcément
06:30un souvenir plus pertinent qu'un autre.
06:33Et au final, oui, on parle un peu de moi, on parle un peu de mon actualité, mais au final,
06:39c'est toujours, moi j'ai fait ce déplacement, moi j'ai vécu tel match ou tel match.
06:43Donc c'est un échange qui est toujours intéressant quand je parle avec les supporters.
06:47Et est-ce qu'aujourd'hui, tu peux dire que tu es presque devenu comme eux, c'est-à-dire
06:52que si tu regardes un match de l'OM, que l'OM gagne, tu es heureux, et que l'OM
06:56perd, tu as ta semaine gâchée, parce que c'est un peu ça le supporter de l'OM quand même.
07:00Je me suis rendu compte aussi de ça, c'est que je vais à tous les matchs, au stade, et
07:05il m'est arrivé de regarder des matchs maintenant chez des amis ou autour d'un repas.
07:10Et maintenant, je commence un peu plus à comprendre cette passion et cette folie, parce que quand on est sur
07:17le terrain, on la vit, on est dans notre match.
07:21Et puis c'est vrai qu'aujourd'hui, les matchs s'enchaînent tous les trois jours, donc on passe rapidement
07:26à autre chose.
07:27Mais j'ai vu des soirées s'arrêter parce que l'OM avait perdu, alors qu'on aurait dû continuer.
07:33Mais l'impact que peut avoir l'OM et les résultats de l'OM sur cette ville sont vraiment très
07:40importants.
07:40Quand tu étais joueur, vous êtes un peu dans une bulle quand vous êtes joueur.
07:45Vous comprenez même cette exagération, je me mets dedans, cette exagération de la presse.
07:51Comment vous perceviez ça ?
07:52Cette exagération, cette folie médiatique aussi.
07:54Ça dépend aussi, maintenant que je suis, je ne vais pas dire de l'autre côté, mais maintenant que j
08:01'ai un œil extérieur.
08:03Oui, je peux comprendre cette attache et cette pression qu'il peut y avoir au quotidien.
08:09Après, parfois, comme je l'ai dit toujours, elle est un peu exagérée parce que c'est l'OM, parce
08:14que c'est le club le plus populaire,
08:17parce qu'il faut aussi en parler et il y a toujours des choses à dire.
08:21Mais il faut arriver à garder la tête sur les épaules, à avoir un sang-froid qui ne vous emmène
08:28pas à justement écouter, lire ou croire tout ce qui se dit.
08:34Parce que ça fait partie du cadre, ça fait partie de Marseille, que ce soit la presse, les supporters.
08:40Il y a toujours des choses à dire, il y a des entraîneurs dans tout Marseille, il y a des
08:44joueurs dans tout Marseille.
08:45Donc, il faut s'adapter à cela.
08:48Toi, si tu devais retenir une seule image du Vélodrome, ce serait laquelle pendant ton passage ?
08:52Si tu avais un moment marquant ?
08:55Le moment qui m'a ému personnellement, je vais prendre un souvenir personnel, c'est cette banderolle qu'ils avaient
09:04fait à mon effigie pendant la période,
09:08je ne sais pas si c'était le Covid, je ne crois pas, mais le virage était fermé et il
09:12m'avait fait un bel hommage.
09:16Et toi, ça te marque encore ?
09:18Oui, parce que c'était vers la fin.
09:23Donc, ça m'a rassuré aussi sur le fait que moi, j'aimais ce club, mais qu'il y avait
09:30aussi de l'amour en face.
09:31Et il n'y a rien de plus gratifiant que de le voir dans un stade comme celui-là.
09:35Et qu'est-ce que tu ressens aujourd'hui quand tu y vas comme simple invité, en supporter ?
09:40Il y a toujours au début un petit, je ne vais pas dire un manque,
09:45mais de dire, oui, là on est passé par le haut, alors que d'habitude c'était par le bas.
09:51Et de, voilà, cette pelouse qui, il y a un manque qui se crée,
09:56mais après c'est vrai qu'on se met dans le match, on regarde de l'extérieur et on oublie
10:01que maintenant on n'est plus acteur.
10:03Qu'est-ce que tu aimerais, toi, que les supporters de l'OM retiennent de toi ?
