00:00Morning Business, Parole de Patron.
00:02Parole de Patron ce matin, c'est avec Margot Prévost, repreneuse de Florette et cofondatrice d'Elnis.
00:06C'est le groupe qui chapote Florette et d'autres entreprises.
00:09Vous avez donc repris Florette, cette marque de fleurs durables, il y a un petit peu plus d'un an.
00:14Comment s'est passé cette année de reprise, Margot ?
00:17Oui, alors Florette, c'est une marque de fleurs durables.
00:19Donc on fait de la fleur séchée, mais aussi des fleurs en papier, des fleurs artificielles, des accessoires fleuris.
00:24Et on a repris la marque il y a un peu plus d'un an.
00:26Et en fait, depuis un an, on continue le projet dans la lignée de ce qui avait été commencé il
00:31y a des années,
00:32en apportant nous-mêmes notre touche au fur et à mesure.
00:35Et un des projets qui nous tient à cœur et sur lesquels on travaille beaucoup en ce moment,
00:37c'est la relocalisation d'une partie de notre production.
00:40Et donc l'installation d'un atelier de production en France, en Loire-Atlantique, à une trentaine de kilomètres de
00:45Nantes,
00:45pour pouvoir produire chez nous, dans notre bâtiment, une partie des bouquets et des bougies fleuries aussi,
00:51qui sont un produit qui plaît beaucoup.
00:52Avant de revenir là-dessus, c'est qui vos clients, par exemple ?
00:55Alors nos clients, c'est un peu tout le monde.
00:57On a à la fois des gens qui ont envie d'avoir un bouquet chez eux,
01:00et aussi des hôtels, des restaurants, des lieux qui ont envie d'avoir une décoration florale
01:05qui change un peu de ce qu'on peut voir.
01:07La particularité de Florette, c'est qu'on dépoussière un peu les codes de la fleur durable.
01:10Ce n'est pas des fleurs séchées un peu passées en couleur,
01:12ou des fleurs artificielles comme on pouvait retrouver chez nos grands-mères.
01:15On essaie vraiment de donner une image vivante,
01:17et un côté vivant et coloré à ces fleurs durables.
01:20Alors, cette relocalisation en Loire-Atlantique, pourquoi avoir choisi de relocaliser ?
01:25Et quelles difficultés vous avez rencontrées dans le process ?
01:27Oui, alors nous, on trouve que c'est très important.
01:29On est un peu à rebours de ce qui se passe aujourd'hui.
01:31Il y a beaucoup d'entreprises qui délocalisent, qui vont produire ailleurs.
01:34Nous, on pense que c'est vraiment important de garder des savoir-faire chez nous,
01:37et de continuer à préserver les gestes, à apprendre les métiers.
01:40Donc, c'est pour ça qu'on a envie de créer nous-mêmes.
01:43Et aujourd'hui, les difficultés qu'on peut avoir, elles sont nombreuses.
01:47Et c'est toujours des projets qui prennent du temps.
01:49On a aussi beaucoup de travaux à faire dans le bâtiment pour pouvoir internaliser la production.
01:54Et ça, c'est un gros enjeu.
01:55Ça prend toujours plus de temps et plus de budget que ce qu'on avait prévu.
01:58Aujourd'hui, on a commencé le projet.
01:59On a déjà réinternalisé toute la logistique.
02:02Aujourd'hui, c'est des fleuristes qui préparent et qui expédient les commandes de tous les jours.
02:05Et on a déjà commencé la partie production aussi.
02:07Elles font des bouquets au quotidien.
02:08Et on a déjà une petite chaîne de production de bougies fleuries.
02:11Mais on est vraiment à capacité maximale.
02:13Les bougies partent aussi vite qu'on les produit aujourd'hui.
02:14Et c'est pour ça qu'on a besoin d'espace, d'agrandir pour pouvoir augmenter la capacité
02:18et avoir un vrai espace de production made in France.
02:20Vous avez aussi choisi de reprendre cette entreprise et non pas d'en créer une et de partir de zéro.
02:26Pourquoi vous avez fait ce choix spécifiquement il y a un peu plus d'un an ?
02:29Je pense que c'est assez d'actualité.
02:31Aujourd'hui, il y a énormément d'entreprises qui sont à reprendre ou qui vont être à reprendre dans les
02:34prochaines années.
02:35Beaucoup de dirigeants aussi qui vont partir à la retraite et dont on pourra reprendre les entreprises.
02:39Aujourd'hui, ça fait moins rêver.
