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  • il y a 10 heures
Invité du Grand Rendez-vous ce dimanche 12 juillet, le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy est revenu sur l'annonce du pourvoi de Marine Le Pen, après sa condamnation en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du FN.

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Transcription
00:00La Cour de cassation par l'intermédiaire de Rémi Hetz a dit qu'elle se prononcerait au plus tard début
00:04avril.
00:05Le premier tour c'est le 18 avril, donc si son rôle est d'infirmer ou de confirmer l'arrêt
00:09en appel,
00:10il n'en demeure pas moins que si son pourvoi est rejeté, sa condamnation sera définitive
00:15et elle devra alors porter un bracelet électronique dans les derniers jours de sa campagne.
00:21Elle a toujours dit qu'elle ne ferait pas campagne avec un bracelet.
00:24Mais la campagne sera finie. Déjà nous ne pensons pas que Marine Le Pen sera condamnée.
00:28Ça a été peu compris par un certain nombre d'observateurs et surtout d'adversaires politiques.
00:31Mais c'est un coup de poker que vous faites. Vous dites qu'on ne pense pas mais vous ne
00:34savez pas.
00:35Non mais c'est-à-dire que Marine Le Pen par définition, ça aussi ça a été moqué alors que
00:38c'est une évidence,
00:39sait qu'elle est innocente. Donc elle pense qu'elle va pouvoir prouver son innocence.
00:42La justice en décidera.
00:43La Cour de cassation ne se prononce pas sur le fond, M. Tanguy, elle se prononce sur le droit, sur
00:47du juridique.
00:48Oui, mais ça c'est un peu abscon, parce que si vous voulez en faire ce qui va être attaqué...
00:50C'est la réalité.
00:51Non, oui. Ce qui va être attaqué, c'est le centre de l'accusation, c'est le cœur de l
00:55'accusation,
00:56à savoir l'utilisation d'un article qui pour nous n'est pas adapté au cas de Marine Le Pen
01:01pour qualifier les faits qui lui ont été reprochés.
01:03Donc si cet article, l'utilisation de cet article tombe, l'accusation tombe
01:06et au-delà du fait qu'on rejoue, on refait un procès d'appel, le cœur de l'accusation tombe.
01:11Mais l'article dont vous parlez, c'est l'article qui dit que c'est de l'argent qui est
01:15pour des fonds publics
01:16pour de l'argent français, alors qu'en réalité, ça a été utilisé au niveau de l'Europe.
01:20Mais ça reste une mission de service public.
01:22Ce sera le cas de la Cour de cassation, ce que la Cour de cassation devra décider.
01:27Et de toute façon, Marine Le Pen, elle ira au bout, et comme elle l'a dit,
01:30les Français jugeront, non pas pour remettre en cause la décision de justice,
01:33Elle dit ce matin qu'elle ira au bout, même si la Cour de cassation la condamne définitivement,
01:41ça veut dire qu'elle fera d'autres recours pour éviter d'avoir apporté ce...
01:44En tout cas, il n'y aura pas un changement de candidat dans les derniers jours.
01:49Évidemment non, Marine Le Pen.
01:50Évidemment non, ça va mieux en le disant.
01:51Oui, il n'y a pas de difficulté à le dire, d'autant plus qu'on est tous ravis, heureux,
01:56que Marine Le Pen soit candidat.
01:57On fait ce pourvoi en cassation, mais même si ce n'est pas favorable, je continue quand même.
02:01C'est ça ce qu'elle dit.
02:02Mais on prendra acte de la décision de justice.
02:06Vous savez, de toute façon, les Françaises et les Français,
02:08cette décision de justice, ils l'ont bien comprise.
02:11Parce que ça fait 12 ans, je crois, que ça dure.
02:14On allait aux élections avec l'enquête, le soupçon, la première instance,
02:19maintenant l'appel.
02:20Les Françaises et les Français sont au courant, ont bien compris les enjeux,
02:23et ils jugeront, si je puis dire, Marine Le Pen sur le fond,
02:27en votant pour elle de manière très large.
02:29Mathieu Beaucoté.
02:30Mais pour ce qui est du procès, au fil du temps,
02:32votre discours à propos du procès a un peu changé.
02:35À un certain temps, vous disiez que c'est un procès qui a une dimension politique,
02:38c'est un procès politique.
02:39Diriez-vous encore aujourd'hui que c'était un procès politique de bout en bout ?
02:42De bout en bout, non.