10:10Un passionné, comme je l'ai dit, quelqu'un qui aime le foot,
10:13quelqu'un qui, au-delà du résultat qui, pas malheureusement, mais qui est primordial aujourd'hui,
10:20j'ai toujours joué en fonction de mes sensations et de ce que je voulais faire ressentir au public.
10:27Parce que, voilà, je sais que les gens aiment venir au stade aussi pour voir des choses différentes.
10:32Il faut que ça reste bien sûr efficace, mais j'ai toujours aimé, voilà, les réactions du public sur des
10:38gestes qui ne sont pas comme les autres
10:42et qui retiennent aussi, voilà, ce que j'ai pu faire ici, de bien et de mauvais forcément,
10:47mais qui retiennent que, voilà, j'ai été, et je le suis toujours, amoureux de ce club
10:52et que, voilà, ce club est gravé à jamais dans ma mémoire, dans ma peau et dans mon quotidien aujourd
11:00'hui.
11:01Et aujourd'hui, pour passer à quoi ressemblent tes journées aujourd'hui, maintenant que tu es toujours plus ?
11:06Alors, j'ai pris la décision de prendre du temps pour moi, déjà, parce que c'est vrai qu'après
11:1020 ans non-stop,
11:13on a besoin de couper, donc j'ai pris un peu de temps pour moi, j'ai pris un peu
11:17de temps pour ma famille,
11:18maintenant je peux aller amener mes enfants à l'école tous les jours, les récupérer tous les jours,
11:23aller les voir à l'entraînement, aller les voir en match, en tournoi, faire des sorties familiales,
11:30vraiment une vie de père, de famille, comme tout le monde.
11:33Tu fais du sport encore ?
11:35Oui, je suis dans le paddle maintenant.
11:37Bon niveau, non ?
11:38Ça va, je me débrouille.
11:39Tu joues quoi, une fois par jour, deux fois maintenant ?
11:41Ben là, un peu moins avec ces chaleurs-là, mais c'est vrai que non, je jouais tous les jours.
11:46Est-ce que tu as ressenti, alors il y a Steve Mananda qui a écrit un très beau livre,
11:51il a appelé ça « Ces jours d'après », donc il a raconté ces jours.
11:55Est-ce que tu as ressenti, lui, il a vécu ça comme une petite mort en fait,
11:58est-ce que tu as ressenti ça, cette difficulté justement, où du jour au lendemain,
12:03tu n'as plus le ballon, tu n'as plus le rythme des entraînements, ou est-ce que tu l
12:06'as bien vécu toi ?
12:08Je m'étais surtout préparé, parce que c'est vrai qu'on voit que quand on arrive à la fin,
12:14il faut surtout penser à demain, et demain ça arrive vite,
12:18mais je m'étais plus ou moins préparé, et je l'ai toujours dit dans mes interviews,
12:23je pense que c'est le corps qui décidera quand il faudra arrêter,
12:27et c'est vrai que sur les deux ans, les deux dernières années, il y a eu pas mal de
12:33blessures,
12:35et pour quelqu'un comme moi qui aime le terrain, je déteste être sur une salle de soins à rien
12:41faire
12:42ou à passer son temps au médical, mais non, je trouve que je l'ai plutôt bien préparé,
12:53c'était le moment aussi, je pense qu'il ne faut pas aller chercher trop loin des fois,
12:59quand il faut arrêter, il faut savoir l'annoncer, il faut savoir le faire,
13:05et après, contrairement à Steph, Steph c'est plutôt quelqu'un de casanier de base,
13:11donc forcément je comprends un peu plus ce qu'il a pu vivre,
13:16mais comme je te l'ai dit, j'ai pris du temps pour mon entourage,
13:21et ces moments-là m'ont conforté et m'ont accompagné dans cette transition.
13:26Et l'avenir c'est quoi pour toi ? C'est revenir dans le football ?
13:30Consultant ? Est-ce qu'on pourrait imaginer te revoir un jour dans l'encadrement de l'OM ?
13:34Pour l'instant, comme vous avez pu le voir, j'ai ouvert la porte à des stages pour les enfants
13:42de la région,
13:43pour l'instant, parce qu'aujourd'hui, j'ai envie de rendre ce qu'on m'a donné,
13:50et pour rendre il faut s'occuper de la prochaine génération,
13:54donc c'est ce qu'on essaie de faire avec mon équipe,
13:58on a mis ces stages en place pour ces enfants,
14:02pour essayer de leur donner le maximum d'armes pour qu'ils puissent réaliser leurs rêves,
14:08donc j'ai aussi monté une application qui va dans ce sens-là aussi,
14:15sur des vidéos où je peux donner tous les conseils que j'ai pu apprendre,
14:21l'expérience que j'ai pu apprendre tout au long de ma carrière,
14:23et de l'autre côté aussi avec mon kiné Yannick,
14:27qui peut donner aussi tout ce qui est sur la physiothérapie.