02:40Il y a un peu un mythe autour de l'entrepreneur qui crée son entreprise de zéro dans son garage.
02:44Le repreneur, il n'y a pas vraiment de mythe et ça donne un peu moins envie.
02:48Et pourtant, c'est super important parce que derrière ces entreprises, il y a déjà de la valeur qui est
02:52créée.
02:52Il y a des emplois parfois.
02:53Il y a déjà des choses qui existent et qui pourraient perdurer.
02:56Et je pense qu'on est à une époque où on parle beaucoup de durabilité, d'engagement, d'écologie, etc.
03:01Et aujourd'hui, créer une nouvelle marque qui va ajouter peut-être du bruit au bruit,
03:05si on n'apporte pas quelque chose de vraiment différent, de vraiment nouveau,
03:08je ne suis pas sûre que ça ait toujours du sens.
03:10Alors que donner un deuxième souffle à une marque qui existe déjà, ça me paraît plein de sens.
03:14On parle aussi de bonnes pratiques.
03:16Florette a révélé en février dernier faire face à un impayé de plusieurs dizaines de milliers d'euros
03:20de la part du BRJV depuis plus d'un an.
03:22Vous en êtes où dans cette procédure-là ?
03:24Alors aujourd'hui, la procédure est toujours en cours.
03:26Sur le côté légal, c'est entre les mains des avocats et de la justice.
03:29Et voilà, on laisse la justice faire son travail.
03:31Nous, ce qui était important pour nous à ce moment-là, c'était de beaucoup communiquer,
03:34d'être très transparent vis-à-vis de notre communauté sur tout ce qui se passait.
03:37Parce qu'au-delà des enjeux d'un payé qui ont un impact sur la trésorerie,
03:41ça a un gros impact sur une PME de ne pas être payé.
03:44Et ça, c'est un impact sur la trésorerie à court terme,
03:47mais aussi sur les projets qu'on veut développer et qui, du coup, sont freinés.
03:49Et c'est un retard qu'on ne rattrape jamais complètement parce que le temps de rattraper ce qui s
03:53'est passé,
03:53le contexte a changé, il y a des nouvelles difficultés, il y a des nouvelles choses qu'il faut prendre
03:56en compte.
03:57Et donc, ça chamboule un peu tous les projets.
03:58Donc, on voit qu'il n'y a aucun dossier qui vous fait peur.
04:01En un an, vous vous êtes mis sur pas mal de dossiers.
04:03Quel message vous voulez passer ou quel message vous voulez entendre à moins d'un an de la présidentielle ?
04:08C'est justement faciliter la relocalisation ?
04:10C'est travailler sur les délais de paiement ?
04:12C'est favoriser la reprise d'entreprise ? C'est quoi ?
04:15Alors, moi, je ne suis pas une experte de la politique,
04:17mais aujourd'hui, ce que je vois, c'est que dans les débats,
04:19on entend beaucoup, souvent le même type de personnes et beaucoup des grandes entreprises
04:23qui échangent avec les personnalités politiques,
04:26qui prennent la parole et qui ont des problématiques qui sont les leurs,
04:29mais qui sont assez différentes au quotidien de celles des PME ou des TPE,
04:33qui sont quand même aujourd'hui le poumon économique de la France.
04:36Donc, j'aimerais bien que ces entreprises-là,
04:38les petites entreprises comme la nôtre, puissent peut-être être plus entendues,
04:41prendre plus la parole, être sur des plateaux.
04:43En tout cas, qu'on comprenne quelles sont leurs problématiques,
04:45quels sont leurs quotidiens, qui est très réaliste.
04:47Enfin, voilà, c'est très concret et que, du coup, on comprenne quels sont leurs besoins
04:52et que ça puisse être pris en compte ensuite dans des décisions politiques,
04:55mais surtout déjà avoir un siège à la table et faire entendre quelles sont notre réalité au quotidien.
04:59Vous avez combien de salariés aujourd'hui ?
05:00Aujourd'hui, on est une petite dizaine, on est 7 dans l'équipe
05:02et on espère bientôt plus dans les prochaines semaines, prochainement.
05:05D'après la CCI Paris-Île-de-France,
05:0797% des entreprises ont moins de 20 salariés, effectivement.
05:11Avoir une place pour en parler, ça paraît une bonne proposition.
05:15Merci beaucoup, Margot Prévost, d'être venue ce matin dans la matinale de l'économie.
05:19Reprenons de Florette Eco, fondatrice d'Elniz.
05:21Merci beaucoup, Margot Prévost.
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