02:43On est revenu, que ce soit dans la tenue de l'appel ou dans le délibéré,
02:49à des considérations juridiques.
02:52Je suis désolé, lors de la première instance,
02:53il y a eu des incidents de séance.
02:55Par exemple, le procureur ou la substitue, je ne sais plus qui,
02:57a un prévenu envers lequel elle demandait la relaxe,
03:01disait « ça me fait de la peine » ou « ça me fait trop de mal » de demander
03:03la relaxe,
03:04alors qu'il n'y a rien.
03:04C'était quand même un incident de séance.
03:06Vous avez un certain nombre d'attendus dans le délibéré de première instance
03:09sur l'invention du trouble à l'ordre démocratique,
03:12faisant de la candidature et de l'élection probable possible de Marine Le Pen,
03:16un trouble à l'ordre démocratique qui n'existe pas dans le droit,
03:20une considération sur l'enrichissement partisan qui n'existait pas dans le droit.
03:23Il y avait un certain nombre de problèmes.
03:24Et ce faisant, l'exécution, la condamnation avec exécution provisoire,
03:29qui a posé un problème, pour le coup un trouble à l'ordre démocratique,
03:32tant et si bien que la Cour d'appel est venue quand même corriger ce trouble réel pris contre l
03:36'ordre.
03:36Que la justice puisse dire une chose et à peu près son contraire d'un tribunal à l'autre,
03:41est-ce qu'il n'y a pas une part de subjectivité telle qu'aujourd'hui,
03:44on a moins besoin de juristes finalement que de cartomanciers, de théologiens ?
03:47Ce qui est certain, c'est que l'erreur judiciaire est toujours possible.
03:50C'est pour ça que nos adversaires politiques, moi je ne remets pas en cause la justice,
03:53mais que nos adversaires politiques, par opportunisme,
03:56aient totalement manqué, comment dire, d'à propos, de modestie, de réserve,
04:01quant à l'interprétation du premier jugement.
04:04Ça m'autrefait bien que l'état de droit, parce que c'est quand même,
04:06au-delà du cas de Marine Le Pen, je sais qu'elle-même, la première,
04:09ne veut pas de faire son cas une généralité, ça n'a pas d'intérêt.
04:12Mais par contre, politiquement, l'invocation de l'état de droit par nos adversaires,
04:16en permanence, on voit bien que c'est de l'opportunisme.
04:18Ce n'est pas de la sincérité, parce que quand M. Attal dit que c'est de la guérilla judiciaire
04:23que Marine Le Pen aille devant la cour de cassation,
04:25alors que c'est l'état de droit dans sa pure interprétation,
04:28on voit bien que ces gens, en fait, tout est politique pour eux.
04:31Enfin, tout n'est pas politique, tout est politicien.
04:35Nous, on parle de fond, eux, ils traînent, ils se pavannent dans les bas-fonds.
04:39Mais Mathieu le disait, Marine Le Pen, elle a quand même changé de ligne de défense
04:42lors du procès en appel, puisque le propri procès, elle dit, c'est un procès politique.
04:45Dans le deuxième procès, ce n'était plus du tout ça.
04:48Il y a aussi une évolution de son côté.
04:50Parce que l'audience ne s'est pas du tout tenue de la même façon.
04:54Tous les journalistes qui étaient présents, tous les spécialistes,
04:56les journalistes spécialistes des affaires judiciaires qui étaient présents,
04:59le ton n'était pas le même, sincèrement.
05:01Et tant mieux, d'ailleurs. On s'en félicite.
05:03C'était peut-être une meilleure ligne de défense, ceci dit, quand on voit le résultat.
05:06Je pense que les prévenus avaient dit à l'ouverture de l'appel,
05:10c'est que tenir compte de la première instance, c'est respecter l'autorité judiciaire.
05:14Donc, nous, on respecte l'autorité judiciaire.
05:16Je rappelle que Marine Le Pen est avocate.
05:18Alors, beaucoup prennent ça comme une anecdote.
05:20Mais moi, pour, je ne vais pas prétendre bien la connaître,
05:22pour en tout cas travailler avec elle, ce n'est pas du tout anecdotique.
05:25Marine Le Pen a une analyse juridique très poussée, très fine.
05:30et elle tient à son innocence.
05:32Et je crois d'ailleurs que beaucoup ont sous-estimé cette soif de justice de Marine Le Pen
05:36dans les grands choix politiques qu'elle a faits à l'occasion de se délibérer.
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