14:32Donc là, le fil conducteur, c'est de rendre un peu tout ce qu'on a pu me donner,
14:38essayer d'aider le maximum de personnes et leur donner les meilleures armes pour qu'ils puissent réussir.
14:43Et le ballon en lui-même, tu fais des matchs caritatifs ou des opérations comme ça,
14:48mais genre pour jouer au Five ou quelque chose comme ça,
14:51ou jouer un match qu'on le sache ?
14:52Le Five, ça m'arrive de temps en temps encore, oui.
14:56L'appel du ballon est toujours là,
14:58mais c'est vrai que le paddle a pris pas mal de place dans ma vie aussi.
15:02Ok, pourquoi ?
15:04Pourquoi cette passion du paddle ?
15:06Parce que quand je fais quelque chose, je le fais rarement à moitié,
15:09donc je me suis lancé le défi d'aller chercher au plus loin possible mes capacités au paddle
15:15et voir jusqu'à où je peux arriver.
15:18Tu joues quoi avec d'anciens joueurs aussi ?
15:20J'ai croisé Benoît Cheroux, on ne s'est jamais croisé, avec Sandrini,
15:25j'ai joué avec Johan Pelé, Romão,
15:28Oui, il y a pas mal d'anciens et de joueurs actuels qui jouent au paddle.
15:32Ok, alors deuxième partie, j'ai sélectionné dix images sur ta carrière,
15:36qu'on mettra bien en vidéo, je vais vous les montrer chaque fois.
15:38L'idée c'est que je te la donne, tu la commentes,
15:41c'est chronologique sur ton passage à l'OM évidemment,
15:43donc on va commencer par celle-ci.
15:46Tiens, je te la donne.
15:50Elle est facile celle-là.
15:53Qu'est-ce qu'elle t'inspire ?
15:55Ben le... c'est le premier jour, entre guillemets, de ces longues années,
16:00voilà, c'est la signature, c'est la signature, ma première signature à l'Olympique de Marseille.
16:06Tu te dis à ce moment-là que tu vas rester si longtemps,
16:10que tu vas t'installer, que tes enfants grandiront ici ?
16:13Non, parce qu'honnêtement c'est compliqué de...
16:18A l'époque ça a été un peu moins, mais c'est vrai que c'est compliqué aujourd'hui de
16:21dire
16:22on va s'installer dans un club et on va y rester pendant presque dix ans.
16:26Parce qu'aujourd'hui, le football d'aujourd'hui, l'économie a une place,
16:31je peux le comprendre, peut-être même plus importante que le football en lui-même.
16:36Mais non, je ne m'étais pas projeté aussi loin, même si je savais que pour se projeter aussi dans
16:44ce club-là,
16:46il faut être bon et il faut surtout avoir l'énergie solide.
16:50Arrive justement la deuxième image, celle-ci, qui est ta deuxième saison à l'OM,
16:56avec Marcelo Bielsa qui te repositionne en dix.
17:00Qu'est-ce qu'il t'a apporté ? C'était dur au début ?
17:05Je pense déjà qu'il m'a... on peut dire sauvé, parce que c'est vrai que j'étais à
17:12l'époque
17:13entre guillemets sur la liste des transferts, après une première saison compliquée.
17:18Et c'est ce monsieur qui m'a... qui a mis son veto et qui a dit que non,
17:26il va rester avec nous parce que je compte sur lui.
17:29Il te le dit d'entrée qu'il va te positionner en numéro dix ?
17:32Non, parce que quand il arrive, comme tout coach qui entame une nouvelle aventure avec un club,
17:40il y a un projet, il y a des conditions et voilà.
17:42Il y avait des joueurs qui étaient prévenus, qui devaient partir.
17:48Et il y a ce match contre le Bayern Leverkusen en match amical, je crois,
17:53où il me met en dix et c'est à la fin du match où j'ai compris qu'il
17:58ne bougera pas d'ici.
17:59Il a été dur à un moment donné, tu es parti en vacances avant, c'était au M. Lille ?
18:04C'était dur mais juste parce qu'il a toujours dit qu'il voulait un cadre
18:14et celui qui sortait de ce cadre-là, il pouvait se passer de lui.
18:19Et la preuve, il l'a fait avec moi, ils ont gagné le match d'après.
18:23Donc c'est quelqu'un de très dur, oui, mais il sait ce qu'il veut
18:27et je pense que tous les joueurs qui sont passés à cette époque avec lui
18:31ont eu une carrière ensuite assez quand même incroyable.
18:35Le cadre, c'était quoi ? Tu ne nous diras pas ce que...
18:37Non, non, non, rien à voir avec...
18:39C'était juste, tu vois, il a conclu que sur cet entraînement-là,
18:47je n'ai pas répondu à ses attentes, donc tu repasseras.
18:54Troisième image, on en a parlé tout à l'heure, c'est celle-là, ce match,
18:57le Vélodrome, ce but, ici c'est chez moi,
19:01c'est un des moments les plus marquants de ta carrière en fait.
19:04C'est vrai que c'est...
19:07En tout cas, que ce soit...
19:09Les deux sont réunis, que ce soit en équipe de France
19:11et ce match ici au Vélodrome.
19:14Voilà, j'étais dans une période de ma carrière
19:17où ça allait bien, très bien même.
19:21Et il y a le retour au Vélodrome, il y a le retour à Marseille
19:25et il y a ce match, voilà, avec ce but en fin de match
19:30qui nous qualifie après deux matchs de poule.
19:32Donc ça reste un souvenir incroyable
19:36et qui aurait su que, voilà, quelques mois après,
19:38je serais revenu ici.
19:41Justement, on a l'image, ça c'est l'image de ton entrée sur le terrain.
19:44C'est ce match de Coupe de France contre Lyon
19:46avec ce but de Doria.
19:47Et il y a un...
19:47Enfin moi, sur 15 ans d'OM,
19:49j'ai un vacarme comme ça dans le stade,
19:50je crois que je n'ai pas...
19:52Fabrice peut en témoigner, je crois que je ne l'ai pas vu.
19:55Ça t'avait marqué ce bruit, cette joie des gens en fait ?
19:58Oui, parce que j'ai encore des frissons.
20:03C'est entre le moment où je suis allé à l'échauffement
20:05et quand on m'appelle pour rentrer,
20:08je sens qu'il se passe quelque chose dans les tribunes.
20:15et c'est vrai que, voilà, depuis, entre guillemets,
20:19ce bras de fer que j'avais entamé avec mon club
20:21pour revenir ici et se tweet avec l'avion rentre à la maison.
20:28Il y avait eu pas mal de boucans de faits déjà,
20:33mais oui, cet accueil a été quand même exceptionnel.
20:36Parce qu'au départ, tu ne voulais pas partir de l'OM en fait, en 2015 ?
20:39Non, ça n'a jamais été dans mes plans
20:42parce que quand je quitte l'OM, entre guillemets,
20:50voilà, c'est encore pour des raisons économiques.
20:53Et donc, on me dit, voilà, c'est pas sportif
20:59parce que le sportif, tout va bien, mais c'est économique.
21:02Et donc, pour moi, ça ne colle pas avec ma vision du foot.
21:08Et quand j'ai quitté un club à chaque fois,
21:10c'était toujours pour aller plus haut,
21:13pour progresser dans une démarche de progression,
21:16de toujours essayer d'aller chercher le plus haut niveau.
21:20Donc non, ce n'était pas prévu,
21:22mais je peux le comprendre.
21:24et je le comprends tout à fait.
21:28Et donc, oui, c'est quelque chose qui fait mal.
21:33Et tu te dis, bon, ben, quand je suis parti,
21:37je me suis dit, voilà, il y a un goût d'inachevé.
21:39Et donc, forcément, quand j'ai eu cette opportunité
21:42de pouvoir revenir, ça a été exceptionnel.
21:46Tu reviens, et justement, il y a cette épopée
21:48Ligue Europa 2018, il y a ce match
21:51contre les Psycho-Vélodrome
21:52qui reste, qui reste fabuleux.
21:55Ce premier but refusé, ce deuxième exceptionnel,
21:57premier but qui était exceptionnel aussi,
21:58qui est refusé pour une faute de Costas,
22:01Mitrougou, je crois bien.
22:04Qu'est-ce que tu en rends ?
22:05Pareil, en termes de vacarme, celui-là aussi,
22:07il était fabuleux.
22:08Et en termes de prestations, peut-être que dans tes prestations,
22:11il y a peut-être eu un match à Bilbao
22:13qui était phénoménal aussi, aller-retour.
22:15Dans tes prestations à l'OM,
22:17après, il y en a eu d'autres, il y en a eu plein,
22:20mais celui-là, il était quand même pas mal.
22:22Oui, celui-là était particulier.
22:23Je crois que tu avais mis 10 sur 10, je te coupe.
22:25Je crois.
22:29Celui-là était, oui, particulier
22:30parce qu'on démarre le match à 0-1
22:37et le but à l'extérieur compte double encore
22:39à cette époque-là.
22:42Donc, il marque en premier,
22:45mais je l'avais raconté.
22:47Je pense que la semaine d'entraînement
22:49et quand on a pris le bus à la commanderie,
22:53l'ambiance dans le bus,
22:54l'ambiance dans le vestiaire,
22:56j'ai senti le groupe serein,
22:59sûr de lui.
23:02Et je ne m'étais pas trompé parce qu'au premier but,
23:05ce n'était pas le scénario prévu.
23:10Les supporters ont continué.
23:12Parce que c'est vrai que quand on est mené à 0
23:14et qu'on en prend un deuxième,
23:16ça peut se compliquer,
23:17mais les supporters ont continué à nous pousser.
23:20et ça a donné cette soirée,
23:22cette soirée pleine de rebondissements,
23:24cette soirée pleine d'émotions.
23:25Parce qu'entre tous les buts qu'il y a eu,
23:27à un moment donné, on était qualifié,
23:29après on ne l'était plus.
23:33et cette cerise sur le gâteau de Sakai
23:36qui marque pour son anniversaire.
23:37Mais c'est la première fois,
23:39en autant de matchs au vélodrome,
23:41où je sentais la pelouse qui vibrait.
23:44Et honnêtement, j'avais peur
23:45parce que je me suis dit,
23:46ce n'est pas possible, ça va s'écrouler.
23:47Il y avait une telle ambiance ce jour-là
23:50que pour moi, ça a été peut-être avec Lyon aussi,
23:55la plus belle que j'ai pu connaître.
23:58Après, il y a malheureusement cette blessure en finale,
24:00cette blessure, tu étais déjà blessé un peu avant,
24:01tu joues quand même, tu peux nous raconter ça ?
24:04Oui, c'est...
24:05Tu te blesses, c'était à Guingamp, c'est ça ?
24:07Je pense que l'histoire...
24:08Avant le déplacement à Guingamp à l'entraînement.
24:12Oui, il y a trois semaines, un mois de soins intensifs,
24:17si je puis dire,
24:18pour essayer de...
24:22peut-être pas récupérer à 100%,
24:26mais de gagner un petit pourcentage chaque jour
24:30et essayer de faire en sorte d'arriver sur cette finale
24:34et que ça passe.
24:36On avait dit, si ça tient une heure, c'est bien,
24:38ça a tenu 20 minutes.
24:40Mais oui, ça reste...
24:43ça reste un souvenir difficile,
24:46personnel,
24:48avec l'OM
24:49et en plus de la blessure,
24:52la finale perdue.
24:53Mais quand même, tu t'écroules pas ?
24:55Il y a la saison d'après,
24:57il y a la suivante,
24:57il y a le Covid
24:57et tu réalises une saison monumentale
25:00avec Sampaoli.
25:01Ça, j'ai sélectionné...
25:02J'ai sélectionné ce match
25:03où on te voit dans ses bras, en fait.
25:05Je crois que c'est à l'issue du match de Strasbourg.
25:07Oui, c'est le dernier match.
25:08Où on te voit dans ses bras
25:09quand on fait de la fête sur la pelouse.
25:11Justement, il t'a apporté quoi, Sampaoli ?
25:12Parce que c'est peut-être...
25:15Je ne vais pas dire ta,
25:16mais l'une de tes meilleures saisons aussi.
25:18Oui, pour moi, je dirais que c'est la meilleure
25:21parce que j'avais, entre guillemets,
25:24un peu la même vision du foot que lui.
25:29Et il a su, dès le premier discours,
25:35maintenir mon attention,
25:36mais surtout comprendre qui j'étais.
25:40Et après notre premier entretien,
25:44je savais déjà ce qui allait se passer
25:45parce que sa vision du foot,
25:49pour moi, elle est incroyable.
25:51Et quand on arrive à le mettre en place,
25:54il est fou.
25:56On avait investi, il n'y avait que des fous.
25:59Donc, je n'avais aucune appréhension
26:02sur cette saison-là
26:03parce que je savais qu'il y avait le groupe
26:05qu'il fallait, le coach qu'il fallait.
26:08Et le public, on n'en parle pas,
26:10il est toujours là.
26:11Mais tout était réuni,
26:13les planètes étaient alignées
26:14pour que cette saison se passe bien.
26:16Après, il y en a une qui est symbolique aussi,
26:18c'est celle avec le bonnet de Père Noël.
26:20Pourquoi, là, en fait ?
26:22C'est une des images qui restera aussi ?
26:24En fait, c'est une année,
26:26je ne sais plus laquelle, d'ailleurs,
26:29où je me dis,
26:31c'est le dernier match à domicile
26:34avant la trêve de Noël.
26:39Donc, si je marque,
26:40je mettrais le bonnet du Père Noël
26:42pour souhaiter, entre guillemets,
26:45de belles fêtes
26:45et un joyeux Noël au public.
26:49Et du coup, je l'ai fait une fois.
26:51Par superstition, j'avais marqué.
26:54Donc, j'y ai recommencé.
26:56Et si tu regardes bien,
26:57à chaque match,
26:59à chaque match avant la trêve à domicile,
27:03je crois que sur les 3-4 dernières années,
27:05j'ai marqué à chaque fois.
27:06Et du coup, après mon départ à l'OM,
27:10à chaque match que je vais voir,
27:12même si je ne suis plus sur le terrain,
27:13j'y vais avec mon bonnet de Père Noël.
27:17Il en reste deux.
27:17Alors, la première,
27:19c'est avec Pablo Longoria
27:20pour la remise de ce maillot 300.
27:22C'est-à-dire que tu fais partie
27:23des joueurs qui ont le plus disputé de matchs.
27:25Avec l'OM, ça te fait quoi, justement,
27:27d'avoir marqué à ce point l'histoire du club ?
27:30Je suis fier, très fier.
27:32Parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure,
27:33aujourd'hui, pour faire 300 matchs dans un club,
27:36il faut non seulement y passer du temps,
27:38mais il faut surtout y jouer.
27:40Et pour y jouer, il faut être performant.
27:41Donc, ça montre le travail qui a pu être fait
27:46pour réaliser autant de matchs avec ce club.
27:51Et sur ces 300 matchs, voilà,
27:56j'ai pris un énorme plaisir à chaque fois
28:00des ambiances incroyables, des rebondissements.
28:03J'en garde que des bons souvenirs.
28:06Je n'ai vraiment pas de, entre guillemets,
28:09de choses négatives qui me reviennent
28:11quand je pense à ce que j'ai pu vivre ici.
28:14Et la dernière, c'est celle qui annonce ton départ.
28:17C'est peut-être celle qui nous rend le plus triste à nous.
28:20Peut-être à toi aussi, évidemment.
28:21Tu te prépares à ce moment ?
28:24Tu essaies de te contenir ?
28:27Oui, préparer, non.
28:28Parce que je sais que c'est acté.
28:31Au moment où je parle devant la presse,
28:34c'est que c'est acté.
28:36Mon souhait, c'était surtout que la direction explique pourquoi.
28:43Parce que ce n'était pas prévu de mon côté, en tout cas.
28:48Mais je peux comprendre qu'il y ait eu un...
28:50Et je le dis toujours, je n'ai aucune rancœur.
28:52Parce que je peux comprendre qu'une direction fasse des choix.
28:56Et il faut le respecter.
28:58Mais je voulais que les gens sachent que ce n'était pas voulu pour moi.
29:06Mais que je respectais cette décision qui a été prise par le club.
29:10Et bien sûr que ça fait mal.
29:13Parce que mon projet était clairement de finir ma carrière ici.
29:19Et je n'ai pas pu le faire.
29:20Donc ça reste un souvenir difficile.
29:24Tu reviendras peut-être un jour ?
29:26Pourquoi pas ?
29:28Merci.
29:32Merci.
29:35Merci.
29:35Merci.
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